Acheter une maison ou un appartement face à la mer fait rêver de nombreux investisseurs européens. Mais lorsqu’il s’agit de Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Serbie, une première question s’impose immédiatement : existe-t‑il seulement un “littoral” serbe au sens classique du terme ? La réponse est non. La Serbie est un pays enclavé, sans accès direct à la mer.
La Serbie a développé une forte culture du ‘bord de l’eau’, grâce à son vaste réseau de fleuves (comme le Danube et la Save) et de lacs. Cette dynamique offre de nombreuses activités : balades en bateau, plages aménagées, ports de plaisance et promenades fluviales. Présente aussi bien dans les grandes villes que dans les petites communes, cette vie au bord de l’eau structure déjà une partie du marché immobilier, attirant les acheteurs en quête de paysages nautiques, de loisirs et de rendements locatifs.
Ce guide adopte donc une approche réaliste : il explique comment utiliser le cadre juridique, fiscal et financier serbe pour investir dans un bien en bord de fleuve ou dans une zone fluviale stratégiquement connectée à la mer (corridor Danube–Mer Noire, par exemple), et met ce marché en perspective avec le véritable front de mer… voisin, au Monténégro, où les Serbes eux‑mêmes investissent massivement.
Comprendre le contexte : un pays enclavé mais ultra-connecté aux mers
La Serbie est située au cœur des Balkans occidentaux, à la croisée de l’Europe centrale, de l’Est et du Sud-est. Le pays ne dispose d’aucune façade maritime, mais compense largement cette absence par un maillage de voies navigables d’environ 1 000 km, dont les artères majeures sont le Danube, la Save et la Tisa.
Le Danube constitue le corridor paneuropéen VII (Rhin-Danube), reliant directement l’Europe centrale à la mer Noire et, par extension maritime, à la Méditerranée. Cela permet aux bateaux de connecter les ports fluviaux serbes aux grands ports maritimes européens. La Save, affluent se jetant dans le Danube à Belgrade, est aussi une voie internationale stratégique, bien que certains de ses tronçons, encore difficiles à naviguer, fassent l’objet d’importants projets d’aménagement.
Cette géographie fait de la Serbie une plateforme logistique en pleine mutation. Le gouvernement a lancé un cycle d’investissements dans les infrastructures jugé “sans précédent”, avec des montants qui se chiffrent en milliards d’euros pour les routes, les lignes ferroviaires à grande vitesse, les oléoducs, les ports fluviaux ou encore les ponts sur la Save et le Danube.
Contrairement à une recherche classique de bien en bord de mer, le front fluvial en Serbie offre un actif au bord de l’eau dans un pays à fiscalité modérée, avec des prix encore compétitifs et une très bonne connexion aux marchés européens, représentant ainsi une opportunité distincte du potentiel touristique monténégrin.
Le marché immobilier serbe : dynamique, abordable, orienté vers la croissance
Le marché immobilier résidentiel serbe a connu une phase de rattrapage rapide depuis 2021, avec une hausse cumulée des prix estimée entre 20 % et 30 % sur trois ans. En 2024, les statistiques de l’Autorité géodésique de la République (Republic Geodetic Authority, RGA) montrent que les prix des appartements ont encore progressé de 4,69 % en glissement annuel au troisième trimestre, avec une hausse légèrement plus marquée dans le neuf (5,10 %) que dans l’ancien (4,45 %).
Taux d’inflation annuel en Serbie du Sud et de l’Est, nettement supérieur à la moyenne nationale.
En parallèle, le volume des transactions explose. Au troisième trimestre 2024, 11 473 ventes d’appartements ont été enregistrées, soit une hausse de 16,8 % sur un an, pour un montant global dépassant 1,014 milliard d’euros (+31,3 %). Belgrade concentre plus d’un tiers des unités vendues et plus de la moitié de la valeur totale, ce qui reflète la centralité économique de la capitale, mais aussi le poids des achats d’investisseurs domestiques, d’expatriés et de diaspora.
Prix total moyen d’un bien résidentiel à Belgrade, nettement inférieur à la moyenne américaine qui dépasse 650 000 euros.
