Entre cabanes rouges au bord d’un lac, lofts design au cœur de Stockholm et chalets de ski en Laponie, la location saisonnière en Suède est devenue bien plus qu’un simple complément d’hôtellerie. C’est un marché robuste, en pleine mutation digitale, porté par un tourisme en forte croissance et par une culture suédoise du “sommarstuga” profondément ancrée. Pour un propriétaire comme pour un investisseur, le pays offre aujourd’hui un terrain de jeu riche, à condition de comprendre ses spécificités : saisons, régions, prix, fiscalité et cadre légal.
Un pays de maisons de vacances et de séjours prolongés
La location de résidences de vacances fait partie du paysage suédois depuis longtemps. Une part importante des habitants dispose d’une résidence secondaire – maison de campagne, chalet de forêt ou cabane sur une île – et la pratique de louer ces biens à la semaine en été ou à la saison d’hiver est largement entrée dans les mœurs. Les plates-formes spécialisées comme Stugknuten ou Stugnet recensent des milliers de cottages (“stugor”), tandis que les géants internationaux tels qu’Airbnb, Booking.com et Vrbo ont fait exploser l’offre d’appartements, villas et maisons de ville.
En moyenne, un séjour en location de vacances dure neuf jours, soit plus longtemps qu’un séjour hôtelier. Bien que leur coût soit environ 13 % plus élevé, ces locations offrent des avantages significatifs comme une cuisine, plus d’espace, un jardin, un sauna ou un accès direct au lac, ce qui les rend populaires auprès des familles, des groupes et des télétravailleurs. On observe également une augmentation des séjours ‘étendus’ (1 à 4 mois), attrayants pour les professionnels en mission ou les expatriés en phase d’installation.
Un marché en expansion sur fond de boom touristique
La dynamique touristique donne le ton. Après le creux lié au Covid, la Suède a retrouvé et dépassé ses niveaux d’avant-crise. En 2024, le pays a accueilli environ 8,7 millions de visiteurs internationaux, contre 7,6 millions en 2019. Les dépenses touristiques ont dépassé les 10 milliards de dollars, avec une durée de séjour moyenne de deux à trois nuits pour les étrangers… mais beaucoup plus pour ceux qui optent pour une location saisonnière.
C’est le nombre de visiteurs, en millions, enregistré en juillet 2024, le mois le plus fréquenté de l’été en Suède.
Dans ce contexte, le marché des locations de vacances recense environ 60 100 annonces actives sur tout le territoire, avec un taux d’occupation moyen autour de 48 % et un revenu par logement disponible (RevPAR) projeté à 58 dollars. Certaines sociétés de gestion, comme SwedBNB, annoncent des croissances de plus de 500 % sur les revenus et réservations estivales, preuve que la demande est loin d’être saturée pour les biens correctement gérés.
Saisonnalité : l’art de jouer avec les pics et les creux
Pour réussir, propriétaires et investisseurs doivent s’adapter à une saisonalité marquée, mais assez longue pour lisser les risques. L’année touristique suédoise se découpe en plusieurs temps forts qui influencent directement les prix et les taux d’occupation.
Été : la haute saison des lacs et de l’archipel
De juin à août, la Suède vit à l’heure du soleil de minuit, des festivals et des séjours en cabane. Les régions côtières du sud (Skåne, Halland, Blekinge), les îles d’Öland et Gotland, la côte ouest de Bohuslän (Smögen, Marstrand, Grebbestad, Malmön), le Dalarna autour du lac Siljan ou encore l’archipel de Stockholm sont pris d’assaut. Dans les villes, Stockholm, Göteborg et Malmö voient le nombre de locations de courte durée grimper fortement.
Le prix moyen par nuit d’une location Airbnb peut atteindre jusqu’à 218 dollars lors des pointes estivales en juillet.
Hiver : la saison blanche des stations et des aurores
Dans le nord, une autre haute saison s’ouvre de mi-novembre à mars, parfois jusqu’en avril ou mai en Laponie. À Åre, Sälen, Vemdalen, Riksgränsen ou encore dans la région d’Abisko, les chalets et appartements de ski affichent des taux de remplissage élevés pour les vacances de Noël, les semaines de “sportlov” (vacances d’hiver) en février et les ponts de fin d’hiver.
À l’échelle nationale, février est le mois où les prix sont les plus élevés, avec des hausses moyennes d’environ 142 % par rapport aux périodes les moins chères. Janvier connaît une demande globale plus faible mais reste attractif pour les destinations de sports d’hiver, notamment lorsque ses tarifs sont légèrement inférieurs à ceux de février.
