Fiscalité en Suède pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière décodés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Suède, c’est entrer dans l’un des systèmes fiscaux les plus lourds au monde… mais aussi parmi les plus lisibles et les mieux organisés. Pour un expatrié, le vrai défi n’est pas tant le niveau des prélèvements que de comprendre précisément quand on devient résident fiscal, comment sont imposés salaires, investissements et biens immobiliers, et ce que coûte réellement un logement via la taxe foncière locale.

Bon à savoir :

Cet article détaille deux aspects clés de la fiscalité suédoise pour les expatriés : l’impôt sur le revenu et la taxe foncière (municipal property fee / property tax).

Sommaire de l'article masquer

Devenir résident fiscal en Suède : la clé de toute la fiscalité

Avant de regarder les taux d’impôt, il faut comprendre le point central du système : tout repose sur le statut de résident fiscal, indépendant de la nationalité. Un Français, un Américain ou un Suédois sont traités de la même façon une fois considérés comme résidents.

En Suède, un individu est en pratique considéré comme résident fiscal (« assujetti illimité ») si l’une des situations suivantes s’applique :

Astuce :

Un contribuable est considéré comme résident fiscal en Suède s’il remplit l’un de ces critères : il dispose d’un **foyer permanent** dans le pays (un logement disponible de façon durable) ; il séjourne **de manière continue** plus de six mois en Suède (les courts séjours à l’étranger ne rompent pas cette continuité) ; ou il a précédemment vécu en Suède et y conserve des **liens essentiels**, comme un logement, un conjoint ou des enfants sur place, ou des intérêts économiques significatifs.

Les autorités fiscales (Skatteverket) retiennent une approche plus souple que le classique « 183 jours » gravé dans la loi : il n’y a pas de seuil fixe inscrit dans le code, mais la pratique montre qu’une présence régulière d’une nuit par semaine pendant six mois peut suffire à établir la résidence. De fait, un expatrié qui multiplie les allers-retours hebdomadaires pour une mission longue en Suède peut se retrouver résident fiscal suédois dès son premier jour de présence.

Attention :

Une personne ayant vécu plus de dix ans en Suède est présumée résidente fiscale pendant cinq ans après son départ, sauf si elle prouve avoir rompu tous ses liens substantiels. La charge de la preuve incombe au contribuable durant cette période, puis revient à l’administration fiscale au-delà.

En résumé, pour un expatrié :

Résident fiscal suédois : imposition sur le revenu mondial (salaires, intérêts, dividendes, loyers et plus-values partout dans le monde), plus obligation générale de déclaration.

Non‑résident : imposition limitée aux revenus de source suédoise (salaires versés pour un travail effectué en Suède, pensions de source suédoise, revenus immobiliers en Suède, etc.), souvent via des régimes simplifiés comme le SINK.

Impôt sur le revenu des résidents : un barème à deux étages

Pour les résidents fiscaux, le système d’imposition des salaires repose sur deux niveaux :

1. Impôt communal (kommunalskatt), prélevé par la commune ; 2. Impôt d’État (statlig inkomstskatt), prélevé au‑delà d’un certain seuil de revenu.

Le résultat : un taux marginal qui atteint selon la commune environ 52 à 55 % sur les revenus les plus élevés.

Structure des taux sur les salaires

Le schéma général est le suivant (valeurs rapprochées pour un ordre de grandeur) :

Composant de l’impôt sur le revenuBase de calculTaux typiques / seuils indicatifs
Impôt communalRevenu imposable du travail29 % à 35 % (moyenne ≈ 32 %)
Impôt d’ÉtatPartie du revenu dépassant un seuil annuel20 %
Seuil d’impôt d’État (exemples)Revenu annuel (salaire imposable)≈ 614 000 – 643 000 SEK selon l’année de référence

Concrètement, un résident paie uniquement la taxe communale jusqu’au seuil de l’impôt d’État. Une fois ce seuil franchi, la tranche supérieure ajoute 20 % sur la partie excédentaire. Dans une commune au taux moyen de 32 %, le taux marginal global culmine donc à environ 52 %.

