S’installer en République Tchèque attire de plus en plus d’expatriés : qualité de vie élevée, coût de la vie encore raisonnable, système de santé performant, infrastructures efficaces. Mais une question revient toujours avant de faire ses cartons : est-ce vraiment sûr d’y vivre au quotidien, au‑delà du simple séjour touristique à Prague ?
Les données disponibles sont globalement rassurantes. Les principaux risques réels concernent les petits vols, les arnaques et certaines démarches administratives. Une expatriation réussie nécessite de connaître ces risques et d’adapter légèrement ses habitudes en conséquence. Ce panorama s’appuie sur des statistiques officielles, des classements internationaux et des retours de terrain pour garantir les meilleures conditions de sécurité.
Un des pays les plus sûrs au monde pour les expatriés
La République Tchèque revient systématiquement dans le haut des classements internationaux liés à la sécurité, que ce soit pour les voyageurs ou pour les expatriés de long terme. Plusieurs indices indépendants convergent.
La République Tchèque est classée 12ᵉ pays le plus sûr au monde pour les expatriés selon un rapport de l’assureur William Russell.
Le Travel Safety Index 2025 va encore plus loin en la positionnant 6ᵉ sur 180 pays, tandis que le Global Peace Index la place 11ᵉ sur 163 nations. Numbeo, qui s’appuie sur le ressenti des habitants, indique un Safety Index national de 73,2/100, ce qui en fait la 12ᵉ nation la plus sûre d’Europe et la deuxième de toute l’Europe centrale et orientale, juste derrière la Slovénie.
On peut résumer cette position dans le paysage européen grâce au tableau suivant :
| Indice / Source | Position de la République Tchèque | Détail ou zone géographique |
|---|---|---|
| Travel Safety Index 2025 | 6ᵉ / 180 pays | Classement mondial |
| Global Peace Index 2025 | 11ᵉ / 163 pays | Classement mondial |
| William Russell (sécurité expats) | 12ᵉ au monde, 8ᵉ en Europe | Spécifique expatriés |
| Numbeo Safety Index 2024 | 12ᵉ en Europe | Basé sur la perception des résidents |
| Position région CEE | 2ᵉ plus sûr | Europe centrale et orientale |
Derrière ces bons résultats, on retrouve des caractéristiques communes aux pays les plus sûrs : niveau de vie relativement élevé, système éducatif solide, État de droit respecté, institutions stables, services publics fiables et taux de criminalité relativement bas.
Le pays est une démocratie parlementaire stable, membre de l’UE, de l’OTAN et de l’espace Schengen, sans conflit territorial ni mouvement séparatiste. La corruption y est modérée et la justice indépendante, créant un environnement prévisible et rassurant.
Criminalité : forte baisse globale, risques surtout liés aux biens
Sur le plan purement criminel, la tendance de long terme est clairement à la baisse. Les chiffres de la Police de la République Tchèque montrent que la criminalité recule depuis une dizaine d’années.
En 2024, 173 322 infractions pénales ont été enregistrées dans tout le pays, soit environ 8 000 de moins que l’année précédente, ce qui représente près de 5 % de baisse. Le taux national est d’environ 36 infractions pour 1 000 habitants et la majorité des affaires concernent des vols et autres délits non violents. Le taux d’élucidation atteint un peu plus de 45 %, ce qui est relativement élevé au regard des standards européens.
Un aperçu synthétique permet de relativiser les risques :
| Indicateur (2024) | Valeur approximative |
|---|---|
| Infractions enregistrées | 173 322 |
| Baisse par rapport à 2023 | ~ –5 % (≈ –8 000 affaires) |
| Part de la cybercriminalité | 10 % de l’ensemble des crimes |
| Vols de véhicules | ≈ 10 000 cas |
| Affaires de menaces dangereuses | 2 072 |
| Affaires d’extorsion | 1 559 |
| Homicides | 151 (dont 93 liés à des relations personnelles) |
| Viol (national, moyenne quotidienne) | ≈ 3 cas par jour |
| Affaires de pédopornographie | > 750 |
Les faits de violence existent donc, mais restent statistiquement rares à l’échelle d’un pays d’environ 10,7 millions d’habitants. La police souligne plutôt la montée de la cybercriminalité et des fraudes (crédits, accès non autorisé à des systèmes informatiques) dans la structure globale de la délinquance.
