Comment acheter un bien immobilier en tant qu’étranger à Trinité et Tobago

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une maison de vacances à Tobago, un appartement à Port of Spain ou un terrain pour un projet touristique peut sembler séduisant, mais le cadre juridique de Trinité et Tobago est plus structuré — et plus strict — qu’on l’imagine souvent. Le pays accueille volontiers les capitaux étrangers, tout en encadrant précisément la manière dont un non‑résident peut acquérir et posséder un bien. Comprendre ce cadre est indispensable pour éviter les mauvaises surprises, surtout à Tobago où un régime de licences spécifique s’applique.

Bon à savoir :

L’achat immobilier à Tobago par des étrangers est encadré par des règles spécifiques, distinctes de Trinidad. Le processus implique plusieurs étapes, des coûts précis et des considérations de financement. Il entraîne également des conséquences en matière de résidence et de fiscalité. Il est crucial de noter qu’il n’existe aucun programme de type ‘passeport doré’ lié à cet investissement.

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Un marché caribéen atypique : attractif mais sans « passeport doré »

Trinité et Tobago se distingue du reste de la Caraïbe sur plusieurs points. D’un côté, un environnement solide attire naturellement les investisseurs : économie parmi les plus puissantes de la région, forte base pétrolière et gazière, diversification progressive, stabilité démocratique, position hors de la principale ceinture des ouragans, anglais comme langue officielle et système juridique inspiré du common law britannique. De l’autre, le pays a choisi de ne pas proposer de programme de citoyenneté ou de résidence par investissement, contrairement à d’autres îles.

Attention :

Contrairement à d’autres États des Caraïbes, l’achat d’un bien immobilier à Trinité-et-Tobago n’offre aucun droit automatique de résidence, de travail ou d’accès à la citoyenneté. L’immobilier y est considéré uniquement comme un investissement patrimonial, locatif ou pour un projet d’entreprise.

Pour un investisseur, cela appelle une approche différente : le bien doit être rentable et sécurisé par lui‑même, sans compter sur des avantages migratoires immédiats. En échange, l’acheteur évolue dans un cadre régulé, inséré dans les normes internationales (OCDE, FATF), avec une fiscalité globalement lisible et l’absence de certains impôts lourds (pas de droits de succession, pas de taxe sur les dons, pas d’impôt sur les plus‑values immobilières de long terme).

Le cadre légal : Foreign Investment Act, droit de propriété et définition de l’« investisseur étranger »

L’ossature juridique de l’achat immobilier par un étranger repose sur deux grands piliers : les lois de propriété « classiques » et le droit spécifique applicable aux non‑nationaux.

Sur le plan de la propriété foncière, plusieurs textes structurent les transactions :

le Conveyancing and Law of Property Act encadre la cession de biens immobiliers, la forme des actes, les obligations de forme (contrats écrits, signatures, etc.) ;

le Real Property Act met en place un système d’enregistrement de type Torrens, avec des certificats de titre considérés comme preuve définitive de propriété ;

– deux régimes de titres coexistent : le système des « Old Law deeds » (déeds traditionnels) et le système RPO (Real Property Ordinance/Act) avec certificats de titre.

À cela s’ajoute la distinction classique entre freehold (pleine propriété sans limite de durée) et leasehold (bail à long terme, par exemple 30, 99, 199 ou 999 ans, avec obligations spécifiques).

Astuce :

Pour les investisseurs étrangers, la loi de référence est le Foreign Investment Act de 1990, qui a remplacé l’ancien Aliens (Landholding) Act. Cette loi définit précisément la notion d’« investisseur étranger », établit les biens qu’il peut détenir sans licence, précise les acquisitions nécessitant une autorisation préalable et détermine les conditions dans lesquelles une acquisition peut être approuvée.

Qui est considéré comme investisseur étranger ?

Le statut de « foreign investor » ne concerne pas uniquement les particuliers non nationaux. Sont notamment visés :

les personnes physiques qui ne sont ni citoyens de Trinité et Tobago ni ressortissants d’un État membre de la CARICOM ;

les sociétés ou entités non constituées à Trinité et Tobago ou dans un État CARICOM ;

– les sociétés locales qui, bien que constituées sur place, sont contrôlées par des étrangers (par les droits de vote, les actions ou les membres).

