S’installer en République Tchèque attire de plus en plus d’expatriés : salaires en hausse, coût de la vie encore raisonnable, système de santé performant, position centrale en Europe et fort dynamisme universitaire. Mais entre les nouvelles règles d’immigration, le choix de la ville, la recherche de logement, la fiscalité ou encore l’assurance maladie, le parcours peut vite devenir opaque.
Ce guide synthétise les informations essentielles, issues de sources officielles et d’analyses spécialisées, pour préparer votre installation. Il est conçu pour vous accompagner, que vous veniez travailler, étudier, entreprendre ou rejoindre votre famille.
Comprendre le cadre général : pays, villes et coût de la vie
La République Tchèque est un pays enclavé au cœur de l’Europe, bordé par l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne et la Slovaquie. Classée parmi les pays hautement développés, elle combine un bon niveau de vie, une économie industrielle solide – avec l’automobile comme premier secteur – et un environnement sûr : elle figure parmi les pays les plus pacifiques au monde.
Prague, la capitale, concentre une grande partie des expatriés, mais d’autres villes comme Brno, Ostrava ou Plzeň offrent des alternatives intéressantes, souvent plus abordables. Le coût de la vie global dans le pays reste plus faible que dans de nombreux États d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Nord, mais les écarts entre villes sont significatifs, surtout sur le logement.
Prague ou Brno : deux visages de la vie d’expat
Prague compte environ 1,2 million d’habitants et une communauté expatriée estimée à près de 200 000 personnes. Architecture gothique et baroque, pont Charles, vie culturelle dense, réseau de transports en commun efficace et bon équilibre vie pro/vie perso en font une destination très prisée des étudiants Erasmus, des salariés étrangers et des nomades numériques.
Brno est la deuxième ville de République tchèque, avec une population d’environ 403 000 habitants.
Les indices de coût de la vie illustrent bien ces différences :
| Ville | Indice coût de la vie (≈) | Commentaire |
|---|---|---|
| Prague | 51 | Plus cher que la moyenne du pays |
| Brno | 43,7 | Sensiblement moins chère que Prague |
| Plzeň | 45,7 | Intermédiaire |
| Ostrava | 44,1 | Proche de Brno, mais marché immobilier différent |
Globalement, Prague est entre 15 et 22 % plus chère que Brno, selon les sources et selon que l’on inclut ou non le loyer. Inversement, Brno apparaît entre 8 et 18 % moins chère que Prague. L’écart est particulièrement marqué sur l’immobilier.
Logement : un poste de dépense clé à bien anticiper
Le marché locatif est tendu dans les grandes villes, surtout à Prague, où la demande dépasse largement l’offre. Les loyers y sont nettement plus élevés qu’à Brno, que l’on parle de location ou d’achat.
Voici quelques repères de prix moyens mensuels (hors charges), basés sur les données récentes en couronnes tchèques (CZK) :
| Type de logement | Prague centre (CZK) | Brno centre (CZK) |
|---|---|---|
| 1 chambre en centre-ville | ≈ 25 288 | ≈ 19 514 |
| 1 chambre hors centre | ≈ 18 935 | ≈ 16 365 |
| 3 chambres en centre-ville | ≈ 48 794 | ≈ 30 870 |
| 3 chambres hors centre | ≈ 33 000 | ≈ 24 566 |
En janvier 2025, louer un appartement de 60 m² coûtait en moyenne 19 600 CZK par mois à Brno, contre 24 962 CZK à Prague. Pour l’achat, les écarts sont tout aussi nets : environ 6,7 millions de CZK pour 60 m² à Brno, 8,3 millions à Prague. Les prix à Prague ont progressé d’environ 15 % en 2024, avec une hausse des ventes de logements neufs de près de 80 % sur un an.
À Brno, le prix moyen du mètre carré dans l’immobilier neuf s’élève à 131 300 couronnes tchèques.
Pour un expatrié, cela signifie que le logement pèsera lourd dans le budget, surtout à Prague. Selon les estimations, un salarié touchant le salaire moyen régional à Brno consacre environ 39 % de son salaire brut à un loyer de 60 m², contre près de 45 % pour un salarié pragois dans le même type de logement.
