Investir dans l’immobilier au Nigéria : comprendre le marché avant de se lancer

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché immobilier nigérian attire aujourd’hui aussi bien les investisseurs locaux que la diaspora et les capitaux étrangers. Dans un pays qui cumule la plus grande économie d’Afrique, une population en forte croissance et un déficit de logement colossal, la pierre est devenue à la fois un refuge contre l’inflation et un puissant levier de rendement. Mais se contenter de regarder les promesses de rentabilité sans analyser les coûts, les risques et les spécificités locales serait une grave erreur.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse complète du marché immobilier nigérian, basée sur des rapports de marché et des données institutionnelles. Il couvre les fondamentaux du marché, l’analyse des principales villes, les rendements réels, la fiscalité, le cadre réglementaire et propose des stratégies d’investissement adaptées à différents profils d’investisseurs.

Un marché porté par la démographie, l’urbanisation et le déficit de logements

L’immobilier au Nigéria évolue dans un contexte démographique sans équivalent sur le continent. La population se rapproche rapidement des 260 millions d’habitants et pourrait frôler les 400 millions à l’horizon 2050. Plus de la moitié des Nigérians vivent déjà en ville et les grandes agglomérations absorbent chaque année des centaines de milliers de nouveaux résidents.

550000

Nombre de nouveaux logements qu’il faudrait livrer chaque année pendant au moins dix ans pour réduire la pénurie de logements au Nigéria.

Dans ce contexte, la pierre joue plusieurs rôles à la fois. Elle reste un symbole de statut social et de sécurité patrimoniale, mais aussi un outil de préparation de la retraite, de protection contre la dévaluation de la naira et d’indexation sur l’inflation. Les loyers et les prix, tirés par une demande structurellement supérieure à l’offre, ont progressé régulièrement depuis 2020, avec des hausses annuelles de 10 à 15 % dans les grandes métropoles comme Lagos et Abuja, et de 5 à 10 % dans les villes secondaires.

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Le secteur immobilier, incluant la construction, représente près de 17 % du PIB, devenant ainsi le troisième contributeur à la richesse produite.

Rentabilité locative : un des marchés les plus attractifs d’Afrique

Les chiffres de rendement brut placent le Nigéria parmi les marchés les plus rémunérateurs du continent. Sur le résidentiel, les études évoquent des rendements moyens compris entre 6 % et 10 % selon les villes et les segments, avec des pointes nettement plus élevées sur certains produits ciblés.

Au niveau national, le loyer annuel moyen d’un logement résidentiel se situe autour de 2,8 millions de nairas. Les petites surfaces – studios, mini-flats et appartements d’une ou deux chambres – se distinguent par des rendements supérieurs, car elles correspondent aux besoins de la majorité des ménages : jeunes actifs, familles modestes, étudiants, travailleurs expatriés recherchant un pied-à-terre, etc.

Rendements bruts par type de bien

Aperçu comparatif des rendements dans les deux principaux marchés immobiliers du Nigeria : Lagos et Abuja.

Lagos – Appartements

Le marché de Lagos offre des rendements bruts attractifs pour les investissements en appartements, reflétant une forte demande locative.

Lagos – Maisons individuelles

Les maisons individuelles à Lagos génèrent des rendements bruts solides, portés par un marché résidentiel dynamique.

Abuja – Appartements

À Abuja, les appartements présentent des rendements bruts compétitifs, soutenus par la présence administrative et diplomatique.

Abuja – Maisons individuelles

Investir dans des maisons individuelles à Abuja permet de bénéficier de rendements bruts stables, alimentés par une clientèle haut de gamme.

