S’expatrier en Tunisie, ce n’est pas seulement changer de pays, de climat et de paysage. C’est surtout entrer dans un univers social où la famille, la religion, la hiérarchie, la notion du temps et les codes du quotidien façonnent en profondeur les relations, au travail comme dans la vie privée. Pour un expatrié, comprendre ces repères culturels n’est pas un détail : c’est la condition pour éviter les malentendus, s’intégrer durablement et bâtir des relations de confiance.
La Tunisie possède une histoire riche, influencée par de nombreuses civilisations. Sa société actuelle est à la fois conservatrice et en évolution, se considérant souvent plus libérale que ses voisins, mais restant méfiante envers certaines influences occidentales perçues comme trop brutales. Pour un étranger, comprendre et respecter ces codes sociaux locaux est essentiel pour gagner la sympathie des Tunisiens.
Famille, hiérarchie et place de l’individu
En Tunisie, la famille est la cellule centrale autour de laquelle s’organise la vie sociale. Elle ne se limite pas au couple et aux enfants : les grands-parents, oncles, tantes, cousins forment un réseau de solidarité extrêmement structurant. L’intérêt du groupe prime souvent sur les envies individuelles, et les décisions majeures – mariage, travail, déménagement – se discutent fréquemment en famille.
Dans ce modèle, l’honneur familial et les relations (souvent désignées par le terme de wasta, ces réseaux de contacts et de soutien) représentent un capital social fondamental. Un succès n’est pas seulement personnel : il rejaillit sur le clan. À l’inverse, un comportement jugé déplacé peut “faire honte” non pas uniquement à la personne, mais à tout le groupe dont elle est issue. Pour un expatrié, cela explique pourquoi certains sujets privés semblent collectifs et pourquoi des décisions professionnelles peuvent être négociées en tenant compte des attentes familiales.
Environ 40 % du corps professoral universitaire en Tunisie sont des femmes, illustrant leur forte présence dans l’enseignement supérieur.
Depuis l’indépendance, la Tunisie a adopté un Code du statut personnel qui a aboli la polygamie, donné aux femmes le droit de divorcer, encadré l’âge minimum du mariage et reconnu l’égalité de principe entre les sexes. Des réformes ultérieures ont renforcé la protection contre les violences, criminalisé le viol conjugal et condamné les discriminations économiques. Sur le papier, la Tunisie affiche donc un cadre légal très avancé pour la région.
Environ un quart des femmes participent à la population active, un écart notable par rapport aux deux tiers des hommes.
Cette tension entre normes égalitaires affichées et pratiques plus patriarcales se ressent dans la vie quotidienne des jeunes Tunisiennes et Tunisiens. Des enquêtes auprès d’étudiants montrent que les filles rêvent de plus de liberté de mouvement (sortir le soir, voyager seules, ne pas être jugées pour leurs choix, ne pas assumer seules les tâches domestiques), tandis que certains garçons souhaiteraient pouvoir cuisiner, exprimer leurs émotions ou essayer des codes considérés comme “féminins” sans se voir retirer leur “virilité”. Ces aspirations croisées racontent une société en transition, où la tradition cohabite avec le désir de plus d’égalité.
Pour un expatrié, cela implique de rester attentif à la sensibilité des questions de genre : plaisanter sur les rôles masculins/féminins, juger trop vite les pratiques locales ou imposer brutalement des normes étrangères peut créer des tensions, y compris dans l’entreprise.
Le rapport au temps : comprendre la “Tunisie polychrone”
L’un des décalages les plus frappants pour un expatrié venu d’un pays “monochrone” (Nord de l’Europe, Amérique du Nord, etc.) est le rapport au temps. En Tunisie, la perception du temps est largement polychrone : on gère plusieurs choses à la fois, on accepte les interruptions, on préfère souvent la relation humaine au respect strict de l’horaire.
Dans un contexte où la perception du temps est flexible, un directeur peut, sans choquer ses interlocuteurs locaux, interrompre une réunion confirmée pour répondre à un appel, accueillir un visiteur ou traiter une urgence familiale. Cela illustre une culture où les rendez-vous peuvent commencer en retard, les réunions déborder largement sur l’horaire prévu et où jongler entre plusieurs conversations simultanées est courant.
