S’installer aux Palaos en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Palaos, c’est choisir une vie au ralenti, au cœur de l’un des archipels les plus spectaculaires du Pacifique. Entre lagons turquoise, récifs coralliens parmi les plus résilients au monde et une culture profondément attachée à la nature, la petite République des Palaos attire plongeurs, chercheurs, nomades digitaux et quelques centaines d’expatriés seulement.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les éléments concrets à anticiper pour un projet d’expatriation aux Palaos, incluant les démarches administratives (visa), le marché du travail, le logement, le coût de la vie, le système de santé, la scolarité, les transports, les services bancaires, ainsi que les codes culturels et les contraintes environnementales. Son objectif est de fournir une base factuelle pour évaluer si ce projet correspond à vos attentes.

Comprendre les Palaos avant de partir

Les Palaos forment un archipel micronésien d’environ 340 îles (certaines sources parlent de plus de 500 en incluant tous les îlots), dont une douzaine seulement sont habitées. La superficie terrestre dépasse à peine 450 km², pour une population d’environ 18 000 à 22 000 habitants. Plus des deux tiers vivent autour de Koror, l’ancienne capitale qui reste le vrai centre économique, même si la capitale politique est désormais Ngerulmud, sur l’île de Babeldaob.

Attention :

Le climat est équatorial, chaud et humide toute l’année (28-30°C, eau à 26-29°C). Une saison plus sèche et calme s’étend de novembre à avril, tandis qu’une saison humide avec mers agitées et fortes pluies prévaut de juillet à octobre. Bien que situé en bordure de la zone des typhons, l’archipel peut être touché par des événements majeurs, comme le typhon Haiyan en 2013.

Les Palaos sont officiellement la République des Palaos, un État indépendant depuis 1994 après un long passé colonial (Espagne, Allemagne, Japon, États-Unis). Un Compact of Free Association lie toujours le pays aux États-Unis, ce qui structure une partie de l’économie, du système de santé et des relations extérieures.

L’anglais et le paluan sont langues officielles, la plupart des habitants parlant très bien anglais (plus de 90 % de locuteurs). La monnaie est le dollar américain, ce qui simplifie les repères pour les expatriés.

Un pays façonné par la mer et l’écologie

L’archipel doit sa réputation mondiale à ses récifs coralliens, à ses tombants et à ses lagons – certains parlent de « Serengeti sous-marin ». Les Palaos ont fait le choix politique d’en faire un laboratoire de conservation : premier sanctuaire à requins du monde en 2009, interdiction des crèmes solaires toxiques pour les récifs en 2020, obligation pour chaque visiteur de signer le Palau Pledge, une promesse de respecter l’environnement, apposée directement dans le passeport à l’arrivée.

Exemple :

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette lagron des Palaos est célèbre pour ses centaines d’îlots calcaires en forme de champignons, ses lacs marins peuplés de méduses inoffensives et ses récifs de « super coraux » résistants. Cet environnement exceptionnel façonne directement la réglementation locale, avec l’interdiction de certaines crèmes solaires, un contrôle strict de la pêche aux requins et la limitation d’activités, influençant ainsi le tourisme et les attentes envers les résidents.

Culture locale : société matrilinéaire et codes à respecter

Les Palaos sont profondément communautaires. La société est traditionnellement matrilinéaire : la lignée, la terre et l’autorité de clan se transmettent par les femmes, qui jouent un rôle central dans la gestion des terres et des finances familiales. Un conseil de chefs (hommes) dirige les villages et les États, mais un conseil parallèle de femmes a un pouvoir consultatif fort, notamment sur la sélection des chefs et les questions foncières.

La culture insiste sur la cohésion, le respect des anciens et l’équilibre avec la nature. La notion de « bul » illustre bien cette relation : il s’agit d’un tabou traditionnel décrété par les chefs pour interdire temporairement certaines activités (pêche, collecte) afin de préserver les ressources.

Astuce :

Le mode de vie est détendu et présente un mélange d’influences américaines (consommation, éducation) et de traditions paluanes bien ancrées. Pour s’intégrer, il est apprécié d’adopter les pratiques locales comme le salut « Alii ! », l’usage des formules de politesse en paluan, le chewing de noix de bétel, et de respecter l’importance des cérémonies, des églises (catholiques, protestantes, Modekngei) et des fêtes de village. La participation aux arts traditionnels, tels que la sculpture de « storyboards », les danses et les chants, est également valorisée.