Exemple simplifié de calcul

Les administrations suédoises donnent souvent des exemples très détaillés. En simplifiant un cas typique :

– Salaire brut et avantages (voiture de fonction, etc.) : 858 900 SEK

– Déduction de base (grundavdrag) : 17 300 SEK

– Revenu du travail imposable : 843 500 SEK

L’impôt se décompose ainsi :

ÉlémentMontant (SEK)Commentaire
Base d’impôt communal843 500Revenu du travail après déduction de base
Impôt communal (31 %)261 48531 % × 843 500 SEK
Base d’impôt d’État200 400843 500 – 643 100 (seuil annuel utilisé)
Impôt d’État (20 %)40 08020 % × 200 400 SEK
Réductions (capital, retraite, emploi)≈ –79 315 (exemple)Crédits d’impôt divers
Impôt total267 750Après application des réductions

Ce type de simulation montre deux caractéristiques importantes du système :

– la déduction de base et les réductions spécifiques (notamment pour l’emploi et la pension) allègent sensiblement la facture par rapport au simple produit « taux × revenu » ;

– la part d’impôt d’État n’intervient qu’au‑delà d’un seuil élevé, ce qui fait que de nombreux salariés paient uniquement l’impôt communal.

Déduction de base et crédit pour l’emploi

Tout résident fiscal dispose d’un grundavdrag (déduction de base), dont le montant varie selon le niveau de revenu. Les valeurs encadrantes fournies par Skatteverket sont de l’ordre de :

Déduction de base pour résidentsMontant approximatif (SEK)
Minimum≈ 17 300
Maximum≈ 45 300

Parallèlement, un crédit d’impôt sur le revenu d’emploi réduit uniquement l’impôt communal. Combinés, ces mécanismes rendent l’imposition réelle plus progressive que la simple somme des taux bruts ne le suggère.

Que doivent faire les expatriés résidents ?

Un expatrié qui devient résident fiscal et perçoit au moins 18 900 SEK de revenu dans l’année est tenu de déposer une déclaration annuelle. Skatteverket envoie en général un formulaire prérempli (Inkomstdeklaration 1) basé sur les données remontées par l’employeur, les banques et les organismes sociaux. Le contribuable n’a plus qu’à vérifier, corriger si besoin et valider.

La déclaration peut être approuvée :

– en ligne via le site ou l’application, avec un e‑ID suédois (BankID) ;

– par SMS, téléphone ou renvoi du formulaire papier signé.

Les avis de taxation définitive sont émis entre le printemps et décembre.

Non‑résidents et régime SINK : le forfait à 25 %

Les expatriés de passage, ou qui conservent le statut de non‑résident, peuvent être imposés selon un régime spécifique : la Särskild inkomstskatt för utomlands bosatta (SINK).

Ce régime concerne principalement : les travailleurs indépendants, les professions libérales et les agriculteurs.

– les personnes non résidentes qui travaillent en Suède moins de six mois ;

– les non‑résidents percevant une pension de source suédoise ;

– certains membres de conseils d’administration recevant des rémunérations d’origine suédoise.

Caractéristiques du SINK

Le SINK fonctionne comme une retenue à la source forfaitaire :

Caractéristique du SINKDétail
Taux de base25 % sur les salaires et pensions de source suédoise
Déclaration annuelleAucune, en principe : l’impôt est libératoire
Droit aux déductionsAucun : pas de déduction de base, ni frais professionnels
Champ d’applicationNon‑résidents avec revenus d’emploi ou pensions suédois
Élément cléSur option, possibilité d’être imposé au régime « normal »

Un expatrié non résident doit déposer une demande auprès de Skatteverket pour être placé sous SINK. Sans cette décision formelle, l’employeur applique par défaut le régime de retenue sur salaire des résidents (PAYE) et le contribuable se retrouvera dans le système standard, avec obligation de déclarer.

Bon à savoir :

À partir de 2026, le taux SINK baissera progressivement : 22,5 % en 2026, puis 20 % en 2027. Le mécanisme principal reste cependant inchangé : il offre une simplicité administrative en contrepartie de l’impossibilité de déduire des charges professionnelles.

Quand préférer le régime normal plutôt que SINK ?

Pour un non‑résident, l’option pour l’imposition « classique » peut être intéressante notamment lorsque :

Bon à savoir :

Le salaire brut est élevé et de nombreux frais sont déductibles (déplacements, double résidence, intérêts d’emprunts, etc.). Des crédits d’impôt sont également accessibles, notamment via des conventions internationales. Il faut cependant être vigilant, car une activité avec des séjours longs et répétés peut glisser vers une situation de quasi-résidence, avec des risques de requalification fiscale.

