S’immerger dans la table tchèque : guide culinaire pour expatriés en République Tchèque

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en République Tchèque, c’est entrer dans un pays où l’on boit plus de bière qu’ailleurs au monde, où le déjeuner reste le repas central de la journée, et où la cuisine traditionnelle, longtemps jugée rustique, revient en force dans les assiettes… et dans la fierté nationale. Pour un expatrié, apprendre à manger « à la tchèque » est l’un des moyens les plus rapides de comprendre le pays, ses saisons, ses habitudes sociales et même sa géographie.

Bon à savoir :

Ce guide vous aide à découvrir la gastronomie locale praguoise en vous orientant vers des cantines bon marché, des brasseries historiques, des marchés de producteurs et des adresses créatives récentes. L’objectif est de vous donner des repères concrets pour manger bien sans exploser votre budget, et ainsi passer du statut de touriste à celui d’habitué averti.

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Comprendre l’esprit de la cuisine tchèque

Avant de rentrer dans le détail des plats, il faut saisir la logique de cette cuisine. La tradition tchèque s’est forgée bien avant l’arrivée des brunchs au matcha et des poke bowls. Elle a grandi au croisement de plusieurs influences – autrichienne, allemande, hongroise, parfois slave – dans un climat rude, avec de longues périodes froides.

Exemple :

Traditionnellement décrite comme roborative, copieuse et réconfortante, la cuisine tchèque était historiquement marquée par une consommation modeste de viande, réservée au repas dominical. Aujourd’hui démocratisée, la viande y occupe une place plus importante, bien que les légumes racines, le chou et les céréales demeurent des piliers essentiels de cette gastronomie au goût profond.

Un repas typique se structure ainsi : une soupe pour ouvrir l’appétit, un plat principal souvent à base de viande, accompagné de pommes de terre ou de knedlíky (les fameuses quenelles de pain ou de pomme de terre), et parfois un dessert ou un compote pour finir. Le tout se marie presque toujours avec de la bière pils, symbole national qui irrigue toutes les couches de la culture culinaire, des monastères médiévaux aux microbrasseries ultra modernes.

Les plats incontournables à apprivoiser

Pour se sentir à l’aise dans un restaurant tchèque, il est utile de connaître les grands classiques qui reviennent sur toutes les cartes. Les nommer en tchèque, même avec un accent approximatif, facilite immédiatement la relation avec les serveurs.

Les grands « monuments » de la table

Voici un aperçu de ces piliers de la cuisine locale, avec leur logique gustative.

Svíčková na smetaně Souvent considérée comme le plat national. Il s’agit de bœuf (généralement du filet ou une pièce noble) longuement braisé dans une sauce crémeuse aux légumes racines (carotte, persil racine, céleri-rave), liée avec un roux puis adoucie à la crème. On le sert avec des tranches de knedlíky de pain, un peu de confiture d’airelles, une rondelle de citron et un nuage de crème fouettée. C’est le plat de fête par excellence : mariages, grands déjeuners dominicaux, repas de famille.

Astuce :

Le hovězí guláš est une adaptation tchèque du goulash hongrois. Il se caractérise par une sauce plus épaisse, souvent légèrement tomatée, où les oignons jouent un rôle prépondérant. Elle est parfumée au paprika doux, au cumin et à la marjolaine. Ce plat se sert traditionnellement avec des knedlíky (quenelles de pain) ou du pain rustique, accompagné d’une chope de bière pils. Une variante morave incorpore de la choucroute directement dans la sauce.

Vepřo-knedlo-zelo Sans doute le trio le plus typique du pays : rôti de porc, quenelles de pain et chou (souvent choucroute). Pendant longtemps, c’était le plat du dimanche dans les familles. Il condense à lui seul l’ADN gustatif tchèque : viande rôtie, féculent moelleux pour éponger la sauce, et acidité du chou fermenté pour équilibrer.

Pečená kachna se zelím – canard rôti au chou Épaule et cuisse sont lentement rôties avec du cumin, jusqu’à obtenir une peau croustillante et une chair fondante. On le sert avec chou rouge braisé et quenelles de pomme de terre. Autrefois réservé aux riches, ce plat est devenu la star des grands repas dominicaux ou des fêtes comme la Saint-Martin (où l’oie rôtie joue aussi ce rôle de vedette).