Ce détail est important : créer une société de droit trinidadien ne suffit pas, en soi, à contourner les règles de contrôle des investissements étrangers. Si cette société est contrôlée majoritairement par des étrangers, elle est traitée comme investisseur étranger au sens de la loi.

Ce que permet la loi sans licence à Trinité

Sur l’île de Trinité, les règles sont relativement souples jusqu’à un certain seuil de superficie. Un investisseur étranger peut :

acquérir jusqu’à 1 acre de terrain à usage résidentiel sans licence ;

acquérir jusqu’à 5 acres pour un usage commercial ou d’affaires sans licence.

Attention :

Au-delà de certaines limites de superficie, une licence est obligatoire pour les acquisitions par des étrangers. De plus, le ministre des Finances peut, par ordonnance, désigner des zones spécifiques où toute acquisition par un étranger est soumise à licence, indépendamment de la superficie concernée.

L’exception Tobago : une licence obligatoire pour toute acquisition

À Tobago, le régime est beaucoup plus strict. Depuis l’entrée en vigueur de l’Ordre de 2007 (Foreign Investment (Tobago Land Acquisition) Order), toute acquisition de terrain ou d’intérêt immobilier par un investisseur étranger require une licence préalable, quels que soient :

la taille de la parcelle (un simple lot résidentiel est concerné) ;

l’usage projeté (résidentiel, touristique, commercial, etc.).

Bon à savoir :

Tobago a créé des Designated Development Areas (Arnos Vale, Culloden Estate, Bacolet Estate, Buccoo, Golden Grove Estate, Englishman’s Bay, Lowlands, Diamond Estate, Mount Irvine, Grafton Estate, et une zone à Crown Point) pour canaliser l’investissement étranger, notamment touristique. Dans ces zones, la licence est généralement accordée automatiquement après vérification de la « bonne moralité » du demandeur. En dehors de ces secteurs, les demandes sont traitées au cas par cas et peuvent prendre beaucoup plus de temps.

Les cas où aucune licence n’est requise

Même dans ce cadre relativement encadré, la loi prévoit des exceptions où un étranger peut temporairement ou marginalement détenir un bien sans licence. C’est le cas, entre autres :

d’une détention par bail annuel (ou plus courte) ne dépassant pas au total 5 acres de terrain ;

d’une acquisition par succession (en qualité d’héritier, d’exécuteur ou d’administrateur) pour une période d’un an à compter du décès, prorogeable ;

– d’une acquisition en tant que créancier hypothécaire en cas de saisie, pour un an prorogeable ;

– d’une acquisition comme créancier sur jugement (judgment creditor), là encore pour un an prorogeable ;

– d’une acquisition conjointe avec un conjoint citoyen d’un État CARICOM résidant à Trinité et Tobago.

Ces exceptions ne sont pas des moyens de détention pérenne : passé le délai, il faut soit obtenir une licence, soit vendre.

Licence d’acquisition pour les étrangers : démarches, documents, délais, conditions

Pour un étranger, surtout à Tobago, le cœur du processus juridique réside souvent moins dans l’acte de vente que dans l’obtention de la fameuse licence d’acquisition (Alien Landholding Licence). C’est un document personnel, non transférable : il est accordé à l’investisseur, pas au bien. Un autre acheteur étranger devra demander sa propre licence, même s’il rachète un bien déjà détenu sous licence par un autre non‑résident.

Où et comment déposer la demande

Les formulaires sont disponibles sur le site du ministère des Finances. Le lieu de dépôt dépend de l’île :

– pour Trinité : Ministère des Finances, Permanent Secretary, Eric Williams Finance Building, Port of Spain ;

– pour Tobago : Chief Administrator, Tobago House of Assembly (THA), Calder Hall Administrative Complex, Scarborough.

Les autorités insistent sur la complétude du dossier : une demande incomplète est renvoyée et rallonge les délais. Lorsque tout est en ordre, la durée de traitement annoncée peut descendre à une vingtaine de jours ouvrables pour des dossiers simples (et théoriquement davantage pour Tobago hors zones désignées où un an de délai est parfois évoqué).

