Entre vieilles villes médiévales, archipels sauvages, lumières du Nord et palais royaux classés à l’UNESCO, la Suède concentre une diversité de paysages et de cultures qui surprend souvent les voyageurs. Derrière l’image d’un pays froid et calme se cache une destination extrêmement riche, où l’on peut passer en quelques jours d’une croisière dans les îles de Stockholm à une nuit dans un hôtel de glace au cœur de la Laponie, avant de finir dans un château Renaissance ou un gratte-ciel ultra‑design à Malmö.
Cet article vous guide pour traverser le pays en combinant villes, nature et patrimoine. Il s’appuie sur des données climatiques, les saisons touristiques, des informations pratiques et les lieux phares pour vous aider à bâtiner un itinéraire sans vous disperser.
Comprendre les saisons touristiques avant de planifier
Avant même de choisir les sites à voir, il est crucial de comprendre le rythme des saisons en Suède. Le pays s’étire de la Scanie au sud jusqu’aux confins arctiques, avec des conditions météo qui varient fortement entre Malmö, Stockholm et Kiruna.
La haute saison touristique se situe globalement entre juin et août, période la plus chaude et la plus ensoleillée. De mi‑avril à fin mai et de septembre à mi‑octobre, on entre dans des saisons intermédiaires plus calmes, tandis que de mi‑octobre à mi‑avril, c’est la basse saison, propice aux prix plus doux mais aussi aux nuits très longues au nord.
Pour se repérer, quelques repères chiffrés aident à visualiser les écarts de climat.
Températures moyennes : Stockholm vs Kiruna
Même en plein hiver, le contraste entre la capitale et la Laponie est frappant.
| Ville | Mois | Temp. min. moyenne | Temp. max. moyenne |
|---|---|---|---|
| Stockholm | Janvier | -3 °C | 1 °C |
| Stockholm | Juillet | 15 °C | 24 °C |
| Kiruna | Janvier | -18 °C | -9 °C |
| Kiruna | Juillet | 8 °C | 17 °C |
En été, le sud du pays profite souvent de 15 à 25 °C, idéal pour explorer les archipels et les villes à vélo. En hiver, le contraste s’accentue : entre -17 et -5 °C dans le nord, contre -2 à 4 °C dans le sud. Autant dire qu’un séjour combinant Stockholm, Göteborg et la Laponie impose une garde‑robe en couches, avec bonnet, gants et bonnes chaussures dans le sac.
Choisir sa saison selon ses envies
Les mois de juin à août correspondent à la période la plus fréquentée, avec un pic en juillet, généralement le mois le plus chaud et le plus humide à Stockholm (environ 64 mm de pluie sur une quinzaine de jours). Juin est en général le mois le plus lumineux, avec près de la moitié du temps de jour baignée de soleil dans la capitale.
Entre fin mai et mi-juillet, au-delà du cercle polaire, le soleil de minuit permet de randonner à toute heure, par exemple sur les sentiers de Kungsleden ou autour d’Abisko. À l’inverse, de début décembre à début janvier, la nuit polaire plonge des villes comme Kiruna dans une obscurité quasi continue, offrant un cadre spectaculaire pour observer les aurores boréales.
Pour l’observation du norrsken — le nom suédois des aurores — la meilleure fenêtre s’étend de septembre à mi‑mars, avec un optimum entre novembre et février en Laponie, à condition de disposer d’un ciel dégagé et d’un environnement sans pollution lumineuse.
Pour des visites culturelles et urbaines, privilégiez le printemps ou l’automne, périodes moins chères et moins fréquentées. L’automne, notamment en septembre, offre un spectacle naturel avec les forêts aux couleurs ocre et rouge. Pour le ski, notamment le ski de fond, la période idéale s’étend de février à avril dans le nord, avec un pic d’activité au mois de mars.
Stockholm et son archipel : le cœur historique et maritime de la Suède
Difficile de parler des sites incontournables sans commencer par Stockholm. La capitale s’étend sur un chapelet d’îles, à la jonction du lac Mälar et de la mer Baltique, et mêle vieux quartiers pavés, musées de rang mondial et accès direct à un archipel de près de 30 000 îles.
Gamla Stan : la vieille ville comme décor de cinéma
Gamla Stan, littéralement « la vieille ville », est le noyau historique de Stockholm, bâti sur l’île de Stadsholmen et les îlots voisins de Riddarholmen, Helgeandsholmen et Strömsborg. Le premier peuplement remonte au XIIIᵉ siècle, vers 1252, même si l’agglomération de Stockholm s’est développée dans l’archipel dès l’an 1000.
