L’impact du tourisme sur le marché immobilier en Serbie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Pendant longtemps, la Serbie a été perçue comme une destination « de passage » sur la route des Balkans. Cette période est révolue. Le pays s’impose progressivement comme une économie touristique à part entière – sans littoral, mais avec des montagnes attractives, des stations thermales historiques, un fleuve stratégique comme le Danube et surtout une capitale qui concentre flux de visiteurs, d’investisseurs et de nouveaux résidents. Ce basculement touristique se reflète directement dans la pierre : que ce soit à Belgrade, dans les stations de montagne comme Kopaonik et Zlatibor, ou dans les villes régionales, le tourisme agit désormais comme un véritable accélérateur du marché immobilier.

7.4

La valeur annuelle des transactions immobilières en Serbie atteint 7,4 milliards d’euros.

Un cadre macroéconomique qui soutient la montée en puissance touristique

Le contexte économique crée un terrain favorable à l’essor simultané du tourisme et de l’immobilier. Entre 2020 et 2023, la croissance réelle cumulée du PIB avoisine 12 %. La dynamique se poursuit avec une hausse de 4,7 % du PIB au premier trimestre 2024 et des prévisions autour de 4 % par an à moyen terme selon le FMI et la Banque nationale de Serbie. Les agences de notation confirment cette trajectoire : S&P a relevé la note souveraine au niveau « investment grade » (BBB-), tandis que Fitch maintient une perspective positive.

Bon à savoir :

Les investissements directs étrangers en Serbie restent élevés, atteignant 4,5 milliards d’euros en 2023 (4,4 milliards en 2022), pour un total de plus de 23 milliards sur cinq ans. Une part croissante de ces flux finance l’immobilier, les bureaux, la logistique et les projets touristiques. La stratégie « Leap into the Future – Serbia EXPO 2027 » mobilise 17,8 milliards d’euros d’investissements prévus, dédiés aux infrastructures, au tourisme et au renouvellement urbain, notamment à Belgrade et en Vojvodine.

Dans ce contexte, le marché immobilier se structure et monte en gamme, mais reste largement dominé par la propriété occupante : plus de 90 % des ménages sont propriétaires, et seulement 6,4 % des logements occupés sont déclarés loués. Cela rend d’autant plus significatif le développement d’un véritable marché locatif porté par le tourisme.

Tourisme : d’un potentiel sous-exploité à un véritable moteur immobilier

Les autorités serbes reconnaissent que le potentiel touristique du pays a été longtemps sous-exploité. Un rapport national soulignait encore en 2010 que le tourisme n’avait jamais été un axe structurant de la politique de développement, avec peu d’investissements majeurs en dehors de Belgrade et Novi Sad. La stratégie touristique adoptée ensuite a changé de cap, en identifiant clairement plusieurs piliers : tourisme d’hiver, spa & bien-être, tourisme fluvial sur le Danube, tourisme rural et de nature, et tourisme urbain culturel.

Exemple :

Les données indiquent une forte augmentation du tourisme international en Serbie entre 2013 et 2023, avec un doublement des arrivées. Des pics significatifs sont observés : +80% de nuitées étrangères en février 2023 (481 000 nuitées, dépassant le million au total ce mois-là), et une progression de 11,6% des arrivées et 10,6% des nuitées en août 2024. Les grands événements comme le festival EXIT à Novi Sad, qui a attiré plus de 200 000 visiteurs de 120 pays, jouent un rôle clé dans cette dynamique.

Cette montée en puissance se traduit très concrètement dans l’immobilier. Partout où les flux de visiteurs se densifient – Belgrade, Novi Sad, Kopaonik, Zlatibor, stations thermales, villes du Danube – la demande se déplace vers des formes de logement flexibles : hôtels nouvelle génération, résidences services, appartements de courte et moyenne durée, résidences secondaires. Pour les investisseurs, l’argument est double : d’un côté, des prix au mètre carré encore bien inférieurs à ceux de l’Europe occidentale; de l’autre, des rendements locatifs dopés par le tourisme, parfois supérieurs à ceux de marchés plus matures.

