S’installer en Suède sans parler suédois, c’est possible… mais vite frustrant. On trouve du travail en anglais dans certains secteurs, on gère le quotidien, mais on reste à la porte de bien des conversations, de l’humour local, des opportunités d’emploi et même de certaines démarches administratives. Pour un expatrié, apprendre la langue locale n’est pas un « bonus », c’est la clé pour se sentir vraiment chez soi.
La clé pour apprendre le suédois en Suède repose sur plusieurs piliers : la langue elle-même, un système unique de cours publics, une offre privée très riche et une multitude de ressources numériques. Il est important de noter que plus de 90 % de la population parle un excellent anglais, ce qui facilite l’installation mais peut aussi ralentir l’apprentissage de la langue si l’on ne met pas en place une stratégie active pour pratiquer le suédois au quotidien.
Ce guide propose un tour d’horizon pratique, fondé sur les données et dispositifs existants, pour structurer un véritable plan d’apprentissage du suédois en Suède, adapté à la réalité des expatriés.
Comprendre le paysage d’apprentissage du suédois en Suède
Pour un nouvel arrivant, trois grands « piliers » structurent l’offre d’apprentissage :
1. Les cours publics subventionnés, au premier rang desquels SFI – Svenska för invandrare. 2. Les formations complémentaires et passerelles (SAS, suédois professionnel, programmes pour jeunes). 3. Les ressources privées et numériques (applications, cours en ligne, cours particuliers, tandems et immersion).
Avant de plonger dans les détails, il est utile de rappeler quelques caractéristiques du suédois qui jouent en votre faveur.
Un rappel : à quel point le suédois est-il difficile ?
Le suédois appartient à la famille germanique, comme l’anglais. De nombreux avis d’apprenants et même des classements internes d’écoles de langues le placent parmi les langues les plus accessibles pour un anglophone.
Quelques points structurants :
Les verbes ne se conjuguent pas selon la personne : les formes « je suis », « tu es », « il est » se traduisent toutes par « är ». La présence de nombreux cognats avec l’anglais et l’allemand facilite la mémorisation du vocabulaire. La grammaire de base est relativement simple, bien que les pluriels et le système de genres (en/ett) puissent être déroutants. La principale difficulté réside souvent dans la prononciation, avec des sons spécifiques (å, ä, ö, sj) et une intonation mélodique, ainsi que dans l’écart important entre la langue écrite et la langue parlée.
Les recherches citées montrent aussi que viser les 2 000 mots de vocabulaire les plus fréquents permet déjà de comprendre une très grande majorité de ce qui se dit dans la vie de tous les jours. C’est un objectif réaliste avec quelques mois de travail sérieux, surtout si l’on combine cours, immersion et outils numériques.
SFI : la porte d’entrée officielle pour apprendre le suédois
Pour la plupart des expatriés qui s’installent durablement, SFI (Swedish for Immigrants) est le point de départ le plus logique. C’est un dispositif public massif, gratuit, présent sur tout le territoire.
Qu’est-ce que SFI, concrètement ?
SFI est un programme d’éducation linguistique et civique destiné aux nouveaux arrivants en Suède. Il existe depuis le milieu des années 1960 et accueille environ 100 000 étudiants chaque année.
Ses objectifs sont doubles :
– apprendre le suédois oral et écrit à un niveau fonctionnel ;
– introduire les bases de la société suédoise (vie quotidienne, institutions, travail, valeurs, etc.).
Les cours sont financés par les municipalités, l’État et les contribuables, et sont proposés par des écoles municipales et privées, mais toujours dans un cadre réglementé.
Qui peut s’inscrire à SFI ?
L’accès à SFI est large mais encadré par plusieurs critères :
– avoir au moins 16 ans ;
– être résident légal en Suède ;
– ne pas déjà maîtriser le suédois de base.
Depuis 2015, les citoyens de l’UE titulaires d’un numéro de coordination (samordningsnummer) ont aussi droit aux cours SFI. Dans la pratique, toutes les municipalités ne sont pas encore parfaitement au fait de ce droit, et cette possibilité semble réservée aux citoyens de l’UE. Pour les autres, il faut généralement un numéro personnel d’identité (personnummer), obtenu via l’Agence des impôts (Skatteverket) après enregistrement de la résidence.