Aujourd’hui, à peine 3 000 habitants résident dans ce labyrinthe de ruelles pavées et colorées, largement piétonnisé entre 11 h et 6 h du matin. L’architecture, influencée par les villes hanséatiques d’Allemagne du Nord, aligne des façades hautes et étroites aux tons ocres, rouges et jaunes, qui donnent un caractère unique au quartier.
Le cœur symbolique de Gamla Stan est Stortorget, la plus ancienne place de la ville. C’est là que s’est déroulé en 1520 le terrible « bain de sang de Stockholm », au cours duquel plus de 80 nobles furent exécutés. Aujourd’hui, la place est surtout connue pour ses maisons de marchands aux façades très photographiées et son marché de Noël très fréquenté en décembre.
Autour de Stortorget, une série de monuments se visite aisément à pied.
Le Palais Royal et la cathédrale
Le Palais Royal (Kungliga Slottet) domine la pointe nord de l’île. Cet imposant édifice baroque, construit après l’incendie du château Tre Kronor en 1697 et achevé en 1754, compte plus de 1 400 pièces, ce qui en fait l’un des plus vastes palais habités au monde. Il reste la résidence officielle du roi, même si la famille royale vit au domaine de Drottningholm.
Le palais abrite plusieurs musées : les appartements royaux, la Livrustkammaren (armurerie royale), le musée Tre Kronor consacré à l’ancien château, et le musée d’Antiquités de Gustave III. Chaque jour, la relève de la garde attire les visiteurs dans la cour intérieure, dans une mise en scène très codifiée.
À quelques pas se trouve la cathédrale de Stockholm (Storkyrkan), officielle depuis le XIVᵉ siècle et plus ancienne église de la ville. Son intérieur gothique tardif et sa façade baroque cachent une pièce maîtresse : un spectaculaire groupe sculpté en bois représentant saint Georges terrassant le dragon, datant de 1489.
Musées, ruelles secrètes et palais cachés
Gamla Stan concentre une densité étonnante de lieux à visiter sur un périmètre très compact. L’ancien bâtiment de la Bourse (Börshuset) abrite le musée Nobel, qui raconte l’histoire du prix et de ses lauréats à travers objets, films et archives, mais aussi l’Académie suédoise, qui annonce chaque année le Nobel de littérature, souvent depuis le restaurant Den Gyldene Freden, installé depuis 1722 sur Österlånggatan.
Non loin de là, la minuscule statue de Järnpojke, « le petit garçon de fer », nichée dans une cour isolée, est réputée pour porter chance aux visiteurs qui caressent sa tête, surtout en hiver lorsqu’on le retrouve couvert de petits bonnets tricotés.
Le dédale de ruelles offre aussi quelques curiosités architecturales. Mårten Trotzigs Gränd, la ruelle la plus étroite de Stockholm, se resserre jusqu’à 90 centimètres entre les murs, l’endroit parfait pour mesurer l’urbanisme médiéval de la ville. Plus larges, Västerlånggatan et Österlånggatan forment les axes commerciaux principaux, animés de cafés, boutiques et ateliers.
Sur l’îlot de Riddarholmen, relié à Gamla Stan, se trouvent deux monuments majeurs de l’histoire suédoise : l’église de Riddarholmen (XIIIᵉ siècle), qui sert de nécropole royale abritant les tombes des monarques de Gustave Adolphe à Gustaf V, et le palais Wrangel. Ce dernier, une ancienne forteresse remodelée par Nicodème Tessin l’Ancien, a servi de résidence royale provisoire après l’incendie du palais en 1697.
À proximité immédiate, la Chambre des Nobles (Riddarhuset) et le palais Bonde, aujourd’hui siège de la Cour suprême, rappellent le rôle politique que joua cette île dans le pouvoir suédois.
Ce concentré de patrimoine se parcourt à pied, en visite guidée historique, en balade « fantômes », voire lors de visites de toits organisées par une société spécialisée, pour découvrir la ville en surplomb.