Prague : une grande capitale parmi les plus sûres d’Europe
La capitale concentre, logiquement, le plus grand nombre de faits signalés. En 2024, la Police y a enregistré environ 40 000 affaires pénales. Pourtant, même avec ce volume, Prague reste, toutes proportions gardées, l’une des capitales les plus sûres d’Europe.
Indice de criminalité de la ville selon Numbeo, bien inférieur à celui de Berlin (44,59) ou de Paris (57,94).
Une étude de Compare the Market Australia, qui analysait les mentions de vols et d’arnaques dans les commentaires en ligne de plus de 30 destinations, classe Prague 8ᵉ ville la plus sûre : seuls 2,31 commentaires relatifs aux vols y sont relevés par million de visiteurs, contre 25 à Paris ou 17,82 à Barcelone.
Cette bonne image ne signifie pas que tout soit idyllique.
Les autorités locales
– la criminalité à Prague a reculé de 6,4 % en 2024 par rapport à 2023, atteignant son plus bas niveau (hors années de confinement) ;
– les infractions les plus fréquentes sont les vols simples, les cambriolages, les escroqueries et les vols à l’étalage ;
– la ville concentre la deuxième part de crimes violents du pays après la Moravie‑Silésie, avec 1 596 affaires de ce type en 2024.
La réalité pour un expatrié reste cependant assez simple : le risque principal est de se faire voler portefeuille ou téléphone dans une rame de tram bondée, plus que de subir une agression violente dans la rue.
Les vrais risques du quotidien : pickpockets, arnaques et escroqueries
Pour un expatrié, la plupart des ennuis potentiels relèvent du « petit » risque urbain classique : pickpockets, surtaxation des taxis, fraude à la carte bancaire, arnaques à la location. Les délinquants ciblent en priorité les touristes, mais les nouveaux arrivants, qui ne maîtrisent pas encore les codes locaux, peuvent aussi être vulnérables.
Pickpockets et vols dans l’espace public
Les groupes de pickpockets sont bien organisés, parfois armés d’objets simples (couteaux, tournevis), et utilisent des techniques de bousculade ou d’« encerclement » pour dérober sacs et portefeuilles.
Les lieux et situations les plus à risque sont connus :
– les sites hyper touristiques de Prague : pont Charles, place de la Vieille Ville, Château de Prague, partie haute de la place Venceslas ;
– les grands nœuds de transport : gare centrale (Praha hlavní nádraží) et son parc surnommé « Sherwood », Florenc (autocars + métro), Anděl, Můstek, Muzeum, Staroměstská, Malostranská, Charles Square (Karlovo náměstí) en soirée ;
– certaines lignes de tram fréquentées par les visiteurs : le tram 22 vers le château, et les trams touristiques 41, 42 et 43 ;
– les cafés en terrasse, les restaurants bondés, les files d’attente des attractions.
Quelques précautions simples suffisent souvent à réduire drastiquement le risque :
Pour prévenir les vols à la tire, il est recommandé d’utiliser un sac bandoulière à fermeture, porté devant soi. Évitez de garder votre portefeuille ou téléphone dans la poche arrière. Ne laissez jamais un sac sur une chaise ou au sol sans surveillance, même « pour une minute ». Soyez particulièrement attentif dans la cohue des transports en commun.
Les autorités recommandent, en cas de vol, d’éviter la confrontation directe et de se rendre au plus vite au commissariat le plus proche pour déposer plainte dans les 24 heures, nécessaire pour toute demande d’indemnisation auprès d’une assurance. Prague dispose d’un poste de police spécialement tourné vers l’accueil des étrangers victimes d’infraction à Jungmannovo náměstí 9, près de la station Můstek, ouvert 24 h/24.
Arnaques à la carte bancaire, aux changeurs et aux taxis
Comme dans de nombreuses grandes villes européennes, les fraudes à la carte et les manipulations de distributeurs (skimming) existent.
Les pratiques problématiques les plus fréquentes sont :
– installation de dispositifs de copie de carte et de code PIN sur certains distributeurs en libre accès ;
– surfacturations lors de paiements par carte dans des restaurants ou magasins peu scrupuleux ;
– surtaxation massive par des taxis, en particulier dans les zones très touristiques ou à proximité des gares.
