S’expatrier en Tunisie avec son chien ou son chat ne se résume pas à réserver un billet d’avion et trouver un appartement. Entre les règles sanitaires, les contraintes de transport aérien, le climat parfois extrême et les différences culturelles dans le rapport à l’animal, un projet mal préparé peut vite se transformer en cauchemar… pour l’humain comme pour le compagnon à quatre pattes.
Ce guide s’appuie sur les exigences officielles et les retours d’expérience d’expatriés et de vétérinaires locaux pour couvrir toutes les étapes, depuis les formalités d’embarquement jusqu’à l’installation durable sur place.
Comprendre le cadre réglementaire avant de partir
Avant toute chose, il faut intégrer une réalité simple : les autorités tunisiennes appliquent un contrôle vétérinaire aux frontières, basé sur une loi nationale (loi 99‑24 sur le contrôle sanitaire vétérinaire à l’import‑export) et sur des décrets spécifiques relatifs aux frais et procédures. Ne pas respecter ces règles peut avoir des conséquences lourdes pour l’animal.
Les importations d’animaux de compagnie (chiens, chats, certains oiseaux) sont autorisées mais strictement encadrées. Les contrôles sont effectués à l’arrivée par des vétérinaires assermentés avec les douanes. Le pays ne reconnaît pas le système de « Passeport pour animal de compagnie de l’UE » et exige à la place un dossier complet de certificats (identification, vaccination, santé).
Les exigences peuvent évoluer sans préavis. Les autorités à contacter pour vérifier les conditions en vigueur avant le départ sont principalement la Direction Générale des Services Vétérinaires (Ministère de l’Agriculture) et la Douane tunisienne. De nombreux sites privés proposent des “packs d’information” payants, mais la référence juridique reste l’administration tunisienne.
Chiens et chats : animaux concernés et limitations
Les règles standard d’import s’appliquent aux chiens et aux chats, y compris les animaux d’assistance ou de soutien émotionnel. En revanche, certains types d’animaux ne sont pas couverts par ces règles générales, comme les hybrides de loup, ou les chats de type Savannah et Bengal de génération trop proche de l’ancêtre sauvage (moins de cinq générations). Dans ces cas, il faut une vérification au cas par cas, voire envisager que l’importation ne soit pas possible.
Plusieurs races de chiens sont purement et simplement interdites d’entrée sur le territoire tunisien, que l’animal soit celui d’un expatrié ou non.
Races canines interdites : un point non négociable
La Tunisie interdit l’importation de certaines races considérées comme dangereuses, ainsi que de leurs croisements. Selon les sources officielles et les compagnies aériennes opérant vers le pays, les principales races bannies sont les suivantes :
| Catégorie | Exemples de races interdites ou très restreintes |
|---|---|
| Molossoïdes dits « dangereux » | Pitbull (American Pit Bull Terrier), Mastiff, Boerbull |
| Chiens de combat | Tosa, Tosa Inu |
| Chiens réputés agressifs | Rottweiler |
Le plus souvent, tout croisement comportant l’une de ces races est concerné. À cela s’ajoutent des restrictions de transport côté compagnies aériennes, qui classent ces chiens comme “agressifs” et refusent de les embarquer, que ce soit en cabine, en soute bagage ou en fret.
Pour des races non explicitement mentionnées, mais parfois assimilées aux “chiens d’attaque” (Staffordshire Terrier, par exemple), il est indispensable d’obtenir une confirmation écrite des autorités tunisiennes avant de planifier le départ.
Préparer le dossier vétérinaire : identification, vaccins et certificats
L’essentiel des démarches se fait dans le pays de départ, bien avant de penser à réserver un logement en Tunisie. Il faut tabler sur plusieurs semaines de préparation.
Identification par puce ou tatouage
L’identification de l’animal est un préalable. La réglementation tunisienne parle d’identification obligatoire, par tatouage ou par puce électronique.
