Les sites touristiques incontournables en République Tchèque

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La République Tchèque concentre sur un territoire relativement compact une densité étonnante de sites historiques, de paysages préservés et de villes au charme très différent. Grâce à un réseau de trains et de bus dense et ponctuel, la plupart des lieux emblématiques restent accessibles en quelques heures depuis Prague, ce qui en fait une destination idéale pour un premier voyage en Europe centrale ou un séjour thématique plus pointu. Entre châteaux médiévaux, centres historiques classés à l’UNESCO, montagnes couvertes de forêts, grottes spectaculaires et villes d’eaux fréquentées autrefois par les têtes couronnées, le pays propose un concentré de patrimoine difficile à égaler.

Prague, cœur historique et culturel du pays

Impossible d’aborder les sites touristiques incontournables en République Tchèque sans commencer par Prague. La capitale, surnommée la « ville aux cent clochers », forme à elle seule un résumé de l’histoire du pays, de ses légendes et de ses ruptures politiques. Son centre historique, qui s’étend de part et d’autre de la Vltava, fait partie des premiers sites tchèques inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et condense un millénaire d’architecture, du roman au cubisme en passant par le baroque et l’Art nouveau.

Le charme de Prague tient d’abord à sa structure urbaine : quatre noyaux historiques, longtemps indépendants, ont été réunis au XVIIIᵉ siècle pour former la ville actuelle. Hradčany, le quartier du château, domine la Vltava depuis un éperon rocheux. Au pied de la colline, Malá Strana, la « Ville basse », aligne palais baroques et jardins en terrasses. De l’autre côté du fleuve, la Vieille Ville (Staré Město) et la Nouvelle Ville (Nové Město) se partagent places monumentales, maisons bourgeoises, passages cachés et cafés centenaires. À cela s’ajoute le quartier juif de Josefov, dont les synagogues préservées racontent plusieurs siècles de présence juive au cœur de la Bohême.

Le château de Prague, symbole d’un millénaire de pouvoir

Perché sur sa colline, le château de Prague (Pražský hrad) domine la capitale et concentre à lui seul une bonne partie de l’histoire politique du pays. Il ne s’agit pas d’une simple forteresse mais d’un vaste complexe de palais, d’édifices religieux, de tours et de jardins, qui lui valent d’être répertorié comme le plus grand château ancien du monde par le Guinness Book. Depuis le IXᵉ siècle, il a servi de siège aux princes Přemyslides, aux rois de Bohême, aux empereurs du Saint-Empire, aux présidents de la Tchécoslovaquie puis à celui de la République Tchèque.

Bon à savoir :

La visite s’effectue via des circuits payants pour les monuments principaux, mais les cours et jardins sont souvent gratuits une grande partie de la journée. Le site présente une évolution architecturale, du roman de la basilique Saint-Georges au gothique flamboyant de la cathédrale Saint-Guy, avec des ajouts baroques et modernistes. La cathédelle abrite les tombeaux de rois et de saints, ainsi que les joyaux de la Couronne de Bohême, rarement exposés.

Au fil de la promenade, le visiteur passe de l’Ancien Palais royal et de sa vaste salle Vladislav – autrefois utilisée pour des banquets et même des tournois d’intérieur – à la ruelle d’Or, petite enfilade de maisonnettes colorées qui abritèrent artisans, gardes et, un temps, l’écrivain Franz Kafka. Les tours de défense, comme Daliborka ou Mihulka, rappellent le passé militaire du site, tandis que les jardins du versant sud et le Fossé aux cerfs ménagent des points de vue spectaculaires sur les toits de la ville.

Pour résumer les grands atouts de Prague et de son château, on peut les comparer dans le tableau ci-dessous.

Atout principalDétail pour PragueDétail pour le château de Prague
Rôle historiqueCapitale politique et culturelle depuis le Moyen ÂgeSiège des souverains, empereurs et présidents
Classement UNESCOCentre historique inscrit dès 1992Inclus dans le « centre historique de Prague »
Monument emblématiquePlace de la Vieille Ville et horloge astronomiqueCathédrale Saint-Guy et Ancien Palais royal
PanoramaVues depuis Letná, Petřín, VyšehradBelvédères des jardins et tours sud de la cathédrale
AccèsMétro, tram, trains nationaux et internationauxTram, métro (Malostranská) puis marche ou montée en tram

Les autres incontournables de la capitale

Au pied du château, le célèbre pont Charles relie la Vieille Ville à Malá Strana. Ce pont gothique, bordé de statues baroques, reste l’un des lieux les plus photographiés du pays. Très fréquenté en journée, il prend une allure plus mystérieuse tôt le matin ou tard le soir, quand musiciens et artistes de rue laissent place au clapotis de la Vltava.