Autres coûts : alimentation, transports, loisirs
Sur l’alimentation, les restaurations et les courses sont un peu plus chères à Prague qu’à Brno, mais les écarts restent modérés :
| Poste | Prague (≈) | Brno (≈) |
|---|---|---|
| Repas bon marché | 220 CZK | 200 CZK |
| Repas pour 2 (moyen) | 1 000 CZK | 950 CZK |
| Bière pression locale | 60 CZK | 55 CZK |
| Cappuccino | 74,2 CZK | 69,6 CZK |
| Douzaine d’œufs | 73,4 CZK | 63,9 CZK |
Les transports publics sont globalement abordables et bien organisés. Un ticket simple coûte environ 30 CZK à Prague, 25 CZK à Brno, mais l’abonnement mensuel est identique : 550 CZK. Pour les services (électricité, chauffage, eau, déchets) d’un appartement de 85 m², les montants moyens sont comparables entre les deux grandes villes (environ 6 700 CZK par mois).
En revanche, les dépenses de loisirs et de bien‑être (salle de sport, soins personnels, activités) sont nettement plus élevées à Prague : une adhésion mensuelle à une salle de sport tourne autour de 1 600 CZK à Prague, contre un peu plus de 1 160 CZK à Brno, tandis que les crèches privées et les écoles internationales y sont aussi plus chères.
Immigration et visas : ce que changent les nouvelles règles
L’immigration en République Tchèque est encadrée par la loi sur le séjour des étrangers (Act No. 326/1999 Coll.) et, depuis le 1er janvier 2026, par une réforme importante qui a profondément modifié les procédures sans assouplir les conditions d’éligibilité.
Le « compte étranger » obligatoire et le rôle du garant
La réforme de 2026 introduit un portail en ligne unique, le « Foreigner Account », géré par le ministère de l’Intérieur. Ce compte devient la porte d’entrée pour la plupart des démarches : dépôt de demande, suivi, communication avec l’administration. Le statut des dossiers y est consultable en anglais, ce qui facilite grandement la vie des nouveaux arrivants.
Autre changement majeur : l’apparition du « garant » (sponsor). Pour la plupart des séjours longue durée, un organisme local doit se porter garant du but du séjour : entreprise, université, établissement d’accueil. Ce garant doit :
– confirmer la finalité de votre séjour (emploi, études, investissement, etc.)
– signaler tout changement important (fin de contrat, modification de poste, etc.)
– supporter de lourdes amendes (jusqu’à 500 000 CZK) en cas de non‑déclaration ou de données erronées.
En contrepartie, le garant peut suivre en temps réel l’avancement de votre demande dans le système. Le but affiché de cette réforme est d’accélérer les traitements (par exemple, raccourcir de plusieurs semaines le délai des Cartes Employé), et de supprimer le besoin de faire physiquement la queue dans des bureaux comme celui de Hládkov à Prague.
Types de visas et de titres de séjour
Pour les séjours de courte durée (moins de 90 jours), les ressortissants de nombreux pays voyagent sans visa dans l’espace Schengen, dans la limite de 90 jours sur toute période de 180 jours. D’autres doivent demander un visa Schengen de type C, valable pour le tourisme, les voyages d’affaires, les événements culturels ou sportifs, les visites familiales, les formations courtes ou les visites officielles. Les visas aéroportuaires de type A concernent le transit en zone internationale.
Les principales préoccupations des expatriés lors de leur installation dans un nouveau pays, organisées en trois grandes catégories.
Toutes les démarches obligatoires : obtention du visa ou du titre de séjour, immatriculation, ouverture d’un compte bancaire local, et inscription auprès des autorités.
La recherche d’un logement, la souscription aux services essentiels (électricité, internet), et l’organisation de la vie de tous les jours dans le nouveau cadre de vie.
La recherche d’emploi ou la prise de poste, l’apprentissage de la langue, la découverte de la culture locale et la constitution d’un nouveau réseau social.
– Visa de long séjour (type D)
– Permis de séjour de longue durée
– Permis de résidence permanente
Le visa de long séjour (type D) permet de rester plus de 90 jours, jusqu’à un an maximum, selon un motif précis : études, stage, cours de langue, volontariat, activités culturelles ou sportives, raisons médicales, visite familiale, etc. Il permet également de circuler dans les autres pays Schengen pour des séjours courts (90 jours sur 180), à condition de ne pas y travailler.
