Louer un bien immobilier à long terme à Saint-Barthélemy : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Saint-Barthélemy pour plusieurs mois, voire plusieurs années, fait rêver plus d’un visiteur. Mais transformer un coup de cœur de vacances en projet de vie suppose de bien comprendre comment fonctionne l’île, son marché immobilier très particulier et le cadre juridique hérité du droit français. Entre luxe, rareté de l’offre, contraintes locales et avantages fiscaux, louer un bien à long terme à Saint-Barthélemy ne s’improvise pas.

Bon à savoir :

Cet article fournit un aperçu complet et pratique du marché locatif, basé sur le fonctionnement réel du marché et la législation en vigueur. Il est conçu pour aider les futurs résidents, les investisseurs-bailleurs et les locataires en séjour longue durée à comprendre et naviguer dans cet environnement.

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Comprendre le terrain de jeu : une île minuscule, chère et très réglementée

Saint-Barthélemy est une collectivité d’outre-mer française, nichée dans les Caraïbes, sur moins de dix miles carrés. Ce territoire minuscule et vallonné, au relief escarpé, concentre trois réalités qui expliquent tout le reste : une attractivité mondiale, des contraintes de construction très strictes et une capacité foncière limitée. Résultat : un marché ultra tendu, dominé par le luxe, où l’offre locative de longue durée est rare et chère.

Attention :

Bien que soumise au droit civil français, la collectivité dispose de compétences propres, notamment en urbanisme, fiscalité locale et environnement. Le Conseil territorial a le pouvoir de bloquer ou d’encadrer strictement les nouveaux projets, afin de prioriser le logement des résidents et la protection du littoral. Sur un territoire aussi restreint, chaque permis de construire est d’une importance cruciale.

Dans ce contexte, la location longue durée n’est qu’une toute petite partie d’un marché orienté, avant tout, vers la location saisonnière haut de gamme. C’est ce déséquilibre structurel qu’il faut intégrer d’emblée lorsqu’on cherche à se loger plusieurs mois à Saint-Barthélemy.

Location longue durée vs location saisonnière : deux mondes qui cohabitent

Pour comprendre comment louer un bien à long terme, il faut d’abord regarder comment fonctionne la location de manière générale sur l’île. À Saint-Barthélemy, tout part de la location de vacances.

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Une villa est louée en moyenne une vingtaine de semaines par an en location saisonnière.

Dans ce schéma, la location longue durée (mois ou années) vient souvent en complément ou en alternative ponctuelle, rarement en activité principale. Un propriétaire peut par exemple :

louer sa villa à la semaine pendant la haute saison,

accepter un locataire au mois ou au trimestre sur la basse saison,

– ou, plus rarement, basculez son bien sur un bail plus stable, pour sécuriser un revenu régulier.

Pour un candidat à la location longue durée, cela signifie deux choses très concrètes : l’offre est limitée, et la négociation se fait en ayant en tête le manque à gagner potentiel pour le bailleur en haute saison.

Où vivre à Saint-Barthélemy à long terme : choisir son quartier

Chaque quartier de l’île a sa personnalité, son ambiance, ses vues et ses contraintes d’accessibilité. Pour une implantation à long terme, la localisation est aussi importante que le bien lui‑même. Voici un panorama des principales zones résidentielles, vu sous l’angle d’une vie quotidienne plutôt que d’un simple séjour touristique.

Gustavia : le cœur urbain et animé

Capitale et principal port de l’île, Gustavia concentre une grande partie de l’activité : commerces, restaurants gastronomiques, bars, clubs, boutiques de luxe, services administratifs, musées, tourisme. Vivre ici, c’est être au plus près de tout : Shell Beach à pied, le port sous les fenêtres, les yachts, la vie nocturne.

C’est aussi la zone la plus dense, où les immeubles se rapprochent, où les surfaces sont souvent plus petites et les loyers élevés. Pour un locataire longue durée, Gustavia convient bien à ceux qui privilégient l’animation, le piéton et la proximité des services, quitte à sacrifier un peu de calme.

Saint-Jean : plage, commerces et vie pratique

Saint-Jean (ou St. Jean) est l’une des zones les plus vivantes de l’île, avec une grande plage qui longe des bars de plage, des restaurants, des boutiques, des hôtels et le célèbre Eden Rock. Proche de l’aéroport, on y trouve aussi le plus grand supermarché, un centre commercial et de nombreux petits commerces du quotidien.