Pour un expatrié, la tolérance envers les étrangers est réelle, à condition de respecter ces codes : ne pas se moquer des pratiques locales, éviter de contester frontalement les aînés, ne pas afficher de mépris envers l’environnement, et rester prudent sur certains débats (notamment les concepts féministes importés, qui peuvent susciter des réactions contrastées). La discrimination contre les locaux est très mal perçue.

Visas, séjour et travail : ce qu’il faut savoir

L’un des points cruciaux d’une installation aux Palaos est la question du statut de séjour. Le pays est ouvert au tourisme, mais nettement plus restrictif sur l’installation de longue durée et la citoyenneté (il n’existe pas de vraie voie classique vers la résidence permanente ou la naturalisation pour les étrangers).

Entrée sur le territoire et visas touristiques

La plupart des nationalités peuvent entrer aux Palaos avec un visa touristique délivré à l’arrivée. Les conditions générales comprennent :

passeport valable au moins 6 mois après la date d’entrée ;

billet retour ou de continuation ;

– preuve de moyens financiers (théoriquement 200 USD par semaine de séjour) ;

– remplissage en ligne du formulaire d’entrée dans les 72 heures précédant l’arrivée, générant un QR code à présenter à l’immigration ;

– signature du Palau Pledge à l’arrivée.

Le visa à l’arrivée est en général valable 30 jours et peut être prolongé deux fois, sur demande payante. Le séjour maximum en continu pour un visiteur classique est de 90 jours, après quoi il faut obligatoirement sortir du pays.

90

Durée maximale de séjour sans visa pour la majorité des visiteurs aux Palaos, certaines nationalités bénéficiant d’exemptions spécifiques.

À noter enfin : chaque visiteur paie indirectement des taxes environnementales, en particulier une redevance de 100 USD dite Palau Paradise Environmental Fee, généralement incluse dans le prix du billet d’avion, et un ensemble de taxes au départ (green fee, départ tax), fréquemment regroupées dans le prix du billet.

Travailler aux Palaos : permis, contraintes et réalités

Travailler légalement aux Palaos implique presque toujours un permis de travail. Seuls les citoyens américains et ceux des pays du Compact (Micronésie, Îles Marshall) sont dispensés de visa de travail, mais pas de permis de travail. Pour toutes les autres nationalités, deux volets sont à distinguer : le visa d’entrée à but professionnel et le permis de travail proprement dit.

Dans la pratique, la procédure suit les grandes lignes suivantes :

Procédure d’obtention d’un permis de travail aux Palaos

Les étapes clés pour qu’un étranger puisse légalement travailler aux Palaos, de l’offre d’emploi à l’obtention du permis final.

Obtenir une offre d’emploi

Un employeur local doit proposer un contrat et prouver l’absence de candidat qualifié en annonçant le poste localement pendant 30 jours.

Dépôt de la demande de permis

L’employeur dépose le dossier (contrat, pièces d’identité, casier, preuves d’expérience, etc.) auprès du Bureau of Immigration and Foreign Labor.

Obtention du visa d’entrée

Après autorisation, l’étranger entre aux Palaos avec un visa adapté, parfois un visa provisoire de travail.

Formalités médicales et administratives

Examen médical sous 10 jours, enregistrement à la Division of Labor, obtention d’un numéro de sécurité sociale et émission du permis final.

Le permis de travail standard est valable un an et renouvelable. Il est strictement lié à l’employeur : changer de structure implique de recommencer la plupart des démarches, et il existe des restrictions fortes sur la possibilité de travailler pour un autre employeur après la fin du contrat (jusqu’à cinq ans de blocage dans certains cas).

Les catégories de permis incluent des permis réguliers pour travailleurs qualifiés, des permis temporaires (jusqu’à 90 jours, renouvelables une fois), des visas pour missionnaires et des permis de placement temporaire dans des circonstances exceptionnelles.

Les temps de traitement peuvent être longs, la bureaucratie fonctionne clairement sur un « island time » : il faut anticiper plusieurs mois de délai pour construire un projet.

Domaines porteurs pour les expatriés

L’économie palaosienne repose en grande partie sur :

le tourisme et l’hospitalité (hôtels, restaurants, centres de plongée, tours en bateau, kayak, etc.) ;

– la fonction publique (gouvernement, coopération internationale) ;

– l’éducation (enseignement public et privé, notamment en anglais) ;

la conservation marine et l’écologie (ONG, recherche, gestion des aires protégées) ;

– la construction et les infrastructures ;

– la pêche et certaines activités de transformation (notamment le thon).