Pour un étranger, cette souplesse peut être déroutante, voire perçue comme un manque de professionnalisme. En réalité, elle reflète une hiérarchie implicite où la personne et la relation priment sur l’horloge. Un partenaire que vous gardez attendre ne signifie pas que vous le déconsidérez, mais que vous gérez simultanément d’autres obligations jugées légitimes.
En France, bien que la ponctualité soit attendue des étrangers, notamment pour les rendez-vous formels, il est fréquent de devoir patienter. Il est conseillé d’intégrer une marge dans son organisation, d’éviter d’enchaîner les réunions et d’apprendre à gérer l’attente avec souplesse.
Les plages horaires sont également structurées par la chaleur, la pause déjeuner et, bien sûr, les temps religieux. De nombreuses entreprises ferment entre 12 h 30 et 14 h 30, parfois davantage en été. Pendant le mois de Ramadan, les journées de travail sont raccourcies et l’activité ralentit sensiblement en journée pour reprendre le soir.
Tableau – Rapport au temps en contexte professionnel
| Aspect | Pratique courante en Tunisie | Impact pour l’expatrié |
|---|---|---|
| Ponctualité | Vision relativement flexible | Arriver à l’heure, prévoir des retards chez les autres |
| Durée des réunions | Souvent plus longue que prévu, débordements fréquents | Éviter les agendas trop serrés |
| Interruptions | “Open door”, appels, visites impromptues | Accepter les interruptions comme normales |
| Confirmations de rendez-vous | Nécessaire quelques jours avant | Relancer systématiquement |
| Juillet / août | Activité ralentie à cause de la chaleur | Éviter de planifier des temps forts à ces périodes |
| Ramadan | Horaires réduits, forte vie nocturne | Adapter horaires, éviter réunions en fin d’après-midi |
Comprendre cette logique ne signifie pas renoncer à toute exigence de délai, notamment si vous gérez des projets avec des partenaires étrangers. Mais il est plus efficace d’en parler dans une optique collective (“comment respecter l’échéance ensemble ?”) que d’opposer frontalement deux visions du temps.
Communication : directe et indirecte à la fois
La Tunisie se situe à mi-chemin entre les cultures dites “directes” et “indirectes”. Dans les échanges formels, notamment en entreprise, le discours peut être assez clair, structuré, parfois influencé par les pratiques françaises : on nomme les problèmes, on débat, on argumente. Mais dans beaucoup de situations, surtout lorsqu’il s’agit de refuser, critiquer ou aborder un sujet délicat, la communication devient nettement plus indirecte.
Dans la communication, un refus direct est souvent évité au profit de formules évasives comme ‘on verra’, ‘inshallah’, un silence, un sourire gêné ou un ‘oui’ non engageant. Cette pratique vise à préserver l’harmonie sociale, à ne pas mettre l’autre en difficulté et à éviter de lui faire perdre la face.
Les non-dits, le ton, la gestuelle, les silences sont très signifiants. Un expatrié habitué à la transparence brute peut interpréter cette retenue comme de l’hypocrisie ou du flou, alors qu’il s’agit souvent d’une forme de politesse codée.
Tableau – Indices de communication indirecte
| Situation | Ce qui est dit | Ce que cela peut signifier réellement |
|---|---|---|
| Refus d’une proposition | “On verra”, “peut-être” | Probablement non, ou fortes réserves |
| Désaccord sur un projet | Silence, changement de sujet | Inconfort, désaccord, besoin de plus de temps |
| Demande jugée difficile à accepter | “C’est compliqué” | Refus poli ou négociation implicite |
| Feedback négatif | Formule très atténuée, généralités | Critique réelle, mais adoucie pour ne pas heurter |
Pour limiter les malentendus, il est utile de reformuler calmement : “Si je comprends bien, vous pensez que ce ne sera pas possible dans ce délai ?” ou “Est-ce que cela signifie que vous préférez une autre solution ?”. Interroger sans brusquer permet souvent de faire émerger le message réel, sans forcer l’autre à un affrontement direct.