Les pièces généralement exigées

La liste des pièces varie selon que le demandeur est un particulier, une société, un investisseur touristique, ou qu’il s’agisse d’une acquisition par héritage, mais on retrouve systématiquement :

Exemple :

Pour une demande d’autorisation d’acquisition de propriété à Maurice, plusieurs documents justificatifs sont exigés. Il s’agit notamment d’une copie du passeport ou d’une photocopie notariée des pages pertinentes, ainsi que de justificatifs de solvabilité (références bancaires, preuves de fonds, attestations de financement). Si une construction est prévue, une approbation d’urbanisme (Town and Country Planning Outline Approval) est nécessaire. Un certificat de bonne conduite émis par la police du pays de résidence est requis pour le demandeur individuel et pour chaque administrateur dans le cas d’une société. Pour une société, il faut également fournir un certificat d’immatriculation. Pour une acquisition par succession, une copie certifiée conforme du testament et du grant of probate ou des lettres d’administration est demandée. Enfin, pour un projet commercial, un business plan détaillé doit être joint, précisant le type d’activité, l’investissement, la structure de financement, les emplois créés, l’impact en devises et les liens économiques locaux.

Dans le cas de Tobago, les demandes situées dans les Designated Development Areas bénéficient d’un traitement simplifié : la licence est réputée accordée automatiquement sous réserve de vérification de la moralité. Hors DDA, les autorités conservent une grande marge d’appréciation.

Conditions associées aux licences : usage, délais, sanctions

La licence n’est pas un blanc‑seing. Elle est assortie de conditions, différentes selon qu’il s’agit de terrain résidentiel ou de développement commercial.

Pour un terrain à usage résidentiel, les contraintes typiques sont :

utilisation exclusivement résidentielle ;

une seule structure résidentielle autorisée ;

– interdiction de subdiviser la parcelle ;

– impossibilité d’obtenir plusieurs licences pour des terrains résidentiels (un seul lot par investisseur étranger) ;

– obligation de construire dans un délai de 36 mois à compter de l’octroi de la licence (prolongeable de deux ans maximum).

Pour une licence liée à un projet touristique ou d’affaires (hôtel, resort intégré, commerce, etc.), on retrouve généralement :

délais de réalisation plus longs (par exemple 60 mois pour achever un hôtel ou un resort intégré, extensibles de trois ans) ;

– possibilité de révocation de la licence en cas d’activités illégales ou d’utilisation du site pour un usage non autorisé ;

obligation d’obtenir l’aval du ministère des Finances pour toute extension majeure du projet.

En cas de non‑respect grave des conditions, la licence peut être annulée, avec à la clé une sanction maximale : la confiscation du terrain au profit de l’État. Par ailleurs, toute personne qui fait sciemment transférer un bien à un étranger sans licence requise s’expose à une amende lourde. Ces mécanismes incitent à une vigilance extrême, d’où l’importance d’être accompagné par un avocat local aguerri.

Le processus d’achat immobilier pas à pas

Une fois le cadre juridique posé, le processus pratique d’achat ressemble en grande partie à celui d’autres juridictions de common law, avec quelques spécificités.

Recherche du bien, offre et dépôt

La première étape reste la plus classique : cibler le type de bien (villa, appartement, terrain, local commercial), choisir l’île (Trinité pour l’économie et l’urbain, Tobago pour le balnéaire et le touristique) et identifier une zone. À Tobago, il est souvent stratégique de privilégier les zones autorisées aux étrangers (Buccoo, Lowlands, Crown Point, etc.) pour fluidifier la délivrance de la licence.

En pratique, la séquence standard est la suivante :

1. sélection du bien avec l’aide d’un agent immobilier ; 2. formulation d’une offre écrite ; 3. en cas d’acceptation, signature d’un Agreement for Sale et versement d’un dépôt traditionnellement fixé à 10 % du prix convenu.

Bon à savoir :

Le dépôt de garantie est placé sur un compte séquestre pour environ 90 jours, le temps de finaliser les formalités. Il est restitué si la vente échoue sans faute de l’acheteur (ex: titre de propriété imparfait du vendeur). En revanche, si l’acheteur ne respecte pas ses engagements (ex: absence de financement, refus de signer sans clause valable), le vendeur peut demander la confiscation du dépôt.