Exemple :

Sur la rive droite de Prague, la place de la Vieille Ville est un point central avec ses façades colorées, l’église Notre-Dame de Týn et l’horloge astronomique médiévale, dont le mécanisme anime un défilé de figurines à chaque heure. À proximité, le quartier juif (Josefov) présente des synagogues, des musées et l’ancien cimetière, vestiges de l’un des plus importants ghettos d’Europe centrale.

Prague ne se réduit pourtant pas à son Moyen Âge. Sur les hauteurs, la colline de Petřín, accessible par funiculaire, offre un vaste parc ponctué d’une tour d’observation évoquant la tour Eiffel, d’un labyrinthe de miroirs et d’un observatoire astronomique. Plus au sud, la forteresse de Vyšehrad et son cimetière, où sont enterrés écrivains, compositeurs et hommes politiques célèbres, proposent une alternative plus calme au tumulte touristique du centre. Et un peu partout, les traces de l’époque communiste et de la transition démocratique – comme le mur Lennon ou le musée du bunker nucléaire – complètent le tableau d’une ville où se croisent toutes les couches de l’histoire tchèque.

Pour un séjour de découverte général, la plupart des voyageurs consacrent entre trois et cinq jours à Prague, ce qui laisse le temps de combiner monuments emblématiques, musées, parcs et quelques excursions à la journée.

Český Krumlov, le décor de conte de fées de Bohême du Sud

À environ trois heures de route au sud de la capitale, Český Krumlov offre un condensé de Moyen Âge préservé qui lui vaut souvent d’être décrit comme une ville de conte de fées. Nichée dans un méandre en « S » de la Vltava, elle a échappé aux destructions des conflits récents, en particulier à celles de la Seconde Guerre mondiale. Son centre historique figure, lui aussi, parmi les premiers sites tchèques classés à l’UNESCO, notamment pour son urbanisme médiéval resté presque intact.

La vieille ville s’organise autour de la place Svornosti, entourée de maisons de marchands aux façades Renaissance ou baroques. Dans les ruelles pavées, la circulation automobile est fortement limitée, ce qui renforce l’impression de remonter le temps dès que les excursionnistes quittent les lieux en fin de journée. C’est d’ailleurs l’un des arguments pour y passer au moins une nuit, afin de profiter du calme du soir et des lumières sur le château.

Le château de Český Krumlov, deuxième plus grand du pays

Dominant la ville depuis un promontoire rocheux, le château d’État de Český Krumlov forme, après le château de Prague, le plus vaste complexe castral de la République Tchèque. Mentionné dès le XIIIᵉ siècle, il regroupe aujourd’hui une quarantaine de bâtiments autour de cinq cours successives, un agencement qui permet de ressentir physiquement la stratification des époques et des styles, du gothique à l’époque baroque.

Attention :

Le site se distingue par un fossé habité par des ours, une tradition héraldique remontant au XVIIIᵉ siècle. Si les cours et jardins sont en accès libre, la visite des intérieurs (salles d’apparat et appartements) est obligatoirement guidée et nécessite une planification, les visites complètes n’étant pas proposées en hiver.

Au sein du complexe, le théâtre baroque du château occupe une place tout à fait à part. Il ne subsiste au monde que deux théâtres de ce type, intégralement conservés avec décors, machinerie et équipements d’origine du XVIIIᵉ siècle, et celui de Český Krumlov en fait partie. Les visites, limitées, s’étalent de début mai à fin octobre et demandent généralement une réservation anticipée, surtout pour une visite guidée en anglais.

Tour du château, jardins et Vltava

La silhouette de la tour du château, haute tour ronde colorée, sert presque de logo à la ville. Construite par phases entre le XIIIᵉ et le XVIᵉ siècle, elle se gravit par un escalier en colimaçon d’environ 160 marches. L’effort est récompensé par une vue panoramique à 360 degrés sur les toits rouges, la boucle de la Vltava et les collines boisées alentour.