Deux numéros jouent donc un rôle-clé :
| Numéro | À quoi il sert | Comment l’obtenir |
|---|---|---|
| Samordningsnummer (numéro de coordination) | Identifiant temporaire quand un personnummer ne peut pas être délivré immédiatement ; permet notamment l’accès à SFI pour les citoyens de l’UE | En s’enregistrant auprès de l’Agence pour l’emploi (Arbetsförmedlingen) |
| Personnummer (numéro d’identité personnel) | Identifiant permanent des résidents ; simplifie largement toutes les démarches (santé, banque, études…) | En s’enregistrant à Skatteverket après installation en Suède |
L’Agence des impôts n’accepte pas les demandes directes pour le numéro de coordination : tout passe par Arbetsförmedlingen. Les délais de traitement varient selon les régions et les périodes.
Deux exceptions notables :
– les personnes parlant déjà danois ou norvégien ne peuvent pas bénéficier gratuitement de SFI ;
– certains jeunes de 16 à 20 ans peuvent être orientés plutôt vers un programme d’introduction linguistique (Språkintroduktionsprogrammet).
Comment s’inscrire à SFI ?
L’inscription se fait auprès du service d’éducation des adultes (komvux / vuxenutbildning) de votre commune, ou directement auprès d’un prestataire privé agréé.
La procédure type :
Pour s’inscrire, il faut d’abord contacter le service compétent (en ligne, par téléphone ou sur place). Ensuite, si l’apprenant n’est pas un débutant complet, l’école propose un test de niveau pour déterminer son point de départ. Puis, un plan d’études individuel est défini avec lui, incluant ses objectifs, son rythme et son chemin de cours. Enfin, il rejoint une classe adaptée à ses besoins : à temps plein, à temps partiel, en journée, en soirée ou en ligne, selon l’offre locale.
Exemple réel : un étudiant nommé Ravindu raconte s’être inscrit à SFI dans la commune de Skövde après avoir reçu son personnummer. Il a commencé un cours « Intro Flex » à temps partiel, combinant les cours A et B, avec un cours obligatoire chaque lundi en fin de journée et une séance optionnelle le jeudi après-midi. En douze cours obligatoires répartis sur trois mois, le rythme lui a paru soutenu.
Les trois parcours d’études SFI : adapter la vitesse au profil
L’un des atouts de SFI est de proposer trois parcours d’études (studievägar), pensés pour des profils très différents.
| Parcours | Cours inclus | Profil visé | Vitesse |
|---|---|---|---|
| 1 | A, B, C, D | Personnes avec peu ou pas de scolarité antérieure, parfois analphabètes dans leur langue maternelle, qui doivent aussi apprendre l’alphabet latin | Rythme plus lent, mise à niveau fondamentale |
| 2 | B, C, D | Personnes ayant suivi l’équivalent de l’école primaire dans leur pays | Rythme intermédiaire à rapide |
| 3 | C, D | Personnes ayant un niveau secondaire ou universitaire, déjà habituées à étudier de façon intensive | Rythme rapide, plus académique |
Le point d’entrée (A, B ou C) dépend de votre scolarité passée et de votre niveau actuel. Chaque parcours est jalonné de cours (A à D) sanctionnés par une note.
Quelques repères importants :
– Le cours D, niveau le plus avancé de SFI, correspond globalement à un niveau B1 du Cadre européen (CECRL).
– Après avoir validé le parcours 3 (jusqu’au cours D), vous pouvez passer à des cours de « suédois langue seconde » (SAS), nécessaires notamment pour accéder à des études plus poussées ou certaines professions.
Contenu des cours SFI : langue et société
Le programme SFI vise d’abord des compétences pratiques :
– compréhension et expression orale en situations courantes ;
– lecture et écriture de textes simples (formulaires, e-mails, annonces…).
Mais l’apprentissage ne s’arrête pas à la langue : SFI comporte aussi une introduction à la société suédoise. On y aborde la vie civique, le monde du travail, les règles non dites (prendre un ticket en file d’attente, dire hej et tack, enlever ses chaussures chez les gens, la culture du fika, etc.).
