Louer un bien immobilier à long terme en Serbie : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Louer un appartement ou une maison à long terme en Serbie peut sembler simple au premier abord : l’offre est abondante, les loyers restent attractifs par rapport à l’Europe de l’Ouest, et les bailleurs sont généralement ouverts aux étrangers. Mais derrière cette apparente facilité, le marché est très largement informel, le cadre légal est complexe, et une partie des transactions se fait encore sans véritable contrat écrit.

Bon à savoir :

Pour un locataire étranger, digital nomad, expatrié ou investisseur, il est essentiel de bien comprendre le fonctionnement du marché immobilier local, les prix réels pratiqués, les règles juridiques en vigueur et les bonnes pratiques à adopter pour éviter les pièges et sécuriser sa résidence sur le long terme.

Ce guide propose un panorama complet pour savoir comment louer un bien immobilier à long terme en Serbie, en s’appuyant sur les données les plus récentes et sur le droit local.

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Comprendre le marché locatif en Serbie

La première particularité de la Serbie est son taux de propriété très élevé. Environ 98 % des ménages sont propriétaires, ce qui laisse une place réduite au marché locatif classique. Les logements occupés par leur propriétaire représentent autour de 87,5 % du parc, tandis que les logements réellement loués sur le marché privé ne pèsent qu’environ 5 % du stock. Le secteur public ou « social » ne dépasse pas 1,7 %.

Attention :

En pratique, pour un locataire à long terme, le marché locatif est largement dominé par des bailleurs particuliers et non par des sociétés professionnelles. De plus, une grande partie des locations reste informelle, avec des pratiques courantes telles que l’absence de contrat écrit, le paiement des loyers en espèces et la non-déclaration au fisc.

Malgré cette structure atypique, les grandes villes connaissent une offre abondante d’appartements à louer, portée par la présence d’universités, d’administrations et de multinationales. Belgrade, Novi Sad, Niš ou Kragujevac concentrent l’essentiel du marché, avec une gamme de biens allant de la petite garsonjera (studio) meublée aux appartements familiaux de standing.

L’autre élément à garder en tête est que la Serbie est globalement abordable par rapport à d’autres capitales européennes, même si les loyers ont nettement monté depuis quelques années, avant de se stabiliser puis de se corriger légèrement dans certains segments.

Où louer : panorama des principales villes et quartiers

Le choix de la ville (et du quartier à Belgrade) pèse fortement sur le budget, mais aussi sur le confort au quotidien. La plupart des expatriés et nomades numériques se concentrent dans quelques grandes agglomérations.

Belgrade : capitale dynamique et marché le plus cher

Belgrade reste la destination numéro un pour un séjour longue durée. La ville est coupée en deux par la Save, avec d’un côté l’ancienne ville (Stari Grad, Vračar, Dorćol, Dedinje, etc.) et de l’autre Novi Beograd (New Belgrade) et Zemun. Chaque quartier a son ambiance, ses services, et… son niveau de prix.

Les zones très centrales comme Terazije, Republic Square, Vračar, Neimar ou Dedinje figurent parmi les plus chères, tandis que Savamala est classée dans la catégorie la moins chère, avec Zeleni Venac, certains blocs de Novi Beograd et une partie de Zemun affichant des loyers intermédiaires.

Astuce :

Pour se repérer sur le marché immobilier, il est utile de consulter les loyers moyens pratiqués, en les différenciant par taille ou type de logement (studio, deux-pièces, etc.). Cette comparaison permet d’évaluer les prix du marché et d’affiner sa recherche.

Type de logement à BelgradeLoyer moyen mensuel (EUR)Remarques
Studio~300Variable selon quartier et état
1 pièce (T1)~390Moyenne annonces
1,5 pièce (salon + coin nuit)~470Très recherché par jeunes actifs
Appartements plus grands680 à >1 500Haut de gamme possible à Dedinje, centre, Belgrade Waterfront

Les données converties en dollars et en euros selon la localisation montrent également l’écart entre centre et périphérie :

Belgrade (appartements)Centre-ville (EUR/mois)Périphérie (EUR/mois)
1 chambre~766,6~479,0
3 chambres~1 349,4~889,1

Les quartiers centraux comme Stari Grad, Dorćol ou Vračar séduisent pour leur atmosphère urbaine, la proximité des cafés, restaurants, musées et parcs (Kalemegdan, Tašmajdan, etc.), mais ils sont bruyants et le stationnement y est difficile. Vračar a par exemple une ambiance de « village » avec des rues animées, le temple de Saint-Sava, des marchés comme Kalenić, mais reste parmi les zones les plus chères.