Astuce :

À l’arrière du château, prolongez votre visite par le vaste jardin en terrasse aménagé au XVIIIᵉ siècle autour d’une fontaine de Neptune. Ce jardin accueille un auditorium tournant en plein air, une structure circulaire qui pivote pour orienter le public vers la scène ou vers le décor naturel. Chaque été, une programmation de spectacles y est organisée. En haute saison, il est conseillé de réserver vos places plusieurs mois à l’avance.

L’autre grande scène de Český Krumlov reste pourtant la Vltava elle-même. Dès les beaux jours, la rivière se remplit de kayaks, radeaux et canoës qui descendent le courant en enfilant les petits rapides urbains. Des promenades plus tranquilles en bateau sont également possibles, notamment pour découvrir la ville sous un angle différent. En hiver, la place centrale accueille un marché de Noël, tandis que plusieurs festivals rythment l’année, dont une fête médiévale en juin et un festival de musique classique en été.

Pour donner une idée des caractéristiques principaux de la ville, voici un tableau récapitulatif.

Élément cléDescription à Český Krumlov
ClassementCentre historique inscrit à l’UNESCO
Site dominantChâteau d’État (2ᵉ plus grand du pays) et tour panoramique
Configuration urbaineMéandre de la Vltava divisant la ville en plusieurs boucles
Activités majeuresVisite guidée du château, théâtre baroque, sports de rivière, musées locaux
Accès depuis PragueBus directs fréquents (~3 h), train avec correspondance, route (~2–2,5 h)

Musées, hébergements et vie pratique

Outre son château, Český Krumlov propose plusieurs musées qui complètent la visite. L’Egon Schiele Art Centrum, installé dans une ancienne brasserie, met en lumière le peintre autrichien qui séjourna ici au début du XXᵉ siècle. Le musée Fotoatelier Seidel conserve l’atelier et les archives d’un photographe local, offrant un regard rare sur la vie bourgeoise et rurale de la région au tournant du siècle dernier. Le musée régional présente, entre autres, une grande maquette en céramique de la ville, utile pour comprendre son plan.

Patrimoine de Český Krumlov

Découvrez les trésors culturels et historiques de la ville, de son architecture gothique à ses traditions vivantes.

Église Saint-Guy

Édifice gothique emblématique dominant la ligne d’horizon de la ville, ouverte aux amateurs de patrimoine religieux.

Monastère minorite

Fondé au XIVᵉ siècle, il accueille aujourd’hui des expositions, des ateliers et parfois des hébergements.

Musée de la marionnette

Célèbre la tradition tchèque du théâtre de marionnettes, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

La ville dispose d’une offre d’hébergements variée, allant de l’auberge de jeunesse au boutique-hôtel installé dans des maisons historiques. Compte tenu des ruelles pavées irrégulières et des pentes, il est fortement conseillé de prévoir des chaussures confortables, et les personnes à mobilité réduite doivent s’attendre à quelques obstacles. La haute saison de juillet et août voit affluer de nombreux visiteurs ; privilégier la fin du printemps ou le début de l’automne permet de bénéficier d’une atmosphère plus paisible.

Le triangle des villes thermales de Bohême occidentale

À l’ouest du pays, la Bohême se distingue par un autre ensemble de sites incontournables : les stations thermales historiques, aujourd’hui réunies avec d’autres villes européennes au sein d’un vaste site du patrimoine mondial intitulé « The Great Spa Towns of Europe ». Trois noms dominent ce paysage de colonnades et de sources minérales : Karlovy Vary, Mariánské Lázně et Františkovy Lázně, formant le fameux « triangle thermal » de Bohême occidentale.

Ces villes se sont développées autour de sources aux propriétés curatives exploitées depuis des siècles, bien avant l’essor de la médecine moderne. Au XVIIIᵉ et au XIXᵉ siècle, l’arrivée du chemin de fer transforme ces bourgs de montagne en destinations à la mode où viennent soigner leurs maux aristocrates, têtes couronnées, artistes et scientifiques. Après les nationalisations d’après-guerre, les établissements de cure deviennent accessibles aux classes populaires, puis repassent progressivement dans le giron privé.

Karlovy Vary, capitale européenne du thermalisme

Karlovy Vary, connue autrefois sous le nom de Carlsbad, tient une place à part dans le tourisme tchèque. Il s’agit, après Prague, de la destination la plus visitée du pays, et de loin la station thermale la plus célèbre. La ville occupe un vallon encaissé au bord de la rivière Teplá, où s’alignent des bâtiments Belle Époque, néo-baroques, art nouveau ou néo-renaissance qui forment un décor très homogène.