L’option doit être demandée dans la demande SINK : il est possible de demander à appliquer non pas la SINK mais l’Income Tax Act, ce qui bascule l’intéressé dans le système de déclaration annuel. Une révision a posteriori est envisageable jusqu’à six ans après la fin de l’année de revenu, ce qui permet de corriger des choix initiaux.

Déductions, frais professionnels et charges sociales : ce que peut faire un expatrié

Même dans un système très structuré, la Suède laisse une vraie place à la déductibilité de certains coûts et à des réductions d’impôt. Pour un expatrié qui planifie ses finances, c’est loin d’être marginal.

Dépenses liées au travail

Sont potentiellement déductibles, si elles sont nécessaires, exclusivement et directement liées à l’activité :

– les frais de déplacement domicile–travail (au‑delà d’un seuil annuel, par exemple 11 000 SEK) ;

– les coûts de trajets professionnels avec sa voiture personnelle, sur la base d’un forfait par kilomètre ;

– les dépenses de double résidence et les frais de subsistance supplémentaires pour une mission temporaire loin du domicile habituel ;

– les contributions obligatoires à la sécurité sociale étrangère, à condition que le revenu en cause soit imposable en Suède.

Bon à savoir :

Pour déduire les frais de déplacement domicile-travail en voiture, plusieurs conditions doivent être réunies : la distance entre le domicile et le lieu de travail doit être minimale, il faut prouver un gain de temps substantiel par rapport aux transports en commun, et les dépenses doivent dépasser un seuil minimal.

Intérêts d’emprunts, dons et services à domicile

Les intérêts d’emprunts (par exemple, intérêts de prêt immobilier) donnent droit à un crédit d’impôt :

Intérêts annuels payésTaux de réduction d’impôt
jusqu’à 100 000 SEK30 %
au‑delà de 100 000 SEK21 %

La Suède propose aussi des réductions notables pour des dépenses privées ciblées :

ROT (travaux de rénovation) : réduction d’impôt de 30 % de la main‑d’œuvre, dans la limite de 50 000 SEK par personne et par an ;

RUT (services à la personne : ménage, garde, etc.) : réduction de 50 % de la facture, dans une enveloppe globale (ROT + RUT) de 75 000 SEK par personne et par an.

Bon à savoir :

Pour un expatrié propriétaire de sa résidence principale en Suède, certains dispositifs permettent de réduire efficacement la facture fiscale. Ces avantages peuvent également servir à financer des travaux de rénovation ou du soutien à domicile.

Cotisations sociales et retraite

Le système de sécurité sociale suédois est largement financé par l’employeur :

Cotisations sociales en Suède (ordre de grandeur)Taux indicatif
Charges sociales dues par l’employeur≈ 31,42 % du salaire brut (2025)
Cotisation « retraite » à la charge du salarié7 % du revenu d’emploi, plafonnée (≈ 45 500 SEK/an)

Pour les expatriés, il faut ajouter la dimension des accords de sécurité sociale internationaux. Par exemple, l’accord de totalisation entre les États‑Unis et la Suède évite de payer des cotisations dans les deux pays :

– si un Américain travaille en Suède pour une entreprise américaine moins de cinq ans, il cotise en principe au système US ;

– au‑delà, ou s’il travaille pour un employeur local, il est en général affilié au système suédois.

Le salarié verse théoriquement 7 % de cotisation retraite sur son revenu, mais cette charge est intégralement compensée par un crédit d’impôt, ce qui fait qu’elle ne modifie pas la charge fiscale nette.

Régime spécial « expert » : 25 % de la rémunération exonérée

La Suède a mis en place un régime particulièrement attractif pour les experts, chercheurs et cadres clés étrangers. Objectif : faciliter l’arrivée de profils à haute valeur ajoutée.

Conditions d’éligibilité

Pour y prétendre, il faut en substance : avoir les qualifications requises, justifier d’une expérience pertinente et démontrer sa motivation.

Exemple :

Pour bénéficier du régime fiscal spécial pour les impatriés en Suède, un salarié doit cumuler plusieurs critères. Il ne doit pas être citoyen suédois, ni avoir été résident fiscal en Suède au cours des cinq années précédant son arrivée. Son recrutement doit être pour une mission temporaire, généralement limitée à cinq ans, et il doit travailler pour un employeur suédois ou une entité étrangère disposant d’un établissement stable dans le pays. Enfin, il doit soit percevoir un salaire mensuel brut supérieur à 1,5 fois le prix de base (soit 88 201 SEK par mois en 2025), soit être reconnu comme expert, chercheur ou salarié clé en raison de compétences rares.