VilleType de bienRendement locatif brut estimé
Lagos1–2 chambres8–10 %
Lagos3 chambres et plus6–8 %
LagosMaison de ville (townhouse)5–7 %
LagosMaison individuelle (detached)4–6 %
LagosSegment luxe3–5 %
Abuja1–2 chambres6–8 %
Abuja3 chambres et plus5–7 %
AbujaMaison de ville5–6 %
AbujaMaison individuelle4–6 %
AbujaSegment luxe3–5 %

Ces données confirment une constante du marché : plus le bien est grand et luxueux, plus le rendement brut tend à s’éroder, notamment à cause de loyers plafonnés par le pouvoir d’achat local et de vacances locatives plus longues. À l’inverse, les petites unités bien situées, proches des pôles d’emploi et des infrastructures, offrent des taux de remplissage élevés et des rendements supérieurs.

Il faut cependant garder à l’esprit que les coûts récurrents (charges, maintenance, gestion, impôts) amputent les rendements bruts de 2 à 4 points de pourcentage chaque année, ce qui ramène la rentabilité nette sur résidence classique autour de 4 à 7 % selon les cas.

Lagos, Abuja, Ibadan, Port Harcourt : où investir selon son profil

Le marché nigérian n’est pas homogène. Chaque grande ville offre un cocktail particulier de prix, de loyers, de rendements, de risques et de perspectives d’appréciation du capital.

Lagos : le moteur économique et le champion du locatif

Lagos concentre plus de 20 millions d’habitants, près de 30 % du PIB du pays, plus de la moitié des flux de capitaux entrants et environ un tiers des transactions résidentielles nationales. C’est aussi l’un des marchés les plus liquides et les plus concurrentiels d’Afrique.

Les loyers et les prix y sont les plus élevés, mais également les plus dynamiques : la valeur des biens a augmenté d’environ 39 % sur la seule année 2024, et certains axes comme Lekki ont vu leurs prix plus que doubler en une décennie. Les zones prime – Ikoyi, Victoria Island, Lekki Phase 1, Banana Island, Eko Atlantic – restent les vitrines du marché, avec des appartements de luxe qui peuvent dépasser 6 à 12 millions de nairas de loyer annuel pour un simple deux-pièces, ou se vendre à plus de 750 millions de nairas l’unité dans le cas de Banana Island.

À l’autre bout du spectre, des zones émergentes comme Epe ou Ibeju-Lekki – parfois qualifiées de “nouveau Lagos” – attirent des investisseurs de long terme pratiquant le land banking : achat de terrains encore abordables, dans des corridors d’infrastructures (port en eau profonde, raffinerie Dangote, zone franche de Lekki, futur aéroport) pour les revendre plus cher dans 3 à 10 ans. Des cas documentés montrent des multiples de plus de 3x en quatre ans sur certains terrains à Epe, bien achetés.

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Le prix d’achat moyen d’un appartement trois-pièces à Lagos est d’environ 45 millions de nairas.

Les quartiers comme Yaba et Surulere, sur le Mainland, concentrent une forte demande locative grâce à la tech, aux universités et aux bureaux. Ils sont souvent cités comme des cibles intéressantes pour des investisseurs cherchant un équilibre entre prix d’entrée et rendement.

Lagos est aussi la capitale nigériane du court séjour : le marché des short-lets (type Airbnb) y a explosé, avec une croissance estimée à plus de 260 % entre 2022 et 2025 et un chiffre d’affaires d’environ 264 milliards de nairas en 2024. L’occupation tourne autour de 44–45 % sur l’année, avec un revenu annuel moyen d’environ 10 000 dollars pour un hôte performant en zone prime, et des rendements bruts compris entre 8 % et 15 %. Cette niche reste toutefois très concurrentielle et exige une gestion active, des équipements de qualité et une bonne stratégie marketing.

Abuja : stabilité institutionnelle et marché haut de gamme

Capitale fédérale planifiée, Abuja concentre le pouvoir politique, les ambassades et de nombreux sièges de multinationales. Le marché y est plus ordonné, avec une forte représentation de fonctionnaires, de diplomates et de salariés d’organisations internationales.

Exemple :

À Abuja, les loyers sont légèrement inférieurs à ceux de Lagos mais restent élevés à l’échelle nationale. Un appartement de deux chambres se loue généralement entre 1,2 et 1,8 million de nairas par an dans les zones standard. Les quartiers haut de gamme comme Maitama, Asokoro, Wuse et Gwarinpa proposent des villas et appartements résidentiels très prisés, où les loyers des baux les plus luxueux peuvent parfois être libellés en dollars.

