S’immerger dans la cuisine tunisienne : le guide culinaire essentiel pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tunisie, ce n’est pas seulement changer de pays, c’est changer de table. Dans ce pays qui fut autrefois le « grenier » de Rome, la cuisine est bien plus qu’un simple carburant du quotidien : c’est un langage social, un marqueur d’identité et l’un des accès les plus directs à la culture locale. Pour un expatrié, comprendre les plats, les codes de la table et les lieux où l’on mange permet d’entrer très vite dans la vie du pays, bien plus efficacement que n’importe quel cours de civilisation.

Bon à savoir :

Ce guide propose une immersion concrète dans la cuisine locale, en abordant les codes culturels, les prix, les bonnes adresses typiques et les ateliers de cuisine. Il donne également des conseils pratiques pour apprivoiser une cuisine réputée épicée, généreuse et conviviale.

Comprendre l’esprit de la table tunisienne

Dans la vie sociale tunisienne, les repas tiennent lieu de ciment. On se retrouve en famille autour de grandes tablées, on accueille un invité de passage en l’invitant spontanément à rester manger, on scelle des amitiés en partageant un couscous dominical. La cuisine est ainsi un rituel qui réunit, où l’on prend le temps de discuter, de plaisanter, et où la générosité de l’hôte se mesure souvent au nombre de plats déposés sur la table.

Astuce :

Les repas se font souvent en commun, avec de grands plats au centre où l’on se sert avec une cuillère ou du pain. Il est important d’attendre que la personne la plus âgée ou l’hôte commence, et de manger uniquement dans la partie du plat située devant soi. Dans les milieux traditionnels, on utilise uniquement la main droite pour saisir la nourriture. À la fin, le thé à la menthe, parfois agrémenté de pignons ou d’amandes, est un symbole d’hospitalité : en refuser peut être perçu comme un manque de considération.

Pour un expatrié, accepter ces invitations, goûter même en petite quantité, et demander discrètement comment se comporter à table est une manière simple et très appréciée de montrer du respect.

Les bases de la cuisine tunisienne : entre Méditerranée et désert

La cuisine tunisienne s’est construite au fil des siècles, au croisement de plusieurs mondes. Elle porte la trace des Berbères, de Carthage, de Rome, des Ottomans, des Andalouses chassés d’Espagne, des Siciliens, des Français, mais aussi des circuits caravaniers venus du Sahara. Résultat : une cuisine méditerranéenne dans l’âme — huile d’olive, semoule, légumes, poissons — mais avec une intensité d’épices rarement égalée dans la région.

Exemple :

L’exemple illustre la composition de base de nombreux plats méditerranéens, qui repose sur des ingrédients fondamentaux : l’huile d’olive, les céréales (pain, couscous, pâtes), les tomates, une grande variété de légumes (poivrons, carottes, oignons, pois chiches, pommes de terre) et des protéines diverses (viandes comme l’agneau ou le poulet, et poissons comme les sardines). Les fruits frais (citrons, dattes, oranges) et secs (amandes, pistaches) apportent la touche finale, sucrée ou acidulée, et sont utilisés aussi bien dans les plats salés que dans les desserts.

L’Islam influence le contenu de l’assiette : pas de porc pour la majorité des Tunisiens, mais beaucoup d’agneau, de bœuf et de volaille. Sur l’île de Djerba, la présence juive ancienne a donné naissance à une tradition casher spécifique, qui se retrouve notamment dans certains plats et pâtisseries.

Harissa et épices, le cœur battant des saveurs

Si la cuisine tunisienne est souvent qualifiée de « piquante », c’est d’abord à cause d’un condiment star : la harissa. Cette pâte rouge, faite de piments séchés, ail, carvi, coriandre et huile d’olive, est un peu l’ADN gustatif du pays. On la pose sur la table comme le pain ou le sel, on la dilue dans une soupe, on en enduit un poisson, on en garnit un sandwich. Elle est si centrale qu’elle a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2022.