Astuce :

C’est un compromis intéressant pour un séjour de plusieurs mois : tout est à proximité, l’ambiance est balnéaire et animée, mais on reste un peu moins dense qu’à Gustavia. Sur le plan des prix, on est généralement en dessous du centre de la capitale, tout en restant dans le haut de gamme car la demande touristique y est très forte.

Lorient : village authentique et plus local

Lorient garde une atmosphère de village, avec sa plage appréciée des surfeurs, son club de surf, ses petits commerces, restaurants typiques et une population largement locale. C’est aussi le cœur du catholicisme de l’île, avec une église emblématique et même le festival de musique de l’île qui s’y tient.

Exemple :

Pour une location longue durée à Saint-Barthélemy, le quartier de Lorient illustre une alternative intéressante. Il offre une atmosphère authentique et des prix souvent plus abordables que les zones hyper touristiques comme Gustavia ou Saint-Jean. Les résidents bénéficient d’une vraie vie de quartier et d’une plage utilisée au quotidien, tout en restant à seulement quelques minutes en voiture des principaux centres d’animation de l’île.

Flamands : résidentiel, familial et plage immense

Au nord, Flamands se distingue par la plus grande plage de l’île, flanquée de villas et de résidences nichées dans la végétation tropicale, et par un grand hôtel de luxe du groupe LVMH. Malgré la dimension très haut de gamme de certains établissements, le quartier conserve une ambiance résidentielle et familiale.

Pour une vie à long terme, c’est un bon choix pour ceux qui veulent un environnement paisible, proche de la mer, avec une vraie sensation de quartier résidentiel. En revanche, la mer peut être agitée, et on s’éloigne un peu des grandes zones commerciales.

Colombier, Pointe Milou, Gouverneur, Saline : le très exclusif

Colombier, accessible seulement à pied ou par bateau pour sa plage « secrète », est synonyme de péninsule préservée, de villas ultra confidentielles et de vues mer spectaculaires. Pointe Milou est réputée pour ses couchers de soleil, ses villas avec piscines à débordement, et sa grande tranquillité. Gouverneur et Saline, au sud, offrent plages sublimes, nature préservée et ambiance très peu construite.

Bon à savoir :

Ces secteurs attirent une clientèle très fortunée. La location à long terme y est possible, mais souvent à des prix très élevés. Les propriétaires peuvent être tentés de privilégier la location saisonnière de luxe, notamment pendant les périodes de forte demande comme les fêtes de fin d’année.

Lorient, Corossol, Anse des Cayes, Vitet, Marigot : les poches plus locales et sereines

Corossol est un village de pêcheurs authentique, à deux kilomètres de Flamands, où les familles se retrouvent sur la plage au coucher du soleil. Anse des Cayes, battue par les alizés, accueille la meilleure vague de surf de l’île et une population principalement locale. Vitet, point culminant de l’île, offre calme, vues exceptionnelles et encore quelques terrains constructibles. Marigot, plus discret, donne la sensation d’être à l’écart du reste de l’île.

Pour s’installer à long terme, ce sont précisément ces quartiers, moins exposés aux flashs des magazines, qui peuvent offrir le meilleur équilibre : loyers un peu moins stratosphériques, vie de voisinage, et toujours la possibilité de rejoindre Gustavia ou Saint-Jean en quelques minutes de voiture.

Tableau comparatif synthétique des principaux secteurs

SecteurAmbiance dominanteAvantages pour un séjour longInconvénients pour un séjour long
GustaviaUrbain, animé, portuaireServices à pied, vie nocturneBruit, densité, loyers très élevés
Saint-JeanBalnéaire, commerçantPlage, supermarché, aéroportTrès touristique, flux importants
LorientVillage, surf, localPlus authentique, prix relatifsMoins de nightlife, déplacements en voiture
FlamandsRésidentiel, familialGrande plage, calmeMer parfois forte, un peu excentré
Colombier/P. MilouUltra exclusif, vuesCalme, paysages spectaculairesTrès cher, forte orientation saisonnière
Corossol/Anse des Cayes/VitetLocal, natureAmbiance village, plus abordableMoins d’offres, voiture indispensable

Comment se structure juridiquement une location à long terme à Saint-Barthélemy

Même si l’économie de l’île est dominée par la courte durée, les baux d’habitation à plus long terme relèvent, en principe, du droit français. Le socle, c’est le Code civil, complété par les règles spécifiques des baux d’habitation ou des baux commerciaux pour les locaux professionnels.