Dans la pratique de l’expatriation, la micro‑puce s’impose. Elle permet de relier sans ambiguïté les documents à l’animal présenté à la frontière.
| Élément d’identification | Détail exigé ou recommandé |
|---|---|
| Type de puce | Micro‑puce 15 chiffres conforme aux normes ISO 11784/11785 |
| Mention dans les documents | Numéro de puce inscrit sur tous les certificats et carnets |
| En cas de puce non ISO | Fournir un lecteur compatible à l’arrivée |
| Alternative tolérée | Tatouage lisible, mais la puce reste la solution privilégiée |
La pose doit être faite par un vétérinaire ou un professionnel habilité. Certaines autorités recommandent également de conserver les références de fabrication et d’enregistrement de la puce.
Vaccination antirabique : le sésame obligatoire
Le vaccin contre la rage est au cœur du dispositif. Pour les chiens comme pour les chats, la vaccination antirabique est non négociable.
Deux contraintes de délai s’appliquent :
Pour entrer en Tunisie, l’animal doit être âgé d’au moins trois mois lors de la vaccination antirabique. L’entrée sur le territoire doit ensuite intervenir dans un délai compris entre 30 jours et 12 mois après l’injection. Il est important de noter que certaines réglementations mentionnent une fenêtre plus restrictive de 1 à 6 mois. Il est donc essentiel de vérifier ce point au cas par cas avec son vétérinaire et les autorités compétentes avant le voyage.
Le certificat de vaccination doit être signé et tamponné par un vétérinaire. Il peut figurer sur un certificat spécifique de rage, dans un carnet de vaccination officiel ou dans un passeport européen émis dans l’Union européenne.
La Tunisie ne demande pas de titrage sérologique antirabique (test des anticorps) pour faire entrer l’animal. En revanche, ce test peut être indispensable si l’on prévoit de retourner ensuite vers l’UE ou le Royaume‑Uni, qui considèrent la Tunisie comme pays à haut risque rabique.
Autres traitements et prévention parasitaire
Les autorités tunisiennes ne formulent pas d’obligation formelle en matière de vermifuges ou de traitements antiparasitaires, mais la plupart des vétérinaires recommandent de traiter l’animal contre :
– les parasites internes, notamment Echinococcus multilocularis ;
– les parasites externes : puces, tiques, moustiques.
Dans certains pays, des maladies graves comme la leishmaniose canine ou la dirofilariose (ver du cœur) sont présentes. Bien que ce ne soit pas une exigence obligatoire pour l’entrée, il est conseillé de faire figurer les traitements préventifs ou curatifs sur le certificat de santé de l’animal.
Le certificat de santé : document pivot du dossier
Le certificat de bonne santé, généralement appelé certificat vétérinaire international ou “Certificate of Veterinary Inspection”, est le document pivot contrôlé à la frontière.
Son contenu est largement harmonisé :
| Rubrique du certificat | Contenu attendu |
|---|---|
| Identification de l’animal | Espèce, race, âge, sexe, couleur, numéro de puce/tatouage |
| État de santé | Animal jugé sain, sans maladie contagieuse, apte au transport |
| Vaccinations | Détail des vaccins, en particulier la rage (date, type, laboratoire) |
| Traitements antiparasitaires (si faits) | Date, produit, cible (interne/externe) |
| Origine sanitaire | Attestation que l’animal ne provient pas d’une région sous embargo rabique |
| Signature et cachet | Vétérinaire privé + autorité vétérinaire officielle du pays d’origine |
La Tunisie demande une version de type « certificat vétérinaire pour la Tunisie », à remplir peu de temps avant le départ (48 heures à quelques jours selon les pays). Dans plusieurs États (États‑Unis, Canada, Royaume‑Uni), ce certificat doit ensuite être visé par l’autorité vétérinaire officielle (USDA, CFIA, APHA, DAERA…).
Tous les originaux doivent voyager avec l’animal. Les copies sont utiles, mais ne remplacent pas les originaux à l’inspection.
Transport jusqu’en Tunisie : avion, caisse de voyage et compagnies
L’entrée des animaux de compagnie se fait par voie aérienne via l’aéroport international de Tunis‑Carthage. Même si d’autres aéroports internationaux existent dans le pays, les procédures sanitaires d’import sont centrées sur cette plateforme.