Autour d’elle gravitent d’autres mélanges subtils comme le tabil (coriandre, cumin, carvi, piment, ail, parfois menthe sèche), le ras el hanout (assemblage complexe qui peut réunir une douzaine d’épices, dont cannelle, girofle, noix de muscade) ou encore des mélanges plus ciblés pour le poisson à base de cumin (kamoun). La liste des épices est longue : cumin, coriandre, carvi, piment en poudre, paprika doux ou fort, curcuma, gingembre, cannelle, poivre noir, anis, fenugrec, clous de girofle, sans oublier la menthe séchée, le laurier, le thym, le romarin.

Pour un palais peu habitué, l’intensité peut surprendre. Dans les restaurants comme chez l’habitant, on peut toutefois demander une version plus douce d’un plat, en précisant par exemple qu’on souhaite quelque chose de « pas trop piquant » ou « léger en harissa ». Beaucoup de Tunisiens apprécient aussi les saveurs plus douces, notamment dans certains quartiers de Tunis, où les familles « beldiya » ont historiquement tendance à moins charger en piment.

Les grands classiques à connaître absolument

S’installer en Tunisie sans apprendre à reconnaître les grands plats reviendrait à vivre à moitié à côté du pays. Certains sont omniprésents dans les menus, d’autres plutôt de rue, d’autres encore sont associés à des fêtes religieuses ou familiales.

Couscous, roi de la table

Le couscous — appelé localement kosksi — est considéré comme le plat national. Il s’agit de semoule de blé dur cuite à la vapeur dans un récipient à deux étages (la couscoussière), tandis que mijote en dessous une sauce à base de tomates, d’oignons, d’épices et de morceaux de viande ou de poisson. On en trouve à l’agneau, au poulet, au poisson, parfois au lièvre ou au perdreau dans certaines régions.

Répertorié par l’UNESCO comme patrimoine immatériel en 2018, le couscous tunisien se distingue par son caractère souvent plus épicé que dans les pays voisins, et des légumes généreux (carottes, courgettes, pois chiches, pommes de terre, navets…). Sur la côte, on rencontre fréquemment le couscous au poisson, notamment à la dorade, au loup ou au rouget.

Dans les petites gargotes fréquentées par les locaux, une assiette de couscous coûte généralement entre 6 et 12 dinars. Dans les restaurants de zones touristiques, on monte plutôt entre 15 et 25 dinars, souvent pour une portion très copieuse.

Brik, la feuille croustillante qui ouvre tous les repas

Autre incontournable, la brik (ou brick) est un beignet à base de fine feuille de pâte (malsouka ou warka), farci puis frit. La version la plus emblématique renferme un œuf entier, parfois à peine pris, avec thon, pommes de terre écrasées, persil et câpres. L’exercice consiste à croquer d’un coup sec pour ne pas laisser s’échapper le jaune encore coulant.

Attention :

La brik, déclinée aux crevettes, à la viande hachée ou au fromage, est à la fois une entrée classique, un incontournable du Ramadan et un indicateur de la qualité d’une cuisine. Une brik bien croustillante et non grasse témoigne généralement d’un établissement soigné.

Dans les snacks et petits restos, une brik se paie entre 2 et 5 dinars ; dans une adresse plus chic de médina, elle peut dépasser les 8–10 dinars.

Lablabi, la soupe qui réchauffe les soirées fraîches

Le lablabi (ou lablebi) est un plat modeste mais profondément identitaire. Dans un grand bol, on dispose du pain rassis en morceaux, sur lequel on verse un bouillon de pois chiches à l’ail et au cumin. On ajoute un œuf poché ou légèrement cuit, une bonne cuillère de harissa, un filet d’huile d’olive, parfois du thon, des câpres, des olives. Le résultat est une sorte de soupe compacte, nourrissante et réconfortante.

Il est apprécié en soirée, en hiver, ou après une longue journée. Certains le mangent aussi au petit matin. Dans certaines villes comme Bizerte, on en a même fait un sandwich. Dans les échoppes populaires, un bol complet se situe souvent autour de 8 à 10 dinars, une version plus simple pouvant coûter un peu moins.