Un trois-pièces moyen se vend autour de 38 millions de nairas, là encore avec des écarts marqués selon le quartier. Les rendements locatifs bruts tournent entre 5 et 8 %. À la différence de Lagos, le marché d’Abuja est un peu moins volatil, avec une évolution des prix plus régulière et des vacances locatives modérées (7–13 %), sauf sur le segment luxe où l’offre peut ponctuellement dépasser la demande.

Le marché des locations courte durée reste plus réduit qu’à Lagos : environ 300 annonces actives sur Airbnb au milieu de 2025, un revenu annuel médian par hôte proche de 2 800 dollars, un tarif moyen quotidien autour de 63 dollars et un taux d’occupation de l’ordre de 27 %. Pour un investisseur, le short-let à Abuja est donc davantage une stratégie de niche, à réserver aux meilleurs emplacements (Maitama, Wuse, etc.) et à une clientèle affaire bien identifiée.

Port Harcourt, Ibadan et les villes secondaires

Port Harcourt, capitale pétrolière du pays, s’appuie sur l’industrie des hydrocarbures pour son marché immobilier. Les rendements bruts résidentiels s’y situent autour de 5–8 %, avec des loyers annuels entre 950 000 et 1,3 million de nairas pour un appartement de deux chambres standard. Un trois-pièces se négocie autour de 28 millions de nairas. La demande en logements sécurisés dans les estates fermés reste significative, mais le marché dépend fortement de la conjoncture du pétrole et des budgets des compagnies.

Attention :

Ibadan, en position de débordement de Lagos, offre un foncier abordable avec des rendements bruts de 8 à 10 %. Un appartement de deux chambres se loue entre 480 000 et 1 million de nairas par an, et un trois-pièces coûte environ 19 millions à l’achat. La demande est soutenue par les secteurs de l’éducation, de la tech émergente et de l’industrie légère, en faisant un compromis intéressant pour les budgets modestes.

D’autres villes comme Enugu, Uyo, Kano, Benin City, Abeokuta ou Calabar se positionnent comme marchés émergents ou stables, avec des prix d’entrée nettement plus bas et des rendements généralement compris entre 3 et 6 %. Elles conviennent davantage à des investisseurs prêts à accepter une liquidité plus faible en échange de prix très compétitifs et d’un fort potentiel lié à des projets d’infrastructures ou des zones industrielles en croissance.

Pour synthétiser le positionnement des principales villes en termes de prix et de loyers, le tableau suivant offre un ordre de grandeur pour un appartement de trois chambres et un loyer annuel type sur un deux-pièces standard :

VillePrix moyen 3 chambres (₦)Fourchette loyer annuel 2 chambres (₦)Rendement brut typique
Lagos≈ 45 000 0001 600 000 – 5 000 000 (jusqu’à 12 M en luxe)6–12 %
Abuja≈ 38 000 0001 200 000 – 1 800 0005–8 %
Port Harcourt≈ 28 000 000950 000 – 1 300 0005–8 %
Ibadan≈ 19 000 000480 000 – 1 000 0008–10 %

Coûts cachés, fiscalité et impact sur le rendement net

Le rendement brut, souvent mis en avant dans les argumentaires commerciaux, ne dit pas tout. Au Nigéria, les coûts de transaction et les charges d’exploitation peuvent lourdement peser sur le rendement net.