70

La source Vřídlo jaillit à plus de 70 °C, alimentant un geyser pouvant atteindre une douzaine de mètres de hauteur.

Parmi ces colonnades, la colonnade du Moulin, avec ses longues rangées de colonnes corinthiennes, impressionne par sa taille. La colonnade du Marché, toute en bois sculpté dans un style montagnard, tranche par sa légèreté. La colonnade du Parc en fonte, la colonnade du Château intégrée à un hôtel et le bâtiment plus fonctionnaliste de la colonnade de la Source chaude complètent le tableau. La promenade se prolonge naturellement par des sentiers balisés qui grimpent dans la forêt environnante vers des belvédères et des pavillons, dont la tour d’observation Diana, accessible également par un funiculaire historique.

Karlovy Vary n’est pas seulement une station de cure ; c’est aussi une scène culturelle. Chaque été, la ville accueille l’un des plus anciens festivals de cinéma au monde, devenu un rendez-vous majeur pour l’Europe centrale et orientale. Les projections et les rencontres se déroulent notamment autour de l’hôtel Thermal, grand bâtiment moderniste qui tranche avec les silhouettes historiques voisines.

Bon à savoir :

La ville est réputée pour ses gaufrettes de Spa, à déguster tièdes, et pour la liqueur Becherovka, un symbole national dont l’histoire est présentée au musée Jan Becher. Les amateurs d’art peuvent également visiter la verrerie Moser, fondée au XIXᵉ siècle, dont les créations décorent de nombreuses tables aristocratiques.

Mariánské Lázně, élégance néoclassique et sources froides

À une trentaine de kilomètres de Karlovy Vary, Mariánské Lázně propose un visage plus paisible du thermalisme. Deuxième plus grande station tchèque, elle s’est développée plus tardivement, au XIXᵉ siècle, sur un terrain anciennement marécageux. Là où Karlovy Vary soigne avec des sources chaudes, Mariánské Lázně se distingue par plus de quarante sources froides, aux alentours de 7 à 10 °C, réputées bénéfiques pour les reins, le système digestif, certaines affections cutanées et les troubles respiratoires.

La ville frappe par son architecture néoclassique lumineuse, dominée par des façades jaunes et blanches. Une grande colonnade, la colonnade Maxim Gorki, offre un long auvent couvert décoré de motifs néo-baroques, qui abrite certaines des principales sources. Sur la place centrale, une fontaine musicale dite « fontaine chantante » anime les journées et les soirées par ses jeux d’eau synchronisés sur des morceaux de musique.

Bon à savoir :

La ville offre des promenades paisibles dans ses parcs et forêts, ainsi que des visites insolites comme le parc miniature Boheminium, présentant des maquettes de monuments tchèques. Pour l’hébergement, plusieurs hôtels historiques spécialisés en cure conservent des équipements d’époque (piscines, cabines), rappelant le faste des séjours aristocratiques passés.

Františkovy Lázně, sérénité néoclassique

Plus petite et plus paisible que ses voisines, Františkovy Lázně complète le triangle thermal avec un style encore plus intimiste. Fondée à la fin du XVIIIᵉ siècle et baptisée en l’honneur de l’empereur François Iᵉʳ, la ville s’organise autour de parcs soigneusement dessinés et de bâtiments néoclassiques aux couleurs claires. Une vingtaine de sources minérales froides, riches en dioxyde de carbone, y sont exploitées, avec une spécialisation historique dans les soins gynécologiques, les troubles de la fertilité et diverses affections circulatoires et musculo-squelettiques.

La douceur de l’environnement a inspiré de nombreux visiteurs célèbres. Le poète Goethe qualifiait l’endroit de « paradis sur terre », et la tradition thermale s’est perpétuée sous des formes modernisées, avec piscines thermales et centres aquatiques, tout en conservant une atmosphère très éloignée de l’agitation urbaine. Pour un voyageur qui cherche un rythme plus lent, c’est une étape idéale entre deux grandes villes.

Afin de comparer rapidement les trois stations, le tableau ci-dessous résume leurs traits distinctifs.