L’archipel de Stockholm : 30 000 îles au bout du quai
Au‑delà de ses musées emblématiques — Vasa, Skansen, ABBA The Museum, Musée nordique, Fotografiska, Gröna Lund, Drottningholm Palace — Stockholm se définit également par son archipel, l’un des paysages les plus spectaculaires du pays. En à peine une demi‑heure de navigation depuis les quais du centre‑ville, le décor urbain laisse place à une mosaïque d’îles couvertes de forêts, de rochers polis par les glaciers et de maisons en bois.
Avec près de 30 000 îles et îlots, l’archipel est le deuxième plus vaste de la Baltique. Il s’étire d’Arholma au nord jusqu’à Landsort au sud, mais un grand nombre de destinations restent accessibles en excursion d’une journée.
Fjäderholmarna, Vaxholm, Sandhamn… les grands classiques
Les îles de Fjäderholmarna sont les plus proches de la capitale, à environ 30 minutes en bateau. Sans voiture, avec leurs maisons colorées, cafés, ateliers d’artisans et petites plages, elles offrent un avant‑goût d’archipel parfait pour un premier jour sur place.
Vaxholm, une petite ville fortifiée située à environ une heure de bateau de Stockholm, est une excursion très prisée. Elle est caractérisée par ses maisons en bois pastel qui bordent un front de mer animé. Sa forteresse, construite au XVIᵉ siècle pour protéger la capitale des attaques venant de l’ouest, se visite aujourd’hui comme un musée et est accessible en navette fluviale depuis le port de Stockholm.
Un peu plus loin, des îles comme Grinda ou Sandhamn permettent de goûter à une ambiance plus maritime, avec ports de plaisance, sentiers de randonnée, criques et plages. Certaines croisières partent aussi vers le site viking de Birka, sur le lac Mälar, ou vers le palais de Drottningholm, combinant patrimoine et navigation.
Comment explorer l’archipel
Plusieurs compagnies structurent le trafic maritime. Strömma Kanalbolaget propose des croisières guidées de 1 h 30, 2 h 30 ou 3 h dans les îles, parfois avec restauration à bord (brunch, fruits de mer, buffets), sur de vieux bateaux comme le S/S Stockholm de 1931 ou le M/S Östanå I de 1906.
La compagnie publique Waxholmsbolaget assure quant à elle des liaisons régulières toute l’année, permettant un véritable « island hopping » en autonomie. On achète son billet à bord par carte bancaire, sans espèces, et des pass de 5 ou 30 jours autorisent des déplacements illimités dans l’archipel.
Les départs principaux se font depuis Strömkajen, Nybrokajen, Stadshusbron, Strandvägen ou Skeppsbron, tous accessibles à pied depuis Gamla Stan ou les quartiers centraux. Un service de ferry de banlieue, la ligne 83 opérée par SL, relie également le centre à Vaxholm avec un simple ticket de transport urbain.
En haute saison, il est conseillé de réserver à l’avance les croisières touristiques, surtout celles incluant repas. Les bateaux disposent en général de cafés vendant sandwiches, pâtisseries, boissons chaudes, bières et vins, et distribuent souvent des couvertures pour profiter du pont extérieur même lorsque l’air reste frais.
Göteborg et son archipel : la façade atlantique de la Suède
Si Stockholm regarde vers la Baltique, Göteborg ouvre la Suède sur la mer du Nord. Deuxième ville du pays, la cité portuaire vit au rythme de ses parcs, de ses canaux, de son grand parc d’attractions Liseberg, mais aussi — et surtout — de son archipel, l’un des plus beaux coins de côte du pays.
Un archipel en deux visages : sud sans voiture, nord habité
Au large de la ville, plus d’une vingtaine d’îles composent l’archipel de Göteborg, partagé en deux zones principales : l’archipel Sud, entièrement sans voiture, et l’archipel Nord, accessible en voiture via des ferries gratuits.
Dans le sud, on rejoint des îles comme Asperö, Brännö, Donsö, Köpstadsö, Styrsö, Vinga ou Vrångö en embarquant à Saltholmen, terminus de tram de la ville. Une fois débarqué, seuls les piétons, vélos et quelques véhicules de service circulent, ce qui renforce l’impression de déconnexion totale.
Découvrez les caractéristiques et les charmes uniques de quatre îles principales de l’archipel méridional de Göteborg.
L’île habitée la plus au sud, réputée pour ses longues plages de sable et ses sentiers balisés tranquilles à travers dunes, rochers et forêts basses.
Plus proche du continent, elle offre des falaises rocheuses et de petites criques abritées pour la baignade, comme à Kvistevik.
