S’installer en Suède séduit beaucoup d’expatriés : qualité de vie, nature omniprésente, services publics efficaces, culture du lagom et du travail équilibré. Mais pour que l’expérience reste vraiment sereine, mieux vaut comprendre les enjeux de sécurité, les risques réels et la manière dont la société suédoise y répond, en ligne comme dans la rue, à la maison comme au bureau.
La Suède est globalement sûre et bien classée en matière de paix et de bonheur. Cependant, des défis existent : forte augmentation des escroqueries en ligne, violence de certains réseaux criminels, sentiment d’insécurité croissant, inquiétudes terroristes et dépendance numérique. Les expatriés sont particulièrement exposés aux arnaques aux logements, fraudes bancaires, vols dans les zones touristiques et à l’incompréhension des règles locales.
Cette réalité demande moins de peur que de préparation. En comprenant comment fonctionne la sécurité en Suède, quelles sont vos ressources et quelles erreurs éviter, vous pouvez vivre votre expatriation avec beaucoup de tranquillité.
Un pays globalement sûr, mais un environnement plus complexe
La Suède est souvent citée parmi les pays les plus sûrs au monde. Les taux d’homicides et de violences graves restent bas dans une perspective internationale et les institutions sont solides, transparentes et accessibles. Les changements de gouvernement se font par élections pacifiques, la corruption est faible et la police bénéficie d’un niveau de confiance élevé dans la population.
Les trois grandes métropoles (Stockholm, Göteborg, Malmö) concentrent désormais des problèmes de sécurité, incluant des réseaux criminels organisés, des fusillades ciblées et des explosions liées à des règlements de comptes. Bien que ces violences touchent rarement les expatriés ou les touristes, elles contribuent à un sentiment d’inquiétude réel dans le pays.
Selon les données récentes, on observe à la fois : les tendances de croissance économique et les variations de l’inflation.
| Indicateur | Tendance récente en Suède |
|---|---|
| Homicides confirmés (2024) | En baisse, 92 cas, plus bas niveau depuis 10 ans |
| Fusillades | Diminution d’environ un tiers entre 2022 et 2024 |
| Explosions / bombes | Niveau sans équivalent en Europe hors zones de guerre |
| Vols, cambriolages, vols de voiture (2024) | En baisse significative |
| Infractions liées à la drogue | En forte hausse (surtout possession) |
| Exposition globale aux délits contre la personne | Stable depuis 2020 autour de 20 % de la population |
| Sentiment que « la criminalité est un gros problème » | En nette augmentation depuis 2014 |
Pour vous, expatrié, cela signifie deux choses essentielles :
1. Les risques quotidiens qui vous concernent le plus restent surtout la petite délinquance (pickpockets, vols de vélos, cambriolages, escroqueries) et les fraudes numériques. 2. Les violences lourdes existent mais sont très localisées dans certains quartiers classés « vulnérables », généralement en périphérie et rarement fréquentés par les nouveaux arrivants.
Comprendre cette nuance évite de tomber dans deux extrêmes : la naïveté totale d’un côté, la paranoïa alimentée par les gros titres de l’autre.
Escroqueries en ligne et arnaques du quotidien : le nouveau visage du risque
L’un des changements les plus marquants en Suède concerne la fraude, surtout en ligne. Le pays est extrêmement numérisé : paiements par carte ou mobile, identités électroniques, services publics en ligne… Un paradis pour l’usager, mais aussi un terrain de jeu pour les escrocs.
Un coût économique massif
Un rapport intitulé « 2024 State of Scams in Sweden », publié par la Global Anti-Scam Alliance (GASA) avec BioCatch, dresse un constat préoccupant :
| Chiffre clé (12 mois précédant le rapport) | Valeur estimée |
|---|---|
| Pertes totales liées aux arnaques | 2,75 milliards USD (≈ 28,6 milliards SEK) |
| Part du PIB | 0,50 % (contre 0,40 % la période précédente) |
| Victimes | 1 habitant sur 8 |
| Tentatives d’arnaques | 45 % des personnes en reçoivent au moins 1/mois |
| Hausse des tentatives | +93 % en deux ans |
| Perte moyenne par victime | 2 726 USD (≈ 28 370 SEK) |
| Victimes signalant aux autorités | 20 % seulement |
| Victimes récupérant leur argent | 10 % seulement |
| Victimes déclarant une détresse émotionnelle sévère | 57 % |
En clair, les escroqueries ne sont pas une nuisance marginale mais un véritable problème de société, avec un impact financier et psychologique lourd.