Les conseils de base sont clairs :
Pour vos retraits, privilégiez les distributeurs situés dans les banques, grands hôtels ou centres commerciaux plutôt que les bornes isolées dans la rue. Couvrez systématiquement le clavier en tapant votre code. Lors des paiements, vérifiez attentivement le montant affiché avant de valider, conservez les reçus et surveillez vos relevés en ligne. Ne changez jamais d’argent dans la rue, une pratique illégale souvent liée aux faux billets. Pour les taxis, évitez de les héler au hasard ; utilisez plutôt des applications (Bolt, Uber, Liftago) ou les stations officielles « Fair Place ». Exigez toujours l’usage du taximètre ou un tarif convenu à l’avance.
La République Tchèque est une économie très digitalisée, mais il reste utile de conserver un peu de couronnes en liquide (surtout hors des grandes villes) pour limiter les retraits répétés et donc le risque d’exposition de sa carte.
Bars, boîtes de nuit et risque de boisson droguée
Les grandes villes tchèques ont la réputation d’aimer la fête et la bière est omniprésente. Cette culture festive entraîne quelques dérives auxquelles les expatriés doivent être attentifs.
Plusieurs éléments reviennent dans les signalements :
– des cas de boisson droguée (type rohypnol et autres « date rape drugs ») ont été signalés dans des bars ou clubs ;
– certains établissements gonflent exagérément les additions, ajoutent des frais cachés ou jouent sur des cartes peu claires (prix au poids, suppléments obligatoires) ;
– les vigiles peuvent parfois intervenir de manière plus musclée qu’en Amérique du Nord, ce qui surprend certains visiteurs.
Les consignes de prudence sont les mêmes qu’ailleurs :
– ne jamais laisser son verre sans surveillance ni accepter une boisson déjà ouverte ;
– refuser snacks, cigarettes ou chewing-gums offerts par des inconnus ;
– garder sur soi seulement le strict nécessaire (pas de passeport, pas de grosses sommes) lors des sorties nocturnes ;
– se contenter d’un niveau d’alcool qui permet de garder le contrôle et la maîtrise de sa trajectoire de retour ;
– en cas de harcèlement, s’adresser rapidement au bar ou à la sécurité, ou sortir avec un groupe de confiance.
À noter que la ville de Prague a interdit les « pub crawls » organisés, notamment pour réduire les excès d’alcool dans le centre historique et améliorer la qualité de vie des riverains.
Cadre légal et obligations des expatriés : mieux vaut connaître les règles
Une partie du sentiment de sécurité vient du respect assez strict des règles du quotidien, notamment en matière de transport, d’alcool et de stupéfiants. Un expatrié qui ignore ces spécificités peut se retrouver en infraction sans s’en rendre compte.
Toujours avoir une pièce d’identité sur soi
En République Tchèque, tout individu doit être en mesure de prouver son identité sur demande de la police : passeport, carte de résident ou document délivré par le ministère des Affaires étrangères. Les touristes sont donc supposés se déplacer avec leur passeport, pas uniquement une photocopie.
Ne pas pouvoir présenter de document peut valoir une amende immédiate sur place, voire une rétention le temps de vérifier l’identité. En pratique, certains policiers acceptent une copie numérique du passeport si la situation n’est pas conflictuelle, mais cela reste à leur appréciation.
La loi impose aussi aux étrangers de signaler dans les trois jours la perte, le vol ou la destruction de leurs documents (passeport, titre de séjour), sous peine d’amende jusqu’à 3 000 CZK.
Règles strictes dans les transports : billets, tramways, alcool au volant
Les transports publics tchèques sont efficaces, denses et sûrs. En contrepartie, les règles sont appliquées sans indulgence.
Avant d’emprunter les transports, il est impératif d’acheter un ticket et de le valider dans une machine jaune. Les contrôleurs, souvent en civil, effectuent des vérifications. Un ticket non validé est considéré comme invalide et peut entraîner une amende immédiate de 1 000 CZK, susceptible d’augmenter en cas de non-paiement sur-le-champ.
Autre particularité qui surprend souvent : les tramways ont la priorité absolue, y compris sur les passages piétons. Un conducteur ou un piéton qui coupe un tram risque à la fois l’accident et une sanction.
