S’installer au Timor oriental, encore largement méconnu du grand public, c’est choisir un pays jeune, en reconstruction, avec une capitale côtière – Dili – qui concentre l’essentiel de la vie économique, politique et sociale. Pour un expatrié, l’expérience peut être passionnante, mais elle demande de bien préparer son projet, car les infrastructures restent limitées, les services publics inégaux et le coût de la vie, étonnamment, assez élevé pour la région.
Ce guide synthétise des informations clés pour évaluer votre projet d’installation, en s’appuyant sur des données économiques, des retours d’expatriés, des statistiques officielles et des rapports de sécurité.
Comprendre le pays et le contexte de vie
Le Timor oriental, ou Timor-Leste, est un petit État d’Asie du Sud-Est, sur la partie est de l’île de Timor, avec les îles d’Atauro et de Jaco, ainsi qu’une exclave, Oecusse. Le pays compte environ 1,3 million d’habitants, une population très jeune, majoritairement rurale et pauvre : plus de 40 % des Timorais vivent sous le seuil de pauvreté international.
La capitale, Dili, concentre la plupart des emplois salariés, des universités, des services de santé de niveau national, des banques et des entreprises privées ou internationales. C’est aussi là que vivent la majorité des expatriés, diplomates, travailleurs humanitaires, coopérants, consultants et quelques entrepreneurs.
L’économie est très dépendante du pétrole et du gaz, ce qui rend sa trajectoire de développement fragile. Bien que classé dans la tranche médiane de l’indice de développement humain, le pays cherche à diversifier ses activités vers l’agriculture de valeur, le tourisme, les services et les infrastructures.
Pour un expatrié, cela signifie un environnement où l’on retrouve à la fois :
– une vraie marge de progression professionnelle dans le développement, la gestion de projets, l’ingénierie, l’enseignement ou la santé
– mais aussi des limites structurelles fortes : routes dégradées, lenteur administrative, services de santé incomplets, internet encore souvent lent, et inégalités sociales marquées.
Coût de la vie : un pays pauvre… mais cher pour les étrangers
La première surprise pour beaucoup d’expatriés à Dili est le niveau des prix. Malgré un PIB par habitant modeste (environ 2 100 dollars par an), la vie quotidienne pour un étranger, surtout si l’on vise un certain confort, n’est pas bon marché. La monnaie est le dollar américain (USD), dans une économie très largement basée sur les paiements en espèces.
Les estimations de coût de la vie varient beaucoup selon les sources, les méthodes de calcul et surtout le style de vie. Les tableaux ci-dessous donnent un ordre de grandeur pour Dili.
Budgets mensuels indicatifs à Dili
| Profil | Budget “serré” (incl. loyer) | Budget « moyen » (incl. loyer) | Niveau confortable / luxe (incl. loyer) |
|---|---|---|---|
| Personne seule | ≈ 850 USD | 1 600–1 800 USD | jusqu’à ≈ 3 600 USD |
| Couple | ≈ 1 200 USD | 2 500–2 600 USD | jusqu’à ≈ 5 100 USD |
| Famille de 3 | – | ≈ 3 500 USD | – |
| Famille de 4 | ≈ 1 700 USD | 3 600–5 000 USD | jusqu’à ≈ 7 100 USD |
Certaines bases de données avancent aussi des chiffres plus bas (autour de 520 USD par mois pour une personne et 1 233 USD pour une famille de quatre, loyer inclus), mais ces montants supposent un mode de vie très local, des logements simples et peu de sorties.
Budget mensuel minimum en USD pour un expatrié vivant seul, couvrant logement, internet, sorties et transports.
À l’échelle du pays, les estimations globales donnent environ 4 100 USD par mois pour une personne et 6 100 USD pour une famille de quatre si l’on prend en compte l’ensemble des dépenses possibles, y compris des logements de standing et des écoles internationales.
Quelques repères de prix au quotidien
L’alimentation de base est abordable si l’on privilégie les produits locaux (riz, légumes, fruits tropicaux, poisson), mais les produits importés (fromages, produits laitiers, viandes de qualité, vins, snacks occidentaux) font vite grimper la facture.