La poignée de main est courante entre personnes du même sexe, souvent longue et accompagnée de salutations sur la famille. Entre un homme et une femme, l’homme doit attendre que la femme tende la main en premier. Si elle ne le fait pas, un signe de tête respectueux est approprié. Cette nuance est très importante à respecter.
Religion, Ramadan et vie quotidienne
Avec une population très majoritairement musulmane sunnite, la Tunisie vit au rythme du calendrier islamique, même si l’État garantit la liberté de culte pour les religions monothéistes minoritaires (chrétiens, juifs). Les grandes fêtes comme l’Aïd al-Fitr, l’Aïd al-Adha, le Mouled (naissance du Prophète) sont des moments forts de la vie familiale et sociale, avec des fermetures massives d’entreprises et d’administrations.
Le Ramadan implique un jeûne strict (nourriture, boisson, tabac, relations) du lever au coucher du soleil pour les musulmans pratiquants. Cela entraîne des journées de travail raccourcies, une possible baisse de vigilance en fin d’après-midi, et un déplacement des activités sociales et professionnelles vers la soirée et la nuit.
Dans les faits, tout le pays adapte sa routine. Les repas s’organisent autour du suhoor (repas pris avant l’aube) et surtout de l’iftar, moment communautaire où l’on rompt le jeûne au coucher du soleil, souvent avec des dattes et de l’eau ou du lait, suivi d’un repas plus copieux. Les invitations à l’iftar se multiplient, y compris entre collègues. En fin de soirée, les rues s’animent, les cafés se remplissent après la prière, et les chaînes de télévision diffusent leurs séries phares.
Pour un non-musulman, il est apprécié d’adopter certaines attitudes pendant le Ramadan : éviter de manger ou de fumer ostensiblement en public pendant la journée, être attentif à la baisse d’énergie des collègues en fin d’après-midi, adapter les horaires de réunions et envisager de décaler un entretien important en dehors des heures de grande fatigue. Il est également bienvenu de poser des questions respectueuses sur le Ramadan, les pratiques de jeûne ou les traditions culinaires, car ces marques d’intérêt sont généralement très bien accueillies.
Tableau – Effets concrets du Ramadan sur le travail
| Domaine | Effets observables en Tunisie |
|---|---|
| Horaires | Journées raccourcies, ouverture plus tardive, fermeture plus tôt |
| Rendez-vous | Moins de réunions en fin d’après-midi, plus de décalages |
| Productivité | Bonne en matinée, baisse en fin de journée |
| Sociabilité | Multiplication des invitations à l’iftar et des sorties nocturnes |
| Administration | Démarches plus lentes, services réduits |
Anticiper le calendrier religieux est crucial : les dates des fêtes islamiques varient chaque année (calendrier lunaire) et les fermetures peuvent s’étendre sur plusieurs jours. Planifier un projet clé ou un déménagement administratif pendant l’Aïd ou le cœur de Ramadan est rarement une bonne idée.
Travail et entreprise : un univers hiérarchique et relationnel
La culture professionnelle tunisienne est fortement marquée par la hiérarchie et par l’importance des liens personnels. Les décisions se prennent en général “par le haut” : le manager, souvent perçu comme un “père symbolique”, consulte ses proches collaborateurs, mais garde la main sur l’arbitrage final. Contester frontalement une décision en réunion est rare et mal vu, en particulier de la part d’un subalterne.
Dans le même temps, les échanges peuvent être plus égalitaires en coulisse. Il n’est pas exceptionnel qu’un responsable quitte une réunion pour consulter un collaborateur ou cherche à recueillir discrètement des avis dans son équipe. Cependant, cela ne signifie pas que ces avis seront suivis : l’autorité ultime reste celle du supérieur.