Belgrade : épicentre touristique et locomotive immobilière

Belgrade concentre l’essentiel des dynamiques. Capitale politique et économique, elle reste aussi la principale destination touristique du pays. Les données de la République géodésique sont claires : sur les neuf premiers mois de 2024, la ville représente 36,6 % de tous les appartements vendus en Serbie, mais près de 55 % de la valeur totale des transactions. À elle seule, elle capte plus de la moitié de la valeur du résidentiel national.

Côté prix, la tendance reste à la hausse. Dans la capitale, le prix médian au troisième trimestre 2024 atteint 2 180 €/m² pour les logements neufs et 2 130 €/m² pour les reventes. Sur l’ensemble de l’année, les prix résidentiels y progressent d’environ 5 %, avec des pointes plus fortes dans certains quartiers centraux ou en bord de Sava et de Danube. Dans des projets haut de gamme comme Belgrade Waterfront, le mètre carré peut s’envoler jusqu’à 6 000 €, avec des transactions record proches de 9 000 à 10 000 €/m² pour des appartements de prestige.

Le lien avec le tourisme et l’hospitalité est direct. Belgrade rassemble la grande majorité de l’offre hôtelière de standing : 134 hôtels, dont 57 % en quatre étoiles, et l’arrivée de marques internationales (W, St. Regis, Hilton, Mama Shelter, InterContinental, etc.). Les voyageurs d’affaires, la diaspora, les digital nomads et les touristes city-break convergent au même endroit. Résultat : le marché locatif, notamment de courte durée, s’est envolé, provoquant une flambée des loyers. Après des hausses spectaculaires de 23 % en 2022 puis 18 % en 2023, la progression s’est modérée mais reste élevée, autour de 7 % en 2024.

Attention :

Fin 2024, les loyers à Belgrade illustrent une forte tension du marché : environ 500 € pour un studio, 800 € pour un T2, 1 000 € pour un T3 et 1 500 € pour un T4. En comparaison, à Novi Sad, la deuxième ville du pays, les loyers restent significativement plus bas, bien que la tendance y soit également à la hausse.

Belgrade Waterfront : vitrine du croisement tourisme–immobilier

Difficile d’analyser l’impact du tourisme sur l’immobilier serbe sans s’attarder sur Belgrade Waterfront, méga-projet de requalification des rives de la Sava mené en partenariat avec le groupe émirati Eagle Hills. Avec une enveloppe estimée entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros et plus de 1,8 million de m² construits, le programme cumule tous les codes des grandes opérations internationales : 7 000 à 10 000 logements prévus, huit hôtels, 250 000 m² de bureaux, un centre commercial géant (BW Galerija, présenté comme le plus grand des Balkans), des espaces verts requalifiés (Sava Park, promenade linéaire), des tours de luxe dont la St. Regis Residences.

Ce projet est emblématique parce qu’il se situait à la frontière de plusieurs mondes : friche post-industrielle au bord du fleuve, corridor stratégique pour la ville, vitrine potentielle pour un tourisme urbain haut de gamme. Aujourd’hui, il a déplacé le centre de gravité économique et symbolique de Belgrade, en attirant acheteurs locaux fortunés, diaspora, investisseurs étrangers et clientèle touristique internationale. Les ventes résidentielles y ont déjà généré plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires, et les prix des premières phases livrées ont bondi de 10 à 20 %.

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Plus de 80 % des visiteurs à Belgrade sont des étrangers, ce qui soutient la demande pour les locations touristiques et les rendements locatifs.

L’effet d’entraînement dépasse largement le périmètre du projet. Les quartiers adjacents – Savamala, Dorćol, la zone de Kalemegdan ou encore certains blocs de Novi Beograd – voient leurs prix grimper, leurs bâtiments être rénovés, leurs friches reconverties. L’arrivée projetée du métro, avec une ligne passant par la zone Waterfront, accentue ce phénomène, les études pointant une prime immobilière de l’ordre de 8 à 11 % pour les biens situés à proximité des futures stations.

La ville comme destination d’Airbnb : le boom des locations de courte durée

Dans cette Belgrade remodelée par le tourisme, le marché des locations meublées de courte durée tient un rôle de premier plan. Les données issues de plateformes spécialisées montrent qu’entre 3 300 et plus de 5 000 annonces actives sont recensées selon les périodes, dont plus de 94 % pour des logements entiers, presque exclusivement des appartements d’une ou deux pièces. La quasi-totalité sont des condos prêts à accueillir de deux à quatre personnes, configuration idéale pour les couples, les petits groupes de touristes et les digital nomads.

