Les tendances actuelles du marché immobilier au Guatemala

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Longtemps resté à l’ombre de ses voisins plus médiatisés comme le Costa Rica ou le Panama, le marché immobilier du Guatemala est en train de changer d’échelle. Entre boom des villes, arrivée massive de capitaux étrangers, explosion des locations touristiques et montée en puissance du logement durable, le pays se trouve à un moment charnière. Derrière les belles perspectives, la réalité reste pourtant contrastée, avec un déficit de plus d’1,3 million de logements et une forte pression sur l’accessibilité.

Bon à savoir :

Cet article offre une analyse complète des principales tendances qui transforment actuellement le marché immobilier au Guatemala, en se fondant sur les données les plus récentes disponibles.

Un marché en expansion portée par l’urbanisation et l’investissement

Le marché immobilier guatémaltèque traverse une phase de croissance soutenue. Les prix résidentiels ont progressé en moyenne de 5 % en 2024, tandis que le volume de transactions a augmenté d’environ 7 % par rapport à 2023. Les projections placent la valeur du marché résidentiel autour de 0,41 trillion de dollars US à l’horizon 2025, avec une croissance annuelle attendue de l’ordre de 6 à 6,5 % jusqu’à la fin de la décennie.

67.3

Part de la population marocaine qui devrait vivre en zone urbaine dès 2025, illustrant une urbanisation extrêmement rapide.

La capitale, Guatemala City, illustre parfaitement cette transition. Sa population métropolitaine approche les 3,23 millions d’habitants, avec une croissance annuelle supérieure à 2 %. Cette concentration démographique alimente la demande de logements, de bureaux, d’entrepôts et de commerces, et tire les prix vers le haut, notamment dans les zones centrales et les quartiers les plus prisés.

Indicateurs clés du marché résidentiel

Le tableau ci-dessous synthétise quelques repères structurants du marché résidentiel guatémaltèque.

IndicateurValeur / Estimation récente
Croissance annuelle des prix (2024)+5 %
Croissance prévue des prix (2025)+3 % à +7 % (urbain)
Transactions immobilières (2024 vs 2023)+7 %
Part des acheteurs étrangers (2024)≥ 20 % des transactions
Croissance annuelle projetée du marché (2024‑2029)≈ 6,0 % à 6,5 %
Valeur du marché résidentiel (projection 2025)≈ 0,41 trillion USD

Derrière ces chiffres agrégés, la réalité du marché est très segmentée. Les zones touristiques et les quartiers prime de la capitale connaissent des hausses nettement supérieures à la moyenne nationale, tandis que les régions rurales restent plus atones, voire stagnantes.

Guatemala City : verticalisation, rendements locatifs et pression foncière

Guatemala City constitue le cœur névralgique du marché immobilier du pays. C’est là que se concentrent la majorité des investissements, des projets d’infrastructures et des nouveaux développements résidentiels et tertiaires.

Le renchérissement du foncier dans les quartiers centraux pousse le marché vers la verticalisation. On voit se multiplier les tours d’appartements, notamment dans les zones 10, 14, 15 et 16, ainsi que dans des secteurs en transformation comme la zone 4 ou le complexe urbain de Cayalá. Le manque de terrains disponibles en centre-ville incite les promoteurs à densifier plutôt qu’à étaler.

Les prix au mètre carré illustrent cette prime à la centralité.

Localisation à Guatemala CityPrix indicatif au m² (USD)Type de biens dominant
Zones 10 & 14 (quartiers de luxe)1 800 – 2 500Appartements haut de gamme
Zones 15 & 16 (quartiers de standing/mid‑range)1 200 – 1 800Appartements et maisons en copropriété
Zones 9 & 13 (segment “entrée de gamme” urbain)900 – 1 200Appartements
Périphérie / banlieue (San Lucas, etc.)600 – 1 000Maisons en lotissements fermés

Les loyers suivent la même logique, avec des rendements solides au centre-ville.