Les contrats de location sont normalement écrits, avec les mentions habituelles : identité des parties, description du bien, durée, montant du loyer et des charges, dépôt de garantie, droits et obligations de chacun. On retrouve les grands principes du droit locatif français : obligation pour le bailleur d’assurer la décence et l’entretien du logement, obligation pour le locataire de payer le loyer à échéance, d’user paisiblement du bien, et de répondre des dégradations.

Les contrats de location longue durée

Dans la pratique, les propriétaires restent souvent marqués par la logique saisonnière. Il n’est pas rare que des « longues durées » se négocient sous forme de contrats meublés très souples, parfois orientés « location de vacances prolongée », plutôt que comme des baux classiques de plusieurs années.

Contrats meublés souples

Des formules flexibles, souvent orientées ‘location de vacances prolongée’, qui s’adaptent à une logique de longue durée sans engagement pluriannuel classique.

Alternative aux baux classiques

Une solution pour répondre à la demande de longue durée tout en conservant une souplesse proche de la location saisonnière, évitant les contraintes des baux de plusieurs années.

faire clairement préciser la durée prévue et les conditions de renouvellement,

clarifier les règles de résiliation et de préavis,

– vérifier si des hausses de loyer programmées sont prévues,

– insérer des clauses de sortie en cas d’événement majeur (sinistres, travaux lourds, etc.).

Pour les locaux professionnels (boutique, bureau, restaurant), ce sont les baux commerciaux, très encadrés par le droit français, qui s’appliquent. La durée y est plutôt longue (souvent 9 ans) et les enjeux financiers bien plus importants.

Guaranties, revenus et dossier de location : ce qu’attendent les bailleurs

Même si aucun texte n’impose légalement un garant, la pratique française veut que les propriétaires exigent très souvent une caution solide, surtout pour des profils jugés « à risque » : expatriés, indépendants, travailleurs en période d’essai… Le principe classique est celui du fameux « trois fois le loyer », appliqué soit au locataire, soit au garant (ou aux deux).

À Saint-Barthélemy, où les loyers sont élevés et la clientèle largement internationale, les bailleurs sont encore plus sensibles à la capacité réelle du candidat à assumer ses engagements. Pour un locataire longue durée, cela se traduit par :

la nécessité d’un dossier très complet (passeport, justificatifs de revenus, éventuellement contrat de travail, relevés bancaires),

la recherche d’un garant français ou européen disposant d’un revenu important,

– ou le recours à des solutions de garantie payantes, inspirées des services type Garantme ou autres sociétés de cautionnement qui existent en France.

Dans un marché où la demande solvable ne manque pas, un bon dossier, anticipé et bien présenté, est souvent ce qui fera la différence.

Coût de la vie et niveau de loyer à anticiper

Se loger à long terme à Saint-Barthélemy suppose d’accepter un coût de la vie globalement très élevé. Les estimations disponibles donnent, pour un appartement ou une maison en résidence principale, des fourchettes de loyer mensuel qui tournent autour de 4 500 à 5 000 dollars en moyenne, avec des extrêmes compris entre 2 200 et 8 500 dollars pour certains biens.

Attention :

Les charges et dépenses courantes représentent un poste budgétaire significatif et pèsent lourdement dans le budget d’un résident.

Poste de dépense mensuel (moyenne)Montant indicatif (USD)Observations
Loyer résidence principale4 500 – 5 000Forte variation selon secteur/bien
Électricité140 – 150Peut grimper avec la climatisation
Eau80 – 125Dépend de la consommation
Internet + TV115 – 120Forfaits variés
Téléphonie mobile90 – 150Selon opérateur et usage
Service ménage / blanchisserie360 – 715Optionnel, fréquent dans les villas

Sur un an, ces montants configurent un coût de vie qui, pour un célibataire, peut dépasser 7 500 à 8 000 dollars par mois, et grimper largement au‑delà pour un couple ou une famille. La comparaison avec le revenu moyen local (autour de 4 000 à 5 200 dollars mensuels) montre que vivre à Saint-Barthélemy suppose soit des revenus confortables, soit un projet professionnel déjà bien établi.

Se déplacer au quotidien : voiture quasi obligatoire

Sur une île vallonnée, avec des routes parfois étroites et pentues, et un réseau de transports publics inexistant, la voiture est quasiment indispensable pour un résident, surtout si l’on choisit un quartier un peu en retrait.