Řízek – le schnitzel à la tchèque Tranche fine de porc (ou de poulet) panée et frite, servie avec salade de pommes de terre ou pommes de terre nature. La salade de pommes de terre tchèque mérite d’ailleurs le détour : pommes de terre, carottes, œufs durs, cornichons, oignons, mayonnaise, moutarde et un peu de jus de cornichon.

500

Certains pubs spécialisés peuvent vendre jusqu’à 500 portions de smažený sýr par jour.

Knedlíky – les quenelles omniprésentes C’est la base de la garniture tchèque. On distingue :

les houskové knedlíky, à base de pâte levée avec morceaux de pain, façonnée en boudins et cuits à l’eau puis tranchés

les bramborové knedlíky, à la pomme de terre, parfois farcis de viande fumée.

Ils servent d’éponge à sauce pour tous les rôtis, goulash et plats en sauce. Les restes se refont parfois sauter à la poêle avec des œufs.

Soupes : la première porte d’entrée

En République Tchèque, la soupe n’est pas une simple entrée, c’est un pilier identitaire. Le déjeuner commence presque toujours par un bol brûlant, même en été. Quelques-unes à connaître :

Soupes Tchèques

Découvrez cinq soupes emblématiques de la cuisine tchèque, alliant réconfort, tradition et saveurs uniques.

Kulajda

Crème de pommes de terre, champignons et aneth, relevée de vinaigre et surmontée d’un œuf poché. Originaire de Bohême du Sud, elle offre un équilibre subtil entre acidité, herbes et onctuosité.

Česnečka

Soupe claire à l’ail avec pommes de terre et marjolaine, souvent servie avec croûtons, fromage ou jambon. Réputée comme remède contre le rhume et anti-gueule de bois.

Bramboračka

Soupe réconfortante de pommes de terre, légumes racines et champignons, parfumée au cumin et à la marjolaine. Idéale pour les hivers froids.

Zelňačka

Soupe robuste à base de choucroute, pommes de terre, saucisse et crème aigre, évoquant les ragoûts de montagne.

Hovězí vývar s játrovými knedlíčky

Bouillon de bœuf clair servi avec de petites quenelles de foie et des nouilles aux œufs. Un classique des menus de fête.

Plats « du quotidien » à repérer

Pour un déjeuner de semaine ou un dîner sans cérémonie, d’autres préparations reviennent souvent :

Rajská omáčka : sauce tomate douce-acidulée, épaissie et crémée, servie avec bœuf et knedlíky.

Koprová omáčka (koprovka) : sauce à l’aneth, riche en crème, servie avec bœuf ou œuf poché et pommes de terre. C’est l’un des rares plats traditionnels naturellement végétariens quand il accompagne uniquement des œufs.

Sekaná : pain de viande bœuf-porc, parfumé à l’ail et à la marjolaine, rôti au four, souvent servi avec pommes de terre et moutarde.

Bramboráky : galettes de pommes de terre crues râpées, ail et marjolaine, frites dans le saindoux. On les trouve aussi bien en accompagnement qu’en street food.

Découvrir la culture de la bière et des brasseries

Difficile de parler gastronomie locale sans aborder la bière. La République Tchèque est le berceau de la pils, possède plus de 400 brasseries (dont une grande majorité de microbrasseries artisanales) et détient le record mondial de consommation par habitant. La bière est à la fois boisson, marqueur social et support de convivialité.

Les grandes références à connaître

Même si le guide se concentre sur l’alimentation, comprendre quelques noms aide à se repérer :

Bières tchèques célèbres

Découvrez quelques-unes des bières les plus emblématiques de la République tchèque, un pays réputé pour sa grande tradition brassicole.

Pilsner Urquell

La première pilsner au monde, brassée à Plzeň depuis le XIXe siècle. Elle a donné son nom à un style de bière international.

Budvar (Budweiser Budvar)

L’« original Budweiser » venu de České Budějovice, célèbre pour sa lager blonde au goût caractéristique.

Staropramen

Une grande brasserie pragoise historique, produisant des bières largement distribuées et appréciées.

Bières artisanales & régionales

Le paysage est complété par de nombreuses marques comme Bernard, Zichovec, Zlatá Kráva ou les bières de monastères (Břevnov, Strahov).

Dans les pubs, on vous proposera souvent un « desítka » (bière à 10° Plato, environ 4–4,5 % d’alcool) ou un « dvanáctka » (12°, un peu plus pleine en bouche).