La conduite est soumise à une tolérance zéro pour l’alcool et les drogues, avec des contrôles fréquents. Les infractions peuvent entraîner de lourdes amendes, un retrait de permis, voire une peine de prison. Les phares doivent être allumés en permanence (jour et nuit). Du 1ᵉʳ novembre au 31 mars, les pneus hiver sont obligatoires. Tout véhicule doit être équipé d’un gilet réfléchissant, d’un triangle de signalisation et d’une trousse de secours.
Les expatriés venant d’un pays hors UE doivent généralement détenir un permis de conduire international en plus de leur permis national ; un e‑vignette est obligatoire pour emprunter les autoroutes, avec différents formats (10 jours, 1 mois, 1 an).
Drogues, cannabis « légal » et surrogates
Contrairement à une image parfois entretenue à l’étranger, le pays n’est pas permissif en matière de stupéfiants. La possession, l’usage et le trafic de drogues illicites (y compris le cannabis au‑delà des seuils légaux de THC) restent punis de peines lourdes, pouvant aller jusqu’à 18 ans de prison pour les formes les plus graves.
Certaines boutiques vendent des produits à base de cannabis contenant uniquement des traces de THC, dans les limites autorisées par la loi. Cela ne change rien à la sévérité générale des autorités envers les drogues.
La gestation pour autrui à but lucratif est interdite. Toute rémunération dans le cadre d’un tel arrangement expose les parties (parents d’intention, mère porteuse, intermédiaires) à des poursuites judiciaires. Il est fortement recommandé de consulter un conseil juridique spécialisé avant toute démarche.
Enregistrement auprès de la police des étrangers
Toutes les personnes de nationalité étrangère doivent être enregistrées lors de leur arrivée. Les hôtels, auberges, résidences étudiantes et la plupart des locations saisonnières gèrent cette étape automatiquement. Mais si l’on loge chez des amis ou dans un logement privé non déclaré, la démarche incombe à l’intéressé.
Les ressortissants non‑UE doivent se présenter auprès de la police des étrangers dans les trois jours ouvrables suivant l’entrée sur le territoire ; les citoyens UE disposent d’un délai un peu plus long. À Prague, un grand bureau se trouve rue Olšanská (quartier de Žižkov). Ne pas respecter cette obligation peut non seulement entraîner une amende, mais également compliquer par la suite le renouvellement d’un visa ou d’un titre de séjour de long terme.
Santé : un système performant, quelques risques sanitaires à connaître
Un des atouts majeurs de la République Tchèque en matière de sécurité globale est la qualité de son système de santé. Il s’agit d’un système d’assurance obligatoire de type bismarckien, combinant hôpitaux publics et cliniques privées, et offrant un très bon niveau de soins à l’échelle européenne.
La densité de médecins par habitant est élevée, l’infrastructure hospitalière bien répartie, et les délais de prise en charge en urgence sont corrects : le temps moyen d’intervention d’une ambulance à Prague est d’environ neuf minutes. L’eau du robinet est potable partout et les standards d’hygiène alimentaires sont généralement bons.
Assurance maladie et accès aux soins pour les expatriés
Pour résider légalement plus de 90 jours, tous les étrangers doivent être couverts : soit par l’assurance publique tchèque (pour les résidents permanents, les salariés d’employeurs tchèques, ou certaines catégories bénéficiant d’accords bilatéraux), soit par une assurance privée agréée.
Le système de santé public est financé par des cotisations obligatoires, partagées entre l’employeur et le salarié. Il couvre la majorité des soins, incluant les médicaments sur ordonnance et une grande partie des soins dentaires de base.
Les expatriés non éligibles doivent souscrire une assurance commerciale auprès d’assureurs tchèques ou internationaux. De nombreux expatriés choisissent par ailleurs une couverture privée internationale (Cigna, Allianz, AXA…) afin d’accéder plus facilement aux cliniques privées, souvent mieux dotées en personnel anglophone et aux délais plus courts pour les consultations de spécialistes.
Hépatite A, encéphalite à tiques et autres risques présents
Sur le plan des maladies infectieuses, plusieurs points méritent l’attention :
Une flambée d’hépatite A, majoritairement à Prague, nécessite la vaccination des nouveaux arrivants et des mesures d’hygiène (lavage des mains, prudence avec les aliments crus). Le pays est concerné par l’encéphalite à tiques, surtout d’avril à novembre en zones boisées/rurales ; la vaccination est recommandée pour les expatriés souvent en forêt ou à la campagne. La rougeole circule sporadiquement : vérifiez et mettez à jour vos vaccins de base (ROR, polio, etc.). La rage est présente chez certaines espèces sauvages (chauves-souris) ; en cas de morsure, consultez immédiatement.