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Le loyer moyen au mètre carré dans le quartier moderne de Novi Beograd à Belgrade.

Novi Sad : alternative plus calme et un peu moins chère

Deuxième ville du pays, Novi Sad attire de plus en plus de travailleurs à distance et d’expatriés à la recherche d’un cadre plus tranquille. Le centre reste vivant mais sans l’intensité de Belgrade.

Les loyers moyens y sont légèrement plus bas.

Type de logement à Novi SadCentre (EUR/mois)Périphérie (EUR/mois)
Studio~270Moins cher hors centre
1 chambre~496,6~381,6
3 chambres~994,9~693,4

Un appartement d’environ 50 m² au centre se loue entre 10 et 12 EUR/m², et moins de 10 EUR/m² en zone périphérique. Pour un budget plus serré mais un bon niveau de services, Novi Sad est donc une option sérieuse.

Niš, Kragujevac, Subotica : loyers plus bas, vie plus locale

D’autres villes régionales comme Niš, Kragujevac ou Subotica offrent des loyers encore plus abordables.

VilleStudio (EUR/mois)1 chambre centre (EUR)1 chambre périphérie (EUR)3 chambres centre (EUR)3 chambres périphérie (EUR)
Niš~220~336,7~227,7~502,9~351,8
Kragujevac~175~312,0~244,3~525,3~374,7
Subotica~170Données partiellesDonnées partiellesDonnées partiellesDonnées partielles

À Niš, un T1 d’environ 50 m² au centre tourne autour de 8 EUR/m², et encore moins en périphérie. Ces villes conviennent bien à ceux qui cherchent une immersion plus « locale » et un coût de la vie plus faible.

Niveaux de loyer et coût de la vie : que prévoir ?

Pour se faire une idée réaliste de son budget, il faut intégrer le loyer mais aussi les charges, le transport et les dépenses quotidiennes.

Loyer : de la garsonjera bon marché au grand appartement haut de gamme

Les chiffres nationaux indiquent des fourchettes assez larges selon la taille et la ville. Sur le marché général (hors grandes métropoles les plus chères), on trouve encore des studios entre 100 et 150 EUR par mois et des appartements plus grands entre 200 et 350 EUR, charges non comprises. Dans les grandes villes, ces niveaux sont plutôt devenus un plancher.

Charges et factures : un poste à ne pas sous-estimer

Les charges peuvent peser lourd dans le budget mensuel. Pour un appartement de 85 m², les coûts moyens des services de base (électricité, chauffage, eau, ordures) tournent autour de 158 EUR par mois. À Belgrade, selon la saison et le type de chauffage, la facture pour un logement similaire oscille généralement entre 13 357 et 30 000 RSD.

Charges locatives courantes

En plus du loyer, plusieurs charges peuvent être à la charge du locataire. Voici les principaux postes de dépenses à anticiper.

Internet fixe

Abonnement à une connexion internet haut débit pour le logement.

Forfait mobile

Abonnement de téléphonie mobile, souvent à la charge personnelle du locataire.

Entretien des parties communes

Participation aux frais de nettoyage et de maintenance de l’immeuble (hall, escalier, ascenseur).

Entretien du parking

Frais liés au nettoyage, à l’éclairage ou à la sécurité d’un parking collectif.

Poste de dépense (mensuel)Coût moyen (EUR)
Électricité, chauffage, eau, ordures (85 m²)~157,98
Internet fixe (≥ 60 Mbps, illimité)~25,50
Forfait mobile (appels + ≥10 Go data)~16,93

Dans les immeubles en copropriété, la contribution mensuelle pour l’entretien des parties communes et le fonds de réserve est en principe à la charge du propriétaire, mais il n’est pas rare que cette charge soit incorporée dans le loyer ou répercutée par contrat. Il est donc crucial de clarifier dans le bail qui paie quoi.

Transport : des coûts encore modérés

Les transports urbains restent abordables. Un ticket simple coûte autour de 75 RSD, et un abonnement mensuel environ 2 300 RSD. Certaines sources indiquent qu’à Belgrade le transport public est gratuit, ce qui correspond en pratique à des mesures locales spécifiques ; il faut donc vérifier sur place le système en vigueur au moment de l’installation.

