Acheter un logement à l’étranger soulève toujours les mêmes questions : est‑ce légalement possible, combien ça coûte vraiment, à qui faire confiance, et quelles sont les erreurs à éviter ? Dans le cas de la Suède, la bonne nouvelle, c’est que le marché est à la fois ouvert, transparent et très encadré. Les étrangers – y compris hors UE – y bénéficient pratiquement des mêmes droits que les Suédois, mais doivent composer avec un environnement bancaire exigeant et des règles de jeu assez spécifiques, notamment sur les appartements en coopérative (bostadsrätt).
L’achat d’un bien immobilier en Suède par un étranger implique de comprendre un cadre légal spécifique, les types de biens disponibles, les options de financement et les étapes de la transaction. Il est crucial de prendre en compte la fiscalité, les coûts associés et les pièges courants à éviter pour mener à bien le processus.
Un marché ouvert, mais sans “Golden Visa”
La première chose à comprendre est que la Suède fait partie des marchés les plus ouverts d’Europe pour les acheteurs étrangers. Quelle que soit votre nationalité ou votre statut de résidence, vous pouvez acheter, détenir, louer et revendre un bien immobilier en Suède : maison, appartement, résidence secondaire, terrain, voire des actifs commerciaux.
L’ouverture du marché immobilier suédois aux étrangers comporte deux limites essentielles. Premièrement, certains terrains agricoles ou forestiers peuvent nécessiter un permis spécifique, applicable aussi bien aux Suédois qu’aux étrangers. Deuxièmement, et c’est un point crucial pour les investisseurs, l’acquisition d’un bien immobilier n’accorde aucun droit automatique en matière de visa, de résidence ou de citoyenneté. La Suède ne dispose pas de programme de type « Golden Visa » lié à l’immobilier. L’obtention d’un permis de séjour doit se faire par les voies classiques : emploi, études, regroupement familial ou création d’entreprise.
En pratique, un étranger peut donc parfaitement acheter un appartement à Stockholm ou une maison de vacances dans l’archipel sans jamais résider en Suède. Mais s’il souhaite y vivre à l’année, il devra enclencher une procédure de résidence distincte, sans que son investissement immobilier ne lui accorde de passe-droit particulier.
Personnummer, compte bancaire et réalité administrative
Sur le plan strictement juridique, rien n’oblige un acheteur étranger à disposer d’un numéro d’identité suédois (personnummer) pour signer un acte de vente. Un passeport en règle suffit pour conclure la transaction, et le transfert de propriété peut être enregistré à l’autorité foncière (Lantmäteriet) même pour un non‑résident.
En Suède, le *personnummer* (numéro d’identification personnel) est pratiquement indispensable pour les démarches financières et administratives. Sans lui, il est difficile d’ouvrir un compte bancaire local, presque impossible d’obtenir un prêt immobilier auprès d’une banque suédoise, et de nombreuses démarches quotidiennes (comme souscrire des abonnements, déclarer ses impôts ou utiliser certains services en ligne) deviennent beaucoup plus complexes.
Les banques exigent en général : les garanties nécessaires.
– un personnummer ou, à défaut, un numéro de coordination (samordningsnummer) à portée limitée ;
– un compte bancaire suédois pour verser le prêt et prélever les mensualités ;
– des justificatifs d’identité, de revenus, de solvabilité et de provenance des fonds.
Pour un étranger, l’ouverture du compte suppose souvent une présence physique en agence, avec un passeport valide et une adresse (même temporaire) en Suède. Certains acheteurs choisissent donc de financer leur acquisition au comptant via leurs comptes étrangers, ou recourent à un crédit dans leur pays d’origine, plutôt que de se battre avec les critères des banques locales.
Comprendre les deux grands types de propriété : äganderätt et bostadsrätt
Le paysage immobilier suédois repose essentiellement sur deux formes de propriété qu’il faut bien distinguer, car elles n’impliquent ni les mêmes droits ni les mêmes obligations financières.
Äganderätt : la pleine propriété
La première forme est la pleine propriété (äganderätt), généralement associée à une maison individuelle (villa ou fastighet). L’acheteur devient propriétaire du bâtiment et du terrain, avec une inscription au registre foncier national. Il assume la totalité des charges : entretien, mise aux normes, relations avec la commune, taxes foncières, etc.
