Chercher un logement en Suède, surtout en location, n’a rien d’une formalité. Marché très tendu, files d’attente interminables pour les baux de longue durée, loyers élevés, multiplication des plateformes en ligne… Pour un étudiant, un expatrié ou même un Suédois qui change de ville, s’installer peut devenir un véritable parcours du combattant.
Le marché locatif offre un cadre très protecteur pour les locataires et un haut niveau de confort. Les solutions sont variées : location classique, sous-location, logements étudiants, appartements meublés de courte durée ou « corporate housing » pour les professionnels. L’enjeu principal est de savoir naviguer dans ce système pour maximiser ses chances et éviter les pièges, plutôt que de simplement trouver un logement.
Cet article propose un tour d’horizon concret et détaillé pour trouver un logement en Suède, en se basant sur des données récentes du marché, sur le cadre légal et sur les pratiques locales. Objectif: vous donner une stratégie claire, que vous restiez quelques mois ou plusieurs années.
Comprendre le marché locatif suédois
Avant de cliquer sur la moindre annonce, il est crucial de saisir comment fonctionne le marché. En Suède, plus de 40 % de la population vit en appartement locatif, alors que le pays compte à peine 10,5 millions d’habitants et que 88 % vivent en zone urbaine. Résultat: une forte pression dans les grandes villes et les bassins universitaires.
Taux de vacance locative au niveau national, représentant environ 20 000 logements disponibles.
Cette tension se lit aussi dans les prix. En moyenne, le loyer représente autour de 30 % du salaire des résidents. Entre 2025 et 2026, les loyers ont encore progressé d’environ 4 %, avec des hausses déjà négociées pour les années à venir avec les grandes sociétés de logement. Par exemple, Stockholmshem a appliqué une hausse d’environ 3,5 % de ses loyers pour 2026 et SKB avoisine 4,8 %.
Pour se repérer, il est utile d’avoir quelques ordres de grandeur.
Niveaux de loyer par taille de logement
Les moyennes suivantes (en SEK par mois) donnent une idée des loyers typiques en 2026, tous types de villes confondus.
| Type de logement | Loyer moyen (SEK/mois) | Fourchette typique (SEK/mois) |
|---|---|---|
| Studio | ~5 600 | 4 500 – 7 500 |
| 1 chambre | ~7 750 | 6 000 – 10 500 |
| 2 chambres | ~9 500 | 7 500 – 13 000 |
Ces chiffres montent très vite dans les grands centres urbains. Pour un 1 chambre au centre-ville, on tombe rarement sous les 10 000 SEK, et dans les quartiers les plus recherchés de la capitale, on dépasse facilement ce seuil.
Comparaison entre grandes villes
Les différences régionales sont fortes. Voici une vue synthétique de quelques grandes villes pour un 1 chambre, sur la base de plusieurs sources récentes :
| Ville | 1 chambre (SEK/mois, ordre de grandeur) | 2 chambres (SEK/mois, ordre de grandeur) |
|---|---|---|
| Stockholm | 12 000 – 15 000 (centre), souvent plus en sous-location meublée | ~16 000 et plus |
| Göteborg | ~10 000 – 11 400 | ~13 000 – 13 500 |
| Malmö | 9 000 – 9 500 | 12 000 – 12 500 |
| Uppsala | ~8 500 | ~11 500 |
| Umeå | ~7 500 | ~10 500 |
Dans certains quartiers emblématiques de Stockholm – Östermalm, Norrmalm, Södermalm ou Kungsholmen – les loyers se vendent au mètre carré à des niveaux impressionnants. Des données issues de Résidensportalen montrent par exemple des loyers mensuels par mètre carré autour de 294 à plus de 330 SEK dans ces districts centraux, bien au-dessus de la moyenne nationale (environ 128 SEK/m²).
Les deux grands types de contrats: première main et seconde main
Pour comprendre la réalité du terrain, il faut distinguer clairement deux formes de location qui structurent tout le système suédois.