Ces niveaux expliquent en partie l’attrait du pays pour les acheteurs étrangers : Statista anticipe encore une croissance annuelle moyenne du marché autour de 1,82 % sur la période 2024–2028, dans un contexte macro‑économique jugé solide (croissance du PIB autour de 4 %, désinflation, baisse du chômage, notation souveraine relevée à l’“investment grade” par S&P Global Ratings).
“Bord de mer” en Serbie : ce que cela signifie vraiment pour un acheteur
Dans le cadre d’un Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Serbie, il est essentiel de clarifier ce qu’implique ce terme dans un pays sans littoral.
Concrètement, investir “en bord de mer” signifie ici :
Pour un investissement immobilier stratégique en Serbie, privilégiez l’achat d’un bien en bordure du Danube, de la Save ou de la Tisa, ou d’un lac, avec une vue directe sur l’eau. Assurez-vous qu’il offre un accès aux plages aménagées, aux marinas et aux promenades fluviales. Inscrivez votre projet dans la dynamique des grands aménagements fluviaux, notamment à Belgrade, Novi Sad ou dans les communes riveraines du Danube. Enfin, tirez parti de la connexion réelle à la mer via le Danube et le corridor Rhin–Danube, un atout majeur pour le transport de marchandises et le développement du tourisme fluvial et des croisières.
Les projets d’infrastructures illustrent la volonté de l’État de faire des fleuves serbes un prolongement fonctionnel des couloirs maritimes. Sur le Danube et la Save, des travaux de dragage, de correction de chenaux, de modernisation de barrages et d’écluses (notamment à Đerdap/Iron Gates) et d’extension des ports sont financés à coups de dizaines, voire de centaines de millions d’euros, souvent avec l’appui de la Banque européenne d’investissement et de la Commission européenne.
Pour un acheteur, cette politique se traduit par une valorisation potentielle des biens riverains, un environnement urbain rénové (promenades, pistes cyclables, ponts neufs, parcs), et un approfondissement du marché des locations touristiques, en particulier à Belgrade, Novi Sad, Zemun ou Sremska Mitrovica.
Qui peut acheter une propriété en Serbie (et sous quelles conditions) ?
Le droit de propriété des étrangers en Serbie repose sur un principe central : la réciprocité. Un citoyen étranger peut acquérir un bien immobilier si, et seulement si, les ressortissants serbes ont, dans son pays d’origine, la possibilité d’acheter un bien dans des conditions comparables.
Les autorités serbes, notamment le ministère de la Justice, publient une liste des pays bénéficiant d’une réciprocité, établie par accord bilatéral ou par la pratique locale. Les citoyens des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de la plupart des pays de l’UE, de la Suisse, de l’Australie et des Émirats arabes unis peuvent généralement acheter un bien immobilier sans obstacle majeur.
Quelques grandes lignes à retenir :
En France, les étrangers peuvent acheter des appartements, des maisons et des locaux commerciaux (bureaux, commerces, entrepôts), sous réserve de réciprocité entre les États. Cependant, ils ne peuvent pas acquérir directement des terres agricoles, des forêts, des terrains nus sans construction, ni des terrains situés à proximité de zones militaires. Aucun visa particulier ou statut de résident n’est requis pour conclure la transaction : un séjour touristique ou même une gestion à distance via une procuration est suffisant.
Lorsqu’un acheteur réside dans un pays sans réciprocité, un contournement légal consiste à créer une société à responsabilité limitée de droit serbe (DOO). Cette entité, enregistrée en Serbie, n’est pas soumise aux mêmes restrictions et peut, elle, acquérir des terres agricoles ou des terrains nus, voire des biens à usage industriel. Mais cette option suppose un accompagnement juridique de qualité et la prise en compte d’une fiscalité d’entreprise.
Types de biens accessibles pour un investissement “bord de l’eau”
Un acheteur étranger qui souhaite un bien en bord d’eau en Serbie pourra se positionner sur plusieurs typologies :
– un appartement dans un quartier riverain de Belgrade (Zemun, certaines parties de New Belgrade, zones en reconversion portuaire) ou de Novi Sad (zones proches du Danube, Petrovaradin, Sremska Kamenica) ;
– une maison individuelle en banlieue de ces villes, avec vue ou accès au Danube ou à la Save ;
– un petit immeuble mixte (résidentiel + commercial) à proximité d’un front fluvial prometteur, pour combiner résidence et revenus locatifs ;
– éventuellement, via une société serbe, un terrain constructible en bord de fleuve, destiné à un projet touristique ou résidentiel.