Ojja et chakchouka, les œufs en fête

L’ojja est cousine de la shakshouka : des tomates et des poivrons mijotent avec ail, cumin et harissa, puis on casse des œufs dedans. La version à la merguez, très répandue, ajoute de petites saucisses épicées qui parfument l’ensemble. On sert cette préparation brûlante dans une poêle ou un plat en terre, à partager avec du pain.

Selon les adresses, ce plat peut faire office de petit-déjeuner costaud, de déjeuner ou de dîner économique. Dans les snacks et cafés-restaurants tunisiens, une ojja tourne autour de 10–15 dinars.

Les salades grillées : slata mechouia et cie

La slata mechouia est l’une des fiertés nationales. On fait griller des poivrons, tomates, oignons et parfois de l’ail, puis on les pile ou les hache finement avec de l’huile d’olive, du citron, de la coriandre et du carvi. On décore le dessus avec du thon, des œufs durs, des olives. Le résultat : une salade fumée, relevée, qui accompagne quasiment tous les repas.

Entrées Végétales Tunisiennes

Découvrez une sélection de salades et entrées traditionnelles à base de légumes, fraîches et savoureuses.

Houria

Salade de carottes écrasées, cuites et assaisonnées au cumin.

Ajlouk Qura’a

Courgettes et poivrons cuits puis écrasés pour une texture onctueuse.

Salade Tunisienne

Mélange frais de dés de tomates, concombres, oignons et poivrons, similaire à un taboulé sans semoule.

Tajine tunisien, frittata du Maghreb

À ne pas confondre avec le tajine marocain en sauce, le tajine tunisien ressemble plus à une omelette épaisse ou une frittata. On y mélange œufs, fromage, viande (poulet, agneau ou bœuf), pommes de terre et herbes, avant de faire cuire le tout au four. Coupé en carrés, il se sert aussi bien en entrée qu’en plat, ou dans un sandwich.

Dans des cafés-restaurants comme à Sousse, on trouvera souvent tajine du jour, dont le prix varie entre 10 et 18 dinars selon les ingrédients.

Fricassé, mlawi, makloub : le royaume des sandwiches

La Tunisie est un paradis du sandwich, loin des standards des chaînes internationales. Dans d’innombrables kiosques et snacks, on prépare sous vos yeux des pains garnis d’ingrédients simples mais goûteux : thon à l’huile, œufs, pommes de terre, olives, fromage, harissa, salades de légumes, escalope panée…

Quelques formats méritent une attention particulière :

– Le fricassé, petit pain frit ouvert et farci de thon, pomme de terre, œuf, olives, harissa. Créé à l’origine dans la communauté juive, il a aujourd’hui conquis tout le pays. On le paie rarement plus de 1 à 3 dinars pièce.

– Le mlawi (ou mlewi), grande galette feuilletée de semoule, pliée en wrap autour d’un mélange de viande, fromage, œuf, légumes, sauces. Compter 6 à 8 dinars pour un mlawi bien garni.

– Le makloub, sorte de calzone tunisienne où la pâte à pizza est garnie (poulet, légumes, fromages, harissa, mayonnaise) puis pliée et cuite. Lui aussi se vend autour de 7 à 8 dinars.

– La baguette farcie, où l’on garnit un morceau de pâte levée, que l’on replie avant cuisson. Ce sandwich est devenu un symbole social lors des mobilisations de 2011, tant il incarnait le repas modeste du Tunisien moyen.

Bon à savoir :

Idéal pour les expatriés, le sandwich tunisien est une solution de déjeuner à la fois peu coûteuse et offrant une grande variété de garnitures. Il est souvent préparé à la demande dans les quartiers animés par les habitants locaux.

Douceurs et pâtisseries : le pays du sucre, des dattes et du miel

Le registre sucré est à la hauteur de la production fruitière du pays. Dattes, amandes, pistaches, pignons, miel et eau de fleur d’oranger peuplent un vaste univers de gâteaux.

Parmi les plus emblématiques, les makroudh de Kairouan, losanges de semoule farcis de pâte de dattes, frits puis trempés dans un sirop parfumé ; la baklawa, strates de pâte fines, de fruits secs et de miel ; les cornes de gazelle à la pâte d’amande ; les kaak warka, biscuits très délicats à l’amande parfumée à l’eau de rose.