Le contrat de première main (förstahandskontrakt)
C’est le graal du locataire: un bail conclu directement avec le propriétaire – souvent une société de logement municipale ou privée. Il offre:
– une durée souvent illimitée (bail à durée indéterminée, avec délai de préavis standard de 3 mois),
– un loyer encadré selon la valeur d’usage (bruksvärde), donc en général inférieur aux loyers de marché,
– un fort “besittningsskydd”, c’est-à-dire une protection solide contre les expulsions abusives.
Problème: ce type de contrat est extrêmement rare dans les grandes villes. L’accès passe par les files d’attente officielles (bostadskö), gérées par les communes ou des sociétés de logement. Les temps d’attente sont parfois surréalistes:
Les temps d’attente pour obtenir un logement locatif varient considérablement selon les villes suédoises. À Stockholm, l’attente peut atteindre 15 à 20 ans en centre-ville, et même 20 à 30 ans pour les adresses les plus prisées. En banlieue de Stockholm, elle est souvent de 8 à 12 ans. À Göteborg, la durée moyenne est de 7 à 10 ans, tandis qu’à Malmö, elle est typiquement de 3 à 7 ans.
À Stockholm, les données récentes montrent qu’un candidat qui parvient à obtenir un contrat en première main a attendu en moyenne près de 9 ans, et plus de 20 ans pour certains quartiers historiques.
Cela n’empêche pas: s’inscrire au plus tôt dans ces files est une stratégie de long terme incontournable si vous pensez rester plusieurs années dans le pays.
La sous-location (andrahandskontrakt)
Face à ces délais, la plupart des nouveaux arrivants, étudiants et expatriés compris, se tournent vers le marché de seconde main: on loue l’appartement d’un titulaire de contrat de première main, ou d’un propriétaire d’appartement en coopérative (bostadsrätt).
Cette solution présente plusieurs caractéristiques:
Un contrat à durée déterminée (souvent 6 à 12 mois, parfois renouvelable) présente un loyer plus élevé, pouvant atteindre jusqu’à 65 % de plus qu’un contrat de première main, et une sécurité moindre en raison d’une moins grande stabilité, du risque de non-renouvellement et de la dépendance à la situation du propriétaire.
Le cadre légal reste toutefois strict. Pour une sous-location:
– le titulaire du bail de première main doit obtenir l’autorisation écrite de son propriétaire ou de l’association de copropriété (BRF),
– il ne peut légalement pas “profiter” de la sous-location: la loi autorise seulement le loyer qu’il paie lui-même, plus un supplément limité (en général 10 à 15 % pour un logement meublé, et la répercussion de certaines charges),
– en cas de loyer excessif, le sous-locataire peut saisir le Hyresnämnden (tribunal des loyers) pour demander une baisse de loyer et éventuellement un remboursement rétroactif.
Depuis une réforme entrée en vigueur en 2019, faire payer un loyer manifestement trop élevé en sous-location est même devenu un délit pénal.
Pour les nouveaux arrivants sans historique en Suède, la seconde main reste pourtant l’entrée la plus réaliste dans le marché. L’important est donc de sécuriser le contrat et de vérifier que la sous-location est bien autorisée.
Comment fonctionne la file d’attente de logement (bostadskö)
Le système de bostadskö est un pilier du modèle suédois. Il ne s’agit pas d’une file nationale unique, mais d’une constellation de queues locales:
– Bostadsförmedlingen à Stockholm,
– Boplats Göteborg,
– Boplats Syd pour Malmö et une partie du sud,
– des dizaines de queues indépendantes gérées par les municipalités ou les bailleurs.
Le système d’attribution fonctionne sur un principe de points basé sur l’ancienneté : chaque jour d’inscription sur la plateforme équivaut à un point. Lorsqu’un logement devient disponible, il est proposé en priorité à la personne ayant accumulé le plus grand nombre de jours d’attente parmi les candidats intéressés par cette annonce. Ainsi, plus votre inscription est ancienne, plus votre position dans la file d’attente est avantageuse.