Pour un expatrié, les postes réalistes sont souvent dans :

l’hôtellerie-restauration ;

– l’encadrement de plongée (instructeurs, guides, directeurs de centre) – sous réserve d’obtenir une licence de guide touristique, délivrée après une formation d’une semaine et un examen mensuel ;

– l’enseignement (écoles privées, internationales, Palau Community College, programmes de coopération) ;

– les projets environnementaux (souvent sous forme de volontariat ou de contrats de recherche) ;

– certains métiers techniques (construction, maintenance, électricité, plomberie, IT, santé).

Multilinguisme (anglais + mandarin, japonais ou coréen) est très recherché dans le secteur de la plongée et du tourisme, en raison des flux de visiteurs asiatiques.

Les salaires moyens restent modestes comparés à ceux d’Amérique du Nord ou d’Europe, mais les entreprises offrent parfois logement, transport et nourriture, ce qui compense en partie. Des estimations globales donnent, par exemple, un salaire net moyen autour de 700–1 200 USD par mois, très inférieur à celui des États-Unis, mais à mettre en regard d’un coût de la vie environ 53 % plus bas que chez ces derniers, même s’il reste 3 % au-dessus de la moyenne mondiale.

Vivre au quotidien : logement, transport, internet

La décision de s’installer aux Palaos est fortement conditionnée par trois aspects pratiques : se loger, se déplacer et se connecter.

Se loger : cher, limité, mais faisable

L’offre de logement de longue durée est restreinte, en particulier à Koror, où se concentre l’activité économique. Les tarifs restent élevés pour la région, en grande partie parce que les Palaos accueillent un tourisme de niche relativement haut de gamme, et importent la quasi-totalité des matériaux de construction.

Pour donner un ordre de grandeur, les données agrégées sur le coût de la vie indiquent, pour les locations classiques :

Type de logementZoneLoyer mensuel moyen (USD)
Studio 40–45 m² meubléQuartier cher~600
Studio 40–45 m² meubléQuartier « normal »360–450
Appartement 1 chambre en centreCentre-ville450–1 000 (moyenne ~750)
Appartement 1 chambre hors centrePériphérie250–800 (moyenne ~550)
Appartement 3 chambres en centreCentre-ville1 000–2 500 (moyenne ~1 770)
Appartement 3 chambres hors centrePériphérie900–1 000 (moyenne ~970)

Pour les expatriés, plusieurs canaux sont utilisés :

Bon à savoir :

Plusieurs options existent pour trouver un logement à Palau : les plateformes classiques comme Airbnb (de plus en plus utilisées pour des séjours longs), les sites spécialisés tels que Findallrentals (offrant une large gamme de prix), les groupes Facebook locaux comme « Palau Buy, Sell and Trade » pour les annonces et le mobilier d’occasion, ainsi que les réseaux informels et le bouche-à-oreille au sein de la petite communauté d’expatriés.

Une tendance forte des dernières années est le développement de structures type coliving pour travailleurs à distance et « digital nomads » : chambres privées, espaces communs, parfois coworking intégré (comme le coworking DOUREOR associé à certains immeubles de Koror), ce qui permet de réduire les coûts tout en gardant un environnement professionnel (Wi-Fi correct, bureaux, électricité fiable).

Le budget « logement + charges » pour une personne seule tourne, d’après des agrégats, autour de 580–600 USD par mois en moyenne, et autour de 900–950 USD pour une famille. Bien entendu, vivre dans un appartement neuf à Koror ou dans une maison simple sur Babeldaob ne représente pas du tout la même réalité.

Internet, électricité et téléphone

L’infrastructure numérique des Palaos a longtemps été un frein à l’installation de télétravailleurs. La connexion au câble sous-marin SEA-US, puis le déploiement de la 4G en 2019 ont changé la donne, mais le haut débit reste cher.

En pratique :

120

Coût mensuel moyen en dollars d’une offre internet fixe avec données illimitées et un débit de 50 à 60 Mbps à Saint-Martin.

Deux noms à retenir : Palau Cel pour la téléphonie mobile et PNCC (Palau National Communications Corporation) pour l’internet fixe, dont les bureaux sont installés au centre de Koror. Pour un usage intensif (télétravail, visio, envoi de fichiers lourds), l’installation d’un Wi-Fi fixe PNCC est vivement recommandée, les données mobiles étant coûteuses.