Inter-saisons : opportunités pour les budgets flexibles
Les mois de mai et novembre apparaissent comme les plus avantageux pour les voyageurs : les prix moyens peuvent s’y effondrer d’environ 56 % et l’offre disponible est plus large. Pour un propriétaire, ces périodes sont idéales pour séduire les télétravailleurs, les couples sans enfants ou les retraités en quête de calme, en ajustant les prix et en mettant en avant nature, randonnées d’automne, champignons ou premières neiges.
Une particularité intéressante du marché suédois est la prolongation de la saison estivale : de nombreux campings et hébergements de plein air ouvrent dès mai et restent actifs jusqu’à début septembre. Une “deuxième saison” débute également autour du 10 septembre, axée sur la randonnée, la pêche et l’observation de la faune, ce qui permet de remplir des cottages et chalets loin des foules estivales.
Les régions et destinations les plus porteuses
L’un des atouts majeurs de la Suède réside dans la variété de ses paysages et donc de ses micro-marchés de location saisonnière. Certaines zones ressortent toutefois comme particulièrement attractives, soit par leur potentiel touristique, soit par leurs prix plus accessibles.
Stockholm et sa région : forte demande, bons revenus
La capitale concentre l’une des plus fortes demandes en court séjour. On y recense plus de 6 000 à 13 000 annonces selon les sources et périodes d’analyse, avec une grande majorité d’appartements. Les indicateurs sont parlants : un logement type se loue entre 226 et 237 nuits par an, avec un taux d’occupation médian compris entre 62 et 65 %. Le tarif moyen par nuit tourne entre 115 et 129 euros, pour un revenu annuel prochain de 25 000 à 29 000 euros.
Les locations saisonnières présentent une forte saisonnalité, avec les mois de mai et août parmi les plus rémunérateurs, générant des revenus mensuels allant de 2 000 à plus de 3 000 euros. Pour les biens les plus performants, comme le top 10 % des annonces, les revenus peuvent dépasser 6 300 dollars par mois, soutenus par un taux d’occupation supérieur à 88 % et un prix moyen de 336 dollars par nuit.
Les quartiers centraux comme Södermalm, Vasastan, Kungsholmen, Gamla Stan ou Östermalm offrent des performances particulièrement élevées.
| Quartier de Stockholm | Nombre d’annonces | Revenu annuel moyen | Taux d’occupation | Prix moyen nuitée |
|---|---|---|---|---|
| Södermalm | 473 | 44 275 € | 84 % | 143 € |
| Vasastan | 238 | 40 734 € | 80 % | 137 € |
| Kungsholmen | 222 | 31 471 € | 76 % | 111 € |
| Gamla Stan | n.c. | 53 308 € | 86 % | 167 € |
Ce potentiel a attiré de véritables opérateurs professionnels : près de 28 % des hôtes stockholmois possèdent plus d’une annonce, et quelques acteurs gèrent plusieurs dizaines d’appartements chacun.
Gothenburg, Malmö et les grandes villes
Gothenburg et Malmö présentent également des marchés solides, boostés par la demande urbaine (musées, gastronomie, parcs d’attractions comme Liseberg) et par la proximité des côtes. Les loyers de marché y sont plus bas qu’à Stockholm à l’année, mais les rendements bruts locatifs pour des investissements résidentiels peuvent y être plus élevés : entre 4,6 et 7,1 % à Gothenburg, et souvent autour de 6 % à Malmö pour la location longue durée.
En saisonnier, ces villes profitent des grands événements (festivals, salons, congrès) et peuvent être combinées avec des séjours en bord de mer, ce qui renforce leur attractivité pour des séjours hybrides travail-loisirs.
Skåne et la côte sud : l’Italie nordique à prix doux
Tout au sud, la région de Skåne concentre une offre foisonnante de gîtes, fermes rénovées et petites maisons design. Les secteurs de Ystad, Österlen, Brösarp, Kivik, Båstad ou Torekov séduisent pour leurs plages, leurs villages pittoresques, leurs réserves naturelles (Söderåsen, Kullaberg) et leurs adresses gastronomiques.