En cas d’urgence médicale, plusieurs numéros sont à connaître :
– 112 : numéro d’urgence européen, avec opérateurs capables de répondre en plusieurs langues (dont l’anglais, l’allemand, le français) ;
– 155 : urgence médicale nationale ;
– 150 : pompiers ;
– 158 : police d’État ;
– 156 : police municipale.
L’application Záchranka, largement utilisée localement, permet de contacter les secours en transmettant automatiquement sa position GPS et propose des fiches de premiers secours ainsi que la localisation des défibrillateurs (via la cartographie Mapy.com).
Logement : un marché tendu où les escrocs prospèrent
Si l’on laisse de côté la petite délinquance de rue, le risque le plus significatif pour un nouvel arrivant à Prague ou dans les grandes villes tchèques concerne… la location d’appartement. Le marché est très tendu, surtout dans la capitale, avec une pénurie chronique de biens disponibles et une compétition féroce entre candidats. C’est exactement le terrain de jeu favori des escrocs.
Comment fonctionnent les arnaques à la location
Le schéma type est souvent le même :
Face à un appartement magnifique, bien situé et proposé bien en dessous des prix du marché, soyez vigilant. Une arnaque courante consiste en un prétendu propriétaire vivant à l’étranger ou évoquant de mauvaises expériences pour refuser toute visite avant paiement. Il demande un versement anticipé (caution, premier loyer, frais de dossier) via des canaux difficiles à tracer comme MoneyGram, Western Union ou un virement vers un pays tiers, en échange de photos séduisantes souvent volées sur de vrais sites. Pour paraître légitime, l’escroc peut prétendre utiliser une grande plateforme (Airbnb, Flatio…) ou un service de séquestre (« escrow »), mais les liens fournis mènent à des sites d’imitation.
Certains montages vont plus loin : un complice se fait passer pour le locataire actuel, organise une visite dans un logement réel (qui n’est pas à louer) et encaisse l’argent au nom d’un faux propriétaire. Des faux papiers d’identité, accords de sous‑location ou contrats très bien imités peuvent être fournis.
Reconnaître les signaux d’alerte
Plusieurs « drapeaux rouges » doivent immédiatement alerter :
– un loyer trop beau pour être vrai : par exemple, un grand appartement récent à Vinohrady pour 15 000 CZK par mois alors que le marché tourne autour de 25 000–30 000 CZK ;
– refus catégorique d’organiser une visite physique, même différée, ou de faire visiter par un intermédiaire de confiance ;
– pression pour payer vite au motif qu’il y aurait d’autres candidats « prêts à verser immédiatement » ;
– demande de paiement par transfert irréversible et non traçable, ou vers un compte étranger sans explication crédible ;
– absence de preuves de propriété ou de mandat de la part d’une agence.
Pour limiter les risques, quelques règles simples sont recommandées.
– ne jamais verser le moindre acompte sans avoir vu le logement ou, au minimum, obtenu une visite vidéo en direct, permettant de vérifier que la personne se trouve bien sur place ;
– exiger un contrat écrit et le lire intégralement avant de signer ;
– vérifier, via le cadastre (registre foncier tchèque), que la personne se présentant comme propriétaire est bien inscrite comme telle pour l’adresse concernée ;
– si l’on traite avec une agence, demander à voir le mandat qui l’autorise à louer le bien.
Les plateformes réputées et les agences établies de longue date réduisent sensiblement le risque, même si elles ne l’éliminent jamais complètement.
Contrat, dépôt et pièges juridiques
Le contrat de location est toujours rédigé en tchèque. S’il existe une version anglaise, c’est la version tchèque qui prévaut légalement en cas de litige. Il est donc fortement conseillé de faire relire le texte par un avocat ou une agence de relocation avant de signer.
Plusieurs points méritent d’être vérifiés :
La durée du préavis est généralement de trois mois pour chaque partie, sauf clause contraire. La révision du loyer, sans clause spécifique, est limitée à 20% sur trois ans et doit être cohérente avec le marché local, avec un préavis de trois mois. Pour les charges, le contrat devrait prévoir l’accès aux factures et un délai pour le décompte annuel. Le dépôt de garantie ne couvre pas l’usure normale, seulement les dégradations et impayés ; il est conseillé de fixer par écrit un délai (ex: un mois) pour sa restitution après l’état des lieux de sortie.