Composée de petits villages côtiers (Bratten, Tången, Halsvik) reliés par des chemins de traverse pittoresques.
Reliée à Styrsö par un pont, elle abrite de belles plages familiales comme Torholmen et Korset.
Brännö, jadis île de pêcheurs, attire beaucoup de visiteurs l’été pour ses bals populaires du jeudi soir, « Dans på Brännö Brygga », qui se tiennent de fin juin à mi‑août sur la jetée. Un chemin la relie à l’île‑réserve de Galterö, où paissent des moutons au milieu des landes.
Dans l’archipel Nord, des îles comme Hönö, Öckerö, Fotö, Hälsö ou Rörö forment un chapelet très vivant, relié entre elles par de courts ponts. On les rejoint depuis l’embarcadère de Lilla Varholmen, au nord de Göteborg, via des ferries gratuits pour les voitures et les piétons. Hönö, avec son quartier de Klåva, aligne cafés, restaurants, boutiques et même un marché de Noël en hiver. Öckerö conjugue village pittoresque et réserve naturelle au nord, tandis que Fotö séduit par son petit port de plaisance, ses cabanes de pêche rouges et sa plage de Vivik.
Pour les randonneurs, un sentier balisé, le Skärgårdsleden, traverse plusieurs îles du nord en trois sections, pour un total de 8 à 9 heures de marche, en partant du terminal de ferry de Hönö. C’est un moyen idéal de découvrir criques, landes et points de vue panoramiques sur le Kattegat.
Accès, transports et astuces pratiques
L’archipel Sud est relié à Göteborg par le tram 11 (et le 9 en été) ou le bus 114, qui mettent environ 30 à 35 minutes pour rejoindre Saltholmen. Les ferries 281, 282 et 283 desservent ensuite les différentes îles, avec des traversées variant de 20 minutes pour Köpstadsö à près d’une heure pour Vrångö.
Durée en minutes de la traversée en ferry vers l’île de Hönö depuis Lilla Varholmen.
Les billets des ferries du sud s’achètent dans l’appli Västtrafik To Go, valable pour toute la zone A, avec des tickets simples de 90 minutes autour de 35–36 SEK ou des pass journaliers. Il est possible d’embarquer un vélo, mais les capacités restent limitées sur chaque bateau. L’été, une station de vélos en libre‑service, Styr & Ställ, se situe directement à Saltholmen.
Beaucoup d’îles ne disposent que d’une ou deux options de restauration, parfois fermées hors saison. Mieux vaut donc partir avec de l’eau, quelques encas et de bonnes chaussures. Un maillot de bain, même au printemps ou en automne, n’est pas superflu : les baignades dans la mer du Nord restent un rituel suédois tenace, souvent suivi d’un passage au sauna.
Malmö : architecture contemporaine, vieille ville et bord de mer
Tout au sud, Malmö propose un tout autre visage de la Suède. Troisième ville du pays, reliée à Copenhague par le spectaculaire pont de l’Øresund, elle se présente comme une cité très tournée vers l’avenir, avec plus de 500 kilomètres de pistes cyclables, des quartiers portuaires reconvertis et une scène culturelle dynamique.
Entre gratte‑ciel torsadé et château Renaissance
Dans le quartier ultramoderne de Västra Hamnen, sur l’ancien site d’un chantier naval, la silhouette du Turning Torso domine l’horizon. Ce gratte‑ciel résidentiel de 190 mètres, signé par l’architecte Santiago Calatrava, torsade neuf cubes superposés pour offrir 54 étages d’appartements. Longtemps plus haut bâtiment des pays nordiques, il ouvre partiellement ses étages supérieurs aux visiteurs en été.
À ses pieds, les anciennes friches portuaires ont laissé place à des immeubles durables, des promenades en front de mer et des plages urbaines d’où l’on aperçoit le pont de l’Øresund et, par temps clair, la côte danoise. Des spots de wakeboard, un skatepark géant à Stapelbäddsparken, restaurants de bord d’eau comme la pizzeria de Limhamn, donnent une ambiance de station balnéaire contemporaine.
Le château de Malmö (Malmöhus) témoigne du passé danois de la ville. Reconstruit au XVIᵉ siècle dans un style Renaissance, il est l’un des plus anciens châteaux de ce type en Scandinavie. Il abrite aujourd’hui un vaste ensemble muséal comprenant un musée d’art, un musée d’histoire de la ville, un musée d’histoire naturelle et un aquarium.