Ville thermaleType de sources et spécialisation principaleAmbiance urbaine et atouts majeurs
Karlovy VarySources chaudes, nombreuses colonnades, cures variéesPlus grande et plus visitée, architecture Belle Époque, festival de cinéma
Mariánské LázněSources froides (7–10 °C), reins, digestion, peau, respirationArchitecture néoclassique, parcs, fontaine musicale, parc miniature
Františkovy LázněSources froides riches en CO₂, traitements gynécologiques, cardiovasculairesPetite station très calme, néoclassicisme, vastes jardins

Les autres stations de cure et expériences bien-être

Au-delà de ce triangle célèbre, la République Tchèque compte une mosaïque d’autres villes thermales qui constituent, chacune à leur échelle, des destinations originales.

Teplice, par exemple, est considérée comme la plus ancienne station thermale du pays, avec une exploitation des sources remontant à l’âge du Bronze. Ses eaux chaudes, autour de 41 °C, seraient âgées de plusieurs dizaines de milliers d’années et alimentent aujourd’hui un complexe de bassins thermaux parmi les plus vastes de République Tchèque. Plusieurs souverains européens, dont des tsars russes et des empereurs austro-hongrois, y ont séjourné.

Bon à savoir :

La station thermale de Jáchymov, dans les monts Métallifères, est la première au monde à utiliser des eaux légèrement radioactives (radon) pour des cures médicales. Sous surveillance médicale, ces eaux sont employées pour soulager certaines affections musculo-squelettiques et neurologiques. L’architecture des hôtels historiques, comme le Radium Palace, témoigne de l’engouement passé pour ces thérapies modernes, qui attiraient des curistes de toute l’Europe.

Dans un registre différent, Třeboň combine station de cure et tradition piscicole, avec des bains de tourbe réputés pour leurs effets sur le système locomoteur. Luhačovice, plus à l’est, au cœur de la Moravie, se spécialise dans les problèmes respiratoires et se distingue par des bâtiments influencés par l’architecte Dušan Jurkovič, qui a mêlé inspirations vernaculaires et Art nouveau.

Exemple :

Certains établissements, comme la brasserie familiale Chodovar, misent sur l’originalité en proposant des bains de bière. Leur complexe est basé sur des cuves d’eau chaude mélangée à du houblon et d’autres ingrédients brassicoles, promettant détente et peau adoucie. Ce concept se situe à mi-chemin entre une balnéothérapie ludique et une opération de marketing pour la brasserie.

Enfin, même des villes non dotées de sources naturelles, comme Prague, ont vu fleurir des spas d’hôtels haut de gamme, installés parfois dans des bâtiments historiques – comme un ancien couvent reconverti – et proposant une palette de soins qui reflète l’essor du tourisme bien-être dans tout le pays.

Les autres joyaux UNESCO : centres historiques et paysages culturels

L’UNESCO offre un bon prisme pour repérer les sites les plus remarquables du pays, au-delà du trio Prague–Český Krumlov–triangle thermal. Avec dix-sept biens inscrits, dont seize culturels et un naturel, la République Tchèque fait partie des pays européens les plus riches en sites protégés au regard de sa taille.

Parmi les premiers inscrits figure le centre historique de Telč, petite ville de la région de Vysočina. Son plan remonte à un projet urbain du XIVᵉ siècle, articulé autour d’une grande place triangulaire bordée de maisons Renaissance et baroques aux façades décorées, reliées par des arcades continues. À une extrémité, un château Renaissance domine un plan d’eau, ajoutant au caractère de carte postale de l’ensemble. L’absence d’industrialisation majeure au XIXᵉ siècle a permis de préserver cet urbanisme et ce décor exceptionnels.

Exemple :

La ville de Třebíč, en République tchèque, possède un site UNESCO unique regroupant son quartier juif et la basilique Saint-Procope. Cette inscription commune célèbre la coexistence étroite historique entre les communautés chrétienne et juive. Le ghetto, bien préservé, présente des maisons avec ateliers au rez-de-chaussée et logements à l’étage. Son cimetière juif contient des tombes datant du XVe siècle. À proximité, la basilique, construite sur un ancien monastère bénédictin, combine des styles architecturaux roman et gothique.