Pour minimiser les contestations, il est judicieux d’établir un « protocole de remise » (předávací protokol) détaillé, avec photos datées, au moment de l’emménagement, en mentionnant l’état exact de chaque pièce et équipement.
Sécurité numérique et cybercriminalité
La République Tchèque affiche un niveau élevé de sécurité numérique dans les indices internationaux, mais la cybercriminalité y progresse, représentant déjà 10 % de l’ensemble des infractions en 2024. Les délits les plus courants concernent la fraude (crédit, commerce en ligne, accès non autorisé à des comptes) et diverses escroqueries à distance.
Pour un expatrié, les mêmes réflexes que partout dans le monde s’appliquent :
Pour protéger vos données et transactions, adoptez les bonnes pratiques suivantes : utilisez des mots de passe complexes et activez systématiquement la double authentification ; soyez vigilant face aux e‑mails ou SMS demandant des données bancaires, identifiants ou paiements urgents ; effectuez des mises à jour régulières de vos logiciels et antivirus ; vérifiez la fiabilité des sites sur lesquels vous saisissez vos coordonnées bancaires, en privilégiant les acteurs connus.
La bonne nouvelle est que l’infrastructure télécom et internet est moderne, offrant des connexions stables et rapides, ce qui facilite l’usage de services sécurisés (banques en ligne, VPN, etc.).
Les statistiques de la police montrent que les étrangers représentent environ 12 % des personnes poursuivies pénalement dans le pays (pour une part de population étrangère avec titre de séjour d’environ 9,75 %, à laquelle il faut ajouter les touristes et résidents de court terme). Les infractions commises par des non‑nationaux concernent surtout :
– la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de drogues ;
– les délits routiers par négligence ;
– les vols simples ;
– l’entrave à l’action de la police ou de la justice ;
– les falsifications de documents.
Du point de vue des risques encourus par certains profils d’expatriés, plusieurs éléments ressortent :
Les femmes et voyageurs solo bénéficient d’un bon niveau de sécurité publique, malgré la non-ratification de la Convention d’Istanbul. Les personnes LGBT+ trouvent un environnement relativement tolérant dans les grandes villes, bien que le mariage homosexuel ne soit pas reconnu. Les minorités visibles, notamment les Roms, peuvent rencontrer de la méfiance ou des discriminations dans une société historiquement homogène.
Dans l’ensemble, ces phénomènes restent toutefois contenus, et la majorité des expatriés rapportent un sentiment de sécurité élevé dans leur vie quotidienne.
Gestion des urgences, relation avec la police et recours possibles
Un aspect souvent sous‑estimé de la sécurité d’un pays est la manière dont les institutions traitent les victimes et assurent la gestion des crises.
Numéros d’urgence et fonctionnement du 112
Outre les numéros sectoriels (150 pompiers, 155 urgences médicales, 158 police nationale, 156 police municipale), le 112 reste la porte d’entrée la plus simple pour un étranger. Appel gratuit, accessible même sans crédit ou sans carte SIM, disponible 24 h/24 et 7 j/7, il connecte avec un centre équipé pour déterminer la localisation de l’appelant et basculer vers le service approprié.
Les opérateurs peuvent gérer des appels en plusieurs langues (anglais, allemand, polonais, russe, français), avec si nécessaire une aide à la traduction. Il est impératif de ne jamais raccrocher le premier et de répondre à toutes les questions. En cas d’incertitude sur une adresse exacte, il faut décrire les points de repère à proximité ou relever le code unique présent sur le poteau d’éclairage public le plus proche, chaque lampadaire de Prague en étant équipé.
Porter plainte : ce qu’il faut savoir
En cas de vol, d’agression ou de litige sérieux, il faut déposer plainte au commissariat principal du district où le fait s’est produit. La police est légalement tenue de fournir un interprète ; toutefois, il peut falloir patienter dans certains postes en attendant de le trouver. C’est l’un des intérêts du poste de Jungmannovo náměstí 9 à Prague, qui dispose d’un interprète sur place pour accompagner les victimes étrangères vers le commissariat territorialement compétent.