Où boire en mangeant : brasseries et hospody

Prague regorge de brasseries-restaurant où la bière se marie à la cuisine traditionnelle.

On peut citer :

Exemple :

U Fleků est l’un des plus anciens établissements brassicoles d’Europe de l’Est, brassant sur place depuis plus de 500 ans et servant un menu tchèque classique dans un décor d’auberge historique. Pivovar U Medvídku est à la fois une brasserie et un hôtel, proposant une carte entièrement dédiée à la bière (jusqu’aux desserts comme la glace à la bière) et une boutique de souvenirs. U Kunstatu est un pub spécialisé dans la dégustation de bières artisanales, offrant de nombreux tirages accompagnés de planches de charcuterie. Enfin, Lokál (comme Lokál Dlouhá) est une chaîne de pubs réputée pour la qualité de son tirage de Pilsner Urquell ‘tanková’ (non pasteurisée) et sa carte courte mais efficace de classiques tchèques.

Dans la plupart des brasseries, une pinte revient bien moins cher qu’en Europe de l’Ouest, souvent sous les 3 dollars. L’accord bière–plat fait partie intégrante de l’expérience, au point que certains pubs ne proposent qu’un choix limité de vins.

Manger local sans se ruiner : cantines, menus du jour et astuces budget

Pour un expatrié, l’un des grands avantages de la République Tchèque – et de Prague en particulier – reste le coût relativement modéré des repas hors domicile, surtout si l’on adopte les codes locaux.

Les jídelna : la cantine populaire

Les jídelna ou lidová jídelna sont des cantines populaires, en mode self-service, qui servent une cuisine familiale très traditionnelle à prix serrés. On s’y sert sur un plateau, certains plats étant facturés au poids. Elles fonctionnent surtout en semaine, à l’heure du déjeuner, et ciblent clairement les locaux et les employés de bureau.

Quelques repères chiffrés issus du terrain :

Type d’établissementFourchette de prix typique
Jídelna (cantine)130–180 CZK le repas complet
Plat du jour (restaurant)Jusqu’à 5 € environ pour un plat principal
Soupe en formule déjeunerEn dessous de 2 €
Friterie / hot-dog de rueEnviron 100–130 CZK selon le stand et le quartier

Certaines de ces cantines n’affichent le menu qu’en tchèque, ce qui peut impressionner au début. Mais en observant le comptoir et en montrant du doigt, on arrive très bien à se débrouiller. Havelská Koruna, par exemple, près du marché de Havel à Prague, fonctionne avec un système de ticket : on choisit son plat sur un écran, on reçoit un papier à remettre à la serveuse, puis on paie en caisse en sortie.

Menus de midi : le réflexe à adopter

La plupart des restaurants tchèques proposent un menu de midi (denní menu) en semaine, généralement entre 11h30 et 14h. Il s’agit de plats du jour vendus à prix réduit, parfois avec soupe incluse. Pour un expatrié, c’est le meilleur moyen de goûter les classiques (goulash, svíčková, schnitzel, rôtis) dans de bonnes maisons sans exploser son budget.

Attention :

Les employés tchèques utilisent souvent les chèques repas offerts par leur employeur pour acheter des plats du jour, dont le prix est généralement compris entre 150 et 200 CZK selon le quartier, ce qui est nettement moins cher que le même plat servi le soir.

Éviter les pièges à touristes

Même si la qualité globale a beaucoup progressé, certaines adresses autour de la place de la Vieille-Ville à Prague vendent à prix fort une cuisine très approximative. Quelques signaux d’alerte :

grande pancarte en anglais vantant une « original » ou « traditional » Czech cuisine sans un mot tchèque,

personnel qui hèle les passants en plusieurs langues,

présence de rabatteurs avec menus plastifiés.

Pour découvrir la vraie cuisine locale à prix honnête, mieux vaut s’éloigner de la place principale, viser les rues secondaires ou changer de quartier : Vinohrady, Karlín, Holešovice, Smíchov, Letná ou encore Žižkov regorgent de bonnes tables fréquentées par les habitants.

Cartographie gourmande de Prague pour expatriés

Même si la gastronomie tchèque ne se limite pas à Prague, la capitale concentre une densité impressionnante de restaurants, brasseries, marchés et épiceries. Voici quelques repères pour orienter vos premières semaines.

Les temples de la cuisine traditionnelle

Plusieurs adresses sont devenues de véritables références pour goûter les grands classiques en version maîtrisée.