Dans les douves et les parcs alentour, un réseau de canaux permet des balades en bateau touristique (« Rundan ») qui passent sous les ponts et longent les façades historiques du centre.
Vieille ville, parcs et scène culturelle
Le cœur ancien de Malmö, Gamla Staden, se concentre autour de Stortorget et Lilla Torg. Sur la grande place, l’hôtel de ville du XVIᵉ siècle, remanié au XIXᵉ dans un style néo‑Renaissance néerlandaise, voisine avec des bâtiments emblématiques comme le Kockska Huset, ancienne demeure d’un puissant maire et commerçant du début du XVIᵉ siècle, ou la pharmacie Apoteket Lejonet, connue pour son intérieur Art nouveau.
La place Lilla Torg, de taille intime, est bordée de maisons à colombages, de terrasses et de restaurants. Les ruelles adjacentes abritent des boutiques de design scandinave et de meubles vintage. On y trouve également le Moderna Museet Malmö, antenne du musée d’art moderne de Stockholm, installé dans une ancienne centrale électrique en brique rouge à laquelle est adjoint un cube orange très contemporain.
Les amateurs d’architecture peuvent compléter avec la bibliothèque municipale et son extension de verre surnommée « le Calendrier », le centre culturel Malmö Live, à la fois salle de concert (résidence de l’Orchestre symphonique de Malmö), centre de conférences et hôtel, ou encore des églises gothiques comme Sankt Petri kyrka, la plus ancienne de la ville, avec ses briques rouges et ses fresques restaurées.
Côté espaces verts, Kungsparken, plus ancien parc public de la ville, dessine un jardin à l’anglaise au bord des canaux, tandis que Pildammsparken, créé pour l’Exposition baltique de 1914, offre de longs parcours de jogging autour des étangs. Juste derrière Malmöhus, le jardin écologique Slottsträdgården mêle potagers, massifs fleuris et un café prisé, popularisé par une émission de télévision consacrée au jardinage.
Enfin, la ville s’est taillée une réputation dans les domaines du street art, du design et de la gastronomie, avec des festivals comme Southern Sweden Design Days, des marchés comme les halles de Malmö Saluhall (installées dans un ancien entrepôt ferroviaire de 1890) et une scène de restaurants qui va du vegan créatif aux tables gastronomiques.
Laponie suédoise : Icehotel, Kiruna et aurores boréales
Pour beaucoup de voyageurs, la Suède rime aussi avec grands espaces arctiques, nuit polaire et ciel vert fluorescent. La région de la Laponie suédoise, qui couvre près d’un quart du pays, concentre les plus beaux paysages de toundra, de montagnes et de lacs gelés du royaume.
Kiruna et la région : une ville qui se déplace
Kiruna, en Norrbotten, est la ville la plus au nord de Suède. Construite au début du XXᵉ siècle sur la colline de Haukavaara, elle se situe à environ 145 kilomètres au‑delà du cercle polaire, au milieu d’un paysage de collines (Kiirunavaara, Luossavaara), de lacs comme Luossajärvi et d’immenses forêts. L’aire fait partie du Sápmi, territoire culturel du peuple sami, qui s’étend sur la Suède, la Norvège, la Finlande et la Russie.
Kiruna s’est développée autour de l’exploitation d’un gisement de minerai de fer parmi les plus importants d’Europe. La compagnie minière LKAB, fondée en 1890 et aujourd’hui détenue par l’État, produit encore près de 80 % du minerai de fer européen, expédié par train jusqu’au port norvégien de Narvik.
Ce gigantisme souterrain a une conséquence spectaculaire : l’affaissement progressif du sol a rendu nécessaire le déplacement du centre-ville sur plusieurs kilomètres vers l’est. Initié en 2014, ce chantier pharaonique s’étalera jusqu’à la fin du siècle. Des bâtiments iconiques ont déjà été déplacés, notamment l’église en bois de 1912, élue plus belle construction de Suède en 2001, qui a été translatée physiquement en août 2025.
Les visiteurs ont la possibilité de découvrir ce chantier urbain grâce à des visites guidées spécifiques. Certaines de ces visites peuvent être combinées avec une descente dans la mine, offrant ainsi une compréhension approfondie du fonctionnement de cette industrie majeure.
