Dès que le soleil disparaît derrière les toits en tuiles et les clochers baroques, la République Tchèque change de visage. Pays de la bière, des clubs électro, des caves à vin moraves et des festivals géants, elle offre une vie nocturne étonnamment riche pour un territoire aussi compact. On pense spontanément à Prague, souvent classée parmi les meilleures villes d’Europe pour faire la fête, mais les scènes de Brno, Ostrava ou des petites villes viticoles méritent autant le détour.
La nuit tchèque va bien au-delà des stéréotypes, offrant une grande diversité d’expériences : des clubs techno et bars à cocktails aux hospody (bistrots) traditionnels, en passant par des festivals de jazz, des fêtes électroniques dans des lieux industriels reconvertis et des dégustations de vins moraves dans des caves. Il est important de considérer les aspects culturels, gastronomiques et de sécurité pour profiter pleinement de la vie nocturne en République Tchèque, qui varie selon les quartiers et les villes.
Prague, cœur battant de la nuit tchèque
La capitale concentre une bonne partie de la vie nocturne du pays. Avec sa grande population étudiante et un flot continu de visiteurs, elle vit tard, très tard : beaucoup de bars et clubs restent ouverts jusqu’à 6 h du matin, et on sort facilement du lundi au dimanche, avec un pic du jeudi au samedi.
Les zones les plus animées se répartissent entre la Vieille Ville (Staré Město), la Nouvelle Ville (Nové Město), le quartier du Pont Charles et les abords de la place Venceslas, sans oublier des districts plus locaux comme Vinohrady, Žižkov, Holešovice, Vršovice ou Smíchov. Chacun a son style, son public et ses prix.
Pubs tchèques, bière et hospody de caractère
Impossible de parler de nuit tchèque sans commencer par la bière. La République Tchèque affiche la plus forte consommation par habitant au monde (184,1 litres par personne en 2021) et une tradition brassicole qui remonte parfois au Moyen Âge. Dans la capitale seulement, on compte plus de 25 brasseries en activité, des monastères aux microbrasseries ultra modernes.
Les « hospody » (bistrots de quartier) et grandes brasseries sont idéales pour lancer une soirée, manger chaud et se plonger dans l’ambiance locale. Parmi les adresses emblématiques à Prague, certaines sont aussi de véritables « monuments » de la culture de la bière.
| Lieu | Quartier / Ville | Particularité principale |
|---|---|---|
| U Fleku | Nové Město, Prague | Brasserie historique (1499), célèbre lager brune et musique live |
| U Medvídků | Staré Město, Prague | Ancienne brasserie médiévale (1466), Budvar et microbrasserie sur place |
| U Pinkasů | Nové Město, Prague | Premier pub de Prague à servir la Pilsner Urquell (1843), jardin |
| Staroměstský pivovar U Supa | Staré Město, Prague | Brasserie avec auberge, activité brassicole attestée au XVe siècle |
| Strahov Monastery Brewery | Hradčany, Prague | Brasserie monastique, site fondé en 1142, bière Saint Norbert |
| Vinohradský pivovar | Vinohrady, Prague | Microbrasserie dans un bâtiment historique, concerts et lagers modernes |
| Andělský pivovar | Smíchov, Prague | Microbrasserie contemporaine avec terrasse |
Dans ces lieux, on boit des lagers tirées « à la tchèque », avec des styles de service codifiés (Hladinka, Šnyt, Mlíko). Les prix restent généralement doux par rapport à l’Europe de l’Ouest, surtout dans les quartiers un peu en dehors de l’hyper‑centre. À côté des grands noms comme Pilsner Urquell ou Budvar, les microbrasseries multiplient les expérimentations, des IPA houblonnées aux stout vieillis en fût.
En marge de ces institutions, on trouve une multitude de pubs de quartier au charme brut, parfois classés localement comme « pajzl » (boui‑boui) ou « quatrième catégorie » pour leur côté très populaire. Des adresses comme U Vystřelenýho Oka à Žižkov, Na Slamníku à Bubeneč ou U Sadu à Žižkov illustrent ce visage plus rugueux, tellement important pour comprendre la vraie sociabilité nocturne des Tchèques.
Bars à bière, dégustations et tournées brassicoles
Depuis une quinzaine d’années, une nouvelle génération de bars à bière est apparue, centrée sur les microbrasseries et les styles modernes. BeerGeek à Vinohrady (32 tireuses rotatives), Cobra à Holešovice, ou encore U Kunštátu dans la Vieille Ville, sont devenus des repères pour amateurs exigeants.
