Négocier un achat immobilier en Serbie : guide pratique pour payer le juste prix

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien en Serbie séduit de plus en plus d’acheteurs étrangers comme locaux : prix encore abordables, marché en croissance, rendement locatif élevé dans les grandes villes, possibilité d’obtenir un titre de séjour… Mais derrière cette attractivité, la négociation reste une étape clé pour ne pas surpayer, éviter les pièges juridiques et sécuriser son investissement.

Bon à savoir :

Le marché immobilier serbe est moins régulé et les pratiques sont hétérogènes, avec parfois un manque de formation et de transparence des agents. Une préparation sérieuse et une négociation structurée, du premier contact à l’acte notarié, constituent donc un avantage décisif.

Comprendre le terrain de jeu : comment fonctionne vraiment le marché serbe

Le marché immobilier serbe est en croissance, notamment dans les grands centres urbains comme Belgrade, Novi Sad ou Niš. Les prix y restent généralement plus bas qu’en Europe de l’Ouest ou qu’aux États‑Unis, mais la hausse des dernières années a été rapide, surtout entre 2021 et 2022.

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C’est l’augmentation annuelle moyenne des prix des appartements en Serbie, avec une progression plus marquée dans le neuf.

Pour avoir un ordre d’idée, les niveaux de prix médians mentionnés par les autorités serbes sont du même ordre de grandeur que ceux synthétisés ci‑dessous.

Tableau 1 – Ordre de grandeur des prix des appartements (première vente / revente)

VilleNeuf (€/m²)Ancien (€/m²)
Belgrade≈ 2 180≈ 2 130
Novi Sad≈ 1 960≈ 2 000
Niš≈ 1 700≈ 1 320
Kragujevac≈ 1 480≈ 1 180

Dans certains quartiers de Belgrade, notamment les secteurs les plus huppés, le haut de gamme dépasse largement ces niveaux, avec des biens qui peuvent s’afficher à 4 000 ou 5 000 € le mètre carré, voire davantage pour des propriétés de luxe.

Attention :

Au-delà du prix, deux éléments structurent fortement la négociation en Serbie.

D’abord, la culture de la négociation est très ancrée. Les vendeurs ont tendance à afficher des prix gonflés, parfois en anticipant que l’acheteur demandera une réduction. Le prix affiché est donc plus souvent un point de départ qu’un montant figé. Ensuite, le marché est juridiquement complexe : titres de propriété incomplets, constructions non légalisées, successions non réglées, différences entre ce qui est construit et ce qui est enregistré au cadastre… Chaque point de fragilité est à la fois un risque et un levier de négociation si vous le détectez à temps.

Avant de parler prix : se préparer comme un professionnel

Entrer en négociation sans préparation sérieuse est probablement la plus grosse erreur qu’un acheteur puisse commettre en Serbie. La première étape consiste à savoir précisément ce que vous voulez, ce que vous pouvez payer, et sur quoi vous êtes prêt à transiger.

Astuce :

Il est crucial de se fixer trois niveaux de prix avant toute négociation : le prix idéal, une zone de compromis acceptable, et un plafond absolu à ne jamais dépasser. Cette préparation doit inclure non seulement le prix d’achat, mais aussi l’ensemble des coûts de transaction. En Serbie, ces frais (taxes, honoraires de notaire et d’avocat, commission d’agence, traductions, enregistrement au cadastre) représentent souvent entre 7,5 % et 10 % de la valeur du bien.

Pour clarifier cette enveloppe, un tableau de structure de coûts peut servir de check‑list avant même de soumettre une offre.

Tableau 2 – Structure indicative des coûts pour l’acheteur

Poste de coûtOrdre de grandeur
Taxe de transfert (bien ancien)2,5 % du prix d’achat
TVA (neuf)10 % (résidentiel) ou 20 % (commercial / garages)
Honoraires de notaire0,1 % à 0,5 % du prix (souvent 300 à 500 €)
Honoraires d’avocat1 % à 3 % du prix
Commission d’agence2 % à 3 % du prix (souvent à la charge de l’acheteur)
Frais d’enregistrement au cadastreEnviron 30 à 50 €
Traductions / interprèteEnviron 20 à 50 € par page, 60 à 80 €/h pour l’oral
Taxe foncière annuelle (après achat)Jusqu’à 0,4 % (résidentiel) sur la valeur cadastrale

Venir en Serbie avec une vision purement « prix affiché » sans intégrer ces frais revient à s’exposer à de sérieux écarts de budget. Cette préparation chiffrée vous permet ensuite de calibrer votre marge de négociation : une réduction de 5 à 10 % sur le prix d’achat peut, en pratique, couvrir une grande partie des coûts annexes.

