S’installer ou investir aux Îles Turks et Caïques, c’est entrer dans un univers fiscal très particulier : aucune imposition sur le revenu, pas de taxe foncière annuelle, pas de TVA, et des droits de succession inexistants. Pour un expatrié, cela peut sembler être le paradis absolu. Mais derrière cette apparente simplicité se cache un système fondé sur d’autres prélèvements – cotisations sociales obligatoires, droits de timbre sur l’immobilier, taxes d’importation et fiscalité de la consommation – qu’il faut bien comprendre pour éviter les mauvaises surprises.
Cet article propose un panorama complet, en français courant mais précis, de la fiscalité liée à l’impôt sur le revenu et à la propriété aux Îles Turks et Caïques pour les expatriés, en s’appuyant uniquement sur les données factuelles du rapport de recherche.
Un environnement sans impôt sur le revenu ni taxe foncière
Les Îles Turks et Caïques se distinguent par un cadre fiscal d’une simplicité radicale pour les particuliers. Pour un expatrié, cela signifie qu’aucun impôt n’est prélevé sur les revenus et qu’aucune taxe annuelle n’est due sur la détention d’un bien immobilier.
Le territoire ne prélève aucun impôt sur le revenu des personnes physiques, sur les sociétés, ni sur les dividendes, intérêts ou plus-values (y compris immobilières ou issues de cryptomonnaies). Il n’existe pas non plus de droits de succession, de taxes sur les donations, de taxe sur la fortune, ni de taxe foncière annuelle sur la valeur des biens.
Le modèle fiscal repose donc essentiellement sur des taxes indirectes (douanes, tourisme, consommation) et sur des contributions sociales obligatoires, mais pas sur une fiscalité directe classique des revenus ou du patrimoine.
Pour bien mesurer cette singularité, il suffit de comparer aux pays où l’on paie chaque année un pourcentage de la valeur cadastrale d’un bien immobilier. Aux Îles Turks et Caïques, la détention d’une villa d’un million de dollars ne génère aucune taxe foncière annuelle : les principales charges fiscales interviennent au moment de l’acquisition (droit de timbre) et via certaines taxes sur l’exploitation locative éventuelle.
L’absence d’impôt sur le revenu ne signifie pas qu’aucune contribution obligatoire n’existe. Pour les résidents qui travaillent localement, deux dispositifs représentent l’essentiel des prélèvements directs : la National Insurance (NI) et le National Health Insurance Plan (NHIP).
La National Insurance est un régime de sécurité sociale couvrant de nombreux risques : retraite, décès, invalidité, accidents, maternité, maladie, prestations survivants, et désormais chômage (extension post‑COVID). Les cotisations sont calculées sur les rémunérations, en incluant divers avantages comme les indemnités de logement, de transport, certaines primes ou pourboires, avec des plafonds.
Pour les salariés du secteur privé, le taux global de cotisation est de 12 % du salaire, réparti entre employeur et employé. La répartition est la suivante :
| Catégorie | Taux total NI sur le salaire | Part employeur | Part employé |
|---|---|---|---|
| Salarié (secteur privé) | 12 % | 6,5 % | 5,5 % |
| Salarié (secteur public) | 11,15 % | 6,075 % (gouvernement) | 5,075 % |
| Travailleur indépendant | 10 % | – | 10 % |
Les indépendants choisissent une tranche de revenu hebdomadaire de référence (325, 525, 725 ou 925 dollars), correspondant à un revenu mensuel déclaré compris entre 1 300 et 3 700 dollars. Plus la tranche choisie est élevée, plus les cotisations sont importantes, mais plus les droits futurs (notamment retraite) sont potentiellement élevés. Il est possible de déclarer le minimum (1 300 dollars par mois) pour réduire les cotisations, au prix d’une baisse des prestations futures.
Selon les données du rapport, pour un salarié dont le salaire est de 5 000 dollars par mois, la part des contributions d’assurance nationale (NI) s’élève à 550 dollars mensuels. Cette somme est partagée et prélevée à la fois sur l’employeur et sur le salarié, illustrant l’ordre de grandeur de ces prélèvements obligatoires.