Icehotel de Jukkasjärvi : dormir dans une œuvre d’art de glace
À une quinzaine de kilomètres de Kiruna, sur les rives du fleuve Torne, le village de Jukkasjärvi abrite l’un des sites touristiques les plus célèbres du pays : l’Icehotel, considéré comme l’une des « sept merveilles » de Suède.
Créé au tournant des années 1990 à partir d’un simple igloo accueillant des expositions artistiques, l’hôtel est devenu le premier établissement hôtelier au monde entièrement construit en neige et en glace. Chaque hiver, à partir de mi‑novembre, des milliers de tonnes de neige et de blocs de glace découpés dans le Torne sont transformés en corridors, chambres, suites d’art, bar et même chapelle.
La structure s’étend sur environ 6 000 m², ce qui en fait le plus grand hôtel de glace de la planète. La température intérieure est maintenue entre -5 et -8 °C. Les hôtes qui choisissent de dormir dans une chambre « froide » s’installent sur un lit de glace recouvert de peaux de renne, glissent dans un sac de couchage thermique, et sont réveillés le matin avec un jus de lingonberry bien chaud, avant de rejoindre sauna et douches dans un bâtiment chauffé.
Plus de 500 artistes ont sculpté des chambres ou des éléments de l’hôtel au fil des décennies.
Si la partie « saisonnière » du complexe fond au printemps et retourne au fleuve, une extension permanente, Icehotel 365, permet depuis 2016 de visiter des chambres de glace toute l’année, grâce à un système de refroidissement alimenté par l’énergie solaire. L’établissement insiste sur sa démarche environnementale, en utilisant des matériaux locaux et des énergies renouvelables, avec l’objectif déclaré de devenir à terme climatiquement positif.
L’endroit ne se limite pas au simple hébergement. Les visiteurs de passage peuvent acheter un billet journalier pour visiter les suites comme un musée, participer à des ateliers de sculpture sur glace, boire un cocktail dans un verre taillé dans la glace du Torne ou dîner à la table gastronomique du Veranda. Les tarifs d’entrée journalière tournent, en hiver, autour de 349 SEK pour un adulte, avec des prix réduits pour étudiants, seniors et enfants.
Aurores boréales : où et quand les voir au mieux
La Laponie suédoise est positionnée sous l’ovale auroral entre 60 et 75° de latitude Nord, ce qui en fait l’une des meilleures régions au monde pour observer les aurores boréales. Ce phénomène lumineux naît de la collision entre des particules chargées issues du vent solaire et les gaz de la haute atmosphère terrestre ; l’oxygène produit des teintes vertes et rouges, l’azote des nuances bleues et violettes. Parfois, les draperies lumineuses semblent bouger comme un voile, un arc ou des colonnes pulsantes.
Pour augmenter vos chances d’admirer les aurores boréales, plusieurs conditions sont essentielles : voyagez entre septembre et mars (période optimale de novembre à février), éloignez-vous des villes pour fuir la pollution lumineuse et assurez-vous d’avoir un ciel clair. Restez éveillé entre 18h et 2h du matin, les probabilités étant maximales vers 22h-23h. De plus, la période du maximum solaire, qui suit un cycle d’environ 11 ans, intensifie la fréquence des phénomènes, rendant les saisons 2025-2026 particulièrement propices à l’observation.
Parmi les spots les plus renommés figure Abisko, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Kiruna, au bord du lac Torneträsk. Un microclimat particulier, souvent décrit comme un « trou bleu » au‑dessus du parc national, tend à écarter les nuages grâce à l’encerclement montagneux. C’est là que se trouve l’Aurora Sky Station, plateforme d’observation perchée à 900 m d’altitude sur le mont Nuolja, accessible par télésiège, avec salle d’exposition, café et terrasse panoramique.
Les statistiques évoquent une probabilité très élevée d’observer des aurores sur trois nuits consécutives à Abisko lorsque le ciel est dégagé, ce qui explique la popularité des séjours de 3 ou 4 nuits autour de la station touristique STF Abisko.
D’autres lieux, comme Gällivare et son domaine skiable de Dundret, les abords de Luleå et de l’archipel de la baie de Botnie, ou encore Haparanda à la frontière finlandaise, bordée par la « route des aurores » le long du fleuve Torne, offrent également d’excellentes conditions, surtout en plein hiver lorsque les surfaces gelées reflètent les lueurs du ciel.