Plusieurs expériences organisées permettent de plonger en profondeur dans la culture brassicole tchèque, en particulier à Prague :
| Expérience | Lieu / Adresse | Contenu principal | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Bohemian Craft Beer Tasting | Lya Beer Café, rue Krymská, Prague | Dégustation de 8 bières de microbrasseries tchèques | 890 CZK |
| Tasting dans un palais du XIIe s. | Palais U Kunštátu, Vieille Ville | 10 bières artisanales locales + spécialités à grignoter | — (≈ 2,5 pintes) |
| Prague Craft Beer Tasting | The Beer Spot, rive château (Plaská 5) | 10 échantillons de bières + planches fromages / charcut. | 42 € |
Ces sessions, souvent animées par des guides spécialisés, détaillent les méthodes de brassage (double ou triple décoction, fermentation en cuve ouverte), les variétés de houblons (Saaz, Sladek, Kazbek) et racontent l’histoire d’un secteur longtemps bridé par l’occupation nazie puis le régime communiste avant son renouveau fulgurant.
Cocktails, spiritueux locaux et bars à thème
Prague n’est pas qu’une capitale de la bière. La scène des bars à cocktails s’est fortement développée, portée par des adresses qui rivalisent avec celles de Londres ou Berlin. Hemingway Bar, près de la Vltava, fait figure de référence : atmosphère feutrée, grande carte de rhums et d’absinthes, et réservation indispensable tant la demande est forte.
Dans le même registre haut de gamme, Týnská Bar & Books joue la carte du speakeasy club anglais, avec bibliothèque, cigares et cocktails travaillés. B21 Cocktail Bar s’inspire quant à lui des régions tchèques pour créer des recettes originales.
La culture cocktail locale s’appuie sur plusieurs spiritueux typiquement tchèques : la liqueur herbacée Becherovka, le Fernet et bien sûr l’absinthe. Absintherie Jilská, à quelques pas de la place de la Vieille Ville, aligne plus de 100 références d’absinthe et décline cette boisson mythique sous toutes les formes imaginables.
La ville adore aussi les concepts décalés : Steampunk Bar et ses décors machines, Nightmare Horror Bar dans Malá Strana pour les fans de films d’horreur, AnonymouS Shrink’s Office où les cocktails sont créés à partir d’une palette de couleurs plutôt qu’une carte, ou encore Joystick Arcade Bar qui marie flippers, bornes rétro, bières à 2 $ et cocktails à 7 $.
Rooftops et vues de carte postale
La topographie de Prague – collines, tours, château dominant la rivière – en fait un terrain de jeu idéal pour les bars en hauteur. De nombreux toits se sont transformés en lounges avec vue panoramique, parfaits pour un début ou une fin de soirée plus contemplatifs.
Quelques adresses illustrent bien cette tendance :
| Rooftop / Restaurant | Vue principale | Détail notable |
|---|---|---|
| Terasa U Prince | Place de la Vieille Ville, horloge astronomique | L’un des lieux les plus photographiés de Prague |
| Glass Bar (Maison dansante) | Vltava, centre historique | Bar vitré + plateforme extérieure, entrée parfois payante |
| Pytloun Sky Bar | Château de Prague et toits du centre | Igloos chauffés l’hiver, DJ sets l’été |
| Terasa U Zlaté Studně | Toits de la Vieille Ville et du château | Restaurant gastronomique avec terrasse panoramique |
| T-Anker | Toits du centre, depuis Kotva | Grande terrasse et carte de bières impressionnante |
| Cloud 9 Sky Bar | Vltava et skyline depuis le Hilton | Cocktails signature, ambiance lounge |
| Oblaca (tour TV Žižkov) | Vue à 360° depuis l’une des plus hautes tours | Bar/restaurant perché sur la tour télé |
La plupart de ces lieux demandent une consommation minimale, voire un petit droit d’entrée (par exemple pour accéder à la plateforme de la tour de Žižkov). Les cocktails tournent en général entre 8 et 15 € selon le standing et l’emplacement.
Clubs généralistes : du five‑floor géant aux soirées 80’s
Prague attire depuis des années un public venu spécialement pour ses clubs. Les établissements généralistes, souvent concentrés près du Pont Charles, autour de Dlouhá ou place Venceslas, enchaînent musiques variées, happy hours et fermetures au petit matin.