L’enseignement est principalement dispensé en suédois, même pour les débutants, afin de maximiser l’immersion. Un soutien à l’alphabétisation ou en langue maternelle peut être proposé aux personnes peu scolarisées.
Chaque étudiant dispose d’un plan d’études individuel, élaboré avec l’école, qui peut être adapté en cours de route.
Temps de cours et durée globale des études
Par la loi, les étudiants SFI ont droit à au moins 15 heures d’enseignement par semaine. Dans les faits :
– un SFI à temps plein tourne souvent autour de 15–20 heures de cours, cinq jours par semaine ;
– les cours du soir ou à temps partiel proposent plutôt 6–9 heures hebdomadaires, sur deux ou trois soirées.
Des cours d’été sont disponibles dans certaines communes, parfois sans pause estivale.
La durée totale pour aller du niveau A à D varie fortement :
– bagage scolaire antérieur ;
– familiarité avec les alphabets latins ;
– proximité entre suédois et langue(s) déjà parlée(s) ;
– temps disponible et capacité d’apprentissage.
Des estimations évoquent qu’à raison d’environ 15 heures par semaine, terminer tous les cours de A à D peut, dans certains cas, s’étaler sur plusieurs années et même dépasser cinq ans pour des apprenants ayant peu de scolarité au départ.
Des chiffres illustrent le public souvent très hétérogène de SFI : en 2011, environ 19 200 apprenants en SFI n’avaient que 0 à 3 ans d’éducation formelle, et le nombre de migrants analphabètes pris en charge a doublé dans les cinq années précédant 2012. Les pays d’origine fréquents à cette époque incluaient l’Irak, la Somalie, la Thaïlande, la Pologne, l’Iran, la Turquie, la Chine, l’Érythrée, l’Afghanistan ou la Syrie.
Évaluation, notes et passage au SAS
Chaque cours (A, B, C, D) donne lieu à une évaluation. La plupart des municipalités utilisent un système binaire « réussi / non réussi », ou bien une échelle inspirée du secondaire (E à A pour réussi, F pour échec).
– Une note est attribuée pour chaque cours terminé.
– Pour le cours D, la transmission de la note est généralement automatique.
– Pour les cours A à C, il peut être nécessaire de demander explicitement l’attestation à l’école.
Ce test est aligné sur le niveau B1 du CECRL. Une fois ce jalon atteint, de nouvelles opportunités s’offrent à vous.
Le test valide une compétence de niveau intermédiaire (B1) selon le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues.
L’obtention de ce jalon ouvre des portes vers de nouvelles perspectives et apprentissages.
– des études de suédois langue seconde (SAS) permettant d’obtenir un niveau plus académique ;
– des formations professionnelles combinant langue et métier ;
– l’accès aux aides étudiantes de l’organisme national CSN (non disponibles pendant SFI, mais ouvertes pour SAS).
Financement et contraintes administratives : ce qu’il faut savoir
SFI est gratuit pour l’étudiant, mais il ne donne pas droit à une aide financière CSN. Il est cependant possible de :
– combiner SFI avec un emploi ;
– effectuer un stage en parallèle ;
– suivre d’autres formations à temps partiel.
Deux points réglementaires méritent l’attention, surtout à l’approche de votre installation :
1. Limitation de durée : de nouvelles règles entreront en vigueur le 1er janvier 2026. Les apprenants disposeront alors de trois ans pour terminer SFI. Une prolongation ne sera possible que pour des motifs particuliers (santé, situation familiale, etc.), à l’appréciation de la commune. 2. Arrêts et réadmissions : si vous interrompez vos études avant d’avoir validé le cours D, une nouvelle demande sera nécessaire pour reprendre. Cette réadmission est soumise à l’examen de la municipalité et nécessite à nouveau des “raisons particulières”.
Certaines communes ajoutent des critères : par exemple, à Göteborg ou Öckerö, il faut y résider ou disposer d’une autorisation d’études de sa commune d’origine.
SFI à côté des autres dispositifs publics
SFI n’est pas le seul outil public pour apprendre le suédois en Suède.