| Produit / service (Dili) | Fourchette courante | Niveau moyen indicatif |
|---|---|---|
| Repas simple au restaurant bon marché | 2,50 – 10 USD | ≈ 5 USD |
| Menu midi « business » | – | ≈ 11 USD |
| Dîner pour deux au restaurant | – | ≈ 20–45 USD |
| Menu fast-food | 4,85 – 8 USD | 5–8 USD |
| Bière pression locale (0,5 L au bar) | 1,80 – 3 USD | ≈ 2 USD |
| Cappuccino au café | 1,75 – 5 USD | ≈ 3–3,8 USD |
| Bouteille de vin milieu de gamme (supermarché) | 7,8 – 25 USD | ≈ 16 USD |
| Paquet de cigarettes (Marlboro ou similaire) | 2 – 3,5 USD | ≈ 2,7–2,9 USD |
Côté courses, les prix restent raisonnables pour beaucoup de produits frais, mais les variations sont importantes selon l’origine et la saison.
| Produit (supermarché / marché) | Prix moyen approximatif |
|---|---|
| Lait (1 L) | ≈ 1,2 USD |
| Pain (500 g) | ≈ 0,7 USD |
| Riz (1 kg) | ≈ 1,2 USD |
| Œufs (12) | ≈ 1,6–2,7 USD |
| Poulet (1 kg) | ≈ 4,4 USD |
| Bœuf (1 kg) | ≈ 7 USD |
| Pommes (1 kg) | ≈ 2,2 USD |
| Bananes (1 kg) | ≈ 1,2 USD |
| Tomates (1 kg) | ≈ 1,1 USD |
| Eau minérale (1 L) | ≈ 0,35–1 USD |
| Cola (2 L) | ≈ 1,1 USD |
Les dépenses de transport restent modestes si l’on se déplace en transports locaux ou en taxi négocié, mais l’essence reste relativement chère pour la région. Les autres postes de budget importants pour un expatrié sont le logement, la scolarité internationale, l’assurance santé et les loisirs.
Se loger à Dili : du studio simple à la villa avec piscine
La recherche de logement est probablement le point le plus sensible d’une installation au Timor oriental. L’offre est limitée, très concentrée sur Dili, et les écarts de prix sont considérables selon le standing, l’emplacement et les services (sécurité, piscine, groupe électrogène, etc.).
Les chiffres varient de manière spectaculaire selon les sources, ce qui reflète en réalité l’écart entre des logements locaux modestes et des résidences ou appartements destinés aux expatriés et ONG.
Ordres de grandeur pour les loyers
Pour se repérer, on peut distinguer trois niveaux : logements locaux simples, standing intermédiaire et résidences “expat” ou hôtels/appart-hôtels.
| Type de logement (Dili) | Niveau de prix mensuel typique |
|---|---|
| Studio / 1 chambre très simple (marché local) | 150 – 400 USD |
| 1 chambre correct en centre / quartier prisé | 800 – 1 300 USD (moyenne ≈ 1 100 USD) |
| 1 chambre en résidence ou appart-hôtel avec services | 600 – 1 500+ USD |
| Maison 2–3 chambres, standard local | 700 – 900 USD |
| Appartement 3 chambres centre-ville (expat) | 2 800 – 4 500 USD (moyenne ≈ 3 400 USD) |
| 3 chambres hors centre (bon standing) | 1 500 – 2 000 USD |
| Villas, maisons en compound sécurisé avec piscine | 1 000 – 4 000+ USD |
| Airbnb (médiane mensuelle) | ≈ 1 700–1 900 USD |
| Hôtel (médiane mensuelle) | ≈ 3 200 USD |
Concrètement, les expatriés en mission longue durée qui veulent un logement sécurisé, avec climatisation, parfois générateur, et un accès internet correct, envisagent souvent un budget d’environ 1 000 USD par mois pour un appartement dans un compound avec piscine et salle de sport. Une maison indépendante sans ces services sera moins chère.
Certains studios ou petites maisons d’édition peuvent être trouvés à partir de 300–400 USD. Il est important de noter que ce prix bas s’accompagne souvent d’une qualité très variable au niveau des finitions, de l’alimentation électrique, de l’eau et de la sécurité. Une inspection minutieuse est donc essentielle avant tout engagement.
Charges et services
Les charges mensuelles pour un appartement de taille moyenne (80–90 m²) tournent autour de 150 USD pour les services de base (électricité, eau, ordures). Des estimations plus conservatrices donnent environ 40 USD pour une personne seule et 60 USD pour une famille, hors air conditionné intensif.