Nombre d’étages du club Karlovy Lázně, chacun dédié à un style musical différent.
Lucerna Music Bar, en sous‑sol d’un passage Art nouveau près de la place Venceslas, est un autre repère majeur, avec ses soirées dansantes consacrées aux années 80/90 qui attirent plusieurs générations. Café 80s décline lui aussi la nostalgie rétro, avec dancefloor, bornes d’arcade et pop‑corn.
Des clubs comme Duplex (deux étages + rooftop sur la place Venceslas), Nebe, Music Club Zlatý Strom ou James Dean visent un public plus « soirée entre amis » que scène underground, avec service bouteilles, dress‑code plus soigné et programmation très accessible.
Techno, drum’n’bass et underground pragois
Derrière les façades touristiques, Prague abrite une scène électronique dense et historiquement liée aux mouvements de liberté et de contre‑culture. Les clubs indépendants et les collectifs « Do It Yourself » prolongent l’héritage du freetekno et des teknivals, même si les grandes free parties type CzechTek ont disparu.
Cross Club, à Holešovice, est sans doute le symbole le plus visible de cet univers : décor industriel steampunk, sculptures en métal en mouvement, plusieurs salles, programmation techno et drum’n’bass pointue. Fuchs2, installé dans un ancien café fonctionnaliste sur l’île de Štvanice, pousse encore plus loin l’immersion nocturne ; dans son sous‑sol, Bike Jesus propose une version plus intime et abordable, avec entrée autour de 11 $ et boissons à prix doux.
ROXY, logé dans un ancien cinéma Art déco, aligne depuis des années DJs électroniques et concerts alternatifs, tandis que des lieux comme EPIC Prague ou OX Club misent sur des shows visuels et des têtes d’affiche internationales. Let It Roll, gigantesque festival drum’n’bass installé à Milovice, illustre l’importance de ce genre dans le pays : plus de 20 000 participants, des artistes comme Andy C, Netsky, Rudimental ou Sigma, et un statut de référence mondiale.
Il est important de distinguer la techno « classique » (rythme 4/4, 140‑160 BPM, originaire de Detroit) de la « tekno » ou freetekno, qui est beaucoup plus rapide (jusqu’à 220 BPM) et provient de la culture des free parties. La scène tchèque a notamment accueilli des collectifs comme Spiral Tribe et a développé ses propres sound systems, tels que Circus Alien, Technical Support ou Mayapur. Aujourd’hui, ces acteurs se produisent plus fréquemment dans des salles ou des clubs que dans des environnements extérieurs.
Jazz, blues et soirées culturelles
La nuit pragoise ne se résume pas aux beats électroniques. La ville possède une longue tradition de jazz et de blues, qu’incarnent plusieurs clubs de référence :
– AghaRTA Jazz Centrum, cave intimiste aux billets autour de 300 CZK (≈ 14 $), bières à 2 $ et cocktails vers 6 $.
– Reduta Jazz Club, ouvert en 1958, célèbre pour avoir vu Bill Clinton jouer du saxophone en 1994.
– Jazz Dock, posé sur la berge de la Vltava à Smíchov, au design contemporain, qui mêle musique, vue sur la rivière et carte de boissons soignée.
– Jazz Republic, dans une cave voûtée de la Vieille Ville.
Ces lieux permettent de passer une soirée « posée » autour d’un concert sans forcément viser la nuit blanche.
Côté spectacles, la capitale brille aussi par son offre d’opéra, de ballet et de théâtre. La saison Puccini au Théâtre national et à l’Opéra d’État (Turandot, Tosca, La Bohème), les ballets comme Le Lac des cygnes ou Casse‑Noisette, mais aussi des formes plus originales comme le théâtre noir (black light theatre) inventé à Prague en 1959, offrent autant d’options culturelles nocturnes. Křižíkova fontána, fontaine musicale et lumineuse de Výstaviště, enchaîne également des spectacles en soirée.
Pub crawls, soirées bateaux et expériences « fun »
Pour ceux qui préfèrent se laisser guider, les pub crawls organisés promettent plusieurs bars et un club final, avec open bar limité dans le temps, shots de bienvenue et entrée VIP. La Prague Pub Crawl s’affiche comme l’une des plus grandes d’Europe, tandis que Drunken Monkey joue la carte indépendante avec jeux d’alcool et ambiance très débridée. Les autorités municipales ont cependant durci le ton ces dernières années, allant jusqu’à interdire certains formats de tournées organisées pour limiter les excès dans le centre historique.