– De nombreux lycées et universités proposent des cours de suédois pour étudiants internationaux (souvent gratuits) et des parcours de « suédois pour étrangers ».
– Les folk high schools (folkhögskolor) peuvent délivrer des formations en suédois équivalentes à SFI, avec parfois un environnement plus communautaire et axé sur la vie en internat.
– Des programmes de suédois professionnel (Yrkesinriktad svenska) existent pour certaines professions, mais ils demandent généralement d’être inscrit à l’Agence pour l’emploi (Arbetsförmedlingen).
Pour un expatrié, l’important est de voir SFI comme un socle, pas comme un plafond. L’objectif réaliste : utiliser SFI pour atteindre un niveau B1 solide, puis s’orienter rapidement vers des cours plus ciblés (SAS, suédois professionnel, université, etc.).
Aller plus loin : SAS, suédois professionnel et parcours pour les jeunes
Une fois le SFI terminé, beaucoup d’expatriés ont un objectif clair : pouvoir étudier ou travailler en suédois dans leur domaine.
SAS : le suédois langue seconde pour consolider le niveau
Les cours de SAS (Svenska som andraspråk) prolongent SFI vers un suédois plus complexe, proche de la norme universitaire ou professionnelle. C’est souvent par ce biais que les apprenants :
– atteignent un niveau B2/C1 ;
– deviennent éligibles aux bourses ou prêts étudiants CSN ;
– remplissent les prérequis linguistiques pour des formations supérieures en suédois.
Contrairement à SFI, SAS ouvre donc la possibilité de financement CSN pour ceux qui en remplissent les conditions (durée minimale d’études, volume horaire, etc.).
Suédois professionnel : adapter la langue à un métier
Pour ceux qui veulent, par exemple, exercer en tant qu’infirmier, médecin, ingénieur ou artisan, des programmes spécifiques peuvent être proposés :
Il existe trois types principaux de cours de suédois spécialisés, notamment le suédois orienté métier, le suédois médical et le suédois pour les affaires.
L’idée est de combiner :
– un vocabulaire technique ;
– des scénarios professionnels (réunions, appels, rédaction de rapports) ;
– et parfois des stages.
Jeunes de 16 à 20 ans : le programme d’introduction linguistique
Les adolescents récemment arrivés peuvent être orientés vers un « Språkintroduktionsprogrammet », un programme d’introduction linguistique destiné aux jeunes de 16 à 20 ans. Il leur permet :
– de suivre des cours intensifs de suédois ;
– d’intégrer progressivement des matières générales (maths, sciences, etc.) ;
– de préparer l’entrée dans le système scolaire suédois classique ou la formation professionnelle.
Pour des familles expatriées avec des adolescents, ce programme est crucial afin de ne pas laisser un jeune trop longtemps en marge du système éducatif.
Cours privés, immersion contrôlée et cours particuliers
L’offre publique est loin d’épuiser les solutions. Une grande partie de la progression se jouera aussi dans des environnements moins formels.
Les écoles et associations pour adultes
En complément de SFI ou après celui-ci, de nombreux expatriés se tournent vers des écoles d’adultes ou des associations :
– Folkuniversitetet offre un large éventail de cours dans plusieurs villes, avec des formules intensives, en journée, en soirée, parfois orientées sur la vie professionnelle.
– Les folk high schools (folkhögskolor) proposent des formules en internat ou semi-internat, qui se rapprochent d’une immersion contrôlée : on y vit, mange et étudie ensemble, souvent en suédois dès le matin jusqu’au soir.
– Des organismes spécialisés organisent des séjours de type « vivre chez le professeur », où l’on loge dans la famille de son enseignant et où toute la journée se déroule en suédois.
L’intérêt de ces structures tient autant à la méthodologie qu’à l’ambiance :
– plusieurs prestataires privés soulignent l’usage de méthodes modernes, de supports numériques, d’un climat accueillant et inclusif ;
– certains prônent un enseignement en suédois dès le premier jour, ce qui peut sembler brutal mais accélère clairement l’acquisition, à condition d’être soutenu et encadré.