Quelques règles pratiques:
– inscription possible souvent dès 16 ou 18 ans,
– une petite cotisation annuelle est nécessaire (environ 200 à 300 SEK selon les villes),
– si vous oubliez de payer cette cotisation, vous perdez tous vos points,
– certaines queues exigent de se connecter régulièrement (tous les 3 ou 6 mois), sinon votre compte est désactivé.
Des solutions spécialisées pour automatiser l’inscription et la gestion dans les files d’attente en ligne, avec des fonctionnalités avancées et un abonnement accessible.
Permet de s’inscrire simultanément dans plus d’une centaine de files d’attente différentes.
Système de notifications pour ne manquer aucun tour dans les files surveillées.
Gère automatiquement le règlement des frais associés aux files d’attente.
Environ 35 SEK par mois après une période d’essai initiale.
Dans la pratique, décrocher un contrat de première main via la queue dans les grandes villes est un objectif de très long terme, mais certaines stratégies permettent de réduire l’attente:
– viser les banlieues plutôt que l’hyper-centre,
– accepter des quartiers moins “tendance” ou des appartements plus modestes,
– s’inscrire dans plusieurs villes de taille moyenne où la queue est plus courte (3–5 ans).
Pour un expatrié qui ne sait pas s’il restera dix ans, la queue sert surtout de police d’assurance: si finalement vous restez, un jour vous pourrez sortir du cycle précaire des sous-locations.
Où chercher: les plateformes et canaux les plus utiles
Le marché suédois s’est massivement digitalisé. Des portails généralistes aux groupes Facebook, l’offre est éclatée, mais quelques acteurs sortent du lot.
Plateformes généralistes de location
Plusieurs sites concentrent une grande partie des annonces:
– Blocket Bostad: l’un des plus connus; demande souvent une carte bancaire suédoise, offre des outils pour signaler des annonces douteuses.
– Hemnet: davantage orienté vente, mais certaines locations apparaissent.
– BostadsPortal, Bostadshub, BostadsZonen, Uthyrningsportal: portails spécialisés dans la location, avec plusieurs dizaines de milliers d’annonces.
– BostadDirekt.com: accès complet aux coordonnées des propriétaires via un abonnement payant (environ 695 SEK pour 30 jours).
Ces sites permettent souvent de créer des alertes, de filtrer par ville, taille, loyer, meublé ou non, et d’avoir un suivi des logements déjà loués.
Plateformes spécialisées et sous-location sécurisée
Le marché de la seconde main étant propice aux arnaques, certaines plateformes se positionnent sur la sécurité des transactions:
Plusieurs plateformes spécialisées facilitent la sous-location en Suède, chacune avec ses spécificités. Samtrygg assure une place de marché sécurisée avec assurance incluse et contrats standardisés. Qasa, intégrée à Blocket, gère le profil locataire, la sélection et parfois les paiements. Bofrid vérifie systématiquement les propriétaires et sécurise les transactions financières. Enfin, Akademisk Kvart est orientée vers les étudiants et propose des sous-locations à des prix raisonnables.
Des témoignages d’utilisateurs de BostadsZonen, par exemple, mentionnent la possibilité de trouver un appartement en quelques jours pour un coût modique d’accès (de l’ordre de quelques dizaines de SEK pour certains services premium).
Logements étudiants et logements dédiés
Pour les étudiants, surtout internationaux, les solutions spécifiques sont souvent la voie la plus efficace:
– bureaux logement des universités (AF Bostäder à Lund, Uppsala Housing Office, etc.),
– plateformes étudiantes comme BoPoolen.nu à Lund (gérée par les unions étudiantes, avec vérification manuelle des annonces),
– résidences gérées par des sociétés spécialisées comme Forenom pour les séjours de moyenne durée.
Ces canaux restent très demandés, notamment à Lund et Uppsala où la population étudiante est massive, mais offrent souvent des délais plus courts que le marché classique.
Corporate housing et appart-hôtels
Pour les professionnels envoyés en mission, le corporate housing offre une solution clé en main:
– appartements entièrement meublés,
– contrat flexible (de quelques semaines à plusieurs mois),
– prix “tout compris”: chauffage, eau, électricité, internet, ménage, parfois salle de sport.