Les boat parties sur la Vltava, avec DJ à bord et after‑party dans un club comme EPIC, combinent croisière nocturne et clubbing. Beaucoup de ces offres passent par des plateformes comme GetYourGuide ou Viator.
Parmi les expériences plus atypiques, on trouve aussi l’Original Beer Spa où l’on se relaxe dans des jacuzzis remplis de mélange à base de bière, avec dégustation illimitée (comptez autour de 123 $ pour deux), le Robotic Bar où des bras articulés préparent les cocktails à partir de 240 CZK, ou encore la taverne médiévale U Pavouka, qui propose un dîner spectacle avec cracheurs de feu, pirates, cinq services et boissons à volonté pour une cinquantaine de dollars.
Manger la nuit : snacks, cantines et street food
La nuit tchèque est gourmande. À Prague, même si le nombre de lieux ouverts après minuit reste limité, on peut encore se nourrir correctement bien après la fermeture des cuisines classiques.
Dans les quartiers centraux, surtout à Nové Město près de la gare centrale ou de la station Florenc, mais aussi à Vinohrady et Smíchov, quelques cantines et fast‑foods assurent le service jusqu’à l’aube : Marjánka (Na Bělidle, Smíchov), cantine non‑stop à prix tchèques ; Roma Uno, pizzeria 24h/24 près de Jiřák à Žižkov ; Elvis Burger ou Pigy (Spálená) pour burgers, falafels et poulet frit ; Pizza Borsalino (Ostrovní) jusqu’à 5 h du matin ; Burrito Loco, chaîne très appréciée des jeunes, quasi non‑stop en semaine.
En République tchèque, notamment à Prague, les ‘večerka’ sont des épiceries de nuit, souvent tenues par des familles vietnamiennes, offrant des horaires flexibles. Des établissements comme Muj Obchod près de la place Venceslas ou Potraviny Vávra à Vinohrady sont des exemples de ces magasins très fournis, parfaits pour un encas tardif.
Les classiques de la street food tchèque
Certaines spécialités sont étroitement associées aux soirées arrosées et aux stands de rue. La place Venceslas est un haut lieu de ces en‑cas rapides, même si les prix y grimpent un peu.
Parmi les incontournables :
Découvrez une sélection de plats et snacks typiques à déguster absolument lors d’un séjour à Prague, des classiques de la rue aux mets de brasserie.
Saucisse grillée, mélange de porc et bœuf, vendue dans des stands, bistrots et pubs. Naše Maso, boucherie‑restaurant de la Vieille Ville, en propose une version fumée réputée.
Fromage pané et frit, souvent servi avec pommes de terre et sauce tartare. U Houmra ou les pubs Lokál en donnent une idée très convaincante.
Fromage type camembert mariné dans l’huile avec oignons, ail et paprika, servi froid avec pain de seigle, star des « pivní chuťovky » (snacks de bière). Lokál Dlouhááá est souvent cité pour sa version crémeuse.
Grande galette de pâte frite d’origine hongroise, recouverte d’ail, sauce tomate, fromage râpé. Des lieux comme Food Food, en dehors de l’hyper‑centre, en servent jour et nuit.
Tartines garnies (charcuterie, fromage, salade de pommes de terre, œuf, etc.), parfaites pour caler un petit creux. Sisters Bistro v Dlouhé revisite le genre en version moderne, avec par exemple saumon et cream‑cheese.
Brioche cylindrique cuite sur broche, enrobée de sucre et cannelle, parfois garnie de glace ou de crème. Good Food Coffee & Bakery en propose un audacieux trdelník au pistache.
Petits gâteaux briochés garnis de fruits ou de fromage frais, souvent dégustés en dessert ou en snack sucré. Kus Koláče, quelques pâtisseries de quartier et des lieux comme Eska à Karlín en offrent des variantes raffinées.
De plus en plus de stands déclinent ces classiques en version végétarienne ou végane, et les falafels ou burritos complètent le tableau, surtout dans les quartiers jeunes.