Les animaux peuvent voyager en cabine, en soute bagage ou en fret, selon leur poids, la compagnie et l’itinéraire.
Choisir sa compagnie aérienne et réserver à l’avance
Plusieurs compagnies desservent Tunis‑Carthage avec prise en charge des animaux : Tunisair, Air France, Lufthansa, Turkish Airlines, Qatar Airways, Emirates, Nouvelair, entre autres. Chacune fixe ses propres règles (poids limite en cabine, dimensions du sac, nombre de cages par vol…).
Sur Tunisair, par exemple :
– chiens, chats et petits oiseaux sont acceptés en cabine ;
– l’animal doit avoir au moins 10 semaines (mais les règles du pays d’arrivée, ici la Tunisie, restent prioritaires) ;
– poids maximal en cabine : 8 kg animal + sac ;
– dimensions maximales du sac : 55 × 40 × 20 cm ;
– un seul animal par sac, un seul sac par passager ;
– présentation à l’enregistrement au moins trois heures avant le vol.
Au-delà de 8 kg environ, un animal doit voyager en soute ou en fret. De plus, certaines compagnies aériennes considèrent les races brachycéphales (comme les bouledogues, carlins, pékinois ou boxers) comme à risque et peuvent refuser leur transport en soute, particulièrement pendant l’été.
Caisse de transport : respecter l’IATA au millimètre
La caisse ou le sac de transport doit être homologué selon les règles de l’IATA (International Air Transport Association). Ces règles concernent aussi bien la sécurité que le confort de l’animal.
Pour la cabine, il s’agit d’un sac souple ou d’une petite caisse rigide pouvant se glisser sous le siège, bien ventilée, avec fond étanche et tapis absorbant.
Pour la soute ou le fret, les exigences sont plus strictes :
| Caractéristiques d’une caisse IATA pour soute/fret | Description |
|---|---|
| Matériau | Plastique rigide, métal ou fibre de verre. Pas de carton ni de tissu. |
| Assemblage | Parties supérieure et inférieure solidement boulonnées (vis + écrous, pas de clips seuls). |
| Porte | Grille métallique à verrouillage sûr, ressort ou système anti‑ouverture accidentelle. |
| Ventilation | Ouvertures sur les quatre côtés, sans possibilité de passer la tête ou les pattes. |
| Fond | Totalement étanche, avec litière ou tapis absorbant. |
| Accessoires | Gamelles d’eau et éventuellement de nourriture accessibles de l’extérieur. |
| Identification | Étiquettes « LIVE ANIMAL », flèches “haut/bas”, nom et coordonnées du propriétaire. |
La taille de la caisse doit permettre au chien ou au chat de se tenir debout, de se retourner et de se coucher confortablement, sans être comprimé. Pour certains compagnies, les races brachycéphales doivent disposer d’une caisse 10 % plus grande que le calcul standard.
Gérer l’itinéraire : vols directs, correspondances et escales UE
Un vol direct réduit fortement le stress pour l’animal. Quand une correspondance est inévitable, il faut limiter :
– le nombre de changements de compagnies (car cela peut impliquer de récupérer l’animal et de le réenregistrer, avec passage en douane dans le pays de transit) ;
– la durée des escales, en restant dans des créneaux où les services vétérinaires sont ouverts.
Une escale dans un pays de l’Union européenne peut entraîner l’application des réglementations européennes (comme le titrage rabique et une documentation spécifique), même si la destination finale est la Tunisie. Il est crucial de vérifier ce point avec la compagnie aérienne et, si nécessaire, de consulter un professionnel du transport d’animaux.
Avant le départ : habituer l’animal et limiter les risques
La caisse ne doit pas être une découverte le jour J. Il est conseillé de la laisser à disposition plusieurs semaines avant le voyage, ouverte, avec des jouets ou une couverture. Plus l’animal s’y sentira en sécurité, moins le trajet sera vécu comme un traumatisme.