Un numéro de dossier est attribué après le dépôt de plainte. La victime peut demander à être informée des suites de l’enquête pendant un mois. Pour l’indemnisation, il est recommandé de la demander dans le cadre de la procédure pénale avec l’aide d’un avocat, sous peine de devoir engager une action civile distincte.
Les personnes arrêtées ou placées en garde à vue disposent du droit à un interprète, à un avocat et à l’information de leur ambassade. Les autorités consulaires (britanniques, canadiennes, américaines, etc.) peuvent fournir listes d’avocats, explications sur la procédure et assistance de base, sans toutefois intervenir dans le déroulement de la justice ou payer des services privées.
Risques naturels et contexte sécuritaire global
Sur le plan des catastrophes naturelles, le pays se situe dans une zone relativement épargnée. Les principaux aléas répertoriés sont :
La République tchèque est exposée à plusieurs aléas météorologiques. Des inondations et glissements de terrain surviennent lors de fortes pluies, surtout au printemps et en été, comme l’épisode marquant ayant touché la Moravie-Silésie en 2024. Bien que très rares, des tornades destructrices peuvent se produire, à l’instar du cas spectaculaire survenu en Moravie du Sud en 2021. Enfin, des feux de forêt ponctuels ont un impact notable sur la qualité de l’air.
Le risque terroriste est considéré comme faible, même s’il ne peut jamais être exclu dans le contexte européen actuel. Les manifestations et protestations publiques ont lieu occasionnellement, généralement de manière pacifique ; il est simplement recommandé d’éviter les très grands rassemblements par principe de précaution.
Vivre au quotidien : une sécurité surtout fondée sur le bon sens
En pratique, la plupart des expatriés décrivent leur vie en République Tchèque comme paisible et prévisible, avec des transports fiables, une criminalité de rue modérée et un accès à des soins de qualité. Les zones touristiques de Prague exigent un peu plus de vigilance, mais les quartiers résidentiels populaires auprès des étrangers (Vinohrady, Dejvice, Vršovice, certaines parties de Holešovice ou Žižkov, etc.) offrent un environnement où l’on se sent à l’aise pour marcher le soir, faire du jogging dans les parcs et laisser les enfants aller seuls à l’école en transports publics.
La municipalité de Prague investit dans un réseau de vidéoprotection composé de plus de 5 000 caméras.
Quelques habitudes à adopter pour une expatriation sereine
Sans bouleverser son mode de vie, quelques réflexes simples suffisent pour capitaliser sur le haut niveau de sécurité offert par le pays :
Pour un séjour serein, conservez vos documents originaux et moyens de paiement en lieu sûr, avec des copies numériques. Adoptez une attitude discrète en public, sans exhiber objets de valeur. Choisissez votre logement avec prudence, refusez tout paiement avant visite et faites-vous accompagner si besoin. Apprenez quelques mots de tchèque pour les situations de base. Enfin, notez les numéros d’urgence, téléchargez l’application Záchranka, et repérez l’hôpital et le commissariat les plus proches dès votre arrivée.
Les stratégies de promotion touristique du pays accordent aujourd’hui une place centrale à la notion de sécurité. Le directeur de CzechTourism, František Reismüller, a d’ailleurs indiqué que la sûreté et la durabilité constituent deux piliers majeurs de la stratégie 2026–2030 de l’agence, avec l’objectif affiché de consolider l’image de la République Tchèque comme destination sûre pour les visiteurs, mais aussi pour les expatriés et les investisseurs.
En résumé, les chiffres comme les retours d’expérience vont dans le même sens : la République Tchèque offre un cadre objectivement très sûr pour y vivre, travailler et élever une famille. Les risques existent, comme partout, mais ils sont bien cernés et se gèrent avec une dose raisonnable de vigilance et de préparation. Pour qui accepte de respecter les règles locales et d’adopter quelques réflexes de bon sens, l’expatriation peut s’y dérouler dans une grande sérénité.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (République Tchèque, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la République Tchèque pour sa fiscalité modérée sur les revenus, son absence d’impôt sur la fortune, sa stabilité institutionnelle et son coût de vie inférieur à celui de la France (Prague ~30% moins cher que Paris) tout en restant au cœur de l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, transfert de résidence bancaire, détachement CNAS/CPAM, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire, conseils bilingues) et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet de réduire fortement la pression fiscale tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition via convention FR‑CZ, adaptation culturelle).
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