Dans le monde des affaires, la dimension relationnelle et personnelle est primordiale. La confiance s’établit davantage avec une personne connue qu’avec un inconnu, même compétent. Les premières rencontres servent souvent à faire connaissance (famille, études, parcours) avant d’aborder le sujet principal. Travailler ensemble implique un accès à une sphère plus intime.
Le code vestimentaire : formel et modeste
Au bureau, l’allure compte. La tenue professionnelle est plutôt formelle : costume sombre et chemise pour les hommes, tailleur ou robe professionnelle pour les femmes. Dans ce pays majoritairement musulman, la modestie est valorisée, surtout pour les femmes : jupes ou robes couvrant les genoux, manches au moins mi-longues, pas de décolletés marqués ni de vêtements très moulants. Dans les secteurs plus internationaux ou créatifs, on trouvera des dress codes un peu plus souples, mais l’élégance soignée reste un marqueur de sérieux.
Pour un expatrié, il est conseillé d’adopter initialement une tenue plus conservatrice qu’à l’accoutumée. Cette approche prudente permet de mieux s’intégrer. Par la suite, il est possible d’ajuster son style vestimentaire en observant les codes et les pratiques de ses collègues sur place.
Tableau – Tenue professionnelle attendue
| Public / Situation | Attentes dominantes |
|---|---|
| Homme en milieu business | Costume sombre, chemise, chaussures de ville, cravate fréquente |
| Femme en milieu business | Tailleur, robe ou jupe sous le genou, épaules couvertes |
| Réunions formelles | Tenue au maximum du formalisme habituel |
| Secteurs plus informels | Business casual possible, mais toujours propre et modeste |
La rigueur de l’apparence contraste parfois avec une approche plus flexible des horaires. Cette combinaison – sérieux affiché et temps élastique – peut déstabiliser un expatrié, mais elle illustre bien la logique tunisienne : on juge volontiers sur l’image, l’attitude, la fiabilité à long terme plus que sur la stricte tenue d’un planning.
Négociation, confiance et “sauver la face”
Les négociations en Tunisie sont rarement des sprints : ce sont plutôt des marathons relationnels. L’objectif dépasse souvent la signature d’un contrat ponctuel ; il s’agit de poser les bases d’une relation durable, avec des bénéfices à long terme pour les deux parties. La patience est donc une vertu cardinale.
Au Maroc, la pratique du marchandage est culturellement ancrée, que ce soit pour un contrat industriel ou un achat au souk. Les premières offres sont rarement définitives et servent de point de départ à la négociation. Accepter immédiatement la première proposition peut être perçu comme un manque d’expérience ou une précipitation. À l’inverse, une négociation trop agressive, visant à écraser le partenaire, est considérée comme inappropriée et contre-productive.
Le respect de la hiérarchie est crucial : les décisions importantes remontent vers la direction, parfois située à un niveau bien supérieur aux interlocuteurs de terrain. Il peut donc y avoir de nombreux allers-retours. Tenter de “court-circuiter” les circuits internes est rarement productif.
La notion de “face” est également centrale. Mettre quelqu’un en difficulté devant ses pairs, pointer ses erreurs publiquement ou ironiser sur ses décisions peut durablement détériorer la relation. Mieux vaut réserver les critiques à des entretiens en tête-à-tête, sous une forme constructive, et valoriser la contribution de chacun.
La place des femmes : avancées, limites et perceptions
Pour un expatrié, la condition féminine en Tunisie peut apparaître paradoxale. D’un côté, le pays a longtemps été présenté comme un modèle régional en matière de droits des femmes : interdiction de la polygamie depuis 1956, droit à l’avortement légalisé bien avant certains pays occidentaux, forte représentation féminine à l’université, présence significative de femmes dans les professions médicales, juridiques et académiques, et un taux de femmes parlementaires parmi les plus élevés du monde arabe.
Les rôles sociaux restent fortement marqués par le genre. Dans de nombreuses familles, particulièrement en zones rurales ou populaires, les femmes sont principalement associées à la sphère domestique, ce qui limite leur mobilité (vie seule avant le mariage, déplacements nocturnes, travail éloigné du domicile). De plus, les postes de direction en entreprise demeurent très majoritairement occupés par des hommes, et la préférence pour l’emploi masculin en période de crise économique reste ancrée dans les mentalités.
