Expatriation avec des animaux de compagnie en Suède : démarches et conseils pratiques

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Suède avec un chien ou un chat, ce n’est pas seulement trouver un billet d’avion et une gamelle de plus dans la valise. Entre les règles sanitaires très strictes, l’obligation de déclaration en douane, la recherche d’un logement « pet-friendly » et le coût parfois salé des vétérinaires, un déménagement raté peut vite tourner au casse-tête. La bonne nouvelle, c’est qu’en anticipant bien, la Suède est un pays où les animaux sont globalement bien protégés par la loi et où l’on peut mener une vie quotidienne très agréable avec eux.

Bon à savoir :

Cet article détaille les démarches administratives et la réalité du quotidien pour les expatriés souhaitant vivre durablement en Suède avec leur animal de compagnie, dans un langage clair et concret.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le cadre général : un pays rabies-free mais très réglementé

La Suède est membre de l’Union européenne et applique le cadre européen sur les mouvements non commerciaux de chiens, chats et furets. À cela s’ajoutent ses propres exigences nationales, parfois plus strictes, le tout coordonné par deux acteurs clés : le Jordbruksverket (Swedish Board of Agriculture) pour la partie sanitaire et le Tullverket (douanes) pour les entrées sur le territoire.

Attention :

La Suède impose des procédures obligatoires avant et après l’arrivée pour prévenir la réintroduction de la rage, éradiquée depuis le XIXe siècle, et pour contrôler la présence du ténia du renard (Echinococcus).

À quels animaux s’appliquent les règles principales ?

Les règles décrites ici concernent surtout les chiens, les chats et les furets, y compris les chiens d’assistance. D’autres espèces (lapins, oiseaux, reptiles, rongeurs, etc.) obéissent à des régimes spécifiques, souvent plus complexes, avec parfois isolement, tests ou quarantaine.

Certaines races ou types sont, eux, purement et simplement exclus : les chiens de type Czechoslovakian Wolfdog et Saarloos Wolfdog sont interdits d’importation, et les hybrides de loup, ainsi que les Savannah et Bengal trop proches de leur ascendance sauvage, ne sont acceptés que s’ils sont au moins de cinquième génération domestique.

Avant le départ : microchip, vaccins, certificats… le chemin balisé

L’un des points cruciaux pour réussir une expatriation avec son animal en Suède est le calendrier. Il faut souvent compter plusieurs mois entre la première injection de vaccin et la date d’entrée possible sur le territoire, surtout si l’on vient d’un pays classé à risque rabique.

1. Identification électronique : la base de tout

En Suède comme dans l’ensemble de l’UE, l’identification repose sur un transpondeur électronique (microchip) conforme aux normes ISO 11784/11785, non chiffré, à 15 chiffres. Il doit impérativement être posé avant la vaccination antirabique, ou au plus tard le même jour, sinon le vaccin devra être refait.

Le numéro de puce et la date d’implantation (ou au minimum de lecture) doivent figurer dans le passeport européen ou le certificat sanitaire. Un tatouage lisible réalisé avant le 3 juillet 2011 peut encore servir d’identification valide si toutes les vaccinations antirabiques ont ensuite été enchaînées sans rupture.

2. Vaccination antirabique : âge minimum et délais incompressibles

L’animal doit avoir au moins 12 semaines pour recevoir son premier vaccin antirabique. Ce « primaire » peut consister en une ou deux injections selon le produit utilisé, mais dans tous les cas, l’entrée en Suède est impossible avant l’écoulement d’un délai d’attente minimal après la première injection :

Astuce :

Les délais d’entrée dans l’UE pour un animal vacciné contre la rage varient selon son pays d’origine. Depuis un pays de l’UE ou un pays tiers « listé » (situation rabique contrôlée), l’attente est de 21 jours après la primo-vaccination. Depuis un pays « non listé » (situation rabique non contrôlée), ce délai de 21 jours précède une prise de sang, suivie d’une attente supplémentaire de trois mois.