La région de Scanie, au sud de la Suède, offre une gamme variée d’hébergements uniques. On y trouve des maisons d’hôtes à la ferme, des tiny houses équipées de jacuzzis à proximité de Malmö, des dépendances de manoirs à Ystad ou des lodges en pleine campagne, entourés d’animaux et de vergers. Pour un séjour haut de gamme, des options comme une maison de plage à Angels Creek, à quelques pas de la mer, ou des villas d’architecte à Torekov, illustrent le positionnement premium de la région.
Småland, Kronoberg et les lacs du sud : le bon rapport prix/potentiel
Pour les investisseurs, le sud intérieur – Småland et en particulier le comté de Kronoberg – offre des opportunités notables. Les prix des maisons y ont baissé jusqu’à 30 % sur certaines périodes récentes, alors que la demande étrangère pour des maisons de vacances y est forte, en particulier de la part d’Allemands, de Néerlandais, de Norvégiens ou de Britanniques.
L’enseigne IKEA a immortalisé la région de Småland en baptisant ainsi ses aires de jeux pour enfants, preuve de la puissance de cette image à l’international.
IKEA
La côte ouest de Bohuslän, autour de Strömstad, Smögen, Marstrand, Malmön ou Grebbestad, ainsi que l’archipel de Stockholm, Gotland et Öland, composent un portefeuille de destinations estivales très recherchées. Maisons en granit face à la mer, cabanes de pêcheurs reconverties, villas avec ponton privé : ce sont des biens souvent plus chers mais capables de générer des rentabilités élevées sur quelques semaines de pleine saison.
Laponie, montagnes et Dalarna : double saison hiver/été
Au nord, la Laponie suédoise, Abisko, Kiruna, Jukkasjärvi, mais aussi le Jämtland ou le Dalarna, sont des territoires à double saison : hiver pour le ski, le chien de traîneau et les aurores, été pour la randonnée, la pêche, les lacs et le soleil de minuit. Des structures emblématiques comme l’ICEHOTEL à Jukkasjärvi ajoutent un puissant effet d’image au reste du parc locatif (chalets, cabanes, cottages).
Quels types de biens se louent le mieux ?
L’offre de location saisonnière en Suède est extrêmement diversifiée. On y trouve pratiquement toutes les typologies possibles, du micro-studio urbain au château privé.
Les segments les plus fréquents comprennent :
Découvrez la diversité des logements typiques pour votre séjour, allant des traditionnelles cabanes en bois rouge aux modernes villas architecturées.
Charmantes maisonnettes en bois rouge Faluröd, situées en bord de lac ou en forêt, utilisant une peinture traditionnelle issue des mines de cuivre de Falun.
Villas modernes, parfois signées par des architectes, offrant vue mer, véranda et jardin pour un séjour confortable et dépaysant.
Logements entièrement équipés, parfaits pour un city-break ou un séjour professionnel, au cœur de l’animation urbaine.
Pour une immersion à la campagne : séjour à la ferme avec animaux, boutique de produits locaux et ateliers artisanaux.
Hébergements en montagne avec sauna, local à skis et accès direct aux pistes ou aux sentiers de randonnée.
Les capacités vont du pied-à-terre pour deux personnes jusqu’aux grandes villas pouvant accueillir douze à quinze invités. Il n’est pas rare de voir des annonces explicitement calibrées pour 2, 4, 6, 8, 10 ou 11 personnes, ce qui facilite le ciblage des familles et des groupes.
Côté équipements, certains standards se dégagent clairement : terrasse ou jardin, vue sur le lac ou la mer, sauna, bain chaud, cheminée, connexion Internet haut débit, parking, parfois borne de recharge pour véhicule électrique. Environ 13 % des biens acceptent les animaux, un argument crucial pour les marchés nord-européens. De plus en plus d’annonces mettent aussi l’accent sur la compatibilité télétravail (bureau dédié, chaise ergonomique, Wi-Fi fibre) et sur les pratiques durables (pompes à chaleur, appareils basse consommation, matériaux écologiques).
Prix, revenus et indicateurs de performance
Pour évaluer une opportunité, il faut combiner prix d’achat, niveau de loyer, taux d’occupation et coûts de gestion. Les chiffres disponibles donnent une première idée des ordres de grandeur.
Niveaux de prix pour les locations de vacances
Les données agrégées pour l’ensemble de la Suède indiquent qu’une location de vacances se facture en moyenne :
– 197 dollars la nuit sur l’année,
– 824 dollars la semaine,
– 3 531 dollars le mois.