Type de location à Guatemala CityCentre-ville (USD/mois)Périphérie (USD/mois)Rendement brut estimé
Appartement 1 chambre570 – 900340 – 600≈ 9 % au centre
Appartement 3 chambres6 000 – 16 000 GTQ (équiv.)4 000 – 6 900 GTQ6,5 % – 8 %
Rendement locatif global (résidentiel)5 % – 8 % (jusqu’à 10,3 % sur certains segments)

Cette rentabilité locative, supérieure à celle de nombreux marchés nord-américains ou européens, attire aussi bien les investisseurs locaux que les acheteurs internationaux, notamment des États‑Unis et d’Europe.

Une ville structurée par les infrastructures et la mobilité

Les grands chantiers d’infrastructure jouent un rôle déterminant dans la reconfiguration du marché. Le projet Metro Riel, un système de train léger de 21 km avec 20 stations, en est l’exemple le plus emblématique. Les secteurs proches des futures stations, notamment dans les zones 10 et 4, auraient déjà enregistré des hausses de valeur de l’ordre de 15 à 20 % depuis le démarrage des travaux.

Astuce :

Des investissements dans les infrastructures de transport (élargissement de rocades, nouveaux ponts, modernisation de la flotte de bus électriques) et de santé (nouveaux hôpitaux) améliorent la connectivité et la qualité de vie, contribuant ainsi à revitaliser et rendre attractifs des quartiers autrefois délaissés.

Entre contrôle des loyers et demande de sécurité

La capitale reste toutefois un marché complexe. Des mesures de contrôle des loyers plus strictes commencent à rendre certains produits locatifs moins intéressants pour les investisseurs, avec des rendements qui peuvent descendre autour de 2,9 % sur des résidences neuves mal positionnées par rapport au marché.

Attention :

Avec un taux d’homicides de 16,7 pour 100 000 habitants en 2023, les préoccupations sécuritaires sont fortes. Cela entraîne une demande croissante pour des communautés fermées, protégées 24h/24, avec contrôle d’accès, caméras, gardiennage et services partagés.

Les promoteurs l’ont bien compris : la plupart des nouveaux projets résidentiels de standing incluent désormais un package d’équipements devenu quasi standard – piscine, salle de sport, espaces verts, coworking, aires de jeux, parcs pour animaux, terrains de sport – qui répond à la fois à cette demande de confort et à une logique de “ville dans la ville”.

Antigua Guatemala : patrimoine colonial, tension foncière et rendement touristique

Antigua Guatemala occupe une place à part dans le paysage immobilier du pays. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette ancienne capitale coloniale concentre un marché très particulier, éminemment touristique, fortement régulé et marqué par une rareté chronique du foncier constructible.

La ville accueille environ 1,2 million de visiteurs par an et abrite une communauté expatriée d’environ 3 000 résidents étrangers, à laquelle s’ajoutent de nombreux retraités, nomades numériques et investisseurs internationaux en quête de charme colonial. On estime qu’environ 60 % des acheteurs à Antigua sont des Guatémaltèques (souvent en provenance de la capitale) et 40 % des étrangers, principalement nord‑américains et européens.

Des prix dopés par la rareté et la réglementation

Les prix reflètent cette demande internationale et les contraintes de préservation du patrimoine. Le centre historique, où la modification des façades est strictement encadrée, est devenu un marché de niche à très forte valeur.

Segment d’Antigua GuatemalaPrix indicatif au m² (USD)Gamme de prix des biens (USD)
Centre historique – maisons coloniales2 000 – 3 000 (restauré)250 000 – 500 000 (voire 1 M$+)
Périphérie proche – maisons/appartements modernes1 500 – 2 00085 000 – 200 000 (appartements)
Villages proches (San Miguel Dueñas, Ciudad Vieja, etc.)1 000 – 1 500200 000 – 350 000 (lotissements fermés)

Les maisons coloniales restaurées du centre peuvent être passées en quelques années d’une fourchette de 180 000–350 000 dollars à 250 000–500 000 dollars, soit des hausses de 4 à 7 % par an depuis 2020. Les terrenes dans les municipalités alentour ont vu leur prix croître d’environ 30 à 120 dollars/m² en 2020 à 50 à 200 dollars/m² en 2025.