Plat phareAdresses recommandées (Prague)
SvíčkováCafé Louvre, Lokál, Čestr, U Kroka, Na Pekárně (village proche)
Goulash (bœuf)Mincovna (place de la Vieille-Ville), KATR, U Červeného Páva
Canard rôtiU Bansethů (Nusle), Ossegg (Vinohrady), Next Door
Fromage fritLokál (Dlouhá en particulier), U Houmra
SchnitzelCafé Savoy, Kantýna, U Parlamentu
KulajdaCafé Imperial, Vinohradský Parlament, restaurant Spices (hôtel)

Quelques lieux emblématiques méritent une attention particulière pour un expatrié gourmet.

Café Louvre Institution historique ouverte depuis 1902, fréquentée autrefois par Kafka ou Einstein. On y sert svíčková, goulash, schnitzel et pâtisseries dans un décor Belle Époque. Un lieu idéal pour ressentir la continuité entre vieux empire austro-hongrois et République moderne.

Mincovna Sur la place de la Vieille-Ville, cette table prouve qu’on peut manger traditionnel en plein centre touristique sans se faire avoir. Assiettes léchées, produits soignés, goulash, saucisses et schnitzel viennois (fris au beurre) figurent parmi les spécialités.

U Kroka Dans le quartier de Vyšehrad, ce restaurant de quartier séduit par ses soupes (maïs, ail rôti), sa svíčková généreuse, sa venaison en sauce au vin rouge. Les prix restent très raisonnables pour la qualité offerte : un repaire d’habitués, parfait pour un expatrié qui s’installe.

Bon à savoir :

Kantýna est un établissement hybride, à la fois boucherie et grande salle de restauration. La particularité est que tout y est facturé au poids : les clients choisissent leurs morceaux de viande au comptoir, se font servir sur un plateau et paient en sortant. Les spécialités incluent le bœuf maturé, le burger de viande vieillie, les soupes puissantes et le schnitzel de cou de porc. Comptez environ 40 dollars pour un déjeuner pour deux personnes en commandant ‘à l’œil’.

Lokál La chaîne de pubs Lokál (notamment Lokál Dlouhá) est une excellente école de la culture bière-cuisine locale. Bière de tank tirée à la perfection, carte courte de classiques (goulash, fromage frit, tartare, saucisses), ambiance bruyante mais chaleureuse. Idéal pour une première immersion dans la « hospoda » tchèque.

Street food et petites faims

La street food tchèque a ses codes propres, autour de la saucisse, du pain et du gras assumé.

Exemple :

Parmi les spécialités de rue populaires à Prague, on trouve le **Párek v rohlíku**, un hot-dog local où la saucisse est insérée dans un petit pain perforé. Le stand **Parek v rohlíku – Ladislav Cerveny** près de Náměstí Míru en est un bon exemple authentique. La **Klobása** est une grosse saucisse fumée servie avec du pain, de la moutarde et du raifort, typique des marchés et fêtes. Enfin, le **Trdelník**, un gâteau cuit sur une broche et roulé dans du sucre et de la cannelle, d’origine hongroise mais très répandu. Les versions fourrées à la glace ou au Nutella sont des adaptations modernes.

Pour une version plus élaborée de la street food entre hot-dog et burger, Mr. HotDoG dans le quartier de Holešovice sert des sandwiches créatifs, comme un hot-dog au fromage et choucroute autour de 129 CZK ou des sliders bacon-fromage un peu moins chers.

Chlebíčky, pâtisseries et douceurs

Impossible de devenir « local » sans intégrer certains rituels sucrés-salés.

Les chlebíčky, ces tartines sophistiquées Ce sont des tartines ouvertes ultra garnies, base de pain blanc allongé (veka) surmontée de salades (souvent une base de salade de pommes de terres), charcuteries, fromages, œufs, cornichons et décors colorés. On les mange en encas, lors de buffets, à l’apéro ou même au déjeuner.

Quelques adresses phares :

Bistro Sisters (Dlouhá) : versions modernisées, aux ingrédients travaillés (betterave–chèvre, roast-beef, mozzarella…).

Lahůdky Zlatý kříž (Jungmannova) : institution de la tartine classique, très prisée des habitants.

Chlebíčky Letná et Príma chlebíček (Vinohrady) : bonnes adresses de quartier pour des chlebíčky généreux.