Agents, avocats, notaires : qui négocie vraiment pour vous ?

Dans un marché où la réglementation des intermédiaires est encore incomplète, bien choisir les professionnels qui vous entourent est aussi stratégique que l’art de la négociation lui‑même.

Les agences immobilières jouent un rôle central dans la mise en relation, l’organisation des visites et la transmission des offres. Certaines, notamment les acteurs numériques comme City Expert, mettent en avant des services de négociation gratuits pour l’acheteur sur le neuf, avec des partenariats exclusifs avec des promoteurs. D’autres agences, plus traditionnelles, facturent des commissions de l’ordre de 2 à 4 % du prix de vente.

Bon à savoir :

L’agence immobilière ne remplace pas un conseil juridique indépendant. Un avocat spécialisé vérifie la solidité des titres de propriété, l’absence de dettes ou d’hypothèques cachées, la conformité des permis de construire, et rédige ou corrige les clauses du contrat de vente. Ses honoraires, généralement compris entre 1 % et 3 % de la valeur du bien, sont justifiés par la réduction des risques juridiques et financiers.

Le notaire, pour sa part, n’est pas un négociateur : il intervient pour authentifier le contrat de vente, vérifier l’identité des parties, et transmettre les actes au cadastre pour l’enregistrement. Ses frais sont encadrés par la loi et proportionnels à la valeur de la transaction. Dans la séquence concrète, l’agence et l’avocat interviennent en amont pour négocier et sécuriser, le notaire scelle ensuite juridiquement ce qui a été convenu.

Bon à savoir :

Pour un acheteur étranger, il est crucial de définir clairement dès le départ les modalités de la commission de l’agence : qui la paie, son pourcentage, la base de calcul (prix brut ou net de certains frais), ainsi que les obligations précises de l’agence en matière d’information. Un accord écrit est fortement recommandé pour éviter tout désaccord ou mauvaise surprise, surtout dans un marché peu régulé.

Fixer son ancre de prix : combien offrir pour ne pas être pris de haut ni se faire plumer

En Serbie, les vendeurs savent que les acheteurs vont tenter de négocier. Les annonces en ligne ou sur vitrine sont très souvent des prix de départ, avec une marge prévue. Cela ne signifie pas que tout est possible. Selon les analyses disponibles sur les marchés voisins et les pratiques recensées, quelques règles empiriques se dégagent.

Exemple :

Sur le marché des appartements anciens, les acheteurs obtiennent généralement des réductions de 5 à 10 % par rapport au prix initial. En revanche, des offres très agressives, inférieures de 20 à 30 %, ont peu de chances d’aboutir, particulièrement dans les grandes villes où la demande est forte. Cette approche peut même conduire le vendeur à rompre toute négociation.

Pour poser une offre initiale raisonnable, l’idéal est de croiser trois éléments : les ventes comparables (prix au mètre carré pour des biens similaires dans le même quartier), l’état concret du bien (rénovation à prévoir, performances énergétiques, état des parties communes), et le temps passé sur le marché (un bien en ligne depuis plusieurs mois laisse souvent plus de marge).

Exemple :

Par exemple, lors de l’achat d’un bien, on peut proposer une offre 8 à 12 % en dessous du prix affiché si la propriété nécessite d’importants travaux ou est sur le marché depuis longtemps. Dans un secteur très tendu, la marge de négociation se réduit, et une différence de 5 à 7 % est plus réaliste. Il est crucial de justifier cette position avec des arguments concrets et vérifiables, comme des devis pour les rénovations ou une analyse comparative du marché local.