Lorsque l’objectif est l’emploi, l’investissement, les études universitaires ou la mobilité intra‑groupe (intra‑corporate transfer), l’étape clé est souvent un visa D spécifique « pour la collecte d’un permis de séjour de longue durée » d’une validité de 60 jours, qui permet d’entrer dans le pays pour récupérer une carte biométrique. Ce schéma s’applique aussi aux demandes de résidence permanente.
Parmi les titres les plus courants, on peut citer : ‘Monsieur’, ‘Madame’, ‘Mademoiselle’, ‘Docteur’, ‘Professeur’ ou ‘Maître’. Ces titres sont utilisés pour s’adresser à une personne en fonction de son genre, de son statut marital ou de sa profession, et ils précèdent généralement le nom de famille dans les correspondances formelles.
– Carte Employé (Employee Card) : permis combiné travail + séjour pour les salariés non‑UE, valable jusqu’à 2 ans, renouvelable. Le poste doit être enregistré dans la base centrale des postes vacants. En cas de rupture de contrat, l’étranger dispose de 60 jours pour trouver un nouvel emploi ou un autre motif de séjour.
– Carte Bleue UE (EU Blue Card) : pour les emplois hautement qualifiés.
– Permis pour travailleurs saisonniers, Carte de transfert intra‑entreprise, etc.
– Permis de séjour pour études : pour les étudiants dans des programmes accrédités ; il donne un accès libre au marché du travail pour ces formations.
– Permis pour investissement ou activité indépendante : pour les entrepreneurs et investisseurs, souvent délivré pour 2 ans, renouvelable.
L’achat d’un bien immobilier en République Tchèque ne donne pas droit à un titre de séjour en soi, mais peut jouer positivement dans l’évaluation du dossier en tant que preuve de logement stable.
Procédure de demande et délais
Pour la quasi‑totalité des demandes de long séjour, le dépôt se fait en personne dans une ambassade ou un consulat tchèque, sur rendez‑vous. La représentation compétente est généralement celle du pays de citoyenneté, du pays ayant délivré le passeport, ou d’un pays où vous disposez déjà d’un titre de séjour de longue durée (au moins 2 ans). Certains ressortissants listés dans un décret spécifique peuvent déposer leur demande dans n’importe quelle ambassade tchèque.
Les documents doivent être en tchèque ou accompagnés d’une traduction officielle. Les actes publics étrangers peuvent nécessiter une apostille ou une sur‑légalisation. Le dossier standard d’un visa longue durée comprend ces éléments.
– passeport valide
– photos d’identité
– justificatif du motif de séjour (contrat de travail, admission universitaire, contrat de stage, etc.)
– preuve d’hébergement
– justificatif de ressources
– extrait de casier judiciaire du pays d’origine (ou déclaration sur l’honneur si impossible)
– le cas échéant, extraits d’autres pays de résidence longue
– preuve d’assurance maladie couvrant au moins la période d’entrée.
Les délais de traitement dépendent du motif :
| Type de demande long séjour | Délai indicatif de traitement |
|---|---|
| Études, activité pédagogique, recherche | ≈ 60 jours |
| Autres motifs (emplois, etc.) | ≈ 90 jours (jusqu’à 120 j. si complexe) |
| Prolongation de visa long séjour | 14 jours |
En pratique, il faut souvent ajouter le temps de rassembler les pièces (certificats, traductions, assurance) et éventuellement celui d’une enquête supplémentaire ou d’un entretien, que le ministère de l’Intérieur peut demander.
Le rejet d’une demande peut être motivé par des documents incomplets, des informations fausses, un refus de se présenter à l’entretien, un fichage persona non grata ou Schengen SIS, une menace pour la sécurité, l’absence d’assurance, le non‑respect des mesures sanitaires, ou une intention présumée de dépassement de séjour. En cas de refus, les motifs écrits sont notifiés, et il est possible de demander un nouvel examen dans les 15 jours, avec réponse dans les 60 jours.