39

Certains comptoirs comme Libeřské lahůdky proposent des tartines à un prix accessible, autour de 39 CZK.

Koláče, buchty, štrůdl : la partie sucrée de l’âme tchèque Les pâtisseries tchèques tournent beaucoup autour de la pâte levée, des graines de pavot, des fromages frais type tvaroh et des fruits.

Koláče : petites brioches rondes garnies au centre de confiture de prune, fromage frais, pavot, etc. On les trouve dans des boutiques spécialisées comme Moravské koláčky Doležal (Vršovice), Cukrárna Skála, Eska (Karlín) ou Kus Koláče (Vinohrady).

Buchty : petits pains briochés fourrés de confiture, pavot ou tvaroh. Servis en dessert avec beurre fondu ou glace, ou simplement avec le café. Emma Espresso Bar, Café Lounge, Alf & Bet ou Eska sont réputés pour leurs versions modernes.

Apple strudel (jablečný štrůdl) : omniprésent et souvent très bien exécuté, notamment au Café Savoy ou dans les restaurants inspirés par la tradition austro-hongroise.

Dukátové buchtičky : petits cubes de pâte levée servis avec une sauce à la vanille, qui peuvent constituer un plat principal sucré.

Au Café Savoy, par exemple, un dessert emblématique est le větrník, choux caramélisé farci de crème, qui a fait l’objet de dégustations comparatives entre pâtisseries pragoises – le café sort souvent parmi les favoris.

Marchés, circuits courts et tendances « green »

La République Tchèque connaît une montée en puissance de l’intérêt pour le local, le bio et le végétal. Prague, en particulier, a vu proliférer les marchés de producteurs à partir de 2009. Ces marchés constituent pour un expatrié un lieu d’observation idéal de cette mutation.

L’essor des marchés paysans

Les marchés fermiers (farmářské trhy) privilégient les producteurs tchèques et l’artisanat alimentaire local. Les étiquettes restent principalement en tchèque, mais les jeunes vendeurs parlent assez souvent anglais, surtout sur les marchés les plus centraux.

Attention :

Les paiements se font majoritairement en espèces (couronnes), bien que l’usage de la carte progresse. Il est encouragé d’apporter ses propres sacs ou paniers, certains marchés comme Heřmaňák à Prague 7 ayant été pionniers de l’initiative « zéro sac plastique ».

Parmi les plus intéressants pour un expatrié :

MarchéQuartier / Particularité principale
NáplavkaRive de la Vltava, vue sur le château, grande atmosphère sociale
Jiřího z Poděbrad (Na Jiráku)Vinohrady, ambiance de quartier jeune, cafés indépendants à proximité
AndělPrague 5, gros marché avec thématiques saisonnières
Karlín MarketKarlín, devant l’église, koláče, strudel, grillades et bon café
HeřmaňákPrague 7, petit marché engagé sur la réduction des emballages
Dejvice (Kulaták)Prague 6, orienté nouveaux producteurs, avec coin enfants

Náplavka, par exemple, aligne jusqu’à une centaine de stands le samedi matin, entre pains au levain, fromages fermiers, bramboráky frits à la minute, bières artisanales et cidres. Idéal après une balade vers Vyšehrad ou pour un brunch improvisé en plein air.

Bio, circuits courts et labels

Le pays a vu exploser le nombre de fermes biologiques depuis le milieu des années 1990, passant d’environ 200 exploitations à plus de 4 600 exploités sur plus d’un demi-million d’hectares. Les labels « Bio » et « Eko » sont encadrés par la loi, et la Biozebra (logo officiel) signale les produits certifiés.

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– sur les marchés,

– dans les bio-potraviny (épiceries bio),

– dans des chaînes comme Country Life, qui combinent magasins et restaurants végétariens vendant au poids (environ 33 CZK les 100 grammes dans certains buffets).

La tendance au végétal se reflète aussi dans la prolifération de restaurants vegan ou veggie, et le pays est désormais classé parmi les plus accueillants d’Europe pour les régimes sans viande.

Cuisiner tchèque chez soi : supermarchés, petites épiceries et astuces

Pour un expatrié, la cuisine de tous les jours ne passera pas uniquement par les restaurants. Comprendre comment fonctionnent supermarchés et boutiques d’alimentation aide à adopter un mode de vie local.

Les grandes chaînes et leur profil

Les principaux supermarchés présents partout dans le pays sont :

Albert : très ancré dans le marché local, large choix de produits tchèques.