Prix maximum au mètre carré pour l’immobilier ancien dans les stations de montagne serbes comme Kopaonik, illustrant la prime touristique.
Même à Belgrade, la comparaison interne montre d’importantes marges de manœuvre : un quartier comme Zemun affiche en moyenne environ 2 240 euros le mètre carré, contre 3 500 à 6 000 euros dans l’hypercentre. Pour un investisseur, les zones fluviales “secondaires” peuvent offrir des rendements plus élevés, tout en capitalisant sur les projets d’aménagement en cours.
Comment se déroule concrètement l’achat d’un bien en Serbie ?
La procédure d’achat est relativement standard pour les Balkans, mais nécessite de respecter une série d’étapes et de formalités souvent sous-estimées par les acheteurs étrangers. En pratique, il faut compter entre 30 et 60 jours entre l’offre acceptée et l’enregistrement définitif du titre de propriété.
Le schéma courant est le suivant :
L’acquisition d’un bien immobilier en Serbie par un étranger suit une procédure structurée. Elle débute par la recherche du bien via des portails spécialisés (4zida, Nekretnine, Sasomange) ou des agences locales. Il est ensuite crucial d’engager un avocat spécialisé pour la due diligence (vérification du titre, permis, hypothèques). Une vérification au cadastre (Real Estate Cadastre) par un extrait actualisé confirme les détails légaux du bien. Les parties signent alors un précontrat avec un dépôt de 10 à 20%. L’acheteur doit obtenir un numéro fiscal serbe (PIB) et ouvrir un compte bancaire local. La vente est finalisée par la signature de l’acte définitif devant un notaire serbe (javni beležnik), qui authentifie l’acte. Le solde est payé par virement bancaire. Le notaire enregistre ensuite la mutation au cadastre (délai de 5 à 15 jours). Enfin, l’acheteur s’acquitte de la déclaration fiscale, de la taxe de transfert (ou TVA si neuf) et s’inscrit aux taxes foncières.
Pour les acheteurs ne pouvant ou ne souhaitant pas se déplacer, tout peut être géré à distance via une procuration. Celle‑ci doit être établie dans le pays de résidence, apostillée ou légalisée, puis traduite en serbe par un traducteur assermenté.
Coûts réels d’une acquisition : au-delà du prix affiché
Outre le prix d’achat, un Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Serbie doit détailler précisément les frais annexes, qui représentent typiquement entre 7,6 % et 10 % du montant de la transaction pour l’acheteur.
On retrouve principalement :
| Poste de coût | Taux / Montant indicatif |
|---|---|
| Taxe de transfert (bien existant) | 2,5 % de la valeur du bien |
| TVA (bien neuf résidentiel) | 10 % (20 % pour commerces/garages) |
| Frais de notaire | 0,1 % à 0,5 % du prix (souvent ~300–500 €) |
| Honoraires d’avocat | 1 % à 3 % du prix, selon la complexité |
| Commission d’agence | Environ 2 % (souvent partagée acheteur / vendeur) |
| Frais d’enregistrement au cadastre | Environ 50 € |
| Traductions assermentées | 20–50 € par page, selon la langue et le volume |
À cela s’ajoutent deux éléments fiscaux structurants :
L’achat d’un bien immobilier en Grèce implique deux taxes principales. La taxe foncière annuelle est calculée sur la valeur cadastrale, avec un plafond de 0,4 % pour les résidences et 0,8 % pour les locaux commerciaux, selon des barèmes municipaux. Lors de la revente, un impôt sur la plus-value de 15 % s’applique, sauf en cas de détention supérieure à dix ans ou d’exonérations spécifiques (transferts familiaux, réinvestissement dans une résidence principale, etc.).
Du côté locatif, un non‑résident est imposé à 20 % sur ses revenus de location, mais un abattement forfaitaire de 25 % sur les charges aboutit de facto à un taux effectif d’environ 15 % sur le revenu net.
