Guide culinaire pour expatriés : plonger dans la gastronomie locale au Sénégal

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Sénégal, c’est entrer dans un univers où la nourriture ne se résume pas à ce qu’il y a dans l’assiette. Chaque plat raconte une histoire de migrations, de religion, de commerce atlantique, d’influences françaises, maghrébines et ouest-africaines. Et surtout, chaque repas est une démonstration de teranga, cette hospitalité profondément ancrée qui structure la vie sociale.

Pour un expatrié, comprendre la table sénégalaise, c’est comprendre une bonne partie du pays. Ce guide propose un parcours pratique et gourmand, centré sur la vie au Sénégal – et particulièrement à Dakar – pour vous aider à passer du statut de simple consommateur curieux à celui de convive pleinement intégré.

Teranga, repas partagés et codes de table

Avant de parler de thieboudienne ou de mafe, il faut saisir le contexte culturel. Au Sénégal, le repas est un moment social majeur. On y lit le respect des aînés, la hiérarchie, la foi, la générosité, la modestie (sutura) et l’importance de la famille élargie.

On mange très souvent à plusieurs autour d’un grand plat commun posé au centre. Chacun se voit attribuer une “zone” devant lui et il est mal vu d’aller piocher dans la part du voisin. Le geste du maître de maison qui dépose les plus beaux morceaux de poisson, de viande ou de légumes devant l’invité est un marqueur puissant de générosité.

Bon à savoir :

On mange traditionnellement avec la main droite, la gauche étant considérée comme impure pour ce geste. Avant le repas, de l’eau est versée sur les mains des convives depuis une théière. Il est important d’attendre que l’aîné, souvent l’homme le plus âgé, commence avant de manger. Après le repas, ne vous levez pas immédiatement ; prolonger la conversation fait partie du rituel.

Accepter ce qui est offert est important. Refuser un thé, un jus ou une assiette entière peut être perçu comme un manque de respect. Il est apprécié de goûter à tout, de prendre parfois un petit rab et de laisser au final une minuscule portion dans sa zone pour signifier que l’on a été bien rassasié. Un rot discret n’a rien de choquant, il peut même passer pour un compliment.

Panorama de la cuisine sénégalaise : entre mer, arachide et riz

La gastronomie sénégalaise est souvent décrite comme l’une des plus riches et variées d’Afrique de l’Ouest. Elle s’explique par trois grandes influences : la mer, l’arachide et le riz.

La façade atlantique donne un rôle central au poisson et aux fruits de mer : thiof (grosse perche très appréciée), dorade, mérou, capitaine, red snapper, barracuda, poulpe, calmars, gambas, huîtres de mangrove, voire oursins et bigorneaux selon les zones. À Dakar comme en Casamance ou dans le Sine-Saloum, le poisson grillé, braisé ou mijoté est partout.

Exemple :

L’arachide, culture phare du Sénégal, est un ingrédient structurant de nombreux plats traditionnels. Elle est notamment utilisée sous forme de pâte ou d’huile dans le mafe, un ragoût emblématique, dans certaines variantes de riz comme le ‘thiébou guerté’, et entre même dans la composition de desserts tels que le ngalakh, où elle est mélangée à la pulpe de baobab.

Le riz, introduit massivement avec la colonisation et le commerce maritime, domine les repas de midi. Le déjeuner est en général le repas le plus copieux, souvent une grande assiette de riz en sauce. Le soir, beaucoup de familles préfèrent des plats plus légers : vermicelles au poulet, viande avec frites et haricots verts, poulet frit, mais moins souvent du riz.

Bon à savoir :

Les oignons sont omniprésents dans les sauces, souvent en grande quantité. Les épices principales incluent le piment (souvent fort), l’ail, le gingembre, le laurier, le persil, le citron et la moutarde. Des condiments fermentés comme le nététou ou le gejj sont également utilisés pour renforcer les saveurs umami.

Enfin, un grain ancien connaît une forme de renaissance : le fonio, céréale très fine, résistante à la sécheresse, sans besoin de pesticides. Grâce à une décortiqueuse inventée par l’ingénieur sénégalais Sanoussi Diakité, ce grain revient dans les assiettes, valorisé notamment par le chef Pierre Thiam dans ses livres et restaurants.