L’électricité et l’eau peuvent être facturées séparément avec des factures typiques :
– électricité : 12 à 40 USD par mois selon l’usage de la climatisation
– eau : 10 à 30 USD
– gaz/cuisson : 7 à 22 USD
À cela s’ajoutent les abonnements télécoms (internet fixe et mobile), qui restent relativement coûteux pour le débit fourni.
| Service | Coût mensuel indicatif |
|---|---|
| Abonnement internet fixe (50–60 Mbps) | 26 – 50 USD (certains jusqu’à 150) |
| Forfait mobile (voix + >10 Go data) | 25 – 100 USD |
| Abonnement TV + internet illimité | 60 – 150 USD |
La plupart des expatriés complètent l’internet fixe avec une carte SIM locale et des données mobiles (opérateurs : Timor Telecom, Telemor, Telkomcel).
Où chercher un logement
Les annonces ne se trouvent pas tant sur les grands portails internationaux que via des réseaux locaux. Les canaux utilisés par les expatriés sont notamment :
Plusieurs canaux sont efficaces pour dénicher un appartement ou une maison dans la capitale timoraise.
Les groupes Facebook d’expats à Dili sont une source d’annonces et de recommandations précieuses.
Les groupes WhatsApp de quartiers ou de résidences diffusent souvent des offres en direct.
Le bouche à oreille au bureau, à l’ambassade ou dans les ONG reste une méthode très fiable.
Utiliser des plateformes comme Airbnb pour un logement temporaire, le temps de chercher sur place.
De nombreux retours d’expérience conseillent de ne pas signer de bail longue durée à distance, mais d’arriver d’abord en hébergement temporaire (hôtel, guesthouse, Airbnb) et de visiter physiquement plusieurs options. Cela permet de vérifier la qualité réelle du bâtiment, l’état des sanitaires, la pression de l’eau, la fiabilité de l’électricité, la sécurité du quartier et la couverture mobile.
Santé, assurance et système médical
Le système de santé du Timor oriental est public et vise la couverture universelle, mais reste en phase de développement. Dili concentre le principal hôpital national de référence (Guido Valadares National Hospital) et la majorité des structures spécialisées. En dehors de la capitale, les services sont plus rudimentaires.
Ce que propose le système public
Dans l’architecture du système, on trouve :
– 1 hôpital national tertiaire à Dili
– plusieurs hôpitaux de niveau secondaire en province (Baucau, Suai, Maliana, Oecusse, etc.)
– plus de 70 centres de santé communautaires
– plus de 300 postes de santé
– des cliniques mobiles (SISCa) qui sillonnent les villages
Les soins de base sont gratuits au point de service. Cependant, les difficultés sont nombreuses : manque de spécialistes, approvisionnement irrégulier en médicaments, pannes de matériel, fortes disparités entre Dili et les zones rurales, et infrastructures limitées.
La prise en charge des urgences graves, de la chirurgie lourde, de la cardiologie avancée ou d’un cancer repose souvent sur des évacuations sanitaires vers Singapour, l’Australie ou l’Indonésie. Le pays a d’ailleurs des accords de transfert de patients avec certains hôpitaux étrangers.
Pour les expatriés, l’évaluation globale est claire : il ne faut pas compter uniquement sur le système local de santé pour les cas sérieux. Il est essentiel de prévoir des solutions complémentaires.
Pourquoi une assurance santé internationale est indispensable
La plupart des ambassades et organismes recommandent fortement de souscrire une assurance santé internationale couvrant :
– l’hospitalisation
– la médecine de ville
– les médicaments
– et surtout l’évacuation médicale et le rapatriement
Une évacuation sanitaire en avion ou hélicoptère vers Darwin ou Singapour peut coûter très cher. Les assurances citées dans les recommandations spécialisées incluent des grands assureurs internationaux (AXA, Cigna Global, GeoBlue, etc.), mais l’essentiel est la présence d’une assistance 24/7 et la possibilité de prise en charge directe.
Le coût mensuel d’une telle assurance varie fortement selon l’âge, le niveau de couverture et la compagnie, mais un ordre de grandeur de 60 à 300 USD par mois par personne est fréquemment cité pour des contrats d’expatriés.
En routine, une consultation chez un médecin à Dili reste abordable : environ 16–20 USD par visite, mais le niveau technique est inégal, et la barrière linguistique peut exister, même si de nombreux praticiens parlent anglais.
Risques sanitaires et prévention
Le climat tropical, la pauvreté et la faiblesse des infrastructures sanitaires font peser plusieurs risques :
Les risques sanitaires à Madagascar incluent les maladies transmises par l’eau et les aliments (comme les diarrhées, la typhoïde et l’hépatite A), les maladies vectorielles (telles que la dengue, le chikungunya et le paludisme, ce dernier présentant un risque faible mais existant dans certaines zones). Le pays fait également face à une forte prévalence de la malnutrition infantile, à la persistance de certaines maladies infectieuses et à une augmentation des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension.