National Health Insurance Plan : la santé obligatoire
Le National Health Insurance Plan vise à assurer un accès « abordable » aux soins. Les expatriés installés et employés localement doivent s’y affilier, sauf couverture spécifique. Dans les faits, beaucoup conservent une assurance privée complémentaire, car la qualité perçue des soins et les conditions de prise en charge des traitements à l’étranger restent perfectibles. Les évacuations médicales se font généralement vers d’autres pays des Caraïbes, et non vers les États‑Unis.
C’est le plafond mensuel de salaire au-delà duquel la cotisation maximale au NHIP est atteinte pour les actifs employés.
| Statut | Base de calcul | Taux / Montant | Répartition |
|---|---|---|---|
| Salarié | Salaire mensuel jusqu’à 7 800 $ | 6 % (max. 468 $/mois) | 3 % employeur / 3 % salarié |
| Indépendant | Montant forfaitaire | 250 $/mois (réductible si revenu < 3 000 $) | 100 % à la charge de l’indépendant |
| Conjoint inactif | – | 25 $/mois | Payé par le ménage |
| Enfant à charge | – | 10 $/mois | Payé par le ménage |
Pour visualiser l’impact global, le rapport révèle que pour un salarié rémunéré 5 000 dollars mensuels, NI et NHIP représentent 850 dollars de contributions directes par mois, dont 450 à la charge de l’employeur et 400 à la charge de l’employé. Pour un travailleur indépendant déclarant la tranche maximale (3 700 dollars de revenu mensuel), les contributions atteignent 583 dollars (333 dollars pour la NI, 250 pour la NHIP).
Ces montants ne sont pas des « impôts sur le revenu » au sens strict, mais dans la pratique, pour un expatrié salarié ou indépendant, ce sont bien les seuls prélèvements obligatoires récurrents directement liés à son activité et à ses revenus locaux.
Absence d’impôt sur le revenu : opportunité et nuances pour les expatriés
Pour un expatrié non américain ou non soumis à une fiscalité de type « mondiale » dans son pays d’origine, résider aux Îles Turks et Caïques signifie concrètement ne pas payer d’impôt sur ses salaires, ses revenus d’investissement, ou ses loyers, sur place. Aucune déclaration annuelle de revenu n’est à déposer, et aucune retenue à la source de type IR n’est appliquée.
Toutefois, plusieurs nuances importantes s’imposent.
Les ressortissants de pays comme les États-Unis, qui taxent les revenus globaux, doivent continuer à déclarer leurs revenus et s’acquitter de leurs impôts auprès de l’administration fiscale de leur pays d’origine (ex. : l’IRS), même en résidant dans un territoire à fiscalité zéro. Ils doivent déposer une déclaration annuelle, peuvent utiliser des mécanismes comme l’exclusion des revenus du travail à l’étranger ou le crédit d’impôt pour éviter la double imposition, et sont tenus de remplir des formulaires spécifiques concernant leurs comptes bancaires et sociétés étrangères, sous peine de sanctions financières importantes.
Ensuite, il n’existe pas de programme formel de « résidence fiscale » au sens d’un statut fiscal sophistiqué avec avantages conditionnés. La notion de résidence s’apprécie surtout en lien avec les exigences internationales de transparence (Common Reporting Standard, FATCA) et avec la réalité de la présence physique (souvent plus de 183 jours par an) et des liens personnels.
Une fois établi comme résident aux Îles Turks et Caïques, un expatrié bénéficie pleinement du régime fiscal local. Ce régime se caractérise par l’absence totale d’impôt sur le revenu des personnes physiques, d’impôt sur les sociétés, de taxe sur les plus-values et de taxe foncière annuelle.
Investir dans l’immobilier : droit de timbre plutôt que taxe foncière
La question de la « taxe foncière » est centrale pour les expatriés désireux d’acheter une résidence ou un investissement locatif. Aux Îles Turks et Caïques, il n’existe pas de taxe foncière récurrente : la détention d’un bien n’est pas imposée annuellement. En revanche, l’achat d’un bien déclenche un droit de timbre (stamp duty) unique, calculé sur la valeur du bien, et qui constitue l’un des principaux vecteurs de recettes publiques.