Sur le plan pratique :
– éviter un repas copieux juste avant le départ pour réduire le risque de vomissements ;
– maintenir un accès à l’eau jusqu’au moment de partir, puis installer une gamelle adaptée dans la caisse ;
– sortir le chien longuement juste avant l’enregistrement ;
– constituer un petit kit de voyage (carnet de santé, trousse de premiers secours, laisse, harnais, sacs à déjections, ration de nourriture, gamelles pliables, couverture familière).
La sédation est généralement déconseillée par l’IATA et les vétérinaires pour les trajets en avion, car elle peut perturber la régulation thermique et cardiovasculaire. Si un tranquillisant est envisagé, ce doit être sous stricte supervision vétérinaire et mentionné sur le certificat de santé.
Contrôle à l’arrivée et risques en cas de non‑conformité
À Tunis‑Carthage, l’animal est examiné par un vétérinaire officiel, souvent en présence des douaniers. Le contrôle vise plusieurs points :
– conformité des documents (certificat de santé, vaccination antirabique, identification, éventuels documents CITES pour espèces protégées) ;
– absence de signes cliniques de maladie contagieuse pour l’humain ou les autres animaux ;
– cohérence entre l’animal présenté et son dossier (numéro de puce, race, âge).
En théorie, si tous les documents sont en règle et l’animal en bonne santé, il n’y a pas de quarantaine systématique à l’entrée en Tunisie. Cependant, les textes tunisiens prévoient des mesures sévères en cas de non-respect des procédures.
| Situation à l’arrivée | Sanction possible |
|---|---|
| Documents manquants ou certificat non conforme | Refus d’entrée, retour au pays d’origine ou quarantaine payante |
| Suspicion de maladie grave ou contagieuse | Quarantaine dont la durée est fixée par les services vétérinaires |
| Import illégale d’espèce protégée (CITES) | Saisie, poursuites pénales, amendes |
| Risque sanitaire jugé majeur | Euthanasie de l’animal en dernier recours |
Tous les frais liés à ces mesures (quarantaine, examens complémentaires, traitement, réexpédition, voire euthanasie) sont à la charge du propriétaire.
D’où l’importance de vérifier plusieurs fois la cohérence du dossier avant le départ et, en cas de doute, de solliciter un service spécialisé en relocation animale.
Installer son animal en Tunisie : climat, santé et nouvelles habitudes
Une fois les formalités douanières passées, commence une deuxième phase tout aussi importante : l’adaptation de l’animal au pays.
Climat tunisien : gérer la chaleur avant tout
La Tunisie est soumise à un climat méditerranéen sur les côtes, mais très chaud et sec à l’intérieur et au sud. En été, certaines régions dépassent régulièrement les 40 °C. Les hivers sont doux, parfois très humides en bord de mer.
Ces conditions posent plusieurs défis :
– risque de coup de chaleur et de déshydratation, surtout chez les races à poil épais ou au museau aplati ;
– sols brûlants pour les coussinets en journée (bitume, sable) ;
– prolifération des parasites (tiques, puces, moustiques) en saison chaude.
Dans ce contexte, la routine quotidienne doit être repensée :
Pour assurer le bien-être de votre chien lors des fortes chaleurs, programmez ses promenades tôt le matin et en soirée pour éviter les heures de plein soleil. Assurez-lui en permanence un accès à une eau fraîche et propre. À la maison, prévoyez des zones ombragées ou climatisées où il peut se reposer. Enfin, surveillez la température du sol lors des sorties et, si nécessaire, utilisez des chaussures de protection pour ses pattes.
Les signes de coup de chaleur (halètement excessif, langue très rouge, abattement, désorientation, vomissements) doivent être connus de tous les membres de la famille et conduire à une consultation vétérinaire rapide.
Parasites et maladies locales : adapter la prévention
Le contexte parasitaire tunisien n’a rien à voir avec celui de nombreux pays européens. La leishmaniose canine, transmise par des phlébotomes (petits moucherons), est par exemple bien implantée. Elle peut être mortelle et représente aussi un risque zoonotique.
Les moustiques peuvent également transmettre la dirofilariose (ver du cœur). Dans les zones rurales et périurbaines, les tiques abondent, avec un risque de maladies vectorielles.