188

Le prix du litre d’essence en Serbie est d’environ 188 RSD.

Budget global : solo, famille, expatrié, nomade

En ajoutant loyer et charges aux dépenses courantes, on obtient un ordre de grandeur du coût de la vie.

ProfilCoût mensuel estimé hors loyer*
Personne seule (local)~73 601 RSD (~630,8 EUR)
Famille de quatre personnes~250 846 RSD (~2 149,8 EUR)

*Les estimations pour Belgrade pour certains profils, en incluant accommodation, donnent : digital nomad ~2 859 USD, expatrié ~1 844 USD, famille ~3 853 USD, résident local ~1 101 USD. Ces chiffres varient en fonction du style de vie et du quartier choisi.

L’écart entre salaire moyen net (entre 90 925 et 107 500 RSD selon les sources et la période) et coût de la vie explique en partie la sensibilité du marché locatif à la question de l’accessibilité financière.

Le cadre légal de la location longue durée

Derrière le marché informel, le droit serbe encadre pourtant clairement les relations bailleur–locataire. Plusieurs lois s’appliquent, dont la principale est la Loi sur les obligations (souvent appelée Loi sur les contrats et les délits). Elle définit de manière générale le contrat de location : le bailleur met un bien à disposition d’un locataire pour une durée donnée, en échange d’un loyer.

D’autres textes complètent ce socle, notamment la Loi sur le logement et l’entretien des bâtiments, la Loi sur les relations de propriété, et, dans certains cas, la Loi sur les biens publics (lorsque le bailleur est une administration ou une collectivité).

Le point essentiel pour un étranger qui loue un appartement pour plusieurs mois ou plusieurs années est de ne pas se contenter de la pratique informelle, même si elle est répandue. Un bail écrit, idéalement bilingue, et bien conçu, est la seule véritable protection en cas de litige.

Contrat écrit ou accord verbal : ce qui est vraiment prudent

En théorie, le droit serbe admet les contrats verbaux : un accord oral peut produire des effets juridiques et être reconnu par un tribunal, à condition de pouvoir prouver l’existence de la relation locative (reçus de paiement, messages, etc.). Dans le secteur public ou social, le contrat écrit est obligatoire.

Pour un locataire de longue durée, et a fortiori étranger, se reposer sur un simple accord verbal est très risqué. Sans écrit, le délai légal de préavis en cas de résiliation tombe à 8 jours seulement, et les preuves sont souvent difficiles à apporter.

Un bon contrat écrit doit, au minimum, contenir : les parties contractantes, l’objet du contrat, les obligations des parties, le prix et modalités de paiement, la durée du contrat, et les conditions de résiliation.

Exemple :

Un bail de location en Serbie doit impérativement inclure : l’identité complète des parties (bailleur et locataire), une description précise du logement (adresse, étage, surface), le montant du loyer en RSD ou EUR et ses modalités de paiement, la durée du bail, la répartition détaillée des charges (électricité, eau, chauffage, internet, entretien, parking), le montant et les conditions de restitution du dépôt de garantie, les règles concernant la sous-location, les invités, les animaux et le tabac, la mention explicite du droit du locataire à s’enregistrer à l’adresse (nécessaire pour l’obtention de la « white card » ou d’un permis de séjour), ainsi que les modalités de résiliation (préavis et motifs de rupture anticipée).

Pour un étranger qui ne maîtrise pas le serbe, un bail bilingue serbe–anglais est fortement recommandé. Le contrat juridiquement « officiel » doit être en serbe, mais une version en anglais évite les malentendus. Il est toujours possible de signer un texte dans une langue que l’on ne comprend pas, et il sera valable, mais on s’expose alors à d’importantes incompréhensions.

Bon à savoir :

La notarisation n’est pas obligatoire pour la validité d’un bail. Cependant, un acte notarié le transforme en titre exécutoire, facilitant un recours rapide en cas d’impayés (avantage pour le bailleur). Pour un étranger, elle est souvent indispensable car fréquemment exigée pour constituer un dossier de permis de séjour.

Durée du bail, renouvellement et fin de contrat

Le droit serbe laisse aux parties une grande liberté pour fixer la durée de la location. Deux grandes familles de contrats coexistent : les baux à durée déterminée et les baux à durée indéterminée.