Se déplacer : voiture quasi indispensable

Les transports publics sont quasi inexistants : un petit réseau de bus à Koror, à 1 USD le trajet, fonctionne en semaine sur des horaires limités. Il n’y a pas de métro, pas de tram, pas de réseau de cars interurbains structuré et aucun service type Uber ou Lyft. L’essentiel des déplacements se fait en voiture ou en taxi.

Bon à savoir :

Pour un séjour de plusieurs semaines à Palau, l’achat ou la location d’une voiture est souvent nécessaire, particulièrement si vous résidez sur l’île de Babeldaob ou si vos horaires de travail sont décalés.

Quelques repères :

location de voiture : environ 35 USD par jour ;

– essence : autour de 1,8 USD le litre ;

voitures d’occasion importées du Japon : parfois à partir de 600 USD, mais mieux vaut faire contrôler le véhicule par un mécanicien local avant achat ;

permis local : l’obtention d’un permis de conduire palaosien coûte moins de 30 USD et reste une formalité. Un permis étranger n’est valable qu’environ 30 jours.

Le trafic reste généralement très fluide, sauf aux heures de sortie de bureau ou les jours de paie. Les ceintures de sécurité ne sont pas obligatoires par la loi, et de nombreux conducteurs roulent sans permis, ce qui justifie une grande prudence au volant, notamment la nuit (alcool, routes secondaires moins entretenues, absence de feux tricolores sur tout le territoire).

Coût de la vie : bien gérer son budget

Les Palaos ne sont pas un paradis bon marché. Le pays se classe parmi les États les plus chers du Pacifique, même si le niveau général reste inférieur à celui des États-Unis. La quasi-totalité des produits manufacturés et d’une grande partie de l’alimentation sont importés, ce qui renchérit les prix.

Aperçu global des dépenses mensuelles

Les estimations varient selon les sources et les modes de vie, mais donnent quelques ordres de grandeur utiles :

ProfilCoût mensuel estimé hors loyer (USD)Coût mensuel estimé avec loyer (USD)
Personne seule (moyenne globale)~1 700~2 800
Personne seule (estimations plus « modestes »)580–6001 100–1 200
Couple~2 880~3 980
Famille de 3~2 700~3 900
Famille de 44 170–4 8505 600–5 600+

La dispersion importante reflète le fait que certains expatriés vivent dans des logements fournis par l’employeur (hôtellerie, ONG, grandes entreprises) et consomment peu (cuisine maison, achats locaux), tandis que d’autres optent pour des standards plus proches de l’Amérique du Nord (restaurants fréquents, logement haut de gamme, loisirs payants).

0.6

C’est le nombre de mois de dépenses standard que le salaire moyen local après impôts permet de couvrir aux Palaos.

Alimentation et restaurants

Les supermarchés sont majoritairement alimentés par des produits importés, souvent d’Asie (Philippines, Taïwan, Japon), des États-Unis ou d’Australie. Les prix varient sensiblement selon l’origine et la saison.

Pour illustrer :

Produit (environ)Prix indicatif (USD)
Déjeuner simple dans un quartier d’affaires~13
Menu fast-food6–10
Plat dans petit resto local8–25 (moy. ~12)
Dîner à deux dans resto moyen de gamme65–75
500 g de blanc de poulet~5,5
1 L de lait entier~3,2
Douzaine d’œufs~5
1 kg de tomates~7
1 kg de bœuf (pièce à griller)16–22 (moy. ~19)
500 g de fromage local~11
1 kg de pommes~4,4
1 pain blanc (450 g)2,3–3,3 (moy. ~2,8)
Bouteille de vin correct~16–22,5
Bière locale pression (pinte)1–2,2 (moy. 1,5)
Cappuccino en zone expat~4–5

Un expatrié seul dépense facilement 400–500 USD par mois en courses, davantage s’il multiplie les sorties restaurants.

La clé pour contenir le budget est de recourir autant que possible :

aux produits frais locaux : taro, igname, pandanus, potiron, fruits tropicaux, poisson et fruits de mer ;

aux petits magasins tenus par la communauté bangladaise ou aux fermes de Babeldaob, souvent moins chers que les supermarchés de Koror.