Kutná Hora, ancien centre d’extraction d’argent, raconte une autre facette de l’histoire bohémienne. Sa richesse minière, à la fin du Moyen Âge, en a fait une ville rivale de Prague, dotée d’une cathédrale gothique spectaculaire, Saint-Barbara, dont les fresques évoquent le travail des mineurs. Dans le quartier voisin de Sedlec, la cathédrale Notre-Dame a été remaniée au XVIIIᵉ siècle dans un style baroque très personnel, tandis que la chapelle ossuaire, plus connue sous le nom d’ossuaire de Sedlec ou « église des os », intrigue les visiteurs avec sa décoration entièrement constituée de restes humains, rassemblés puis composés au XIXᵉ siècle.

En Moravie du Sud, le paysage culturel de Lednice–Valtice illustre une autre forme de patrimoine : celui d’un vaste domaine aristocratique transformé en parc paysager entre le XVIIᵉ et le XXᵉ siècle. Sur près de 200 km², les ducs de Liechtenstein ont implanté châteaux, pavillons, églises, fabriques et allées, dans un esprit inspiré des jardins à l’anglaise. Le château de Lednice, remanié dans un style néogothique, et celui de Valtice, plus baroque, encadrent un patchwork de forêts, d’étangs, de vignes et de petits monuments pittoresques.

D’autres sites inscrits, comme le château Renaissance de Litomyšl ou les jardins et le château de Kroměříž, enrichissent encore ce parcours. Le premier, avec sa façade entièrement traitée en sgraffite, offre un exemple rare de résidence noble de campagne restée presque intacte dans son environnement. Le second, résidence des archevêques d’Olomouc, associe jardin baroque très structuré et vaste parc paysager parsemé de bâtiments néoclassiques et empire.

Enfin, un certain nombre de sites illustrent des pans plus spécifiques de l’histoire européenne : la villa Tugendhat à Brno, manifeste de l’architecture moderniste signée Ludwig Mies van der Rohe ; la colonne de la Sainte-Trinité à Olomouc, monument baroque monumental érigé en action de grâce après une épidémie de peste ; la région minière des monts Métallifères (Erzgebirge/Krušnohoří), dont le paysage a été façonné par huit siècles d’extraction de métaux. À ces ensembles s’ajoute aussi un site naturel, une forêt de hêtres primaires dans les monts Jizera, intégrée à un vaste bien transnational sur les forêts anciennes d’Europe.

Grottes, montagnes et parcs nationaux : la nature comme autre atout majeur

Si la République Tchèque est souvent associée à ses villes, elle réserve aussi de nombreuses surprises à ceux qui prennent la route des campagnes et des montagnes. Grâce à sa position au cœur de l’Europe, elle est bordée par plusieurs massifs – monts Métallifères, monts des Géants, Beskides, Šumava – qui dessinent autant d’occasions de randonnées, de séjours à la neige ou de simples escapades dans des paysages préservés.

Exemple :

Le parc national de la Suisse bohémienne (České Švýcarsko), situé au nord de la République tchèque à la frontière allemande, est le jumeau du parc de la Suisse saxonne. Il est célèbre pour ses spectaculaires formations de grès, ses gorges profondes et ses arches naturelles. L’arche de Pravčická brána y est présentée comme la plus grande arche de pierre d’Europe. Les visiteurs peuvent également explorer les gorges d’Edmund en barque guidée, naviguant sur une rivière encaissée entre des falaises verticales.

À l’ouest, le parc national de Šumava, aussi appelé Forêt de Bohême, couvre un territoire de forêts, de lacs glaciaires, de tourbières et de hameaux isolés. On y trouve, entre autres, le plus grand plan d’eau du pays, le lac de retenue de Lipno, parfois surnommé « la mer tchèque », qui attire baigneurs, plaisanciers, véliplanchistes et amateurs de pistes cyclables l’été, puis patineurs et skieurs de fond en hiver. Des infrastructures comme des sentiers dans les arbres ou des canaux historiques, tels le canal Schwarzenberg, complètent l’attrait du secteur.

Bon à savoir :

Le Karst morave, près de Brno, offre un paysage souterrain spectaculaire avec des cavernes et des rivières. La visite des grottes de Punkva combine une marche parmi les concrétions et une promenade en barque souterraine, culminant avec l’ascension du gouffre de Macocha, un abîme de 138 m de profondeur. En été, il est conseillé de réserver plusieurs semaines à l’avance en raison de la forte demande.