Ce type de bien offre une grande liberté pour les rénovations et la mise en location, sous réserve du respect des règles d’urbanisme locales. Cependant, il implique un niveau de responsabilité et des coûts d’entretien plus élevés, particulièrement dans un pays au climat parfois rigoureux.
Bostadsrätt : le droit d’occupation en coopérative
L’autre forme majeure, très répandue dans les grandes villes, est le bostadsrätt. Ici, le propriétaire ne détient pas l’appartement en tant que tel, mais des parts dans une coopérative d’habitation (bostadsrättsförening) qui possède l’immeuble. Ces parts lui donnent le droit d’occuper un logement déterminé.
Ce modèle a plusieurs implications concrètes :
Le propriétaire verse une cotisation mensuelle (avgift) couvrant l’entretien, l’assurance, parfois les fluides, et le remboursement des dettes. Le conseil d’administration a un pouvoir important : il régit les travaux, la sous-location, les règles de vie et l’adhésion de nouveaux membres. La santé financière de la coopérative est cruciale, car un endettement élevé ou une gestion laxiste peut entraîner une hausse des charges, des appels de fonds exceptionnels et une dépréciation de la valeur des appartements.
Avant d’acheter un bostadsrätt, il est donc crucial de lire les comptes de la coopérative, d’examiner son niveau de dette, l’état de l’immeuble, les travaux prévus et les procès éventuels. C’est un élément que beaucoup d’étrangers sous‑estiment, alors qu’il influence plus qu’on ne le croit la rentabilité et la tranquillité à long terme.
Où chercher, avec qui travailler : portails, agences et intermédiaires
Grâce aux plateformes en ligne, repérer des biens en Suède est relativement simple, même depuis l’étranger. Le site le plus utilisé est Hemnet (hemnet.se), considéré comme la vitrine centrale du marché résidentiel, avec plus de 60 millions de visites par mois et des centaines de milliers d’annonces publiées chaque année. D’autres portails comme Booli, Svenskfast, Länsförsäkringar, HSB ou encore Sweden Estates et Real Estate Scandinavia complètent le panorama.
Les grands réseaux d’agences suédoises publient massivement leurs annonces sur des plateformes spécialisées comme Hemnet, avec des formules allant de la plus basique (Hemnet Bas) à la plus visible (Hemnet Premium). Pour un acheteur étranger, cela offre un double avantage : un accès à un large choix de biens et la possibilité d’identifier facilement les agences actives dans une région spécifique.
Parallèlement, des services comme MäklarOfferter permettent de déposer un projet et de recevoir les propositions de plusieurs agents locaux, tandis que certains réseaux, à l’image de Notar, Mäklarhuset, Eklund Stockholm New York, Fantastic Frank, Wrede ou Alexander White, sont particulièrement présents dans les grandes villes et la gamme moyenne à haut de gamme.
Le rôle très encadré de l’agent immobilier
En Suède, le métier d’agent (fastighetsmäklare) est strictement réglementé. Les agents doivent être diplômés à l’université et détenir une licence délivrée par l’Inspectorat des agents immobiliers (Fastighetsmäklarinspektionen). La loi leur impose une obligation d’impartialité : même si leurs honoraires sont payés par le vendeur (généralement 1,5 % à 5 % du prix de vente), ils doivent veiller aux intérêts des deux parties, fournir une information complète et correcte et encadrer une procédure conforme au droit.
Concrètement, l’agent s’occupe de :
– l’estimation et la mise en marché du bien, avec photos, plans et diagnostics ;
– l’organisation des visites (souvent des “open house” de 15 à 20 minutes) ;
– la gestion des offres et contre‑offres ;
– la rédaction du compromis de vente et de l’acte définitif ;
– la coordination du versement de l’acompte sur un compte séquestre ;
– la liaison avec la banque, le notaire éventuel et Lantmäteriet.
Pour un étranger, l’agent est souvent le pivot de la transaction, d’autant que la plupart parlent très bien anglais. Néanmoins, il reste prudent de faire relire la documentation par un avocat, surtout pour les dossiers complexes ou les investisseurs professionnels.