Bon à savoir :

La réglementation routière est similaire à celle de la France, mais avec des particularités pratiques : seules deux stations-service sont disponibles (près de l’aéroport et à Lorient) et elles sont fermées le dimanche. Le stationnement peut être difficile dans les zones très fréquentées comme Gustavia et Saint-Jean. Il est souvent recommandé de louer une voiture compacte, type Mini Cooper, pour mieux négocier les virages serrés et se garer dans les parkings exigus.

Pour un locataire longue durée, le choix du lieu d’habitation doit donc intégrer non seulement la vue et la proximité de la plage, mais aussi la facilité d’accès, la présence d’une place de parking et la distance aux commerces et écoles, le cas échéant.

Louer à long terme quand on est propriétaire : cadre fiscal et obligations

Pour ceux qui achètent à Saint-Barthélemy avec l’idée de louer à long terme, l’île offre un cadre fiscal singulier. Il n’existe pas d’impôt local récurrent sur la propriété (pas de taxe foncière annuelle), et pour les résidents établis sur place depuis au moins cinq ans, la fiscalité personnelle peut devenir extrêmement favorable (absence d’impôt sur le revenu, de taxe sur la fortune, de droits de succession ou de donation au niveau local, sous conditions).

En revanche, à l’achat, il faut compter environ 6 à 7 % du prix en frais de notaire et droits de mutation. La plus-value en cas de revente rapide est taxée de manière dissuasive (35 % si la cession intervient dans les huit premières années), ce qui incite à une détention longue.

Pour la mise en location, les règles diffèrent selon qu’il s’agit de location saisonnière meublée ou de location à plus long terme. Dans tous les cas :

le propriétaire doit se conformer aux règles locales d’urbanisme et aux normes de sécurité (par exemple, dispositif de sécurité obligatoire pour les piscines),

un enregistrement en ligne sur la plateforme « Déclaloc » est nécessaire pour obtenir un numéro de déclaration pour les meublés touristiques,

– une taxe de séjour de 5 % doit être collectée auprès des occupants et reversée à la collectivité.

Pour une location véritablement longue durée, type bail d’habitation classique, le régime de taxe de séjour n’a pas vocation à s’appliquer comme pour la location touristique. En pratique, de nombreux propriétaires restent pourtant dans une logique « meublé touristique prolongé », ce qui peut conduire à maintenir la collecte de la taxe de séjour même au-delà d’un mois. Il est essentiel de clarifier ce point avec son agence ou son conseil juridique.

Rentabilité et charges côté propriétaire

Sur une villa exploitée principalement en saisonnière, l’expérience montre que les frais globaux (commission d’agence, ménage, jardin et piscine, électricité, eau, abonnements, gestionnaire) absorbent environ 30 à 40 % du revenu brut. L’agence de gestion, lorsqu’elle est mandatée, prélève en général entre 20 et 25 % du chiffre d’affaires locatif, à quoi s’ajoutent ses honoraires de commercialisation et de conciergerie.

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Pourcentage maximum du loyer que peut représenter la commission de gestion d’une agence en location longue durée.

Pour un investisseur, l’enjeu est de calibrer la part « longue durée » et la part « saisonnière » de son exploitation, en fonction de sa tolérance au risque, de sa présence sur l’île, et du profil de clientèle qu’il vise.

Rôle des agences et plateformes : trouver et gérer une location dans la durée

Le paysage immobilier de Saint-Barthélemy est dominé par des agences spécialisées dans le haut de gamme, parfois liées à de grands réseaux internationaux (Barnes, RE/MAX, Corcoran, etc.) ou à des marques établies localement comme Sibarth, Premier Properties St Barth, My Villa in St Barth Real Estate, St Barth Immo, Ici et Là, Luxury Ones, et d’autres.

Ce que font les agences pour les propriétaires

Les agences prennent en charge :

la mise en marché du bien (shooting photo professionnel, description, diffusion sur leurs sites et sur les grands portails),

la gestion des demandes, réservations et paiements,

– l’encadrement de la taxe de séjour,

– la coordination de la conciergerie (accueil, ménage, maintenance),

– parfois la détermination du niveau de loyer, après visite et étude de marché.

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Pourcentage maximum de commission de gestion prélevé par certaines agences sur le tarif hebdomadaire de location.