Dans le registre plus populaire, les bambalouni (beignets ronds frits, roulés dans le sucre, célèbres à Sidi Bou Saïd), ou encore les zalabia et makherak aux formes spiralées, frits puis plongés dans un sirop épais, stars des soirées de Ramadan.

Boissons : menthe, grenades et liqueurs locales

Le thé à la menthe, souvent très sucré et servi avec des pignons ou des amandes, est la boisson d’hospitalité par excellence. Le café, d’inspiration turque, se boit serré et fort, parfois parfumé à la fleur d’oranger.

Les jus de fruits frais abondent, particulièrement le jus de grenade, très prisé, notamment dans la région de Testour, réputée pour la qualité de ses grenades. Selon les cafés, un jus frais se situe généralement autour de 3 dinars.

L’alcool existe et est légal, même si sa consommation reste encadrée socialement. On trouve des bières locales (Celtia, Stella), des vins tunisiens (comme Château Mornag), ainsi que des liqueurs typiques : Boukha (eau-de-vie de figues), Thibarine (liqueur à base de dattes et d’herbes). Dans les bars et restaurants, une bière pression coûte souvent autour de 5 dinars, une bouteille de vin local en grande surface autour de 20 dinars, beaucoup plus pour les vins étrangers.

Street food, restaurants, marchés : où manger selon son budget

Le coût de la vie en Tunisie est nettement inférieur à celui de la plupart des pays européens et nord-américains. La restauration ne fait pas exception, à condition de fréquenter les mêmes lieux que les locaux.

Repères de prix pour manger dehors

Les chiffres suivants permettent de se faire une idée concrète du budget à prévoir.

Type de repas / boissonFourchette de prix (TND)Commentaire synthétique
Repas dans petit resto local6 – 25Environ 10 dinars pour un plat simple
Menu 3 services pour 2 (resto moyen)35 – 125Autour de 60 dinars pour deux
Couscous dans une gargote6 – 12Plus cher en zone touristique
Couscous en zone très touristique15 – 25Portion souvent plus travaillée
Brik (street food / snack)2 – 58 – 12 en restaurant touristique
Merguez (plat)10 – 1820 – 30 en zone touristique
Sandwich escalope local≈ 3,5Avec fromage et crudités
Shawarma ou wrap dans quartier chic≈ 8Style moyen-oriental
Baguette farcie / makloub / mlawi6 – 8Selon garniture
Fricassé1 – 3Très bon rapport quantité/prix
Bambalouni≈ 1Meilleur chaud, à emporter
Cappuccino dans un quartier d’expats≈ 3,751,3 – 5 dans l’ensemble du pays
Cocktail en club du centre-ville≈ 24Dans les lieux branchés
Bière locale pression (restaurant)3 – 8,5En moyenne autour de 5 dinars
Bouteille de vin local en grande surface10 – 30≈ 20 dinars en milieu de gamme

Pour un expatrié qui cuisine un peu chez lui, il est tout à fait possible de vivre confortablement avec une dépense alimentaire de l’ordre de 15 à 20 dinars par jour en mangeant à la tunisienne, davantage si l’on multiplie les sorties dans des restaurants d’hôtels ou les cuisines étrangères plus onéreuses (sushi, japonais, italien gastronomique, etc.).

Street food : l’école de la vraie cuisine quotidienne

Les souks et les ruelles de médina sont des laboratoires vivants de la street food. Dans la médina de Tunis, à La Goulette, Sidi Bou Saïd, La Marsa ou encore Sousse, des alignements de snacks proposent brik, fricassé, kafteji, mlawi, makloub, chevrette, couscous à emporter, ojja servie fumante… C’est souvent là que la Tunisie culinaire se révèle la plus authentique et la plus économique.

Bon à savoir :

Pour préserver votre santé, privilégiez les stands très fréquentés où la nourriture est renouvelée rapidement et choisissez des aliments bien cuits. Soyez prudent avec les crudités, qui peuvent perturber les estomacs fragiles, surtout en début de séjour ; il est recommandé d’en consommer progressivement.