Les grandes étapes du processus d’achat
Même si chaque dossier a ses particularités, le cheminement type d’un achat immobilier en Suède suit une trame assez claire, marquée par une forte rapidité d’exécution une fois l’offre acceptée.
Recherche, visites et réalité du marché
La première phase consiste à repérer les biens via les portails ou les agences, puis à participer aux visites. Celles‑ci sont majoritairement organisées sous forme de “visning” ouvertes, à heure fixe, où plusieurs acheteurs potentiels se croisent. Pour les candidats éloignés géographiquement, de plus en plus d’agents proposent des visites virtuelles ou vidéo.
Le marché suédois est actif toute l’année, avec un pic de mises en vente au printemps et en été. L’automne et l’hiver offrent parfois moins de choix mais aussi une concurrence un peu plus faible, ce qui peut jouer sur les prix de négociation.
Les niveaux de prix varient fortement selon la localisation :
| Ville / zone | Prix moyen indicatif au m² (approx.) |
|---|---|
| Stockholm centre | 7 700 – 11 500 € |
| Stockholm hors centre | ~54 000 SEK/m² (env. 4 800 – 5 000 €) |
| Gothenburg centre | 4 700 – 7 500 € |
| Malmö centre | 2 500 – 6 200 € |
| Villes moyennes / rural | 1 000 – 2 000 € |
Les grandes métropoles, et en particulier Stockholm, restent les plus chères, mais l’écart avec des marchés comme Londres ou certaines capitales européennes est notable : le prix au mètre carré en centre‑ville suédois serait en moyenne près de 20 % inférieur à celui du Royaume‑Uni.
Le financement en amont : lånelöfte et apport
Avant même de commencer à enchérir, la norme suédoise veut que l’acheteur se procure un “loan promise” (lånelöfte), c’est‑à‑dire un accord de principe de la banque. Ce document, valable généralement quelques mois, atteste de la capacité maximale d’emprunt et rassure le vendeur sur la solidité de votre offre.
Les règles de base imposées par la réglementation et les banques sont claires :
– le prêt ne peut en principe pas dépasser 85 % de la valeur du bien : l’apport minimal est donc de 15 % ;
– pour les étrangers, surtout non‑résidents, les établissements peuvent exiger 20 à 40 % d’apport, parfois plus en l’absence de tout lien avec la Suède ;
– la capacité d’emprunt est souvent plafonnée à environ 4,5 à 5 fois le revenu brut annuel ;
– si le ratio prêt/valeur dépasse certains seuils, des règles d’amortissement obligatoires s’appliquent : par exemple, rembourser au moins 2 % du capital chaque année au‑delà de 50 % de LTV.
Les taux moyens ont fluctué ces dernières années autour de 3 % à 4,5 %, avec des perspectives de repli vers 3 % à moyen terme. Les non‑résidents se voient souvent appliquer une marge supplémentaire de quelques dixièmes de point.
Pour beaucoup d’acheteurs internationaux, deux options dominent : achat comptant, surtout pour les résidences secondaires ou les biens d’investissement, ou crédit contracté dans le pays d’origine, souvent garanti sur un patrimoine déjà existant.
Enchères et négociation : un système particulier
À la différence de certains marchés où le prix affiché est strictement ferme, la Suède fonctionne largement sur un système de mise aux enchères encadré par l’agent. Après les visites, les candidats intéressés transmettent leurs offres, très souvent par SMS ou téléphone. L’agent tient un registre des enchères, attribue un numéro aux participants et informe régulièrement tous les enchérisseurs des nouveaux montants.
Plusieurs éléments sont à garder à l’esprit :
Une offre verbale n’est pas juridiquement contraignante sans un contrat écrit signé. Le vendeur peut choisir une offre non pas uniquement sur le prix, mais aussi selon la solidité du financement, la flexibilité sur la date de remise des clés, ou d’autres critères. Dans les marchés tendus, le prix final dépasse souvent le prix de départ de 10% à 20%, voire plus dans certains quartiers de Stockholm.
Ce mécanisme peut être déstabilisant pour les étrangers, qui se laissent parfois emporter dans une surenchère émotionnelle. Il est recommandé de fixer à l’avance un plafond ferme, en se rappelant qu’une banque peut refuser de financer la totalité du montant si son propre avis de valeur est inférieur au prix final remporté.