Pour un expatrié, les conseils de base sont incontournables :
– ne pas boire l’eau du robinet, utiliser exclusivement de l’eau en bouteille ou filtrée et bouillie
– se tenir à jour de ses vaccins de base (tétanos, diphtérie, polio, rougeole, hépatites A et B), et envisager vaccins typhoïde, rage (pour les séjours prolongés en zone rurale) et éventuellement encéphalite japonaise selon le profil
– se protéger des moustiques (répulsifs, vêtements couvrants en soirée, moustiquaires)
– respecter une hygiène alimentaire stricte, surtout hors de Dili
– prévoir une trousse médicale personnelle, en particulier pour éviter les médicaments contrefaits
Dili dispose de quelques cliniques privées appréciées des expatriés (comme certaines cliniques internationales ou ONG spécialisées), mais l’offre privée reste limitée, d’où l’importance d’un plan de secours hors du pays.
Sécurité, criminalité et risques
Sur le papier, Dili est souvent décrite comme « plutôt sûre » avec une qualité de l’air correcte et des routes principales assez sûres. Les données plus qualitatives, notamment des conseils aux voyageurs gouvernementaux, dessinent un tableau plus nuancé : l’environnement sécuritaire s’est amélioré par rapport aux épisodes violents des années 2000, mais demeure fragile.
Criminalité et violences
Les formes de délinquance signalées à Dili et dans d’autres zones à risque incluent :
– vols à la tire et arrachages de sacs, souvent ciblant les étrangers
– cambriolages occasionnels
– agressions, parfois liées à des gangs ou groupes d’arts martiaux
– harcèlement, remarques obscènes, voire agressions sexuelles dans certains lieux publics (bord de mer, bars, zones festives)
– bagarres de groupes, parfois avec armes blanches, pierres et machettes
Des attaques de véhicules par jets de pierres ou de projectiles lancés à la fronde ont été signalées, principalement en soirée lors de tensions entre gangs. Ces incidents se concentrent souvent dans certains quartiers ou en périphérie. Bien que les étrangers ne soient pas spécifiquement ciblés, ils peuvent être involontairement exposés en se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment.
Comportements prudents recommandés
Les recommandations récurrentes pour réduire les risques sont les suivantes :
– éviter de se déplacer à pied dans des zones isolées après la tombée de la nuit
– limiter le port de bijoux ostentatoires et d’importantes sommes en espèces
– fermer systématiquement portes et fenêtres du logement et de la voiture
– privilégier les taxis réservés via l’hôtel ou des chauffeurs recommandés
– ne pas utiliser seul les taxis ou transports publics la nuit
– éviter les rassemblements politiques, manifestations et zones connues pour les tensions (certains quartiers de Dili comme Tasi Tolu ou Comoro lors d’épisodes d’agitation)
– quitter immédiatement un lieu dès les premiers signes de bagarre ou de confrontation de groupes
– dans les bars et boîtes, rester très vigilant, surtout vis-à-vis d’altercations soudaines
La violence liée au genre étant élevée dans le pays, il est recommandé aux voyageuses seules d’être particulièrement attentives, d’éviter de marcher seules de nuit, de privilégier les sorties en groupe et de fréquenter les zones bien connues de la communauté expatriée.
Risques naturels et environnementaux
Le Timor oriental se trouve dans une zone sismique active, avec donc un risque réel de séismes et de tsunamis, même si aucun événement majeur n’a frappé Dili récemment. La saison des pluies peut provoquer des:
– inondations soudaines, notamment dans certains quartiers bas de Dili
– glissements de terrain en zone montagneuse
– dégradations rapides des routes, rendant certains itinéraires impraticables
La mer est magnifique mais exige prudence : courants forts, baïnes, efficacité incertaine des secours en mer, clubs de plongée pas toujours aux standards internationaux. Les crocodiles sont présents sur la côte sud, dans l’est du pays et occasionnellement près de Dili ; des attaques mortelles sont régulièrement rapportées, ce qui impose de respecter strictement les consignes locales avant de se baigner dans certaines zones.
Enfin, à l’intérieur des terres, des munitions et engins non explosés subsistent dans certaines zones rurales : pour la randonnée, il est essentiel de partir avec un guide expérimenté.
Transports, déplacements et conduite
Dili possède un aéroport international (Présidente Nicolau Lobato) à environ 6 km du centre. Des liaisons aériennes connectent le pays à l’Australie, à l’Indonésie et à quelques autres hubs régionaux, avec des compagnies comme Qantas ou des transporteurs régionaux.