Aucun impôt annuel sur la propriété
Le système est très clair : aucune taxe n’est due chaque année en raison de la propriété d’un terrain ou d’un bâtiment. Ce point est régulièrement mis en avant comme un avantage majeur pour les propriétaires étrangers. Sur un bien d’une valeur de 1 million de dollars, l’absence de taxe foncière peut représenter, selon les comparaisons avec d’autres pays, une économie annuelle de l’ordre de 10 000 à 20 000 dollars.
Il existe bien un droit annuel de Landholding License de 300 dollars dans certains cas, mais il s’agit d’un frais administratif, pas d’une taxe foncière assise sur la valeur du bien.
En plus de l’acquisition, il faut anticiper des dépenses récurrentes spécifiques et particulièrement élevées dans l’archipel, telles que l’assurance, les charges de copropriété, l’entretien, l’énergie, l’eau dessalée et l’internet.
Le droit de timbre immobilier : barème par île et par valeur
Le droit de timbre sur les transactions immobilières est central. Il est prélevé une seule fois lors du transfert de propriété (ou du changement de propriétaire bénéficiaire dans certains montages). Le taux dépend à la fois de la valeur du bien et de l’île concernée.
Les principaux barèmes sont les suivants :
| Îles concernées | Tranche de valeur (USD) | Taux de stamp duty |
|---|---|---|
| Tous territoires | < 25 000 $ | 0 % |
| Grand Turk, South Caicos, North Caicos, Middle Caicos, Salt Cay | 25 000 $ – 100 000 $ | 5 % |
| Grand Turk, South Caicos, North Caicos, Middle Caicos, Salt Cay | > 100 000 $ | 6,5 % |
| Providenciales, East & West Caicos, Parrot Cay, Pine Cay, Dellis Cay, Ambergris Cay, Water Cay | 25 000 $ – 250 000 $ | 6,5 % |
| Providenciales, East & West Caicos, Parrot Cay, Pine Cay, Dellis Cay, Ambergris Cay, Water Cay | 250 000 $ – 500 000 $ | 8 % |
| Providenciales, East & West Caicos, Parrot Cay, Pine Cay, Dellis Cay, Ambergris Cay, Water Cay | > 500 000 $ | 10 % |
Quelques points clés se dégagent de ce barème.
D’abord, les transactions inférieures à 25 000 dollars sont entièrement exonérées. Ensuite, les îles considérées comme moins chères (Grand Turk, North Caicos, etc.) bénéficient de taux plus bas qu’Providenciales et les îles privées très haut de gamme, où les taux peuvent monter jusqu’à 10 %.
La tranche d’imposition s’applique à l’intégralité de la valeur du bien, et non de manière progressive. Par exemple, un bien à 245 000 $ est taxé à 6,5 % sur la totalité (soit 15 925 $). Si sa valeur atteint 255 000 $, il passe dans la tranche à 8 %, appliquée sur la somme totale (20 400 $), et non uniquement sur la partie dépassant 250 000 $.
Autre subtilité : le calcul ne porte pas sur les meubles et équipements (chattels). En pratique, pour un logement résidentiel, on peut retrancher environ 10 % du prix global pour ces éléments, et le droit de timbre est calculé sur les 90 % restants. Cela permet de réduire légèrement l’assiette taxable.
Coût global d’acquisition : un exemple chiffré
Pour un expatrié achetant une villa à 1 000 000 de dollars, le rapport de recherche propose des ordres de grandeur réalistes :
| Poste de coût à l’achat | Montant estimé pour un bien à 1 000 000 $ |
|---|---|
| Stamp duty (droit de timbre) | ~ 80 000 $ (taux de 8 % pris à titre d’exemple) |
| Honoraires juridiques | 15 000 – 20 000 $ (1,5 % à 2 %) |
| Commission d’agent immobilier (à la charge du vendeur dans la pratique locale) | ~ 60 000 $ (6 %) |
Dans certains cas, les barèmes locaux sur Providenciales mèneraient même à 10 % de droit de timbre au‑delà de 500 000 dollars, soit 100 000 dollars. Mais les différentes sources du rapport citent 8 % comme taux courant sur un exemple d’un million de dollars.