Baux à durée déterminée : la formule la plus fréquente

Dans la pratique, la plupart des locations de marché sont conclues pour une durée de 6 à 12 mois, voire davantage. Il n’existe pas de durée minimale ou maximale imposée par la loi. À l’expiration du terme, le contrat prend fin automatiquement, sans besoin de préavis, sauf clause de reconduction.

Bon à savoir :

Si un locataire reste dans le logement après la fin du bail et que le propriétaire ne s’y oppose pas, la loi considère qu’un nouveau bail à durée indéterminée, reprenant les mêmes conditions, est automatiquement créé. Il est cependant recommandé de formaliser ce renouvellement par un avenant ou un nouveau contrat, particulièrement en cas de modification du loyer.

Un bail à durée déterminée ne peut pas, en principe, être rompu avant terme sauf si :

– le contrat prévoit une clause spécifique de résiliation anticipée (par exemple avec un préavis d’un ou deux mois après une période minimale) ;

– une partie commet une violation grave du contrat (non‑paiement, détérioration volontaire, etc.) ;

– les parties se mettent d’accord pour y mettre fin.

Baux à durée indéterminée : plus de flexibilité, mais plus d’incertitude

Si la durée n’est pas spécifiée, ou si le contrat est conclu d’emblée sans terme, le bail est considéré comme à durée indéterminée. Les deux parties peuvent le résilier en respectant un délai de préavis. À défaut de précision dans le contrat, la loi prévoit un délai minimal de 8 jours, à condition que ce préavis ne soit pas jugé « inopportun ».

Attention :

Dans la pratique, les baux sérieux fixent un préavis d’environ 30 jours, parfois plus long, pour donner le temps à chacun de s’organiser. Il est essentiel de prévoir un préavis clair dans le texte du bail pour éviter les mauvaises surprises.

En cas de décès du bailleur ou du locataire, le contrat n’est pas automatiquement rompu : il se poursuit avec les héritiers, sauf stipulation contraire.

Loyer, révisions et dépôt de garantie

Autre particularité du système serbe : aucune loi ne plafonne le niveau des loyers ni les dépôts de garantie. Tout se joue donc dans la négociation.

Fixer et payer le loyer

Le montant du loyer est librement déterminé par les parties, en fonction de la localisation, de la surface, de l’état du logement et de son équipement. À Belgrade, par exemple, une fourchette courante se situait récemment entre 7 et 20 EUR/m² selon le quartier et le niveau de standing.

Le loyer est généralement payable mensuellement, souvent en наличности ou par virement, parfois en euros même si la monnaie officielle reste le dinar. La loi permet que les loyers soient exprimés en euros, tandis que certaines charges indexées sur l’euro doivent être acquittées en RSD.

Pour les baux d’une année ou plus, la loi prévoit par défaut un paiement semestriel si rien n’est convenu, mais dans la pratique presque tous les baux précisent un paiement mensuel.

Révision de loyer : ce qui est possible (ou non)

Durant un bail à durée déterminée, le loyer ne peut être augmenté que si le contrat le prévoit expressément. Les clauses les plus fréquentes prévoient un ajustement annuel indexé sur l’inflation (indice des prix serbe) ou sur un autre indice.

Exemple :

Dans le cadre d’un bail à durée indéterminée, le propriétaire peut proposer une augmentation de loyer en donnant un préavis raisonnable, par exemple de 30 jours. Cependant, cette hausse est conditionnelle à l’accord du locataire. Si ce dernier refuse la proposition, le bailleur conserve le droit de résilier le contrat de location, à condition de respecter le délai de préavis prévu.

Dans le secteur social, les règles sont plus encadrées : la collectivité doit annoncer toute hausse au moins un mois à l’avance, et les montants sont fixés par des actes administratifs.

Dépôt de garantie : usages et précautions

En l’absence de plafond légal, le montant du dépôt est purement contractuel. Dans la pratique, la norme se situe entre un et deux mois de loyer. Pour les appartements de luxe avec ameublement haut de gamme, les bailleurs demandent parfois davantage.

Le dépôt est versé à la signature, en même temps que le premier loyer. Son rôle est de couvrir :

les loyers impayés ;

les factures de charges laissées en souffrance ;

les dégradations imputables au locataire.

