Voyager en transports en commun au Sénégal, c’est plonger au cœur de la vie quotidienne du pays. Entre les taxis jaunes-noirs de Dakar, les cars rapides colorés, les nouveaux bus électriques du BRT, le Train Express Régional (TER) ou encore les ferries vers la Casamance, l’offre est à la fois dense, contrastée et en pleine modernisation. Ce guide pratique rassemble, de manière concrète, tout ce qu’il faut savoir pour se déplacer, comprendre les réseaux, estimer les coûts et éviter les principaux pièges.
Comprendre le paysage des transports au Sénégal
Le Sénégal dispose d’un réseau routier relativement développé pour l’Afrique de l’Ouest. Les routes goudronnées relient toutes les grandes villes, et Dakar est le point d’aboutissement de plusieurs grands axes transafricains, dont les corridors Le Caire–Dakar, la Transsahélienne et la Transcôtière ouest-africaine. Sur ce socle routier viennent se greffer une galaxie de transports collectifs, allant des taxis urbains aux trains modernes en passant par les bus interurbains et les bateaux.
Nombre estimé de personnes utilisant quotidiennement les transports en commun dans la région de Dakar.
Cette pression a entraîné des embouteillages chroniques, des temps de trajet qui explosent et une saturation de certains modes. C’est dans ce contexte que l’État et ses partenaires ont lancé des projets structurants : TER, Bus Rapid Transit électrique (SunuBRT), restructuration du réseau de bus classiques, renouvellement des flottes informelles, modernisation des routes et des ponts, notamment vers la Casamance.
Se déplacer à Dakar : taxis, bus, BRT et TER
La plupart des visiteurs commencent par découvrir les transports sénégalais à Dakar. La capitale concentre quasiment tous les modes possibles, du plus traditionnel au plus high-tech.
Les taxis urbains : l’incontournable de Dakar
Le taxi reste le réflexe numéro un pour beaucoup d’étrangers installés ou de passage à Dakar. On les reconnaît aisément à leur carrosserie jaune et noire (ou bleu et jaune) et à leur numéro peint sur la portière. Ils sont très nombreux et globalement bon marché, mais les compteurs fonctionnent rarement : la négociation est donc la règle.
Pour des trajets typiques intra-muros, les fourchettes usuelles tournent autour de 1 500 à 3 500 F CFA, avec des prix plus élevés après minuit. Entre les quartiers centraux du Plateau et les zones côtières (Mamelles, Fann, Ngor, Almadies), des repères de prix sont couramment cités : par exemple, Plateau–Ngor/Almadies peut osciller entre 2 000 et 3 000 F CFA, tandis qu’un court trajet entre quartiers voisins se négocie souvent à 1 000 F CFA.
En dehors de Dakar, dans d’autres grandes villes sénégalaises, le prix d’une course simple tourne plutôt autour de 500 F CFA. La logique reste la même : pas de compteur, on discute avant de monter. Il est recommandé d’avoir de la petite monnaie, les chauffeurs n’ayant pas toujours de quoi rendre sur les grosses coupures.
Pour les trajets depuis l’aéroport Blaise-Diagne (AIBD) vers Dakar, les tarifs sont significativement plus élevés, variant généralement entre 18 000 et 25 000 F CFA. Il est recommandé d’utiliser des services dédiés comme Allo Taxi ou d’opter pour des transferts pré-réservés. Ces solutions permettent de fixer le prix à l’avance et d’éviter les risques liés aux faux taxis.
Les bus traditionnels : Dakar Dem Dikk, AFTU, cars rapides
La capitale bénéficie d’un réseau de bus dense, mais réputé complexe à appréhender pour un nouvel arrivant. Plusieurs familles de services coexistent.
L’opérateur public Dakar Dem Dikk (DDD) est le concessionnaire officiel du réseau urbain. Ses bus bleus desservent plus d’un millier d’arrêts sur environ 45 lignes dans et autour de Dakar, avec un parc de plus de 400 véhicules. Historiquement, l’entreprise a transporté jusqu’à 40 à 50 millions de passagers par an et se positionne comme l’offre la plus structurée : itinéraires numérotés, arrêts identifiés, horaires de premier et dernier départ clairement affichés (généralement entre 5h30/6h et 20h30/21h).