Santé et assurance maladie : un système solide mais des règles strictes
La République Tchèque dispose d’un système de santé de type bismarckien, financé par des contributions obligatoires à des caisses d’assurance maladie publiques. Le niveau de soins est élevé, avec une densité de médecins parmi les plus fortes de l’UE et une combinaison d’hôpitaux publics et privés. De nombreux étrangers choisissent d’ailleurs le pays pour des soins médicaux en raison du bon rapport qualité‑prix.
Assurance santé obligatoire : publique ou privée
Toute personne vivant en République Tchèque doit être couverte par une assurance maladie, publique ou privée. Pour les étrangers, trois grands cas de figure se dégagent :
– Résidents permanents (y compris étrangers) : affiliation automatique et obligatoire à l’assurance publique.
– Salariés d’une entreprise établie en République Tchèque : possibilité de rejoindre le système public même sans résidence permanente ; l’adhésion commence le premier jour de travail.
– Autres étrangers en séjour long (étudiants non salariés, conjoints inactifs, entrepreneurs sans conditions remplies…) : obligation de souscrire une assurance privée de type « couverture complète » auprès d’une compagnie autorisée en République Tchèque.
Pour les ressortissants de l’UE/EEE/Suisse, les règles de coordination européenne (règlement 883/2004) s’appliquent. Ils peuvent être couverts soit via leur pays d’origine avec la carte européenne d’assurance maladie pour les séjours temporaires, soit via une caisse tchèque s’ils y travaillent ou y résident principalement. Des accords bilatéraux similaires existent également avec certains pays tiers comme les États‑Unis, le Japon, la Turquie, plusieurs États des Balkans ou du Maghreb, et Israël pour ses citoyens.
Depuis 2024, les mineurs étrangers (moins de 18 ans) titulaires d’un permis de long séjour peuvent aussi être intégrés au système public dans certaines conditions, tout comme certains demandeurs de protection internationale.
Cotisations et catégories d’assurés
Le taux général de cotisation à l’assurance maladie publique est de 13,5 % d’une assiette de revenu, mais le payeur varie :
Le montant minimum mensuel de la cotisation d’assurance santé pour les travailleurs indépendants en République tchèque en 2024.
Ne pas payer ses cotisations peut entraîner la création d’une dette avec intérêts, qui peut ensuite compliquer d’autres démarches, par exemple une demande de citoyenneté.
Les étrangers non éligibles au système public doivent souscrire une assurance privée « complète ». Depuis septembre 2023, elle peut être contractée auprès de n’importe quelle compagnie autorisée. La couverture minimale exigée a fortement augmenté : le plafond par sinistre est passé de 60 000 à 400 000 euros. Cette assurance doit se rapprocher de la couverture publique (vaccinations infantiles, maternité, etc.), mais reste limitée par des plafonds et des exclusions (maladies préexistantes, soins dentaires non urgents, psychiatrie lourde…).
Accès aux soins, urgences et droits des patients
Une fois affilié, vous choisissez librement votre caisse (la plus grande étant VZP) et vos praticiens conventionnés. Vous avez droit :
– aux soins définis par la loi comme pris en charge
– au choix du médecin (généraliste, spécialiste) ayant un contrat avec votre caisse
– au remboursement partiel de médicaments prescrits dépassant certains seuils
– au remboursement des soins urgents reçus à l’étranger, dans la limite des tarifs tchèques
– à un remboursement de soins planifiés dans un autre État membre de l’UE, sur autorisation.
Les patients doivent présenter leur carte d’assurance ou un certificat provisoire à chaque consultation. En cas de perte, il faut la déclarer et demander un duplicata. Sans couverture, les soins sont intégralement payants, souvent accompagnés de dépôts et de frais administratifs.
Les numéros d’urgence sont le 112 (standard européen, opérateur anglophone possible) et le 155 pour l’ambulance. En cas de séjour touristique de courte durée, la carte européenne d’assurance maladie (pour les Européens) ou une assurance voyage est fortement recommandée.
Travailler, entreprendre, étudier : permis de séjour et fiscalité
S’installer en République Tchèque pour y travailler ou y entreprendre suppose de bien comprendre à la fois les règles d’immigration et le système fiscal, qui fonctionne essentiellement sur une base de résidence fiscale.