À l’intérieur du pays, l’infrastructure reste fragile :
– routes souvent étroites, sinueuses, parfois non asphaltées
– éclairage public limité voire inexistant en dehors de Dili
– risques de chutes de pierres, glissements de terrain et affaissements en saison des pluies
– véhicules circulant parfois sans feux la nuit
La conduite au Timor oriental nécessite une grande prudence. La circulation se fait à gauche. Un conducteur étranger peut utiliser son permis national accompagné d’un permis de conduire international (IDP) pour une durée limitée. Pour un séjour prolongé, l’obtention d’un permis local est obligatoire.
La plupart des expatriés à Dili utilisent une combinaison de : transport local, d’options de restauration variées, et de services de santé disponibles.
Pour vos déplacements, plusieurs choix s’offrent à vous : les taxis « classiques », dont le prix se négocie avant la course (absence de compteur), en restant vigilant sur la sécurité et les tarifs potentiellement abusifs ; la location de voiture avec chauffeur, souvent organisée par les hôtels et résidences ; ou encore la location de scooter ou de moto de petite cylindrée, qui nécessite le port du casque et une grande prudence en raison de la fréquence élevée des accidents de deux-roues.
Les transports publics (minibus, bus) sont bon marché mais bondés et ne répondent pas aux standards de sécurité occidentaux. Pour quatre ou cinq kilomètres en ville, un taxi peut facturer l’équivalent de 5 à 10 USD si l’on ne négocie pas. Un déplacement plus long peut grimper davantage (jusqu’à 20–30 USD) selon la distance et l’heure. Un laissez-passer mensuel sur certains réseaux est parfois évoqué autour de 14 à 50 USD, mais le système n’est pas unifié.
Le litre d’essence tourne autour de 1,05 USD, ce qui reste élevé par rapport aux revenus locaux mais acceptable pour un expatrié.
Travailler, obtenir un visa et un permis
Pour un expatrié qui s’installe au Timor oriental, le fondement légal de la présence sur le territoire est crucial. Le pays distingue plusieurs types de visas : tourisme, affaires, travail, résidence, transit, etc.
Entrée sur le territoire
En règle générale, un visa est requis, sauf pour quelques nationalités bénéficiant d’exemptions de courte durée (par exemple, certains citoyens de l’UE ou de pays de l’ASEAN pour le tourisme). Beaucoup de voyageurs obtiennent un visa à l’arrivée à l’aéroport de Dili ou au port, après paiement (en espèces, environ 30 USD) et présentation :
– d’un passeport valide au moins 6 mois après la date prévue de départ, avec une page vierge
– d’un billet de retour ou de continuation
– d’une preuve de moyens financiers (les autorités mentionnent comme référence 100 USD d’entrée plus 50 USD par jour de séjour)
– d’une confirmation d’hébergement (hôtel, lettre d’invitation, etc.)
Aux frontières terrestres, notamment avec l’Indonésie, la procédure d’obtention de visa diffère. Sauf pour les ressortissants indonésiens, portugais et américains, il est généralement nécessaire d’obtenir à l’avance une ‘Visa Application Authorization’ (en ligne ou via un consulat), à présenter à la frontière pour recevoir le visa final.
Visas de travail et de résidence
Un visa touristique ne permet pas de travailler. Pour exercer une activité rémunérée ou même certains mandats bénévoles formalisés, il faut disposer d’un visa de travail ou d’un visa de résidence pour activités professionnelles. En pratique, cela implique souvent :
– une offre d’emploi préalable (ONG, entreprise, organisation internationale)
– un dossier constitué par l’employeur auprès des autorités timoraises
– la fourniture de documents (casier judiciaire, certificats médicaux, diplômes, etc.) et le paiement de frais
Les visas de travail sont généralement temporaires et peuvent être renouvelés. Certains expatriés à long terme, notamment mariés à des citoyens timorais ou occupant des postes de longue durée, peuvent viser un statut de résident après plusieurs années.
Le montant de l’amende pour dépassement de durée de séjour peut atteindre plusieurs centaines de dollars, et son paiement est obligatoire avant toute régularisation de visa.