C’est aussi l’occasion de découvrir la gastronomie locale, depuis la très commentée « soupe de chauve-souris » servie dans un bouillon de coco jusqu’au « chukaib », crabe de mangrove mijoté dans le lait de coco, en passant par les gâteaux et soupes de taro préparés traditionnellement par les femmes.

Découverte gastronomique locale

Santé, scolarité, loisirs : postes de dépense à anticiper

Le système de santé public est abordable pour les résidents (citoyens et détenteurs de visa de travail), grâce à un fonds national d’assurance alimenté par des contributions salariales. Les expatriés restent toutefois fortement encouragés à souscrire une assurance privée internationale incluant le rapatriement sanitaire, les infrastructures locales étant limitées pour les pathologies graves.

Quelques repères de coûts privés ou « hors assurance » :

consultation chez un médecin généraliste privé : environ 50 USD ;

abonnement mensuel de salle de sport : 55–90 USD ;

coupe de cheveux simple : 5–7 USD.

Pour les familles, la scolarité privée internationale représente un poste majeur : un an d’école primaire internationale peut coûter près de 2 000 à plus de 6 800 USD selon l’établissement et le niveau, et un mois de crèche entre 150 et 350 USD. Ces montants restent inférieurs à ceux de grandes capitales, mais sont très élevés relativement aux salaires locaux.

Système de santé : ce que les expatriés doivent savoir

Les Palaos disposent d’un système de santé mixte, public/privé, considéré comme correct pour les soins de base, mais clairement insuffisant pour les pathologies complexes. L’élément central est le Belau National Hospital, à Meyuns (Koror), hôpital public de 65–75 lits, avec urgences 24h/24, chirurgie générale, pédiatrie, médecine interne, radiologie, laboratoire, dialyse, une capacité de soins intensifs et une chambre hyperbare pour les accidents de plongée.

Bon à savoir :

Le système de santé repose sur une dizaine de centres communautaires assurant les soins primaires, complétés par des cliniques privées. L’État y consacre environ 16,6 % de son PIB et la Constitution garantit un droit à la prévention gratuite pour les citoyens.

Cela ne doit pas masquer les limites réelles :

manque de spécialistes dans de nombreuses disciplines ;

diagnostic et traitement des cancers ou pathologies très spécialisées souvent impossibles sur place ;

équipements plus restreints que dans les pays développés.

Attention :

Lorsqu’un cas dépasse les capacités locales, un programme de références médicales à l’étranger (ex: Taiwan, Philippines, Inde, Hawaï, Guam) prend le relais pour les résidents éligibles. Pour un expatrié, cela peut impliquer un départ en urgence vers un autre pays, d’où l’importance cruciale d’une assurance santé internationale couvrant l’évacuation et les soins dans ces pays.

Les risques sanitaires spécifiques incluent :

la dengue et la présence de moustiques : répulsifs, moustiquaires et vêtements couvrants sont indispensables ;

– la Zika, même si les cas sont sporadiques ;

– une forte prévalence de maladies non transmissibles (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, certains cancers), liée aux modes de vie.

Globalement, l’archipel est épargné par de nombreux fléaux (pas de paludisme, peu de maladies tropicales rares), mais l’accès à des soins de pointe est un vrai point faible à prendre en compte avec sérieux.

Éducation : options pour les familles expatriées

Le système éducatif palaosien suit largement le modèle américain. L’école primaire est obligatoire et gratuite de 6 à environ 14 ans, et le secondaire dure quatre ans. Le Ministère de l’Éducation supervise 16 écoles publiques et charte six écoles privées. Les programmes mettent l’accent sur les fondamentaux (anglais, paluan, maths, sciences, études sociales) avec une forte composante d’éducation environnementale, d’identité culturelle et de vie civique.

Pour les familles expatriées, plusieurs options existent :

Options scolaires à Palau

Panorama des principales possibilités d’éducation pour les enfants expatriés ou locaux, avec leurs caractéristiques et spécificités.

Écoles publiques locales

Utiles pour une immersion culturelle et linguistique. L’enseignement est en anglais, mais les dotations matérielles et l’homogénéité pédagogique peuvent varier selon les zones.

Écoles privées et internationales à Koror

Comme la Koror Academy ou l’International School Palau. Elles proposent un curriculum américain, parfois le Baccalauréat International, avec des classes plus petites, un enseignement en anglais, un soutien ESL et des activités extrascolaires. Public composé d’enfants d’expats et d’élites locales.