Résidence fiscale et barème de l’impôt sur le revenu
Vous êtes résident fiscal tchèque si vous avez un foyer permanent dans le pays ou si vous y passez au moins 183 jours sur une année civile. Dans ce cas, vous êtes imposé sur vos revenus mondiaux. Les non‑résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source tchèque. En cas de conflit entre plusieurs pays, les conventions de non‑double imposition (par exemple avec la France ou les États‑Unis) prévoient des règles de « tie‑breaker » basées sur le centre des intérêts vitaux, le lieu de séjour habituel, etc.
Le système est progressif :
– 15 % jusqu’à un certain seuil annuel (1 762 812 CZK pour une année de référence récente)
– 23 % sur la part de revenu qui dépasse ce seuil
Les taux d’imposition standard s’appliquent à la majorité des revenus, tels que les salaires, les bénéfices des indépendants, les loyers et les plus-values. Cependant, certains revenus de placement étrangers, comme les dividendes et les intérêts obligataires, peuvent être imposés dans une base distincte à un taux fixe de 15 %, sans possibilité de bénéficier des abattements fiscaux habituels.
Les salariés sont imposés à la source par l’employeur, qui prélève des acomptes mensuels (PAYG). Les indépendants peuvent opter pour un régime forfaitaire (paušální daň) combinant impôt et cotisations sociales en un paiement mensuel unique.
Le système prévoit plusieurs crédits d’impôt et déductions :
Principaux crédits et déductions d’impôt accessibles aux contribuables pour réduire leur imposition.
Crédit annuel de plus de 30 000 CZK accordé à tout contribuable.
Crédit pour conjoint à faible revenu, sous conditions (ex : garde d’un enfant de moins de trois ans).
Crédits pour enfants à charge, dont le montant augmente à partir du deuxième enfant.
Déduction des intérêts d’un emprunt immobilier pour sa résidence principale.
Déductions pour cotisations à certains produits d’épargne retraite ou d’assurance vie.
Déductions pour dons effectués à des organismes éligibles.
Les non‑résidents ne peuvent en général bénéficier de ces avantages que si au moins 90 % de leurs revenus mondiaux sont imposables en République Tchèque.
Les charges sociales et d’assurance santé sont également conséquentes : pour un salarié, la part employé atteint environ 11,6 % du salaire (7,1 % pour la sécurité sociale, 4,5 % pour la santé), tandis que l’employeur acquitte environ 33,8 % supplémentaires (24,8 % + 9 %). Pour les indépendants, des minima mensuels sont fixés pour la santé et la retraite.
Permis de travail et Carte Employé
Pour les ressortissants non‑UE, l’accès au marché du travail passe le plus souvent par une Carte Employé ou une Carte Bleue. Avant d’embaucher un non‑Européen, l’employeur doit enregistrer le poste vacant au Bureau du travail, ce qui constitue une forme de « test de marché du travail ». Une fois le poste ouvert aux candidats étrangers, le salarié peut demander une Carte Employé, qui combine permis de travail et permis de séjour.
La carte est généralement valable deux ans et peut être renouvelée. En cas de rupture de contrat, l’étranger a 60 jours pour trouver un nouvel emploi conforme ou changer son motif de séjour, sous peine de compromettre son droit de séjour. Les délais de traitement varient entre 60 et 90 jours selon la complexité du dossier.
Les employeurs doivent par ailleurs informer le Bureau du travail du début d’activité d’un ressortissant de l’UE au plus tard le premier jour de travail, et signaler la fin de contrat ou tout changement de données dans les 10 jours. Les amendes peuvent atteindre 100 000 CZK en cas de manquement à ces obligations.
Pour les indépendants (statut OSVČ), l’obtention d’un permis de séjour pour activité commerciale suppose en règle générale :
– d’obtenir une licence d’activité (Živnostenský list)
– de prouver un logement en République Tchèque
– de démontrer des fonds suffisants (au moins autour de 110 000 CZK)
– de présenter un plan d’affaires crédible.
Logement : comment chercher et à quoi faire attention
Rechercher un logement est souvent l’une des étapes les plus stressantes de l’installation, surtout à Prague où la concurrence est forte. Il existe deux grandes approches : location de chambre en colocation ou location d’un appartement entier.
