Fiscalité au Sénégal pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière décodés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer, investir ou préparer sa retraite au Sénégal séduit de plus en plus d’expatriés. Mais derrière la carte postale, la fiscalité reste souvent la grande inconnue. Résultat : près de 9 investisseurs immobiliers sur 10 sous‑estiment leurs obligations fiscales, et les mauvaises surprises peuvent faire grimper la facture de 2 à 8 millions de FCFA sur un achat de 50 millions.

Bon à savoir :

Cet article clarifie les obligations fiscales des expatriés au Sénégal, en se basant sur le Code Général des Impôts, les données de la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) et les conventions fiscales internationales. Il aborde spécifiquement l’impôt sur le revenu et la taxe foncière, avec un focus sur les conventions comme celle avec la France.

Comprendre son statut fiscal d’expatrié au Sénégal

Avant de parler de taux ou de déclarations, tout commence par une question clé : êtes‑vous résident fiscal sénégalais ou non‑résident ? Toute votre fiscalité en découle.

Attention :

Une personne est considérée comme résidente fiscale au Sénégal si elle y séjourne habituellement au moins 183 jours par an, y a son centre d’intérêts économiques ou familiaux (résidence principale, famille), ou y exerce en continu une activité professionnelle pour une entreprise sénégalaise. Le Code Général des Impôts étend ce statut aux cas de résidence permanente ou d’activité principale, incluant certains agents de l’État en poste à l’étranger.

Celui qui ne remplit pas ces conditions est traité comme non‑résident : il n’est imposable au Sénégal que sur les revenus de source sénégalaise, typiquement les loyers d’un bien situé dans le pays, certains intérêts ou dividendes locaux, ou une activité exercée sur place.

Astuce :

Cette distinction a deux conséquences majeures. Le résident est imposé au Sénégal sur son revenu mondial, sous réserve des conventions de non‑double imposition, alors que le non‑résident ne l’est que sur les revenus de source sénégalaise. De plus, lorsque deux systèmes fiscaux (comme les systèmes français et sénégalais) se croisent, la qualification de la résidence peut diverger. Dans ce cas, il est essentiel de se référer aux dispositions de la convention fiscale bilatérale applicable pour déterminer le régime d’imposition.

Pour la France, par exemple, la notion de « foyer » et de « centre des intérêts économiques » est centrale. Un arrêt de la Cour administrative d’appel de Toulouse en 2024 a jugé qu’un contribuable était résident fiscal français jusqu’en 2014, puis sénégalais à partir de 2015, en tenant compte de la durée de séjour et de l’ancrage familial. Cette jurisprudence illustre l’importance de documenter de façon précise sa situation (lieu de vie, famille, activité, comptes bancaires) lorsque l’on bascule vers le Sénégal.

Impôt sur le revenu : comment sont taxés les expatriés

L’impôt sur le revenu au Sénégal est progressif : le taux augmente par tranches, en fonction du niveau de revenu. Plusieurs barèmes coexistent dans les sources, car des réformes récentes ont modifié les seuils et le nombre de tranches, mais le principe reste le même : les premiers centaines de milliers de FCFA sont taxés à 0 %, puis le taux grimpe progressivement, jusqu’à atteindre 40 %, voire 43 % sur les très hauts revenus.

Le mécanisme général : revenus, parts et plafonnement

L’impôt est calculé sur le revenu net imposable, c’est‑à‑dire le revenu brut (salaires, pensions, loyers, bénéfices professionnels…) après déduction de certaines charges : cotisations sociales, primes de retraite, pensions alimentaires, frais professionnels, ou encore dépenses liées à la constitution d’une retraite. Des abattements spécifiques s’appliquent à certaines catégories de revenus, notamment les pensions.

Exemple :

Le système fiscal sénégalais intègre la situation familiale via un mécanisme de parts. Chaque enfant à charge ouvre droit à une demi-part par parent, et un conjoint sans revenu imposable donne droit à une demi-part supplémentaire pour le foyer. Le calcul de l’impôt se fait en divisant le revenu total par le nombre de parts, en appliquant le barème progressif sur ce quotient, puis en multipliant le résultat par le nombre de parts. Cependant, l’avantage est limité par un plafond de cinq parts au total pour un foyer.

Dans tous les cas, la loi prévoit que le montant final de l’impôt ne peut pas dépasser 40 % du revenu imposable, même en présence de la combinaison ancien système proportionnel + progressif. À l’autre extrémité, en‑dessous de certains seuils, l’impôt est nul.

Pour donner un ordre de grandeur, l’une des grilles fréquemment citées se présente comme ci‑dessous (par part) :

Tranche de revenu annuel (FCFA)Taux indicatif
Jusqu’à 630 0000 %
630 001 à 1 500 00020 %
1 500 001 à 4 000 00030 %
4 000 001 à 8 000 00035 %
8 000 001 à 13 500 00037 %
13 500 001 à 50 000 00040 %
Au‑delà de 50 000 00043 % (source)

Les chiffres précis évoluent avec les lois de finances, mais la structure reste : une tranche exonérée, puis plusieurs paliers jusqu’à un taux marginal autour de 40 % – parfois 43 % sur les revenus très élevés.