Les cours particuliers : accélérateur de progression
De nombreuses plateformes permettent aujourd’hui de trouver un tuteur suédophone pour des leçons individuelles :
– plateformes spécialisées dans le tutorat ou les langues ;
– services suédois de soutien scolaire qui ont étendu leur offre aux cours de suédois pour adultes et expatriés.
Les tarifs varient fortement selon l’expérience, les diplômes, le type de cours (général, professionnel, préparation d’examen) et le lieu :
| Type de tuteur | Fourchette indicative (en ligne) | Commentaire |
|---|---|---|
| Tuteur individuel débutant | 10–20 USD / 50 min | Idéal pour conversation informelle, révision de bases |
| Enseignant diplômé, expérimenté | 25–40 USD / 50 min | Souvent spécialisé (business, examens TISUS, YKI, etc.) |
| Cours de groupe (3–5 personnes) | 1,5–2 fois le tarif individuel par séance, partagé | Plus économique, dynamique de groupe intéressante |
Les plateformes mettent souvent en avant des statistiques rassurantes : seules 10 % des candidatures d’enseignants seraient retenues, 99,8 % des évaluations de cours seraient de 5 étoiles, etc. Même si ces chiffres sont à prendre avec recul, ils reflètent l’importance accordée à la qualité perçue.
Pour un expatrié qui travaille à temps plein, quelques heures de cours particulier par semaine peuvent :
– corriger des problèmes de prononciation (sons sj, longueur des voyelles, accents tonals) ;
– débloquer l’oral pour viser un niveau B1/B2 plus rapidement ;
– préparer un examen spécifique (TISUS pour l’université, tests internes des écoles, etc.).
L’immersion : bénéfices et limites
Les recherches sur l’immersion convergent : baigner dans la langue au quotidien est l’un des moyens les plus puissants pour progresser. L’immersion présente plusieurs avantages :
L’immersion permet une acquisition plus intuitive des structures grammaticales, sans recourir systématiquement à la traduction. Elle favorise le développement des compétences d’écoute et la capacité à comprendre un discours naturel, incluant différents accents et imperfections. Cette méthode expose également l’apprenant à la culture, aux expressions courantes et à l’humour du pays. Enfin, la motivation est renforcée par la nécessité pratique d’utiliser la langue pour se débrouiller dans des situations réelles.
Mais les témoignages et analyses soulignent aussi ses limites :
– un débutant peut ressentir une forte anxiété, voire un découragement face au flot de mots incompris ;
– sans un minimum de structure grammaticale et de vocabulaire de base, l’immersion seule peut conduire à une stagnation ;
– en Suède, les interlocuteurs basculent très vite en anglais, surtout dans les grandes villes, ce qui affaiblit involontairement l’effet d’immersion.
Les expériences décrivent souvent trois étapes :
1. Choc initial : tout semble sonner pareil, on saisit quelques mots isolés (hej, tack, okej). 2. Survie linguistique : on commence à gérer les situations simples (courses, transports, salutations au travail). 3. Effet boule de neige : passé quelques mois à écouter et parler chaque jour, on sent une accélération soudaine de la compréhension et de la fluidité.
L’idéal, pour un expatrié, est de combiner immersion et apprentissage guidé :
– s’inscrire à SFI ou à une école privée pour la structure ;
– vivre autant que possible en suédois (collègues, associations, voisins) ;
– consolider par des ressources numériques (applications, podcasts, vidéos).
Le numérique : applications, plateformes et cours en ligne
L’écosystème des applis de suédois est vaste. Les analyses comparatives mettent en avant plusieurs tendances fortes.
Que proposent les applications de suédois ?
La plupart des grandes applis partagent des fonctionnalités communes :
– répétition espacée pour mémoriser le vocabulaire ;
– enregistrement de la voix et reconnaissance de prononciation ;
– fiches de vocabulaire, mini-jeux, quiz de grammaire ;
– suivi des progrès, séries de jours consécutifs pour encourager la régularité ;
– contenus audio et vidéo avec des natifs, parfois téléchargeables pour une écoute hors connexion.