La prévention repose sur un protocole discuté avec un vétérinaire local, qui connaît la situation épidémiologique de la région où vous vous installez. Plusieurs outils existent :
– colliers imprégnés d’insecticides actifs contre phlébotomes et tiques ;
– pipettes spot‑on à large spectre ;
– comprimés antiparasitaires systémiques ;
– vaccins spécifiques (par exemple contre la leishmaniose, disponible sous certaines marques).
Il est recommandé de prendre un rendez-vous de « prise de contact » peu après votre arrivée dans une clinique à Tunis, Sousse, Sfax, Nabeul ou La Marsa. Ce premier contact permet de réaliser un examen de base, de mettre à jour votre protocole vaccinal selon les exigences tunisiennes et d’établir un calendrier antiparasitaire adapté.
Tenir compte de la culture animale locale
Les études et enquêtes disponibles dressent un portrait nuancé de la relation des Tunisiens aux animaux de compagnie. D’un côté, les chiffres montrent une large popularité des animaux domestiques :
– environ 61 % de la population déclare posséder un animal ;
– 70 % des propriétaires ont un chien, les chats occupant la deuxième place ;
– 77 % des propriétaires considèrent leur animal comme un membre de la famille ;
– 89 % des personnes interrogées expriment une attitude positive envers les animaux.
Dans les grandes villes, on observe une multiplication des chiens et chats de compagnie, accompagnée du développement de services dédiés comme les cafés pour animaux, salons de toilettage, pensions, boutiques spécialisées et cliniques vétérinaires. Concernant l’alimentation, les supermarchés et hypermarchés (distributeurs de marques telles que Whiskas, Felix, Pedigree ou Royal Canin) constituent le principal canal d’achat, dominant largement les autres circuits de distribution.
En parallèle, subsistent des attitudes de peur, voire d’hostilité envers les chiens, héritées de traditions religieuses ou de pratiques anciennes. Dans certains quartiers, on apprend encore aux enfants à éviter les animaux, et les chiens restent associés au gardiennage plutôt qu’à la compagnie.
Cette dualité se traduit concrètement par :
– des quartiers où les chiens en laisse sont bien tolérés, et d’autres où leur présence en espace public reste rare ;
– des logements où les propriétaires acceptent sans problème un chien ou un chat, et d’autres où ils le refusent catégoriquement ;
– une tolérance plus grande pour les chats, souvent laissés en semi‑liberté, nourris par le voisinage et présents dans les cafés, commerces et restaurants.
Pour un expat, cela impose de choisir avec soin son quartier, son type de logement et ses itinéraires de promenade. Il est utile d’échanger avec des groupes d’expatriés sur les réseaux sociaux pour avoir un retour d’expérience actualisé sur les zones les plus “pet‑friendly”.
Logement, hôtels et vie quotidienne avec un animal
La bonne nouvelle pour ceux qui s’installent : il est tout à fait possible de trouver des propriétaires qui acceptent chiens et chats. Des expatriés rapportent avoir loué sans difficulté avec un chien, et même fréquenté des hôtels ou restaurants où leur animal était le bienvenu.
Hébergements touristiques acceptant les animaux
Plusieurs hôtels de bord de mer et résidences de vacances ont formalisé des politiques d’accueil des animaux de compagnie, souvent avec une limite de poids (en général 5 kg). Parmi les établissements qui acceptent les petits animaux :
| Hôtel / Chaîne | Localisation approximative | Conditions connues pour les animaux |
|---|---|---|
| The Orangers Beach Resort & Bungalows 4* | Hammamet | Chiens/chats jusqu’à 5 kg |
| Les Orangers Garden Villas & Bungalows 5* | Hammamet | Limite 5 kg, animaux autorisés dans certains espaces |
| Regency Hammamet 4* | Hammamet | Petits animaux acceptés |
| Sentido Djerba Beach 4* | Djerba | Animaux autorisés jusqu’à 5 kg |
| Vincci Dar Midoun 4* | Djerba | Politique pet‑friendly pour petits animaux |
| Seabel Rym Beach Djerba 4* | Djerba | Accueil possible de petits animaux |
| Club Novostar Sol Azur Beach Congress 4* | Hammamet | Acceptation des animaux jusqu’à 5 kg |
| Novostar Bel Azur Thalassa & Bungalows 4* | Hammamet | Animaux jusqu’à 5 kg uniquement en bungalows jardin/plage |
| Royal Azur Thalassa 5* | Hammamet | N’accepte pas les animaux |
Ces politiques peuvent évoluer ; il est indispensable de confirmer avant réservation, notamment en haute saison, et de bien vérifier les zones où l’animal est admis (chambre uniquement, espaces extérieurs, etc.).