Pour un expatrié, souvent en phase d’installation et peu familier des codes locaux, le risque de se faire piéger est objectivement plus élevé.
Canaux et techniques les plus fréquents
Les modes opératoires privilégiés en Suède suivent un schéma très cohérent avec un pays ultra connecté :
– E‑mails et SMS : ce sont les vecteurs les plus utilisés pour lancer des arnaques (phishing, liens frauduleux, faux retards de colis, fausses factures, etc.).
– Réseaux sociaux (Facebook, Instagram, WhatsApp) : fortement exploités pour des arnaques d’investissement, de cryptomonnaies, de romance ou de fausses ventes.
– Appels téléphoniques (vishing) : usurpation de banques, d’administrations ou de services techniques pour soutirer des identifiants ou pousser à installer un logiciel de prise de contrôle à distance.
Certains scénarios reviennent très souvent, comme par exemple les situations de crise nécessitant une communication rapide et claire, ou les processus de vente standardisés qui se répètent avec différents clients. Ces modèles récurrents permettent d’établir des procédures et des réponses types pour gagner en efficacité.
– Fraudes BankID ou codes de sécurité : un faux employé de banque ou de société vous demande un code BankID, un mot de passe ou vous pousse à « signer » une opération. En Suède, aucun organisme légitime ne vous demandera jamais un code BankID ou un code de validation par téléphone.
– Prise de contrôle à distance : un interlocuteur « technique » vous invite à installer AnyDesk, TeamViewer ou équivalent pour « vérifier votre ordinateur ». Dans de très nombreux cas, la finalité est de vider vos comptes.
– Escroqueries à la location : en particulier dans les villes en tension immobilière (Stockholm, Göteborg, Malmö, Lund), avec demandes de dépôt avant visite, faux propriétaires à l’étranger, clés qui ne fonctionnent pas ou logements qui n’existent pas.
Focus : arnaques liées aux logements, piège classique des expatriés
La pénurie de logements dans certaines villes rend les nouveaux arrivants vulnérables. Les fraudes locatives suivent des schémas relativement fréquents :
Méfiez-vous de trois escroqueries courantes : 1) L’appartement inexistant : annonce alléchante, le ‘propriétaire’ est prétendument à l’étranger et exige un virement international avant toute visite. Après le paiement, il disparaît. 2) La sous-location illégitime : vous visitez un vrai logement et signez avec un ‘sous-locataire’ qui n’en a pas le droit. Après paiement, le vrai propriétaire vous expulse. 3) Les clés inutilisables : après un dépôt, vous recevez des clés ou un code qui ne fonctionnent pas, et l’escroc se volatilise.
Pour réduire fortement ces risques, quelques réflexes sont essentiels :
– Ne jamais verser de dépôt avant d’avoir visité le logement et signé un contrat écrit.
– Vérifier l’identité du bailleur et sa correspondance avec le nom figurant au contrat.
– Privilégier des plateformes ou structures reconnues pour la sous-location comme Samtrygg ou Akademisk Kvart.
– Sur les sites d’annonces génériques (comme Blocket.se), se méfier des offres « trop belles pour être vraies » et refuser tout paiement via des canaux opaques.
Arnaques d’investissement, de romance et de fausses offres d’emploi
Les réseaux sociaux sont aussi le théâtre d’escroqueries plus sophistiquées :
Méfiez-vous des fraudes courantes : promesses de rendements élevés en cryptomonnaie via de fausses applications ou influenceurs (vérifiez la liste noire de la Finansinspektionen), relations en ligne prolongées aboutissant à des demandes d’argent (parfois vers la Russie), et offres d’emploi exigeant des frais initiaux, ce qui est anormal en Suède où ces coûts sont à la charge de l’employeur.