Restaurants et maisons de caractère

Dans les grandes villes comme Tunis, Sousse, Hammamet ou Djerba, une autre facette de la gastronomie se découvre dans les maisons traditionnelles reconverties en restaurants ou hôtels de charme. Dans la médina de Tunis, certains palais ottomans restaurés accueillent des dîners de petites tables où le service alterne salades variées, brik, tajines, couscous, poissons grillés, assortis parfois de vins tunisiens.

Dans les zones de plage, les restaurants d’hôtel ou de front de mer servent des interprétations plus contemporaines des plats classiques, parfois plus douces en épices, qui peuvent constituer une bonne porte d’entrée pour un palais peu habitué.

Marchés : apprendre à cuisiner en regardant

Pour l’expatrié qui aime cuisiner, les marchés municipaux (marché central de Tunis, marchés de quartier, marchés de Sfax, de Nabeul, etc.) sont une mine d’or. On y trouve des montagnes de tomates, de poivrons, d’herbes fraîches, des cagettes de citrons, d’oranges, de figues, de dattes, des poissons de Méditerranée présentés entiers, des seaux de poulpes ou de calamars. Les prix varient selon la saison, mais restent très bas pour les produits de base.

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Coût maximum d’une semaine de fruits et légumes pour deux personnes en achetant au marché plutôt qu’en supermarché à Tunis.

Un aperçu de quelques prix courants en grande surface ou au marché :

ProduitPrix moyen (TND)Détail
Bouteille d’eau 1,5 L0,70 – 1,00Eau minérale
Lait (1 L)≈ 1,67Lait entier courant
Pain pour 2 personnes (jour)≈ 0,97Baguette ou pain blanc
Tomates (1 kg)≈ 2,31Moins cher en saison haute
Pommes de terre (1 kg)≈ 2,28Quatre saisons de production
Oignons (1 lb ≈ 450 g)0,45 – 1,36Très abordables
Poulet (poitrine, 1 kg)≈ 5,9Encore moins cher en promotions
Bœuf (steak rond, 1 kg)≈ 13,9 – 19Plus élevé mais accessible
Dattes (Deglet Nour, 1 kg)Prix variableMoins cher en saison de récolte

Ces prix, bien inférieurs à ceux de nombreuses capitales, expliquent en partie pourquoi une alimentation principalement maison, avec quelques sorties hebdomadaires, reste financièrement confortable pour la plupart des expatriés.

Ateliers, cours et séjours culinaires : cuisiner pour mieux s’intégrer

Au-delà du simple fait de manger au restaurant, un nombre croissant d’expatriés choisissent de prendre des cours de cuisine pour comprendre les gestes, les épices, la manière d’organiser un repas tunisien. Ces expériences, proposées en petits groupes ou en privé, permettent de passer du statut de simple consommateur à celui de participant actif.

Formats d’expériences disponibles

Dans différentes villes tunisiennes, plusieurs formules se sont développées : ateliers de trois ou quatre heures, demi-journées, voire journées complètes de huit heures combinant marché, cuisine et dégustation. On en trouve notamment dans la région de Tunis, à La Marsa, Sousse, Hammamet, Djerba ou encore Sfax.

Le déroulé-type d’une séance est souvent similaire. Le groupe se retrouve en fin de matinée ou l’après-midi, reçoit d’abord une présentation générale de la cuisine tunisienne (ingrédients de base, épices, plats emblématiques), puis part au marché choisir les produits. Ce passage par le souk est l’occasion de découvrir les étals de légumes, les pyramides d’épices et de harissa, les charrettes de fruits de saison, d’apprendre quelques mots en dialecte tunisien, de sentir et d’identifier les mélanges d’épices.

Exemple :

Lors d’un atelier, les participants préparent un repas complet typique. Ils réalisent plusieurs salades (comme la mechouia, la houria ou la salade tunisienne), un plat principal (couscous, brik, tajine ou poisson entier) et un dessert ou des pâtisseries simples. L’apprentissage inclut des techniques spécifiques : étaler la pâte de malsouka, doser la harissa, cuire un couscous à la vapeur sans qu’il ne colle, et préparer un tajine équilibré.

Les sessions se terminent généralement autour de la table, où l’on partage le repas préparé, parfois avec un verre de vin local, un café ou un thé à la menthe. Certains organisateurs offrent un livret de recettes en version numérique, un petit kit d’épices, un tablier personnalisé ou un sachet de pain traditionnel à emporter.

Lieux et ambiances

L’éventail de lieux est large : appartements modernes, maisons traditionnelles de médina, fermes familiales entourées d’oliviers, maisons d’hôtes au milieu de vergers. Dans la région de Nabeul et du Cap Bon, des séjours plus longs sont proposés, combinant hébergement en chambre d’hôtes, visites de fermes, ateliers d’olive, randonnées et découverte de spécialités locales comme le fameux rouz djerbi ou les poissons grillés à même la plage.

Bon à savoir :

À Sfax, des groupes de 15 à 20 personnes peuvent séjourner dans d’anciennes maisons au milieu des oliveraies. L’expérience inclut des activités complémentaires comme une promenade en charrette, la visite d’un verger bio ou un atelier de peinture sur bois d’olivier. À Sousse, des formules plus intimistes, limitées à quatre voyageurs, permettent de cuisiner et de déjeuner directement au domicile d’une famille.

Aspects pratiques pour réserver

Les cours s’adressent aussi bien aux voyageurs de passage qu’aux résidents étrangers. Ils sont généralement proposés en français et en anglais, parfois en arabe ou en italien. Beaucoup incluent les ingrédients, l’équipement, le repas, parfois aussi le transport depuis votre hôtel ou domicile en option. D’autres demandent de se rendre sur place par ses propres moyens.

La durée varie de 3 heures à 8 heures pour les journées complètes. Les prix dépendent du format, du niveau de prestations et du type de lieu : certaines classes intensives peuvent atteindre l’équivalent de près de 200 dollars par personne pour six heures, tandis que des demi-journées plus simples tournent autour de montants plus modérés. Le paiement se fait en espèces, par carte bancaire, parfois via applications mobiles ou chèque.

Les groupes sont souvent restreints pour garantir une expérience personnalisée, d’où un conseil important : réserver plusieurs semaines à l’avance, en particulier en haute saison touristique ou autour des fêtes (printemps, automne, Ramadan, été).

Culture de table, codes sociaux et intégration au quotidien

Pour vivre pleinement la Tunisie en tant qu’expatrié, il est utile de maîtriser quelques codes qui, même simples, changent beaucoup la façon dont les locaux percevront votre présence.

Astuce :

Pour être un invité apprécié, adoptez des gestes simples comme manger lentement, participer à la conversation, accepter une deuxième portion si elle est proposée et féliciter la personne qui a cuisiné. Il est également bien vu d’arriver avec un petit cadeau comestible, tel que des fruits, des pâtisseries, des dattes ou une huile d’olive de qualité. En revanche, évitez d’offrir de l’alcool à une famille dont vous ne connaissez pas les habitudes à ce sujet, cela pourrait être maladroit.

Les repas prennent un rythme particulier pendant le mois de Ramadan : l’activité ralentit la journée, les restaurants ferment parfois ou se limitent au service à emporter, mais tout s’anime au coucher du soleil lorsque les familles et amis se réunissent pour l’iftar, le repas de rupture du jeûne. Partager ce moment avec une famille tunisienne, même une seule fois, est une expérience culturelle extrêmement forte, où la chorba, les bricks, les dattes, les zalabia, les makhroudh et les assortiments de salades se succèdent avant le fameux plateau de thé et de pâtisseries.

Régions et particularismes : de Djerba à Sfax, une mosaïque de cuisines

La Tunisie ne propose pas une seule cuisine, mais plusieurs, selon que l’on se trouve dans le nord tempéré, sur les côtes du Sahel, dans les oasis du sud ou dans les villages montagneux.

Dans la région de Sfax, par exemple, la tradition maritime se traduit par des plats comme la marka (soupe de poisson aux vermicelles ou au couscous) et des préparations spécifiques pour l’Aïd, comme la charmoula, mélange d’oignons et de raisins secs cuits avec des épices, servi avec du poisson salé. Cette ville est aussi célèbre pour sa pâtisserie d’exception, qu’on consomme au quotidien ou pour les grandes occasions.