Plusieurs plateformes facilitent la recherche : Airbnb, Booking, Expedia et Tripadvisor disposent de filtres ‘animaux acceptés’ pour trouver appartements, maisons, villas et maisons d’hôtes. Le site spécialisé BringFido permet également de filtrer les hôtels selon leur politique d’accueil pour chiens et chats.
Vivre en appartement ou en maison avec jardin
En milieu urbain, beaucoup de logements sont en immeuble, parfois sans ascenseur. Pour un grand chien, il faut s’assurer de la tolérance du voisinage et du propriétaire, mais aussi de la possibilité de sorties quotidiennes rapides.
Dans les banlieues résidentielles et zones balnéaires comme La Marsa, Carthage, Hammamet ou Djerba, les maisons avec jardin clos sont courantes. Cette configuration est pratique pour la vie avec un chien, particulièrement sous un climat chaud où les promenades en milieu de journée sont à éviter.
Il faut garder à l’esprit : il est essentiel de rester concentré sur l’objectif.
– la présence de nombreux chats errants ou semi‑domestiques, susceptibles de venir dans les jardins ;
– une certaine insécurité pour les chiens de race visible, parfois convoités pour revente ou reproduction illégale ;
– l’obligation morale (et de plus en plus juridique) de tenir son chien en laisse et d’éviter les divagations.
Vétérinaires, soins et marché de la santé animale en Tunisie
L’image du vétérinaire isolé, peu équipé, ne reflète plus la réalité des grandes agglomérations tunisiennes. Le pays s’est doté d’un réseau dense de cliniques et cabinets, avec une montée en gamme notable ces dernières années.
Un réseau vétérinaire en expansion
Les villes de Tunis, Sousse, Sfax, Nabeul, La Marsa ou encore Hammamet concentrent la majorité des cliniques modernes. On y trouve :
– des blocs chirurgicaux ;
– des services d’urgences 24/7 dans certains établissements ;
– des laboratoires d’analyses internes ;
– de l’imagerie (radiographie, échographie) ;
– parfois des ambulances vétérinaires.
Taux de croissance annuel prévu pour le marché de la santé animale d’ici la fin de la décennie.
La plupart des vétérinaires parlent français, ce qui facilite les échanges pour beaucoup d’expatriés. L’anglais est moins courant, mais présent dans les zones très touristiques ou chez les praticiens habitués à une clientèle internationale.
Coût et disponibilité des produits
Les médicaments vétérinaires et les antiparasitaires (colliers, pipettes, comprimés) sont en général disponibles, distribués par des sociétés spécialisées et des filiales de grands laboratoires (Zoetis, Vetmed, etc.). Du côté de l’alimentation, on trouve aussi bien des marques économiques locales que des références internationales :
| Exemple de produit pour animaux (prix indicatifs en Dinar tunisien) | Prix (DT) |
|---|---|
| Croquettes Perfect Saumon stérilisé 1,5 kg | 36 |
| Brit Care Indoor Antistress sans céréales 2 kg | 54 |
| Royal Canin Chien Mini Puppy 2 kg | 105 |
| Royal Canin Chien Jack Russell Adult 3 kg | 158 |
| Ownat Chat Hairball 4 kg | 80 |
| Litière charbon actif 5 litres | 13 |
| Shampooing chiot 300 ml | 22 |
Ces prix, relevés en ligne, montrent que la nourriture industrielle premium peut être relativement chère par rapport au niveau de vie local, ce qui conduit beaucoup de Tunisiens à mélanger croquettes et nourriture maison (riz, poulet, légumes). Pour un expatrié habitué à des marques spécifiques, il est prudent de vérifier la disponibilité locale ou de prévoir une transition progressive.