La demande doit être déposée auprès du Forskarskattenämnden (Conseil pour la fiscalité des chercheurs et experts) dans les trois mois suivant le début de l’activité en Suède.

Avantages du régime

En cas d’accord, les conséquences sont substantielles :

Avantages du régime « expert »Détail
Exonération partielle de salaire25 % du salaire et des avantages ne sont pas imposés, ni soumis aux charges sociales
Durée de l’avantageJusqu’à sept ans à compter du début du séjour
Autres frais exonérésCoûts de déménagement, deux voyages annuels vers le pays d’origine pour le salarié et sa famille, frais de scolarité des enfants

Concrètement, un expatrié bénéficiant de ce dispositif voit un quart de sa rémunération totale sortir de l’assiette fiscale et sociale. Sur un salaire élevé, combiné à des avantages en nature (logement, école internationale), l’économie est très significative.

Impôt sur le capital et plus‑values : taux unique, mécaniques sophistiquées

Pour les résidents, les revenus de capitaux — intérêts, dividendes, plus‑values mobilières, revenus locatifs de biens privés — sont globalement taxés à un taux forfaitaire de 30 %.

Certaines nuances sont toutefois importantes :

– les dividendes d’actions cotées sont taxés à 30 % ;

– les dividendes de sociétés non cotées sont, dans de nombreux cas, imposés à un taux effectif de 25 % (seulement 5/6 du revenu est imposé à 30 %) ;

– les fameuses règles 3:12 peuvent faire requalifier une partie des dividendes et plus‑values provenant de sociétés « étroitement détenues » (closely held companies) en revenu d’emploi, imposé aux taux progressifs (20–55 %).

Déficits de capitaux et crédit d’impôt

Si le solde des revenus de capitaux est négatif (par exemple, plus de pertes de Bourse et d’intérêts payés que de dividendes et intérêts perçus), le contribuable bénéficie d’un crédit d’impôt :

Niveau de perte nette en capitalTaux de crédit d’impôt sur cette perte
Jusqu’à 100 000 SEK30 %
Au‑delà de 100 000 SEK21 %

Ce crédit vient réduire l’impôt sur le revenu et certaines autres taxes (dont la taxe foncière municipale). En revanche, les pertes ne peuvent pas être reportées sur les années suivantes.

Immobilier et plus‑values : taux effectif de 22 %

Lors de la revente d’une résidence principale ou secondaire détenue à titre privé, la Suède applique un traitement spécifique : seule une fraction de la plus‑value est soumise au taux de 30 %, ce qui entraîne un taux effectif de 22 % sur le gain.

La mécanique standard pour une résidence principale est :

– calculer la plus‑value brute (prix de vente – prix d’achat – frais admissibles) ;

– prendre 22/30 de cette plus‑value ;

– appliquer le taux de 30 % sur ce montant.

22

Ce pourcentage représente la plus-value brute calculée sur la base d’un taux de 30 % appliqué à une fraction spécifique.

Dans certains cas, et sous conditions (notamment achat d’un logement de remplacement dans l’UE/EEE), il est possible de différer l’imposition de cette plus‑value. L’expatrié doit alors déclarer chaque année la situation de ce bien de remplacement aux autorités suédoises.

Taxe foncière en Suède : une « property fee » plafonnée

Contrairement à d’autres pays, la Suède a supprimé la vraie taxe foncière nationale sur la résidence principale. Elle l’a remplacée par une redevance municipale (kommunal fastighetsavgift) sur les habitations familiales (maisons individuelles, logements détenus en copropriété, etc.) située en Suède.

Cette charge est plus proche d’une cotisation forfaitaire indexée que d’un impôt proportionnel sans limite.

Principe général pour une maison individuelle

Pour les maisons individuelles (family houses) situées en Suède, la règle de base est :

– taxe égale à 0,75 % de la valeur fiscale (taxeringsvärde) du bien ;

– mais plafond annuel par bâtiment.

Les valeurs de plafond évoluent au fil du temps ; pour donner un ordre d’idée, les montants cités :

Année de revenuPlafond annuel par maison (SEK)Taux sur la valeur fiscale
20249 5250,75 %
202510 0740,75 %
202610 4250,75 %

La taxe due est donc : la somme totale des montants imposables.