Les plats incontournables à connaître (et à reconnaître)

Pour s’intégrer à la vie quotidienne, mieux vaut savoir identifier les classiques quand on vous les propose. Voici les grandes “stars” de la table sénégalaise, que l’on vous servira tôt ou tard.

Thieboudienne, le plat national

Véritable emblème, la thieboudienne (ou ceebu jën, thiebou dienne, thieboudjenne) associe poisson, riz et légumes dans une grande marmite. On dit qu’elle a été inventée au XIXe siècle par une cuisinière du nom de Penda Mbaye à Saint-Louis. L’UNESCO l’a inscrite au patrimoine culturel immatériel, reconnaissance qui confirme son statut de symbole national.

Le principe : du poisson (souvent gros, comme le thiof ou le capitaine) farci d’une pâte d’herbes et d’ail appelée rof, mijoté dans une sauce tomate parfumée, avec des légumes entiers ou grossièrement coupés, type carotte, chou, manioc, patate douce, aubergine africaine, gombo. Le riz est cuit dans ce bouillon, ce qui lui donne cette couleur rouge caractéristique dans la version “rouge”. Il existe aussi une version “blanche” sans tomate.

Traditionnellement, on présente tout dans un immense plat rond. Le poisson et les gros morceaux de légumes trônent au centre, le riz autour. Le maître de maison dirige presque la circulation des bouchées, redistribuant les meilleurs morceaux vers les invités.

Yassa, le citron et l’oignon en vedette

Originaire de la Casamance, le yassa est l’autre incontournable. Sa base : une marinade très parfumée à l’oignon, au citron (ou citron vert), à la moutarde et au poivre. Le poulet (yassa poulet) ou le poisson (yassa poisson) macère dans ce mélange, est souvent grillé ou saisi pour développer des arômes fumés, puis mijoté avec une montagne d’oignons caramélisés. Le tout est servi sur du riz blanc.

Astuce :

C’est un plat à la fois simple et puissant, très apprécié des expatriés car il n’est pas trop épicé tout en étant très aromatique. On en trouve aussi des versions avec bœuf ou mouton.

Mafe, le ragoût d’arachide

Le mafe (ou maffé) est un ragoût dans une sauce onctueuse à base de pâte d’arachide et de tomate. On y met du bœuf, du mouton, du poulet ou du poisson selon les régions, avec des légumes comme carottes, chou, patate douce, manioc. Certains remplacent le riz par des haricots cornille (niébé).

Ce plat, partagé entre Sénégal, Mali et d’autres pays sahéliens, est extrêmement nourrissant. Son goût rappelle parfois les satés asiatiques, mais dans une version plus rustique et familiale.

Dibi, le barbecue de rue

Le dibi, c’est la grillade de viande à la sénégalaise. À Dakar, des “dibiteries” plantent leurs grils au bord des grandes artères, surtout le soir. On y grille principalement du mouton (côtes, quartiers désossés), mais aussi du bœuf ou du poulet, parfois du gibier.

Exemple :

La viande est assaisonnée en étant frottée avec du sel, du piment et des épices en poudre. Elle est souvent servie avec une sauce à base d’oignon et de moutarde, relevée au piment, et accompagnée de frites ou de pain. Une option de cuisson alternative est de la demander « en papillote », c’est-à-dire enveloppée dans du papier avec de la moutarde et des herbes avant d’être grillée, une méthode qui permet d’obtenir une viande particulièrement juteuse.

Soupou kandja, domoda et autres mijotés

De nombreuses sauces complètent ce trio célèbre.

Soupou kandja (ou soupe kandia) est un ragoût d’okra, souvent enrichi de viande, de poisson séché, parfois de fruits de mer, de pâte de néré (nététou) et d’huile de palme rouge. Sa texture est volontairement “gluante”, ce qui peut surprendre, mais c’est un plat très apprécié.

Domoda, typique de l’est du pays (Tambacounda), joue une sauce tomate épaissie à la farine, acidulée au citron, dans laquelle cuisent des morceaux de viande, de poisson ou des boulettes. Elle se sert sur du riz.

D’autres spécialités comme le thiébou yapp (riz à la viande), le thiébou guinar (riz au poulet) ou même le thiébou guerté (riz à la pâte d’arachide, plus rare) déclinent le principe du grand plat de riz en sauce.