Marché de l’emploi pour expatriés
L’essentiel des opportunités pour étrangers se trouve dans :
– la coopération internationale, l’humanitaire, le développement (ONU, agences bilatérales, grandes ONG)
– le secteur pétrolier et gazier, encore dominant
– certains domaines d’ingénierie et de construction, via de grands projets d’infrastructure
– l’enseignement et la formation (écoles internationales, universités, projets d’éducation)
– la santé (postes spécialisés, consulting, renforcement de capacités)
– le conseil, la finance ou les télécommunications, à des postes de direction ou d’expertise
Les salaires locaux moyens tournent autour de 400 USD par mois, mais les expatriés employés par des organisations internationales sont généralement rémunérés au barème de leur institution, souvent très supérieur, avec primes de poste et allocations logement. Pour des postes de direction dans le secteur privé ou les organisations internationales, des rémunérations mensuelles de 2 000 à 4 000 USD (voire plus) ne sont pas exceptionnelles.
Écoles, scolarité et vie de famille
Pour les expatriés avec enfants, la question scolaire est déterminante. Dili héberge plusieurs établissements internationaux offrant des cursus reconnus, principalement en anglais ou en portugais.
Parmi les principaux :
Panorama des principaux établissements scolaires internationaux à Dili, Timor-Leste, offrant des cursus en anglais, portugais ou selon des modèles pédagogiques spécifiques.
École communautaire anglophone accréditée IB (Programme primaire et Programme d’éducation intermédiaire). Propose un cycle secondaire menant au certificat australien « Victorian Certificate of Education ». Couvre de la maternelle au lycée. Référence pour les familles australiennes et anglophones.
Membre du réseau Quality Schools International. Pédagogie basée sur la maîtrise des compétences, avec accréditation nord-américaine (Middle States). Enseignement en anglais de la maternelle au secondaire. Compte une forte population internationale.
Établissement en langue portugaise, du préscolaire au secondaire. Orienté vers les familles lusophones ou désireuses d’un cursus de type européen.
Plusieurs autres établissements proposent des programmes anglophones ou bilingues, avec des standards et des orientations pédagogiques variés.
Les frais de scolarité dans ces écoles sont élevés à l’échelle locale. Par exemple, un tarif de l’ordre de 16 000 USD par an pour une école primaire internationale est mentionné dans certaines sources, et les écoles QSI et DIS affichent des droits annuels pouvant dépasser 20 000 USD pour le lycée dans certains cas. Il faut ajouter à cela les frais d’inscription, d’examens, d’activités extra-scolaires, de transport et parfois de uniformes.
Une partie des familles expatriées choisit donc :
– soit de scolariser les jeunes enfants à Dili (maternelle, primaire, parfois collège)
– soit d’envoyer les adolescents en internat à l’étranger (pays d’origine ou région voisine) lorsque l’offre locale ne correspond plus à leurs attentes (options limitées au lycée, peu d’équipes sportives structurées, peu d’opportunités extra-scolaires avancées).
La vie de famille est jugée relativement agréable pour les enfants en bas âge, qui profitent d’un environnement plus détendu, de la plage, des activités de plein air, mais les infrastructures pour les ados (sport de compétition, loisirs urbains, culture) restent réduites.
La vie quotidienne à Dili est un mélange de Tetum (langue véhiculaire locale), de portugais (langue officielle très présente dans l’administration et le droit), d’indonésien (héritage de la période d’occupation) et d’anglais, surtout dans les milieux éduqués, ONG et expatriés.
Pour un nouvel arrivant, cela signifie : un accueil chaleureux, une intégration réussie, et une adaptation facilitée à son nouvel environnement.
– qu’on peut souvent fonctionner en anglais dans son environnement professionnel
– mais que l’anglais est peu parlé dans la rue, les petits commerces, les transports et les administrations
Investir un peu de temps dans l’apprentissage du Tetum est l’un des meilleurs leviers d’intégration. Des institutions locales (LELI, Dili Institute of Technology, Timor Aid) et des professeurs particuliers proposent des cours. Il existe aussi un moteur de traduction en ligne (tetun.org) et quelques applications mobiles.
Au-delà de la langue, certaines règles de base de l’étiquette sociale timoraise facilitent beaucoup les relations :
Pour une interaction harmonieuse, saluez avec un sourire et une poignée de main de la main droite. Adressez-vous aux personnes en utilisant « Senhor » ou « Senhora » plutôt que leur prénom, surtout lors des premières rencontres. Adoptez une tenue modeste en dehors des plages (épaules et genoux couverts), particulièrement dans les zones rurales ou lors d’événements religieux. Évitez les démonstrations d’affection en public. En cas de conflit, restez calme, ne haussez pas la voix et préservez la « face » de chacun. Pour les gestes, utilisez la main entière plutôt qu’un doigt pour montrer quelque chose, ne touchez pas la tête des gens et évitez de montrer la plante de vos pieds en vous asseyant.