Due diligence : vérifier le titre, le terrain, les dettes et l’origine des fonds

La phase de due diligence est cruciale, et encore davantage pour un étranger peu familier du système local. Elle comprend notamment :

Attention :

Une acquisition immobilière sécurisée nécessite plusieurs vérifications obligatoires : un examen de titre au Land Registry pour confirmer la propriété et l’absence de droits concurrents ; la vérification de la correspondance entre le terrain et le plan cadastral, pouvant requérir un géomètre ; le contrôle des autorisations d’urbanisme pour les bâtiments ou projets ; l’examen de la régularité des factures de services et du paiement des taxes foncières, impératif avant le transfert ; et, si nécessaire, une évaluation technique du bâti par un professionnel.

Cette due diligence ne porte pas seulement sur le bien, mais aussi sur l’acheteur. Le cadre anti‑blanchiment impose en effet aux agents immobiliers et aux avocats, supervisés par la Financial Intelligence Unit (FIU), de collecter des informations détaillées : identité, adresse, justificatifs de revenus, explication de l’origine des fonds. Cela peut surprendre certains investisseurs, mais ces contrôles sont désormais un standard international.

Rédaction de l’Agreement for Sale et clauses à prévoir pour les étrangers

L’Agreement for Sale formalise les droits et obligations des parties : prix, calendrier, conditions suspensives, réparations à effectuer, répartition des taxes et frais, etc. Pour un acheteur étranger, cet accord doit absolument intégrer une clause suspensive liée à l’obtention de la licence nécessaire :

> « La vente est subordonnée à la délivrance d’une licence d’investissement étranger / Alien Landholding Licence. À défaut d’obtention dans tel délai, le contrat peut être résilié et le dépôt restitué. »

Attention :

L’accord d’achat doit inclure une clause suspensive de l’obtention de l’autorisation légale d’acquérir le bien. Sans cette condition, l’acheteur étranger pourrait être contraint d’acheter un bien qu’il n’a pas le droit de posséder. Le dépôt de garantie doit être conservé sur un compte séquestre jusqu’à la satisfaction de cette condition.

Acte de transfert, paiement du solde, enregistrement

Une fois la due diligence achevée et, le cas échéant, la licence obtenue, l’avocat prépare l’acte de transfert :

Deed of Conveyance ou Memorandum of Transfer pour un immeuble relevant du système de deeds ;

inscription sur le Certificate of Title pour les terrains régis par le Real Property Act.

Le paiement du solde du prix intervient généralement à la signature finale. Dans le cas d’un acheteur étranger, un élément supplémentaire intervient : la loi impose que le prix soit versé en devise internationalement convertible, via un intermédiaire financier agréé (typiquement une banque). Le ministère des Finances demande une preuve formelle de ce transfert en devises pour valider la conformité de l’opération.

L’acte est ensuite présenté au Board of Inland Revenue pour la liquidation et le paiement des droits de timbre (stamp duty). Une fois ces droits acquittés, le document est estampillé puis déposé à la Registrar General’s Department pour enregistrement. Ce dernier peut prendre plusieurs mois (4 à 8 mois pour certains dossiers), mais le transfert de propriété lui‑même s’opère juridiquement à la date de signature et de paiement, pas à la date d’enregistrement.

Focus Tobago : charme balnéaire, régime juridique corseté

Tobago attire de plus en plus les acheteurs étrangers, séduits par ses plages, son orientation éco‑touristique, son cadre plus paisible et un niveau de criminalité inférieur à celui de certaines zones urbaines de Trinité. Le marché y connaît une progression régulière, avec une demande soutenue en maisons de vacances, villas avec vue mer, petits resorts et terrains pour projets touristiques.

Cette attractivité s’accompagne cependant de contraintes spécifiques.

Licence obligatoire et zones autorisées

Comme évoqué plus haut, à Tobago, tout étranger doit obtenir une licence pour acquérir un bien, même de quelques centaines de mètres carrés. Les pouvoirs publics ont découpé l’île en différents types de secteurs :

Régimes d’acquisition foncière à Tobago

Tobago est divisée en deux zones distinctes pour l’acquisition de biens immobiliers par des non-nationaux, chacune soumise à des procédures et encouragements spécifiques.

Zones de Développement Désignées

Les acquisitions à visée touristique sont encouragées dans ces secteurs (ex. : Arnos Vale, Englishman’s Bay, Mount Irvine, Buccoo, Lowlands, Bacolet) et bénéficient d’un régime administratif facilité.