Ces écoles internationales ont un coût significatif (plusieurs milliers de dollars par an par enfant), mais offrent un cadre plus comparable aux standards occidentaux, ce qui facilite une éventuelle réintégration dans un système scolaire nord-américain ou européen lors du retour.

Pour l’enseignement supérieur, l’institution clé est Palau Community College (PCC), à Koror. Il propose des diplômes d’associé en arts ou en sciences dans des domaines comme :

marine & environmental technology ;

tourisme & hôtellerie ;

informatique (IT) ;

comptabilité & business ;

construction, mécanique, électronique, agriculture.

Les frais sont assez modérés comparés aux universités occidentales : autour de 140–155 USD par crédit pour les étudiants internationaux, soit 1 700–2 300 USD par semestre de 12–15 crédits, auxquels il faut ajouter quelques centaines de dollars de frais divers par an. PCC est accrédité auprès d’organismes américains, et développe des partenariats avec le University of Guam ou San Diego State University, ce qui permet des passerelles ou des cursus hybrides.

Banque, argent et cadre fiscal

Sur le plan financier, les Palaos présentent un profil atypique : usage du dollar américain comme monnaie officielle, pas de banque centrale, et un cadre fiscal très léger pour les particuliers.

Il n’y a pas d’impôt sur le revenu, ni d’impôt sur la fortune, ni de droits de succession ou de donation, et les intérêts bancaires sont en général exonérés d’impôt. Le pays est également positionné comme juridiction bancaire offshore, avec des règles de confidentialité relativement protectrices, même si la réglementation suit les standards internationaux de lutte contre le blanchiment.

Ouvrir un compte bancaire en pratique

Pour un expatrié installé, ouvrir un compte dans une banque locale (Bank of Guam, Bank of Hawaii, Palau National Development Bank, Asia Pacific Commercial Bank…) reste souvent indispensable pour percevoir un salaire local, régler un loyer ou des factures.

Les banques demandent habituellement : données financières, garanties, et informations personnelles.

formulaire d’ouverture rempli ;

passeport valide et, selon les cas, permis de travail ou preuve de résidence ;

– justificatif d’adresse (bail, facture) ;

– parfois un justificatif de source des fonds (contrat de travail, relevé bancaire étranger) ;

– dépôt minimum (par exemple 30 USD pour un résident, 100 USD pour un non-résident pour un compte épargne basique).

Des services de banque en ligne et mobile sont disponibles, avec authentification à deux facteurs, virements internationaux, cartes de débit, etc. Les non-résidents peuvent également ouvrir des comptes via des plateformes bancaires en ligne ou des banques offshore associées au programme de résidence numérique des Palaos, mais ce type de produit relève plutôt de la planification patrimoniale internationale que du quotidien d’un expatrié sur place.

Logistique d’installation : déménagement, douanes, animaux

Importer des biens personnels par conteneur ou par fret aérien vers un petit archipel reste coûteux et encadré. Les formalités douanières prévoient :

une déclaration en douane, accompagnée du connaissement, des factures et d’une liste de colisage détaillée ;

– un délai de 48 heures après arrivée du navire ou de l’avion pour déposer la déclaration (hors week-ends et jours fériés) ;

– un Entry Declaration signé sous peine de poursuites (fausses déclarations récurrentes pouvant entraîner des amendes).

Bon à savoir :

Les droits de douane classiques sont à 0 %, mais des accises s’appliquent sur de nombreux produits (tabac, alcool, boissons gazeuses, eau en bouteille, véhicules…). Une taxe sur les biens et services (PGST) de 10 % est également perçue sur la valeur CIF des importations, majorée de l’accise le cas échéant. Les effets personnels des ménages peuvent être exonérés sous conditions : preuve de résidence, valeur limitée et non-destination commerciale.

Pour les véhicules, la solution la plus économique est généralement le transport RoRo depuis des ports asiatiques, mais il est aussi possible de recourir à des conteneurs (pratique pour expédier simultanément mobilier et voiture). Les formalités imposent certificat de propriété, facture, assurance valide, déclaration de non-vente (si le véhicule est à usage personnel), etc.

Attention :

L’importation d’un animal de compagnie nécessite une préparation rigoureuse : permis d’importation à obtenir auprès du service agricole (délai jusqu’à 2 semaines), vaccination antirabique à jour, titrage sérologique, traitement antiparasitaire, certificat de santé vétérinaire de moins de 48h à l’arrivée, transport en fret obligatoire et, en principe, une quarantaine de 120 jours (des règles alternatives alignées sur Guam ou Hawaï peuvent s’appliquer). Ce processus doit être anticipé par tout propriétaire envisageant une expatriation.