Le vétérinaire inscrit dans les documents de voyage la durée de validité du vaccin selon la réglementation locale et le fabricant. Tant que les rappels sont effectués avant l’expiration, on considère qu’il n’y a plus de délai de carence pour les voyages ultérieurs. En revanche, tout retard transforme le rappel en nouvelle primo-vaccination, avec nouveau délai d’attente.

On peut résumer l’âge minimal théorique d’entrée comme suit :

Origine de l’animalVaccin rageDélai mini après vaccinÂge minimal estimé à l’entrée
UE ou pays « listé »≥ 12 semaines21 jours15 semaines (3 mois + 3 sem.)
Pays « non listé » (haut risque rage)≥ 12 semaines30 j + 3 mois (titrage)Env. 7 mois

3. Titrage antirabique : obligatoire pour certains pays

Si vous venez d’un pays classé « non listé » (où la rage n’est pas sous contrôle), vous devez ajouter l’étape du test sérologique (titrage). Une prise de sang est réalisée au moins 30 jours après la vaccination antirabique. L’échantillon part ensuite dans un laboratoire agréé par l’UE pour mesurer le niveau d’anticorps ; il doit atteindre au moins 0,5 UI/ml.

Bon à savoir :

À partir de la date de prélèvement, un délai de trois mois doit être respecté avant d’entrer dans l’UE (et donc en Suède). Ce délai permet de s’assurer qu’aucune contamination en incubation ne franchisse la frontière. L’avantage est que si les rappels de vaccination sont ensuite maintenus dans les délais, ce test reste reconnu à vie pour les voyages ultérieurs dans l’UE, sans devoir respecter à nouveau un délai de trois mois.

Une exception existe : si votre animal vivait déjà dans l’UE, avait son titrage valide consigné dans un passeport européen avant de quitter le territoire, il peut revenir sans respecter à nouveau ces trois mois, même en passant par un pays à haut risque, à condition de ne pas avoir rompu la chaîne vaccinale.

4. Passeport européen ou certificat de santé : comprendre la différence

Côté papiers, deux grands scénarios se présentent.

– Si votre chien ou chat réside dans l’UE (ou certains pays traités comme tels) : il peut disposer d’un Passeport européen pour animaux de compagnie. Seuls les vétérinaires habilités dans l’UE ont le droit d’y inscrire des informations (vaccins, titrage, etc.).

– Si vous venez d’un pays tiers (États-Unis, Royaume-Uni post-Brexit, Canada, pays d’Amérique latine, d’Asie, etc.) : vous devez passer par un certificat sanitaire officiel, conforme aux modèles de l’UE (type E9.207 pour les mouvements non commerciaux, ou modèle CANIS–FELIS–FERRETS pour les cas assimilés à du « commercial »).

10

Nombre de jours de validité du certificat vétérinaire pour arriver au premier point d’entrée dans l’UE

5. Transport non commercial ou commercial : une distinction qui change tout

L’UE opère une frontière nette entre les mouvements « non commerciaux » et « commerciaux » de chiens, chats et furets. Beaucoup d’expatriés se retrouvent sans le vouloir classés dans la mauvaise catégorie par méconnaissance.

On parle de mouvement non commercial si toutes les conditions suivantes sont remplies :

le propriétaire voyage avec l’animal, ou au plus tôt 5 jours avant / après lui ;

le nombre d’animaux ne dépasse pas 5 (sauf s’ils ont plus de 6 mois et partent pour une expo ou une compétition, preuve à l’appui) ;

– il n’y a ni vente, ni adoption, ni changement de propriétaire prévu.

Dans ce cas, on utilise un certificat sanitaire « non commercial » (type E9.207) et une déclaration de non-commercialité que le propriétaire signe (formulaire E9.204).