Quelques méthodes se distinguent :
Plusieurs approches existent pour apprendre une langue efficacement : l’apprentissage par phrases complètes et répétition de masse (comme Glossika), l’apprentissage par le biais d’une histoire (comme StoryLearning) pour assimiler la langue en suivant une intrigue, la conversation avec une IA qui corrige en temps réel la grammaire et le vocabulaire, et enfin l’immersion via la lecture et l’écoute de contenus authentiques (articles, podcasts, livres) avec traduction à la demande.
Combiner SFI et outils numériques : une stratégie gagnante
Pour un expatrié inscrit à SFI, les applis et cours en ligne ne remplacent pas les cours, mais ils peuvent en multiplier l’efficacité :
– réviser le vocabulaire des leçons SFI par flashcards (Anki, Quizlet, Memrise) ;
– écouter des podcasts de niveau débutant pendant les trajets (par exemple des programmes « lätt svenska ») ;
– utiliser une plateforme de lecture en suédois pour lire des textes courts, avec un système de surlignage et de sauvegarde du vocabulaire ;
– pratiquer la conversation avec un tuteur en ligne une fois par semaine, pour corriger l’accent et gagner en confiance.
Les retours d’expérience montrent qu’une pratique quotidienne de 15 à 40 minutes sur ces outils, en plus des cours, permet souvent d’atteindre un niveau conversationnel en quelques mois, à condition d’être régulier.
Ressources gratuites et publiques : ne pas négliger l’or caché
Au-delà des grandes applis, la Suède produit beaucoup de ressources gratuites :
– des sites de nouvelles en « suédois facile », avec audio et transcription, spécialement pensés pour les apprenants ;
– des dictionnaires en ligne avec prononciation audio ;
– des cours ouverts initialement conçus pour les diplomates ou l’intégration des migrants.
Les données collectées citent, entre autres :
Une sélection de sites web et d’applications utiles pour pratiquer et améliorer votre suédois, de l’initiation au vocabulaire avancé.
Les sites de l’Agence nationale pour l’éducation présentent le programme SFI (suédois pour immigrants) et proposent parfois des liens vers des exercices pratiques.
Le site et l’application Hejsvenska permettent de pratiquer le suédois de manière interactive, organisée par thèmes de la vie quotidienne.
Une plateforme de cours numérique gratuite, spécialement conçue pour les demandeurs d’asile qui débutent leur apprentissage du suédois.
Dictionnaire pédagogique en ligne proposant des traductions du suédois vers plusieurs langues, accompagnées de prononciations audio.
Pour un expatrié, ces ressources sont précieuses car elles sont souvent :
– adaptées aux débutants ;
– alignées sur le contenu de SFI ;
– disponibles sans frais, accessibles avec un simple smartphone.
Pratiquer dans la vraie vie : language cafés, tandems et vie quotidienne
L’un des plus grands défis en Suède n’est pas le manque de ressources… mais la facilité avec laquelle tout bascule en anglais. Il faut donc créer des occasions de parler suédois.
Les cafés linguistiques et groupes d’échange
Dans de nombreuses villes suédoises, et particulièrement dans les grandes comme Stockholm, Gothenburg ou Malmö, on trouve :
– des cafés langues organisés par des associations, des écoles ou même des groupes informels ;
– des rencontres gratuites dans des cafés publics, avec alternance entre suédois et une autre langue ;
– des groupes de conversation en ligne (par exemple via Jitsi) pour des apprenants avancés.
Le format typique d’une soirée :
– une heure de conversation en suédois ;
– une heure dans l’autre langue (anglais, français, espagnol…) ;
– des tables de niveaux, pour que chacun puisse participer sans être submergé.
Des groupes rassemblent parfois plusieurs milliers de membres dans une seule ville, preuve d’un besoin partagé : pratiquer plus, dans une ambiance détendue.
Groupes de pratique sportive
Trouver un tandem suédois
Au-delà des événements, beaucoup de Suédois s’inscrivent sur des plateformes de tandem linguistique pour :
– pratiquer l’espagnol, le français, le portugais, le japonais, etc. ;
– en échange de quoi ils offrent du temps pour parler suédois.