30000-80000

Les rénovations nécessaires sur une maison coloniale dans une zone UNESCO sont souvent estimées entre 30 000 et 80 000 dollars.

Un marché dopé par la location touristique

Sur le plan locatif, Antigua est l’un des marchés les plus dynamiques du pays, tiré par les séjours de courte durée et les plateformes comme Airbnb. Les locations saisonnières affichent généralement un taux d’occupation de 40 à 55 % sur l’année, mais peuvent atteindre jusqu’à 98 % lors des périodes de pointe (Semaine Sainte, fin d’année).

Les loyers journaliers se situent dans une fourchette de 72 à 130 dollars en moyenne pour les locations touristiques, ce qui permet des revenus annuels de 13 000 à plus de 15 000 dollars pour un bien bien géré. Les rendements bruts observés vont de 8 à 12 % pour les maisons coloniales transformées en locations de vacances, et de 5 à 7 % pour des appartements loués à l’année.

1500-3000

Le salaire mensuel local en quetzales, soit 200 à 375 dollars, soulignant l’inaccessibilité des loyers à Antigua.

Extension du marché vers le “corridor sud”

Face à la saturation du centre historique, le développement se déporte progressivement vers un “corridor sud” qui inclut notamment Ciudad Vieja et San Miguel Dueñas, à une vingtaine de minutes de la ville. Des projets comme Hacienda del Comendador, Antigua Gardens ou Portal de las Rosas proposent des maisons en communautés fermées, souvent avec vues sur les volcans et équipements complets (club house, espaces verts, sécurité).

Les terrains dans ce corridor se négocient globalement entre un peu plus de 40 000 et 185 000 dollars, tandis que les maisons neuves se situent entre 285 000 et 775 000 dollars selon la taille, les finitions et les vues. Il s’agit clairement d’un marché de classe moyenne supérieure et d’expatriés, avec un fort potentiel d’appréciation à moyen terme (prévisions de 6 à 8 % de hausse annuelle sur cinq ans).

Le boom des destinations touristiques : Lake Atitlán, Pacifique et régions émergentes

Au-delà de la capitale et d’Antigua, plusieurs régions touristiques connaissent une montée en puissance immobilière très nette, portée par le développement du tourisme international, du télétravail et de la location saisonnière.

Lake Atitlán : éco‑tourisme, seconde résidence et rendements élevés

Le lac Atitlán est le deuxième site touristique le plus visité du pays, avec des villages emblématiques comme Panajachel, San Pedro La Laguna ou San Marcos La Laguna. La région attire les retraités étrangers, les voyageurs au long cours et une nouvelle génération de télétravailleurs séduits par le cadre naturel et le coût de la vie plus modéré que dans Antigua.

Les prix immobiliers varient fortement selon la proximité du lac et la vue.

Localisation autour du Lake AtitlánPrix indicatif au m² (USD)Gamme de prix des biens (USD)
Panajachel / Santa Catarina (bord du lac)1 300 – 2 200300 000 – 800 000
San Marcos / San Pedro (vue lac)1 000 – 1 500150 000 – 350 000
Villages en hauteur (vue montagne)800 – 1 200120 000 – 250 000

Les valorisations progressent en moyenne de 3 à 7 % par an, avec des rendements locatifs particulièrement attractifs : certaines propriétés atteignent des rendements bruts annuels de 7 à 10 %, voire autour de 8,4 % sur des produits bien positionnés en location courte durée. Panajachel, par exemple, affiche une centaine de locations actives avec des revenus mensuels moyens proches de 1 000 dollars et un taux d’occupation d’environ 33 %.