Si au moins une de ces conditions n’est pas remplie (animal envoyé seul en cargo sans accompagnement dans les 5 jours, plus de 5 animaux, projet de revente ou d’adoption, refuge, etc.), le déplacement entre dans la catégorie « commerciale ». Là, les exigences montent d’un cran : certificat CANIS–FELIS–FERRETS, enregistrement dans le système TRACES, passage par un poste de contrôle frontalier vétérinaire, examen sous 48 heures avant départ par un vétérinaire officiel, etc. Pour une expatriation familiale classique avec un ou deux animaux, on reste généralement en non-commercial.

Passer la frontière : douanes, aéroports et déclarations obligatoires

Arriver en Suède avec un animal, ce n’est pas seulement montrer les papiers au contrôle de passeport. Une étape spécifique, souvent mal comprise, est la déclaration à la douane suédoise (Tullverket).

Entrée depuis l’UE : déclaration en ligne ou au poste frontière

Si vous voyagez depuis un autre pays de l’UE (ou assimilé) et que votre animal possède un passeport européen en règle, vous avez deux options.

Exemple :

Pour importer un animal de compagnie en Suède, deux options s’offrent au voyageur. La première consiste à effectuer une déclaration en ligne sur le site de Tullverket avant le voyage. Après avoir rempli le formulaire, un numéro de déclaration est fourni. À l’arrivée, il est possible d’emprunter la file « Rien à déclarer » (voie verte), mais il faut être prêt à présenter ce numéro ainsi que le passeport de l’animal si un agent le demande. La seconde option est de choisir, à l’arrivée, le couloir « Biens à déclarer » (voie rouge) et de signaler l’animal à un douanier, qui vérifiera les documents sur place.

Dans les deux cas, la déclaration est obligatoire. Ne pas le faire est juridiquement assimilé à une tentative de fraude douanière, et l’animal peut être refoulé.

Entrée depuis un pays hors UE : passage par la voie rouge

Si vous arrivez directement d’un pays hors UE, impossible d’utiliser la déclaration en ligne. Vous devez obligatoirement passer par le couloir « Biens à déclarer » et vous adresser à un agent. C’est encore plus strict si votre animal arrive comme fret cargo : la déclaration doit se faire physiquement, la voie en ligne n’est pas prévue pour ce cas.

Attention :

Les chiens et chats arrivant directement en Suède depuis un pays tiers doivent, sauf rares exceptions, atterrir dans l’un des deux aéroports disposant d’un point d’inspection frontalier agréé pour ce type d’importation.

AéroportRôle pour les animaux en provenance de pays tiers
Stockholm–Arlanda (ARN)Poste d’entrée autorisé
Göteborg–Landvetter (GOT)Poste d’entrée autorisé

Si vous transitez par un autre pays de l’UE avant la Suède (par exemple via Amsterdam ou Francfort), c’est à ce premier point d’entrée dans l’UE que les documents devront être contrôlés et tamponnés. En Suède, vous aurez ensuite surtout l’obligation de déclaration douanière.

Droits et taxes : quand faut-il payer ?

Aucun droit de douane ni TVA ne sont perçus pour un animal accompagné venant d’un autre pays de l’UE. En revanche, si vous importez un animal depuis un pays tiers pour qu’il s’installe durablement en Suède, des droits et taxes peuvent être exigés en fonction de sa valeur déclarée (prix d’achat, frais de transport inclus). Une exception existe pour les importations en provenance de Norvège lorsque la valeur de l’animal n’excède pas un certain montant.

Démarches après l’arrivée : enregistrement et cadre légal suédois

Une fois la frontière passée, une autre série d’obligations commence, cette fois du côté suédois. La Suède se distingue par un arsenal législatif très complet sur le bien-être animal, qui encadre aussi bien la manière de garder un chien chez soi que les conditions de transport, de reproduction ou de détention en plein air.

Enregistrer son chien ou son chat en Suède

Les chiens (et désormais les chats) résidant en Suède doivent être inscrits dans un registre central géré par le Jordbruksverket. Pour un expatrié qui vient s’installer de manière permanente, l’inscription doit être faite dans les semaines suivant l’arrivée.