Pour un expatrié, c’est une voie extrêmement efficace pour :
– comprendre la culture au-delà des clichés (lagom, fika, fredagsmys, etc.) ;
– apprendre les tournures familières, les contractions, l’argot ;
– se faire un réseau d’amis au-delà du milieu professionnel anglophone.
Les profils de tandems décrits dans les données montrent un éventail très large de motivations : préparer un échange universitaire, apprendre pour voyager, mieux comprendre sa belle-famille, progresser pour son travail, etc. Cette diversité est un atout : chacun peut trouver un partenaire avec des centres d’intérêt communs.
Utiliser la vie quotidienne comme salle de classe
Vivre en Suède offre énormément d’occasions d’apprentissage, encore faut-il les saisir intentionnellement. Quelques stratégies concrètes :
Pour pratiquer le suédois dans la vie de tous les jours : au travail, proposez de démarrer les réunions informelles en suédois et demandez à ce qu’on vous parle d’abord dans cette langue. Au supermarché, lisez les étiquettes à voix basse, essayez de deviner les mots composés et posez une question en suédois à un employé. Au café ou au restaurant, passez systématiquement votre commande en suédois et poursuivez dans cette langue si on vous y répond. Enfin, avec vos voisins, saluez en suédois, échangez sur la météo et demandez des recommandations de promenades ou de restaurants.
Les normes sociales suédoises – respect de la file d’attente, usage systématique de hej et tack, importance du fika – peuvent elles-mêmes devenir supports d’apprentissage. Observer ces codes, les commenter avec un tandem, les expérimenter, c’est déjà apprendre la langue.
Gérer les obstacles spécifiques aux expatriés
Même avec toutes ces ressources, certains freins sont récurrents chez les expatriés en Suède.
Le « piège de l’anglais »
Quand plus de 90 % des habitants parlent une excellente langue de contact, il est tentant de se reposer sur cette béquille. Or :
– cela réduit drastiquement votre temps d’exposition au suédois ;
– vous risquez de rester longtemps dans une zone de confort, sans jamais oser vraiment l’oral.
Plusieurs pistes s’en dégagent :
Annoncez dès le début votre souhait de pratiquer le suédois et acceptez de ne pas tout comprendre. Utilisez des périphrases au lieu de basculer en anglais face aux difficultés. Réservez l’anglais pour les sujets sérieux (contrat, santé) au début, et insistez pour utiliser le suédois sur tous les sujets à faible enjeu.
Des témoignages montrent qu’à partir d’un certain niveau (A2–B1), insister gentiment pour rester en suédois finit par fonctionner, et les interlocuteurs s’y habituent.
Prononciation : un enjeu clé pour être compris
Les analyses de la phonétique suédoise dans les données de recherche rappellent à quel point la prononciation peut faire la différence :
– confondre glas (verre) et glass (glace) ;
– allonger ou raccourcir une voyelle et changer totalement le sens d’un mot ;
– mal réaliser le son sj peut rendre un mot méconnaissable.
Plusieurs approches existent :
Pour illustrer l’importance de la prosodie en suédois, des ressources pédagogiques spécialisées existent. Elles incluent des cours utilisant des vidéos IRM pour visualiser le tractus vocal, ainsi que des podcasts et vidéos axés sur l’intonation et le rythme. Ces éléments sont cruciaux pour distinguer des paires minimales, comme les deux sens du mot *anden* (« le canard » vs « l’esprit »). En complément, certains tuteurs proposent des séances individuelles centrées sur la correction phonétique.
Investir quelques heures dans la prononciation au début peut éviter de mauvaises habitudes difficiles à corriger plus tard.
Gérer son temps et son énergie
Entre un emploi, une famille, des démarches administratives, certains expatriés peinent à dégager du temps. Les études sur les applis suggèrent pourtant que 30 minutes par jour peuvent suffire, si elles sont bien structurées.
Un rythme réaliste pourrait ressembler à ceci :
| Moment de la journée | Activité | Durée indicative |
|---|---|---|
| Matin (transport) | Podcast en suédois facile, écoute passive | 10–15 min |
| Pause déjeuner | Révision de vocabulaire sur une appli | 10–15 min |
| Soir | Devoirs SFI ou lecture en suédois, avec prise de notes | 20–30 min |
| Week-end | Conversation tandem ou cours particulier | 60 min |
L’important est la régularité : la répétition quotidienne l’emporte largement sur les longues séances occasionnelles.