Les colocations sont plus abordables et demandent moins d’engagement, tandis que les baux classiques d’appartement prévoient souvent une durée minimale de 12 mois. Les logements peuvent être meublés, semi‑meublés ou non meublés, les meublés étant logiquement plus chers.
Où chercher ?
Plusieurs canaux sont utilisés par les expatriés :
Plusieurs options s’offrent à vous pour rechercher un appartement ou une colocation, des plateformes en ligne aux agences traditionnelles.
Comme Flatio, orientées vers les séjours de moyenne et longue durée, très utilisées par les nomades numériques. Les logements sont meublés avec wifi garanti.
Par exemple Sreality.cz ou Bezrealitky.cz (« sans agence »). Très fournis mais les annonces sont majoritairement en tchèque.
Dédiés aux locations et colocations à Prague ou Brno. Permettent de trouver des offres avec ou sans commission d’agence.
Implantées localement, comme Engel & Völkers à Prague. Offrent un service d’accompagnement professionnel.
La plupart des propriétaires demandent un dépôt de garantie d’un à deux mois de loyer et, en cas de passage par une agence, des frais équivalents à un mois de loyer. L’électricité, le gaz, Internet ne sont pas toujours inclus dans le loyer de base.
Lire les annonces tchèques
Les annonces utilisent un codage particulier : un « 2+1 » désigne un logement composé de deux pièces principales (chambre, séjour) plus une cuisine séparée, alors que « kk » signifie kuchyňský kout (cuisine dans la pièce). Un « 1+kk » est donc un studio avec coin cuisine. La surface est exprimée en m².
Les quartiers centraux de Prague 2 (Vinohrady), 3 (Žižkov), 7 (Holešovice) et 8 (Karlín) sont très prisés des expatriés pour leurs cafés, restaurants, parcs et transports, mais les loyers y sont élevés. Pour un premier logement temporaire ou un budget plus serré, les arrondissements plus périphériques comme Prague 4, 7 et 10 offrent des alternatives moins chères.
Aspects administratifs
Le contrat de location est souvent rédigé en tchèque, avec parfois une traduction en anglais à titre indicatif. En cas de divergence, la version tchèque prévaut. Il est donc prudent de faire relire le bail par un professionnel ou un ami tchèque. La durée peut être déterminée (par exemple un an) ou indéterminée, avec généralement un préavis de trois mois.
Pour les besoins de l’immigration, vous aurez presque toujours besoin d’un « proof of accommodation » signé par le propriétaire, attestant que vous êtes autorisé à vivre à l’adresse indiquée. Ce document est indispensable pour beaucoup de demandes de visas et de permis, y compris pour les travailleurs indépendants.
Banque, argent et pouvoir d’achat
Ouvrir un compte bancaire local est vivement conseillé dès que votre séjour dépasse quelques mois. De nombreux employeurs et propriétaires exigent un compte en CZK pour les salaires ou les loyers. Cela permet également de limiter les frais de change et de retrait sur les cartes étrangères.
Un système bancaire solide et très encadré
Après une crise dans les années 1990, le secteur bancaire tchèque a été largement recapitalisé par des banques étrangères et est aujourd’hui considéré comme sain, liquide et bien régulé. La plupart des grands établissements sont des filiales ou branches de groupes européens (autrichiens, français, italiens…). Les dépôts sont garantis jusqu’à l’équivalent de 100 000 euros.
On compte plusieurs dizaines de banques actives, auxquelles s’ajoutent plus de 200 établissements de monnaie électronique proposant des services alternatifs (type Wise, Revolut, etc.). Les grandes villes comme Prague, Brno ou Ostrava disposent d’un réseau dense d’agences et de distributeurs.
Conditions pour ouvrir un compte
Les exigences varient d’une banque à l’autre, mais on retrouve généralement : exigences
Les documents nécessaires varient selon votre nationalité et votre situation. Voici une liste des pièces généralement demandées.
Passeport ou carte d’identité en cours de validité. Un certificat de résidence temporaire peut parfois être demandé.
Passeport, visa ou permis de séjour d’au moins 90 jours, preuve d’adresse (bail, facture) et souvent un document secondaire (permis de conduire, carte nationale d’identité).