Couscous de mil, fonio et plats de terroir

Au-delà du riz, les céréales traditionnelles restent très vivantes. Le thiéré ou chere désigne un couscous de mil, base de nombreux plats comme le bassi-salté, un mélange sucré-salé avec boulettes de viande, légumes, raisins secs, dattes, souvent servi lors de la nouvelle année musulmane (Tamkharit). Chez les Serer et dans le Sine-Saloum, ces couscous sont très présents.

Bon à savoir :

Le fonio est de plus en plus utilisé dans la restauration moderne comme ingrédient à la mode, notamment par les chefs engagés pour sa durabilité. Il se déguste sous diverses formes : en salade, en accompagnement, ou encore en bowl avec des légumes et des crevettes.

Street food : fataya, pastels, accara et compagnie

Dans les rues de Dakar, de Saint-Louis ou de Ziguinchor, la petite friture règne.

Les pastels et fatayas sont des chaussons frits, garnis de poisson épicé ou de viande hachée avec sauce tomate. On les trempe dans une sauce tomate bien pimentée. Les accara (ou akara) sont des beignets de haricot cornille (niébé), dorés et croquants, souvent vendus au petit-déjeuner.

On trouve aussi des beignets sucrés, parfois saupoudrés de sucre, des crêpes inspirées de la tradition française, des nems, héritage des échanges avec le Vietnam, ou encore des “sandwichs” généreux : pain garni de spaghettis épicés, d’omelette, de viande en sauce ou de ndambé (haricots en sauce tomate épicée), très populaires le matin.

Boissons locales : hibiscus, baobab, café touba et attaya

Les boissons racontent une autre facette de la culture.

Le bissap est probablement la boisson froide la plus emblématique : une infusion de fleurs d’hibiscus séchées, sucrée, parfois parfumée à la menthe ou à la fleur d’oranger. Sa couleur va du rouge profond au violet. Très rafraîchissant, il accompagne aussi bien la street food que les repas familiaux.

Attention :

Parmi les boissons traditionnelles, le bouye (jus de baobab) est épais et souvent aromatisé, tandis que le jus de ditakh, très riche en vitamine C, ainsi que les jus de tamarin et de gingembre, complètent cette gamme de produits locaux.

Le café touba, noir et très sucré, aromatisé avec des grains de selim (une épice africaine), est vendu au coin des rues dans de petites tasses en plastique. C’est un marqueur fort de la religiosité populaire et du rôle des confréries soufies.

Enfin, l’attaya, thé vert chinois infusé longuement avec beaucoup de sucre et de menthe, se sert en trois verres successifs de plus en plus doux. Ce rituel peut durer près d’une heure et constitue une forme de “slow socializing” à la sénégalaise.

Dakar, laboratoire culinaire entre tradition et fusion

Avec environ quatre millions d’habitants, Dakar concentre la diversité culinaire du pays. Capitale politique, économique et culturelle, posée sur la presqu’île du Cap-Vert, elle mêle marchés bouillonnants, plages, restaurants haut de gamme et échoppes de fortune.

On peut y manger un thieboudienne fumant dans une gargote de quartier, puis, le soir, une cuisine afro-fusion ou italienne préparée par des chefs formés à l’international. De nombreux établissements jouent la carte du métissage, en intégrant des ingrédients locaux (fonio, bissap, bouye, poissons de l’Atlantique) à des techniques françaises, italiennes, asiatiques ou latino-américaines.

Pour un expatrié, Dakar est donc à la fois la porte d’entrée vers la cuisine sénégalaise “de base” et un terrain de jeu idéal pour voir comment cette cuisine se réinvente.

Expatrié

Quelques repères gastronomiques à Dakar

Le foisonnement d’adresses peut être déroutant au début. Sans faire de classement, voici un échantillon de lieux emblématiques, utile pour se repérer et calibrer son budget.