Pour une expatriée, ces contradictions se traduisent par des expériences variables : dans un environnement urbain, internationalisé, elle pourra occuper un poste à responsabilité, sortir seule, gérer sa vie de façon autonome, tout en bénéficiant parfois d’une grande courtoisie. Mais elle pourra aussi se heurter à des attitudes paternalistes, à des remarques intrusives, voire à du harcèlement de rue. La façon de s’habiller, l’heure de sortie, les lieux fréquentés influencent notablement la perception sociale.
Pour un expatrié homme, il est crucial de reconnaître l’influence des stéréotypes de genre en milieu professionnel. Cela permet d’interpréter correctement des comportements, comme une participation plus discrète en réunion ou une réticence à demander une promotion de la part de certaines collaboratrices, sans les attribuer à un manque de compétence ou de motivation.
L’hospitalité est une valeur cardinale en Tunisie. Inviter quelqu’un pour un café, un thé à la menthe, un repas, est une manière de créer ou consolider la relation. Refuser systématiquement ces invitations est mal perçu : on peut donner l’impression de rejeter la personne plus que l’occasion.
Lors d’une visite à domicile en Tunisie, il est de coutume d’apporter un présent (pâtisseries, fruits, gâteaux, parfois des fleurs). Celui-ci est généralement mis de côté et ouvert plus tard pour éviter toute manifestation de déception, ce qui explique qu’il puisse disparaître immédiatement dans la cuisine.
Entrer dans une maison implique souvent de retirer ses chaussures, surtout si vous voyez une pile de chaussures à l’entrée. Si vous demandez à l’hôte, il peut par politesse vous dire de les garder, même s’il préfère l’inverse ; observer les autres invités est un bon repère.
Dans des milieux conservateurs, une invitation à une rencontre à domicile ne s’étend pas automatiquement au conjoint et peut impliquer une séparation des hommes et des femmes. Il est donc acceptable de demander poliment si l’invitation inclut son partenaire.
Tableau – Cadeaux et faux pas à éviter
| Situation | Cadeaux adaptés | À éviter absolument |
|---|---|---|
| Invitation chez l’habitant | Pâtisseries, fruits, chocolats, spécialités de votre pays | Alcool, produits à base de porc, cadeaux trop intimes |
| Cadeau professionnel | Gourmandises, livre illustré, artisanat de votre pays | Objets très luxueux ou ostentatoires |
| En présence d’une femme hors famille | Cadeau adressé “de la part de ma femme / ma mère” si nécessaire | Cadeau direct sans mention, perçu comme trop intime |
Dans la rue, ne soyez pas surpris par la chaleur des échanges : questions sur vos origines, votre famille, votre impression du pays. Ce n’est pas considéré comme indiscret, mais comme une manière d’entrer en relation. À vous de définir votre limite de confort, tout en sachant que répondre de façon aimable crée souvent une atmosphère bienveillante.
Temps libre, jeunesse et transformation des valeurs
La Tunisie est un pays jeune, où les moins de 30 ans représentent une part importante de la population. Cette jeunesse, très connectée, consommatrice de réseaux sociaux, exposée aux références globales, aspire à davantage d’autonomie, de mobilité et de liberté d’expression. Les soulèvements de 2011 ont d’ailleurs largement été portés par elle.
Pour autant, la famille reste le principal vecteur de socialisation, et quitter le domicile parental avant le mariage est encore très mal vu, voire impossible économiquement. Plus de la moitié des jeunes adultes vivent encore chez leurs parents. Le passage au statut d’“adulte plein” est fortement associé au mariage et à la fondation de son propre foyer, ce qui se traduit par une prolongation de la période de dépendance familiale.
Les activités de loisirs, organisées autour de groupes d’amis, de cafés, de clubs sportifs ou de centres de jeunesse, voient une participation moindre des filles. Cette sous-représentation est principalement due à des contraintes familiales et à des craintes liées à la réputation. Cette disparité dans l’accès au temps libre et aux espaces publics constitue une facette importante des différences de genre à considérer.