Des sociétés comme Guestly Homes proposent par exemple ce type de logements dans des villes comme Piteå, Luleå, Boden ou Nyköping, avec des services 24/7, des équipements éco-responsables et un support multilingue. Ce type de solution est plus cher qu’une location classique, mais extrêmement pratique pour une phase de transition ou un salarié dont l’entreprise prend en charge le budget.
Guestly Homes
Groupes Facebook et réseaux informels
Enfin, une part non négligeable du marché passe par:
– groupes Facebook (“Looking for accommodation in Stockholm”, etc.),
– bouche-à-oreille (collègues, amis, associations d’expatriés),
– panneaux d’affichage physiques dans certains quartiers ou campus.
Ces canaux peuvent permettre de dénicher des pépites introuvables ailleurs, mais sont aussi ceux où les arnaques sont les plus fréquentes. Il faut donc y appliquer tous les réflexes de vérification (identité du propriétaire, visite, contrat écrit, etc.).
Préparer son dossier: ce que les propriétaires attendent
Dans ce marché où un logement peut recevoir des dizaines de candidatures en quelques heures, la différence se fait souvent sur la qualité du dossier.
En Suède, un propriétaire sérieux peut demander:
– une pièce d’identité ou un passeport valide,
– un justificatif de revenus: contrat de travail, fiches de paie, relevés bancaires,
– une attestation d’inscription à l’université pour les étudiants,
– des références d’anciens propriétaires,
– un numéro d’identification suédois (personnummer) ou au minimum un numéro de coordination (samordningsnummer),
– l’accord de séjour ou permis de travail pour les non-UE/EEE.
Beaucoup de plateformes permettent de créer un profil locataire détaillé; sur certaines, les propriétaires peuvent même vous contacter directement si votre profil correspond à leurs critères.
Il est donc utile de:
– préparer une courte lettre de présentation, claire et personnalisée,
– mettre en avant la stabilité de vos revenus, la durée envisagée de séjour, l’absence de dettes,
– inclure, si possible, un lien vers votre profil LinkedIn,
– anticiper la demande de dépôt (1 à 3 mois de loyer) et d’un premier loyer payé d’avance.
Pour les nouveaux arrivants sans personnummer, il reste possible de louer, surtout en seconde main, à condition de présenter un contrat de travail solide ou une garantie d’une entité suédoise (employeur, proche résident, etc.).
Le processus de location, étape par étape
Même si chaque propriétaire a ses habitudes, on retrouve un schéma globalement similaire partout dans le pays.
1. Définir ses besoins et son budget
Il faut d’abord arbitrer entre:
– emplacement: proximité du travail ou de l’université, accès au métro, au bus ou au train,
– taille: studio, 1 chambre, colocation,
– meublé ou non: pour un étudiant ou un expatrié de courte durée, le meublé est plus pratique mais plus cher.
Côté budget, n’oubliez pas:
– le loyer mensuel,
– le dépôt (souvent 1–3 mois),
– l’électricité (en général 300–800 SEK par mois),
– l’assurance habitation (100–200 SEK environ),
– internet, parking ou stockage si nécessaires,
– éventuellement un abonnement transports (environ 835 SEK par mois dans certaines grandes villes).
2. Lancer les recherches sur plusieurs canaux
Il ne faut jamais se limiter à un seul site. L’efficacité vient de la combinaison:
– portails spécialisés,
– files d’attente officielles,
– groupes Facebook (avec prudence),
– réseau personnel et professionnel.
Dans un marché où un appartement se loue en quelques jours, consulter les nouvelles annonces tous les jours, voire plusieurs fois par jour, est une étape presque indispensable, particulièrement en début de recherche.
3. Répondre vite et bien aux annonces
La vitesse est souvent décisive. Quelques pratiques qui font la différence:
– répondre dès que possible, idéalement dans l’heure,
– écrire un message personnalisé, pas un simple “Is it still available?”,
– montrer que vous avez lu l’annonce (référence à la taille, au quartier, aux conditions),
– préciser en quelques lignes qui vous êtes, ce que vous faites, combien de personnes habiteront le logement et pour combien de temps.