Deux modalités existent :

Mode d’enregistrementFrais indicatifsConditions principales
En ligne (site Jordbruksverket)40 SEKNuméro personnel suédois (personnummer) + BankID
Formulaire papier100 SEKPossible sans BankID, plus lent

Cette formalité peut demander un peu de patience si vous n’avez pas encore de personnummer. Néanmoins, au regard de la loi suédoise de supervision des chiens et chats, identification et enregistrement sont obligatoires.

Obligations quotidiennes de l’employeur… du chien

Les règles suédoises vont plus loin que dans beaucoup de pays européens. La législation sur la protection animale, complétée par diverses ordonnances et instructions de l’administration, impose par exemple :

Bon à savoir :

Pour son bien-être, un chien doit être vu au moins deux fois par jour. Il doit pouvoir sortir régulièrement, idéalement toutes les six heures en journée, et plus souvent s’il est jeune ou âgé. Un chien vivant constamment dans un parc extérieur doit être emmené en promenade au moins une fois par jour. Enfin, les chiens gardés à l’intérieur doivent bénéficier de lumière naturelle et, selon certaines recommandations, d’une vue sur l’extérieur.

Il est interdit de maintenir un chien attaché en permanence. À l’extérieur, la durée maximale autorisée d’attache est limitée (quelques heures par jour, avec des exceptions ponctuelles), et on ne peut pas garder un chien en cage de manière prolongée, en dehors de situations très spécifiques (transport, exposition, chasse dans certaines conditions).

Bon à savoir :

L’hébergement doit être propre, spacieux et offrir un couchage sec et confortable. La ventilation et une température intérieure précise sont requises. À l’extérieur, un accès à une zone d’ombre et d’abri est obligatoire. Des règles spécifiques s’appliquent également, comme une plateforme de repos à au moins 50 cm du sol dans un enclos extérieur et des dimensions minimales des parcs selon la hauteur au garrot de l’animal.

Règles de balade, faune sauvage et périodes sensibles

Dans l’espace public, la règle a priori est la laisse. En ville, les chiens doivent être tenus, sauf dans les parcs canins clôturés spécialement prévus (hundrastplats, hundlekplats). Dans la nature, il existe une période particulièrement sensible du 1er mars au 20 août, correspondant à la reproduction et à la présence de jeunes animaux sauvages. Durant cette période, le chien doit rester sous un contrôle très strict, en pratique le plus souvent en laisse, pour éviter toute poursuite de gibier.

Hors de ces dates, la laisse reste souvent obligatoire dans les réserves naturelles et les parcs nationaux, même si la loi générale parle surtout de contrôle effectif et d’interdiction de laisser son chien harceler la faune. Dans certains parcs urbains ou espaces forestiers, des zones de liberté existent, mais il reste de la responsabilité du propriétaire de pouvoir rappeler son chien à tout moment.

Transports, vie en ville et espaces publics : ce qu’on peut faire avec son animal

Pour un expatrié, la question n’est pas seulement de faire entrer l’animal, mais aussi de vivre avec lui au quotidien : prendre les transports, aller au restaurant, découvrir la nature suédoise, se loger, etc.

Transports publics : chiens et chats bienvenus, mais pas partout

Globalement, les animaux de compagnie sont acceptés dans les transports en commun suédois, mais avec des règles précises qui varient selon les villes et les opérateurs.

Dans les grandes agglomérations comme Stockholm et Göteborg, chiens et chats voyagent gratuitement sur les réseaux de bus, tramway et métro, à condition d’être tenus en laisse ou dans un sac de transport. Ils sont en revanche cantonnés à certaines zones des véhicules. À Stockholm, par exemple, seules des voitures de métro marquées d’un pictogramme de chien acceptent les animaux, pour tenir compte des personnes allergiques.

Voyager avec un animal sur les trains SJ

Règles et informations essentielles pour accompagner votre animal dans les trains longue distance suédois.

Compartiments dédiés

Sur les trains longue distance SJ, réservez un espace spécifique « Animaux autorisés ». Les animaux ne sont pas admis en première classe.