Il est vivement recommandé que le contrat précise :

le montant exact du dépôt ;

où il est conservé (souvent simplement par le bailleur) ;

– les cas précis dans lesquels le bailleur peut retenir tout ou partie du dépôt ;

– le délai et les modalités de restitution après l’état des lieux de sortie.

Beaucoup de contrats prévoient que si le locataire quitte les lieux avant la fin d’un bail à durée déterminée sans respecter les conditions, le propriétaire peut conserver le dépôt. Pour un locataire étranger, mieux vaut chercher à négocier des clauses plus équilibrées (par exemple, restitution partielle en fonction du délai de préavis respecté).

Charges, entretien et réparations : qui paie quoi ?

Les litiges portent très souvent sur les charges et les réparations. D’où l’importance de bien clarifier ces points avant de signer.

Répartition des charges courantes

Par défaut, la pratique est la suivante :

le locataire paie : électricité, eau, chauffage, gaz, internet, télévision, ordures et petites réparations liées à l’usage normal ;

le propriétaire paie : les grosses réparations structurelles, l’entretien lourd de l’immeuble, la participation à l’association de copropriété, les taxes foncières.

Bon à savoir :

Le paiement des charges (eau, électricité, entretien) peut varier selon le contrat de location. Certains bailleurs proposent un loyer « charges comprises », d’autres demandent le remboursement intégral des factures au locataire. Dans le cadre de programmes sociaux, les charges courantes peuvent être entièrement prises en charge par la municipalité, exonérant ainsi le locataire.

L’important est que le bail liste clairement :

quelles factures sont au nom du locataire ou du propriétaire ;

qui règle quoi, et à qui ;

les modalités de remise des justificatifs de paiement.

Entretien, réparations et état des lieux

La loi impose au bailleur de maintenir le logement en état d’usage et d’y effectuer les réparations nécessaires. Si le propriétaire ne répond pas et que des travaux urgents s’imposent pour préserver le bien ou la sécurité, le locataire peut en principe les faire réaliser et réclamer ensuite le remboursement, voire déduire la somme du loyer, à condition d’avoir averti le bailleur.

Attention :

Le locataire est tenu d’entretenir le logement, d’effectuer les petites réparations dues à l’usage normal et d’informer sans délai le propriétaire de tout problème ou danger. Un retard dans la signalisation d’un défaut grave, comme une fuite, peut engager sa responsabilité pour les dommages supplémentaires causés.

Un état des lieux détaillé à l’entrée et à la sortie (avec photos, liste des meubles et équipements, relevés de compteurs) est indispensable. Dans le secteur social, il est obligatoire ; pour le marché privé, il est vivement conseillé. Sans ce document, il devient presque impossible de prouver si un dommage est antérieur ou non, et les discussions sur le dépôt de garantie s’enveniment rapidement.

Sous‑location, cession et vente du logement

En droit serbe, la sous‑location est en principe autorisée, sauf clause contraire du bail ou cas particuliers (logements publics). Le locataire reste toutefois responsable du comportement du sous‑locataire vis‑à‑vis du propriétaire.

Attention :

De nombreux contrats de location exigent l’accord écrit préalable du propriétaire pour toute sous-location. Le fait de sous-louer sans cette autorisation, lorsque le contrat le stipule, constitue une violation pouvant entraîner la résiliation du bail par le bailleur.

Autre point à connaître : si le propriétaire vend le logement loué, le bail subsiste. Le nouvel acquéreur reprend le contrat existant et devient le nouveau bailleur. Le locataire dispose néanmoins du droit de résilier si ce changement modifie substantiellement sa situation.

Obligations fiscales du propriétaire (et impact pour le locataire)

L’impôt sur les revenus locatifs en Serbie repose sur un taux de 20 % appliqué sur une base imposable réduite, en tenant compte de charges forfaitaires (généralement 25 % pour les particuliers). L’obligation de déclarer et de payer cet impôt incombe au propriétaire.

La situation varie toutefois selon le statut des parties :

Qui déclare les revenus locatifs ?

Les règles de déclaration des loyers varient selon le statut du bailleur et du locataire.

Bailleur et locataire particuliers

Le propriétaire (personne physique) doit déclarer les revenus et s’acquitter de l’impôt sur les loyers perçus.

Locataire professionnel, bailleur particulier

Si le locataire est une entreprise ou un entrepreneur individuel, c’est lui qui déclare et verse l’impôt pour le compte du bailleur.