Au‑delà de Prague : scènes nocturnes de Brno, Ostrava et des villes de province
Si Prague concentre la lumière médiatique, la République Tchèque cache plusieurs autres pôles nocturnes très actifs, souvent plus locaux et moins touristiques, donc plus « authentiques » dans leur atmosphère.
Brno, colonne vertébrale de la culture alternative
Deuxième ville du pays, capitale de la Moravie, Brno est décrite comme la « colonne vertébrale » de la culture alternative tchèque. Sa scène nocturne est plus ramassée, mais très dense autour du centre, avec une forte présence étudiante et une tradition de clubs indépendants.
Côté musiques électroniques et rock alternatif, des lieux comme Fléda (pionnier du techno à Brno, installé dans une salle vintage), Perpetuum (club de sous‑sol dédié à l’electro underground depuis 2001), Vibe Club (sorte de grotte house & techno en centre‑ville), ArtBar Druhý Pád ou encore Metro Music Bar rythment les week‑ends. Zoner BOBYHALL et BVV – Pavilon P accueillent ponctuellement de grandes soirées techno ou des festivals comme Echoes.
Le rock et le métal trouvent leurs bastions à Melodka ou au Sono Centrum, ce dernier offrant une salle de concert futuriste avec une sonorisation haut de gamme. Les rendez-vous avant et après-concert se font traditionnellement dans les pubs comme U Všech Svatých, qui sert la bière Poutník, ou dans les « knajpy » de quartier.
Ostrava, techno au milieu des hauts‑fourneaux
Autre grande ville industrielle, Ostrava a converti ses anciens sites miniers et sidérurgiques en immense terrain de jeu culturel. Le complexe de Dolní Vítkovice est ainsi devenu le décor de plusieurs événements majeurs, dont le festival multi‑genre Colours of Ostrava, classé parmi les dix meilleurs d’Europe, et surtout Beats for Love, présenté comme le plus grand festival de musique électronique d’Europe centrale. Ce dernier déploie plus de 15 scènes, 400 artistes et accueille des mastodontes comme David Guetta, Eric Prydz, Chase & Status, Boris Brejcha ou Lost Frequencies.
En dehors des festivals, la ville compte une série de clubs techno et électro bien ancrés : Arzenal Club, Blackout 101, Club W, De Lenske, Gate 7, Marley Club ou XS Fusion mêlent souvent scénographie industrielle minimaliste et programmation pointue. Digital Dreams Festival ou certaines « Underground Bunker Nights » viennent compléter cette offre pour les amateurs de nuits très longues.
Autres villes et scènes locales
Plusieurs cités moyennes cultivent leur propre vie nocturne, souvent structurée autour d’un ou deux clubs, d’un réseau de pubs traditionnels et parfois de petites salles de concert.
Au-delà de Prague, la République tchèque offre une vie nocturne riche et variée. À Plzeň, berceau de la Pilsner Urquell, le Divadlo Pod Lampou programme rock, punk et musique électronique, tandis que des pubs comme le Lokál Pod Divadlem et des brasseries expérimentales comme le Pivovar Proud animent la ville. À Olomouc, le S‑Klub est une grande salle étudiante dédiée au rock et au métal, entourée d’une constellation de hospody (bars tchèques) typiques. À České Budějovice, les brasseries (comme le Budějovický Budvar) et les bars du centre-ville encadrent une scène plus calme mais active, notamment autour de l’espace alternatif Fabrika. Enfin, de nombreux petits villages abritent des pubs surprenants, parfois installés dans d’anciens wagons postaux, à des terminus de tramway ou même attachés à des musées, offrant des concerts de quartier et une ambiance familiale.
Pour qui aime sortir hors des sentiers battus, des guides locaux et sites spécialisés recensent ces « old pubs » et knajpy, rappelant qu’en Tchéquie la vie nocturne ne se résume pas aux centres historiques touristiques.
La nuit morave : caves, bars à vin et festivals
Si la Bohême est le royaume de la bière, la Moravie est celui du vin. Znojmo, Mikulov, Velké Pavlovice, les collines de Pálava ou la région de Slovácko composent un paysage de vignobles où la vie nocturne prend une tout autre couleur : celle des verres de Welschriesling, de Pinot Noir ou d’ice wine dégustés dans des caves séculaires.