Signature, acompte et obligation d’inspection
Une fois l’offre acceptée, tout s’enchaîne vite. Un contrat de vente (köpekontrakt ou köpeavtal) est préparé par l’agent et signé généralement dans les jours qui suivent, parfois dans les deux semaines. C’est à ce moment‑là que l’opération devient juridiquement contraignante : se désister après signature peut conduire à la perte de l’acompte et à une demande de dommages et intérêts.
L’acompte (handpenning) tourne le plus souvent autour de 10 % à 15 % du prix et est versé sur un compte séquestre au nom de l’agent ou de l’avocat. Il restera bloqué jusqu’à la finalisation de la transaction.
En Suède, l’acheteur a l’obligation légale (undersökningsplikt) d’inspecter minutieusement un bien avant l’achat. Après la transaction, il ne peut plus tenir le vendeur responsable des défauts qui auraient pu être découverts lors d’un examen raisonnable. Il est donc crucial, surtout pour une maison, d’engager un inspecteur professionnel (besiktningsman) pour identifier les problèmes d’humidité, de toiture, d’électricité ou structurels.
Le coût de cette inspection oscille généralement entre 3 000 et 10 000 SEK, voire davantage pour des expertises approfondies. Rapporté au prix d’un bien, c’est un investissement modeste par rapport au risque d’acheter une maison qui nécessite des travaux lourds non anticipés.
Remise des clés et enregistrement à Lantmäteriet
La dernière étape est celle de la “prise de possession” (tillträdesdag). À cette date convenue dès le contrat initial, le solde du prix (souvent 85 % à 90 %) est transféré, l’éventuel prêt est débloqué, les clés sont remises et le vendeur confirme par un acte de confirmation (köpebrev). L’agent ou l’avocat s’assure que les hypothèques existantes sont effacées et que les fonds restants reviennent bien au vendeur.
L’acheteur doit ensuite demander l’inscription de son droit de propriété au registre foncier, par une demande de lagfart auprès de Lantmäteriet. Cette formalité, assortie d’un droit de timbre et d’une redevance fixe, doit être effectuée dans un délai légal (généralement trois mois). C’est elle qui sécurise définitivement votre titre et permet de faire ensuite enregistrer d’éventuelles hypothèques.
Coûts d’acquisition et taxation : le vrai prix d’achat
Au-delà du prix affiché dans l’annonce, un achat immobilier en Suède s’accompagne de plusieurs frais et taxes. Pour un particulier, on estime généralement que les coûts “de clôture” représentent entre 2 % et 3 % du prix d’achat, hors commission d’agent qui reste à la charge du vendeur.
Les principaux frais à la charge de l’acheteur
On distingue plusieurs postes incontournables :
| Poste | Montant / taux indicatif | Commentaire |
|---|---|---|
| Droit de mutation (lagfart) | 1,5 % du prix (individu), 4,25 % (société) | Calculé sur le plus élevé entre prix et valeur fiscale |
| Redevance de registre foncier | 825 SEK env. | Forfait payable à Lantmäteriet |
| Taxe sur le pantbrev (hypothèque) | 2 % du montant du nouveau prêt + 375 SEK | Uniquement sur la partie nouvellement hypothéquée |
| Honoraires juridiques (optionnels) | 5 000 à 35 000 SEK (ou 1–1,5 % du prix) | Avocat pour relecture, due diligence |
| Frais de dossier de prêt | 0,5–1 % du montant emprunté, min. 5 000–10 000 SEK | Dépend de la banque et de la relation client |
| Expertise et inspection | 3 000–10 000 SEK (voire plus) | Diagnostic structurel et technique |
| Traductions, apostilles, etc. | 2 000–8 000 SEK | Selon volume de documents étrangers |
Les honoraires de l’agent immobilier, eux, sont intégralement payés par le vendeur et oscillent généralement entre 1,5 % et 5 % du prix de vente, parfois avec une structure dégressive (taux plus élevé sur la première tranche de prix, puis plus faible au‑delà).