Résident ou non‑résident : qui déclare quoi ?

Pour un salarié résident employé par une entreprise établie au Sénégal, l’impôt est généralement prélevé à la source par l’employeur, qui reverse chaque mois à la DGID. Dans ce cas, la déclaration annuelle peut être simplifiée, voire dispensée pour ceux qui n’ont que ce type de revenu.

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Une seule déclaration annuelle globale est obligatoire dès que l’on cumule plusieurs sources de revenus ou exerce une activité indépendante.

Le non‑résident percevant des revenus de source sénégalaise (par exemple des loyers) doit également déclarer, mais uniquement ces revenus locaux. Le Code Général des Impôts impose en outre aux non‑résidents de désigner un représentant domicilié au Sénégal, chargé de recevoir les communications de l’administration fiscale et, le cas échéant, de représenter le contribuable.

Le cas particulier des pensions et retraites

Pour les retraités étrangers qui choisissent de vivre au Sénégal, la fiscalité des pensions est un sujet majeur. Le principe posé par les conventions fiscales est souvent le suivant : la pension est imposable dans le pays de résidence fiscale du bénéficiaire. Dans la relation franco‑sénégalaise, un retraité installé au Sénégal, et reconnu comme résident fiscal sénégalais, paie l’impôt sur sa pension au Sénégal et non plus en France, sous réserve de quelques exceptions sectorielles.

Bon à savoir :

Pour les pensions de source étrangère transférées au Sénégal, un abattement fiscal de 80% est applicable, sous conditions. La pension doit être versée sur un compte en FCFA dans une banque sénégalaise et le retraité doit fournir annuellement une attestation bancaire confirmant le transfert et la conversion. Ce dispositif, bien plus avantageux que la déduction forfaitaire standard de 40%, permet généralement de réduire le taux d’imposition effectif en dessous de 5%.

La combinaison des deux abattements (40 % sur la pension, puis déduction de 80 % sur l’impôt) produit une imposition extrêmement allégée, à condition de respecter scrupuleusement la procédure : demande de carte d’identité d’étranger, inscription au consulat le cas échéant, déclaration au centre des impôts compétent, et production annuelle des attestations de pension et de virement en FCFA. L’administration n’a toutefois pas encore clarifié ce qu’il en est en cas de transfert partiel seulement des pensions : la prudence incite aujourd’hui à rapatrier l’intégralité des pensions déclarées comme bénéficiant de l’abattement.

Revenus fonciers : comment sont taxés les loyers au Sénégal

Pour un expatrié, l’immobilier est souvent la première porte d’entrée dans la fiscalité sénégalaise. Que l’on achète un appartement à Dakar pour le louer, une villa à Saly pour des séjours saisonniers ou un terrain à bâtir, la fiscalité des revenus fonciers et des plus‑values est incontournable.

Deux régimes pour les loyers : « réel » ou Contribution Globale Foncière

Les loyers sont imposés à un taux de base de 20 % au titre des revenus fonciers. Mais il existe deux façons d’y arriver : le régime dit « réel« , et la Contribution Globale Foncière (CGF), un mécanisme forfaitaire simplifié.

Bon à savoir :

Le revenu foncier imposable se calcule en appliquant d’abord un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts pour les charges courantes. Sur cette base (70 % des loyers), vous pouvez ensuite déduire vos charges réelles, comme les intérêts d’emprunt, les grosses réparations, les frais de gestion et les salaires. Le résultat, le revenu net, est imposé au taux forfaitaire de 20 %.

La CGF, elle, fonctionne comme un forfait qui remplace, en une seule contribution, l’impôt sur le revenu foncier, certaines taxes minimales et la taxe foncière sur les propriétés bâties. Elle est réservée aux personnes physiques (ou associés de sociétés civiles immobilières) dont le total des loyers annuels ne dépasse pas 30 millions de FCFA. Au‑delà, le régime réel est de toute façon obligatoire à partir d’un certain niveau (25 millions de FCFA de loyers selon la réglementation récente).

Les taux de la CGF sont exprimés en nombre de mois de loyer par an, selon des paliers. Pour l’année 2025, les barèmes annoncés sont les suivants :

Loyers annuels bruts (FCFA)CGF due (en mois de loyer)Taux effectif approximatif
Jusqu’à 12 000 0001 mois8,33 %
12 000 001 à 18 000 0001,5 mois12,5 %
18 000 001 à 30 000 0002 mois16,67 %

Autrement dit, un expatrié percevant 15 millions de FCFA de loyers sur l’année paiera, en CGF, l’équivalent d’un mois et demi de loyer. Comparé au régime réel – où l’on applique 20 % sur une base nette plus lourde – les simulations montrent des économies annuelles pouvant atteindre près d’un demi‑million de FCFA autour de ce niveau de revenu.

Choisir son régime, déclarer dans les temps

L’option pour la CGF est encadrée. L’investisseur doit déposer une déclaration spécifique, mentionnant le total des loyers attendus pour l’année, avant le 1er février. Le paiement peut se faire en une seule fois ou en trois acomptes égaux, à la fin février, avril et juin. En contrepartie, il n’a plus à gérer séparément impôt foncier et minimum fiscal sur ces revenus.