Financement : un marché hypothécaire accessible surtout aux résidents
Obtenir un crédit immobilier en Serbie lorsqu’on est non‑résident reste possible mais difficile. La plupart des banques exigent un statut de résident ou un lien économique fort avec le pays (emploi local, entreprise, etc.). Les banques comme Raiffeisen Bank Serbia ou UniCredit Bank Serbia ciblent en priorité les résidents, qu’ils soient serbes ou expatriés, avec des prêts indexés en euros ou en dinars, des durées pouvant aller jusqu’à 20 ou 40 ans et des taux variables compris globalement entre 2 % et 7 % selon les périodes.
Quelques points structurent néanmoins l’environnement du crédit :
Aperçu des mesures et caractéristiques des prêts logement encadrés par la Banque nationale de Serbie (NBS) et du contexte des taux d’intérêt.
La NBS a imposé un plafond temporaire sur les crédits logement, avec un taux moyen de 5,05 % observé sur les nouveaux prêts en novembre 2024. Un projet de loi envisage de fixer un plafond à 5 % jusqu’à fin 2025, puis de l’ajuster via une formule liée aux taux moyens.
Le taux directeur de la NBS a été ramené à 5,75 % fin 2024 après un cycle haussier. Parallèlement, la Banque centrale européenne a abaissé son taux de dépôt à 3 %.
La quasi-totalité des crédits logement sont indexés sur l’euro, généralement via un taux variable de type EURIBOR 3 mois + marge bancaire.
Pour les étrangers non‑résidents, un établissement comme API Bank a développé des produits dédiés, avec des montants de 100 000 à 500 000 euros, une durée maximale de 20 ans et des exigences de fonds propres importantes (30 à 50 % d’apport, parfois plus). Le taux moyen, autour de 7,13 % en 2025, reste supérieur à celui des résidents, ce qui pousse beaucoup d’investisseurs internationaux à privilégier un financement dans leur pays d’origine ou un achat comptant.
La réglementation serbe impose que toutes les transactions immobilières passent par le système bancaire officiel et limite fortement l’utilisation des paiements en espèces.
Résidence, fiscalité et citoyenneté : un investissement qui ouvre des portes
L’un des atouts de la Serbie par rapport à de nombreux marchés européens est l’existence d’un mécanisme de résidence par l’investissement immobilier, sans seuil minimal officiel. Concrètement, l’achat d’un appartement, même modeste, peut servir de base pour demander un titre de séjour temporaire, valable en général un an dans un premier temps puis renouvelable.
Cette résidence par propriété ouvre la voie :
Au Canada, le processus d’immigration vers la citoyenneté suit souvent une progression en deux étapes. Un résident temporaire peut d’abord obtenir la résidence permanente après plusieurs années de séjour continu, généralement cinq ans. Ensuite, sous réserve de conditions supplémentaires comme la maîtrise d’une langue officielle et la réussite d’un test de connaissances, il peut demander la naturalisation. Cette dernière étape est accessible après une période combinée de résidence temporaire et permanente, par exemple trois ans avec un titre de séjour suivi de trois ans en tant que résident permanent.
Sur le plan fiscal, les conventions de non‑double imposition (plus de 60 traités en vigueur) permettent d’éviter une imposition redondante sur les loyers ou les plus‑values pour de nombreux investisseurs européens ou nord‑américains. La Serbie applique par ailleurs un taux unique de 15 % pour l’impôt sur les sociétés et la plupart des prélèvements sur les plus‑values réalisées par des non‑résidents, avec des retenues à la source sur certains flux (dividendes, redevances…).
Pour un investisseur locatif, cette architecture fiscale reste compétitive, d’autant que les impôts locaux sur la propriété demeurent parmi les plus bas d’Europe (0,4 % maximum pour le résidentiel).
Le marché locatif : quelle rentabilité espérer pour un bien au bord de l’eau ?
L’essor du tourisme, des travailleurs étrangers et des nomades digitaux a profondément modifié le marché locatif serbe. Si seulement 6,4 % des logements occupés étaient loués selon le recensement de 2022, la réalité des grandes villes, notamment de Belgrade et Novi Sad, est bien différente, avec une explosion de l’offre de locations de courte durée.
En 2025, environ 15 000 annonces de locations touristiques sont actives à l’échelle nationale.