Construire son plan d’apprentissage d’expatrié
Au vu de toutes ces données, comment un expatrié peut-il, concrètement, structurer son apprentissage ?
Étape 1 : sécuriser le socle administratif et SFI
– Obtenir un personnummer ou, si vous êtes citoyen de l’UE et dans le bon cas de figure, un samordningsnummer.
– Contacter sans tarder le service d’éducation des adultes de votre commune pour vous inscrire à SFI.
– Faire le test de niveau proposé pour être orienté vers le parcours adapté (1, 2 ou 3).
– Demander qu’on vous explique clairement votre plan d’études individuel et les objectifs de chaque cours (A, B, C, D).
Étape 2 : compléter SFI par du numérique et de la pratique
Dès les premières semaines :
– choisir une ou deux applis à utiliser quotidiennement (vocabulaire et oral) ;
– écouter régulièrement des nouvelles en suédois facile pour habituer l’oreille ;
– rejoindre au moins un groupe de langue café ou un tandem pour parler.
Étape 3 : viser le cap B1 (cours D) et planifier l’après
L’objectif réaliste, dans un premier temps, est d’atteindre le niveau SFI D :
La durée de votre parcours peut varier selon votre profil, avec un horizon conseillé de 1 à 3 ans, dans la limite globale de trois ans. Une fois le niveau requis atteint, anticipez une transition vers un SAS et/ou des cours professionnels. Si vous visez des études plus avancées, renseignez-vous tôt sur les conditions pour obtenir des aides du CSN.
Étape 4 : spécialiser et approfondir
Une fois SFI derrière vous :
– intégrer un cours SAS pour consolider l’écrit, la grammaire avancée, la rédaction de textes argumentés ;
– si votre projet l’exige, prendre un cours de suédois pour le travail ou orienté vers votre métier (santé, commerce, ingénierie, etc.) ;
– renforcer l’oral via des cours particuliers, des débats, des présentations orales, des activités associatives (club de sport, chorale, bénévolat, etc.).
Conclusion : le suédois comme clé d’intégration durable
Apprendre le suédois en Suède, c’est profiter d’un écosystème exceptionnel : un vaste programme public (SFI) accessible, des passerelles vers des études et des métiers, des écoles spécialisées, des ressources numériques en abondance, et une société où la lecture, la radio et les podcasts font partie du quotidien.
Ce tableau a cependant ses paradoxes : l’omniprésence de l’anglais peut freiner la pratique, les parcours administratifs (numéro personnel, inscriptions, règles de durée) peuvent décourager, et la qualité des cours varie selon les communes et les écoles.
Les données disponibles montrent qu’en combinant intelligemment :
L’apprentissage efficace repose sur plusieurs piliers : utiliser le SFI (suédois pour immigrants) comme base fondamentale, consolider ses connaissances via des applications et ressources en ligne, et pratiquer par immersion sociale (travail, tandems linguistiques, cafés langues). Des cours spécialisés (SAS, suédois professionnel, prononciation) sont également disponibles pour répondre à des objectifs spécifiques.
un expatrié motivé peut atteindre un niveau confortable, souvent conversationnel en quelques mois, puis professionnel ou universitaire en quelques années.
Le plus difficile n’est pas l’absence de ressources, mais la capacité à persévérer et à oser parler, même mal, dans un pays où tout vous incite pourtant à rester en anglais. Le jour où vous surprendrez vos collègues en plaisantant en suédois à la machine à café, ou où vous expliquerez spontanément à un nouveau venu comment fonctionne SFI et la vie en Suède, vous saurez que l’effort en valait largement la peine.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Suède, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Suède pour son système fiscal stable, la forte sécurité juridique, un environnement économique robuste, une protection sociale de haut niveau et un cadre de vie très qualitatif (Stockholm régulièrement classée parmi les capitales les plus agréables d’Europe). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, coordination avec Skatteverket, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin d’aligner cette mobilité sur une stratégie globale de diversification.
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