Maladies spécifiques : le cas de la leishmaniose
Parmi les risques sanitaires, la leishmaniose canine occupe une place centrale. Des études montrent que la connaissance de cette maladie reste limitée chez les propriétaires locaux : moins de la moitié se déclarent informés, et beaucoup confondent manifestations humaines et animales.
Le traitement de la leishmaniose canine est coûteux et complexe, pouvant conduire à l’euthanasie. Pour un expatrié, la prévention est primordiale : utiliser des répulsifs (colliers/pipettes), limiter les sorties nocturnes en saison des moucherons, et vacciner si disponible et pertinent.
Associations locales et enjeux de bien‑être animal
La Tunisie fait face à une population importante de chiens et chats errants, régulièrement au cœur de controverses. Des campagnes municipales d’abattage par armes à feu continuent d’exister, malgré la mobilisation de vétérinaires et de militants pour des approches plus éthiques (stérilisation, vaccination, adoption).
SOS Animaux et autres refuges
Plusieurs associations locales tentent de pallier les lacunes du système, souvent avec des moyens dérisoires. À Nabeul, l’association SOS Animaux, fondée par la vétérinaire Raoudha Mansour, fonctionne comme refuge et dispensaire. Les animaux recueillis (souvent blessés, handicapés, malades) sont vaccinés, stérilisés et soignés, en vue d’adoptions locales ou vers l’étranger.
Le refuge dépend principalement de dons privés et fait face à un manque de bénévoles et de ressources. Il éprouve des difficultés à financer les besoins essentiels : nourriture, litière, médicaments et entretien. De plus, les campagnes de stérilisation, bien qu’illustrant une démarche éthique de contrôle des populations, restent ponctuelles et insuffisantes pour répondre à l’ampleur du besoin.
Dans d’autres régions (Zarzis, Haouaria, Ariana…), des refuges indépendants, parfois soutenus par des ONG étrangères, accueillent chiens et chats abandonnés, souvent handicapés ou très malades. Leur capacité est vite saturée, et beaucoup refusent désormais de nouveaux animaux, se limitant à l’accompagnement (conseils, relais vétérinaire, diffusion d’annonces).
Pour un expatrié sensible à la cause animale, ces structures peuvent être des interlocuteurs précieux : aide ponctuelle, bénévolat, dons, adoption d’un animal local plutôt que recours à un élevage, etc.
Organisations de relocation et ponts avec l’Europe
Des associations étrangères, comme Rescue Animals of North Africa (RANA), organisent régulièrement des transferts de chiens et chats depuis la Tunisie vers le Royaume‑Uni et l’UE, via des programmes structurés (forfaits incluant quarantaine, examens, vaccinations, documents de voyage). Ces opérations s’étalent sur plusieurs mois, notamment à cause des délais imposés par le titrage rabique et les règles strictes des pays d’accueil.
Pour un expatrié prévoyant de quitter la Tunisie, il est crucial d’anticiper le retour de son animal vers l’Europe dès le départ. Les démarches administratives pour le retour sont plus complexes que pour l’arrivée. Il est donc indispensable de maintenir un schéma vaccinal compatible avec les pays de destination et, le cas échéant, de réaliser à temps le titrage antirabique.
Conseils pratiques pour réussir son expatriation avec animal
Rassembler les contraintes réglementaires, climatiques, culturelles et sanitaires peut sembler intimidant. Pourtant, de nombreux expatriés vivent en Tunisie avec leurs animaux depuis des années, parfois avec plusieurs chiens ou chats, sans difficulté majeure, à condition de préparer les choses en amont.
Quelques axes structurants se dégagent.
Anticiper largement les délais
Entre la vaccination antirabique (à faire au moins 30 jours avant le départ), l’obtention du certificat de santé, la prise de rendez‑vous pour la validation par les autorités du pays d’origine et les réservations auprès des compagnies aériennes, il est prudent de commencer les démarches plusieurs semaines, voire quelques mois avant la date prévue.