Un propriétaire suédois reçoit souvent tellement de demandes qu’il ne lit même pas les messages génériques.
4. Assister à la visite (visning)
La visite n’est pas une formalité. Pour le propriétaire, elle lui permet de vous “sentir”; pour vous, elle doit servir à vérifier la réalité des conditions et à déceler d’éventuels problèmes.
Lors de la visite, il est judicieux de poser des questions concrètes, par exemple:
– Quelles charges sont incluses dans le loyer (chauffage, eau, internet) ?
– Qui paie l’électricité ?
– Quel est le délai de préavis ?
– S’agit-il d’une première main ou d’une sous-location ?
– Si c’est une sous-location, l’autorisation du propriétaire ou de la BRF est-elle déjà obtenue ?
– Y a-t-il une buanderie commune (tvättstuga) ? Comment fonctionne la réservation ?
– Quelles sont les règles de copropriété (animaux, fumeurs, bruit) ?
Profitez-en pour inspecter l’état du logement (fenêtres, cuisine, salle de bains, éventuelles traces d’humidité) et le bâtiment (sécurité, qualité des parties communes, local à vélos, recyclage).
5. Vérifier et signer le contrat (hyreskontrakt)
Tout doit figurer noir sur blanc. Un contrat solide doit notamment stipuler:
Un contrat de location suédois doit impérativement préciser : l’identité complète des deux parties (nom, adresse, numéro d’identité), l’adresse exacte du logement et son lägenhetsnummer (numéro officiel d’appartement), le montant du loyer, sa date de paiement mensuel et ce qu’il inclut, le montant et les conditions de restitution du dépôt de garantie, la durée du contrat et ses modalités de renouvellement, les délais de préavis à respecter, ainsi que les règles spécifiques concernant les animaux, l’interdiction de fumer ou la sous-location.
En cas de sous-location, le document d’autorisation du propriétaire ou de la BRF doit être annexé. Sans cela, votre contrat ne vaut pas grand-chose: si le bailleur principal découvre la sous-location non autorisée, il peut résilier le bail, et vous serez le premier impacté.
6. L’emménagement et l’enregistrement
Le jour de la remise des clés, il est important de: vérifier l’état des lieux et s’assurer que tout est en ordre avant de prendre possession des lieux.
– faire un état des lieux détaillé, de préférence signé par les deux parties,
– photographier tous les défauts visibles (fissures, rayures, taches, appareils abîmés),
– lister tous les meubles et équipements en cas de meublé.
Ensuite, vous devrez:
– enregistrer votre adresse auprès de Skatteverket (l’administration fiscale), dans le cadre du folkbokföring,
– souscrire une assurance habitation,
– ouvrir éventuellement un contrat d’électricité et d’internet.
L’enregistrement de l’adresse est capital: il conditionne l’accès à de nombreux services (santé, banque, démarches administratives).
Budget: ne pas se laisser surprendre par les coûts annexes
En Suède, une partie des charges est souvent incluse dans le loyer, mais pas tout. Comprendre précisément ce que vous paierez vous évite des sueurs froides.
Un tableau simple permet de se repérer:
| Poste de dépense | Montant typique (SEK/mois) | Remarques |
|---|---|---|
| Loyer principal | Selon ville et taille (voir plus haut) | Payé d’avance chaque mois |
| Dépôt (unique, remboursable) | 1–3 mois de loyer | Encaissement à la signature |
| Électricité | 300 – 800 | Rarement incluse |
| Assurance habitation | 100 – 200 | Fortement recommandée |
| Internet | 200 – 400 | Parfois inclus dans les immeubles récents |
| Transport (abonnement) | ~835 | Varie selon région |
| Parking/stockage (si nécessaire) | Variable | Parfois inclus en banlieue, rare au centre |
En seconde main meublée, il est courant de payer un supplément de 1 500 à 3 000 SEK par mois par rapport à un logement comparable non meublé, surtout à Stockholm. Certains équipements, comme un lave-linge dans l’appartement, un lave-vaisselle, un balcon ou un ascenseur, peuvent justifier une majoration de quelques centaines de SEK chacun.