Type d’expérienceLieu / QuartierSpécialités / Intérêt principal
Cuisine sénégalaise généreuseChez Loutcha (Plateau)Thieboudienne, soupe kandia, dibi, portions très copieuses
Grillade de rueDibiterie le Mboté (Medina, Rue 6)Mouton grillé au feu de bois, service jusqu’au petit matin
Seafood mode décontractéeLa Cabane du Pêcheur (Petite Ngor)Poisson du jour, fruits de mer, vue sur l’Île de N’Gor
Afro-fusion / soirée animéeAlkimia (Route des Almadies)Poisson grillé avec plantain et butternut, kedjenou ivoirien, musique live
Pan-africain / artLa Calebasse (Les Mamelles)Spécialités africaines, galerie d’art intégrée
Café créatif & healthyKéliba Café (Hann Maristes 2)Bowls au fonio, tarte au baobab, cuisine de saison locale

Dans la zone des Almadies, le long de la corniche, plusieurs restaurants de poisson se succèdent, certains très simples, d’autres plus sophistiqués. Sur la plage de Ngor ou à Soumbédioune, on peut acheter son poisson frais aux pêcheurs et le faire griller sur place.

1000

Le prix d’un plat de thieboudienne dans un petit maquis au Sénégal.

Budgets et réalités du coût de la vie

Pour vous situer, voici quelques ordres de grandeur tirés de témoignages et d’estimations :

Type de repasLieu typiqueFourchette de prix
Plat local simple (thieb, yassa)Cantine de quartier, rueEnviron 500 à 2 000 CFA
Repas complet dans un restaurant localPetit restaurant sénégalais3 000 à 6 000 CFA
Repas dans un restaurant “moyen de gamme”Brasserie, resto mixte local/international8 000 à 20 000 CFA
Cuisine “gastronomique” ou hôtel 4-5*Restaurants d’hôtels ou spots “lifestyle”25 000 à 50 000 CFA et plus

Pour un expatrié seul, le budget alimentaire mensuel tourne souvent entre 200 et 400 dollars si l’on alterne cuisine maison et restaurants. Une famille peut facilement atteindre 500 à 800 dollars, surtout si elle consomme beaucoup de produits importés.

La clé pour maîtriser ses dépenses : privilégier les marchés pour les produits frais et consommer principalement ce qui est local et de saison.

S’approvisionner : marchés, supermarchés et astuces de courses

Au Sénégal, l’essentiel des produits frais se trouve dans les marchés. Dakar en compte plusieurs grands, chacun avec son ambiance et ses spécialités.

Le Marché Kermel, au cœur du Plateau, est installé dans un bâtiment d’époque coloniale. On y trouve du poisson, des fruits, des légumes, mais aussi des souvenirs. Sandaga, immense et plus chaotique, est le royaume du textile, des objets du quotidien, de la friperie, et abrite également des stands de nourriture. Soumbédioune, village de pêcheurs au bord de l’océan, est le spot idéal pour acheter du poisson en fin d’après-midi, au moment où les pirogues rentrent (vers 16 h 30 – 17 h 30). Des femmes proposent aussi d’écailler et de vider votre poisson pour une somme modique.

Exemple :

Hors de Dakar, des villes comme Saint-Louis, Thiès ou Ziguinchor possèdent chacune leur grand marché central. Ces marchés sont caractérisés par un mélange de produits agricoles, d’artisanat local, d’épices et de textiles, illustrant la diversité des échanges commerciaux et culturels dans les différentes régions du Sénégal.

Pour les produits conditionnés, les grandes chaînes comme Auchan, Casino, City Dia, Atac ou Hypermarché couvrent la capitale. On y trouve des marques françaises, espagnoles et quelques références internationales. Les prix y sont généralement élevés, parfois plus qu’en Europe ou aux États-Unis pour les produits importés (céréales de marque, fromages spécifiques, charcuterie, sauces américaines, etc.).

Des épiceries spécialisées (American Food Store, boutiques “gourmet”) vendent produits US ou européens – sodas, sauces BBQ, snacks, tortillas – souvent à prix multiplié par deux ou trois. Pour garder un budget raisonnable, il vaut mieux réserver ces achats à la nostalgie ponctuelle plutôt qu’aux courses hebdomadaires.

Vivre la cuisine de l’intérieur : ateliers, cours et expériences

Pour un expatrié, la meilleure façon de s’approprier la gastronomie locale est d’apprendre à cuisiner les plats soi-même, avec l’aide de cuisinières et de chefs sénégalais. Plusieurs formules existent.