Pour un expatrié, ces dynamiques se traduisent par un double paysage : d’un côté, des lieux très modernes, cafés branchés, festivals culturels, événements sportifs où la mixité est plus visible ; de l’autre, des quartiers ou des zones rurales où les sexes se côtoient peu dans l’espace public et où les normes sont plus strictes. Adapter son comportement à ces contextes différents est essentiel.
Les fêtes, la table et les gestes du quotidien
La table tunisienne est un lieu de sociabilité majeur. Les repas sont souvent pris en commun, autour d’un grand plat partagé, notamment pour le couscous, plat emblématique. Manger dans une assiette individuelle existe bien sûr, mais l’idée de “partager le plat” reste symboliquement importante.
Dans un repas traditionnel, il est d’usage de se laver les mains au début et à la fin, parfois avec un lavabo mobile ou un récipient apporté à table. Il convient de manger avec la main droite (la gauche étant traditionnellement considérée comme impure), une norme encore respectée dans de nombreux foyers même si les couverts sont désormais répandus. Lorsqu’on mange avec les mains, on se sert uniquement dans la portion du plat située directement devant soi, sans puiser de l’autre côté.
Refuser systématiquement les secondes portions peut être perçu comme un manque d’enthousiasme, voire un rejet. L’art consiste à goûter un peu de tout, remercier, expliquer doucement si l’on est rassasié. En tant qu’invité d’honneur, il n’est pas rare qu’on vous présente les meilleurs morceaux ; les refuser catégoriquement peut embarrasser le maître de maison.
Le thé à la menthe, souvent agrémenté de pignons ou d’amandes, symbolise l’hospitalité. Refuser toutes les offres de thé est presque interprété comme un refus de lien. Accepter au moins un verre, même si l’on surveille sa consommation de sucre, facilite grandement les contacts.
Ce que doit retenir un expatrié avant de partir
S’installer durablement en Tunisie, c’est accepter d’entrer dans une société profondément structurée par la famille, la religion et une hiérarchie très présente, mais aussi portée par une jeunesse éduquée, connectée et en quête de changements. Pour un expatrié, les principaux points d’attention peuvent se résumer ainsi :
Le temps est flexible, mais la relation humaine est centrale. La communication est souvent indirecte, notamment pour exprimer un refus ou une critique, nécessitant de lire entre les lignes. Les rythmes de travail sont influencés par la religion, notamment pendant le Ramadan. Le respect de la hiérarchie et de la ‘face’ (éviter l’humiliation publique, utiliser les titres) est primordial. Le code vestimentaire professionnel est conservateur, surtout pour les femmes. Enfin, l’hospitalité (accepter un thé, offrir un cadeau) est un pilier des relations sociales et professionnelles.
En retour, un expatrié qui adopte ces codes sans renoncer à son identité apporte aussi des choses : d’autres manières de gérer le temps, des outils de communication, une sensibilité différente aux questions de genre ou de gouvernance. La clé est de ne pas faire de ces différences un motif de jugement, mais une matière à compréhension mutuelle.
Pour réussir son expatriation, il est essentiel de manifester son appréciation du pays par des attitudes respectueuses : adapter son rythme aux coutumes locales, honorer les fêtes, s’intéresser à la cuisine tunisienne, apprendre quelques mots de la langue et être attentif aux sensibilités culturelles. C’est au quotidien, par ces gestes, que se construit une intégration réussie.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Tunisie pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, etc.), la stratégie retenue cible la Tunisie pour sa fiscalité avantageuse sur les revenus étrangers (régime de 90 % d’abattement sur les pensions rapatriées), son coût de vie nettement inférieur à la France, et sa proximité géographique et culturelle avec l’Hexagone. La mission inclut : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la carte de séjour avec achat ou location longue durée d’une résidence, organisation de la couverture santé (CNAS/CPAM, complémentaire locale), transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), gestion de la convention fiscale FR-TN, mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration des placements).
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