Pour les photographes, les conseils restent classiques : trépied, déclencheur, mise au point manuelle, ouverture large (f/2.8 par exemple), temps de pose entre 10 et 30 secondes, ISO de départ autour de 800, et plusieurs batteries tenues au chaud dans les poches, le froid extrême épuisant rapidement l’électronique.
Patrimoine mondial de l’UNESCO : un fil rouge culturel à travers le pays
La Suède compte 15 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont 13 culturels, un naturel et un mixte, ce qui la place parmi les pays européens les plus riches en sites de ce type. Plusieurs de ces lieux se croisent avec les itinéraires touristiques classiques et constituent d’excellentes étapes.
Palais de Drottningholm, Birka, Haute Côte…
Autour de Stockholm, le domaine royal de Drottningholm sur l’île de Lovön, dans le lac Mälar, est un passage obligé pour qui s’intéresse à l’architecture palatiale. Résidence privée de la famille royale, le palais, inspiré de Versailles et des modèles baroques et rococo français, comprend un théâtre du XVIIIᵉ siècle remarquablement préservé, encore utilisé avec sa machinerie d’époque, ainsi qu’un pavillon chinois dans le parc.
Grand comptoir commercial du VIIIᵉ au Xᵉ siècle, Birka fut l’une des premières communautés chrétiennes du pays, fondée par le missionnaire Ansgar vers 830.
Ensemble archéologique de Birka et Hovgården
Plus au nord, la « vieille ville hanséatique » de Visby, sur l’île de Gotland, conserve une muraille médiévale longue de 3,4 kilomètres ponctuée de tours, et plus de 200 entrepôts et maisons de marchands des XIIᵉ–XIVᵉ siècles. C’est l’une des villes médiévales les mieux conservées d’Europe, facilement visitable depuis Stockholm par avion ou par ferry.
L’aire de Laponia, dans le grand nord, est un site mixte classé au patrimoine mondial. Elle protège environ 9 400 km² de paysages variés (montagnes, vallées, zones humides, forêts) et reconnaît la culture du peuple sami, qui y pratique l’élevage traditionnel de rennes. La région abrite des parcs nationaux emblématiques comme Sarek, Stora Sjöfallet et Padjelanta, ce qui en fait une destination prisée pour le trekking estival.
Sur la côte orientale, la Haute Côte (Höga Kusten), inscrite comme patrimoine naturel conjointement avec l’archipel finlandais de Kvarken, illustre la remontée isostatique post‑glaciaire la plus spectaculaire du monde. Les roches, autrefois écrasées par un kilomètre de glace, se soulèvent encore aujourd’hui, modifiant peu à peu le littoral.
Enfin, des sites comme la ville‑église de Gammelstad près de Luleå, où des centaines de cabanes en bois entourent une église du XVe siècle, ou encore les gravures rupestres de Tanum dans le Bohuslän, avec près de 1 500 panneaux de l’âge du Bronze, complètent ce réseau qui traverse le pays de la Scanie jusqu’au cercle polaire.
Châteaux, manoirs et hôtels de charme : dormir dans l’Histoire
Les châteaux ne sont pas qu’un décor de carte postale en Suède : beaucoup ont été transformés en hôtels, restaurants ou centres culturels, ce qui permet aux voyageurs de passer la nuit dans des murs vieux de plusieurs siècles.
Dans la région de Stockholm, des demeures comme Ulfsunda, Hesselby, Åkeshov, Näsby, Lejondal ou Häringe, souvent gérées par des groupes spécialisés, proposent des séjours thématiques : week‑ends romantiques, dégustations de champagne, dîners gastronomiques, soirées « enquête » façon murder party. Certains lieux, comme Ulfsunda, à deux pas du lac Mälar et d’une réserve naturelle, revendiquent plusieurs siècles d’histoire et jusqu’à la visite de souverains comme la reine Christine.
Dans la région de Göteborg, des manoirs et petits châteaux tels qu’Aspenäs, Hällsnäs, Bjertorp ou Tofta proposent des séjours au cœur des forêts et des lacs. Ces établissements combinent hébergement, gastronomie locale et spa avec des activités de plein air comme la randonnée ou l’équitation, et offrent également des dégustations de spiritueux locaux comme le whisky ou le gin.