Dans le détail, certaines zones riveraines se distinguent :
| Localisation (zone fluviale ou proche) | Biens en location courte durée | Revenu mensuel moyen (USD) | Tarif journalier moyen (USD) | Taux d’occupation (%) |
|---|---|---|---|---|
| Belgrade (ensemble) | 3 089 | 759,94 | 77,40 | 40,86 |
| Stari Grad (centre historique) | 565 | 999,90 | 82,53 | 45,27 |
| Zemun (bord du Danube) | 237 | 460,36 | 56,37 | 36,60 |
| Novi Sad (Danube) | 764 | 438,35 | 58,90 | 35,36 |
| Petrovaradin (rive en face de Novi Sad) | 67 | 712,90 | 129,92 | 29,49 |
| Sremska Kamenica (zone verte, vue Danube) | 25 | 754,18 | 126,47 | 29,35 |
Ces données montrent que les communes directement riveraines peuvent générer des revenus mensuels comparables, voire supérieurs, à ceux des centres urbains, malgré des taux d’occupation parfois plus faibles, grâce à des tarifs journaliers élevés, notamment dans les zones touristiques très qualitatives.
À Belgrade, les loyers ont bondi de 23 % en 2022 suite à l’arrivée massive de nouveaux résidents.
Les loyers annoncés fin 2024 reflètent cette tension :
| Ville | Studio (€/mois) | 1 chambre (€/mois) | 2 chambres (€/mois) | 3 chambres (€/mois) |
|---|---|---|---|---|
| Belgrade | 500 | 800 | 1 000 | 1 500 |
| Novi Sad | 310 | 490 | 600 | 900 |
| Niš | 221 | 254 | 320 | 413 |
| Kragujevac | 186 | 233 | 272 | 400 |
Dans les quartiers en bord de fleuve prisés des touristes et des expatriés, il n’est pas rare d’atteindre des rendements bruts supérieurs à 7 % sur de la location courte durée. Les études de marché anticipent une normalisation autour de 5 % de rendement locatif moyen d’ici 2025, ce qui reste attractif au regard du niveau de risque perçu et de la dynamique de valorisation.
Risques et pièges à éviter lors d’un achat en Serbie
Investir dans un pays en transition présente des risques spécifiques. Dans le cas serbe, plusieurs points méritent une vigilance renforcée :
L’achat d’un bien en Serbie nécessite une vigilance particulière sur plusieurs points. L’historique de la propriété peut être complexe en raison des droits d’usage hérités de l’ère socialiste, de restitutions inachevées et de litiges familiaux. De nombreuses constructions présentent des irrégularités, avec des bâtis non autorisés ou non entièrement régularisés. Il est crucial de vérifier la proximité avec les futurs projets d’infrastructure (routes, ponts, voies ferrées) pour éviter les mauvaises surprises comme une expropriation partielle. Enfin, la réglementation environnementale est primordiale, le pays étant exposé à des risques climatiques croissants (sécheresses, inondations, vagues de chaleur), qui ont déjà causé des milliards d’euros de dégâts, notamment pour les biens situés en bord de fleuve.
C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé la Banque mondiale à accorder en 2024 un prêt de 30 millions d’euros à la Serbie pour un projet de modernisation des systèmes de gestion foncière et cadastrale, incluant la prise en compte renforcée des risques climatiques (inondations, sécheresses, chaleur extrême). Le pays a adopté une stratégie de développement à faible émission de carbone pour 2023–2030 et s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,3 % d’ici 2030 par rapport à 1990.
Le coût des rénovations énergétiques devrait augmenter d’environ 12 % en 2025.
Et si l’on veut absolument une vraie propriété en bord de mer ?
Pour les acheteurs qui ne conçoivent pas un Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Serbie sans horizon maritime, une solution simple consiste à regarder le marché monténégrin, très prisé des Serbes eux‑mêmes.
Le littoral du Monténégro, autour de Budva, Kotor ou Tivat, a vu les prix exploser de 49,1 % entre 2023 et 2024, avec un passage de 1 413 à 2 107 euros le mètre carré en moyenne. Les rendements locatifs y restent attractifs, entre 5 % et 8,2 % dans les années récentes, avec des loyers mensuels pour un T1 oscillant entre 350 et 850 euros, et jusqu’à 1 000 euros pour un T2 en haute saison.