D’autres régions comme le Paradis de Bohême (Český ráj), avec ses « villes de rochers » de grès, ou les monts des Géants (Krkonoše), où se trouve le plus haut sommet du pays, Sněžka, complètent l’offre naturelle. Ces espaces sont sillonnés de sentiers balisés qui permettent aussi bien des promenades familiales que des randonnées plus sportives, en été comme en hiver.

Châteaux, brasseries et mémoire : un pays de détours faciles

L’un des atouts de la République Tchèque réside dans sa taille. La plupart des sites majeurs se trouvent à deux ou trois heures de transport de la capitale, ce qui rend très simples les excursions à la journée ou les itinéraires combinant plusieurs régions. Quelques lieux se détachent particulièrement pour ceux qui souhaitent aller au-delà des circuits les plus classiques.

Bon à savoir :

Le château de Karlštejn, fondé au XIVᵉ siècle par Charles IV pour protéger les trésors de la couronne, ne se visite qu’en groupe avec un guide. Situé à environ une heure de Prague, cette forteresse sacrée au plan à niveaux successifs abrite notamment la chapelle de la Sainte-Croix, richement décorée. La visite guidée structure la découverte et permet de comprendre le contexte historique du site.

Plus au sud, Hluboká nad Vltavou présente un visage radicalement différent. Ce château néogothique, inspiré par Windsor, a été intégralement remodelé au XIXᵉ siècle pour répondre aux goûts romantiques de ses propriétaires. Ses façades blanches, ses tourelles, ses jardins et son parc paysager offrent un décor très photographié. Si les intérieurs se visitent seulement en visite guidée, les jardins restent ouverts gratuitement toute l’année, ce qui en fait une étape agréable en combinaison avec la région de České Budějovice et de Český Krumlov.

Bon à savoir :

La République tchèque possède une riche tradition brassicole. À Plzeň, la brasserie Pilsner Urquell, berceau de la Pilsner au XIXᵉ siècle, propose des visites historiques, la découverte de ses caves et des dégustations. À České Budějovice, la brasserie Budvar retrace l’histoire de la bière à l’origine du nom Budweiser. De nombreuses petites brasseries, parfois familiales, organisent également des visites et dégustations, et offrent parfois des expériences insolites comme des bains de bière.

Certains lieux rappellent, enfin, des pages plus sombres de l’histoire. Le mémorial de Terezín, à moins d’une heure au nord de Prague, occupe l’ancienne forteresse des Habsbourg, transformée par l’occupant nazi en ghetto et en prison politique. Aujourd’hui, un musée, des expositions et un cimetière national y entretiennent la mémoire des victimes. D’autres sites, tels que des bunkers reconvertis en musées ou des monuments dédiés aux victimes des régimes totalitaires, jalonnent le pays et témoignent d’une volonté assumée de regarder en face le XXᵉ siècle.

Organiser son voyage : saisons, transports et budget

Pour tirer le meilleur parti des sites touristiques incontournables en République Tchèque, quelques repères pratiques s’imposent. Sur le plan des saisons, le pays connaît un calendrier assez typique pour l’Europe centrale. Les mois d’été, de juin à août, combinent longues journées et températures agréables, mais aussi une hausse sensible de la fréquentation, particulièrement à Prague, Český Krumlov et dans les grandes stations thermales. Le printemps (avril-mai) et le début de l’automne (septembre-octobre) offrent un compromis intéressant entre météo clémente et foule plus raisonnable, avec une mention spéciale pour l’automne dans les régions viticoles de Moravie, quand les vendanges et les fêtes du vin battent leur plein.

30 à 40

C’est la baisse en pourcentage des tarifs hôteliers observée en République tchèque pendant la saison hivernale hors haute saison.

La circulation entre les grandes villes et les principaux sites s’effectue sans difficulté majeure grâce à un réseau ferré très dense et à des lignes de bus interurbaines fréquentes. Des liaisons directes relient par exemple Prague à Brno, Plzeň, Ostrava, Karlovy Vary ou České Budějovice, souvent en quelques heures. Vers des villes plus petites comme Český Krumlov, le bus reste le plus pratique, même si le train demeure une option pour ceux qui préfèrent éviter la route. De Prague, de nombreuses excursions organisées permettent également de découvrir en une journée Kutná Hora, Karlštejn, Terezín, Plzeň ou même certains parcs naturels.