Visa étudiant et certificat de scolarité. Une carte ISIC délivrée par l’université tchèque peut parfois être acceptée ou demandée.
Certaines banques demandent un numéro de téléphone tchèque, un dépôt initial (de 200 à 2 000 CZK selon les cas) ou des informations sur l’origine des fonds. Les clients de pays sous sanctions peuvent se voir appliquer des vérifications renforcées.
Il est en général nécessaire de se rendre physiquement en agence pour l’ouverture, même si plusieurs établissements permettent de pré‑remplir une demande en ligne. Les contrats sont toujours rédigés en tchèque, mais la plupart des grandes banques proposent un interface en anglais pour la banque en ligne et mobile.
Choisir sa banque
Pour un expatrié, les critères clés sont la disponibilité d’un service en anglais, les frais de tenue de compte et de carte, la qualité de la banque en ligne et la facilité de recevoir des virements internationaux. Parmi les acteurs fréquemment cités comme adaptés aux étrangers :
Pour les expatriés en République tchèque, plusieurs banques sont réputées pour leur accessibilité. UniCredit Bank dispose d’un centre dédié aux clients internationaux à Prague et propose des services en plusieurs langues. Česká spořitelna, la plus grande banque du pays, est souvent peu exigeante sur les documents requis. Raiffeisenbank, Komerční banka et ČSOB sont également reconnues pour leur ouverture aux clients étrangers. Enfin, des solutions en ligne comme Fio banka sont appréciées pour leurs frais réduits et la possibilité d’ouverture de compte à distance.
Des solutions de type Wise peuvent compléter un compte local pour optimiser les transferts internationaux, avec des taux de change proches du marché et des frais transparents, mais ce ne sont pas des banques au sens classique et elles ne remplacent pas toujours un compte tchèque pour les besoins locaux (prélèvements, salaires, prêts…).
Apprendre le tchèque et s’intégrer
Même si l’anglais est couramment utilisé dans les milieux professionnels, universitaires et touristiques, le tchèque reste la langue de la vie quotidienne, de l’administration, de l’école publique et de la plupart des services. Apprendre au moins les bases facilite énormément l’intégration, les démarches et les relations avec les locaux.
De nombreuses institutions proposent des cours de tchèque, en présentiel ou en ligne. L’Institut pour les études préparatoires de l’université Charles, par exemple, offre des programmes intensifs ou semestriels du niveau débutant (A1) au niveau avancé (C1), parfois combinés à une préparation aux études universitaires.
Les grandes universités (Charles University à Prague, Masaryk University à Brno, etc.) et des écoles privées comme Czech Courses organisent aussi des cours du soir, des formations intensives, des programmes d’été, voire des cours spécifiques par domaine (tchèque médical, juridique, commercial). Les tarifs varient fortement : de quelques milliers de CZK pour un module intensif court à plus de 100 000 CZK pour des programmes préparatoires de plusieurs mois.
L’enjeu va au‑delà du confort : pour la résidence permanente, un niveau A2 en tchèque est généralement exigé (avec des exemptions pour les enfants, les personnes âgées ou ceux ayant étudié en tchèque). Pour la citoyenneté, des exigences linguistiques spécifiques s’appliquent également.
Éducation des enfants : écoles tchèques ou internationales ?
Le système scolaire public tchèque est gratuit et plutôt performant, mais enseigné en tchèque. La scolarité est obligatoire de 6 à 15 ans, avec une école primaire de 9 ans suivie d’un enseignement secondaire (3 ou 4 ans). Le système repose sur une échelle de notes allant de 1 (meilleur) à 5 (pire), et l’année scolaire va de septembre à fin juin, avec deux mois de vacances d’été.
Les familles expatriées ont le choix entre ce système, très intégrateur, et un large éventail d’écoles internationales, surtout à Prague mais aussi à Brno, Ostrava, Olomouc, České Budějovice ou Hluboká. Ces établissements proposent des cursus britanniques, américains, internationaux (IB), ou encore français, allemands ou bilingues.