Il faut garder à l’esprit que ces frais de clôture (closing costs) représentent généralement entre 8,5 % et 10 % du prix d’achat, en incluant le droit de timbre et les honoraires.
Exonérations et réductions sur le stamp duty
Le système prévoit plusieurs exemptions ou réductions, même si celles‑ci concernent surtout les nationaux (Turks and Caicos Islands Status Holders ou British Overseas Territory Citizens). Pour un expatrié, deux points sont néanmoins utiles à connaître.
Les donations immobilières entre époux, parents et enfants sont exonérées de droit de timbre. Cette exonération peut également s’appliquer aux donations au profit de frères, sœurs, grands-parents ou petits-enfants, sous réserve que le Secrétaire Permanent aux Finances confirme le caractère purement gratuit du transfert, c’est-à-dire sans contrepartie financière.
Ensuite, les montages via des sociétés propriétaires d’immobilier (SPV locales) ont longtemps été utilisés pour éviter le droit de timbre en transférant des actions et non l’actif immobilier. La loi a été modifiée : un droit de timbre est désormais dû lors du changement de propriétaire bénéficiaire, même si le titre légal demeure au nom d’une société. Une formule complexe s’applique lorsqu’il y a plusieurs actionnaires.
Enfin, pour les résidents locaux bénéficiant d’un certain statut, une politique de réduction du stamp duty s’applique, mais elle n’est pas transférable à un expatrié qui n’a pas ce statut. Il convient donc de ne pas compter sur ces allègements lorsqu’on est étranger, même si l’on investit des montants élevés.
Coûts récurrents liés à la propriété : au‑delà de la fiscalité
Si la fiscalité annuelle sur la détention est nulle, les coûts d’exploitation d’un bien immobilier sont loin d’être négligeables. L’archipel est l’un des endroits où l’énergie et les services de base sont parmi les plus chers au monde.
Principaux coûts et éléments financiers à considérer pour un investissement immobilier d’une valeur d’un million de dollars, basés sur les données du rapport.
Incluent les droits de mutation (env. 5-6%), les frais de notaire et les éventuels frais d’agence. Pour 1M$, cela représente un budget initial significatif.
Le revenu locatif annuel estimé. Pour un tel bien, le rendement varie généralement entre 3% et 5% du capital investi, soit 30 000 à 50 000 $ par an.
Comprend la taxe foncière, les charges de copropriété, l’assurance et les frais de gestion. Peut représenter 1% à 2% de la valeur du bien annuellement.
Revenu locatif annuel moins l’ensemble des charges, taxes et le remboursement du prêt. Indicateur clé de la rentabilité de l’investissement.
| Poste récurrent | Estimation pour un bien de 1 000 000 $ |
|---|---|
| Assurance (risque ouragan) | 10 000 – 20 000 $/an (1 % à 2 % de la valeur) |
| Électricité | 500 – 800 $/mois |
| Eau dessalée | ~ 3 $ pour 100 gallons, soit environ 500 $/mois pour une famille de 4 personnes |
| Internet + TV | 200 – 300 $/mois |
| Frais de gestion locative (location courte durée) | 25 % – 35 % des loyers bruts |
| Charges de copropriété (condos) | De quelques centaines à plusieurs milliers de dollars par mois |
| Frais d’association de propriétaires | De quelques centaines à plusieurs milliers de dollars par an |
Ces coûts ne relèvent pas à proprement parler de la « fiscalité », mais ils pèsent lourd sur le budget d’un expatrié propriétaire. L’avantage de ne pas payer de taxe foncière annuelle doit donc être mis en balance avec des charges d’assurance et d’énergie nettement supérieures à la moyenne.