Billa : réputé légèrement plus qualitatif, avec un rayon frais souvent bien tenu.

Tesco : perçu comme le plus « expat-friendly », avec davantage de références internationales.

S’ajoutent des hypermarchés comme Kaufland ou Tesco Extra, et des enseignes discount comme Lidl ou Penny. Lidl, en particulier, jouit d’une excellente réputation rapport qualité-prix, avec un rayon boulangerie riche, des semaines thématiques (cuisine italienne, asiatique, américaine…) et des prix bas.

Quelques particularités à connaitre :

Astuce :

Dans les supermarchés, les caddies fonctionnent généralement avec un système de consigne (5 ou 10 CZK). Pour les fruits et légumes, il est nécessaire de les peser soi-même au rayon et d’apposer l’étiquette de prix avant de passer en caisse. Les sacs plastiques sont payants, il est donc recommandé de prévoir ses propres cabas. Enfin, les caissiers scannent les articles très rapidement, il faut donc ensacher ses achats soi-même à un rythme soutenu.

Les supermarchés ont généralement un choix massif de yaourts, bières et confiseries, mais assez peu de plats préparés réfrigérés comparé à l’Europe occidentale.

Potraviny, večerka et ovoce-zelenina

Aux côtés des grandes surfaces, subsistent de très nombreuses petites épiceries :

Bon à savoir :

Pour vos courses quotidiennes, plusieurs types de magasins existent : les **potraviny** sont des mini-superettes de quartier, idéales pour le pain, le fromage, les fruits et les dépannages. Les **večerka** sont des potraviny ouverts tard (parfois 24h/24), pratiques pour les courses de dernière minute mais souvent plus chers. Enfin, les boutiques **ovoce a zelenina** et les stands sur les trottoirs sont dédiés aux fruits et légumes.

Les expats constatent souvent que les produits contiennent moins de conservateurs qu’ailleurs, se gardent moins longtemps et nécessitent de faire les courses plus fréquemment. En contrepartie, la fraîcheur est meilleure et l’usage de produits ultra-transformés moins massif.

Jouer avec les promotions et la saisonnalité

La vie quotidienne coûte de plus en plus cher en République Tchèque, mais la population reste très attentive aux prix. De nombreuses applications et programmes de fidélité s’adressent à ce souci d’économie :

Tesco Clubcard, Můj Albert, Billa Bonus Club : cartes de fidélité donnant accès à des remises ciblées.

– Applications comparatrices de promotions comme Kupi.cz, Akčníleták ou Mojeletáky.

Pour un expatrié, acheter les produits de saison (par exemple betteraves, chou, poireaux en hiver ; fraises et cerises au printemps ; prunes à la fin de l’été) permet de concilier budget et qualité.

Cours de cuisine et expériences immersives

Si la meilleure école pour comprendre les saveurs tchèques reste la table quotidienne, certains expatriés préfèrent un apprentissage encadré. Prague propose toute une palette de cours de cuisine et d’expériences culinaires qui permettent de mettre la main à la pâte.

Écoles de cuisine emblématiques

Plusieurs structures se sont fait une réputation solide :

Où suivre un cours de cuisine à Prague ?

Découvrez une sélection d’écoles, d’ateliers et de plateformes pour apprendre la cuisine tchèque et internationale lors de votre séjour à Prague.

Chefparade

École active depuis 2007 proposant plus de 50 types de cours (cuisine tchèque et du monde). Ateliers de 3h (4h avec visite de marché). Également : événements d’entreprise, fêtes privées, magasin d’ingrédients et certains stages à la ferme.

Good Mood Food / Good Food Atelier

Atelier tenu par Aida et Bret dans un espace historique de Karlín (jusqu’à 20 personnes). Cours immersifs comme ‘Taste, Cook and Dine Traditional Czech’ qui mêlent recettes familiales, histoires et dégustation conviviale.

Plateformes en ligne

Cozymeal ou Cocina Rivero référencent des chefs indépendants proposant des expériences variées : menu tchèque, cuisine juive de Prague, visites de marchés suivies d’un cours, ou dîners privés chez le chef.

Les formats vont de 3 à 8 heures, parfois avec visite du marché de Holešovice ou des marchés fermiers le matin, choix des ingrédients, préparation de plusieurs plats (souvent soupe, plat principal, dessert), puis dégustation à table avec bière ou vin.