Exemple :

Le projet culturel « Pintando El Cambio » a transformé visuellement le village de Santa Catarina Palopó en peignant 760 maisons sur 850. Cette initiative a significativement augmenté la fréquentation touristique, ce qui a, par ricochet, stimulé l’intérêt pour le marché immobilier local. Ce cas illustre comment les interventions culturelles et le dynamisme du marché immobilier peuvent s’auto-alimenter mutuellement.

Côte Pacifique et zones côtières : opportunités et vulnérabilités climatiques

Le littoral pacifique, avec des destinations comme Monterrico, attire un nombre croissant d’investisseurs intéressés par les résidences balnéaires et les projets de resorts. Les prix au mètre carré y sont encore compétitifs, souvent entre 1 200 et 2 000 dollars pour des propriétés en front de mer de standing.

Cependant, ces zones font face à un risque accru lié au changement climatique. La montée du niveau de la mer dans la Caraïbe – estimée à 3,6 mm par an, au-dessus de la moyenne mondiale – et la multiplication d’événements extrêmes (ouragans, tempêtes tardives comme Rafael ou Otto) rendent le marché côtier beaucoup plus volatil. Les investisseurs doivent intégrer des coûts de construction plus élevés pour la résilience, des primes d’assurance supérieures et un risque de vacance accru en cas d’épisodes climatiques répétés.

Régions émergentes : Quetzaltenango, Retalhuleu, Cobán, Río Dulce

Des villes secondaires comme Quetzaltenango (Xela) ou des départements comme Retalhuleu et Alta Verapaz attirent de plus en plus l’attention des investisseurs.

700-1100

Les prix immobiliers urbains à Quetzaltenango varient entre 700 et 1 100 dollars par mètre carré.

Retalhuleu bénéficie d’un essor industriel et d’un programme d’investissement public massif, notamment une autoroute de 154 millions de dollars reliant Suchitepéquez, qui a généré des hausses de valeur de 10 à 15 % le long de son tracé. Cobán et la région d’Alta Verapaz se positionnent sur l’éco‑tourisme et la conservation (projets de reforestation de plusieurs centaines d’hectares), ce qui commence à se traduire par un intérêt accru pour les propriétés rurales à vocation touristique ou écoresponsable.

Río Dulce et Livingston, avec leur accès à la mer des Caraïbes et leur culture Garifuna, représentent aussi des marchés de niche en plein développement, portés par la plaisance, les marinas et le tourisme d’aventure.

Une attractivité internationale croissante

L’un des traits marquants des tendances actuelles est la montée en puissance de la demande étrangère. Les acheteurs internationaux représenteraient désormais plus de 20 % des transactions, un chiffre en hausse depuis plusieurs années.

Les motivations sont multiples : environnement juridique relativement ouvert (égalité de traitement entre investisseurs locaux et étrangers, absence de contrôle des changes, possibilité de détenir 100 % des actifs, sauf dans des zones frontalières ou littorales sensibles), prix encore nettement inférieurs à ceux du Costa Rica ou du Panama pour des rendements souvent plus élevés, et perspectives d’appréciation fortes, notamment dans les régions touristiques.

Bon à savoir :

Un étranger ne peut pas posséder directement un terrain dans un rayon de 3 km du littoral ou de 15 km des frontières. Pour ces zones, des montages via sociétés guatémaltèques ou des baux de long terme avec l’agence OCRET sont nécessaires. En dehors de ces zones, l’achat (maisons, appartements, terrains, locaux) est libre, sous réserve d’obtenir un numéro fiscal (NIT) et de suivre la procédure notariale standard.