La fiscalité annuelle et les charges récurrentes
Une fois installé dans son bien, le propriétaire doit assumer plusieurs coûts réguliers :
Taux annuel de la taxe foncière en Suède, calculé sur la valeur fiscale du bien immobilier.
Les propriétaires non résidents doivent en outre déposer chaque année une déclaration fiscale suédoise pour ce bien, même s’ils ne sont pas imposés sur leurs autres revenus dans le pays.
Revente, plus‑values et revenus locatifs
Lors de la revente, le gain réalisé (prix de vente moins prix d’achat et frais d’amélioration documentés) est soumis à un impôt sur la plus‑value dont le taux effectif pour les particuliers est d’environ 22 %. Il existe dans certains cas des possibilités de report d’imposition si le vendeur réinvestit dans un autre bien situé en Suède ou dans l’Espace économique européen.
Les revenus locatifs d’un bien immobilier loué en Suède sont imposables. Pour un logement détenu à titre privé, un abattement forfaitaire (en couronnes et en pourcentage des loyers) est d’abord appliqué. Le revenu locatif net résultant est ensuite imposé au taux fixe de 30 %. Il est possible de déduire les dépenses directement liées à la location, telles que les frais d’entretien, d’assurance, les taxes foncières et les frais d’agence immobilière.
Les rendements locatifs bruts varient selon les villes, autour de 2,5 % à 5,5 % dans les grands centres, avec des niveaux indicatifs suivants :
| Ville | Rendement locatif brut indicatif |
|---|---|
| Uppsala | ~7,0 % |
| Malmö | ~6,0 % |
| Gothenburg | ~5,0 % |
| Stockholm | ~4,2 % |
| Moyenne nationale | ~5,5 % |
Accès au crédit : un parcours exigeant pour les non‑résidents
Sur le papier, les grandes banques suédoises – Swedbank, SEB, Handelsbanken, Nordea, SBAB, Länsförsäkringar – peuvent financer des étrangers. Dans la pratique, obtenir un prêt en tant que non‑résident reste souvent difficile, voire impossible, si l’on ne présente pas un profil très solide : revenus stables en Suède, résidence permanente, historique de crédit local.
Les principaux freins rencontrés par les étrangers sont :
– la réticence des banques à se baser sur des revenus étrangers jugés plus difficiles à vérifier ;
– l’absence de personnummer et de compte local ;
– le manque d’historique bancaire et fiscal en Suède.
Dans le cadre de la lutte anti-blanchiment, les banques sont légalement tenues de vérifier minutieusement la provenance des fonds. Cette obligation peut impliquer des demandes de justificatifs parfois lourdes, tels que des relevés de compte internationaux, des contrats de travail, des déclarations fiscales, ou des attestations de donation ou d’héritage.
Face à ces obstacles, plusieurs stratégies se dessinent pour les étrangers :
– viser un achat comptant, en utilisant des services de transfert comme Wise pour optimiser les frais de change ;
– emprunter dans leur pays d’origine, éventuellement avec une garantie sur un autre bien ;
– négocier avec une banque suédoise en s’appuyant sur un lien fort avec le pays (emploi local, conjoint suédois, résidence) pour bénéficier de conditions proches de celles des résidents.
Spécificités du marché et évolutions récentes
Après une correction marquée en 2022, le marché suédois a amorcé une reprise progressive en 2023 et 2024. La hausse des taux d’intérêt a freiné la demande et pesé sur les prix, mais le recul récent des taux et le maintien de fondamentaux solides (cadre juridique stable, transparence des registres, demande soutenue dans les grandes villes) ont favorisé un redressement. Des prévisions évoquent des hausses de prix cumulées de l’ordre de 5 % à 10 % entre 2024 et fin 2025, avec des disparités régionales.
L’offre de biens à vendre a atteint près de 82 000 annonces à mi‑2025, créant un environnement plus favorable à la négociation pour les acheteurs.
Des discussions sont en cours pour éventuellement relever le plafond de LTV à 90 % pour certains primo‑accédants et assouplir certaines règles d’amortissement, ce qui, si cela se concrétise, pourrait à terme alléger l’apport nécessaire pour une partie des acheteurs, y compris des expatriés établis.