Bailleur et locataire professionnels

Lorsque les deux parties sont des personnes morales ou des entrepreneurs, le loyer est intégré directement dans le résultat fiscal du bailleur.

Le locataire étranger n’a donc pas de fiscalité locative spécifique à gérer, mais il a intérêt à s’assurer que le contrat est enregistré auprès de l’administration fiscale. Ce point devient critique lorsqu’il sert de justificatif pour un permis de séjour : l’office chargé des étrangers peut demander une attestation de paiement des taxes par le propriétaire.

S’enregistrer comme étranger : la « white card » et le permis de séjour

Tout étranger qui séjourne plus de 24 heures à une même adresse en Serbie a l’obligation légale de s’enregistrer auprès de la police. Ce document est couramment appelé « white card ». En hôtel ou en auberge, la réception s’en charge automatiquement. En location privée, c’est au propriétaire de faire la démarche, même si, en pratique, le locataire peut se présenter lui‑même avec les bons documents.

Procédure d’enregistrement

L’enregistrement doit être effectué dans les 24 heures après l’arrivée dans le logement. Les documents généralement exigés sont :

le passeport du locataire ;

le contrat de location, idéalement notarié ;

la carte d’identité du propriétaire ;

le formulaire de déclaration de résidence (rempli en deux exemplaires au commissariat).

Le non‑respect de cette obligation expose à des amendes pouvant aller de 5 000 à 500 000 RSD pour le bailleur, et de 5 000 à 150 000 RSD pour l’étranger. Il est donc essentiel de vérifier, avant même de signer, que le propriétaire accepte explicitement l’enregistrement à l’adresse et fournit les documents nécessaires.

Lien avec le permis de séjour

Pour un séjour de plus de 90 jours, un étranger doit généralement demander un permis de séjour temporaire (ou un visa long séjour de type D, selon sa situation). La location d’un logement ne constitue pas à elle seule un motif juridique suffisant, mais le contrat de bail sert de preuve d’hébergement dans le dossier.

Les principales bases possibles pour un permis de résidence sont :

une activité professionnelle (contrat de travail, mission) ;

– la création ou la détention d’une entreprise ;

– des études ou des recherches ;

– le regroupement familial ;

– la propriété immobilière utilisée comme résidence personnelle (l’acquisition d’un bien pour le louer n’ouvre pas ce droit).

Dans tous les cas, le bail doit être en règle, souvent notarié, et autoriser la domiciliation à l’adresse concernée. Pour les permis combinés résidence + travail, le contrat ou une attestation du propriétaire fait partie des pièces justificatives.

Comment chercher un logement : agences, plateformes et bouche-à-oreille

Sur le terrain, trois grands canaux permettent de trouver un logement à louer à long terme.

Plateformes et petites annonces

Plusieurs portails immobiliers serbes publient des milliers d’annonces, principalement en langue locale. Parmi les plus utilisés figurent :

4zida.rs (également source de statistiques sur les prix) ;

– halooglasi.com ;

– nekretnine.rs ;

– d’autres sites spécialisés comme srbija-nekretnine.org, kuca.rs, nekretnine-srbija.info.

Ces plateformes sont très utiles pour se faire une idée des prix par quartier, du type de biens disponibles et des équipements proposés (meublé, parking, chauffage central ou individuel, etc.). Il faut toutefois savoir que beaucoup d’annonces sont publiées par des agences, pas directement par les propriétaires.

Agences immobilières : un coût mais un vrai service

Plusieurs agences à Belgrade et Novi Sad se sont spécialisées dans l’accompagnement des étrangers. Certaines, comme City Expert, Symbol Properties, Best Real Estate, Eurorent, Prime Real Estate ou des structures plus locales à Novi Sad, fournissent :

Astuce :

Notre offre inclut une recherche de biens ciblée selon vos critères, des visites accompagnées, la préparation de contrats bilingues, une assistance pour l’enregistrement de votre résidence auprès de la police, et, si nécessaire, une aide pour les démarches de permis de séjour ou de création d’entreprise.

Leur commission se situe en général autour de 50 % d’un mois de loyer côté locataire, à quoi peuvent s’ajouter des honoraires côté propriétaire. Cette dépense additionnelle peut sembler élevée, mais pour un étranger non serbophone, elle sécurise souvent la transaction, limite les risques d’arnaques (annonces de logements qui n’existent pas, demandes de commission avant signature, impossibilité d’enregistrement à l’adresse, etc.) et permet d’obtenir un contrat juridiquement solide.