Le prix moyen annuel d’une nuit d’hôtel en Suède présente de fortes disparités géographiques. Le sud du pays affiche un tarif moyen d’environ 187 dollars, tandis que le Västernorrland, au nord-est, propose des prix bien plus modérés, autour de 56 dollars. Les zones touristiques prisées (montagne, littoral) peuvent dépasser largement ces moyennes en haute saison. Cette variabilité permet d’envisager des stratégies commerciales basées sur le volume et les longs séjours dans les régions les moins chères.
La structure hebdomadaire des prix offre aussi des leviers : le dimanche est généralement la nuit la moins chère, tandis que le lundi apparaît comme la plus coûteuse. En moyenne, les nuitées de semaine (dimanche à jeudi) tournent autour de 161 dollars, quand les nuits de week-end (vendredi et samedi) montent à 230 dollars. Jouer finement sur ces écarts peut aider à améliorer le taux d’occupation en basse saison.
Exemple de gamme de prix par type de maison d’été
Certaines études fournissent des fourchettes par type de “summer house” :
| Type de maison d’été | Semaine haute saison | Semaine basse saison |
|---|---|---|
| Maison traditionnelle | 950–1 500 $ | 600–950 $ |
| Maison moderne | 1 200–2 000 $ | 750–1 200 $ |
Ces fourchettes restent bien sûr indicatives et varient selon la localisation, la proximité d’un lac ou de la mer, la qualité de la rénovation ou la présence d’équipements premium (jacuzzi, sauna, ponton privé, etc.).
Rendements locatifs : saisonnier vs longue durée
Sur le marché résidentiel classique, les rendements bruts moyens oscillent autour de 3,3 % au niveau national, avec une fourchette typique de 2,5 à 4,5 %. Dans les grandes villes, les quartiers centraux prestigieux (Östermalm, Vasastan, Södermalm à Stockholm) affichent souvent des rendements bruts de 2 à 2,5 %, tandis que des secteurs plus périphériques de Stockholm, Gothenburg ou Malmö peuvent monter à 4,5 % et au-delà.
Les meilleurs logements en location saisonnière à Stockholm peuvent générer plus de 6 000 dollars de recettes mensuelles en haute saison.
Cependant, ces chiffres bruts doivent être pondérés par les coûts plus élevés (ménage fréquent, conciergerie, commissions des plates-formes, amortissement du mobilier, marketing) et par une variabilité saisonnière qui demande une gestion dynamique des prix.
Cadre légal et fiscal : un pays attractif mais très encadré
La Suède est réputée pour son environnement d’affaires trans transparent et stable, mais aussi pour son encadrement strict du logement. Un projet de location saisonnière doit impérativement s’inscrire dans ce cadre pour rester rentable sur le long terme.
Statut du bien et droits à la sous-location
Le statut juridique du bien est déterminant.
– Dans le cas d’un appartement locatif classique (“hyresrätt”), le locataire doit obtenir l’autorisation expresse de son propriétaire pour sous-louer, y compris sur une plate-forme type Airbnb. En cas de refus, il peut saisir le tribunal des loyers (Hyresnämnden), mais le contrat de sous-location doit être rédigé pour que le dossier soit recevable. Un refus de la part du bailleur et une sous-location non autorisée peuvent conduire à la résiliation pure et simple du bail.
– Pour un appartement en copropriété (“bostadsrätt”), l’accord du conseil d’administration de l’association est requis. Depuis une modification de la loi sur les copropriétés, le refus ne peut en principe intervenir que si la sous-location a un caractère purement commercial. Les associations peuvent néanmoins fixer leurs propres règles internes, par exemple en limitant le nombre de jours de location courte durée.
Le propriétaire d’une maison individuelle en pleine propriété peut la mettre en location sans autorisation externe. Il doit toutefois veiller à respecter les règlements d’urbanisme en vigueur et se renseigner sur les éventuelles restrictions municipales spécifiques aux locations touristiques.
Dans tous les cas, seules les personnes qui ont un titre de propriété, un droit de jouissance ou un bail de premier rang peuvent louer légalement via les plates-formes. Un locataire en sous-location ne peut pas, lui, sous-louer à son tour sur Airbnb sans accord écrit explicite.
Règles de prix : pas de “loyer de marché” libre
La Suède ne reconnaît pas la notion de loyer purement “de marché” pour les logements, même en sous-location. Pour une hyresrätt, le loyer de sous-location ne peut pas excéder celui payé au bailleur, en y ajoutant uniquement les charges opérationnelles et une majoration limitée (10–15 %) si le logement est meublé. Depuis l’automne 2019, facturer un loyer excessif en sous-location est pénalement répréhensible.