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Taux d’occupation médian des annonces de location à court terme dans la ville concernée.

Belgrade se distingue aussi par la forte proportion de réservations internationales : près de 92 % des visiteurs des locations de courte durée viennent de l’étranger, avec des clientèles importantes venues du Royaume-Uni, des États-Unis et d’autres pays européens, mais aussi une présence notable russophone. Une majorité de réservations concerne de courts séjours, même si près d’un tiers des annonces fixent un minimum de 30 nuits, ciblant une clientèle d’expatriés temporaires, de travailleurs à distance ou d’étudiants.

Ce boom des « apartments for a day » a un effet mécanique sur le marché locatif classique. En privant le parc de logements d’une partie de ses unités pour de la location touristique, il raréfie l’offre de longue durée, pousse les loyers à la hausse et alimente la spéculation dans les quartiers les plus demandés. Les professionnels estiment que les revenus mensuels tirés de la location courte peuvent être de trois à quatre fois supérieurs à ceux d’une location traditionnelle, ce qui incite de nombreux propriétaires à basculer vers ce modèle, malgré le temps de gestion plus important et les coûts additionnels.

Zlatibor, Kopaonik et les montagnes : le tourisme de loisirs, pilier des stations immobilières

L’autre grand théâtre de l’impact touristique sur l’immobilier se joue dans les montagnes. Là encore, la transformation est spectaculaire.

Kopaonik, surnommée la « Montagne du Soleil », est devenue l’une des stations les plus sophistiquées des Balkans. On y trouve un écosystème de luxe évalué entre 1 et 1,5 milliard d’euros : hôtels haut de gamme, résidences hôtelières, chalets, appartements ski-in/ski-out, spas, restaurants. Les investissements unitaires pour certains complexes hôteliers se situent entre 50 et 150 millions d’euros, et l’économie touristique locale génère chaque année 150 à 250 millions d’euros de dépenses directes. Pour les investisseurs, la station offre un double moteur : un flux soutenu de vacanciers l’hiver, mais aussi de plus en plus l’été, attirés par la randonnée, le VTT, le bien-être et l’air frais.

Astuce :

Le massif de Zlatibor, en Serbie occidentale, connaît un développement touristique et immobilier remarquable. Son ambiance urbaine et ses infrastructures en font une destination prisée, avec une fréquentation en hausse de 80% sur un an et plus de 300 000 visiteurs annuels. Le marché immobilier y est très actif, concentrant le tiers supérieur des transactions des principales stations serbes. Les prix moyens avoisinent 1 600 €/m², mais les programmes neufs de standing atteignent 1 900 à 2 600 €/m² pour les studios. Les appartements d’une chambre se négocient entre 70 000 et 110 000 €, et les chalets de luxe dépassent souvent 200 000 €.

Les rendements y sont nettement supérieurs à ceux pratiqués dans les grandes villes. Les études sur les locations de vacances indiquent des rendements bruts de 7 à 12 % pour des biens exploités à la nuitée ou à la semaine via des plateformes de type Airbnb ou Booking, portés par des taux d’occupation élevés sur les pics hivernaux et estivaux. Cette combinaison d’un prix d’entrée encore raisonnable, d’une croissance rapide des flux touristiques et d’une rentabilité attractive attire aussi bien l’épargne locale que les capitaux étrangers.

Bon à savoir :

Plusieurs massifs (Tara, Zlatar, Golija, Maljen–Divčibare, Stara Planina) entament un développement axé sur le tourisme de nature et de bien-être. Ce modèle, qui inclut des projets d’éco-villages, de micro-chalets et de parcs d’aventure, sert de levier pour une valorisation immobilière et foncière future, tout en visant des standards écologiques et paysagers stricts.

Le Danube, les villes régionales et le tourisme fluvial : une nouvelle vague immobilière

Le Danube représente l’autre grand front de développement. Sur près de 600 km, il traverse ou borde la Serbie, irrigue neuf districts, 867 localités et deux parcs nationaux (Fruška Gora, Đerdap). Les villes situées le long du fleuve – Belgrade, Novi Sad, Smederevo, Golubac, Donji Milanovac, Kladovo – sont identifiées comme des nœuds majeurs d’un futur tourisme fluvial et culturel, porté notamment par les croisières sur le Danube, l’un des segments qui croissent le plus vite à l’échelle européenne.