Nombre et tarification

Jusqu’à deux animaux voyagent gratuitement par billet. Un grand chien occupant un siège peut entraîner la facturation d’un billet au tarif jeune.

Trains de nuit

Des règles spécifiques supplémentaires s’appliquent pour les voyages en train de nuit.

Sur les bateaux d’excursion (ballades archipel, croisières touristiques), beaucoup d’opérateurs acceptent les chiens sur les ponts extérieurs et dans des zones définies, en général sans supplément, mais pas dans les restaurants fermés. Certaines croisières n’acceptent que les petits chiens pouvant rester sur les genoux ; il est donc prudent de vérifier à l’avance.

Restaurants, cafés et lieux touristiques : une culture de l’allergie

Un point qui surprend de nombreux expatriés venant d’Allemagne, de Suisse ou de France : les chiens ne sont en règle générale pas admis à l’intérieur des restaurants et cafés suédois. Ce n’est pas tant une interdiction légale stricte qu’une norme sociale fortement influencée par la prise en compte des allergies. Les terrasses extérieures, en revanche, acceptent en général les chiens sans difficulté.

Bon à savoir :

Dans certains centres urbains comme Göteborg, de plus en plus de bars et cafés se déclarent « dog friendly », certains proposant même une carte dédiée aux chiens (« hundmeny »). Bien que des établissements spécifiques soient connus pour leur accueil, il est recommandé de toujours vérifier au préalable si les animaux sont autorisés.

Dans les grands sites touristiques, les animaux sont le plus souvent autorisés dans les espaces extérieurs mais pas dans les bâtiments. À Stockholm, un chien peut ainsi vous accompagner dans les ruelles de Gamla Stan ou sur les promenades autour de Drottningholm, et même profiter d’une petite île spécifiquement prévue pour les chiens en liberté près du palais, mais il ne pourra pas entrer dans le Palais royal ou le musée Nobel.

Camping, randonnées et plages canines

Pour ceux qui aiment la nature, la Suède est un terrain de jeu exceptionnel, à condition de respecter le principe du « droit d’accès à la nature » (Allemansrätten) et ses corollaires de responsabilité.

Bon à savoir :

De nombreux campings acceptent les chiens, parfois gratuitement ou avec un supplément. Certains proposent des équipements dédiés comme des parcours d’agility, des plages canines ou des douches. Les guides de camping indiquent systématiquement si les animaux sont admis.

Sur le littoral, certaines plages sont ouvertes aux chiens, d’autres non. Des zones explicitement dédiées existent, comme Hundbadplats Skanör dans le sud ou l’aire de Ribersborgs Hundrastplats à Malmö, où les chiens peuvent évoluer en liberté, se baigner et courir sur le sable.

Pour la randonnée, les règles varient selon la région et la saison. Dans les parcs nationaux du nord, par exemple en Laponie, les chiens sont largement autorisés en laisse sur les grands itinéraires tels que le Kungsleden (King’s Trail), mais en dehors de l’hiver (janvier-avril), leur accès peut être restreint à certains secteurs pour protéger la faune. Il est donc indispensable de consulter les règles spécifiques de chaque parc avant de partir.

Se loger en Suède avec un animal : un marché tendu, mais des solutions

La question du logement est probablement l’un des points les plus sensibles pour un expatrié avec animal de compagnie, surtout dans les grandes villes comme Stockholm ou Göteborg où le marché locatif est extrêmement concurrentiel.

Annonces, propriétaires et non-dits

Une difficulté fréquente : la plupart des annonces n’indiquent pas clairement si les animaux sont acceptés. Beaucoup de propriétaires ou de sociétés de gestion utilisent des clauses génériques du type « pas d’animaux », principalement pour des raisons d’allergies et de crainte de dégâts. En pratique, des marges de négociation existent, et certains propriétaires se montrent ouverts à certaines espèces ou tailles (par exemple tolérer un petit chien mais pas un grand, ou l’inverse, préférer les chiens aux chats).