> min(0,75 % × valeur fiscale, plafond annuel)

Exemple : une maison dont la valeur fiscale est de 2 150 000 SEK. 0,75 % de 2 150 000 = 16 125 SEK, mais le plafond 2025 est de 10 074 SEK, donc la taxe sera 10 074 SEK, et non 16 125.

Inversement, une maison avec une valeur fiscale de 950 000 SEK engendrera une taxe de 0,75 % × 950 000 = 7 125 SEK, sous le plafond.

Spécificités des terrains loués (leasehold) et des appartements

De nombreuses résidences sont construites sur des terrains en bail emphytéotique (tomträtt). Dans ce cas :

5037

Pour une maison sur terrain loué en 2025, le plafond de la taxe, calculée à 0,75% de la valeur de la construction, est réduit de moitié et s’élève à environ ce montant en SEK.

Pour les appartements détenus en copropriété (owner‑occupied apartments), le calcul est encore différent : la redevance équivaut à 0,3 % de la valeur fiscale de l’immeuble et du terrain, avec un plafond par appartement (1 724 SEK cités pour 2025). Dans la pratique, les copropriétés paient et répercutent le coût via les charges de copropriété.

Exonérations pour les constructions neuves

La Suède a prévu un régime très généreux pour encourager la construction :

– les maisons individuelles et appartements achevés avec un millésime de référence 2012 ou ultérieur sont exemptés de redevance foncière pendant 15 ans ;

– pour les constructions plus anciennes (référence 2011 ou antérieure), l’exonération était progressive (5 ans d’exemption totale, puis 5 ans à 50 %, avant d’appliquer le taux plein).

Un expatrié qui achète ou fait construire une maison neuve peut donc bénéficier d’une absence de taxe foncière municipale pendant une longue période, ce qui impacte fortement le coût d’occupation à long terme.

Biens à l’étranger : pas de taxe foncière suédoise

Point essentiel pour les expatriés qui possèdent un bien dans un autre pays : les maisons familiales situées hors de Suède ne sont pas soumises à la redevance municipale suédoise. En revanche, les revenus de ces biens (loyers, plus‑values) peuvent être imposables en Suède si le propriétaire est résident fiscal, sous réserve des conventions fiscales internationales.

Propriétés non résidentielles et terrains nus : retour à la « vraie » taxe foncière

Le système de redevance plafonnée s’applique surtout aux habitations familiales. Pour d’autres catégories de biens (terrains non bâtis, immeubles commerciaux ou industriels, bâtiments en construction), la Suède maintient une taxe foncière d’État proportionnelle à la valeur fiscale, sans plafond aussi bas.

Ordres de grandeur :

Type de bienTaux de taxe foncière (valeur fiscale)
Terrain non bâti, divers biens non résidentiels1 %
Propriétés industrielles0,5 %
Certains immeubles commerciaux1 %
Maisons en construction1 %

Pour un expatrié investisseur dans l’immobilier locatif ou commercial, cette composante peut représenter un coût annuel non plafonné, à intégrer dans le modèle financier.

Propriété d’un bien suédois par un non‑résident

Même un non‑résident qui n’a aucun autre revenu suédois est redevable de la redevance municipale ou taxe foncière sur un bien situé en Suède. Skatteverket préremplit alors la base de cette taxe dans la déclaration, et le propriétaire doit déposer une déclaration suédoise au moins pour cette raison.

Impôt sur les plus‑values immobilières : attention au moment de la vente

Pour les expatriés propriétaires d’un logement en Suède, un point essentiel est la fiscalité au moment de la vente.

Bon à savoir :

Le fait générateur de l’impôt est la signature de l’acte de vente, et non la prise de possession. La plus-value est imposée à 22% pour les logements privés, avec possibilité d’un report d’imposition en cas de rachat d’une résidence de remplacement dans l’UE/EEE sous certaines conditions.

Pour les non‑résidents, la Suède conserve le droit (en droit interne) de taxer les plus‑values sur biens immobiliers situés sur son territoire. Les conventions fiscales précisent généralement que le pays de situation de l’immeuble a la priorité d’imposition, ce qui laisse peu de doutes sur la compétence suédoise pour ces gains.

Location d’un bien : revenu foncier côté impôt sur le capital

Un expatrié qui loue sa maison ou son appartement en Suède (ou à l’étranger, s’il est résident fiscal suédois) doit intégrer les revenus locatifs dans la catégorie revenu de capital.