Tableau 3 – Marges de négociation typiques sur le marché de l’ancien

Situation du bienDécote initiale raisonnable vs prix affiché
Quartier très demandé, bien récent5 % à 7 %
Bien standard, marché équilibré7 % à 10 %
Bien à rénover lourdement ou en vente longue10 % à 15 % (au‑delà, risque de blocage)

La technique dite d’« ancrage » consiste à structurer la discussion autour de cette première offre, en sachant que, la plupart du temps, vous avancerez ensuite par paliers à la hausse, tandis que le vendeur acceptera de descendre. En partant trop haut, vous vous privez de cette marge. En partant trop bas, vous perdez la crédibilité nécessaire pour faire travailler le vendeur avec vous.

Négocier un appartement neuf : le bon timing compte plus que tout

Sur les programmes neufs, la négociation ne se joue pas de la même manière. Les investisseurs et promoteurs raisonnent en coût global d’opération, en rythme de pré‑commercialisation et en image de marque du projet. Ils sont généralement plus flexibles au début du lancement du programme, quand ils ont besoin de sécuriser un certain nombre de ventes pour financer le chantier ou rassurer les banques.

Concrètement, au lancement d’un projet, plusieurs leviers sont souvent envisageables : un prix légèrement inférieur au tarif catalogue, des facilités de paiement (par exemple 10 % à la réservation, 10 % à mi‑chantier, le reste à la livraison ou par crédit hypothécaire), ou des « bonus » comme une place de parking incluse ou des finitions supérieures.

Bon à savoir :

Les prix ont tendance à augmenter au fur et à mesure de l’avancement du chantier, surtout si le programme se vend bien. Obtenir une décote importante sur un lot en fin de commercialisation est difficile, sauf en cas de ralentissement soudain de la demande ou pour liquider les derniers biens peu attractifs (comme un rez-de-chaussée sombre ou une vue obstruée).

Les agences qui disposent de mandats exclusifs avec certains promoteurs, comme des plateformes numériques spécialisées, peuvent aussi négocier des conditions particulières pour leurs clients. Dans ce cas, ce n’est pas vous qui discutez directement chaque détail avec le promoteur : vous négociez plutôt avec l’agence la prestation globale (choix du lot, conditions de paiement, accompagnement juridique) tout en sachant que leurs honoraires sont intégrés dans le prix final.

Ancien vs neuf : adapter ses arguments de négociation

Sur le marché secondaire, chaque défaut concret du bien est un argument potentiel. Un appartement mal isolé, sans ascenseur, avec parties communes dégradées, des fenêtres à changer, ou une chaudière en fin de vie justifient des travaux parfois lourds. Ces coûts peuvent être chiffrés et présentés au vendeur pour soutenir une demande de rabais.

Bon à savoir :

Sur un bien neuf, la négociation doit se concentrer sur les délais (pénalités de retard), la qualité des matériaux, la clarté des spécifications de finition et la répartition des frais annexes (taxe, parking, cave…). La marge de manœuvre sur le prix facial est plus limitée, notamment en période de hausse des coûts de construction.

Il est essentiel de ne pas fonder votre négociation uniquement sur le prix affiché et la taille du bien, mais sur un diagnostic complet de la situation, juridique et technique. En Serbie, la proportion de logements dont les papiers ne sont pas en ordre (propriétaire décédé non régularisé, construction partiellement illégale ou non enregistrée au cadastre, hypothèques oubliées) reste significative. Tous ces points doivent être éclaircis pendant la phase de due diligence menée par l’avocat. Ils peuvent devenir des leviers pour réduire le prix… ou des raisons de se retirer si le vendeur refuse de les traiter sérieusement.

Cash, crédit et délais : transformer vos contraintes en armes de négociation

Dans un marché où les transactions en numéraire sont encore très fréquentes, la capacité à payer rapidement est un argument puissant. Les statistiques montrent qu’une proportion importante des achats se font sans recours au crédit, particulièrement sur certains segments et dans les grandes villes. Pour un vendeur, un acheteur disposant de fonds immédiatement disponibles réduit le risque que la vente échoue pour des raisons bancaires et accélère le calendrier.