Bon à savoir :

Les réseaux de transports en commun sont bien organisés dans les villes tchèques. À Prague, le métro, les tramways et les bus couvrent toute la ville. Des titres de transport temporaires (24h, 72h, semaine) simplifient les déplacements en évitant la validation à chaque trajet. Dans d’autres villes comme Brno, Liberec ou Plzeň, les réseaux de tramway ou de bus permettent d’accéder facilement aux gares, centres historiques et musées.

Sur le plan financier, la République Tchèque utilise sa propre monnaie, la couronne tchèque, ce qui permet souvent de voyager à des prix inférieurs à ceux de nombreuses capitales d’Europe de l’Ouest. Des estimations de budget quotidien montrent que les voyageurs économes peuvent s’en sortir avec une quarantaine à une soixantaine d’euros par jour (hébergement en dortoir, repas simples, transports en commun), tandis que ceux qui recherchent davantage de confort, de restaurants à table et de visites payantes viseront plutôt la fourchette 80–120 € par jour. Les séjours haut de gamme, notamment dans les grands hôtels de Prague ou les complexes thermaux les plus prestigieux, feront monter la note au-delà de 180 € quotidiens.

Pour se repérer dans les coûts, le tableau suivant donne quelques ordres de grandeur utiles.

Poste de dépenseFourchette indicative (par personne)
Lit en dortoir d’aubergeEnviron 300–600 CZK la nuit (≈ 10–25 €)
Chambre d’hôtel simpleÀ partir de 900 CZK (≈ 40 €) pour un hôtel économique
Repas en brasserie locale6–10 € pour un plat principal
Bière pression (0,5 l)Environ 35–60 CZK (≈ 1,4–2,7 €)
Pass transports 24 h (Prague)Environ 120 CZK (≈ 5 €)
Entrée circuit principal Château de PragueEnviron 250–350 CZK (≈ 10–14 €)
Billet combiné quartier juif (Prague)Environ 500 CZK (≈ 20 €)
Visite grottes de PunkvaAutour de 180 CZK (≈ 7 €)

En combinant ces éléments à une bonne anticipation – réservation de certains billets d’entrée en haute saison, choix judicieux des jours de visite pour éviter les fermetures hebdomadaires de musées, planification des correspondances en train ou en bus – il devient assez simple de tisser un itinéraire cohérent.

Composer son propre itinéraire d’incontournables

Face à la richesse de l’offre, la tentation est grande de vouloir tout voir. Or, la force de la République Tchèque est justement de permettre des combinaisons variées, y compris sur une durée relativement courte. Un premier séjour de dix jours pourrait ainsi associer, par exemple, une découverte approfondie de Prague, une excursion à la journée à Kutná Hora, deux nuits à Český Krumlov pour profiter de la ville avant et après les excursionnistes, puis un crochet de deux ou trois jours dans le triangle thermal de Bohême occidentale.

Astuce :

Pour un voyage axé sur la nature et le patrimoine UNESCO, concentrez-vous d’abord sur Prague et ses alentours. Ensuite, dirigez-vous vers la Suisse bohémienne pour ses paysages naturels. Poursuivez vers le karst morave près de Brno, où vous pourrez visiter la villa Tugendhat, classée au patrimoine mondial. Concluez votre parcours par la région de Lednice-Valtice, une alliance parfaite entre paysages viticoles, châteaux et parcs paysagers, également inscrite à l’UNESCO.

Quel que soit le parcours choisi, un fil rouge se dessine : la diversité d’un petit pays qui ne se résume ni à sa capitale, ni à sa réputation brassicole. Des colonnades de Karlovy Vary aux façades pastel de Telč, des grottes du karst morave aux couloirs du château de Prague, chaque lieu emblématique renvoie à un chapitre différent de l’histoire européenne, tout en restant, grâce à un réseau de transport efficace, étonnamment accessible. C’est peut‑être là, au fond, l’incontournable numéro un de la République Tchèque : cette capacité à faire voyager très loin en quelques heures de train.

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Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement global (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, etc.), la stratégie retenue a consisté à cibler la République Tchèque, combinant fiscalité personnelle attractive, coût de vie inférieur à celui de Paris (Prague ~30–35 % moins cher), environnement sécurisé, système de santé performant et accès facilité à tout l’espace Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec location longue durée à Prague, coordination CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an en République Tchèque, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone (avocat, comptable, immigration) et intégration patrimoniale. Ce dispositif permet de diviser par plus de moitié sa charge fiscale globale tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition via convention FR‑CZ, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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