Reste du territoire

Pour le reste de l’île, chaque demande d’acquisition est examinée unitairement et soumise à l’approbation conjointe du ministère des Finances et de la Tobago House of Assembly.

Dans les DDA, une fois le dossier complet et la moralité du demandeur établie, la licence est réputée accordée de manière « automatique ». Hors de ces zones, il faut anticiper des délais pouvant aller de quatre à six mois, voire davantage dans certains cas.

Règles de procédure et exemples de zones

Pour mieux visualiser, on peut résumer ce double régime ainsi :

ÉlémentDDA de Tobago (Buccoo, Lowlands, etc.)Reste de Tobago
Licence requise ?OuiOui
Base d’examenAutomatique sous réserve de moralitéÉtude au cas par cas
Délai indicatifEnviron 4–6 moisPotentiellement plus long
Usage privilégiéTouristique / hôtelierTouristique, résidentiel, mixte
Conditions de la licenceUsage défini, délais de constructionConditions définies au cas par cas

Les localités les plus recherchées par les acheteurs étrangers incluent Scarborough (capitale de l’île), Crown Point (proximité de l’aéroport), Buccoo, Black Rock, Charlotteville, Little Tobago, sans oublier les grands domaines touristiques (Tobago Plantations Resort, Indigo Bay Resort).

Défis pratiques pour un investisseur étranger

Au‑delà de la licence elle‑même, investir à Tobago suppose d’anticiper d’autres défis :

Attention :

La rentabilité peut être affectée par la saisonnalité de la demande, nécessitant une gestion à distance souvent confiée à un professionnel local. De plus, les risques naturels (ouragans, montée des eaux) doivent impérativement influencer le choix de l’emplacement, la conception du bien et la souscription d’assurances adaptées.

De nombreux propriétaires étrangers contournent ces difficultés en s’appuyant sur des sociétés de gestion immobilière implantées localement, qui assurent la maintenance, la sélection des locataires et le recouvrement des loyers.

Coûts d’acquisition : droits de timbre, honoraires, taxes et coûts cachés

L’un des écueils classiques pour un étranger est de sous‑estimer les frais annexes à l’achat. À Trinité et Tobago, plusieurs postes non finançables par crédit s’ajoutent au prix de vente.

Droits de timbre (stamp duty) à l’achat

Les droits de timbre constituent un impôt unique perçu sur les actes de transfert. Les taux sont progressifs et varient selon la nature du bien.

Pour un bien résidentiel (maison avec terrain), la structure de base est la suivante :

Tranche de valeur (TTD)Taux standard (acheteur non primo‑accédant)
Jusqu’à 850 0000 %
850 001 – 1 250 0003 % sur cette tranche
1 250 001 – 1 750 0005 % sur cette tranche
Au‑delà de 1 750 0007,5 % sur le reste

Un raccourci de calcul existe pour les biens au‑delà de 1 750 000 TT$ : 7,5 % du prix moins 94 250 TT$.

Les primo‑accédants bénéficient par ailleurs d’exonérations renforcées sur une partie de la valeur, avec un plafond plus élevé que pour les autres acquéreurs. Les montants précis ont évolué ces dernières années – un avocat ou un conseiller fiscal actualisera les seuils au moment de l’achat.

Pour un terrain nu à usage résidentiel, la structure est différente, avec exonération totale jusqu’à 450 000 TT$, puis des taux progressifs (2 %, 5 %, 7 % selon la tranche).

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Pour les biens non résidentiels, la loi prévoit des taux par tranches sans franchise de base.

Honoraires juridiques, frais de valuation et enregistrement

Les honoraires d’avocat sont généralement exprimés en pourcentage du prix, dans une fourchette courante de 1 à 2 %. Ces montants sont encadrés par le Legal Profession Act mais restent négociables en fonction de la complexité du dossier (hypothèques à lever, servitudes à structurer, multipropriétaires, etc.).

À cela s’ajoutent :

les frais de valuation, habituellement autour de 0,25 % de la valeur du bien, plus TVA, pour un rapport d’expert agréé (souvent exigé par les banques) ;

– les frais d’enregistrement au Land Registry, relativement modestes (de l’ordre de quelques dizaines ou centaines de TT$) ;

– les frais administratifs annexes (certificats de services publics, copies certifiées, etc.).