Les écoles internationales offrent un enseignement dans une langue familière (souvent l’anglais), une reconnaissance internationale des diplômes (comme le Baccalauréat International, équivalent au Maturita tchèque), des classes à effectifs réduits et un accompagnement pour les élèves mobiles. Cependant, elles présentent des inconvénients, notamment un coût élevé et un risque de moindre immersion dans la société tchèque.
Les frais de scolarité annuels dans les grandes écoles internationales de Prague se situent souvent entre 250 000 et 600 000 CZK par élève, parfois davantage pour les dernières années du secondaire. À titre de comparaison, dans le coût de la vie évoqué plus haut, une année dans une école primaire internationale peut atteindre environ 305 000 CZK à Prague et un montant similaire à Brno, ce qui représente un poste de dépense majeur pour une famille.
Conduire en République Tchèque : permis et échanges
Conduire avec un permis étranger est possible, mais dès que vous devenez résident habituel, les règles se durcissent, surtout si votre permis vient d’un pays non‑UE.
Les titulaires d’un permis délivré par un État membre de l’UE ou de l’EEE peuvent l’utiliser en République Tchèque tant qu’il est valable et ne sont pas obligés de l’échanger. Ils peuvent cependant le faire s’ils le souhaitent.
Pour les titulaires d’un permis de conduire délivré dans un pays tiers, l’obligation d’échange s’applique dès lors que vous obtenez un titre de séjour de longue durée (plus d’un an) ou une résidence permanente. La demande d’échange doit être effectuée dans un délai de trois mois suivant l’obtention de ce titre de séjour.
La condition clés est que votre permis soit conforme aux conventions internationales sur la circulation routière (Vienne 1968 ou Genève 1949) et aux standards européens (format carte plastique ou papier, données en alphabet latin, structures de champs spécifiques). Si ce n’est pas le cas – ce qui concerne des pays comme les États‑Unis, l’Inde, les Émirats arabes unis ou l’Australie – ou si le pays d’origine n’a pas de reconnaissance réciproque, vous devrez passer par une auto‑école tchèque et réussir les examens (code de la route, premiers secours, pratique).
La demande d’échange se fait en personne dans les services municipaux compétents (par exemple Na Pankráci à Prague), avec notamment :
– votre permis original
– un justificatif d’identité et de séjour
– la preuve d’un séjour effectif d’au moins 6 mois (contrat de travail, bail, factures, relevés de compte, etc.)
– un certificat médical récent attestant de votre aptitude à conduire.
Les frais administratifs sont de l’ordre de 200 CZK pour un traitement standard (20 jours) ou 700 CZK pour un traitement accéléré (5 jours).
Enfin, au‑delà des aspects juridiques et matériels, l’intégration passe en grande partie par la création d’un réseau. La République Tchèque dispose d’une scène associative, communautaire et internationale très dynamique, surtout à Prague et Brno.
Des plateformes comme InterNations, Meetup, Facebook ou des forums spécialisés (Expats.cz, par exemple) regroupent des groupes et événements pour tous les profils : soirées linguistiques, randonnées, sport, réseaux professionnels, cercles de femmes expatriées, communautés par nationalité ou par centre d’intérêt.
Dans chaque grande ville, comme à Prague ou Brno, des centres d’accueil pour expatriés proposent des services d’orientation, des séminaires d’information, des salons de l’emploi et peuvent offrir une assistance pour les démarches administratives, la recherche d’emploi ou les questions d’assurance.
Ce tissu social, combiné à une économie stable, un système de santé performant et un coût de la vie encore compétitif, fait de la République Tchèque une destination particulièrement attractive pour un projet d’expatriation bien préparé. En maîtrisant les nouveaux outils numériques de l’immigration, en anticipant logement, assurance, fiscalité et scolarité, et en investissant un minimum dans l’apprentissage du tchèque, les chances de réussir son installation y sont élevées.
Un retraité de 62 ans, doté d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (République Tchèque, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la République Tchèque pour sa flat tax de 15 % sur une large base de revenus, absence d’impôt sur la fortune, cadre juridique stable et intégration profonde dans l’UE (libre circulation, environnement d’affaires dynamique à Prague), avec un coût de vie inférieur à Paris. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, coordination assurance maladie (CPAM / régime tchèque), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale globale (analyse, optimisation et restructuration ciblée).
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