Bars à vin et caves traditionnelles
Les villages viticoles moraves se distinguent par leurs « sklepy » – caves et petits celliers souvent groupés en rues entières, parfois décorés de fresques colorées comme les célèbres celliers peints de Plže. On y boit le vin du producteur, souvent accompagné d’une planche de charcuterie ou de fromage, dans une ambiance très conviviale.
À Znojmo, l’Enotéka znojemských vín, installée dans une ancienne brasserie du XIXe siècle, propose une expérience de dégustation moderne. Grâce à un système de cartes prépayées et de distributeurs automatiques, vous pouvez goûter plus de 120 vins locaux par doses de 20 ml, permettant d’explorer une large sélection sans se ruiner.
Parmi les bouteilles proposées, on retrouve par exemple un Chardonnay 2018 de Thaya Vinařství (environ 515 CZK, soit 20 €), un Pinot Noir 2019 d’Arte Vini (≈ 295 CZK, 12 €) ou un Cabernet Sauvignon doux en vin de glace (ice wine) de Vinné Sklepy Lechovice (343 CZK les 0,2 L, environ 14 €). La dégustation devient ici ludique et très accessible, loin de l’image intimidante que peut parfois avoir l’œnologie.
À Prague, plusieurs adresses reconnectent la capitale avec ses racines moraves : un bar à vin dans le monastère de Sainte‑Voršila, ouvert depuis plus de 18 ans, propose chaque semaine de la musique traditionnelle morave dans un calme jardin d’atrium ; Restaurant Blatnička, dans Staré Město, fonctionne comme une « vinárna » classique où l’on boit et mange à la morave ; Na skleničku, en Nouvelle Ville, accentue l’aspect « chez grand‑mère » avec déco chaleureuse et soirées karaoké ; Vinárna U Sudu décline quant à elle l’univers du bar à vin en un labyrinthe de salles en sous‑sol très fréquenté la nuit.
Dégustations organisées et événements œnologiques
Plusieurs circuits permettent de découvrir en profondeur la culture du vin morave. L’un d’eux, d’une durée de quatre heures, inclut la visite d’un vignoble pittoresque, d’une cave moderne de type boutique winery et d’une cave traditionnelle de 160 ans. On y goûte 12 vins locaux accompagnés de spécialités régionales, avec transport depuis son hébergement en Moravie compris.
Ils reflètent l’esprit convivial des groupes.
Les tarifs dégressifs
| Nombre de participants | Prix par personne (CZK) | Prix par personne (approx. €) |
|---|---|---|
| 2 personnes | 2500 | 105 |
| 3 personnes | 2000 | 85 |
| 4 personnes | 1800 | 75 |
| 5 à 14 personnes | 1500 | 65 |
En parallèle, la région multiplie les fêtes du vin l’été, souvent accompagnées de musique au cymbalum (dulcimer) et de gastronomie locale. Des guides comme Gourmet Brno recensent pour le sud de la Moravie restaurants, bistrots, cafés, caves, cavistes, pubs et brasseries, confirmant que la frontière entre nuit « à la bière » et nuit « au vin » est très poreuse.
Certaines salles privatisables, comme une « Moravian wine bar » de 157 m² évoquant une cave traditionnelle, peuvent être associées à d’autres espaces (Wallachian Schenk, Château Cellar) et accueillir des soirées d’entreprise ou privées avec musique traditionnelle, pour 14 000 CZK la journée ou 1 400 CZK de l’heure (minimum trois heures, hors TVA).
Festivals : l’autre grand visage de la nuit tchèque
Au‑delà des bars et clubs, la République Tchèque s’est imposée comme une terre de festivals, dont beaucoup prolongent la fête loin dans la nuit. La palette est impressionnante : rock, pop, techno, drum’n’bass, jazz, metal, multi‑genres, world music… avec parfois des têtes d’affiche planétaires.
Géants multi‑genres et électro XXL
Plusieurs événements se détachent par leur taille et leur programmation :
Découvrez quatre des plus grands festivals tchèques, offrant une diversité musicale et culturelle exceptionnelle dans des lieux uniques.
Énorme festival rock à Hradec Králové sur un ancien aéroport militaire. Accueille plus de 30 000 festivaliers et 200 artistes (ex: Muse, Slipknot). Propose aussi cinéma, théâtre, ateliers et est attentif à l’accessibilité.
Festival multi‑genre au Výstaviště de Prague. Artistes variés de Jamiroquai à Alanis Morissette. Le pass 3 jours est disponible à partir d’environ 159 €.