Tous ces coûts doivent être payés en numéraire ou sur fonds propres : ils ne peuvent pas être intégrés au montant du crédit hypothécaire.

Fiscalité après l’achat : taxe foncière, revenus locatifs, plus‑values

Une fois propriétaire, l’acheteur est soumis à plusieurs obligations fiscales :

Bon à savoir :

La propriété immobilière à Chypre est soumise à plusieurs impôts. La taxe foncière annuelle est calculée sur la valeur locative, ajustée en valeur imposable, avec un taux variant selon l’usage (environ 2-3% pour le résidentiel). Les arriérés doivent être réglés avant toute revente. Les loyers perçus sont imposables à 25%, après déduction des charges. En cas de revente dans les 12 mois suivant l’achat, la plus-value est taxée comme un revenu. Au-delà de 12 mois, la plus-value sur une résidence principale est généralement exonérée d’impôt sur le revenu.

Il n’existe ni droits de succession ni taxes sur les donations. Par ailleurs, Trinité et Tobago applique un système d’imposition territorial : pour un résident fiscal, seuls les revenus de source locale sont taxés, tandis que la plupart des revenus étrangers sont exonérés. Pour un non‑résident, ce seront surtout les revenus locatifs locaux qui seront visés.

Financer un achat : prêts locaux et financements internationaux

Contrairement à certains marchés purement « cash », Trinité et Tobago dispose d’un secteur financier développé offrant des produits hypothécaires aux résidents comme aux non‑résidents. Plusieurs banques locales — RBC, Republic Bank, Scotiabank, First Citizens — ainsi que des institutions spécialisées comme TTMB (issu de la fusion TTMF/HMB) ou certains credit unions (TECU) proposent des prêts.

Conditions usuelles pour les étrangers

Les non‑résidents peuvent obtenir un crédit hypothécaire, mais à des conditions généralement plus strictes que les locaux. Parmi les pratiques relevées :

65

Pourcentage maximum de financement proposé par RBC pour un non-résident acheteur d’une résidence principale au Maroc.

Il existe aussi des offres très avantageuses, mais réservées aux résidents et primo‑accédants (programmes gouvernementaux à 2 % ou 5 % via TTMB, avec financement à 95–100 % sous conditions de revenus et de plafond de prix). Ces produits ne sont en pratique pas destinés à des acheteurs internationaux.

Quelques paramètres structurent les offres :

40

Le taux d’endettement maximum autorisé pour l’octroi d’un prêt immobilier, calculé sur le revenu brut.

Dossier de demande de prêt

Le dossier de crédit comprend classiquement :

l’Agreement for Sale ;

– un rapport de valuation établi par un expert agréé par la banque ;

– le deed ou le Certificate of Title du bien ;

– un justificatif d’emploi et de revenus (lettre d’employeur, fiches de paie, bilans pour les indépendants) ;

– des relevés bancaires et références de banque ;

– deux pièces d’identité avec photo et justificatif de domicile ;

– les certificats de régularité des services (WASA Clearance pour l’eau, factures d’électricité) ;

– les quittances de taxes foncières.

L’instruction du crédit se superpose au calendrier légal d’obtention de la licence pour les étrangers ; d’où la nécessité de prévoir des délais suffisants et de bien articuler les conditions suspensives dans le compromis de vente.

Sécurité juridique et risques de fraude : pourquoi l’avocat est indispensable

Le système de propriété, qu’il s’agisse du régime des deeds ou de celui des titres RPO, est techniquement solide, mais n’échappe pas aux risques de fraude. Les autorités et la Law Association of Trinidad and Tobago ont documenté des cas de plus en plus sophistiqués ces dernières années : usurpation d’identité du vendeur avec faux papiers, détournement de deeds via des deed polls frauduleux pour changer de nom, falsification de signatures d’avocats, usage de pouvoirs notariés (Power of Attorney) révoqués ou contrefaits, etc.