Ce que peuvent faire les plateformes pour les locataires et petits bailleurs

Airbnb, VRBO, Booking.com ou d’autres intermédiaires en ligne permettent à certains propriétaires de gérer eux-mêmes leurs locations, sans passer par une agence traditionnelle. Des outils comme HiChee comparent même les tarifs entre ces différentes plateformes pour optimiser le prix payé par le client.

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Près d’un tiers des annonces de courte durée sont orientées vers des séjours d’un mois ou plus.

Pour un locataire qui cherche un point de chute de plusieurs mois, cet entre‑deux – ni bail traditionnel, ni simple semaine de vacances – peut être une bonne porte d’entrée, à condition de bien lire le contrat et de vérifier :

la possibilité de prolonger au‑delà de la réservation initiale,

les conditions d’annulation,

les modalités d’entretien et de ménage,

les règles de la copropriété le cas échéant (bruit, animaux, sous-location interdite, etc.).

Négocier un bail plus long : marges de manœuvre réelles sur une île très demandée

La marge de négociation à Saint-Barthélemy n’est pas celle d’un marché locatif ordinaire. Sur un territoire où la demande internationale est forte, où le haut de gamme est la norme, et où les villas peuvent se louer 10 000 à 50 000 dollars la semaine en haute saison (parfois bien plus autour du Nouvel An), le rapport de force tourne fréquemment à l’avantage du propriétaire.

Astuce :

Bien que des discussions soient possibles, il est illusoire d’espérer des rabais significatifs sur les périodes de fêtes, où les grandes propriétés se réservent parfois plus d’un an à l’avance. La négociation devient réellement pertinente, surtout pour des séjours de longue durée, en dehors de ces pics de demande.

– sur la basse saison (juin, septembre, octobre), où l’île connaît un creux de fréquentation,

– lorsqu’un propriétaire souhaite lisser ses revenus avec un locataire stable,

– en échange de concessions : durée minimale ferme, paiement d’une partie du loyer en avance, prise en charge directe de certains frais (électricité, eau, jardin, piscine…).

Comme dans toute négociation de bail, arriver préparé avec des comparatifs de marché, une situation financière claire, et éventuellement des propositions d’aménagement (par exemple, un contrat de 6 ou 12 mois incluant une clause de revalorisation si la saison haute est incluse) renforce la crédibilité du candidat.

Résider à Saint-Barthélemy à long terme : au‑delà de la location

Pour les non‑résidents qui envisagent une installation durable, la question du visa et du statut fiscal se pose rapidement. Saint-Barthélemy n’est pas dans l’espace Schengen et dispose de son propre régime fiscal.

Les ressortissants européens peuvent s’y installer et y travailler sans contrainte particulière. Pour les ressortissants de pays tiers (États‑Unis compris), un séjour de plus de 90 jours suppose un visa long séjour spécifique à la collectivité, puis, pour une véritable installation, des démarches de résidence.

Bon à savoir :

Pour obtenir le statut de résident fiscal, il faut prouver une résidence réelle, continue et vérifiable pendant cinq années consécutives. Une simple location à long terme n’est pas suffisante : il est nécessaire de constituer un dossier solide comprenant un contrat de location, des factures, une inscription à la mairie, un compte bancaire local et une couverture santé, tout en respectant les obligations administratives françaises. Au-delà de ces cinq ans, d’importants avantages fiscaux peuvent s’appliquer, sous réserve de remplir les autres conditions requises.

Pour un candidat à la location longue durée, c’est une double démarche : trouver un toit, mais aussi sécuriser un statut de séjour cohérent avec la durée envisagée.

Comment monter concrètement son projet de location longue durée

Louer à long terme à Saint-Barthélemy n’est pas un simple « déménagement sous les tropiques ». Chaque étape mérite d’être anticipée.

Se fixer un périmètre réaliste

Avant même de chercher des annonces, il est utile de définir :

un budget mensuel intégrant loyer et charges,

un périmètre géographique (proximité école, port, plage, ou nature isolée),

– un type de bien (appartement en résidence, maison de village, villa, vue mer ou non, parking inclus),

– la durée minimale que l’on souhaite (quelques mois ? un an ? plus ?).

À Saint-Barthélemy, viser trop « large » peut se retourner contre vous : les biens vraiment alignés sur votre profil sont peu nombreux, mieux vaut cibler et rester réactif.