Arnaques: les reconnaître et les éviter
Le marché tendu attire malheureusement les escrocs. Les rapports de la Hyresgästföreningen et de la police suédoise indiquent une nette hausse des fraudes, notamment à Stockholm, Göteborg, Malmö et Lund, aux périodes de forte demande (janvier et surtout août/septembre).
Plusieurs schémas reviennent régulièrement.
L’appartement fantôme payé à distance
Un pseudo-propriétaire se présente comme travaillant à l’étranger (Royaume-Uni, Irlande, Moyen-Orient…). Il propose un appartement “parfait”, souvent très bien situé et à un prix étonnamment bas. Il envoie des photos volées et même une copie d’un passeport (souvent usurpé) pour inspirer confiance.
Ensuite, il:
– refuse ou “repousse” les visites, prétextant qu’il est à l’étranger,
– demande une copie de votre passeport pour “préparer le contrat” (qu’il pourra ensuite réutiliser pour ses arnaques),
– exige un virement international (UK, Western Union, MoneyGram, crypto, etc.) avant d’envoyer les clés.
Une fois l’argent transféré, tout contact disparaît.
La fausse sous-location avec visite réelle
Ici, l’escroc a accès à un vrai appartement (ancien locataire, connaissance, squatteur…). Il fait une visite parfaitement crédible, montre l’appartement, signe un contrat, encaisse le dépôt (souvent en espèces) et parfois même le premier mois de loyer. Il peut remettre des clés qui ne fonctionneront pas, ou pour un logement qu’il n’a pas le droit de louer.
La fraude n’est souvent découverte qu’au moment de l’emménagement, parfois en présence d’autres victimes simultanément.
Signaux d’alerte à prendre au sérieux
Quelques “red flags” doivent immédiatement vous alerter:
– loyer nettement en dessous du marché (par exemple 25 % moins cher que des annonces comparables),
– propriétaire à l’étranger qui refuse toute visite, même en visio en temps réel,
– pression insistante pour payer “très vite”, car “beaucoup de personnes sont intéressées”,
– demande de paiement via des moyens non traçables (Western Union, crypto, comptes étrangers, espèces),
– contrat extrêmement vague ou bourré de fautes, sans mentions complètes des parties,
– refus de montrer une pièce d’identité suédoise ou de vérifier son identité via BankID,
– absence de preuve de propriété ou d’autorisation de sous-louer.
Bonnes pratiques pour limiter les risques
Il est possible de fortement réduire le risque en suivant quelques règles:
Pour sécuriser votre recherche de logement en Suède, suivez ces conseils : ne payez jamais un dépôt ou un loyer avant d’avoir visité le logement et signé un contrat écrit. Privilégiez les paiements traçables comme un virement bancaire suédois ou Swish, en vérifiant que le nom du bénéficiaire correspond exactement à celui du bailleur. Vérifiez l’adresse et l’identité du propriétaire sur des services comme Hitta.se ou MrKoll.se. Demandez une preuve de propriété (pour une bostadsrätt) ou une autorisation de la BRF/du propriétaire principal en cas de sous-location. Utilisez un modèle de contrat provenant de sources fiables (Hyresgästföreningen, municipalités). Enfin, effectuez une recherche d’images inversée pour vérifier que les photos de l’annonce ne sont pas volées à une autre publication.
En cas de doute, il vaut mieux perdre un appartement que plusieurs mois de salaire. Et si le pire arrive, il est important de:
– déposer rapidement une plainte auprès de la police (polisanmälan),
– contacter votre banque pour tenter de bloquer ou contester le paiement,
– signaler l’annonce à la plateforme et, le cas échéant, à la Hyresgästföreningen.
Vos droits et devoirs en tant que locataire
Le cadre légal suédois, organisé autour du chapitre 12 de la Jordabalken (la loi foncière, aussi appelée Hyreslagen), est particulièrement protecteur pour le locataire.
Principaux droits
En tant que locataire, vous bénéficiez notamment de: droits liés à votre contrat de location, à la jouissance paisible des lieux, et à des conditions de logement décent.