Dans ce contexte, un avocat spécialisé en conveyancing joue plusieurs rôles clés :

Astuce :

Pour sécuriser une transaction immobilière, il est essentiel de procéder à une vérification approfondie de l’identité du vendeur et des autres intervenants. Il faut également consulter les registres publics pour détecter d’éventuelles anomalies ou des litiges antérieurs liés au bien. Le flux financier doit être sécurisé, idéalement en hébergeant les fonds sur un compte séquestre encadré par un tiers de confiance. Enfin, une rédaction minutieuse des actes juridiques est cruciale pour éviter des vices de forme qui pourraient rendre la transaction attaquable en justice.

Si un acte frauduleux est découvert après coup, il n’est pas automatiquement nul : il peut être seulement annulable, ce qui impose une action judiciaire pour le faire radier du registre. Un acheteur de bonne foi, même étranger, peut être entraîné dans un contentieux long et coûteux. D’où l’importance de privilégier des praticiens membres de la Law Association, en règle avec leur certificat d’exercice et enregistrés auprès de la FIU.

Propriété et résidence : ce que l’immobilier ne donne pas… et ce qu’il peut aider à bâtir

À la différence de nombreux États caribéens, Trinité et Tobago ne lie pas directement propriété immobilière et statut migratoire. Posséder une villa à Tobago ou un immeuble de bureaux à Port of Spain ne dispense pas :

Bon à savoir :

Pour un séjour touristique de moins de 90 jours, un visa n’est généralement pas requis pour de nombreuses nationalités. Pour travailler, un permis de travail est obligatoire pour toute activité professionnelle dépassant 30 jours ; il doit être demandé par une entité locale. Les démarches pour une résidence permanente ou une naturalisation suivent des critères établis, tels que les liens familiaux, l’emploi, la durée de résidence légale ou la retraite avec des ressources suffisantes.

En revanche, détenir un bien peut contribuer à démontrer un ancrage dans le pays dans le cadre d’un dossier de résidence de long terme, ou soutenir un projet entrepreneurial impliquant un investissement local significatif. Il ne faut simplement pas le confondre avec un raccourci automatique.

Stratégies pratiques pour un étranger qui achète à Trinité et Tobago

Au fil des années, quelques règles de bon sens se dégagent pour les acheteurs étrangers.

Sur le plan juridique :

vérifier dès le départ si une licence est requise, et pour quel type de licence (Trinité vs Tobago, résidentiel vs commercial) ;

insérer systématiquement une clause « sous réserve d’obtention de la licence » dans l’Agreement for Sale ;

– recourir à un avocat indépendant du vendeur, choisi via la Law Association ou des recommandations fiables.

Sur le plan financier :

Astuce :

Pour un achat immobilier dans les Caraïbes, il est crucial de chiffrer tous les coûts annexes (droits de timbre, honoraires, taxes, assurance habitation, entretien) afin d’éviter les mauvaises surprises et d’ajuster précisément votre capacité d’emprunt. Parallèlement, comparez les offres de plusieurs banques locales et, le cas échéant, de prêteurs internationaux spécialisés dans les hypothèques caribéennes. Gardez également à l’esprit que les banques locales peuvent être confrontées à des pénuries de devises, ce qui peut parfois ralentir les transferts en monnaies fortes.

Sur le plan patrimonial :

tenir compte des risques climatiques (proximité du littoral, robustesse de la structure, normes de construction) et de leur impact sur l’assurance, surtout pour Tobago ;

penser gestion à distance dès le départ : qui s’occupe du bien, des locataires, des urgences, des relations avec les administrations ?

Enfin, garder à l’esprit que Trinité et Tobago n’est pas un paradis fiscal ni un centre offshore « discret » : le pays applique la norme d’échange automatique d’informations de l’OCDE (CRS), participe à l’initiative BEPS et s’aligne progressivement sur les standards de transparence internationaux. Acheter un bien dans ce contexte, c’est investir dans un marché émergent mais régulé, dans lequel la rigueur procédurale est la meilleure alliée de l’investisseur étranger.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier touristique à Trinité et Tobago pour rechercher du rendement locatif en devises et un actif décorrélé de l’Europe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs zones (île de Trinité, Tobago, secteurs balnéaires prisés), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa ou un appartement de standing proche des plages et infrastructures touristiques, combinant rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou société locale) et plan de diversification patrimoniale dans le temps, en intégrant les risques juridiques, fiscaux et locatifs propres à Trinité et Tobago.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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