Les investisseurs serbes représentent une part significative des acheteurs étrangers sur le marché. Les conditions d’accès sont simples pour eux, car il n’existe aucune restriction majeure pour les non‑résidents, la fiscalité est relativement compétitive, et le littoral méditerranéen constitue un atout sans équivalent en Serbie même.
Cette réalité doit être intégrée dans votre stratégie : certains investisseurs choisissent d’acheter un bien principal ou locatif en Serbie (par exemple à Belgrade, près du Danube ou dans un quartier dynamique) pour profiter des avantages fiscaux, de la résidence par investissement et des prix modérés, puis complètent leur portefeuille par un bien secondaire en bord de mer au Monténégro, destiné à la location saisonnière haut de gamme.
Comment se positionner intelligemment sur le marché serbe des bords de fleuve ?
En l’absence de littoral marin, la clé en Serbie est de raisonner en termes de “corridors de l’eau” plutôt que de plages :
Pour investir dans l’immobilier en Serbie, concentrez-vous sur les villes fluviales en croissance comme Belgrade et Novi Sad, où la demande locative est forte. Privilégiez les quartiers riverains en cours de requalification, souvent dynamisés par de nouveaux projets (promenades, ports de plaisance, ponts). Exploitez les rendements élevés de la location courte durée, surtout près des sites touristiques (centres historiques, festivals). Enfin, anticipez la plus-value générée par les investissements en infrastructures fluviales, comme la modernisation des écluses de Đerdap ou l’amélioration de la navigation, qui boostent l’attractivité et la logistique des zones concernées.
Les données de marché disponibles montrent que :
Principaux facteurs influençant la dynamique de la demande et des prix sur le marché résidentiel serbe.
Les prix dans les régions en développement (Sud et Est de la Serbie) croissent déjà plus vite que la moyenne nationale.
Demande croissante pour des logements éco‑efficients et adaptés au télétravail, soutenue par la loi sur l’efficacité énergétique et les stratégies nationales bas carbone.
La démographie étudiante et la montée en puissance du secteur IT (exportations de services à 1,9 Md€ et écosystème start‑ups >900 M$ 2021‑2023) alimentent la demande en appartements modernes dans les grandes villes.
Pour un investisseur, cela signifie que le “bon” bien fluvial en Serbie n’est pas forcément la petite maison isolée au bord d’un bras de rivière, mais plutôt :
– un appartement bien desservi, éligible à la location courte et longue durée, avec vue sur le Danube ou à quelques minutes à pied d’une promenade fluviale ;
– un bien dans un immeuble récent ou en bon état structurel, afin de limiter les risques de non‑conformité ou de surcoût de rénovation ;
– une propriété dont le statut cadastral est parfaitement clarifié, avec permis de construire et permis d’utilisation en ordre, pour éviter les mauvaises surprises au moment de la revente ou d’une demande de résidence.
Conclusion : un marché à prendre pour ce qu’il est… et non pour ce qu’il n’est pas
Le Guide pour acheter une propriété en bord de mer en Serbie doit être honnête : le pays n’a pas de mer, mais il dispose d’une façade fluviale stratégique, d’un marché immobilier encore abordable, d’une fiscalité modérée et d’un environnement macro‑économique qui se renforce à mesure que progresse le processus d’adhésion à l’Union européenne.
Serbie et mer ne vont donc pas ensemble au sens géographique, mais la combinaison “Serbie fluviale + littoral monténégrin” peut constituer une stratégie cohérente pour un investisseur européen : stabilité, rendement et potentiel de plus‑value côté serbe, plage et location saisonnière premium côté adriatique.
Dans tous les cas, la réussite d’un projet d’achat en bord d’eau repose sur les mêmes fondamentaux : due diligence juridique rigoureuse, évaluation fine des risques climatiques et d’infrastructure, calcul précis des coûts et fiscalité, compréhension du marché locatif local. Ce n’est qu’à ces conditions que l’horizon, qu’il soit fluvial ou maritime, pourra rimer avec tranquillité d’esprit et performance patrimoniale.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Serbie pour chercher du rendement locatif et une exposition au dinar serbe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Belgrade, Novi Sad, Niš), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en forte croissance de Belgrade ou Novi Sad, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 8 à 10 % – avec le rappel que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
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