En Suède, les locataires bénéficient de plusieurs droits essentiels : un logement doit être fourni en bon état, conforme aux normes de salubrité (chauffage, eau, sanitaires…). La sécurité d’occupation (besittningsskydd) protège contre les expulsions arbitraires. En cas de loyer jugé excessif, il est possible de saisir le Hyresnämnden pour comparaison avec des logements similaires. Le préavis est généralement de 3 mois pour un bail principal. Si des défauts ne sont pas réparés rapidement, une réduction de loyer peut être demandée. Enfin, des améliorations mineures (peinture, papier peint) sont autorisées, à condition d’être réalisées avec soin.
En parallèle, toute discrimination fondée sur l’origine, la religion, le genre, le handicap, l’orientation sexuelle ou l’âge est illégale dans l’accès au logement.
Principales obligations
La protection va de pair avec des devoirs:
– payer le loyer à temps,
– entretenir le logement et réparer ce qui relève de l’usure anormale causée par vous ou vos invités,
– respecter la tranquillité des voisins (les heures 22h–7h sont considérées comme des heures de calme),
– ne pas sous-louer sans autorisation écrite,
– respecter les règles de l’immeuble: tri des déchets, utilisation de la buanderie, interdiction fréquente de barbecue sur balcon, respect des consignes incendie.
Le propriétaire, de son côté, reste responsable des gros travaux, des équipements essentiels et des réparations structurelles.
Conseils spécifiques pour expatriés et étudiants
Pour un étranger, plusieurs difficultés s’ajoutent: barrière de la langue, manque de réseau local, méconnaissance des pratiques, absence initiale de personnummer.
Quelques stratégies peuvent aider.
Expatriés et travailleurs étrangers
Pour un salarié étranger, la première étape consiste souvent à obtenir un visa de travail adapté à sa situation.
– obtenir un visa et un permis de travail,
– demander un personnummer dès l’arrivée (le sésame pour les banques, files de logement, abonnements, etc.),
– utiliser, au moins pour les premiers mois, une solution meublée: corporate housing, appart’hôtel ou sous-location meublée sécurisée.
Il est aussi judicieux de:
Pour trouver un logement à l’étranger, il est conseillé de : demander à son employeur s’il dispose d’un accompagnement logement ou de logements de fonction ; se rapprocher d’associations d’expatriés ou de groupes locaux qui partagent des bons plans et des retours d’expérience ; et ne pas sous-estimer la valeur d’un profil très complet sur les plateformes de location (CV, lettre de motivation, références étrangères traduites si possible).
Étudiants
Les étudiants, particulièrement internationaux, sont une cible privilégiée des escrocs à la rentrée. Mais ils disposent également de canaux dédiés:
– bureaux logements des universités, qui réservent un quota de logements pour les étudiants étrangers,
– portails étudiants comme Akademisk Kvart ou BoPoolen.nu à Lund, qui assurent une vérification des annonces,
– résidences étudiantes privées, parfois plus chères mais plus disponibles.
Il est conseillé de: faire des pauses régulières pour maintenir la productivité et réduire le stress.
– anticiper dès l’acceptation à l’université: ne pas attendre l’été pour chercher,
– vérifier soigneusement les annonces hors des canaux officiels, particulièrement celles très en dessous du prix du marché,
– accepter l’idée d’un logement temporaire (quelques mois) le temps de trouver mieux une fois sur place.
Stratégies pour optimiser ses chances et réduire ses coûts
Face à un système aussi compétitif, quelques tactiques peuvent vraiment faire la différence, tant en termes de probabilité de trouver un logement que de gestion de budget.
Jouer sur le lieu et le type de bail
Choisir un quartier “à la mode” dans une grande ville, sans historique en Suède, revient souvent à se condamner à la sous-location chère et précaire. On peut au contraire:
– cibler des banlieues bien connectées, où les loyers sont plus abordables et les queues parfois plus courtes,
– considérer des villes régionales (Umeå, Västerås, etc.) si la situation professionnelle le permet,
– accepter un bail de seconde main de courte durée dans un premier temps, tout en s’inscrivant partout en file d’attente.