Astuce :

Présenter clairement votre position dès le départ (par exemple, « achat au comptant », « prêt déjà pré‑approuvé par une banque locale », ou « capacité à signer sous X semaines ») peut vous permettre d’obtenir une réduction de prix en échange de la sécurité que cela offre au vendeur. À l’inverse, si votre achat dépend d’un prêt hypothécaire, il est préférable d’arriver avec un dossier déjà avancé, incluant une simulation et une lettre d’intention de votre banque, afin de rassurer le vendeur sur la solidité de votre projet.

Tableau 4 – Effet du mode de financement sur la négociation

Profil d’acheteurEffet typique sur la négociation
Paiement comptant, signature rapide possibleLevier fort pour négocier une remise sur le prix
Crédit approuvé / pré‑accord de la banqueCrédibilité accrue, marge de négociation modérée
Crédit incertain, dossier peu avancéPouvoir de négociation affaibli, vendeurs plus prudents

Au‑delà de la question du financement, la variable temps est un outil classique en négociation. Un vendeur pressé (divorce, succession, besoin de liquidités) acceptera plus facilement une remise pour conclure vite. À l’inverse, un vendeur peu pressé dans un quartier très demandé aura peu de raisons de concéder quoi que ce soit. Lors des échanges, obtenir cette information – sans être intrusif – peut orienter votre stratégie : proposer des délais raccourcis contre une baisse de prix, ou au contraire accepter de patienter pour obtenir un avantage financier.

La culture de la négociation en Serbie : relation, respect et fermeté

La culture d’affaires serbe mélange une approche relationnelle forte et une exigence de professionnalisme, surtout dans les grandes villes. La confiance personnelle joue un rôle majeur, même lorsque tout est formalisé par écrit. Prendre le temps de construire un minimum de relation avec le vendeur ou son agent n’est donc pas du temps perdu : on discute souvent d’abord autour d’un café, on échange quelques banalités, avant d’entrer dans le dur de la négociation.

Bon à savoir :

Privilégiez un ton direct mais courtois, en appuyant vos arguments sur des faits concrets (prix comparables, coûts de rénovation estimés, délais bancaires réalistes). Évitez l’agressivité. Utilisez également les silences stratégiquement : laisser un temps de réaction après une demande peut révéler la marge de manœuvre réelle de votre interlocuteur.

Il est en revanche déconseillé de se montrer trop émotionnel. S’enthousiasmer à haute voix pour un bien devant le vendeur ou l’agent, parler de « coup de cœur », revenir trois fois dans la semaine « juste pour le revoir » envoie un message limpide : vous êtes attaché au bien et donc disposé à payer plus cher. Une part de maîtrise est nécessaire : apprécier intérieurement, mais garder une posture rationnelle dans les échanges.

Construire sa stratégie : préparations, BATNA et concessions

Une négociation efficace repose sur la préparation d’un plan B solide, ce que les spécialistes appellent un BATNA (Best Alternative To a Negotiated Agreement). En pratique, cela signifie identifier en amont plusieurs biens pouvant convenir, avec des niveaux de prix et de risques acceptables. Plus votre alternative est crédible (par exemple un autre appartement déjà visité, pour lequel le vendeur est ouvert à une réduction), plus vous pouvez tenir fermement votre position face à un propriétaire intransigeant.

Bon à savoir :

Pour préserver vos critères de prix ou de qualité, il faut parfois accepter de laisser passer une bonne affaire, ce qui peut être psychologiquement difficile. Cependant, le marché immobilier serbe, comme d’autres, connaît une croissance plus modérée et non une bulle interminable. Renoncer à un bien surévalué aujourd’hui peut éviter de mauvaises surprises financières à l’avenir.

Les concessions doivent être planifiées : savoir à l’avance ce sur quoi vous êtes prêt à céder (par exemple garder certains meubles, ajuster légèrement la date de signature, accepter de prendre à votre charge une petite partie des travaux avant la vente) et ce qui est non négociable (titre de propriété impeccable, obtention du permis d’usage pour un logement neuf, absence de dettes d’impôts ou d’électricité). Placer ces lignes rouges sur la table dès le départ évite des discussions stériles à l’approche de la signature.