Pour un bien en pleine propriété ou une bostadsrätt, le calcul est plus souple, mais doit rester “raisonnable” au regard de logements comparables : il inclut les charges (frais de copropriété, énergie) et un coût du capital plafonné autour de 4 % de la valeur de marché du bien.
Les locataires disposent d’un recours : ils peuvent demander au tribunal des loyers de réviser un loyer jugé abusif et d’ordonner le remboursement du trop-perçu jusqu’à deux ans en arrière.
Fiscalité de la location saisonnière
Sur le plan fiscal, la règle générale est claire : les revenus de location d’un bien privé (maison, appartement, résidence secondaire) sont considérés comme des revenus du capital et taxés à 30 % sur le surplus après déductions autorisées. La Suède propose toutefois un régime avantageux pour les petites locations ponctuelles.
Les deux principaux leviers de déduction sont :
– Une déduction forfaitaire de 40 000 SEK par bien et par an, à répartir entre copropriétaires si nécessaire et à proratiser en cas d’acquisition en cours d’année.
– Une déduction complémentaire liée au type de bien : pour une maison individuelle, 20 % des loyers annuels sont déductibles au titre des frais. Pour un appartement en copropriété, la cotisation mensuelle à l’association est déductible au prorata de la surface et de la période louées. Pour un appartement en location (hyresrätt), le loyer payé au propriétaire est déductible selon les mêmes critères.
Ces déductions ne peuvent jamais excéder le montant des loyers perçus, ce qui empêche de créer un déficit imputable sur d’autres revenus du capital. Le montant net imposable est ensuite reporté dans la déclaration annuelle, via les formulaires adéquats (par exemple K3), et taxé à 30 %.
Depuis 2023, en vertu de la directive européenne DAC7, les plateformes numériques sont tenues de transmettre automatiquement aux autorités fiscales les informations détaillées sur les revenus de location et leurs bénéficiaires. Bien que les règles de déclaration n’aient pas changé, cette mesure augmente considérablement la probabilité de contrôles, rendant une tenue de comptes rigoureuse absolument cruciale pour les hôtes.
Limites municipales et tournant européen
À l’échelle locale, les grandes villes suédoises ont commencé à encadrer la durée annuelle des locations de très courte durée. Stockholm impose par exemple une limite de 90 jours par an pour certains types de locations touristiques, assortie d’une obligation d’enregistrement auprès de la municipalité. Gothenburg applique une limite de 60 jours, Malmö de 30 jours au-delà desquels un permis commercial peut s’avérer nécessaire. D’autres villes recommandent une simple notification ou restent, pour l’instant, peu réglementées.
Au niveau européen, un règlement spécifique sur le partage de données entre plates-formes et autorités publiques doit entrer pleinement en vigueur en 2026. La Commission européenne a également annoncé son intention d’encadrer plus strictement les locations touristiques dans les zones sous forte pression immobilière, ce qui pourrait inspirer des ajustements en Suède dans les prochaines années.
Gestion, digitalisation et montée en gamme
Face à la complexité croissante du marché, de nombreuses entreprises de gestion se sont spécialisées dans l’accompagnement des propriétaires de locations saisonnières. Des acteurs comme SwedBNB, Guestly, Rentaborg, Scandinavian Hospitality, Swedish Living ou Beautiful Apartments proposent des services allant de la simple co‑gestion à la prise en charge complète.
Leur offre combine : une gamme variée de produits et services adaptés aux besoins des clients.
Découvrez les services complets proposés pour optimiser et simplifier la gestion de votre bien en location saisonnière.
Annonces optimisées avec photos professionnelles diffusées sur Airbnb, Booking, Vrbo, Google Rentals et autres plateformes majeures.
Optimisation des revenus par une tarification ajustée en fonction de la demande, des événements locaux et de la saisonnalité, pouvant augmenter les recettes de 20 à 40%.
Prise en charge complète des réservations, de la communication avec les voyageurs, et des procédures de check-in/check-out, souvent facilitées par des serrures connectées et des guides numériques.
Coordination du ménage, de la blanchisserie, des réparations et de la maintenance, accompagnée de contrôles qualité réguliers pour garantir l’état du bien.
Suivi comptable, collecte des loyers, gestion des cautions et reporting financier détaillé via des tableaux de bord en ligne accessibles.
Services optionnels : aménagement et décoration, ‘hotelification’ du bien, conciergerie, organisation d’expériences (chef privé, location de bateau, bien-être).