Ce qu’on apprend dans ces cours

Au-delà des recettes, ces ateliers sont une fenêtre sur l’histoire culinaire du pays :

Bon à savoir :

La cuisine tchèque utilise abondamment les légumes racines (persil, céleri-rave, carotte) comme base de sauces. La choucroute et le chou doux y jouent également un rôle important. Pour les desserts, le pavot, le fromage frais (tvaroh) et les fruits d’été sont essentiels. Les knedlíky (quenelles) sont faits artisanalement. Enfin, les soupes de campagne varient du bouillon clair aux versions épaisses qui constituent un plat complet.

On découvre aussi comment cette cuisine s’adapte à la modernité : versions végétariennes de plats de viande, usage créatif des légumes (chou-fleur avec betterave et sucre brun, pomme de terre au babeurre et à l’aneth, concombre à la menthe et baie de genièvre…), intégration des vins tchèques ou de limonades maison (argousier–menthe, par exemple) dans les repas.

Bien se comporter à table : codes et étiquette locales

S’approprier la gastronomie, c’est aussi intégrer les règles implicites qui entourent le repas.

Au restaurant : quelques réflexes utiles

En République Tchèque, on choisit souvent sa table soi-même en entrant. Il est courant de partager la même table avec des inconnus lorsque l’établissement est plein. Dans ce cas, on lance au moins un « Dobrý den » en s’asseyant.

Quelques points à retenir :

le déjeuner commence volontiers par une soupe, même avec un menu du jour ;

– le service est rarement pressant : on peut rester longtemps à table sans être poussé vers la sortie ;

– pour demander l’addition, on dit « Zaplatíme, prosím » ou « Účet, prosím » ; le serveur peut demander si l’on paye ensemble (« dohromady ? ») ou séparément (« zvlášť ? »).

Astuce :

Dans les restaurants et bars, il est d’usage de laisser un pourboire d’environ 10 % de l’addition. Contrairement à certaines habitudes, on ne laisse pas simplement la monnaie sur la table. Il faut plutôt annoncer au serveur le montant total que l’on souhaite payer (l’addition plus le pourboire) ou, en laissant la monnaie, dire « to je dobrý », ce qui signifie « c’est bon » et indique que le reste est pour le service.

Le toast, moment sacré

Lever son verre fait partie intégrante de la socialisation. La formule standard est « Na zdraví ! » (à la santé). Le code veut qu’on tape son verre avec chacun des convives, en le regardant dans les yeux au moment du tintement, puis qu’on boive une gorgée. On évite de croiser les bras au-dessus des verres des autres, et on ne mélange jamais la fin d’une bière avec une nouvelle : ce serait une grossièreté.

Pour refuser poliment de se faire resservir, on laisse simplement son verre encore à moitié plein.

S’ouvrir au-delà du goulash : diversité et influences

Une fois les grands classiques maîtrisés, la scène culinaire en République Tchèque offre bien plus qu’un catalogue de plats en sauce.

Poids de la communauté vietnamienne

La présence de l’une des plus grandes communautés vietnamiennes d’Europe imprime fortement les habitudes alimentaires, surtout à Prague. On trouve de nombreux restaurants de phở, de bún chả et de bánh mì :

Bun Bo Nam Bo et Banh mi ba (rue Rybná) proposent soupes, nouilles sautées et sandwichs vietnamiens à petits prix,

– des chaînes comme Pho Bar, ou encore des stands spécialisés dans le grand complexe de marché vietnamien SAPA Praha.

Exemple :

À Prague, dans le quartier de SAPA, il est possible de déguster un banh mi accompagné d’un café pour environ 120 CZK. Cet exemple illustre comment ce quartier fonctionne comme un véritable pôle gastronomique vietnamien, très prisé non seulement par la communauté vietnamienne mais aussi par les Tchèques eux-mêmes.

Cuisines du monde abordables

L’offre internationale, portée par la curiosité croissante des jeunes générations et par le souci de manger plus léger, s’élargit constamment :

Paprika (Anděl, Vinohrady) : bistro méditerranéen proposant falafels, houmous et assiettes végétariennes autour de 135–189 CZK,

Pizza Nuova : formule à volonté de pizzas et pâtes napolitaines (« Degustazione Napoletana ») pour 385 CZK le midi en semaine,

Le Pizze di Frankie : pizzas napolitaines à partir de 165 CZK la margherita,

Lasagneria (Vinohrady) : lasagnes maison autour de 169 CZK.