Comment réagir en cas d’arnaque
En pratique, beaucoup de victimes ne signalent pas les faits, ce qui limite les possibilités d’enquête et de récupération des fonds. Pourtant, plusieurs leviers existent :
– Signaler immédiatement à sa banque : plus la réaction est rapide, plus la probabilité d’annuler un virement ou une transaction est élevée.
– Porter plainte auprès de la police (Polisen), en ligne ou dans un commissariat : c’est nécessaire, entre autres, pour certaines indemnisations ou pour faire jouer une jurisprudence récente de la Cour suprême qui a élargi les possibilités d’obtenir un remboursement auprès des banques.
– Informer la Konsumentverket (Agence suédoise de la consommation) en cas de pratiques commerciales trompeuses.
– Pour des escroqueries financières complexes (cryptos, réseaux internationaux), certaines sociétés spécialisées comme T&H Consulting peuvent accompagner les démarches.
Même si la probabilité de récupérer intégralement les fonds reste limitée (seulement 10 % des victimes, selon le rapport GASA), faire ces démarches permet de limiter les dégâts, de se protéger juridiquement et de contribuer à la lutte globale contre les réseaux.
Criminalité de rue, quartiers à éviter et réalité du terrain
Sur le terrain, la petite délinquance reste la principale source d’ennuis potentiels pour un expatrié. Les vols à la tire, les escroqueries aux taxis ou aux faux billets d’entrée concernent davantage les centres urbains et les zones touristiques qu’une criminalité « lourde ».
Villes et quartiers : où se situent vraiment les risques ?
Les grandes villes concentrent logiquement plus de faits constatés. En 2010, Stockholm comptait 142 crimes pour 1 000 habitants, contre 87 pour 1 000 au niveau national. Aujourd’hui encore, la capitale et ses environs concentrent la majorité des cas de violences graves.
Les autorités policières distinguent des « zones vulnérables » – environ 60 à 65 quartiers sur tout le territoire – où les réseaux criminels sont plus actifs, souvent dans des banlieues à faibles revenus et forte proportion de populations issues de l’immigration. À Stockholm, des noms comme Rinkeby, Tensta, Husby, Fittja ou Alby reviennent régulièrement dans ce contexte ; à Göteborg, Biskopsgården ou Bergsjön ; à Malmö, Rosengård.
Ces zones :
Ces zones, situées loin des circuits touristiques et des quartiers d’affaires, concentrent la majorité des fusillades et explosions (généralement ciblées) et ne sont pas des lieux d’installation privilégiés par les expatriés.
À l’inverse, les quartiers centraux de Stockholm – Södermalm, Kungsholmen, Östermalm, Vasastan, Norrmalm, Gamla Stan, Djurgården – ainsi que des banlieues aisées comme Bromma, Danderyd, Ekerö ou Lidingö sont considérés comme sûrs et recherchés par les familles étrangères.
Petites arnaques et vols courants
En pratique, les désagréments les plus fréquents que rapportent voyageurs et expatriés en Suède relèvent de la petite délinquance :
À Stockholm, soyez particulièrement vigilant face aux pickpockets dans les zones touristiques (Gamla Stan, Sergels Torg, T-Centralen, musées, métro), aux vols de vélos (utilisez deux bons antivols), aux vols opportunistes dans les halls d’hôtel, cafés et transports, et aux tentatives d’arnaques liées aux taxis, notamment dans les gares et à l’aéroport.
Pour ce dernier point, la dérégulation du secteur en 1990 a permis la prolifération de taxis aux tarifs très variables. Depuis, une réforme impose un autocollant sur la vitre indiquant le prix indicatif d’une course de 10 km/15 minutes. Le tarif raisonnable se situe en général entre 290 et 390 SEK pour ce trajet type. À Stockholm, les compagnies sérieuses sont bien identifiées (Taxi Stockholm, Taxi Kurir, Taxi 020, entre autres) et constituent le meilleur choix.
Les transports publics restent cependant l’option la plus sûre et la plus économique pour se déplacer, y compris tard le soir, avec des dispositifs de sécurité et de la vidéosurveillance dans les grandes villes.
La sécurité au quotidien : maison, immeuble, incendies
La sécurité en Suède, c’est aussi beaucoup de prévention. Les normes de sécurité domestique, la lutte contre les incendies et l’organisation des immeubles sont conçues pour réduire fortement les risques. Mais en tant que locataire ou propriétaire, vous avez des obligations particulières.
Immeubles et sécurité incendie
La législation suédoise impose aux propriétaires comme aux occupants de prendre des mesures de prévention :
Chaque logement doit être équipé d’au moins un détecteur de fumée fonctionnel, dont l’entretien (batteries) revient souvent au locataire. Les parties communes (couloirs, escaliers, issues de secours) doivent rester dégagées de tout objet, sous peine d’amende. Les caves et greniers doivent être exempts de matériaux inflammables et leurs portes fermées à clé. L’entretien des équipements de sécurité (clapets coupe-feu, ventilateurs, points d’accès pompiers) est à la charge de la copropriété ou du bailleur.
En cas d’incendie, les consignes sont strictes : appeler le 112, quitter les lieux si possible en fermant portes et fenêtres derrière soi, avertir les voisins, ne jamais utiliser l’ascenseur, et ne tenter d’éteindre que les petits départs de feu si cela peut être fait sans danger (par exemple en étouffant une casserole d’huile avec un couvercle, surtout pas avec de l’eau).
Alarmes, caméras et assurance habitation
Le marché des systèmes d’alarme domestique est très développé en Suède. Deux grands acteurs dominent (Verisure et Sector Alarm), mais d’autres sociétés comme Securitas, Svenska Alarm, WeBeHome ou Ajax Systems sont présentes.
Ce sont les points essentiels à retenir de l’article.
– Beaucoup de contrats incluent une connexion à une centrale de télésurveillance, avec intervention de garde ou appel des services d’urgence.
– La police ne se déplace sur alarme que si une personne est physiquement présente sur place pour confirmer qu’un cambriolage est en cours, ce qui évite les déplacements pour fausses alertes.
– Les assureurs accordent souvent une réduction d’environ 5 % sur la prime si le logement est équipé d’un système relié à un centre agréé.
– L’assurance habitation (hemförsäkring) est quasi indispensable : elle couvre généralement les biens, la responsabilité civile, parfois une protection juridique et une assurance voyage de base.
Pour un expatrié, souscrire une bonne assurance habitation dès l’installation est l’un des meilleurs investissements en matière de sécurité, d’autant que les cambriolages, même en baisse, restent une réalité.
Santé, urgences médicales et système de soins
Une grande partie du sentiment de sécurité dans un pays tient à la certitude d’être correctement pris en charge en cas de problème de santé. Sur ce point, la Suède est particulièrement rassurante.
Un système de santé parmi les plus performants au monde
Le pays consacre plus de 10 % de son PIB à la santé, avec un système public universel largement financé par l’impôt (environ 97 % du financement est fiscal). Les résultats sont excellents : espérance de vie au‑delà de 82 ans, mortalité maternelle et infantile parmi les plus basses au monde.
Dans les faits, pour un résident enregistré :
Aperçu des tarifs pour les patients et du système de protection contre les frais élevés (högkostnadsskydd).
Entre 100 et 300 SEK par consultation, avec un plafond maximum de 300 SEK.
Une visite coûte généralement autour de 400 SEK.
Coûte environ 100 à 110 SEK par jour.
Le högkostnadsskydd : après un seuil annuel (environ 1 100–1 200 SEK pour les soins), les soins deviennent quasi gratuits pour le reste de l’année.
Un plafond annuel distinct s’applique également aux dépenses en médicaments.
Bénéficient souvent de la gratuité des soins, selon leur âge et la région.
La contrepartie principale : des délais parfois longs pour certains spécialistes ou opérations non urgentes, malgré une garantie de prise en charge qui tente de limiter l’attente.
Accès aux soins pour les expatriés
Tout repose sur l’obtention du personnummer, le numéro d’identité personnel délivré par Skatteverket. Une fois ce numéro obtenu, vous pouvez :
– vous inscrire dans un centre de santé (vårdcentral) de quartier,
– accéder aux tarifs publics plafonnés,
– voir vos ordonnances et soins intégrés dans le système national.
Avant d’obtenir un numéro fiscal, ou pour un séjour de courte durée, il est crucial de posséder les documents ou autorisations nécessaires.
– soit une carte européenne d’assurance maladie (pour les citoyens UE/EEE),
– soit une assurance privée complète pour les ressortissants hors UE.
Pour les expatriés long terme, une assurance privée complémentaire peut aussi être intéressante, surtout pour réduire les délais d’accès à certains spécialistes ou bénéficier de services additionnels (seconde opinion, télémédecine renforcée, couverture à l’étranger).
Numéros et services à connaître
La Suède dispose d’un réseau de numéros d’urgence et de soutien très structuré :
| Service | Numéro | Usage principal |
|---|---|---|
| Urgences (police, pompiers, ambulance) | 112 | Danger immédiat, accident grave, incendie, malaise |
| Police non urgente | 114 14 | Dépôt de plainte, signalement, questions générales |
| Conseil médical | 1177 | Infirmiers de garde, avis médical 24/7 |
| Info en cas de crise | 113 13 | Informations officielles sur accidents majeurs |
| Enfants disparus | 116 000 | Ligne dédiée, opérée par SOS Alarm |
| Soutien émotionnel | 116 123 | Ligne d’écoute anonyme |
| Aide aux victimes | 116 006 | Soutien aux victimes d’infractions |
Les opérateurs parlent généralement suédois et anglais, avec la possibilité d’obtenir un interprète pour d’autres langues lorsque la situation le permet.
Pour vous, l’essentiel est de mémoriser au moins 112, 1177 et 114 14, et de savoir que l’on peut appeler 1177 avant de se rendre aux urgences afin de gagner du temps et d’être orienté.
La sécurité d’une expatriation ne se résume pas à l’absence de coups et blessures. Elle englobe aussi la capacité à comprendre les codes sociaux, à ne pas s’isoler et à se sentir légitime dans la société d’accueil. La culture suédoise, avec ses valeurs d’égalité, de confiance et de discrétion, façonne en profondeur le climat de sécurité.
Une société très normée, mais prévisible
Les Suédois se décrivent eux-mêmes comme réservés, évitant les conflits, respectant les règles et faisant confiance aux autorités. Quelques traits structurants :
La culture suédoise repose sur plusieurs piliers fondamentaux : le *lagom*, qui prône la modération et évite les excès ; la transparence dans les administrations et les procédures ; l’égalité, visible par des hiérarchies atténuées au travail et un rejet des discriminations ; et le respect strict de l’espace personnel dans les lieux publics.
Pour un expatrié, ces normes sont plutôt protectrices : peu d’agressions verbales en public, quasi-absence de harcèlement de rue signalée par les étrangers, environnement prévisible.
En revanche, cette discrétion peut se traduire par un sentiment de solitude ou de difficulté à se faire des amis, ce qui, à long terme, affecte le sentiment de sécurité émotionnelle. Des outils d’intégration existent : cours de suédois gratuits (SFI), associations sportives, clubs de loisirs, studiecirklar (cercles d’étude), événements internationaux dans les grandes villes.
Diversité et politiques d’intégration
La Suède est très marquée par l’immigration récente : environ 20 % de la population est née à l’étranger et une proportion encore plus grande a au moins un parent né hors du pays. Les origines les plus fréquentes incluent la Syrie, l’Irak, l’Iran, la Somalie ou l’Afghanistan, mais aussi des pays européens voisins.
La Suède dispose d’un cadre officiel d’intégration comprenant un programme d’établissement, des cours de langue gratuits et une formation civique, visant l’égalité des droits. Bien que le pays soit régulièrement classé parmi les meilleurs pour sa politique d’intégration, les résultats concrets sur le terrain font l’objet de débats.
Pour un expatrié qualifié venant pour le travail ou les études, ces dispositifs sont souvent perçus comme généreux : accès aux cours de langue, accompagnement pour trouver un emploi, information en plusieurs langues via le portail Informationsverige.se, etc.
Risques particuliers : terrorisme, extrémisme, cybermenaces
À côté des risques individuels (escroqueries, vols, accidents) existent des menaces plus diffuses : terrorisme, extrémisme violent, cyberattaques. La Suède n’y échappe pas.
Menace terroriste
Le service de sécurité suédois (SÄPO) évalue régulièrement le niveau de menace sur une échelle à cinq niveaux. Ces dernières années, le niveau a été placé au rang « Élevé » (3 sur 5), ce qui reflète une probabilité jugée réelle, sans être imminente, d’attentats.
Concrètement :
La dernière attaque majeure en Suède remonte à 2017 (camion lancé sur des piétons à Stockholm, 5 morts). Depuis, les services de sécurité ont déjoué plusieurs projets. Les menaces actuelles proviennent principalement de « loups solitaires » ou de petites cellules radicalisées en ligne, pouvant utiliser des moyens simples (couteaux, véhicules, armes à feu). Des facteurs comme certaines provocations publiques (ex. : autour de livres religieux), la position diplomatique du pays ou son adhésion à des alliances de défense peuvent alimenter ces ressentiments.
Pour l’expatrié, la recommandation des autorités reste classique : éviter les foules lors de périodes de tension, rester attentif à son environnement dans les lieux très fréquentés, suivre les conseils locaux, sans pour autant renoncer à la vie quotidienne.
Cybercriminalité : un enjeu majeur dans un pays sans cash
La Suède est l’un des pays les plus numérisés de la planète, avec une utilisation massive de BankID (identité numérique) et de Swish (paiement instantané par mobile). Cette numérisation crée une surface d’attaque importante pour les cybercriminels :
– Phishing ciblé BankID,
– usurpation d’identité,
– prise de contrôle de comptes,
– exploitation de failles dans des applications de trading ou d’investissement.
Le coût de la cybercriminalité en Suède dépassait 30 milliards de SEK en 2020, conduisant à la création d’un Centre national de cybersécurité. Pour les expatriés, une hygiène numérique stricte est essentielle : utiliser la double authentification, être vigilant avec les liens et pièces jointes, et refuser toute demande de code par téléphone.
Se préparer concrètement : démarches, réflexes, ressources
Pour transformer toutes ces informations en sécurité tangible, quelques étapes pratiques structurent une expatriation sereine en Suède.
Avant le départ et à l’arrivée
Dès le projet confirmé, il est utile de :
– Vérifier qu’on dispose d’une couverture santé valable en Suède (CEAM ou assurance privée).
– Rassembler les documents nécessaires pour le personnummer (contrat de travail, acte de naissance, etc.) et prévoir des délais de traitement pouvant aller de 2 à 10 semaines.
– Se renseigner sur les quartiers des grandes villes (par exemple via les agences immobilières internationales, forums d’expats, rapports de police disponibles) pour cibler des zones résidentielles adaptées.
À l’arrivée :
Pour bien s’installer en Suède, commencez par demander votre personnummer (numéro d’identité) auprès de Skatteverket. Ouvrez ensuite un compte dans une grande banque (Swedbank, SEB, Nordea, Handelsbanken) pour activer le BankID, indispensable pour de nombreux services. Souscrivez une assurance habitation et, si nécessaire, une assurance santé complémentaire. Enfin, installez les applications essentielles : votre application bancaire, Swish (paiement mobile), l’application de transport local (comme SL à Stockholm ou Västtrafik à Göteborg), 1177 (services de santé) et l’application d’alerte publique (VMA) pour les messages d’urgence.