Astuce :

Il est recommandé de contacter le bailleur même si l’annonce est silencieuse ou interdit généralement les animaux. Pour convaincre, constituez un dossier solide présentant votre animal (âge, comportement, habitudes) et joignez des attestations (ancien propriétaire, dog-sitter). Vous pouvez aussi proposer une garantie locative plus élevée pour rassurer le propriétaire.

Des plateformes spécialisées dans la recherche de logement en Suède fournissent parfois des guides sur la façon de se présenter aux propriétaires, la formulation à adopter en suédois, et les stratégies à privilégier sur ce marché tendu.

Locations de courte durée et tourisme avant installation définitive

Avant de trouver le logement longue durée idéal, beaucoup d’expatriés passent par des solutions temporaires : location meublée, sous-location, logement de vacances type Airbnb ou Vrbo.

3000

Plus de 3 000 annonces de logements acceptant les animaux sont disponibles sur la plateforme Vrbo en Suède.

La variété est impressionnante : cabanes en forêt, maisons sur pilotis dans l’archipel de Stockholm, granges rénovées avec prêt de kayaks, maisons en rondins avec bain nordique, péniches avec sauna… De quoi combiner repérage de votre future région d’expatriation et vraies vacances en compagnie de votre animal.

On peut comparer quelques types de logements typiques « pet-friendly » trouvés sur ces plateformes :

Type de logementEnvironnement typiqueAvantages pour un animal
Cabane ou chalet en forêtCampagne, lacs, sentiersCalme, nombreuses balades, nature
Appartement en villeCentre-ville, proche transportsAccès facile aux services, parcs
Maison de vacances au bord de l’eauArchipel, grands lacsBaignade, kayaks, grands terrains
Maison flottante / pénicheQuais urbains ou archipelVue panoramique, calme relatif
Gîte sur exploitation agricolePrairies, chevaux, autres animauxSociabilisation, espace, immersion

Pour les séjours courts, beaucoup d’hôtels appartiennent aussi à des chaînes qui acceptent les chiens. À Stockholm, une enquête a montré qu’environ la moitié des hôtels se déclarent « dog-friendly », même si cela se limite parfois à quelques chambres spécifiques, à réserver tôt.

Coût vétérinaire et assurance : un budget à ne pas sous-estimer

C’est l’un des chocs fréquents pour les nouveaux arrivants : le coût de la médecine vétérinaire en Suède est élevé. Le marché a connu une forte concentration autour de grands groupes (Evidensia, Anicura), qui détiennent une grande part du chiffre d’affaires, et les tarifs ont augmenté rapidement ces dernières années.

Des tarifs en hausse et de fortes différences entre cliniques

Une étude portant sur plus de 700 cliniques en Suède et en Norvège a montré que :

les cliniques appartenant à de grandes chaînes pratiquaient en moyenne des prix plus élevés que les cliniques indépendantes ;

les hôpitaux vétérinaires (avec service d’urgence, plateau technique complet) facturaient nettement plus cher certaines interventions lourdes (césariennes, chirurgies de l’utérus, fractures…) que les petites structures ;

– la plupart des actes avaient vu leurs tarifs augmenter sur l’année étudiée, avec des hausses médianes autour de 8 à 15 % selon le réseau.

11000

En 2023, le coût moyen d’un épisode de soins pour un chien en Suède dépassait 11 000 SEK.

Pour les chats, des affections pourtant courantes comme les abcès cutanés ou les fractures ont vu leur coût grimper de 40 à 50 % en deux ans à peine. Les facteurs expliquant ces augmentations sont multiples : technologies plus sophistiquées, diagnostics plus poussés, investissements en imagerie, exigences accrues sur la formation et les salaires du personnel… mais le résultat est le même : sans assurance, une hospitalisation lourde peut mettre finement à mal un budget familial.