Certains ateliers commencent par une visite de marché : on rejoint un guide, souvent à Dakar ou dans la banlieue (Guediawaye par exemple), on parcourt les allées, on discute avec les vendeuses, on choisit le poisson, les légumes, le riz et les condiments. C’est l’occasion de découvrir le nokoss, ce mélange d’ail, d’oignons, de persil, de piment et d’épices qui sert de base aromatique à une foule de plats.

Exemple :

Lors d’un atelier, les participants mettent en pratique les techniques enseignées : ils découpent les légumes, préparent les sauces, gèrent la cuisson du riz, dosent les piments et rectifient l’assaisonnement. Ils apprennent notamment à monter un mafé, à réussir un yassa bien confit et à équilibrer un thiéboudienne pour obtenir un riz ni sec ni collant. La séance se conclut par un repas partagé autour du grand plat préparé ensemble.

Certains cours sont très ciblés (par exemple, un atelier sur le poulet yassa ou sur le jollof), d’autres plus complets, incluant visite de quartier, cérémonie du thé attaya, voire découverte d’un rituel comme la divination aux cauris. Les prix varient selon la durée, le standing du lieu et la plate-forme de réservation, mais se situent souvent entre 40 et 130 dollars par personne pour une demi-journée ou une journée avec repas inclus.

Bon à savoir :

Des initiatives comme Chef Academy Senegal, fondée par le chef David Daouda Diop, proposent des programmes de formation professionnelle complète (cuisine, hygiène, sécurité alimentaire, planification de menus, jardinage urbain) à des jeunes femmes en situation précaire. Pour les expatriés, soutenir ou visiter ces projets allie découverte gastronomique et engagement social.

S’adapter : épices, piment, hygiène et contraintes alimentaires

Pour qui arrive d’Europe ou d’Amérique du Nord, la générosité des assaisonnements peut surprendre : beaucoup d’oignons, de sel, d’huile, de piment, de sucre dans les boissons chaudes ou les jus.

Si vous êtes sensible au piment, il est utile de mémoriser quelques phrases en français ou en wolof pour demander “peu épicé”. L’avantage, c’est que dans beaucoup de maisons et de restaurants, la base du plat n’est pas forcément très piquante et la chaleur vient surtout des sauces servies à part : sosa kaani (sauce piment), moutarde pimentée, etc. Il suffit alors de limiter ces ajouts.

Bon à savoir :

Pour manger dans la rue en toute sécurité, privilégiez les stands très fréquentés avec un roulement rapide et choisissez des plats bien cuits servis très chauds. Évitez les crudités et les glaçons non garantis. Lavez-vous les mains avant de manger et ne buvez que de l’eau en bouteille ou traitée, comme le recommandent les autorités sanitaires.

Pour les personnes allergiques (notamment à l’arachide, omniprésente), intolérantes au gluten ou végétariennes, la vigilance est de mise. Il existe maintenant des options végétales (certains cours de cuisine proposent des versions vegan de plats comme le jollof, mafe sans viande, etc.) et de plus en plus de restaurants “healthy” à Dakar, mais la compréhension des allergies n’est pas toujours acquise dans les échoppes populaires. Expliquer clairement, éventuellement avec un petit texte préparé en français, peut éviter les malentendus.

Intégration sociale : que faire, que dire, quoi offrir

Participer à un repas sénégalais est aussi un exercice social.

Saluer tout le monde, d’abord. Le rituel de salutations est central : on prend le temps de demander des nouvelles (“Naka nga def ?”, “Nanga def ?” en wolof), de la santé, de la famille. On utilise volontiers des termes respectueux pour les aînés (“tonton”, “tata”, “papa”, “maman”), même sans lien de parenté.

Astuce :

Lorsque vous êtes invité, il est très apprécié d’apporter un petit présent, comme une boîte de chocolats, des viennoiseries d’une bonne boulangerie ou un panier de fruits joliment présenté. Il est important de toujours tendre et recevoir ces cadeaux avec la main droite (ou les deux mains), jamais avec la main gauche seule.

À table, on ne se sert pas avant que l’aîné ou le maître de maison ait commencé. On ne commente pas négativement le plat, on évite les débats politiques ou religieux trop francs, surtout au début d’une relation. En revanche, complimenter la cuisinière, demander la recette, montrer que l’on connaît quelques noms de plats (thieboudienne, yassa, mafe, dibi) crée d’emblée une connivence.