À l’achat, les frais cumulés représentent généralement entre 10 et 15 % du prix du bien, voire davantage selon l’État et la complexité du dossier. La structure typique des principaux coûts est la suivante :

Nature du coûtFourchette indicative
Commission d’agence5–10 % du prix d’achat
Honoraires d’avocat5–10 %
Droit de timbre0,75–1,5 %
Frais d’enregistrement3–5 %
Consentement du Gouverneur (ex. Lagos)jusqu’à 8–15 % selon les cas
Frais de levé de plan / topographie100 000 – 500 000 ₦ (voire plus)

Au moment de l’exploitation, il convient d’intégrer les charges suivantes :

Astuce :

L’investissement locatif à Lagos implique des frais récurrents significatifs au-delà du loyer. Les charges de service et de maintenance dans les immeubles modernes sont particulièrement élevées, généralement facturées entre 1 000 et 5 000 nairas par mètre carré et par an. Les frais de gestion locative absorbent habituellement 10 à 13 % du loyer mensuel, en plus des dépenses d’entretien effectives. Le coût des services communs (générateur, sécurité, eau, nettoyage) peut quant à lui atteindre 20 000 à 50 000 nairas par mois. Enfin, il est crucial de prévoir des périodes de vacance locative, qui peuvent n’être que de quelques semaines par an dans les quartiers prisés, mais s’étendre sur plusieurs mois pour les biens haut de gamme ou situés en localisations secondaires.

Enfin, lors de la revente, une taxe sur la plus-value de 10 % vient s’appliquer sur le gain réalisé. Du côté du locataire, les coûts d’occupation, une fois intégrés l’impôt, le droit de timbre (6 % du loyer annuel) et diverses charges, peuvent dépasser le loyer facial de 12 à 18 %.

En pratique, ces différents postes réduisent de 2 à 4 points la rentabilité annuelle nette. Un bien affichant 10 % de rendement brut peut se retrouver autour de 6–7 % net après prise en compte de l’ensemble de ces coûts.

Financement : un marché dominé par les acheteurs cash

L’un des paradoxes du marché nigérian est la rentabilité élevée de l’immobilier et, en parallèle, le coût prohibitif du crédit hypothécaire. Les taux des banques commerciales se situent dans une fourchette de 18 à plus de 25 % par an, sous l’effet combiné d’un haut niveau d’inflation, de primes de risque importantes et de la politique monétaire de la Banque centrale.

Bon à savoir :

En pratique, la plupart des banques exigent un apport de 20 à 30 %, voire davantage, et limitent la durée des prêts. Dans ces conditions, l’effet de levier devient contre-productif sur la majorité des investissements locatifs : les intérêts absorbent la quasi-totalité du flux de trésorerie généré par le bien. Le marché est donc très largement cash, ou financé via des capitaux propres de sociétés, de coopératives, de fonds privés ou de la diaspora.

Certains promoteurs proposent des plans de paiement échelonnés sur 2 à 10 ans, avec des taux légèrement plus bas (12–18 %), mais ils demandent souvent un apport initial de 30 à 50 % et restent réservés à des projets précis. Pour les investisseurs individuels, les solutions alternatives comme les coopératives immobilières, le crowdfunding ou les REITs (fonds de placement immobilier) permettent de participer au marché avec des tickets plus modestes, parfois dès 10 000 ou 50 000 nairas, mais sans le contrôle direct d’un bien physique.

Marché du court séjour : opportunité réelle, mais gestion exigeante

Les locations de courte durée, en particulier à Lagos et Abuja, sont devenues un pilier très rentable du marché. Elles s’appuient sur une clientèle mixte composée de voyageurs d’affaires, de touristes, de Nigérians de la diaspora en visite, mais aussi de jeunes urbains recherchant des logements flexibles, modernes et bien situés.

À Lagos, dans les zones comme Lekki Phase 1, Victoria Island, Ikoyi ou Ikate, les revenus journaliers peuvent varier de 50 000 à 150 000 nairas la nuit pour un appartement bien équipé. Avec un taux d’occupation autour de 44 % et un revenu annuel courant proche de 10 000 dollars sur les meilleures localisations, les rendements bruts se positionnent généralement entre 8 et 15 %, soit bien au-dessus de ceux des baux annuels classiques.

Bon à savoir :

La rentabilité de la location touristique dépend de plusieurs facteurs clés : un ameublement de qualité hôtelière, des services impeccables (ménage, sécurité, internet, énergie), une gestion réactive des réservations et des problèmes, ainsi qu’un marketing digital actif sur les plateformes spécialisées. Il est également important de considérer le risque réglementaire, car certaines autorités envisagent un encadrement plus strict des locations de courte durée face à l’essor de ce marché.

À Abuja, la niche existe mais reste moins développée. Les revenus annuels moyens des hôtes y sont trois à quatre fois inférieurs à ceux de Lagos, avec un taux d’occupation inférieur à 30 %. Le court séjour peut y constituer un complément de revenu plutôt qu’un cœur de stratégie, sauf à se positionner sur des biens très spécifiques et très bien situés.

Cadre légal, titres de propriété et risques pour l’investisseur

Tout investissement immobilier au Nigéria doit composer avec un environnement juridique particulier, structuré par le Land Use Act de 1978. Ce texte confie la propriété ultime de toutes les terres au Gouverneur de chaque État, qui les administre au bénéfice du peuple. En pratique, il n’existe pas de freehold absolu au sens anglo-saxon, mais des droits d’occupation – statutaires ou coutumiers – accordés pour des durées définies (souvent jusqu’à 99 ans pour les citoyens, plus restreintes pour les étrangers dans certains États).

Bon à savoir :

En raison d’une architecture juridique complexe, de registres fonciers partiellement numérisés et de pratiques informelles, les litiges sont courants. Ils peuvent prendre la forme de ventes multiples d’un même terrain, de documents falsifiés, d’empiètements de limites, d’occupations coutumières non déclarées ou de terrains réservés à l’acquisition publique. Ces procédures judiciaires peuvent durer plusieurs années.

Pour un investisseur, la phase de due diligence est donc cruciale. Elle implique notamment :

Astuce :

Pour sécuriser une transaction immobilière au Nigeria, plusieurs vérifications juridiques et techniques sont indispensables. Celles-ci incluent : la vérification systématique des documents de titre auprès du registre foncier de l’État concerné ; la validation par un avocat spécialisé de la chaîne de propriété (deed of assignment, certificats d’occupation, gazette, etc.) ; la réalisation d’un plan de levé topographique par un géomètre licencié ; l’obtention, pour toute mutation, du consentement écrit du Gouverneur (Governor’s Consent), sans lequel l’opération n’est pas pleinement opposable ; et la vérification de l’absence d’hypothèques, de litiges en cours ou de mesures d’acquisition par l’État.

Les coûts associés (frais de recherche au registre, honoraires d’avocat, dépôt des titres pour enregistrement) représentent une part non négligeable du budget global, mais constituent la meilleure assurance contre les mauvaises surprises.

Pour les étrangers, les règles sont encore plus strictes : certains États – notamment Lagos avec la loi sur l’acquisition de terres par les étrangers – exigent un agrément formel et limitent la durée maximale des droits d’occupation. La voie la plus robuste pour un investisseur non nigérian consiste à constituer une société enregistrée au Nigéria (qui peut être 100 % détenue par des étrangers) et à acquérir les actifs via ce véhicule, bénéficiant ainsi du même statut foncier qu’une personne morale locale.

Risques macroéconomiques et sectoriels à intégrer

Malgré ses perspectives favorables, le marché nigérian n’est pas exempt de risques. Plusieurs facteurs peuvent affecter la rentabilité réelle d’un investissement immobilier :

Attention :

Le marché immobilier nigérian fait face à plusieurs défis structurels : une inflation élevée renchérit les coûts, la volatilité de la naira affecte les rendements en devises, et des taux d’intérêt élevés limitent l’accès au crédit. Certains segments, comme le luxe à Lagos et Abuja, montrent des signes de sur-offre. L’insécurité, les déficits d’infrastructures et les lourdeurs administratives alourdissent les coûts. Enfin, un nouveau projet de fiscalité immobilière nationale représente une incertitude majeure pour les années à venir.

Pour autant, les scénarios de projection à 5, 10 ou 15 ans restent globalement haussiers : les analystes anticipent des hausses de loyers cumulées de 40 à 60 % sur cinq ans, une possible multiplication par trois des loyers à Lagos et Abuja sur une décennie, et une appréciation annuelle des prix du résidentiel autour de 5 à 10 % en moyenne, avec des accélérations dans les corridors d’infrastructure.

Stratégies d’investissement adaptées au contexte nigérian

Dans ce contexte complexe mais porteur, plusieurs approches se distinguent pour qui souhaite investir dans l’immobilier au Nigéria.

Les petites et moyennes surfaces destinées à la location de long terme dans les zones de forte demande – Yaba, Surulere, Lekki Phase 1, Ajah à Lagos ; Lugbe, Gwarinpa, Jahi à Abuja ; certains quartiers d’Ibadan ou Enugu – offrent un bon compromis entre rendement locatif, vacance réduite et potentiel de revalorisation. L’amélioration de logements existants (rafraîchissement, modernisation, ajout d’équipements) permet souvent d’augmenter significativement le loyer sans surinvestissement.

Bon à savoir :

L’investissement dans des terrains stratégiques (comme à Epe, Ibeju-Lekki, ou en périphérie d’Abuja, Ibadan et Enugu) peut offrir des plus-values importantes à moyen-long terme. Le succès repose impérativement sur une due diligence foncière rigoureuse et une analyse précise des futurs plans d’infrastructure gouvernementaux.

Le court séjour et les appartements meublés haut de gamme, bien gérés, sont en mesure de délivrer des rendements bruts très supérieurs à la moyenne, notamment à Lagos. Mais ce segment demande une organisation quasi hôtelière, une tolérance au risque réglementaire et une exposition plus grande à la conjoncture touristique et business.

Bon à savoir :

Les biens commerciaux (entrepôts logistiques, petits commerces en pied d’immeuble en zones denses, bureaux flexibles) offrent un potentiel de rendement global de 15 à 25%. Cependant, ils nécessitent des budgets plus importants, une compréhension fine des cycles économiques et une gestion rigoureuse des baux commerciaux.

Enfin, pour les investisseurs qui privilégient la liquidité et la diversification, les REITs et autres véhicules collectifs offrent une entrée plus accessible dans le marché, avec une gestion professionnelle et une réglementation spécifique. Ils conviennent particulièrement aux profils qui souhaitent s’exposer à l’immobilier nigérian sans gérer directement les risques opérationnels.

Conclusion : un marché exigeant, mais difficile à ignorer

Investir dans l’immobilier au Nigéria, c’est s’exposer à l’un des marchés les plus dynamiques du continent, où le déficit de logement, la jeunesse de la population, l’urbanisation accélérée et les grands chantiers d’infrastructure créent un socle de demande robuste pour les années à venir. Les rendements bruts, souvent compris entre 6 et 10 % sur le résidentiel classique et encore plus élevés sur certains segments ciblés, restent attractifs à l’échelle africaine et mondiale.

Bon à savoir :

Investir dans l’immobilier implique des coûts de transaction élevés, un crédit rare et cher, ainsi que des risques juridiques et une gestion opérationnelle complexes. Le succès repose sur trois piliers : une sélection rigoureuse des biens et des emplacements, une compréhension précise des charges et des contraintes réglementaires, et un ancrage solide dans l’écosystème local (avocats, agents, gestionnaires, notaires, autorités).

Pour les investisseurs capables d’embrasser cette complexité, de s’entourer de professionnels fiables et de raisonner sur le moyen ou le long terme, le marché nigérian offre encore de nombreuses poche d’opportunités. À l’inverse, ceux qui espèrent des gains rapides sans due diligence, ou qui négligent les risques de titres défectueux, de coûts cachés ou de vacance prolongée, risquent de se heurter de plein fouet à la face la moins reluisante d’un marché aussi prometteur que exigeant.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Nigéria pour rechercher du rendement locatif et une exposition au naira. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Lagos, Abuja, Port Harcourt), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou un appartement haut de gamme dans un quartier en forte demande locative (par exemple Victoria Island ou Lekki à Lagos), combinant un rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure juridique la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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