22.6

Hausse du nombre de ventes d’appartements en Vojvodina sur les neuf premiers mois de 2024 par rapport à la même période de l’année précédente.

Un projet comme « Danube Riverside » à Novi Beograd illustre cette convergence eau–tourisme–immobilier : sur le site de l’ancien hôtel Jugoslavija, il prévoit plus de 500 appartements, un hôtel de près de 200 chambres et un immeuble de bureaux de classe A avec héliport. Ces opérations, encore peu nombreuses, indiquent toutefois la direction à venir : des fronts d’eau densifiés, mixant résidences, hôtellerie, commerces et bureaux, conçus pour accueillir à la fois habitants, croisiéristes, congressistes et visiteurs de passage.

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À Niš, les ventes d’appartements ont augmenté de 48 % en volume en 2024, tirées par la mutation technologique et industrielle de la ville.

Dans ces villes, le tourisme ne constitue pas toujours le moteur principal, mais il agit comme un accélérateur : il tire la demande en locations de courte et moyenne durée, soutient les projets hôteliers locaux, renforce la visibilité internationale, améliore la perception de risque des investisseurs et contribue, in fine, à la hausse des prix.

Locations de courte durée : manne touristique, pression sociale

Si l’on devait résumer en un mécanisme l’impact le plus visible du tourisme sur l’immobilier serbe, ce serait celui-ci : la montée en puissance des locations meublées de courte durée. Le modèle des « apartmani na dan » s’est diffusé dans toutes les grandes villes et stations, porté par l’essor d’Airbnb, Booking et consorts, au point d’en faire une activité significative sur le plan fiscal.

14000

Plus de 14 000 personnes sont officiellement engagées dans la location de courte durée en Serbie, générant plus de 315 millions de dinars d’obligations fiscales.

Cette formalisation reste toutefois incomplète. Malgré ce cadre, le niveau réel de régulation est encore qualifié de « faible » par les observateurs, avec une large part d’offres opérant de manière informelle ou partiellement conforme. De nombreuses copropriétés de centre-ville se retrouvent ainsi avec une majorité d’unités transformées en pseudo-hôtels. Certains syndicats de copropriétaires, notamment à Belgrade, ont tenté de bannir ces locations de leurs immeubles, au prix de conflits juridiques avec les propriétaires bailleurs.

Bon à savoir :

La location touristique de courte durée génère des conflits entre résidents permanents et propriétaires-investisseurs. Les résidents dénoncent les nuisances (bruit, anonymat des voyageurs), un sentiment d’insécurité et la dégradation de la vie de quartier, avec des immeubles transformés en hôtels impersonnels. De leur côté, les propriétaires craignent que des mesures régulatrices (quotas, plafonds de nuitées, surtaxes) n’entament la rentabilité de leurs biens.

Les autorités nationales observent de près les exemples européens. Des villes comme Barcelone, Amsterdam ou Paris ont adopté des règles drastiques (limitation du nombre de jours louables, licences très encadrées, amendes lourdes). Un travail de réforme est en cours au ministère du Commerce, du Tourisme et des Télécommunications serbe pour adapter la loi sur le logement et la maintenance des immeubles à cette nouvelle réalité. Parmi les pistes évoquées, on retrouve l’enregistrement obligatoire de tous les logements de courte durée, des quotas par zone, un alourdissement de la fiscalité spécifique, et une obligation systématique de déclaration des invités, déjà partiellement en place via eTourist.

Dans un pays où seulement 6,4 % des logements occupés sont officiellement loués, l’enjeu est de taille : il s’agit d’éviter que des quartiers entiers des centres urbains ne se transforment en parcs de logements touristiques, au risque de rendre l’accession et la location longue durée inabordables pour les habitants.

Stations thermales, tourisme de santé et repositionnement immobilier

Au-delà des villes et des montagnes, la Serbie dispose d’un autre atout géographique majeur : ses sources thermales. On recense une quarantaine de stations thermales et plus de 1 000 sources minérales et thermales à travers le pays. Pourtant, ce patrimoine reste pour l’instant sous-exploité par rapport à des voisins comme la Hongrie ou la Slovénie.