Sur les côtes ou les îles, certains châteaux ont des fonctions plus muséales. Kalmar Slott, sur la Baltique, l’un des châteaux Renaissance les mieux préservés du pays, domine la mer au bout d’un pont de pierre et raconte l’union de Kalmar de 1397, qui avait réuni les couronnes de Danemark, Norvège et Suède. À l’autre bout du pays, Borgholm, sur l’île d’Öland, n’est plus qu’une forteresse ruinée, ravagée par un incendie au début du XIXᵉ siècle, mais ses murailles dominent toujours un plateau calcaire spectaculaire, inscrit au patrimoine mondial dans le cadre des paysages agraires de l’île.
En Suède, plusieurs châteaux urbains ont été reconvertis. À Malmö, l’ancien château Renaissance accueille désormais plusieurs musées. À Örebro, la forteresse médiévale, transformée en château Renaissance sur un îlot de la rivière Svartån, est aujourd’hui un monument national et sert de lieu pour des concerts. À Uppsala, le château rose surplombe la vieille université et abrite un musée d’art.
Pour les voyageurs, ces lieux offrent une manière douce de ponctuer un trajet entre deux grandes régions : une nuit en château‑hôtel entre Stockholm et Göteborg, par exemple, permet de découvrir une Suède plus rurale, faite de lacs, de forêts et de petites communes historiques.
Conseils pratiques pour combiner ces incontournables
Face à l’abondance de sites — villes historiques, archipels, Laponie, châteaux, sites UNESCO — il peut être difficile de structurer un itinéraire sans se disperser. Quelques logiques de voyage se dessinent néanmoins clairement.
Sur une semaine en été, un combiné Stockholm + archipel + château proche (par exemple Gripsholm ou Skokloster, tous deux au bord du Mälar) offre un très bon aperçu de la Suède centrale. On peut y ajouter une excursion en bateau à Drottningholm ou à Birka, et quelques musées emblématiques de la capitale comme le Vasa ou Skansen.
Pour un séjour d’une dizaine de jours, il est recommandé d’ajouter Göteborg et son archipel, accessibles depuis Stockholm en train, ainsi qu’un séjour dans un château-hôtel en Scanie ou près du lac Vänern. Le parcours peut se conclure par la visite contemporaine de Malmö, reliée à Göteborg par train et à Copenhague par le pont de l’Øresund.
En hiver, la combinaison Stockholm + Laponie séduit ceux qui rêvent d’aurores et de paysages de neige. On rejoint Kiruna en train de nuit ou en avion depuis la capitale, puis on compartimente son séjour entre nuits en hôtel « classique » (pour récupérer du froid) et une ou deux nuits dans un hébergement plus expérimental comme l’Icehotel ou une cabane design perchée dans les sapins. Les activités — chiens de traîneau, motoneige, raquettes, ski de fond, saunas — complètent le tableau.
Le rapport de recherche indique que les circuits organisés combinant la Suède et les pays voisins coûtent généralement entre 2 600 et plus de 6 000 dollars pour une dizaine de jours ou plus. Pour réduire significativement ce budget, les voyageurs indépendants peuvent privilégier les déplacements en train, voyager en basse saison, et alterner quelques nuits en auberge de jeunesse ou location avec des hôtels de charme.
Enfin, il ne faut pas négliger quelques aspects logistiques : la monnaie reste la couronne suédoise (SEK), même si le paiement sans contact est quasi universel ; les prises électriques sont de type C ou F en 230 V ; on roule à droite ; l’anglais est largement maîtrisé, mais quelques mots de suédois et la compréhension de notions comme fika (pause café et gâteau, quasi sacralisée) facilitent les échanges.
Entre Gamla Stan et l’Icehotel, entre les îles brumeuses de l’archipel de Göteborg et les murailles solitaires de Visby, la Suède offre un véritable patchwork de paysages et d’ambiances. En prenant le temps de jouer avec les saisons — soleil de minuit ou nuits vertes, couleurs d’automne ou festivals d’été — chacun peut y composer son propre voyage, équilibré entre villes, nature et histoire, sans jamais avoir l’impression de revivre un itinéraire standard.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Suède, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Suède pour sa stabilité juridique et fiscale, l’absence d’impôt sur la fortune, une protection sociale parmi les plus complètes au monde et un environnement économique très innovant. Malgré une pression fiscale plus élevée, l’arbitrage s’est fondé sur la sécurité patrimoniale, la qualité de vie (services publics, santé, éducation pour ses héritiers) et l’accès UE/Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location longue durée à Stockholm, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), coordination avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, relocation) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration internationale si nécessaire).
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