Les Timorais accordent une grande importance au respect des aînés et des autorités locales. Les décisions se prennent souvent de manière collégiale, avec un temps de consultation qui peut surprendre les expatriés habitués à la rapidité. La notion de « jam karet » (temps élastique) existe : la ponctualité est appréciée de la part d’un étranger, mais les retards locaux ne sont pas rares.
La communauté expatriée à Dili est petite mais active. Pour créer un réseau et réduire le choc culturel, beaucoup recommandent :
Pour rencontrer des expatriés et des locaux à Dili, il est conseillé de rejoindre les groupes Facebook d’expatriés, de fréquenter les cafés avec wifi (comme au Timor Plaza, en bord de mer ou ceux orientés ‘digital nomads’), d’explorer les clubs de sport (salles de sport, plongée, hash house harriers, yoga en bord de mer) et de participer aux événements sociaux tels que les happy hours d’ambassades, les événements d’ONG, les soirées barbecue ou les projections de films.
La vie sociale se déroule autant dans des lieux publics (restaurants de plage, bars, Timor Plaza) que chez les particuliers. Il n’est pas rare que les maisons d’expats deviennent des lieux de rassemblement réguliers, avec échanges de livres, jeux de société, réunions de clubs caritatifs ou d’initiatives écologiques (ramassage de déchets sur la plage, par exemple).
Argent, banque et gestion au quotidien
Même si le pays s’est doté d’une banque centrale et de plusieurs établissements bancaires, l’économie reste largement dominée par les paiements en espèces. La monnaie officielle est le dollar américain et les paiements par carte sont rares hors des hôtels, grands restaurants et quelques supermarchés à Dili.
Banques et comptes locaux
Plusieurs banques opèrent au Timor oriental, notamment :
– BNCTL (Banco Nacional Comercial de Timor-Leste)
– ANZ Timor-Leste
– BRI Timor-Leste
– BNU Timor
– Mandiri à Dili
Ouvrir un compte pour un expatrié est possible, surtout si l’on réside et travaille sur place. Typiquement, une banque locale demandera :
Montant du dépôt initial en USD pour ouvrir un compte épargne de base chez BNCTL
Les services proposés incluent généralement carte de débit, retraits sur ATM, opérations de base, accès en ligne, mais il faut accepter :
– des frais souvent élevés pour les retraits et paiements internationaux
– des ATM parfois hors service ou à court de liquidités
– une offre limitée en matière de placements et de produits sophistiqués
Pour la vie quotidienne, beaucoup d’expatriés combinent un compte local pour recevoir salaire et payer certaines factures, et un compte dans leur pays d’origine ou dans une place financière internationale pour le reste.
Les billets de dollars émis avant 2007 ou 2009 sont parfois refusés dans les commerces ; il peut être utile de les échanger auprès de la banque centrale ou de les éviter dès le départ.
Paiements et budget
Les cartes Visa sont acceptées dans quelques grandes structures de Dili, mais MasterCard peut ne pas fonctionner du tout dans le pays selon certains retours. En pratique, il vaut mieux :
Il est conseillé de toujours avoir une réserve d’argent liquide en petites coupures (5, 10, 20 USD). Vérifiez auprès de votre banque qu’elle n’applique pas de frais prohibitifs sur les retraits à l’étranger. Enfin, évitez de compter sur la possibilité de changer des devises exotiques : la conversion des euros, des dollars australiens ou de la roupie indonésienne est possible dans certaines banques, mais elle est quasi inexistante en dehors de Dili.
Pour un expatrié, l’un des postes de dépenses les plus lourds reste le logement, suivi de la scolarité si l’on a des enfants. L’alimentation et les loisirs peuvent rester maîtrisables si l’on adopte des habitudes locales (cuisine à la maison, marché, restaurants timorais) plutôt que des produits importés et des restaurants occidentalisés.
Loisirs, quotidien et environnement
La vie à Dili et au Timor oriental n’offre pas le foisonnement d’activités d’une grande métropole asiatique. Les retours de nomades numériques et d’expatriés soulignent qu’« il n’y a pas énormément de choses à faire » sur place à long terme, surtout en soirée. Mais il existe un certain nombre d’atouts :
Le Timor oriental offre une diversité d’expériences allant de paysages naturels spectaculaires à une culture urbaine en plein essor.
Un littoral superbe avec des plages préservées et des spots de plongée et snorkeling exceptionnels, notamment autour de l’île d’Atauro.
Parcourez des chemins de randonnée vers les sommets, avec l’ascension emblématique du mont Ramelau.