Pour une résidence privée louée ponctuellement ou partiellement, la règle est attractive :

– revenu brut (loyer) – abattement forfaitaire de 40 000 SEK20 % de loyer supplémentaire (pour certains types de logements) = base imposable ;

– imposition au taux de 30 %.

Bon à savoir :

Un petit revenu locatif peut être largement allégé, voire effacé, par les abattements fiscaux. Pour des locations plus importantes ou une activité professionnelle, le revenu est imposé dans la catégorie des bénéfices d’entreprise (taux progressifs) et l’ensemble des charges réelles (intérêts, entretien, assurances, etc.) devient déductible.

Conventions fiscales et double imposition : un filet de sécurité indispensable

La Suède a signé des accords de non‑double imposition avec un grand nombre de pays, dont la France, la Belgique, la Suisse, le Royaume‑Uni, le Canada, les États‑Unis et bien d’autres. Ces conventions :

– répartissent le droit d’imposer différents types de revenus (salaires, pensions, dividendes, intérêts, loyers, plus‑values) ;

– organisent des mécanismes de crédit d’impôt ou d’exemption pour éviter que le même revenu ne soit taxé deux fois intégralement ;

– prévoient des échanges d’informations entre administrations et des procédures amiables en cas de conflit de résidence.

Pour un expatrié, cela signifie que : le déménagement dans un nouveau pays entraîne des défis et des opportunités pour s’adapter à un nouvel environnement culturel, professionnel et social.

Astuce :

Même si la Suède revendique un droit d’imposer un revenu étranger, la convention bilatérale peut limiter ce droit ou obliger la Suède à accorder un crédit d’impôt égal à tout ou partie de l’impôt payé à l’étranger. De plus, en cas de situation de résidence à cheval sur deux pays (fréquent lors d’une installation ou d’un départ en cours d’année), les règles de « tie-breaker » de la convention (centre des intérêts vitaux, foyer, lieu de séjour principal, nationalité) permettent de déterminer le pays de résidence fiscale et ainsi de trancher.

Les textes suédois insistent sur le fait que le contribuable doit, le cas échéant, joindre une note explicative à sa déclaration lorsqu’il invoque une convention pour réduire ou annuler la taxation en Suède.

Particularités pour les Américains en Suède

Les citoyens et détenteurs de green card américains vivant en Suède ont un niveau de complexité supplémentaire : les États‑Unis imposent leurs citoyens sur le revenu mondial, où qu’ils résident. Un Américain expatrié en Suède doit donc gérer :

120000

Exclusion annuelle possible des revenus d’emploi étrangers via la FEIE dans la déclaration américaine.

Ils doivent aussi respecter des obligations de déclaration de comptes étrangers (FBAR, Form 8938) et peuvent invoquer la convention fiscale États‑Unis–Suède et l’accord de totalisation pour limiter la double imposition et la double cotisation sociale.

Ce qu’il faut retenir en tant qu’expatrié en Suède

La fiscalité suédoise est exigeante, mais prévisible et largement encadrée par des règles stables :

Bon à savoir :

La résidence fiscale suédoise impose la déclaration de l’ensemble de votre patrimoine mondial, y compris les biens immobiliers à l’étranger. L’impôt sur le revenu du travail est élevé mais compensé par des déductions et un système social protecteur. Le régime SINK simplifie l’imposition pour les non-résidents temporaires, tandis que la taxe foncière sur les résidences principales est modérée et plafonnée. Les expatriés très qualifiés peuvent bénéficier du régime expert, exonérant jusqu’à 25% de leur rémunération d’impôt et de charges sociales pour une durée maximale de sept ans.

Pour un projet d’installation durable, l’enjeu n’est pas seulement de « subir » les taux, mais de structurer intelligemment ses revenus (salaire vs avantages, investissements, immobilier) et ses déplacements entre pays, en tenant compte des conventions fiscales et des possibilités de régimes spéciaux. En Suède, la maîtrise des règles permet souvent de réduire sensiblement la charge fiscale réelle, tout en bénéficiant pleinement du modèle social qu’elles financent.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Suède, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Suède pour la stabilité de son système fiscal et juridique, sa forte sécurité sociale, la qualité de vie et son appartenance à l’UE, tout en acceptant un niveau d’imposition plus élevé en échange de garanties de long terme. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, coordination avec Skatteverket et la CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture ou de maintien maîtrisé des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, consultant immigration) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration internationale si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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