Qualité de vie : atouts et limites

Vivre aux Palaos, ce n’est pas seulement additionner des coûts et des procédures. C’est un style de vie particulier, avec ses forces et ses fragilités.

Les grands atouts

Le premier atout est évident : la nature. Avoir pour « jardin » les Rock Islands, les récifs du Blue Corner, la Jellyfish Lake, les cascades de Babeldaob ou les plages désertes de Ngarchelong constitue un privilège rare. Les activités de plein air rythment la vie : plongée bouteille ou apnée, snorkeling, kayak, randonnées, camping sur les îlots lors des pleines lunes, exploration de sites historiques de la Seconde Guerre mondiale, observation de la faune marine (requins, raies manta, tortues, dauphins).

La sécurité est un autre point positif : la criminalité reste faible, l’archipel ne connaît pas les grandes violences urbaines, et les distances réduites limitent les temps de trajet. Il y a peu de voitures, peu de bruit, peu de pollution atmosphérique.

Exemple :

Pour les familles et les étudiants en environnement, les Palaos constituent un terrain d’étude unique. Cet archipel permet de comprendre les impacts du changement climatique sur les petits États insulaires et d’observer des politiques de conservation pionnières, comme la création de sanctuaires marins, l’interdiction de certaines crèmes solaires nocives pour les coraux, et le « Palau Pledge » (serment écologique pour les visiteurs). L’expérience est enrichie par la possibilité de travailler avec des institutions locales, telles que le Palau International Coral Reef Center, ou avec des ONG internationales présentes sur place.

Les limites et défis quotidiens

Cet environnement de carte postale a un revers que tout expatrié doit intégrer :

Attention :

L’archipel présente plusieurs difficultés majeures pour les expatriés : un isolement géographique marqué par des vols internationaux rares et coûteux, une offre médicale limitée, un coût de la vie élevé dû aux importations, un marché du travail étroit avec des permis de travail complexes, un parc de logements restreint, et un risque de solitude dans une communauté expatriée très réduite.

La meilleure stratégie pour apprécier cette expatriation consiste généralement à :

clarifier son projet : contrat local modeste, contrat d’expat bien rémunéré, télétravail international, volontariat, étude ?

calibrer son budget sans optimisme excessif ;

– accepter l’idée d’un rythme plus lent, où les démarches administratives, la connexion internet ou la réparation d’une pièce de voiture prennent plus de temps qu’à Singapour ou Berlin ;

– s’investir dans les relations locales, en participant à des projets communautaires, activités sportives (volley, plongée, randonnées) ou culturelles.

Construire un projet réaliste d’expatriation

En définitive, s’installer aux Palaos exige de mettre en cohérence :

– son statut administratif (touriste, travailleur, étudiant, nomade digital sous e-résidence…) ;

– son activité économique (emploi local, transfert interne d’entreprise, télétravail pour l’étranger) ;

– son budget (y compris scolarité et assurance) ;

– et ses attentes de vie (nature, calme, communauté réduite, éloignement, infrastructures modestes).

Bon à savoir :

Les Palaos offrent un cadre de vie unique et enrichissant pour certains profils professionnels spécifiques : instructeurs de plongée polyglottes, experts en conservation marine, professeurs d’anglais, spécialistes en santé, chercheurs en sciences de l’environnement, ainsi que pour les couples de télétravailleurs prêts à adopter un mode de vie simple.

Pour d’autres – familles nombreuses sans soutien d’employeur, expatriés attachés à un haut niveau de services urbains, personnes avec pathologies nécessitant un suivi spécialisé – le compromis demandé par une expatriation aux Palaos peut s’avérer trop lourd.

La force de ce petit État réside dans son choix clair : protéger farouchement un environnement marin exceptionnel, maintenir une identité culturelle forte et accueillir les étrangers de bonne volonté, à condition qu’ils jouent le jeu. Une expatriation réussie aux Palaos se construit donc autour de cette idée simple : venir pour profiter du pays, certes, mais aussi pour en prendre soin.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Palaos pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements internationaux et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Palaos, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie a consisté à cibler les Palaos pour leur fiscalité avantageuse sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune et un environnement dollarisé limitant le risque de change, tout en offrant un coût de vie raisonnable et une qualité de vie balnéaire. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence avec location longue durée, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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