La force des preuves : utiliser les données du marché pour justifier votre offre

Les vendeurs particuliers fondent souvent leur prix sur ce qu’ils « pensent » que vaut leur bien, sur le souvenir d’une vente record dans l’immeuble voisin, ou sur une rumeur dans le quartier. Pour ramener la discussion sur un terrain rationnel, il est utile d’arriver avec des éléments de comparaison précis : annonces archivées de biens similaires vendus récemment, rapports du cadastre montrant des valeurs moyennes, ou données publiées par des plateformes immobilières nationales.

Bon à savoir :

Reformuler calmement les informations en rendez-vous permet de recadrer l’attente du vendeur. Par exemple, en rappelant que des biens comparables dans le même secteur se sont vendus récemment à un prix au mètre carré inférieur. L’objectif n’est pas de dévaloriser le bien, mais de situer votre offre comme cohérente avec la réalité du marché.

L’état de l’appartement est un autre champ de preuves possible : devis d’artisans pour refaire une salle de bains, changer les fenêtres, mettre aux normes l’électricité. En présentant ces coûts noir sur blanc, vous rendez visible l’impact financier réel pour vous, ce qui rend votre demande de réduction plus compréhensible. Vous pouvez par exemple proposer de « partager » le coût de certaines réparations via une remise partielle sur le prix.

Sécuriser la négociation par le juridique : du compromis à l’acte final

Une fois un accord de principe trouvé sur le prix et les grandes lignes (délais, mode de paiement, éventuels travaux à la charge de chacun), la négociation se déplace sur le terrain juridique. En Serbie, il est courant de signer d’abord un contrat préliminaire (pré‑contrat) qui entérine les conditions essentielles et prévoit le versement d’un acompte, souvent autour de 10 % du prix.

Attention :

Ce pré-contrat a une pleine valeur juridique et doit être rédigé par un avocat. Il doit impérativement préciser : le prix définitif, les modalités de paiement, les délais de signature de l’acte final, la liste des documents à fournir par le vendeur (extrait cadastral, certificats de non-dette, permis de construire et d’usage pour le neuf), ainsi que les conséquences en cas de non-respect (perte de l’acompte pour l’acheteur qui se rétracte sans motif valable, pénalités pour le vendeur en cas de titre de propriété non conforme, etc.).

Ce stade est aussi celui où se joue une partie discrète mais importante de la négociation : la répartition des coûts et charges liés à la transaction. L’usage veut que le transfert d’impôt soit payé par l’acheteur, même si la loi désigne en principe le vendeur comme redevable pour certains impôts. Tout ce qui concerne les frais de notaire, d’avocat, de cadastre, et d’agence doit être écrit noir sur blanc pour éviter les interprétations divergentes.

Éviter les pièges classiques : comment ne pas perdre votre pouvoir de négociation

Plusieurs erreurs reviennent régulièrement chez les acheteurs, en particulier étrangers.

La première est de s’en remettre à un seul interlocuteur (souvent l’agent) pour la totalité des informations juridiques. Dans un marché où certains intermédiaires peuvent être peu formés ou peu scrupuleux, il est prudent de laisser un avocat indépendant vérifier toutes les déclarations du vendeur et de l’agence. L’accès privilégié des avocats aux bases de données du cadastre leur permet de repérer des problèmes invisibles pour un non‑initié : hypothèques anciennes, usufruits, litiges en cours, procédures d’héritage inachevées.

Attention :

La Serbie applique un principe de réciprocité pour l’achat immobilier et interdit aux particuliers étrangers certains biens (terres agricoles, forêts, terrains nus). Franchir ces limites rend l’opération irrégulière, sans possibilité de régularisation par la négociation.

La troisième est de sortir du circuit bancaire officiel pour régler une partie du prix en espèces. Même si les transactions au comptant restent culturellement fréquentes, elles n’offrent aucune protection en cas de litige et posent des problèmes fiscaux. Pour un acheteur étranger, ce type de manœuvre est particulièrement risqué. Mieux vaut inscrire l’intégralité du prix dans l’acte, le verser via un compte bancaire serbe au nom du vendeur, et laisser l’administration fiscale évaluer la valeur réelle le cas échéant.

Bon à savoir :

Les agents immobiliers peuvent créer un sentiment d’urgence pour forcer une décision rapide. Il est important de savoir que le marché actuel, bien que dynamique, n’est plus en phase de flambée incontrôlée. Les chiffres officiels indiquent une croissance modérée et une augmentation de l’offre, ce qui vous permet de garder la tête froide et de refuser ces ultimatums artificiels.