Gestion du quotidien et des risques usuels
Une fois installé, de petits réflexes limitent fortement les risques :
Pour votre sécurité au quotidien, adoptez ces réflexes : dans la rue et les transports, gardez votre sac fermé et les objets de valeur cachés, et soyez vigilant dans les foules, notamment dans les gares centrales. À la maison, verrouillez toujours la porte, fermez les fenêtres en votre absence, évitez d’encombrer les couloirs et les issues de secours, et vérifiez régulièrement votre détecteur de fumée. Pour les achats ou dons, privilégiez les sites officiels et les associations reconnues, et évitez les paiements via QR codes dans la rue si l’organisme est douteux. Pour les taxis, choisissez des compagnies réputées ou des applications connues, vérifiez l’autocollant tarifaire, demandez une estimation et exigez un reçu. Pour les locations, ne payez jamais avant la visite et la signature du contrat, et vérifiez systématiquement l’identité du bailleur et les références de la plateforme.
Que faire en cas de problème
En cas de vol, d’agression, d’arnaque ou même de simple doute :
– En situation d’urgence (danger immédiat, blessure, incendie) : appeler le 112.
– En cas de délit non urgent (vol de vélo, cambriolage après coup, fraude) : contacter la police au 114 14 ou déposer une plainte en ligne.
– En cas de question médicale non urgente ou de doute (maladie, symptômes inquiétants mais non vitaux) : appeler 1177.
– En cas de détresse psychologique ou de besoin de soutien : recourir aux lignes d’écoute (116 123, ou les services dédiés aux femmes, jeunes, victimes de violences).
Le système suédois fonctionne en grande partie sur la base de rapports précis et de statistiques fiables ; déclarer les incidents dont vous êtes victime ne sert pas seulement à votre cas personnel, mais contribue à maintenir l’efficacité globale de la réponse publique.
Vivre en sécurité sans vivre dans la peur
La Suède reste, pour un expatrié, l’un des environnements les plus sûrs et les plus prévisibles au monde. L’État de droit est solide, les services de secours sont accessibles, la corruption est marginale, les violences touchent peu les passants, et la population adopte dans l’ensemble des comportements respectueux.
Les principaux défis de sécurité se situent désormais sur trois plans :
– la montée massive des escroqueries, notamment numériques ;
– la présence de poches de criminalité organisée dans certains quartiers spécifiques ;
– un sentiment d’insécurité croissant, alimenté par la médiatisation de ces phénomènes.
Pour un nouvel arrivant, la meilleure stratégie n’est ni l’aveuglement ni l’obsession, mais une vigilance calme, fondée sur la connaissance :
En Suède, la principale menace est la petite délinquance et les fraudes en ligne, contre lesquelles il faut se prémunir. Il est conseillé d’identifier les quartiers et situations à risque sans pour autant limiter son exploration du pays. Il est crucial de connaître les numéros et ressources d’urgence (112, 114 14, 1177) ainsi que les contacts de ses assurances, banque et des autorités de consommation. Enfin, une sécurité durable passe par une intégration progressive : apprendre la langue et les codes sociaux, et se construire un réseau local, le lien social étant un facteur de protection essentiel.
Avec ces repères, La sécurité en Suède : conseils pour une expatriation sereine cesse d’être un slogan rassurant et devient une réalité concrète : un pays où, en comprenant les règles du jeu et les risques spécifiques, il est tout à fait possible de vivre, de travailler, d’élever une famille et de se déplacer avec un haut niveau de sérénité.
Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Suède afin d’optimiser durablement sa charge imposable, sécuriser sa retraite et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Espagne, Danemark, Finlande), la stratégie a consisté à cibler la Suède pour son cadre institutionnel très stable, sa protection sociale de haut niveau, une fiscalité claire sur le capital et les retraites, ainsi qu’un environnement économique innovant. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑SE), obtention de la résidence avec location longue durée à Stockholm, coordination avec la Skatteverket, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, intégration dans un réseau local francophone/bilingue, et adaptation patrimoniale (arbitrages assurance‑vie, structuration comptes titres, immobilier locatif nordique).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.