Stations thermales historiques en Serbie

Un regain d’intérêt pour les stations thermales historiques serbes, alliant tourisme de santé, gastronomie et nature, se traduit par une dynamique immobilière spécifique.

Sokobanja

Devenue la station thermale la plus fréquentée du pays. Les prix immobiliers démarrent autour de 1 300 €/m² en périphérie et atteignent 1 600 €/m² près du centre.

Vrnjačka Banja

Station historique où le prix d’entrée pour un appartement s’établit désormais sur un plancher d’environ 70 000 €.

Autres stations notables

Banja Koviljača et Niška Banja font également partie de ces destinations thermales historiques connaissant un regain de popularité.

Ces marchés se calent eux aussi sur la logique des séjours courts : cures de quelques semaines, week-ends bien-être, escapades saisonnières. De plus en plus de particuliers y achètent des studios et petits appartements pour les exploiter en location touristique, parfois couplés à des offres de soins, de spa, de randonnées. Les investisseurs institutionnels commencent à regarder ces destinations pour y implanter des resorts de bien-être plus modernes, en misant sur une clientèle régionale (Balkans, Europe centrale, Russie, Moyen-Orient) en quête d’alternatives aux stations saturées d’Europe de l’ouest.

Bon à savoir :

Le secteur immobilier local connaît une transformation marquée par la réhabilitation d’anciens hôtels, la conversion de pensions en mini-hôtels design et la reconversion d’immeubles en résidences de tourisme, accompagnée d’une hausse des valeurs foncières. Si le tourisme de santé serbe se développe et s’internationalise, ces stations pourraient générer un essor immobilier similaire à celui qu’a connu la côte adriatique pour le Monténégro.

Infrastructures, EXPO 2027 et corridors touristico-immobiliers

La puissance du lien entre tourisme et immobilier en Serbie tient aussi aux investissements massifs en infrastructures. Le pays est engagé dans un programme de construction sans précédent : 500 km d’autoroutes, 2 000 km de voies ferrées modernisées, deux lignes de métro à Belgrade, de nouveaux corridors transversaux (Morava corridor, axes vers le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Hongrie), extensions d’aéroports (Belgrade, Niš, Kraljevo), aménagements fluviaux le long du Danube, de la Sava et de la Drina.

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Il s’agit du nombre d’hectares de terrains aménageables pour un domaine résidentiel haut de gamme sur le site de Lake Tabanović.

Le plan EXPO 2027 joue le rôle d’accélérateur. Il vise non seulement à accueillir une exposition universelle à Belgrade, mais aussi à repositionner la Serbie comme un hub régional, ce qui suppose la modernisation des réseaux de transport, des quartiers d’affaires, des sites d’exposition, des zones hôtelières. Les effets d’anticipation se font déjà sentir sur les valeurs foncières le long des tracés d’infrastructure, dans les communes périphériques de la capitale (Surčin, Voždovac, Zemun, Zvezdara) et dans certaines villes de Vojvodina.

Bon à savoir :

Pour un investisseur, le potentiel d’un bien immobilier est souvent lié aux infrastructures de transport et à l’attrait touristique de la zone. Investir en amont près d’un futur métro, d’une gare de train rapide ou d’un axe autoroutier desservant une station touristique (montagne, spa) permet de miser sur une double croissance : celle de la demande locale et celle générée par l’afflux de visiteurs.

Opportunités et risques : un marché encore jeune, très porteur mais sous-régulé

La Serbie se distingue aujourd’hui comme l’un des marchés immobiliers les plus dynamiques d’Europe centrale et balkanique, avec une hausse moyenne des prix des appartements de 4,69 % sur un an au troisième trimestre 2024, des transactions en progression de plus de 16 % et une valeur globale des ventes en hausse de plus de 30 % sur la même période. Le tourisme contribue directement à cette vitalité, que ce soit par les achats de résidences secondaires dans les stations, les programmes hôteliers et résidentiels mixtes en ville, ou l’explosion des locations de courte durée.

Bon à savoir :

Le marché immobilier en Serbie, notamment dans le segment haut de gamme à Belgrade et sur des projets iconiques, montre des signes de surchauffe. Les prix y sont déjà élevés par rapport au pouvoir d’achat local, avec un PIB par habitant d’environ 9 400 dollars. Cette dynamique est d’autant plus fragile que la demande repose principalement sur des achats au comptant, le crédit immobilier ne finançant qu’environ un quart des transactions, ce qui questionne la soutenabilité à long terme.