Bon à savoir :

À Djerba, la cuisine casher, influencée par la communauté juive, propose des versions spécifiques du couscous et du *rouz djerbi* (riz aux légumes, épices, viande ou fruits de mer). Plus au sud, dans les régions berbères, on découvre des spécialités comme la *mtabga* (sorte de pizza berbère) et une méthode ancestrale de cuisson du pain dans le sable chaud.

Dans le centre du pays, à Kairouan, le makroudh est si emblématique que des boutiques entières y sont consacrées, tandis que certaines régions montagnardes valorisent le gibier (cailles, pigeons, lapins, perdrix) plus que les protéines classiques.

Pour un expatrié curieux, voyager à travers ces cuisines régionales est presque aussi intéressant que de visiter les sites archéologiques. Chaque déplacement, de Tunis à Sousse, de Hammamet à Tozeur, de Gabès à Djerba, donne lieu à des variantes de couscous, des préparations de poissons différentes, des assaisonnements particuliers.

Gérer le quotidien alimentaire en tant qu’expatrié

S’il est tentant de se comporter comme un voyageur perpétuel, la vie quotidienne impose d’autres questions : où faire ses courses ? Comment gérer un budget alimentaire sur un mois ? Comment concilier goûts personnels et cuisine locale ?

L’accès à des supermarchés modernes (Monoprix, Carrefour, autres enseignes) facilite la transition pour ceux qui souhaitent retrouver certains produits importés, mais à des prix souvent plus élevés. Les marchés et les petites épiceries restent imbattables pour la fraîcheur et le prix des fruits, légumes, pains, viandes et poissons.

470-630

C’est le budget alimentaire mensuel estimé, en dinars, pour un expatrié seul vivant en Tunisie, lui permettant de manger correctement en privilégiant les produits locaux.

La clé pour concilier confort, santé et intégration culturelle consiste souvent à alterner : quelques repas typiquement tunisiens par semaine au restaurant ou chez des amis, des repas maison inspirés de recettes découvertes en atelier, et, si besoin, des plats plus proches des habitudes d’origine, surtout pour les enfants.

Se faire une place à table : quelques conseils de terrain

En pratique, la gastronomie est l’un des moyens les plus efficaces pour rompre la glace avec des collègues, des voisins ou des commerçants. Demander à un collègue où manger le meilleur couscous du quartier, féliciter une pâtisserie pour ses makroudh, s’intéresser à la manière dont on prépare un certain plat — tout cela ouvre souvent sur des conversations, voire des invitations.

Astuce :

Apprendre du vocabulaire culinaire en dialecte local (mots liés à la nourriture, aux épices ou aux plats) montre votre intérêt sérieux pour la culture. Savoir citer des spécialités régionales ou parler de vos plats préférés, comme le brik ou le lablabi, crée des références communes et facilite le lien avec vos interlocuteurs.

En définitive, pour un expatrié, la découverte de la gastronomie en Tunisie ne se résume pas à une liste de restaurants ou de plats. C’est un fil rouge qui permet de lire le pays : son histoire, ses migrations, ses échanges méditerranéens, son agriculture, son économie, ses fêtes, ses valeurs. S’asseoir à une table, tremper un morceau de pain dans une sauce au cumin, goûter une harissa faite maison, croquer dans un beignet brûlant de sucre sur une place de village, c’est déjà comprendre une partie de ce qui fait tenir ensemble ce pays et de ce qu’il a à offrir à ceux qui choisissent de l’appeler, pour un temps, leur nouveau chez-eux.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tunisie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tunisie pour son régime favorable aux retraités étrangers (exonération partielle d’impôt sur les pensions rapatriées, coût de vie très inférieur à la France, convention fiscale FR-TN pour limiter la double imposition) et sa proximité géographique et culturelle avec l’Europe et la francophonie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour et domiciliation fiscale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil immigration, notaire, agents immobiliers francophones) et intégration patrimoniale avec analyse et restructuration éventuelle des placements.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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