Plus grand festival de musique électronique d’Europe centrale, à Ostrava. Plus de 15 scènes et 400 artistes (ex: David Guetta, Boris Brejcha). Se déroule dans le décor industriel unique de Dolní Vítkovice.
Un des plus grands festivals multi‑genres du pays, classé top 10 aux European Festival Awards. Artistes comme Lenny Kravitz ou Sam Smith. Programme de plus de 350 événements sur 19 scènes, incluant films et débats.
Ces festivals transforment souvent leurs sites en villes éphémères où la musique ne s’arrête quasiment jamais, prolongeant la vie nocturne sur plusieurs jours d’affilée.
Metal, punk, psytrance et autres niches
Le pays compte aussi des rendez‑vous plus ciblés, mais tout aussi nocturnes :
Découvrez une sélection de festivals tchèques renommés, couvrant des genres variés allant du metal à la musique électronique, pour des expériences uniques en plein air.
Festival metal unique dans la forteresse de Josefov à Jaroměř. Évoluant du grindcore vers un mélange d’extrême metal, punk, rock expérimental et électronique. 80 groupes sur trois scènes pendant quatre jours.
Grand rassemblement metal à l’amphithéâtre de Lochotín à Pilsen. Accueille des têtes d’affiche internationales telles que Five Finger Death Punch, Dimmu Borgir ou Eluveitie.
Festival à Tábor concentré sur le punk, rock, hardcore, reggae et ska. Plus de 80% de groupes étrangers, avec des scènes live, espaces DJ, théâtre, tournois sportifs et graffiti.
Festival alternatif d’une semaine dédié à la psytrance et à la culture psychédélique, en pleine campagne tchèque. 160 heures de musique et d’art sur trois scènes décorées.
Événement drum’n’bass de référence mondiale à Milovice, attirant plus de 20 000 participants. Line-up prestigieux avec A.M.C, Andy C, Netsky, Hybrid Minds ou Camo & Krooked.
La culture freetekno, héritière des teknivals comme CzechTek (1994‑2006), subsiste sous des formats plus encadrés, souvent dans des clubs, halls ou espaces semi‑industriels. Des événements comme Apocalypse (depuis 1999 à Brno), Svojšice (près de Pardubice depuis 2000) ou certains rassemblements tekno dans des lieux comme Liberec, Plzeň ou Hradec Králové alimentent toute l’année ce versant très particulier de la nuit tchèque.
Jazz, world music et culture
Pour une nuit plus douce, plusieurs festivals misent sur le jazz ou les musiques du monde :
Le Bohemia Jazz Fest est un festival d’été itinérant et gratuit, présent à Prague, Plzeň, Hluboká nad Vltavou, Prachatice, Domažlice et Brno. Il met en avant des artistes tchèques et internationaux comme Iva Bittová ou Viktoria Tolstoy. Le Respect Festival, à Prague, est dédié aux musiques ethniques, tribales, folk et autochtones, agrémenté d’activités ludiques, de gastronomie et d’événements en plein air. Enfin, le Prague Spring International Music Festival, principalement classique, propose également des prolongations en soirée, avec par exemple l’oratorio La Création de Haydn dirigé par Václav Luks.
Ces festivals montrent à quel point la frontière entre « culture » et « nightlife » est poreuse dans le pays : concerts en plein air, jam‑sessions nocturnes, bars éphémères et discussions jusqu’au bout de la nuit composent un paysage bien plus large que le simple clubbing.
Sécurité, transports et codes de conduite
Sortir en République Tchèque reste globalement sûr. Prague figure parmi les capitaux les moins criminogènes d’Europe, avec un taux de criminalité nettement inférieur à celui de Berlin ou Paris, et des enquêtes indiquant que plus de 70 % des habitants se sentent en sécurité même la nuit.
Petits risques et vraies précautions
Les principaux dangers concernent les délits d’opportunité : pickpockets dans les tramways touristiques (vers le château notamment), sur les lignes de bus et métro reliant l’aéroport au centre, ou autour de la place de la Vieille Ville et de la place Venceslas. Certains escrocs se font passer pour des policiers en civil pour vous demander de voir votre argent liquide ; en réalité, les vrais agents n’ont pas le droit d’inspecter ainsi vos devises.