Fiscalité des revenus locatifs et de la revente
Pour un expatrié investisseur, deux types de revenus sont à envisager : les loyers (notamment en location saisonnière) et les plus‑values lors de la revente.
Revenus locatifs : pas d’impôt sur le revenu, mais taxe touristique
Les loyers perçus aux Îles Turks et Caïques ne sont soumis à aucun impôt sur le revenu local. Qu’il s’agisse d’une location longue durée ou d’une location de vacances, le propriétaire n’a pas à déclarer ces revenus à une administration fiscale locale ni à payer de taxe sur le revenu.
Les locations de courte durée (villas, condos) à des touristes sont soumises à une taxe d’hébergement de 12% sur le loyer, collectée et reversée par le propriétaire. Les locations de longue durée (plus de six mois) en sont généralement exonérées.
La répartition, en simplifiant, est la suivante :
| Type de revenu immobilier | Impôt local sur le revenu | Taxe spécifique applicable |
|---|---|---|
| Location longue durée | 0 % | Aucune taxe spécifique, hors droits divers |
| Location saisonnière / touristique | 0 % | Taxe d’hébergement de 12 % collectée sur les loyers |
Du point de vue d’un expatrié, il faut aussi tenir compte de la fiscalité de son pays de résidence ou de nationalité. Un ressortissant d’un pays qui impose les revenus mondiaux devra déclarer ces loyers et éventuellement payer l’impôt dans son pays d’origine, même si aucun impôt n’est dû localement.
Plus‑values immobilières : aucune taxe locale
Lors de la revente d’un bien immobilier, aucune taxe locale sur les plus‑values n’est prélevée. Le vendeur n’est pas imposé sur la différence entre le prix d’achat et le prix de vente. Le seul prélèvement significatif reste, une fois encore, le droit de timbre, qui pèse cette fois‑ci sur l’acheteur, et non sur le vendeur.
L’archipel offre un cadre fiscal attractif pour les investisseurs patrimoniaux : il n’y a pas de taxation locale sur les plus-values immobilières ni de taxe foncière annuelle. Il est toutefois essentiel de vérifier la fiscalité de son pays de résidence, car certains États imposent les plus-values réalisées à l’étranger par leurs résidents.
Un État financé par la consommation, l’importation et le tourisme
Pour comprendre pourquoi l’impôt sur le revenu et la taxe foncière sont absents, il faut regarder comment l’État se finance. Le budget récurrent 2023‑2024, s’élevant à un peu moins de 400 millions de dollars (396 862 046 dollars), repose essentiellement sur des taxes indirectes et des droits.
Le rapport fournit une image détaillée de la structure des recettes publiques :
| Source de recettes | Montant 2023‑2024 (USD) | Part du total |
|---|---|---|
| Droit de timbre sur le foncier | 87 126 130 $ | 22,0 % |
| Taxe d’hébergement (Accommodation Tax) | 86 265 073 $ | 21,7 % |
| Droits de douane à l’importation | 77 660 010 $ | 19,6 % |
| Customs Processing Fee (frais de traitement à l’import) | 39 507 184 $ | 10,0 % |
| Permis de travail et frais d’immigration | 29 938 532 $ | 7,5 % |
| Taxe sur les carburants | 10 650 318 $ | 2,7 % |
| Taxe de départ par voie maritime | 9 950 128 $ | 2,5 % |
| Taxe sur les télécoms | 5 649 623 $ | 1,4 % |
| Licences télécoms (Digicel, Flow…) | 3 814 468 $ | 1,0 % |
| Gaming Department (jeux) | 6 025 260 $ | 1,5 % |
| Véhicules et permis de conduire | 5 917 070 $ | 1,5 % |
| Autres recettes diverses | 34 358 250 $ | 8,7 % |
Dans la pratique, cela signifie que l’État fait payer les biens importés (avec des droits souvent élevés), la consommation touristique (hébergements, restaurants, télécoms) et certaines activités réglementées (permis de travail, licences d’exploitation, carburants, etc.).