Explorer plusieurs canaux

Le marché de la longue durée est largement « caché », surtout lorsqu’il s’agit de villas ou maisons normalement louées en saisonnière. Multiplier les canaux permet de ne pas passer à côté d’une opportunité :

Astuce :

Pour trouver un logement à long terme à Saint-Barthélemy, il est conseillé de consulter les agences immobilières locales spécialisées dans ce type de location (comme St Barth Immo, Premier Properties ou RE/MAX St Barths), de scruter attentivement les plateformes de location de vacances en appliquant des filtres pour les séjours mensuels ou de 30 nuits minimum, et de solliciter son réseau local (employeur, communauté d’expatriés) qui peut parfois avoir connaissance d’annonces non publiées sur le marché (« off market »).

Préparer un dossier en béton

Dans un marché international très haut de gamme, la confiance et la preuve de solvabilité font la différence. Un bon dossier inclut au minimum :

Bon à savoir :

Pour constituer un dossier de location complet, préparez une copie de votre passeport, des justificatifs de revenus (bulletins de salaire, attestations d’employeur, contrats), ainsi que vos relevés bancaires récents. Il est recommandé d’ajouter des lettres de recommandation de vos précédents bailleurs, si possible. Enfin, si nécessaire, prévoyez les coordonnées et les justificatifs d’un garant solide, résidant en France ou dans l’Union Européenne.

Anticiper ces éléments permet de réagir immédiatement lorsqu’un bien se libère, sans perdre de temps en allers‑retours administratifs.

Clarifier le cadre contractuel

Au moment de signer, il est essentiel de vérifier :

– si le contrat est un bail d’habitation meublée « classique » ou un contrat de location saisonnière étendu,

– la durée ferme et les conditions de renouvellement,

– le montant exact du loyer, des charges, de la caution, et de la taxe de séjour le cas échéant,

– les services inclus (ménage, jardinage, piscine, internet, TV) et ceux qui restent à votre charge,

– les règles d’utilisation (nombre de personnes, animaux, sous-location, usage professionnel éventuel).

Idéalement, faire relire le contrat par un conseil familier du droit français des baux et du contexte de Saint-Barthélemy permet d’éviter les mauvaises surprises.

L’art du compromis : ce que l’on gagne et ce que l’on perd en louant longtemps à Saint-Barthélemy

Louer un bien immobilier à long terme à Saint-Barthélemy, c’est accepter un certain nombre de compromis. Par rapport à un propriétaire qui maximiserait ses revenus en ne faisant que de la saisonnière, le bailleur qui vous ouvre sa porte pour plusieurs mois renonce probablement à une part de recette potentielle, surtout s’il bloque des semaines de haute saison.

En échange, il gagne :

une visibilité de revenus,

moins de turn‑over,

un usage plus « domestique » du bien, souvent synonyme de moins de dégradations rapides.

Bon à savoir :

En optant pour une location longue durée, vous bénéficiez de stabilité, de la possibilité de vous installer durablement (pour recevoir des colis, scolariser des enfants ou développer une activité locale). Cependant, cela implique généralement de renoncer à certaines options de localisation privilégiées ou à des biens d’exception, comme une villa en front de mer dont la location peut atteindre des sommes très élevées en période de forte demande.

L’équilibre se trouve dans une démarche lucide : Saint-Barthélemy n’est pas un marché de location longue durée de masse, mais un territoire de niche où la longue durée s’insère dans une économie de luxe. Mieux vaut l’aborder comme tel, avec une bonne préparation financière, un projet clair, et un réel attachement à l’île au‑delà de son image carte postale.

En procédant ainsi, louer à long terme à Saint-Barthélemy peut devenir bien plus qu’une parenthèse : une expérience de vie complète, au cœur d’un territoire singulier qui conjugue nature préservée, culture locale forte et sophistication assumée.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie à Saint-Barthélemy
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Saint-Barthélemy pour profiter d’un marché haut de gamme, de revenus locatifs saisonniers élevés et d’une exposition en devise locale liée à l’euro. Budget alloué : 1 000 000 à 1 500 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs quartiers (Saint-Jean, Gustavia, Flamands), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa ou un appartement de standing avec vue mer, combinant rendement locatif brut cible de 6 à 8 % « plus le rendement est grand, plus le risque est important » et fort potentiel de valorisation, pour un ticket global (acquisition + frais notariés + ameublement + mise aux normes) d’environ 1,3 M€. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agence de location saisonnière, notaire, conseil fiscal), choix de la structure d’acquisition (propriété directe, SCI, holding) et définition d’un plan de diversification progressive sur l’outre-mer français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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