Les autorités signalent aussi des cas de drogues dans les boissons, surtout dans certains clubs très touristiques – y compris un grand club multi‑étages au pied du pont le plus célèbre de la ville. Il reste donc prudent de garder un œil constant sur son verre, de refuser les boissons offertes par des inconnus et de sortir à plusieurs plutôt que seul.
D’autres écueils, comme les cartes de consommation perdues facturées cher, les additions gonflées dans certains restaurants ou les taxis opportunistes, relèvent de risques financiers plutôt que de la sécurité physique. Les autorités recommandent de changer l’argent uniquement dans les bureaux de change officiels ou les banques, et jamais dans la rue.
Zones et situations à aborder avec prudence
Plusieurs endroits de Prague demandent plus de vigilance la nuit : le parc devant la gare centrale (surnommé « Sherwood »), certaines parties hautes de la place Venceslas (rues Krakovská, Ve Smečkách), les abords des stations Anděl, Florenc, Palmovka ou Vyšehrad, ainsi que certains parcs peu éclairés. De manière générale, rester sur les grands axes, éviter les parcs isolés et se déplacer en groupe réduit les risques.
L’alcool au volant est strictement interdit, avec des contrôles fréquents et des sanctions lourdes (amende jusqu’à 50 000 CZK, retrait de permis, voire prison). De même, la législation sur les drogues, y compris le cannabis, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 18 ans de prison pour trafic.
Transports de nuit
Les réseaux de tram, métro et bus fonctionnent tard, avec un maillage efficace, même si la fréquence diminue après minuit. Les tickets doivent être validés avant le trajet, sous peine d’amende immédiate (jusqu’à 1 000 CZK sur le champ, 1 500 CZK ensuite). Des contrôleurs en civil circulent régulièrement ; il faut se méfier des faux contrôleurs réclamant un paiement en liquide.
Pour vos déplacements à Prague, privilégiez les applications mobiles comme PID Lítačka pour acheter vos titres de transport. Après la fermeture du métro, le réseau de tramways de nuit prend le relais. Pour les retours très tardifs ou depuis des lieux éloignés en périphérie, il est recommandé d’utiliser des services de VTC comme Uber, Bolt ou Liftago plutôt que de héler un taxi dans la rue. Notez que Bolt propose une option spécifique « conductrice » pour les passagères.
En cas de problème
En cas d’urgence, le 112 reste le numéro à composer. Pour la police, le 158, pour l’ambulance le 155, pour les pompiers le 150, et la police municipale le 156. Une particularité utile : chaque lampadaire de Prague porte un numéro à six chiffres à hauteur d’homme, permettant de se géolocaliser précisément si l’on doit appeler les secours.
Le poste de police du centre-ville au Jungmannovo náměstí 9 est ouvert 24h/24 et dispose d’interprètes anglophones. Pour que le procès-verbal soit valable auprès de votre assurance, vous devez signaler tout vol dans les 24 heures suivant sa découverte.
Enfin, certaines règles de bon sens valent partout : limiter le nombre de cartes et de cash sur soi, garder ses papiers essentiels en sécurité à l’hébergement, partager sa localisation avec un proche, charger complètement son téléphone avant de sortir. Pour les voyageuses seules, plusieurs auberges et hébergements exclusivement féminins existent, et des applications comme Záchranka permettent de contacter directement les secours locaux et de repérer les défibrillateurs à proximité.
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La République Tchèque, vue de nuit, est bien plus qu’un décor de carte postale pour pubs irlandais et groupes de fêtards venus d’outre‑Manche. Entre les hospody centenaires de Prague, les clubs techno de Brno ou Ostrava, les caves moraves où l’on discute tard autour d’un verre de Welschriesling, et les festivals géants qui illuminent les friches industrielles tout l’été, elle offre l’une des scènes nocturnes les plus variées d’Europe centrale. Que l’on soit plutôt bière, vin, jazz, rave, street food ou concert classique, on y trouve de quoi remplir plusieurs nuits… à condition de garder un peu d’énergie – et de vigilance – pour les suivantes.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (République Tchèque, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la République Tchèque pour son impôt sur le revenu proportionnel (taux autour de 15 % sur la plupart des revenus), l’absence d’impôt sur la fortune, la stabilité économique et l’appartenance à l’UE, combinant coût de vie inférieur à Paris (Prague ~30 % moins chère) et environnement sécurisé. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location/achat de résidence principale, gestion couverture santé (CPAM, assurance privée locale), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale globale.
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