Douanes : une quasi TVA de 35 % sur la plupart des biens
La quasi‑totalité des biens de consommation étant importée, les taxes à l’importation sont stratégiques. Le schéma standard est le suivant :
– droit de douane de 30 % sur la plupart des produits ;
– frais de traitement douanier (Customs Processing Fee) de 5 % supplémentaires.
Au total, un taux effectif de 35 % s’applique sur la majorité des marchandises importées. Certaines catégories bénéficient de régimes spécifiques :
Taux effectif de taxation douanière pour les matériaux de construction, incluant les droits et frais.
Les boissons non alcoolisées offrent un exemple de différenciation : les sodas sont taxés à 30 % de droit de douane (plus 5 % de frais), tandis que l’eau minérale est frappée à 40 % (plus 5 % de frais). Les alcools, eux, sont soumis à des droits d’accise forfaitaires par unité (1,36 dollar par bière de 350 ml, 5,15 dollars par bouteille de vin de 750 ml, 10,10 dollars pour une bouteille de 750 ml de rhum, whisky ou gin) auxquels s’ajoute le 5 % de frais de traitement.
Ce modèle explique aussi le coût très élevé de la vie quotidienne pour les expatriés : l’électricité dépend de carburants importés fortement taxés, les produits de grande consommation supportent une quasi‑TVA à l’import, et les services sont eux‑mêmes taxés (restauration, hébergement, télécommunications).
Taxes sectorielles : tourisme, télécoms, assurance, transferts
Outre les douanes, l’État cible des secteurs jugés rentables ou captifs.
Taux de la taxe gouvernementale appliquée sur l’hébergement touristique et la restauration, représentant plus d’un cinquième des recettes publiques.
Les télécommunications (internet, téléphone fixe, mobile, télévision) supportent elles aussi une taxe de 12 % sur la facture, en plus des licences opérateurs. Les compagnies comme Digicel et Flow versent des frais de licence cumulés de plus de 3,8 millions de dollars par an, l’équivalent de plus de 7 dollars par résident et par mois selon les estimations démographiques.
Enfin, d’autres prélèvements complètent ce tableau : 2,5 % de taxe sur les primes d’assurance (hors santé et vie), 12 % sur les commissions des transferts d’argent vers l’étranger, et une taxe sur les carburants à la pompe (0,44 dollar par gallon d’essence, 0,11 pour le diesel, 0,09 pour le kérosène).
Permis de travail, licences et résidence : coûts annexes pour les expatriés
Même si ces éléments ne sont pas des « impôts sur le revenu » au sens classique, ils constituent une composante importante du coût de la vie pour un expatrié qui souhaite travailler ou entreprendre.
Permis de travail : de 150 à 9 500 dollars par an
Toute personne dépourvue de droit automatique au travail a besoin d’un permis pour exercer une activité salariée. Les frais de permis de travail sont particulièrement élevés pour certains métiers qualifiés ou dirigeants.
Les ordres de grandeur donnés par le rapport sont les suivants :
| Type d’occupation | Frais de permis de travail annuels |
|---|---|
| Agriculteur | 150 $ |
| Éplucheur de lambis (conch peeler) | 350 $ |
| Professions qualifiées courantes (infirmier, mécanicien, masseur, pilote, contremaître, etc.) | 2 000 – 3 500 $ |
| Directeur de société | 9 500 $ |
En pratique, ces frais doivent être pris en charge par l’employeur, mais ils influent évidemment sur le coût global des expatriés pour les entreprises.
Licences d’activité pour les indépendants
Tout travailleur indépendant doit obtenir une licence d’activité. Là encore, les montants varient fortement selon le secteur :
| Activité | Frais annuels de licence |
|---|---|
| Chauffeur de taxi | 150 $ |
| Petite agence d’architecture | 2 700 $ |
| Autres activités indépendantes | 150 – 7 500 $ selon la catégorie |
Ces montants s’ajoutent aux cotisations NI/NHIP évoquées plus haut, ce qui rend l’installation en indépendant relativement coûteuse, même dans un environnement sans impôt sur le revenu.