Pour un expatrié, cette diversité permet d’alterner facilement entre repas « très tchèques » et options plus légères ou familières, sans forcément dépenser plus.

Itinéraire d’initiation pour un nouvel expatrié

Pour concrétiser tout cela, on peut imaginer un petit parcours sur quelques jours à Prague, à adapter selon votre rythme.

Premier déjeuner : la cantine tchèque Direction une jídelna comme Havelská Koruna ou Lidová jídelna Těšnov. Prenez une soupe (bramboračka ou goulash), un plat de viande en sauce avec knedlíky, et observez le ballet des habitués. Montant probable : 150–180 CZK.

Premier soir : immersion bière et goulash Cap sur Lokál Dlouhááá. Commandez une petite bière (malé pivo) pour commencer, goûtez un fromage frit ou un goulash avec quenelles. Notez la texture, la place de l’oignon, le parfum de paprika et carvi.

Exemple :

Le deuxième jour, une matinée peut commencer par une balade sur l’un des marchés animés de Prague, comme celui de Náplavka (le samedi) ou celui de Jiřího z Poděbrad. On peut y acheter un koláč, observer les stands de légumes, les fromages fermiers ou les bramboráky en train de griller. La matinée se poursuit par une pause dans un café comme l’EMA Espresso Bar, pour déguster un café accompagné d’un buchta à la confiture de prune.

Dîner plus raffiné : la svíčková revisité Réservez une table chez Café Louvre, Mincovna ou Na Pekárně (si vous êtes prêt à sortir de Prague). Commandez une svíčková, comparez-la à celle goûtée en cantine : textures, équilibre entre crème et légumes, accompagnements.

Exemple :

Pour illustrer une journée de découverte culinaire à Prague, on peut citer le déjeuner composé d’un assortiment de chlebíčky (petits canapés ouverts) achetés chez Sisters ou Lahůdky Zlatý kříž, suivi d’un goûter sucré avec un větrník (choux à la crème) ou un štrůdl (strudel) dégusté au Café Savoy ou chez Myšák.

Et ensuite… Laissez-vous guider par vos envies :

– une soirée à U Kroka pour les soupes et la venaison ;

– une expérience plus moderne à The Eatery ou Výčep pour voir comment la nouvelle génération réinterprète les classiques (langue de porc à la sauce à l’aneth, carpe marinée façon tapas, etc.) ;

– un cours de cuisine chez Chefparade ou Good Food Atelier pour apprendre à rouler vos propres knedlíky et préparer une kulajda de A à Z.

Devenir « d’ici » par l’assiette

Apprendre la langue prend du temps ; apprendre à commander une bière, une soupe et un plat du jour prend une journée. Pourtant, à force d’aligner les déjeuners de cantine, les soirées à la brasserie, les cafés-pâtisseries de fin d’après-midi et les passages au marché, on se surprend à intégrer des réflexes profondément tchèques : s’organiser pour que le déjeuner soit un vrai repas chaud, trouver normal que la bière soit moins chère que l’eau, se réjouir d’une soupe fumante en plein mois de mai, ou distinguer au goût une bonne svíčková d’une version bâclée.

Pour un expatrié, c’est sans doute là l’un des chemins les plus rapides vers une intégration authentique : accepter d’embrasser une cuisine parfois très différente de celle dont on vient, tout en profitant de l’immense diversité qu’offre aujourd’hui la scène culinaire en République Tchèque – du goulash de cantine aux koláče artisanaux, des bières séculaires aux brunchs végétariens, des marchés paysans aux cours de cuisine dans des maisons historiques.

Conseil pour un expatrié en République Tchèque

En s’installant, on découvre que « manger local » ne se réduit pas à cocher trois plats touristiques dans un week-end, mais à faire de la cuisine tchèque un élément normal – et souvent joyeux – de sa vie quotidienne. Dobrou chuť !

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien diversifié en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal, démarches administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après comparaison de plusieurs pays attractifs (Grèce, Chypre, Portugal, Malte), la stratégie retenue vise la République Tchèque pour son système d’imposition compétitif sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, sa stabilité économique et son coût de vie inférieur à celui de la France (Prague ~30% moins cher que Paris) tout en restant au cœur de l’UE. La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale, coordination couverture santé (CPAM et régime local), transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale (analyse et éventuelle restructuration).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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