Prolonger la conversation après le repas autour d’un attaya ou d’un café touba est une façon de montrer que l’on ne considère pas l’invitation comme une simple “consommation”, mais bien comme un moment de lien.

Marchés et street food : s’y retrouver et négocier sans heurter

Les marchés sénégalais peuvent être déstabilisants au début : bruit, foule, sollicitations insistantes, absence d’étiquettes de prix. Pourtant, ils sont au cœur de la vie quotidienne et un passage obligé pour comprendre la gastronomie locale.

Astuce :

L’important est d’aborder le marchandage de manière détendue et humble, en prenant son temps. Commencez par saluer, sourire et observer sans vous précipiter. Le marchandage est un jeu qui doit rester respectueux. L’objectif n’est pas d’obtenir le prix le plus bas à tout prix, mais de trouver un compromis acceptable pour les deux parties. Une stratégie payante consiste à accepter de payer un peu plus cher lors d’un premier achat pour identifier les vendeurs sérieux, puis à revenir les voir par la suite.

Il est recommandé de vérifier la fraîcheur des produits, surtout du poisson et de la viande : œil vif, odeur neutre, chair ferme sont des repères universels. Pour le poisson à Soumbédioune, par exemple, viser l’heure de retour des pirogues en fin de journée maximise vos chances d’avoir du très frais.

Mieux vaut aussi connaître les saisons : les mangues, avocats, certains agrumes n’apparaissent qu’à des moments précis de l’année. Les produits importés (brocoli, champignons frais, baies, certains fromages) seront rares et chers. Apprendre à cuisiner avec ce que le pays offre permet de mieux profiter de la gastronomie sénégalaise et d’en limiter l’empreinte écologique.

Entre cuisine locale et restaurants internationaux : trouver son équilibre

Vivre au Sénégal ne signifie pas renoncer aux cuisines du monde. À Dakar, on trouve des restaurants italiens, libanais, asiatiques, cap-verdiens, argentins, voire de la fusion japonaise-latino. Certains établissements servent des tatakis de thon, des sushis, des risottos aux crustacés, des hamburgers twistés de saveurs africaines, ou des desserts d’inspiration française comme soufflés au chocolat et crèmes brûlées au yuzu.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, l’offre de restauration internationale peut être rassurante, mais l’expérience authentique se trouve aussi dans les établissements modestes : les stands de beignets tenus par des femmes qui se lèvent à l’aube, les gargotes de quartier servant un plat unique, où se mêlent saveurs locales et rencontres humaines.

Un bon compromis est de se fixer un “rythme” personnel : cuisiner local à la maison plusieurs fois par semaine, explorer un marché ou un stand de rue le week-end, et s’offrir de temps en temps une table gastronomique ou un brunch cosmopolite. Avec le temps, on finit par développer ses propres rituels : la vendeuse de mangues “préférée”, le dibitier dont on connaît l’équipe, le petit café où l’on boit toujours le même bissap glacé.

En guise de conclusion : faire de la cuisine un langage commun

Découvrir la gastronomie locale au Sénégal, ce n’est pas cocher une liste de plats “à goûter” avant de passer à la destination suivante. Pour un expatrié, c’est un processus continu, fait de petites habitudes, de gestes appris, de recettes adaptées, de ratés en cuisine, de coups de cœur et de plats trop pimentés.

En apprenant à manger avec la main droite autour d’un plat commun, en osant demander comment se prépare le mafe de la grand-mère d’un collègue, en s’essayant à un atelier de thieboudienne ou à un bowl de fonio préparé dans un café engagé, on se met peu à peu à lire le pays autrement.

La bonne nouvelle, c’est que le Sénégal, par sa tradition de teranga, a tendance à accueillir ces efforts avec chaleur. Un mot de wolof mal prononcé, une tentative maladroite de rouler les boulettes de riz avec la main, un commentaire enthousiaste sur un jus de bissap bien frais suffisent souvent à ouvrir la conversation. Et très vite, la gastronomie locale cesse d’être “exotique” pour devenir simplement… votre quotidien.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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