C’est le loyer par mètre carré, en couronnes suédoises, qui est dépassé dans les arrondissements centraux de Stockholm.
Ne pas négliger la colocation
Partout où les loyers explosent, la colocation reste un excellent moyen:
– de réduire son loyer mensuel,
– de se créer un réseau social local,
– d’entrer plus facilement sur le marché (certaines chambres se louent sans exigence de long historique financier).
Pour un étudiant ou un jeune actif, habiter à Södermalm ou Möllevången en payant 7 000 à 11 000 SEK pour une chambre ou un petit deux-pièces partagé est souvent plus réaliste que d’y louer seul un appartement entier.
S’inscrire systématiquement dans les bostadskö
Même si vous ne savez pas encore si vous resterez dix ans:
Pour maximiser vos chances d’obtenir un logement en Suède, inscrivez-vous sur les listes d’attente des villes principales comme Stockholm, Göteborg et Malmö, ainsi que dans toute autre ville qui vous intéresse. Il est crucial de payer les frais annuels (généralement entre 200 et 300 SEK) pour maintenir votre position, même si vous résidez à l’étranger. Pour ne pas oublier ce renouvellement, vous pouvez utiliser un service de rappels automatisés comme Dibz.
Pour beaucoup de Suédois, l’inscription en queue à 18 ans est un réflexe. Pour un expatrié qui s’installe dans la durée, c’est une assurance à long terme.
Soigner sa consommation et les charges
Enfin, pour éviter que le coût global ne dérape:
– surveillez votre consommation électrique (chauffage d’appoint, appareils énergivores, etc.),
– profitez des équipements communs (buanderie, local vélos) pour éviter des dépenses inutiles,
– choisissez des logements énergétiquement efficaces (fenêtres triple vitrage, bonne isolation) quand c’est possible.
Les nouvelles constructions suédoises sont souvent à la pointe en matière d’efficacité énergétique et de matériaux durables; elles peuvent coûter un peu plus cher à la location, mais se traduire par des charges moindres et un meilleur confort.
En résumé: patience, méthode et vigilance
Trouver un logement en Suède n’est pas simple, mais l’équation n’est pas insoluble. Le marché est tendu, les premières mains rares, les arnaques bien réelles. Pourtant, grâce à un cadre légal protecteur, à des plateformes spécialisées, à des files d’attente structurées et à l’essor des solutions meublées flexibles, il est possible de construire une stratégie réaliste:
Pour réussir votre recherche de logement en Suède, adoptez une approche progressive et méthodique. Commencez par utiliser la **seconde main** et, si nécessaire, le corporate housing pour vos premiers mois sur place. Inscrivez-vous **immédiatement** dans les files d’attente officielles (bostadskö) des villes que vous ciblez. Parallèlement, multipliez les **canaux de recherche** (agences, sites en ligne, réseaux) tout en appliquant systématiquement les réflexes anti-arnaques. Préparez un **dossier solide**, réactif et rassurant pour les propriétaires (lettre de motivation, garanties, références). Enfin, visez à moyen terme l’obtention d’un contrat de première main (förstahandskontrakt), qui assure stabilité et loyer encadré.
La clé est de combiner patience et proactivité. En prenant le temps de bien comprendre le système, de vous entourer des bonnes ressources (universités, associations de locataires, services municipaux), et en restant très vigilant sur les offres trop belles pour être vraies, vous mettez toutes les chances de votre côté pour transformer la jungle immobilière suédoise en un terrain certes exigeant, mais maîtrisable.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Suède afin de rechercher du rendement locatif et une exposition à la couronne suédoise (SEK). Budget alloué : 4 000 000 à 6 000 000 SEK, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Stockholm, Göteborg, Malmö), la stratégie retenue a consisté à cibler un logement familial ou un petit immeuble résidentiel dans une ville en croissance comme Göteborg ou Malmö, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 5–6 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 5 000 000 SEK.
La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (mäklare, avocat, fiscaliste), choix de la structure de détention la plus adaptée (propriété directe ou via société suédoise) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.
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