Si un retour vers l’Union Européenne ou le Royaume-Uni est envisagé, il est crucial d’anticiper le titrage rabique (test sanguin de vérification des anticorps contre la rage). Certains pays imposent en effet des délais d’attente obligatoires entre le prélèvement sanguin et l’entrée sur leur territoire.
Préparer un dossier complet et cohérent
Au moment du voyage, il est utile de regrouper le dossier dans une chemise claire, avec éventuellement un petit tableau récapitulatif :
| Document | Délai / validité typique |
|---|---|
| Certificat de vaccination rage | 30 jours à 12 mois avant l’entrée en Tunisie |
| Certificat de santé / certificat vétérinaire | Émis dans les 48 h à quelques jours avant départ |
| Preuve d’identification (puce/tatouage) | Permanente, à vérifier avant toute démarche |
| Preuve de traitements antiparasitaires | Recommandé, non obligatoire |
| Éventuels certificats CITES | Pour espèces protégées (tortues, perroquets…) |
La cohérence des dates et des informations (numéro de puce, identité de l’animal, pays d’origine) est cruciale pour éviter les malentendus lors du contrôle.
Penser bien‑être à long terme, pas seulement passage frontière
La question n’est pas uniquement : “Mon chien ou mon chat peut‑il entrer en Tunisie ?” mais aussi : “Sera‑t‑il heureux et en sécurité dans ce contexte ?”.
Cela suppose de s’interroger honnêtement sur :
Avant d’adopter, évaluez la tolérance du chien à la chaleur, sa sociabilité et sa capacité à gérer la présence de nombreux animaux errants, ainsi que sa dépendance à des environnements spécifiques (comme les parcs clôturés ou les grandes forêts) qui peuvent être rares en milieu urbain tunisien.
Pour un chien de grande taille, énergique et peu tolérant à la chaleur, un projet d’expatriation en appartement en centre‑ville tunisien aura plus de contraintes qu’un projet en maison avec jardin dans une zone côtière ventilée.
Se créer un réseau local dès l’arrivée
Identifier un vétérinaire de confiance, un toiletteur, un pet‑sitter potentiel, mais aussi des voisins ou collègues sensibles aux animaux, fait partie des premières étapes de l’installation.
Les plateformes locales (annuaires vétérinaires, groupes Facebook d’expats, communautés d’amoureux des animaux) sont précieuses pour :
– recueillir les avis sur les cliniques et services ;
– connaître les zones de promenade les plus sûres ;
– comprendre rapidement les codes sociaux autour des chiens et des chats.
En résumé
Emmener son animal de compagnie en Tunisie est parfaitement faisable, à condition de prendre au sérieux trois grands piliers : le respect strict des règles d’importation (identification, vaccination antirabique, certificat de santé, races interdites), la préparation du voyage (choix de la compagnie, caisse IATA, climat à l’arrivée) et l’anticipation de la vie quotidienne sur place (chaleur, parasites, culture locale, accès aux soins).
La Tunisie dispose d’un réseau vétérinaire solide dans les grandes villes et d’un marché de la santé animale en croissance, soutenu par une population de plus en plus attachée à ses animaux. Cependant, il faut être vigilant face à la présence massive de chiens et chats errants, aux pratiques de contrôle parfois brutales et aux contraintes climatiques spécifiques au pays.
Une expatriation réussie avec un chien ou un chat en Tunisie se joue donc autant dans les bureaux des vétérinaires et des douanes que dans les choix concrets du quotidien : où vivre, quand promener, comment protéger son compagnon de la chaleur et des maladies locales, et comment s’inscrire, avec lui, dans ce paysage animal tunisois en pleine mutation.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tunisie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tunisie pour son régime avantageux des pensions étrangères (taux réduit effectif grâce à la déduction forfaitaire, impôt souvent quasi nul en cas de rapatriement via une banque locale), coût de vie nettement inférieur à la France et proximité géographique et culturelle avec l’Europe et la francophonie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec bail ou achat, coordination CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), sécurisation de la convention fiscale FR‑TN, réseau local (avocat, immigration, notaire) et intégration patrimoniale.
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