Explorez le centre-ville et ses lieux culturels : musée de la Résistance, musée national, Motael Church, cathédrale de Dili et la statue du Cristo Rei.
Découvrez une scène artistique et artisanale dynamique à travers ses ateliers, galeries et fresques de street art.
Profitez de l’ambiance conviviale des cafés, bars de plage et restaurants, lieux de rencontre entre Timorais et expatriés.
Beaucoup de temps libre se passe à la plage, à faire du sport (jogging sur le front de mer, football, badminton, rugby, plongée sous-marine), à organiser des week-ends sur la côte ou à Atauro, ou encore à s’investir dans des associations locales (environnement, éducation, empowerment des femmes, etc.).
La chaleur et l’humidité sont élevées une grande partie de l’année, ce qui rend la climatisation quasi indispensable dans les logements modernes. L’air reste globalement de bonne qualité, en dehors de certains pics de pollution limitée.
Vivre au Timor oriental de manière responsable
Un point revient souvent dans les témoignages d’expatriés : la nécessité d’adopter une posture humble et responsable. Le pays a un passé récent marqué par la violence, une pauvreté encore très présente, des inégalités de genre importantes et des infrastructures embryonnaires.
Pour un étranger bénéficiant de revenus supérieurs à la moyenne, il est important de :
Il est important de reconnaître sa position privilégiée en tant que visiteur et d’éviter de renforcer involontairement des dynamiques de dépendance ou de paternalisme. Avant de donner de l’argent aux enfants dans la rue, renseignez-vous, car le gouvernement a lancé des campagnes contre la vente ambulante par les mineurs. Privilégiez le soutien à des ONG locales sérieuses, des coopératives ou des entrepreneurs sociaux. Pour réduire votre empreinte écologique : limitez les plastiques à usage unique, triez et acheminnez vos déchets vers les rares circuits de recyclage, participez à des nettoyages de plage, protégez les récifs coralliens et évitez l’achat de souvenirs issus d’espèces menacées.
Des initiatives timoraises récentes, comme des entreprises qui recyclent le plastique pour la construction, transforment le verre en objets ou fabriquent des sacs à partir de matériaux réutilisés, offrent des pistes concrètes de contribution.
Faut-il s’installer au Timor oriental ?
S’installer au Timor oriental en tant qu’expatrié n’a rien d’un choix anodin. Ce n’est ni un paradis bon marché ni une destination où tout est clé en main. C’est un pays où :
– la vie quotidienne peut être exigeante (chaleur, lenteurs, coupures d’électricité, internet parfois pénible)
– les services de santé sont limités et demandent une planification sérieuse
– la sécurité impose quelques disciplines simples mais importantes
– la scolarité internationale coûte cher et restera numériquement limitée
Mais c’est aussi un lieu où : les émotions sont à leur paroxysme, les histoires prennent vie, et les souvenirs se gravent à jamais.
– l’on peut réellement avoir l’impression de participer à une histoire en construction
– la nature est spectaculaire et encore largement préservée
– la population, dans sa diversité culturelle, est souvent chaleureuse et résiliente
– les expatriés motivés par le développement, l’éducation, la santé ou l’environnement peuvent exercer un impact visible
Pour un professionnel expérimenté en coopération, en développement, en énergie, en éducation ou en santé, un poste à Dili peut être une étape forte d’un parcours de carrière. Pour un jeune diplômé cherchant « la vie d’expat » confortable et animée, le choc pourrait être rude.
L’essentiel, avant de partir, est de : préparer son itinéraire, vérifier les conditions météorologiques et s’assurer d’avoir tous les documents nécessaires.
– clarifier ses motivations et son horizon de temps (quelques mois, quelques années ?)
– évaluer honnêtement sa tolérance à l’isolement relatif, à la chaleur, aux infrastructures limitées
– chiffrer un budget réaliste, incluant logement, écoles, évacuations médicales et voyages réguliers hors du pays
– discuter avec des expatriés en poste ou déjà revenus, via les réseaux sociaux et les forums dédiés
Bien préparé, avec des attentes lucides, un réseau minimum et une assurance solide, s’installer au Timor oriental peut devenir une aventure personnelle et professionnelle d’une rare intensité.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers le Timor oriental afin d’optimiser sa charge imposable et de diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après comparaison avec d’autres destinations (Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler le Timor oriental pour sa fiscalité personnelle attractive pour les retraités étrangers, son coût de vie nettement inférieur à la France et son environnement encore peu saturé, propice aux opportunités immobilières et entrepreneuriales. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions de non‑double imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banques) et intégration patrimoniale globale.
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