Les tarifs sont très abordables : à Dakar, un trajet en bus public revient souvent autour de 150 à 275 F CFA, soit environ dix fois moins qu’un trajet équivalent en taxi. L’entreprise propose également des abonnements mensuels : environ 10 000 F CFA pour les étudiants et 15 000 F CFA pour les adultes, ce qui en fait une solution particulièrement économique pour les usagers réguliers.
À côté de Dakar Dem Dikk, une multitude de lignes est exploitée par des coopératives privées regroupées au sein de l’AFTU. Leurs minibus, souvent appelés Tata, sont omniprésents et restent aujourd’hui l’un des moyens les plus utilisés par les Dakarois. Les parcours sont parfois indiqués sur le pare-brise, mais la lisibilité du réseau reste limitée. Les tarifs des bus informels multicolores (anciennement cars rapides au sens strict) peuvent descendre à 50–100 F CFA pour de très courts trajets urbains.
Les emblématiques cars rapides bleus et jaunes et les bus Ndiaga Ndiaye, symboles historiques de la mobilité populaire à Dakar depuis les années 1970, sont progressivement remplacés dans le cadre de programmes de modernisation. Bien que toujours visibles et reconnaissables à leurs slogans religieux et motifs soufis, leur sécurité et leur conformité mécanique sont régulièrement critiquées.
Le BRT SunuBRT : le bus électrique à haut niveau de service
Grande nouveauté dans le paysage dakarois, le Bus Rapid Transit SunuBRT marque une rupture avec le modèle des bus traditionnels. Il s’agit d’un système de bus 100 % électriques circulant sur un corridor de 18,3 km avec des voies réservées, 23 stations équipées et une intermodalité pensée avec les autres modes.
Le BRT est conçu pour transporter jusqu’à 300 000 passagers par jour après montée en charge, avec une flotte d’environ 121 à 144 bus articulés électriques. La fréquence peut descendre à un passage toutes les 6 minutes en heure de pointe, avec des plages de service étendues sur la journée. Les bus sont alimentés par une électricité en partie d’origine solaire, et les infrastructures intègrent des aménagements pour piétons et cyclistes (trottoirs, pistes cyclables, éclairage).
Le contrat du Train Express Régional de Dakar garantit un minimum de 100 000 passagers par jour pour sécuriser l’investissement privé.
Le projet a été pensé comme un « backbone » du système de transport collectif de Dakar, connecté à 32 lignes de rabattement et aux gares du TER. Il a valu à la ville un prix international de transport durable, notamment pour son recours massif à l’électricité, la réduction attendue des émissions et l’intégration d’enjeux de genre et de sécurité (éclairage, dispositifs contre les violences faites aux femmes, recrutement de conductrices).
Le Train Express Régional (TER) : l’option rapide sur rail
Autre pilier de la modernisation des transports dakarois, le Train Express Régional relie le centre de Dakar à Diamniadio et, à terme, à l’aéroport international. La ligne totale doit atteindre 55 km, dont 36 km déjà en exploitation entre Dakar et Diamniadio et 19 km en cours de construction jusqu’à Blaise-Diagne.
Les trains, de type Coradia Polyvalent, circulent sur une double voie standard électrifiée (25 kV) avec un système de signalisation moderne (ERTMS niveau 2). Chaque rame de quatre voitures peut embarquer plus de 500 voyageurs, en première et seconde classe, à une vitesse maximale de 160 km/h. Avec une fréquence pouvant aller jusqu’à un train toutes les 10 minutes en journée, le TER a drastiquement réduit le temps de parcours entre Dakar et les nouvelles centralités de la banlieue, passant de près d’1h30 en bus à environ 45–50 minutes en train.
Les tarifs sont zonés :
| Zone TER | Tronçon couvert | Tarif 2e classe (CFA) | Tarif 1re classe (CFA) |
|---|---|---|---|
| Zone 1 | Dakar – Thiaroye | 500 | 2 500 |
| Zone 2 | Thiaroye – Bargny | 1 000 (2 zones) | 2 500 |
| Zone 3 | Bargny – Diamniadio | 1 500 (3 zones) | 2 500 |
Les enfants de moins de 4 ans voyagent gratuitement, et des abonnements hebdomadaires ou mensuels existent, avec des réductions pour les jeunes. L’extension vers l’aéroport doit encore améliorer l’accessibilité de la plate-forme et fluidifier la liaison entre Dakar, Diamniadio et le hub aérien.
Transports interurbains : relier les grandes villes
Quitter la région dakaroise pour explorer le reste du pays implique un autre univers de transport, dominé par les taxis collectifs, les bus longue distance et les ferries.
Les « sept-places » et bush taxis : l’épine dorsale routière
Les fameux sept-places sont des breaks de type Peugeot 504 ou 404 transformés pour accueillir sept passagers. Ils constituent le moyen le plus courant pour voyager de ville en ville : Kaolack, Saint-Louis, Tambacounda, Kédougou, Ziguinchor… Chaque localité dispose de son « garage » (gare routière) d’où partent ces taxis collectifs.
Le principe est simple : le véhicule ne quitte pas la gare tant que les sept sièges ne sont pas vendus. On peut éventuellement acheter plusieurs places pour partir plus vite ou être plus à l’aise. Une fois sur la route, le sept-place roule généralement sans arrêt jusqu’à destination, sauf panne ou contrôle policier.
Les tarifs sont réglementés par trajet type, même si la négociation peut jouer sur la question des bagages. Quelques repères de prix pour des trajets interurbains :
| Trajet en sept-place | Tarif approximatif (CFA / siège) |
|---|---|
| Dakar – Saint-Louis | 4 500 |
| Dakar – Kaolack | 3 500 |
| Dakar – Tambacounda | 9 000 |
| Tambacounda – Kédougou | 6 000 |
| Tambacounda – Kolda | 5 500 |
| Dakar – Mbour | 2 500 à 3 500 |
À ce prix s’ajoute souvent une taxe bagage (bagou), autour de 500 F CFA, négociable selon la taille du sac. Une règle empirique conseille de ne pas payer plus de 10 % du prix du billet pour une valise raisonnable. Dans les grandes gares comme « Pompiers » à Dakar, il est courant qu’un coxer (rabatteur) vous oriente vers une voiture ; son rôle est semi-informel et il tire sa rémunération de pourboires et de commissions.
Le confort est sommaire et la climatisation inexistante, mais ce mode de transport reste imbattable pour explorer le pays à moindre coût et s’immerger dans le quotidien sénégalais. Il est fortement conseillé de partir tôt le matin (vers 6–7 h) pour limiter les temps d’attente et éviter de rouler de nuit, une pratique beaucoup plus risquée.
Les bus interurbains : du « Beez » aux compagnies structurées
Sur les principaux axes, des compagnies de bus interurbains offrent une alternative plus confortable et souvent plus sûre que les sept-places. Dakar Dem Dikk, via sa marque Sénégal Dem Dikk ou Africa Dem Dikk, dessert ainsi une vingtaine de grandes villes (Thiès, Touba, Saint-Louis, Kaolack, Ziguinchor, etc.), avec parfois deux départs par jour sur les lignes les plus fréquentées.
Les bus long-courriers au Sénégal, comme ceux opérés par Niokolo Transport ou Salam Voyages sur des liaisons vers l’est (Tambacounda, Kédougou), sont typiquement des autocars climatisés. Ils disposent de deux rangées de deux sièges avec des numéros attribués, de soutes à bagages et proposent parfois des départs de nuit pour les trajets les plus longs.
La réservation peut se faire en gare routière, mais la tendance est à la digitalisation : l’application Yobuma ou l’appli « dem dikk » de Dakar Dem Dikk permettent de réserver et payer des billets en amont, à condition de disposer d’une carte SIM locale et d’un compte Orange Money. Les départs sont parfois limités à un car par jour, les billets partent vite : mieux vaut anticiper de quelques jours.
Les prix restent raisonnables au regard des distances parcourues. On peut prendre comme ordre de grandeur :
| Relation interurbaine (bus) | Tarif indicatif (CFA) |
|---|---|
| Dakar – Saint-Louis (~270 km) | ~5 500 |
| Dakar – Ziguinchor (bus ou ferry) | 5 000 à 15 000 (selon classe ou opérateur) |
| Tambacounda – Dakar (bus de nuit) | ~6 000 |
En contrepartie, il faut accepter une certaine imprévisibilité : retards de plusieurs heures au départ, pannes en rase campagne, qualité des routes très variable selon les tronçons et la saison.
Les ferries vers la Casamance et les îles
Pour rejoindre la Casamance depuis Dakar sans traverser la Gambie par la route, le ferry Dakar–Ziguinchor constitue une option à la fois pratique et emblématique. Exploité par COSAMA, ce service de continuité territoriale relie la capitale à Ziguinchor en environ 15 heures, en combinant navigation maritime et fluviale (environ 324 km dont 50 km sur le fleuve Casamance).
Détails concernant les départs, la durée et les tarifs du ferry reliant Dakar à Ziguinchor.
Les départs ont lieu plusieurs fois par semaine en soirée depuis Dakar, pour une arrivée à Ziguinchor en fin de matinée le lendemain. Le trajet inverse suit le même principe.
Les tarifs varient selon trois critères : la catégorie de cabine choisie et le statut du passager (résident sénégalais, résident étranger ou non-résident).
| Classe / Siège (Aline Sitoé Diatta) | Résident (CFA) | Non-résident (CFA) |
|---|---|---|
| 1re classe (cabine 2 pers.) | 26 500 | 30 500 |
| 2e classe (cabine 4 pers.) | 24 500 | 28 500 |
| 3e classe (cabine 8 pers.) | 12 500 | 18 500 |
| 4e classe (siège pullman) | 5 000 | 15 500 |
| Bébé (0–4 ans) | Gratuit | Gratuit |
| Enfant (5–12 ans) | -50 % | -50 % |
Il est possible d’embarquer un véhicule (voiture ou moto) moyennant des frais supplémentaires. La traversée est généralement plus sûre que la route de nuit, même si les souvenirs du naufrage du Joola en 2002 restent présents et ont conduit à un renforcement des normes de sécurité.
Depuis Dakar, des navettes maritimes relient également l’île de Gorée, site historique très visité, et l’île de N’Gor, haut lieu de surf. Les traversées sont fréquentes pour Gorée, gérées par le Port autonome de Dakar, avec des tarifs distincts selon que l’on est Sénégalais, résident africain ou touriste international. Pour N’Gor, de petites pirogues assurent la liaison en une dizaine de minutes pour environ 1 000 F CFA aller-retour.
Tarifs, billets et moyens de paiement
L’un des grands atouts des transports publics sénégalais reste leur coût modéré, en particulier pour les bus et les taxis collectifs.
Dans les grandes villes, un court trajet en car rapide ou en minibus AFTU revient souvent à moins de 200 F CFA. Un ticket de bus classique Dakar Dem Dikk se situe typiquement autour de 150–275 F CFA. À l’échelle interurbaine, on peut relier deux grandes villes distantes de plusieurs centaines de kilomètres pour 4 000 à 10 000 F CFA, selon la distance et le niveau de confort.
Voici un panorama synthétique des ordres de grandeur :
| Mode de transport | Échelle d’utilisation | Fourchette de prix typique |
|---|---|---|
| Taxi urbain (Dakar) | 1–10 km | 1 000 – 3 500 F CFA |
| Taxi ville moyenne | 1–5 km | ~500 F CFA |
| Car rapide / minibus court | Trajet intra-quartier | 50 – 200 F CFA |
| Bus urbain DDD | Parcours urbain | ~150 – 275 F CFA |
| Sept-place interurbain | 100–500 km | 3 500 – 9 000 F CFA |
| Bus interurbain confortable | 200–700 km | 5 000 – 15 000 F CFA |
| TER (1 zone) | Péri-urbain Dakar | 500 F CFA (2e cl.), 2 500 (1re) |
| BRT (trajet urbain) | Corridor Guédiawaye–centre | Quelques centaines de F CFA |
| Ferry Dakar–Ziguinchor | Longue distance | 5 000 – 30 500 F CFA (selon classe) |
La montée en puissance des paiements numériques transforme progressivement la billetterie. Orange Money et d’autres solutions de mobile money sont massivement utilisées pour réserver des bus interurbains (via Yobuma, par exemple) ou acheter des titres TER/BRT. Toutefois, le cash demeure roi dans la plupart des taxis, minibus et garages routiers ; mieux vaut donc disposer en permanence de petites coupures.
L’État propose des aides financières pour les transports : 50% de réduction pour les étudiants (12-30 ans) et les seniors (60 ans et plus) sur certains réseaux. Des dispositifs de gratuité ou de tarifs réduits sont également prévus pour les personnes en situation de handicap et les publics à très faibles revenus, notamment dans les projets de Bus Rapid Transit (BRT) et de Transport Express Régional (TER).
Sécurité, accessibilité et bonnes pratiques
La qualité et la sécurité des transports sénégalais présentent de fortes disparités selon les modes et les lieux.
Les routes peuvent être dangereuses, surtout la nuit, en raison de l’éclairage insuffisant, de véhicules mal entretenus, de piétons et animaux sur la chaussée, et de comportements de conduite à risque. Des accidents graves, comme le crash de bus survenu dans la région de Kaffrine, rappellent régulièrement la vulnérabilité des usagers.
Dans ce contexte, certains conseils s’imposent :
Pour voyager en toute sécurité au Sénégal, il est recommandé d’éviter les déplacements routiers de nuit, surtout sur les axes interurbains. Privilégiez les opérateurs de transport structurés (comme Dakar Dem Dikk, les compagnies de bus reconnues, le TER, le BRT ou les ferries officiels) pour les longs trajets. Avant d’embarquer, vérifiez l’état apparent du véhicule (pneus, surcharge, présence de ceintures de sécurité). Dans les bus très chargés et les gares bondées (comme la gare maritime vers Gorée ou la gare routière des Pompiers), gardez toujours vos effets personnels près de vous en raison de la présence signalée de pickpockets.
L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite reste limitée sur l’immense majorité du parc (taxis classiques, sept-places, minibus). Les nouveaux systèmes (TER, BRT, bus récents) intègrent en revanche des aménagements spécifiques : quais de plain-pied, espaces réservés, rampes d’accès, information sonore et visuelle. L’aéroport Blaise-Diagne est également doté de dispositifs d’assistance (fauteuils roulants, accompagnement).
Dakar connaît une hausse des petits larcins, notamment dans les zones touristiques et les gares. Il est conseillé d’éviter les objets de valeur ostensibles, de répartir son argent, de rester vigilant dans les foules et de ne pas se déplacer seul à pied la nuit dans des zones peu éclairées.
Les grandes réformes et projets en cours
Au-delà du vécu quotidien des usagers, les transports sénégalais sont au cœur d’une vaste stratégie de transformation portée par l’État et de nombreux bailleurs internationaux (Banque mondiale, Banque africaine de développement, agences européennes…).
Moderniser le réseau de bus urbains
Le projet de restructuration du réseau de transport en commun de Dakar (RTC) prévoit le déploiement de 400 bus modernes sur 14 nouvelles lignes et 11 lignes réorganisées, avec environ 30 km de voirie réaménagée, des carrefours restructurés, 144 arrêts et 15 terminus. L’objectif est de proposer une offre de bus claire, rapide, confortable et bien connecté aux projets de masse (TER, BRT), de manière à servir près de 435 000 passagers quotidiens.
C’est le montant estimé en francs CFA de l’opération de modernisation des transports au Sénégal, associant l’État et plusieurs partenaires internationaux.
Étendre les infrastructures routières et ferroviaires
Dans le projet de loi de finances 2026, le Sénégal met la barre haut pour le secteur des transports. Plusieurs centaines de milliards de F CFA sont alloués au ministère des Infrastructures et à celui des Transports terrestres et aériens, afin de :
Objectif de réduction du temps de trajet pour les marchandises sur le corridor Dakar–Bamako
Ces projets visent à fluidifier les échanges économiques, réduire les coûts logistiques, améliorer la sécurité et soutenir l’intégration régionale, notamment avec le Mali, la Guinée-Bissau, la Gambie ou encore la Mauritanie.
Innover dans l’énergie, la circulation et la multimodalité
Le futur des transports sénégalais ne se limite pas aux routes et aux rails. Plusieurs projets de partenariat public-privé prévoient par exemple :
– une usine de production de biométhane à partir de déchets, afin d’alimenter une partie des buses dakarois en carburant plus propre ;
– un système moderne de feux tricolores « intelligents » pour optimiser les flux de circulation ;
– un développement orienté autour du terminal BRT de Petersen, avec un quartier plus vert et mieux connecté aux modes doux ;
– un projet de téléphérique 100 % électrique à Diamniadio pour relier des zones de la nouvelle ville à la gare du TER.
L’ensemble participe à une vision d’ensemble où les différents modes – BRT, TER, bus classiques, taxis et transports de quartier – sont pensés comme complémentaires plutôt que concurrents.
Conseils pratiques pour bien utiliser les transports au Sénégal
Au-delà des chiffres et des projets, quelques principes simples facilitent grandement la vie en tant qu’usager, qu’on soit résident ou voyageur.
Parler un minimum de français – et, si possible, quelques mots de wolof – change beaucoup la donne, notamment pour négocier les taxis, comprendre les indications dans les garages ou demander son chemin dans les gares routières. Sur les lignes de bus où les plans sont rares, la méthode la plus efficace consiste souvent à demander directement aux autres passagers ou au contrôleur.
À Dakar, un trajet estimé à 20 minutes peut facilement prendre 40 minutes ou plus aux heures de pointe. Pour les longs trajets, compter une journée entière pour quelques centaines de kilomètres, en incluant les temps d’attente (remplissage des véhicules, installation des bagages) et les éventuels incidents de route.
Enfin, se déplacer en transports publics permet de comprendre de l’intérieur la société sénégalaise : discussions dans les bus, solidarité entre passagers lors des pépins, mixité sociale dans les ferries, improvisation permanente dans les garages… À condition de respecter quelques règles de prudence et de patience, c’est l’un des meilleurs moyens pour appréhender le pays autrement qu’à travers les vitres d’un 4×4 climatisé.
En résumé
Les transports en commun au Sénégal forment un système hybride, à mi-chemin entre tradition et modernisation accélérée. Aux côtés des taxis négociés, des cars rapides historiques et des sept-places qui sillonnent encore toutes les régions, émergent des réseaux plus structurés : BRT électrique, TER, bus urbains réorganisés, ferries modernisés, avec une place croissante pour les paiements numériques et les politiques tarifaires sociales.
L’offre actuelle est très diversifiée et adaptable à différents budgets, mais elle nécessite encore une certaine débrouille et flexibilité de la part des usagers. L’avenir, avec la concrétisation des grands projets et le renforcement de la régulation, laisse entrevoir un réseau plus lisible, intermodal et inclusif, privilégiant l’efficacité des déplacements, la sécurité, l’accessibilité et le respect de l’environnement.
En attendant, ce guide donne les clés pour naviguer dans ce paysage en mouvement, en profitant pleinement de la richesse humaine et des opportunités de découverte que les transports publics sénégalais offrent au quotidien.
Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale au Sénégal pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation locale et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après comparaison de plusieurs destinations (Portugal, Maroc, Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler le Sénégal pour sa fiscalité attractive sur certains revenus étrangers, son coût de vie inférieur à celui de la France, son environnement francophone et sa proximité aérienne avec Paris. La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du titre de séjour avec achat ou location longue durée d’une résidence principale à Dakar, coordination avec CPAM/CFE, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, notaire, agents immobiliers) et optimisation patrimoniale (immobilier locatif, préparation de la transmission).
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