Le deuxième risque concerne l’accessibilité au logement pour les résidents permanents. Dans les quartiers très touristiques de Belgrade, de Novi Sad, de Niš ou des stations de montagne, la conversion massive d’appartements en meublés de tourisme réduit l’offre locative longue durée et contribue à renchérir les loyers. Les étudiants, les jeunes actifs, les ménages modestes peinent à suivre, même si l’État tente de répondre avec des programmes de logements abordables (1 100 nouveaux appartements à Belgrade avec des conditions de crédit favorable, projet de 5 000 logements sociaux dans la capitale).

Attention :

Le cadre juridique est en retard sur les pratiques, avec une activité souvent informelle. Les copropriétés et municipalités manquent d’outils clairs pour l’encadrer. Les autorités envisagent une transposition partielle des solutions européennes, en cherchant à préserver cette source de revenus touristique importante.

Enfin, l’enjeu environnemental et urbain plane sur l’ensemble du secteur. La pression touristique et immobilière peut conduire à une densification mal maîtrisée, à une réduction des espaces verts, à une dégradation de la qualité de l’air et des paysages, en particulier dans les stations de montagne et le long du Danube. Des premiers garde-fous apparaissent (urban greening à Belgrade, nouvelles lois sur la qualité de l’air, fiscalité environnementale), mais la capacité des autorités à concilier croissance touristique, développement immobilier et durabilité restera un test décisif pour la décennie à venir.

Conclusion : un marché à la croisée des chemins

Le tourisme a déjà changé le visage du marché immobilier serbe. À Belgrade, il a contribué à l’émergence de mégaprojets comme Belgrade Waterfront, à la flambée des loyers dans les quartiers centraux, à la prolifération des locations de courte durée et à la requalification des berges de la Sava et du Danube. Dans les montagnes, il a transformé Kopaonik et Zlatibor en stations d’investissement recherchées, avec des rendements élevés pour les résidences de vacances. Dans les villes régionales et les stations thermales, il soutient la montée en gamme d’un parc hôtelier longtemps vieillissant, stimule la demande pour de petits appartements destinés à la location touristique, et remet sur le marché des patrimoines longtemps laissés à l’abandon.

Bon à savoir :

Les données actuelles indiquent une croissance continue du tourisme, qui pourrait devenir un des principaux bénéficiaires des investissements directs étrangers (IDE). Cette évolution vise à structurer la Serbie en une économie de services multi-saison, organisée autour de grands corridors : Belgrade–Novi Sad–Budapest, la ceinture montagneuse, les stations thermales et les villes du Danube. L’immobilier, qu’il soit résidentiel, hôtelier ou commercial, restera un pilier central de cette transformation.

La question n’est plus de savoir si le tourisme va continuer à influencer le marché immobilier serbe, mais comment le pays va encadrer cette influence : quelle part laisser au locatif touristique face à l’habitat permanent; comment répartir la manne d’investissement entre la capitale et les régions; comment préserver l’environnement et le patrimoine dans les zones les plus exposées; comment utiliser l’EXPO 2027 comme levier durable plutôt que comme simple vitrine éphémère.

Astuce :

Pour les investisseurs, le marché immobilier croate présente une équation attractive : des prix encore compétitifs par rapport aux grandes métropoles européennes, une économie en croissance, une intégration progressive à l’UE, des flux touristiques en hausse et des rendements locatifs souvent supérieurs à ceux des marchés matures. Pour les pouvoirs publics et les habitants, le défi consiste à transformer cet afflux de capitaux en richesse durable, en évitant que les quartiers ne se transforment en « décors Airbnb » vides de vie locale.

La Serbie est en somme à un moment charnière : son tourisme est en train de rattraper son retard, et son immobilier se réorganise autour de cette nouvelle réalité. La manière dont ces deux forces seront articulées déterminera, pour une bonne part, le visage urbain, social et économique du pays dans les décennies à venir.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Serbie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dinar serbe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Belgrade, Novi Sad, Niš), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou un petit immeuble résidentiel dans un quartier en développement de Belgrade ou Novi Sad, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 %plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société serbe) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché serbe tout en maîtrisant les risques (juridiques, fiscaux, locatifs) et en intégrant cet actif dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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