L’assurance santé animale : quasi incontournable en Suède

Contrairement à beaucoup de pays, la Suède dispose d’une culture ancienne de l’assurance pour animaux. La grande majorité des chiens (près de 95 %) et une forte proportion de chats sont couverts par au moins un contrat d’assurance santé.

Bon à savoir :

Les formules d’assurance pour animaux couvrent divers frais vétérinaires (accidents, maladies, rééducation) et peuvent inclure les maladies congénitales ou les vices cachés, ainsi qu’une indemnisation en cas de décès ou de perte. Les plafonds de remboursement annuels varient généralement de 30 000 SEK à plus de 160 000 SEK pour les formules les plus complètes.

On trouve par exemple :

Assureur / formule (exemples)Plafond annuel de soinsParticularités notables
If – formule standard30 000 SEKCouverture de base, option hébergement si hospitalisation du maître
If – Super60 000 SEKNiveau intermédiaire
If – Super+120 000 SEKCouverture étendue
Hedvig – PremiumJusqu’à 160 000 SEKTéléconsultations illimitées, bilan annuel, vices cachés couverts
Lassie – formules tout niveauVariable selon formulePrise en charge de certaines maladies dentaires complexes après délai

Les polices prévoient souvent des délai de carence (par exemple 20 jours pour les maladies), et excluent les affections préexistantes ou certaines pathologies typiques de race. Pour bénéficier d’une couverture immédiate à l’arrivée en Suède, il peut être utile de disposer d’un certificat vétérinaire récent attestant de la bonne santé de l’animal.

Pour un expatrié, comparer ces contrats – éventuellement via des comparateurs en ligne – et souscrire rapidement après l’installation est une précaution très judicieuse, vu les niveaux de prix observés en clinique.

Voyager à l’intérieur de la Suède avec son animal : voiture, sécurité et températures

Au-delà des transports publics, beaucoup d’expatriés se déplacent en voiture, que ce soit pour des vacances, des week-ends randonnée ou des trajets réguliers domicile–travail avec leur chien.

La réglementation suédoise encadre aussi le transport en véhicule. Les principes de base sont :

Attention :

Pour transporter un chien en voiture en toute légalité et sécurité, plusieurs règles sont à respecter. L’animal doit être correctement attaché avec une ceinture spéciale ou placé dans une cage de transport adaptée ou un coffre accessible. Il est interdit de le laisser seul si la température risque de dépasser 25°C ou de descendre sous -5°C. Lors d’un long trajet, il faut le sortir, le faire boire au moins toutes les 6 heures et le nourrir à intervalles n’excédant pas 24 heures. Enfin, garder un chien de façon permanente dans un véhicule est interdit.

Pour les transports en cage ou caisse, des dimensions minimales sont fixées en fonction de la taille de l’animal, afin de garantir qu’il puisse se tenir debout, se retourner et se coucher confortablement.

Les règles se durcissent encore pour les transports commerciaux ou professionnels (élevages, traîneaux de chiens, pensions canines, etc.), qui nécessitent souvent un agrément, des aménagements spécifiques du véhicule (ventilation mécanique, issues de secours multiples) et un justificatif de compétences pour le responsable.

Vie professionnelle et garde des animaux : bureaux « dog-friendly », pensions et pet-sitters

Sur le plan professionnel, la Suède présente quelques avantages pour les propriétaires de chiens. Certaines entreprises autorisent en effet les salariés à venir au bureau avec leur animal, surtout dans les univers de la tech, de la communication ou des startups, où cette pratique est parfois vue comme un atout de bien-être au travail. Cela dépend toutefois complètement de la culture d’entreprise et des contraintes d’hygiène ou d’allergies ; il n’existe pas de droit général à venir au travail avec son chien.

Astuce :

Pour les journées où vous ne pouvez pas vous occuper de votre chien, des solutions existent : pensions journalières, « doggy daycares », ainsi que des réseaux de pet-sitters ou promeneurs professionnels. Ces services, bien qu’impliquant un coût souvent significatif, surtout en milieu urbain, sont précieux pour dépanner lors d’un déplacement professionnel ou d’une journée de travail chargée.