Les coûts d’acquisition pour les acheteurs — locaux comme étrangers — restent raisonnables au regard de nombreux marchés matures : en général 5 à 7 % du prix d’achat, incluant droits de mutation (souvent 3 % pour un bien de revente, 12 % de TVA pour un bien neuf), frais de notaire et d’enregistrement (environ 0,15 %), timbres et honoraires juridiques (1 à 2 %). La fiscalité annuelle sur la propriété (IUSI) est progressive mais modérée, la plupart des propriétaires payant entre 0,2 et 0,6 % de la valeur déclarée.

Bon à savoir :

Le Guatemala se distingue dans la région par ses rendements agricoles.

Segment d’investissementRendement brut typiqueLocalisations phares
Résidentiel long terme5,7 % – 6,5 %Guatemala City, Quetzaltenango
Résidentiel touristique (court séjour)6,5 % – 8,4 %Antigua, Lake Atitlán, Pacifique
Propriétés coloniales (Antigua)6 % – 9 %Centre historique et alentours
Locations exécutives (zones 14–15 de la capitale)5,5 % – 6,8 %Quartiers haut de gamme
Projets commerciaux (bureaux, retail, logistique)8 % – 12 %Guatemala City, corridors logistiques

Cette combinaison de forte demande locative, de perspectives d’appréciation et de fiscalité relativement modérée explique l’intérêt croissant des investisseurs institutionnels et individuels, notamment européens, pour des marchés comme Antigua, Lake Atitlán ou les quartiers prime de la capitale.

Logement abordable et déficit structurel : l’envers du décor

Derrière l’effervescence des segments premium et touristiques se cache une réalité sociale difficile. Le Guatemala fait face à un déficit de logements estimé à plus de 1,3 million d’unités, certaines sources avançant même jusqu’à 2,2 millions. Environ 60 % de la population vivrait sous le seuil de pauvreté, alors même que le taux de chômage officiel reste relativement bas (3 %).

750000000

Le gouvernement du Guatemala a alloué environ 750 millions de quetzales à des programmes de crédit pour le logement abordable.

Des acteurs internationaux comme la Banque centraméricaine d’intégration économique (BCIE) ou la Development Finance Corporation américaine financent également des projets de logements sociaux ou abordables, avec déjà plus de 40 millions de dollars injectés dans ce segment. Des ONG comme Habitat for Humanity jouent un rôle majeur : rien que sur l’exercice 2025, l’organisation aurait accompagné près de 75 000 personnes au Guatemala via la construction, la réhabilitation ou la réparation de logements, mobilisant presque 4 000 bénévoles.

11

L’indicateur ‘Price to Income’ national dépasse 11, illustrant le coût élevé de l’immobilier par rapport aux revenus au Guatemala.

Virage vert : l’essor spectaculaire du logement durable

L’une des tendances les plus marquantes de ces dernières années est l’explosion de l’intérêt pour les constructions écologiques et économes en énergie. La demande pour des projets de logement “verts” a bondi de 25 % en 2023, et les biens éco‑responsables auraient vu leur demande augmenter d’environ 25 % également.

Sur le plan énergétique, la transition est tangible : la part du solaire dans la production électrique nationale est passée de 1,83 % en 2022 à plus de 17 % en 2023. Le pays s’est doté d’une Politique nationale d’efficacité énergétique couvrant la période 2023–2050 et s’est engagé dans le cadre de l’Accord de Paris, avec des objectifs ambitieux en matière de renouvelables, de net metering et d’incitations fiscales pour les installations solaires.

630000

En 2021, environ 630 000 m² de construction certifiée durable ont été livrés au Guatemala, pour un investissement d’environ 68 millions de dollars.

Exemples de projets pionniers

Plusieurs projets emblématiques illustrent ce virage vert :

Projets de construction durable au Guatemala

Exemples de projets résidentiels et universitaires au Guatemala ayant obtenu des certifications EDGE, démontrant des économies significatives en énergie, eau et matériaux.

Hacienda de las Flores

Communauté néo‑urbaniste de plus de 850 logements. Économies d’environ 40 % sur l’énergie, 30 % sur l’eau et 30 % sur les matériaux. Offre plus de 120 m² d’espaces verts par habitant.

Senderos del Comendador

Lotissement de 158 maisons à Ciudad Vieja. Réduction de 28–30 % de la consommation énergétique, 29–31 % d’économie d’eau et plus de 50 % de réduction de l’énergie grise des matériaux.

Centre d’innovation et de technologie (CIT)

Bâtiment de l’Université del Valle à Guatemala City, certifié EDGE. Abaissement de 40 % de la consommation d’énergie, 42 % d’économie d’eau et 55 % de réduction de l’énergie incorporée, grâce à une conception bioclimatique et des panneaux solaires.

Tera 12 Apartamentos

Projet résidentiel vertical à Guatemala City, en pré‑certification EDGE. Objectifs de 20 % d’économie d’énergie, 28 % sur l’eau et 67 % sur l’énergie grise des matériaux.

Ces performances ne relèvent pas seulement du geste environnemental : en réduisant les factures d’électricité et d’eau, elles renforcent l’attrait économique de ces biens, surtout dans un contexte de hausse du coût de l’énergie.

Au‑delà des grands projets commerciaux, des initiatives plus communautaires ou expérimentales (écoles en sacs de terre, “bottle schools” à base de bouteilles en plastique remplies de déchets, maisons en pneus compactés, blocs de terre stabilisée type “interblocks”) contribuent à diffuser une culture de la construction durable et à réduire l’empreinte écologique de l’habitat populaire.

PropTech et digitalisation : une révolution silencieuse du secteur

Autre transformation de fond : la montée en puissance des technologies dédiées à l’immobilier, ou PropTech. Si la digitalisation du secteur guatémaltèque reste encore incomplète, elle s’accélère rapidement, portée notamment par la Chambre des courtiers (CBR Guatemala) et une nouvelle génération de startups.

Les outils de gestion de relation client (CRM), les visites virtuelles, les signatures électroniques, les plateformes d’annonces et l’analyse de données massives se généralisent. Une part croissante des agents recourt à des drones pour produire des vues aériennes — les biens bénéficiant de ces prises de vue se vendraient jusqu’à 68 % plus vite — et les visites virtuelles sont devenues monnaie courante dans des métropoles comme Guatemala City, où l’on compte plus de 19 millions de smartphones connectés.

Bon à savoir :

Des plateformes telles qu’Intercambio Inmobiliario, des portails multi‑annonces (Encuentra24, Mapa Inmueble, Portal GPI) et de nouveaux acteurs utilisant l’intelligence artificielle et les systèmes d’information géographique (comme AstraData) visent à apporter transparence, rapidité et fiabilité à un marché traditionnellement basé sur l’intuition et les réseaux personnels. Leur objectif principal est de réduire les délais de commercialisation, qui peuvent atteindre en moyenne 360 jours pour une vente et 90 jours pour l’obtention d’un crédit hypothécaire en Amérique latine.

Cette évolution s’inscrit dans un mouvement continental : en 2021, le capital‑risque investi dans les startups PropTech en Amérique latine et Caraïbes a été multiplié par six par rapport à 2020, pour atteindre plus de 1,3 milliard de dollars sur 23 opérations. Le Guatemala commence à se faire une place dans cet écosystème, via sa participation à des événements régionaux comme Proptech Latam ou REInn LATAM.

Un marché contrasté, entre opportunités et risques

Les tendances actuelles dessinent l’image d’un marché immobilier guatémaltèque en pleine mutation : appréciation soutenue des prix, rendements locatifs compétitifs, montée en puissance des destinations touristiques, essor des communautés fermées et des résidences vertes, digitalisation des pratiques professionnelles.

Attention :

Les titres fonciers peuvent être fragiles, notamment en zones rurales ou mal cadastrées, nécessitant des vérifications juridiques approfondies. De plus, l’exposition aux aléas naturels (séismes, volcanisme, tempêtes) exige une conception et une assurance adaptées des biens, en particulier sur les côtes et en montagne.

Politiquement, le Guatemala a démontré une certaine résilience immobilière, les prix continuant de progresser malgré des tensions post‑électorales. Mais des changements réglementaires — qu’il s’agisse de fiscalité, de contrôle des loyers ou de normes environnementales — peuvent modifier rapidement la rentabilité de certains segments, notamment locatifs.

Enfin, la question sociale reste centrale. La forte présence d’investisseurs étrangers et de programmes touristiques, combinée à une production très importante de logements de luxe (environ 15 % des nouveaux projets résidentiels), risque d’accentuer les fractures territoriales et d’alimenter des “villes à deux vitesses” si le segment du logement abordable ne parvient pas à suivre.

Perspectives : vers un marché plus vert, plus dense et plus sélectif

À moyen et long terme, plusieurs lignes de force semblent se dégager pour le marché immobilier au Guatemala.

D’abord, la tendance à la densification urbaine et à la verticalisation devrait se poursuivre, en particulier dans les grandes agglomérations et les zones à forte valeur foncière, sous l’effet conjoint de l’urbanisation, du manque de terrains disponibles et des nouvelles mobilités (comme Metro Riel). Les appartements en copropriété, les projets de coliving et les résidences étudiantes devraient continuer à gagner du terrain face à la maison individuelle traditionnelle.

Bon à savoir :

Le logement durable, actuellement un marché de niche, devrait devenir la norme. Cette transition est motivée par la hausse du prix de l’énergie, les incitations fiscales, les politiques publiques (comme les objectifs d’efficacité énergétique 2023-2050) et la demande croissante des acheteurs, notamment les plus jeunes, pour des solutions écologiques. Dans ce contexte, les certifications environnementales (LEED, EDGE, CASA Guatemala) deviendront un avantage concurrentiel déterminant, y compris pour les logements de gamme moyenne.

Le segment des résidences touristiques et des locations de courte durée devrait rester très porteur, porté par une croissance annuelle du tourisme estimée entre 7 et 9 %, des flux de voyageurs facilités par la politique de visa‑libre avec 83 pays, et un effet “digital nomads” de plus en plus marqué. Antigua, Lake Atitlán, le Pacifique et certains corridors éco‑touristiques devraient en être les principaux bénéficiaires, avec des taux d’occupation en haute saison capables d’atteindre des records.

Attention :

La durabilité sociale du modèle immobilier dépend de la capacité à résoudre le déficit massif de logements, la pression foncière urbaine et la hausse des prix due à la demande internationale, en mobilisant l’État, les bailleurs de fonds et les acteurs privés pour assurer stabilité et acceptabilité sociale.

Pour les investisseurs comme pour les ménages, le Guatemala offre aujourd’hui un cocktail rare : des prix encore bas comparés aux standards régionaux, des rendements élevés, un marché résilient, mais aussi un environnement où l’information reste parcellaire et les disparités territoriales très fortes. Naviguer dans ce paysage exige une bonne connaissance des spécificités locales, une attention particulière à la sécurité juridique et environnementale, et une vision de long terme capable d’intégrer à la fois les opportunités et les vulnérabilités du pays.

Dans ce contexte, les tendances actuelles du marché immobilier au Guatemala ne sont pas seulement le reflet d’une croissance économique ou d’un boom touristique. Elles racontent, plus largement, la transformation accélérée d’un pays qui se réinvente à travers ses villes, ses paysages et son habitat – entre modernité, patrimoine et quête d’un développement plus durable et plus inclusif.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Guatemala pour rechercher du rendement locatif en devise locale et une exposition à un marché émergent. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Guatemala Ciudad, Antigua, Quetzaltenango), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel ou une maison individuelle dans un quartier en développement de Guatemala Ciudad ou à Antigua, combinant un rendement locatif brut cible de 10 %plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, permettant d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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