Résidence temporaire et résidence permanente
Les personnes souhaitant résider sans travailler, ou investir à long terme, peuvent accéder à différents statuts :
Le coût annuel en dollars d’un permis de résidence temporaire, renouvelable et souvent conditionné à un investissement minimum.
Les frais de dossier pour un PRC sont élevés : 10 000 dollars pour une obtention par la durée de résidence, 25 000 dollars plus 150 dollars de frais administratifs pour l’obtention via investissement.
Un Permis de Résidence de Courte durée (PRC) n’impose pas de durée minimale de présence physique sur le territoire. Il ne permet pas automatiquement de travailler, une autorisation spécifique (permis de travail) étant souvent nécessaire. De plus, il ne constitue pas un droit direct à la citoyenneté, bien qu’il puisse représenter une étape préalable dans un processus de naturalisation à plus long terme.
Un paradis fiscal mais très encadré internationalement
Les Îles Turks et Caïques sont souvent qualifiées de paradis fiscal : absence d’impôt sur le revenu, d’impôt sur les sociétés, de taxe foncière, de droits de succession, etc. Pour autant, le territoire s’est aligné sur les grands standards internationaux en matière de transparence financière et de coopération fiscale.
L’archipel a signé seize accords d’échange d’informations fiscales (TIEA) avec plusieurs pays.
En clair, si la fiscalité locale sur le revenu et la propriété est quasi nulle, les banques et institutions financières des Îles Turks et Caïques déclarent néanmoins des informations sur les comptes de non‑résidents à leurs pays d’origine dans le cadre des normes OCDE et américaines. L’archipel combine donc un régime d’imposition ultra‑léger avec un haut niveau de conformité réglementaire internationale.
Ce que cela signifie concrètement pour un expatrié
Pour un expatrié, salarié ou investisseur immobilier, la fiscalité aux Îles Turks et Caïques peut se résumer en quelques idées fortes, toutes étayées par les chiffres du rapport.
D’abord, aucun impôt local ne viendra frapper son salaire, ses dividendes, ses intérêts ou ses plus‑values, tant qu’il vit et travaille dans l’archipel, hors obligations éventuelles envers son pays de nationalité. Ensuite, la possession d’un bien immobilier, même de haute valeur, n’engendre aucune taxe foncière annuelle. Les principaux coûts fiscaux sur l’immobilier se concentrent au moment de l’achat, via le droit de timbre, et sur l’activité de location touristique, via la taxe de 12 % sur les séjours.
Un expatrié doit anticiper des contributions sociales obligatoires (NI et NHIP) dès qu’il perçoit un revenu, ainsi que des frais potentiellement élevés pour son permis de travail. Toute activité indépendante nécessite l’obtention de licences. Enfin, la fiscalité indirecte est importante, avec des droits de douane pouvant atteindre 35% sur de nombreux biens, et des taxes sur les services de télécommunications, les assurances et les transferts d’argent.
Enfin, il doit garder à l’esprit que cet environnement à faible imposition ne s’accompagne pas d’une opacité bancaire totale : les informations financières sont largement échangées avec les administrations fiscales étrangères dans le cadre des accords internationaux.
Pour qui sait composer avec ces paramètres – coût de la vie élevé, assurances et services chers, mais quasi‑absence d’impôt direct – les Îles Turks et Caïques offrent un cadre fiscal particulièrement attractif pour vivre, travailler et investir, en particulier dans l’immobilier, sans subir ni impôt sur le revenu ni taxe foncière annuelle.
Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Îles Turks et Caïques afin d’optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités immigration, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Caraïbes anglophones), la stratégie a consisté à cibler les Îles Turks et Caïques pour leur absence d’impôt sur le revenu, sur la fortune et sur les plus-values, cadre juridique de common law britannique et environnement dollar US. La mission a inclus : audit pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables, risques d’abus de droit), obtention du residency permit via investissement immobilier local, organisation de la couverture santé internationale, transfert de la résidence bancaire et plan structuré de rupture des liens fiscaux français (183 jours, centre des intérêts économiques, famille), ainsi que mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, property manager) et intégration patrimoniale globale.
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