Réseaux locaux et bouche-à-oreille

Enfin, une grande partie des locations se conclut encore par le bouche-à-oreille, via les réseaux sociaux, les groupes d’expatriés, ou des contacts sur place. Cette méthode permet parfois d’échapper aux frais d’agence et de négocier directement avec le propriétaire, mais elle demande une vigilance accrue sur la légalité du bail, la propriété réelle du bien (vérifiable auprès du cadastre) et la possibilité d’enregistrement.

Procédure type pour louer à long terme en Serbie

Une démarche structurée réduit fortement les mauvaises surprises. Dans les grandes lignes, un processus de location en bonne et due forme ressemble à ceci :

Astuce :

Pour louer un logement en Suisse, suivez ces étapes essentielles : 1) Définissez votre budget et votre zone géographique en incluant toutes les dépenses. 2) Étudiez le marché via les annonces et les agences pour préciser vos critères. 3) Visitez les biens pour vérifier leur état, l’humidité, le bruit et la proximité des commodités. 4) Vérifiez la propriété du bailleur via un extrait cadastral. 5) Négociez les conditions du bail (loyer, durée, charges, etc.). 6) Faites rédiger un bail écrit, idéalement bilingue, et faites-le relire par un avocat pour les engagements longs. 7) Signez le contrat et faites-le notarier si nécessaire pour un permis de séjour. 8) Établissez un état des lieux d’entrée détaillé avec inventaire et photos. 9) Effectuez les paiements uniquement après signature. 10) Enregistrez-vous auprès de la police dans les 24 heures pour obtenir la « carte blanche ».

Gérer les litiges et protéger ses droits

Même avec un bon contrat, des désaccords peuvent surgir : retards de paiement, bruit, réparations non effectuées, retenue injustifiée de dépôt, etc. La loi offre des recours, mais les procédures sont longues et coûteuses.

Quelques principes essentiels :

Bon à savoir :

Un propriétaire ne peut pas expulser un locataire par la force, changer les serrures ou couper les services ; toute expulsion requiert une décision de justice. Inversement, un locataire ne peut pas cesser unilatéralement de payer le loyer pour compenser des défauts sans suivre les procédures légales (mise en demeure, demande de réduction). Il est crucial de conserver toutes les preuves de paiement. En cas de manquement grave du propriétaire, le locataire peut demander la résiliation du bail. Pour un avis, consulter un avocat, les associations de locataires étant rares et concentrées à Belgrade et Novi Sad.

Dans les faits, la majorité des conflits se résolvent à l’amiable, souvent parce que le propriétaire préfère éviter l’examen détaillé de sa situation fiscale et que le locataire ne veut pas immobiliser des mois dans une procédure.

Conclusion : louer à long terme en Serbie, une opportunité à condition d’être rigoureux

Louer un bien immobilier à long terme en Serbie offre de réels avantages : coût de la vie raisonnable, loyers encore compétitifs, vie urbaine animée à Belgrade ou Novi Sad, et possibilité pour les étrangers de conclure des baux en bonne et due forme. Le marché reste largement dominé par des particuliers, dans un contexte où 98 % des ménages sont propriétaires et où les institutions publiques interviennent peu sur la régulation des loyers ou la qualité des logements.

Bon à savoir :

La location informelle, l’absence fréquente de contrat écrit, la lenteur des procédures judiciaires et la méconnaissance des droits exigent une grande rigueur. Pour sécuriser votre séjour, privilégiez un contrat bilingue, vérifiez la propriété, mentionnez explicitement l’enregistrement de la résidence, établissez un état des lieux détaillé et clarifiez les clauses sur les charges et le dépôt de garantie.

En s’armant de ces connaissances juridiques et pratiques, il devient tout à fait possible de louer un appartement ou une maison en Serbie sur la durée, que ce soit pour télétravailler, lancer un projet professionnel ou s’installer avec sa famille, tout en bénéficiant d’un rapport qualité‑prix difficile à trouver ailleurs en Europe.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Serbie pour chercher du rendement locatif et une exposition au dinar serbe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Belgrade, Novi Sad, Niš), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en forte demande locative à Belgrade ou Novi Sad, combinant un rendement locatif brut cible de 7 à 9 % – en gardant en tête que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 €.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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