Négocier à distance : possible, mais avec des garde‑fous

De nombreux acheteurs de la diaspora ou étrangers achètent en Serbie sans être physiquement présents à chaque étape. La loi serbe le permet via une procuration, à condition qu’elle soit correctement rédigée, apostillée dans le pays d’origine, puis traduite en serbe par un traducteur assermenté.

Astuce :

Cette configuration n’empêche pas de négocier efficacement, mais impose quelques précautions supplémentaires : s’assurer que la personne mandatée (souvent l’avocat) a l’instruction claire de ne pas signer au‑delà d’un certain prix ou d’accepter certaines concessions sans votre accord, mettre en place un échange régulier par visioconférence, et, si possible, faire réaliser un état des lieux détaillé (photos, vidéos, visite virtuelle) par un expert technique pour compléter les informations.

La négociation à distance repose alors encore plus que sur place sur la qualité de l’équipe locale que vous avez constituée. Les honoraires que vous payez pour ces services sont, dans ce cas, une condition de la sécurité de l’opération plus qu’un simple poste de coût.

Après la signature : la négociation invisible des charges et de la fiscalité

Une fois l’acte définitif signé et le bien enregistré au cadastre à votre nom, la négociation ne s’arrête pas complètement. Vous devenez redevable de la taxe foncière annuelle, dont le taux maximal pour les logements est d’environ 0,4 % de la valeur cadastrale, et vous devez faire transférer les abonnements d’électricité, d’eau, de chauffage urbain, etc. Ces démarches comportent parfois des marges de manœuvre, par exemple pour choisir un niveau de puissance électrique adapté ou négocier certains services dans les résidences neuves (parking, gardiennage, entretien des parties communes).

Astuce :

Sur un marché locatif dynamique dans les grandes villes, une négociation de 50 à 100 € sur le loyer demandé est fréquente, surtout si le logement présente des défauts (équipement incomplet, place de parking inutile, travaux à la charge du locataire). Il est crucial d’argumenter factuellement, de garder un ton courtois et d’envisager la relation sur le long terme. Accepter un léger rabais pour un locataire sérieux et stable peut s’avérer plus rentable qu’un loyer maximal avec une forte rotation de locataires.

Synthèse : négocier en Serbie, un mélange de méthode, de données et de tact

Négocier un achat immobilier en Serbie ne consiste pas à « marchander » sauvagement, mais à manier un ensemble d’outils cohérents.

Il s’agit d’abord de comprendre un marché en croissance modérée, où les vendeurs affichent souvent des prix au‑dessus de la réalité, tout en restant sensibles à des arguments structurés. Les données publiques (prix médians, volumes de vente, parts des transactions au crédit) montrent un environnement loin d’être en surchauffe permanente, même dans des villes comme Belgrade.

C’est ensuite une affaire de méthode : se préparer en amont, définir son budget total en intégrant tous les coûts, choisir des professionnels fiables (agent, avocat, notaire), vérifier la situation juridique du bien, et bâtir une stratégie de concessions et de lignes rouges.

Bon à savoir :

En Serbie, la négociation immobilière est un processus relationnel et stratégique qui précède la signature finale chez le notaire. Le respect des codes locaux, une communication non agressive, et l’utilisation stratégique du temps, de l’information et du pouvoir de négociation sont essentiels. Chaque interaction, document échangé et même les silences peuvent influencer le prix final et la sécurité juridique de la transaction.

Celui qui arrive armé de faits, accompagné de professionnels compétents et prêt à renoncer si les conditions ne sont pas réunies a toutes les chances de conclure une bonne affaire. Non pas en arrachant un rabais spectaculaire à tout prix, mais en obtenant ce qui fait la vraie valeur d’un achat immobilier en Serbie : un bien payé à son juste prix, juridiquement sûr, adapté à son projet, et porteur de potentiel à long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Serbie pour chercher du rendement locatif et une exposition au dinar serbe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Belgrade, Novi Sad, Niš), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en croissance de Belgrade ou Novi Sad, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8–10 % « plus le rendement est grand, plus le risque est important » et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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