Expatriation réussie : check-list stratégique pour maîtres prévoyants

Réussir son installation en Suède avec un animal repose moins sur un « secret » que sur une préparation très méthodique. Même si chaque situation est unique, on peut dégager quelques axes-clés :

1. Anticiper très tôt le calendrier sanitaire. Entre la primo-vaccination rage, les 21 jours de délai, et éventuellement le titrage avec trois mois d’attente, la préparation peut prendre jusqu’à 6 à 7 mois depuis certains pays. Mieux vaut poser la question au vétérinaire dès le début du projet d’expatriation.

Bon à savoir :

Avant toute démarche, il est crucial de vérifier dans quelle catégorie votre pays d’origine se situe : pays « groupé » avec l’UE, « listé » ou « non listé ». Ce statut détermine les procédures et les délais applicables, y compris en cas de transit.

3. Soigner la paperasse. Microchip, numéro lisible, vaccin rage à jour, éventuel titrage, passeport ou certificat sanitaire, déclaration de non-commercialité, déclaration de douane en ligne ou sur place… L’ensemble doit être cohérent. En cas de doute, le Jordbruksverket ou l’autorité vétérinaire de votre pays peut confirmer la bonne configuration des documents.

Bon à savoir :

Après l’entrée sur le territoire, il est essentiel d’inscrire l’animal au registre national, de souscrire une assurance santé et de se renseigner sur les règles locales (utilisation de la laisse, périodes de protection de la faune, normes de logement).

5. Planifier la recherche de logement avec l’animal en tête. Dans les marchés tendus comme Stockholm, mentionner son animal tardivement complique les choses. Mieux vaut l’annoncer d’emblée, préparer une « présentation » de l’animal, et explorer des solutions temporaires pet-friendly (locations meublées, gîtes, airbnb) en parallèle de la recherche longue durée.

6. Intégrer le coût vétérinaire dans le budget global d’expatriation. Entre les tarifs très élevés de certaines cliniques, le caractère onéreux des hôpitaux vétérinaires et la forte probabilité d’une visite imprévue au fil des années, considérer l’assurance comme une ligne budgétaire de base est raisonnable.

En conclusion : beaucoup de règles, mais une réelle qualité de vie pour les animaux

La Suède ne fait aucun compromis sur la sécurité sanitaire et le bien-être animal. Du point de vue de l’expatrié, cela se traduit par des démarches administratives plus lourdes qu’ailleurs, une vigilance accrue sur les documents de voyage, et des coûts vétérinaires qui imposent de s’assurer sérieusement.

Bon à savoir :

Après avoir surmonté les démarches initiales, vivre avec un chien ou un chat en Suède présente de nombreux avantages : un cadre légal protecteur, un accès facile à la nature pour les promenades, des campings et plages dédiés, une ouverture générale des transports publics aux animaux, un nombre croissant de cafés et hôtels « dog-friendly », et une culture de l’assurance qui permet de gérer les imprévus.

Une expatriation réussie avec un animal en Suède repose donc sur un triptyque clair : préparation sanitaire rigoureuse, anticipation juridique et douanière, et organisation concrète du quotidien (logement, budget, transports). En prenant ces trois dimensions au sérieux, votre compagnon à quatre pattes a toutes les chances de profiter autant que vous de cette nouvelle vie en Suède.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Suède, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Suède pour sa stabilité politique et juridique, l’absence d’impôt sur la fortune, une protection sociale robuste et un environnement très favorable aux investissements financiers et immobiliers de long terme. Malgré une fiscalité plus élevée sur le revenu, l’optimisation a porté sur la structuration des revenus du capital, l’utilisation des conventions fiscales FR-SE pour éviter la double imposition et la mise en place d’une planification successorale avancée. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non), obtention de la résidence, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, fiscalistes, banquiers privés) et intégration patrimoniale globale dans une stratégie de diversification européenne.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :