Le marché du travail au Sénégal intrigue de plus en plus de professionnels internationaux. Entre une croissance économique soutenue, de grands projets d’infrastructures, l’essor du numérique et l’arrivée des hydrocarbures, le pays attire ONG, multinationales, startups… et donc des expatriés à la recherche de postes qualifiés. Mais derrière l’image d’un “eldorado africain”, la réalité est plus nuancée : niveau de salaires, coût de la vie, contraintes légales, concurrence locale, tout cela conditionne les perspectives réelles pour un étranger qui veut travailler ou s’installer durablement.
Cet article détaille les opportunités d’emploi pour les expatriés, les secteurs porteurs, les niveaux de salaire, le coût de la vie, le cadre légal et les codes culturels essentiels pour une intégration professionnelle réussie au Sénégal.
Une économie en croissance, portée par les services et les grands projets
Le Sénégal s’est imposé comme l’un des pays les plus stables politiquement d’Afrique de l’Ouest. Cette stabilité, combinée à une situation géographique stratégique sur la côte atlantique et à un climat globalement pro-investissement, a attiré un flux croissant d’investissements étrangers depuis plus d’une décennie. Les services dominent l’économie : ils représentent environ 50 à 60 % du PIB et emploient près de 57 % de la population active. L’industrie contribue pour environ 20 % au PIB et l’agriculture autour de 15 %, tout en absorbant une grande partie de la main-d’œuvre.
Horizon cible du Plan Sénégal Émergent pour atteindre le statut de pays émergent.
Dakar, capitale politique et économique, concentre l’essentiel des activités à haute valeur ajoutée : télécommunications (Sonatel), énergie (Senelec), agro-industrie (Compagnie Sucrière Sénégalaise), finance, TIC, logistique, tourisme, services aux entreprises. D’autres pôles comme Thiès, Touba ou Saint-Louis suivent, mais restent nettement en retrait en termes de salaires et de densité d’emplois qualifiés.
Pour un expatrié, les opportunités existent, mais elles sont très fortement concentrées dans quelques secteurs d’activité et géographiquement, principalement dans la capitale Dakar.
Un marché du travail paradoxal : chômage officiel faible, concurrence réelle élevée
Les chiffres bruts peuvent surprendre. Le taux de chômage affiché tourne autour de 2,9 %, avec une population active très jeune (plus de 60 % de moins de 25 ans) et un taux d’emploi d’environ 50,5 %, en dessous de la moyenne OCDE. Dans les faits, le pays est marqué par un poids énorme de l’informel et par un sous-emploi massif des jeunes diplômés. Autrement dit, beaucoup de personnes travaillent, mais souvent dans des activités peu ou pas déclarées, mal payées ou très précaires.
Pour l’employeur, la diffusion d’une offre génère un afflux de candidatures, mais celles-ci manquent souvent des compétences techniques ou managériales spécifiques recherchées. Pour l’expatrié, il est crucial de comprendre qu’il ne peut pas simplement compter sur une pénurie générale de main-d’œuvre. La clé est d’arriver avec un niveau d’expertise élevé, une spécialisation pointue ou une solide expérience dans des secteurs en tension.
Les autorités ont d’ailleurs renforcé les règles de “local content”, en exigeant qu’au moins 51 % des effectifs dans l’hydrocarbures, le maritime ou le minier soient de nationalité sénégalaise. Le cadre se durcit progressivement pour les postes qui peuvent être occupés localement, et l’argument de transfert de compétences devient central pour justifier une embauche étrangère.
Les secteurs qui recrutent des expatriés
Les opportunités pour les étrangers ne se répartissent pas uniformément. Certains secteurs privilégient très nettement les profils internationaux, notamment pour des fonctions d’encadrement, d’expertise ou de conseil.
Énergie, mines et hydrocarbures
L’exploitation des gisements d’hydrocarbures et l’essor des mines (or, phosphates, etc.) créent une demande forte en ingénieurs, managers de projets, spécialistes HSE, responsables de maintenance, juristes spécialisés, financiers de projets, experts en local content. De grandes entreprises étrangères sont impliquées, directement ou via des sous-traitants internationaux, avec des conditions de rémunération plus proches des standards internationaux.
Les règles de contenu local limitent cependant le recours à une main-d’œuvre étrangère de base. L’espace réel pour les expatriés se situe donc surtout sur les fonctions très qualifiées ou stratégiques, souvent avec une obligation explicite de transfert de compétences aux équipes locales.
Technologies de l’information, télécoms et services numériques
Dakar se positionne comme un hub régional pour les startups et les services numériques : fintech, e‑commerce, santé digitale, EdTech, services BPO, etc. De grands opérateurs télécoms et des fintech locales cohabitent avec des structures internationales. Les profils recherchés incluent chefs de projet IT, data analysts, développeurs expérimentés, responsables cybersécurité, directeurs de transformation digitale.
À Dakar, les expatriés peuvent saisir des opportunités professionnelles, particulièrement s’ils possèdent une expertise rare ou une expérience acquise sur d’autres marchés africains. Parallèlement, le télétravail se développe significativement, concernant environ 20 % de la main-d’œuvre dakaroise. Cette tendance est particulièrement marquée dans les secteurs de la technologie et des métiers créatifs.
Finance, banque, assurance et conseil
La place financière de Dakar accueille banques, assurances, institutions internationales, bailleurs de fonds, cabinets d’audit et de conseil. Les postes en analyse financière, gestion des risques, conformité, direction financière, contrôle de gestion ou encore conseil en stratégie peuvent être ouverts à des expatriés, surtout quand la structure cible un périmètre régional ou panafricain.
Infrastructures, BTP et logistique
Les grands projets d’infrastructures (TER, BRT, axes routiers, ports, urbanisation de Diamniadio) s’appuient sur de nombreux groupes internationaux du BTP, de l’ingénierie et de la logistique. Ils ont régulièrement besoin de chefs de projet, directeurs de travaux, ingénieurs en génie civil, spécialistes en planification, responsables logistiques. Là encore, le recours à des expatriés se justifie surtout par un niveau d’expertise élevé ou une expérience dans des chantiers comparables.
ONG, développement international et santé
Le Sénégal est un terrain d’action privilégié pour les organisations internationales, les agences de développement, les grandes ONG et les fondations. Dans ces structures, les profils expatriés sont fréquents sur des postes de coordination de programmes, de gestion de projet, d’expertise technique (santé, nutrition, éducation, protection sociale…), de suivi-évaluation, de plaidoyer ou de gestion financière.
Découvrez les organisations internationales basées à Dakar qui recrutent régulièrement pour des postes avec des conditions attractives.
Propose des postes basés à Dakar, parfois ouverts à des contrats internationaux avec une rémunération alignée sur des grilles salariales globales.
Recrutent régulièrement à Dakar pour des postes pouvant inclure des contrats internationaux et une rémunération compétitive à l’échelle mondiale.
Diverses ONG internationales offrent des opportunités de carrière à Dakar avec des contrats et des grilles de rémunération alignés sur les standards internationaux.
Enseignement et éducation
L’enseignement de langues (notamment l’anglais) et les écoles internationales constituent un autre débouché habituel pour les expatriés. Des plateformes spécialisées recensent des offres pour professeurs d’anglais langue étrangère, souvent avec exigence de certification TEFL ou équivalent. Les écoles bilingues ou internationales peuvent recruter des enseignants étrangers, surtout pour des matières scientifiques ou linguistiques.
Startups, entrepreneuriat et écosystème d’innovation
Le Sénégal s’est doté d’une “Startup Act”, pionnière en Afrique francophone, qui accorde un cadre favorable à l’innovation. Des incubateurs comme CTIC Dakar ou des hubs comme Jokkolabs accompagnent des projets dans la tech, l’économie verte, les services, etc. L’écosystème reste jeune mais dynamique.
Des expatriés choisissent de ne pas chercher un emploi salarié, mais de monter leur propre structure : cabinet de conseil, startup technologique, société de services B2B. Le potentiel existe, mais il faut composer avec des coûts administratifs encore élevés, une logistique parfois complexe et une concurrence informelle forte dans certains secteurs.
Salaires : entre réalités locales et “packages” expatriés
Les écarts de rémunération au Sénégal sont considérables, selon le secteur, l’employeur, le statut (local / expatrié) et le niveau de responsabilités.
Niveaux moyens de salaires locaux
À l’échelle nationale, le salaire annuel “typique” tourne autour de 4,2 millions XOF, soit un revenu mensuel moyen de l’ordre de 300 à 400 dollars. Le salaire médian est légèrement inférieur, ce qui signifie que la moitié de la population active gagne moins que ce niveau. Les rémunérations varient aussi fortement entre Dakar et le reste du pays : la capitale offre des salaires plus élevés, mais à coût de la vie nettement supérieur.
Une autre source donne, pour Dakar, un salaire annuel moyen beaucoup plus élevé (plus de 47 à 50 millions XOF) basée sur un nombre limité d’enquêtes, ce qui suggère qu’on se situe là sur un échantillon très qualifié (cadres, managers, expatriés, etc.), et non sur l’ensemble du marché du travail.
Pour donner un ordre de grandeur, des fourchettes mensuelles en XOF pour des postes locaux sont citées :
| Domaine | Junior (XOF/mois) | Intermédiaire (XOF/mois) | Senior (XOF/mois) |
|---|---|---|---|
| Administration | 200 000 – 400 000 | 400 000 – 700 000 | 700 000 – 1 200 000+ |
| IT / Technologie | 300 000 – 600 000 | 600 000 – 1 200 000 | 1 200 000 – 2 500 000+ |
| Vente / Marketing | 250 000 – 500 000 | 500 000 – 900 000 | 900 000 – 1 800 000+ |
| Ingénierie | 350 000 – 700 000 | 700 000 – 1 500 000 | 1 500 000 – 3 000 000+ |
| Finance / Comptabilité | 250 000 – 500 000 | 500 000 – 1 000 000 | 1 000 000 – 2 000 000+ |
Ces chiffres concernent principalement des contrats “locaux”, pour des profils sénégalais ou expatriés recrutés sur des grilles locales sans package spécifique.
Rémunérations types par métiers qualifiés (annuel, en XOF)
Les données disponibles pour Dakar et le pays donnent aussi des repères par fonction, toujours en brut annuel :
| Fonction | Salaire annuel (XOF) |
|---|---|
| Comptable | 2 662 900 |
| Directeur financier | 8 218 100 – 8 554 100 |
| Finance Manager | 7 741 200 |
| Analyste financier | 5 340 600 |
| Directeur de la publicité | 6 660 500 |
| Architecte | 4 618 200 |
| Ingénieur aérospatial | 4 860 800 |
| Pilote de ligne | 6 826 100 |
| Directeur de services aéroportuaires | 8 533 800 |
| Manager automobile général | 7 693 200 |
| Manager marketing/ventes (enquête) | 163 870 250 |
| Directeur (enquête) | 103 005 970 |
| Chef de projet IT (enquête) | 62 133 607 |
On voit ici un autre phénomène : les enquêtes spécifiques sur un petit nombre de cadres et dirigeants montrent des salaires très élevés, qui reflètent davantage les grilles de multinationales ou d’organisations internationales que le marché local dans son ensemble.
Ce que gagnent réellement les expatriés
Pour les expatriés employés par des organisations internationales ou des grandes entreprises, les salaires se situent généralement sur une toute autre échelle. Les données rassemblées pointent vers des rémunérations mensuelles souvent comprises entre 1 000 000 et 4 000 000 XOF (environ 1 500 à 6 000 euros), avec des pointes pouvant atteindre 8 000 000 XOF par mois pour des directeurs ou des cadres dirigeants de grandes multinationales.
Déclare un salaire annuel brut supérieur à 150 millions XOF, soit plus de dix fois le revenu moyen national.
Expatrié responsable P&L à Dakar, 16-20 ans d’expérience, docteur
De manière schématique, on peut distinguer :
| Type de contrat expatrié | Fourchette mensuelle (XOF) |
|---|---|
| Expat “junior” ou spécialiste | 1 000 000 – 2 000 000 |
| Manager / chef de projet confirmé | 2 000 000 – 4 000 000 |
| Directeur, cadre supérieur en multinationale | 4 000 000 – 8 000 000 |
À ces montants peuvent s’ajouter logement pris en charge ou allocation logement, transport, assurance santé internationale, billets d’avion annuels, scolarité des enfants, etc. C’est ce qui explique que, pour un expatrié, le Sénégal puisse paraître financièrement très attractif, alors même que la moyenne locale reste modeste.
Facteurs qui influencent les salaires
Plusieurs variables pèsent fortement :
De 2 à 5 ans d’expérience peuvent augmenter le salaire d’environ 35 % par rapport à un débutant.
Coût de la vie : un pays abordable, une capitale chère
La question clé pour un expatrié n’est pas seulement “combien je gagne ?”, mais “quel niveau de vie cela me donne‑t‑il réellement ?”. Le Sénégal affiche un coût de la vie globalement inférieur à celui de nombreux pays occidentaux : hors loyer, le niveau de prix moyen est plus de 35 % en dessous de celui des États-Unis, par exemple, et les loyers environ 50 % plus bas en moyenne.
Mais ces moyennes cachent de fortes disparités, notamment entre Dakar et les autres villes.
Budget moyen d’un expatrié à Dakar
Les estimations convergent vers un budget mensuel pour un expatrié seul entre environ 600 000 et 1 500 000 XOF hors loyer, soit 900 à 2 300 euros selon le style de vie. En incluant un loyer dans un quartier prisé, la fourchette peut monter entre 1,1 million et plus de 2,6 millions XOF par mois.
Les budgets mensuels totaux fréquents pour une famille au Sénégal, notamment à cause du logement et de la scolarité internationale, se situent entre 2,3 et 5,3 millions XOF.
Pour donner des ordres de grandeur, quelques postes de dépense typiques à Dakar :
| Poste de dépense | Fourchette indicatrice (XOF) |
|---|---|
| Loyer appart. 1 ch. centre-ville | 300 000 – 846 600 |
| Loyer appart. 3 ch. centre-ville | 830 000 – 2 259 000 |
| Internet haut débit (60 Mb/s+) | 27 000 – 51 000 / mois |
| Électricité + eau (85 m²) | 73 000 – 175 000 / mois |
| Repas restaurant simple | 2 500 – 7 000 |
| Repas pour deux, restaurant milieu de gamme | 30 000 – 49 900 |
| Pass transport en commun | 14 000 – 45 000 / mois |
| École internationale (primaire, annuel) | 2 000 000 – 12 700 000 |
Pour un salarié local moyen, dont le salaire net tourne autour de 200 000 XOF par mois, le coût de la vie en ville est difficilement soutenable, ce qui explique l’écart très fort de conditions matérielles entre expatriés bien payés et grande majorité de la population.
Pour un expatrié payé 1,5 à 4 millions XOF par mois, en revanche, un niveau de vie confortable est possible, voire très confortable, à condition de bien budgéter le logement et, le cas échéant, la scolarité des enfants.
Le cadre juridique : horaires, congés, impôts et charges
Travailler au Sénégal implique de respecter un cadre légal assez structuré, inspiré en grande partie du droit du travail français, avec des spécificités locales.
Contrats et temps de travail
Le droit du travail fixe une durée hebdomadaire légale de 40 heures, réparties sur six jours maximum. Au-delà, les heures supplémentaires sont majorées, d’abord de 10 % pour les huit premières heures, puis davantage (jusqu’à 135 % au‑delà de 48 heures). Le travail de nuit, le week‑end ou les jours fériés bénéficie de taux majorés pouvant atteindre 160 à 200 % de la rémunération horaire.
Les contrats peuvent être à durée indéterminée (CDI) ou à durée déterminée (CDD). Un CDD ne peut excéder deux ans renouvellement compris (sauf contrat de projet) et doit obligatoirement être écrit et enregistré au‑delà de trois mois. La période d’essai est plafonnée à six mois, avec des durées plus courtes pour les non‑cadres.
Après 12 mois d’ancienneté, un salarié acquiert droit à au moins 24 jours de congés payés par an, soit l’équivalent de quatre semaines complètes. Des jours de congé supplémentaires existent pour les femmes ayant des enfants de moins de 14 ans. La maternité est couverte par 14 semaines de congés, en grande partie indemnisés par la sécurité sociale ; la paternité reste très limitée (un jour selon la convention interprofessionnelle).
Taux de charges sociales supporté par l’employeur, en pourcentage de la masse salariale, variant selon le secteur et le statut des employés.
Fiscalité des personnes physiques
L’impôt sur le revenu est progressif, avec plusieurs tranches s’étageant de 0 % à plus de 40 % selon le niveau de revenus annuel. Un système de quotient familial s’applique, réduisant l’impôt en fonction du nombre de personnes à charge. Les revenus salariaux font l’objet d’une retenue à la source opérée par l’employeur, qui doit reverser l’impôt au Trésor.
Les expatriés sont considérés comme résidents fiscaux s’ils séjournent plus de 183 jours dans l’année ou si le centre de leurs intérêts économiques est au Sénégal ; ils sont alors imposables sur leurs revenus de source mondiale, sous réserve des conventions de non‑double imposition signées avec certains pays.
Visas, permis de travail et résidence : un passage obligé
Pour un expatrié, l’un des aspects les plus sensibles reste la régularisation de sa situation administrative. Le cadre est relativement ouvert, mais la procédure est fortement bureaucratique, encore très papier et dépendante de l’employeur.
Types de titres et responsabilités
On distingue plusieurs documents :
– Le visa (touristique ou d’affaires) qui permet d’entrer dans le pays, souvent pour une période de 30 à 90 jours.
– Le permis de travail, délivré par le ministère du Travail, qui autorise l’exercice d’une activité professionnelle salariée.
– La carte d’identité d’étranger (CIE), délivrée par la police des étrangers, indispensable au‑delà de 90 jours de séjour.
Dans la pratique, les démarches administratives pour obtenir un permis de travail sont principalement prises en charge par l’employeur ou par un prestataire spécialisé de type ‘Employer of Record’. Ce dernier peut se substituer à l’entreprise étrangère pour gérer les contrats de travail localement.
Conditions et limites
Pour obtenir l’autorisation de travail, l’entreprise doit notamment :
– Être dûment enregistrée au Sénégal.
– Justifier du recours à un étranger par l’absence de compétences locales disponibles pour le poste.
– Respecter des plafonds de proportion d’expatriés dans les effectifs (héritage de textes anciens mais encore appliqués à l’occasion).
– Présenter un contrat de travail déjà signé, sans clause suspensive liée à l’obtention du permis.
Le candidat doit fournir passeport, diplômes, CV, extrait de casier judiciaire, certificat médical, photos d’identité, preuve de logement, etc. Les documents non rédigés en français doivent être traduits par un traducteur agréé.
Les délais officiels pour un permis de travail sont de 2 à 4 semaines, mais il est prudent d’anticiper plus. La Carte de séjour pluriannuelle (CIE) peut prendre plusieurs mois à être délivrée. Un récépissé temporaire valable six mois et renouvelable est alors fourni en attendant.
Les ressortissants de la CEDEAO et de certains pays bénéficiant d’accords bilatéraux (par exemple la France pour certains aspects) peuvent être exemptés de permis de travail, mais restent soumis à l’obligation de résidence au‑delà de 90 jours.
Famille et conjoints
Le regroupement familial est possible. Les conjoints et enfants mineurs peuvent obtenir des titres de séjour en tant que “dépendants”, mais ce statut ne donne pas automatiquement droit au travail. Un conjoint étranger qui souhaite exercer une activité professionnelle doit en principe demander son propre permis de travail.
Culture professionnelle : relations, hiérarchie et “teranga”
Au-delà des chiffres et des textes, la réussite d’un expatrié au Sénégal repose largement sur sa capacité à comprendre et respecter les codes culturels.
La culture d’affaires mêle une certaine formalités (importance des titres, de la hiérarchie, du respect des aînés) et une chaleur relationnelle forte. La notion de “teranga”, souvent traduite par hospitalité, imprègne la vie quotidienne et se retrouve dans la sphère professionnelle : on vous proposera volontiers un thé ou un café, la relation personnelle compte énormément, y compris pour la conclusion d’un contrat ou le recrutement.
La communication est indirecte, évitant les confrontations frontales et les critiques ouvertes au profit du non-dit, des silences et de la gestuelle. Les décisions sont généralement prises au sommet de la hiérarchie, ce qui peut allonger les processus. La patience et la diplomatie sont donc essentielles pour les expatriés.
Sur le plan linguistique, le français est la langue de travail dans l’administration et la plupart des entreprises, mais le wolof domine largement dans les échanges informels. Une bonne maîtrise du français est quasi incontournable pour un expatrié, et quelques rudiments de wolof, même basiques, facilitent grandement l’intégration.
Trouver un emploi : canaux, réseaux et agences
Chercher un poste au Sénégal “à distance” n’est pas simple, mais l’écosystème se structure de plus en plus autour de plateformes et d’acteurs spécialisés.
Plateformes et sites d’emploi
Plusieurs sites locaux recensent des offres pour le marché sénégalais : SenJob, Emploi Dakar, Cityjobs, mais aussi des plateformes internationales. On y trouve à la fois des postes ouverts à des candidats locaux et quelques offres explicitement ciblées sur des expatriés, notamment pour les ONG, les institutions internationales ou les postes de direction.
Pour trouver des missions dans le domaine du développement international basées à Dakar, il est conseillé de consulter des portails spécialisés. Ces plateformes agrègent fréquemment les offres d’emploi ou de mission publiées par les organisations multilatérales et les ONG.
Agences de recrutement et intérim
Un réseau dense d’agences locales et internationales s’est développé à Dakar, souvent avec une spécialisation sectorielle. Certaines se concentrent sur les profils cadres, d’autres sur l’intérim ou le placement technique pour les multinationales opérant en Afrique de l’Ouest. Elles travaillent aussi bien pour le compte d’entreprises sénégalaises que pour des groupes étrangers à la recherche de talents, locaux ou expatriés.
Le recours à des agences spécialisées est particulièrement pertinent et efficace dans les secteurs de l’énergie, du BTP, de la finance, de l’IT et de la logistique.
Coworking, hubs et networking
Dakar dispose d’une offre de coworking et de hubs d’innovation étonnamment riche pour une ville de cette taille. Des espaces comme Jokkolabs, Waypoint, Regus, BnB Coworking, des centres d’affaires ou encore des hubs dédiés à l’entrepreneuriat organisent régulièrement des rencontres, conférences, afterworks, ateliers, hackathons.
Pour un expatrié indépendant, consultant, entrepreneur ou même salarié, fréquenter ces lieux est un moyen concret de construire un réseau sur place, rencontrer des partenaires potentiels, comprendre l’écosystème et se tenir au courant des opportunités émergentes.
Avantages et limites du marché pour les expatriés
Le portrait qui se dessine du marché du travail au Sénégal pour un étranger est contrasté. Du côté des atouts, on trouve :
– Une économie en croissance, avec de grands projets publics et privés.
– Une capitale qui devient un hub régional pour la tech, les services et le développement international.
– Des salaires expatriés pouvant être très compétitifs, comparés au coût de la vie local.
– Une population jeune, entrepreneuriale, qui voit l’innovation comme une voie de réussite.
– Un cadre politique relativement stable à l’échelle de la région.
Mais des limites structurantes existent :
Le marché de l’emploi est très concurrentiel pour les postes généraux, exigeant une plus-value technique ou managériale. Les lois de contenu local limitent les opportunités pour les étrangers, sauf pour les hauts niveaux ou expertises rares. Les démarches administratives d’immigration sont lourdes, papier et longues, avec un rôle crucial de l’employeur. La forte protection des salariés en CDI peut freiner les recrutements. Enfin, les importantes inégalités salariales entre locaux et expatriés sont une source potentielle de tensions à gérer avec tact.
En pratique : quel profil a le plus de chances de réussir ?
En synthèse, les expatriés qui tirent le mieux leur épingle du jeu au Sénégal cumulent généralement plusieurs caractéristiques :
Pour réussir une mission d’expertise en Afrique, le profil idéal combine : une spécialisation dans un secteur porteur (énergie, mines, IT, data, finance, grands projets, développement international, santé, éducation) ; une solide expérience (8-10 ans minimum) avec une capacité avérée à encadrer et former les équipes locales ; une bonne maîtrise du français et une ouverture aux langues locales ; une expérience africaine préalable ou, à défaut, une forte appétence pour les contextes culturels différents et les contraintes logistiques et administratives spécifiques ; enfin, la capacité à s’adapter à un environnement où la planification, les délais, la hiérarchie et les codes de communication diffèrent de ceux en Occident.
Pour ceux qui cocheraient ces cases, le Sénégal offre des perspectives intéressantes, tant en termes de carrière que de qualité de vie, avec un coût de la vie encore relativement accessible, une scène culturelle riche et une réelle énergie entrepreneuriale. À condition, cependant, de bien préparer son projet, de négocier son package avec soin, de sécuriser son statut légal et de s’immerger avec respect dans la culture professionnelle locale.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en Sénégal pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation locale, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Portugal, Maroc, Île Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour sa fiscalité potentiellement avantageuse pour les non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France et un environnement francophone facilitant l’intégration. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑SN), obtention du titre de séjour avec location ou achat de résidence principale à Dakar, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, notaire, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale (analyse, adaptation aux règles successorales locales et restructuration si nécessaire).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.