Les risques et pièges à éviter pour un étranger
Même dans un marché réputé transparent comme celui de la Suède, un acheteur venant de l’étranger peut se heurter à plusieurs écueils s’il ne s’entoure pas correctement.
Parmi les erreurs fréquentes figurent :
Il est crucial de ne pas croire que l’achat d’un bien garantit un permis de séjour. Il faut aussi éviter de sous-estimer les coûts totaux (taxe de mutation, charges, travaux), de négliger l’inspection technique (risques d’humidité, de fondations), et d’ignorer la santé financière de la coopérative pour un bostadsrätt. Se lancer dans une surenchère sans accord bancaire préalable peut créer un déficit de financement. Tout travaux doit respecter les règles d’urbanisme sous peine d’amendes. Enfin, pour les maisons de vacances, il faut connaître le Allemansrätten, qui autorise un certain accès public aux terrains privés.
Le caractère contraignant des contrats doit également être pris au sérieux : renoncer à un achat après signature peut conduire à la confiscation de l’acompte (souvent 10 %–15 % du prix) et, dans certains cas, à des demandes de dédommagement pour couvrir les pertes subies par l’autre partie.
Achat à distance : possible, mais à encadrer
Un pourcentage non négligeable d’achats par des étrangers se fait aujourd’hui sans que l’acheteur ne se rende physiquement sur place avant la conclusion. Les grandes villes comme Stockholm, Gothenburg ou Malmö enregistrent un nombre croissant de ces transactions à distance, notamment pour des projets neufs ou des investissements locatifs.
Le droit suédois autorise la vente à distance via une procuration (fullmakt) donnée à un représentant local. Les signatures peuvent être échangées par courrier ou par des solutions numériques, bien que l’obtention d’un identifiant électronique suédois (BankID) soit complexe sans numéro d’identité national (personnummer). Le paiement s’effectue par virement international, en utilisant des références claires liées au contrat de vente pour un suivi facilité.
Ce type d’achat suppose cependant un haut niveau de confiance dans les intermédiaires choisis et renforce la nécessité de contrôles indépendants : inspection mandatée directement par l’acheteur, vérification des titres par un avocat, traduction certifiée des documents clés, et analyse fine des risques locatifs ou réglementaires.
Faut‑il se lancer ? Une décision à peser sur plusieurs années
Pour un étranger, investir en Suède peut offrir plusieurs atouts : un cadre juridique très sécurisé, des registres publics détaillés, un système d’agents encadrés, un marché généralement stable et des villes attractives où la demande locative reste soutenue. Les rendements ne sont pas spectaculaires mais peuvent être réguliers, notamment dans certains segments étudiants ou dans les villes universitaires.
L’investissement immobilier dans les métropoles suédoises présente des coûts d’entrée élevés, des difficultés de financement sans ancrage local, et une fiscalité significative. Le processus, bien que structuré, impose des obligations strictes : inspections obligatoires, formalités administratives auprès du Lantmäteriet, respect des délais fiscaux et, en copropriété, une compréhension nécessaire du fonctionnement des coopératives.
Avant de signer, il est donc utile de répondre honnêtement à quelques questions : compte‑vous utiliser le bien en résidence principale ou secondaire, ou comme investissement ? Avez‑vous les liquidités nécessaires pour un apport conséquent, voire un achat comptant ? Êtes‑vous prêt à gérer à distance les obligations administratives suédoises, y compris les déclarations fiscales annuelles ? Avez‑vous identifié un agent et, idéalement, un avocat habitués aux clients internationaux ?
Pour les investisseurs aux attentes réalistes, la Suède offre un marché immobilier rare par sa transparence et sa stabilité. Le succès repose moins sur la recherche de ‘la bonne affaire’ que sur la maîtrise d’un processus très normé. Il est crucial d’anticiper les coûts cachés et de s’entourer de professionnels expérimentés, capables de traduire non seulement la langue, mais aussi les subtilités du système juridique et financier suédois.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Suède pour chercher du rendement locatif et une exposition à la couronne suédoise (SEK). Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Stockholm, Göteborg, Malmö), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison de ville dans un quartier en croissance, proche des transports et des pôles d’emploi, combinant rendement locatif brut cible de 5 à 6 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 euros.
La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, conseiller fiscal), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société suédoise) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
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