Les chiffres avancés par certains gestionnaires sont éloquents : des hausses de 25 à 30 % de taux d’occupation grâce à une distribution multi‑canal, une augmentation moyenne du prix journalier de l’ordre de 5 % via l’optimisation algorithmique des tarifs, ou encore des revenus hebdomadaires de 11 000 à 15 000 SEK pour une part significative des biens stockholmois.
L’écosystème proptech suédois compte près de 150 entreprises, attirant plusieurs centaines de millions de dollars d’investissements.
À qui s’adressent ces opportunités ?
Les profils intéressés par la location saisonnière en Suède sont multiples.
L’article identifie quatre profils principaux d’investisseurs sur ce marché. Premièrement, les propriétaires suédois de résidence secondaire, qui louent pour couvrir leurs frais (chauffage, taxes, entretien) tout en conservant un usage privé quelques semaines par an. Deuxièmement, les investisseurs étrangers recherchant une maison de vacances qui sert à la fois de lieu de retraite et d’actif générateur de revenus, attirés par un marché immobilier plus abordable qu’en Europe occidentale. Troisièmement, les familles et particuliers cherchant un complément de revenu ponctuel en louant une partie de leur logement principal (chambre, dépendance, étage indépendant). Enfin, les acteurs professionnels ou semi-professionnels qui bâtissent un portefeuille de plusieurs biens, souvent concentrés dans des micro-marchés très demandés.
Les chiffres sur la propriété de résidences de vacances montrent que ce dernier segment est en plein développement. Le pays comptait déjà près de 38 000 maisons de vacances détenues par des non-résidents au milieu des années 2010, un chiffre en hausse de plus de 100 % par rapport au début des années 2000. Certaines régions comme le Kronoberg ou le Värmland voient plus de 20 à 35 % de leur parc de résidences secondaires appartenir à des étrangers.
En pratique : comment se positionner sur ce marché ?
Pour exploiter pleinement les opportunités de location saisonnière en Suède, trois axes se révèlent déterminants : choisir le bon emplacement, s’adresser au bon public, et s’outiller correctement sur les plans juridique, fiscal et opérationnel.
Deux approches géographiques s’offrent aux investisseurs : la stratégie ‘prime’, ciblant les zones très prisées (archipel de Stockholm, côte de Bohuslän, etc.) pour des pics de revenus élevés sur quelques mois, et la stratégie ‘valeur’, visant des régions au prix d’entrée plus bas (Småland, Kronoberg, etc.) pour des rendements plus réguliers avec une clientèle de longs séjours ou à budget maîtrisé.
Côté clientèle, les tendances actuelles favorisent les séjours plus longs, l’authenticité, la connexion à la nature et la possibilité de travailler à distance. Offrir une expérience cohérente avec ces attentes – sauna et accès au lac, coin bureau avec fibre, guide personnalisé des cafés pour la “fika” et des randos locales – devient au moins aussi important que la surface ou le nombre de chambres.
La réussite et la stabilité d’un projet de location à moyen et long terme dépendent du strict respect de plusieurs obligations : vérification des droits à la sous-location, respect des plafonds de loyer, enregistrement auprès de la municipalité si requis, déclaration précise des revenus avec optimisation des abattements fiscaux, et anticipation des évolutions réglementaires européennes.
Une fenêtre d’opportunité encore largement ouverte
La Suède cumule plusieurs avantages rarement réunis sur un même marché : une économie stable, un cadre réglementaire clair, une nature spectaculaire, une image internationale très positive centrée sur le bien‑être et la durabilité, et un tourisme en croissance régulière, été comme hiver. Dans ce contexte, la location saisonnière, qu’elle prenne la forme d’un simple cottage au bord de l’eau ou d’un portefeuille d’appartements en centre-ville, offre un potentiel réel.
Le marché suédois de la location saisonnière est attractif mais soumis à des contraintes : lois protectrices des locataires, réglementations municipales, débat public sur l’impact touristique et futures réglementations européennes. Pour en tirer parti, les propriétaires et investisseurs doivent maîtriser ces règles, offrir un service de qualité et utiliser des outils de gestion adaptés.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Suède pour chercher du rendement locatif et une exposition à la couronne suédoise. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Stockholm, Göteborg, Malmö), la stratégie retenue a consisté à cibler un logement résidentiel (appartement ou petite maison) dans une zone urbaine en croissance, combinant rendement locatif brut cible de 6–7 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps afin d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.
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