Attention :

En cas d’oubli ou de dépôt tardif de la déclaration, le contribuable bascule automatiquement sur le régime réel d’imposition pour une durée minimale de trois ans. C’est un piège fréquent pour les expatriés qui découvrent le système fiscal.

Le régime réel devient de toute façon obligatoire lorsque les loyers annuels dépassent un certain seuil (25 millions de FCFA dans les tout derniers textes), ou si le contribuable souhaite bénéficier de la déduction intégrale d’intérêts d’emprunt et de charges lourdes dans des montages plus complexes (immeubles anciens à réhabiliter, par exemple).

Retenue à la source sur les loyers

Autre particularité sénégalaise : la retenue à la source sur les loyers. Lorsque le locataire est une entreprise ou une administration, il doit en principe retenir 5 % du loyer versé à un propriétaire personne physique et reverser ce montant au fisc. Cette retenue ne s’applique pas si le loyer mensuel est inférieur à 150 000 FCFA, si le bailleur est une société soumise à l’impôt sur les sociétés, ou si le loyer transite par une agence immobilière qui se charge de la relation avec l’administration.

Astuce :

La retenue à la source de 5% sur les loyers payés par une entreprise locataire sert d’acompte sur l’impôt des revenus fonciers. L’entreprise est tenue de la reverser à l’administration fiscale dans les 15 jours suivant le paiement de chaque loyer et de déposer des déclarations récapitulatives trimestrielles et annuelles. Pour un bailleur expatrié, il est crucial de s’assurer que ses locataires professionnels respectent ces obligations, afin d’éviter tout décalage entre le montant des retenues effectuées et l’impôt finalement imputé sur sa déclaration.

Taxe foncière : CFPB, CFPNB et surtaxes sur les terrains

Au‑delà de l’impôt sur les loyers, tout propriétaire est concerné par les contributions foncières, qu’il soit résident ou non. Le système sénégalais distingue la contribution foncière sur les propriétés bâties (CFPB) et celle sur les propriétés non bâties (CFPNB), avec des surtaxes pour les terrains non ou sous‑bâtis.

La contribution foncière sur les propriétés bâties (CFPB)

La CFPB vise toutes les constructions permanentes : maisons, immeubles, villas, usines, ateliers, et de manière plus large toute installation assimilée à un bâtiment (certains dépôts, chantiers, équipements industriels fixés au sol). La base d’imposition n’est pas le prix d’achat, mais la « valeur locative » administrative, c’est‑à‑dire le loyer annuel théorique que l’on pourrait en tirer.

Le taux standard est de 5 % pour les bâtiments d’habitation ou assimilés, et monte à 7,5 % pour les usines et établissements industriels. Un propriétaire d’une villa à Dakar dont la valeur locative est estimée à 4 millions de FCFA se voit ainsi réclamer 200 000 FCFA par an au titre de la CFPB.

500000

Montant de la décote forfaitaire sur la base locative pour la résidence principale, réduisant l’impôt annuel de 25 000 FCFA.

Les constructions neuves, reconstructions et extensions bénéficient par ailleurs d’une exonération totale de CFPB pendant cinq ans à compter de l’achèvement des travaux. Mais l’accès à cet avantage est conditionné au dépôt, dans les quatre mois suivant le début des travaux (et non la fin), d’un dossier complet à la DGID : demande formelle, copie du permis de construire, plans autorisés, certificat de conformité ultérieur, titre foncier, et numéro d’identification fiscale (NINEA). Un simple retard dans ce dépôt peut faire perdre l’exonération sur une année entière.

Pour mesurer l’enjeu, sur un bien dont la valeur locative est de 3 millions de FCFA, l’exonération représente 150 000 FCFA par an, soit 750 000 FCFA sur cinq ans. Beaucoup d’investisseurs expatriés passent à côté de ce mécanisme faute d’information ou de conseil structuré.

La contribution foncière sur les propriétés non bâties (CFPNB) et la surtaxe

Les terrains nus, les parcelles en construction non achevée au bout de trois ans, et certains sites comme les carrières ou mines, relèvent de la CFPNB. Ici, la base de calcul n’est plus la valeur locative, mais la valeur vénale, c’est‑à‑dire le prix de marché estimé du terrain. L’administration fiscale applique un taux de 5 % sur cette valeur pour déterminer la contribution due.

Bon à savoir :

Une surtaxe de 1 à 3 % peut s’ajouter à la taxe foncière, selon la superficie, la localisation et le caractère ‘insuffisamment bâti’ du terrain. Maintenir un terrain vierge ou peu aménagé est donc pénalisé financièrement. Pour l’éviter, il est conseillé de démarrer la construction dans les trois ans suivant l’acquisition, le législateur visant ainsi à décourager la spéculation passive.

Obligations déclaratives et pénalités

Tous les propriétaires – bâtis ou non bâtis – sont tenus de déposer une déclaration annuelle avant le 31 janvier. Cette déclaration détaille la situation de chaque bien : localisation, numéro cadastral, surface totale et surface construite, date d’achèvement, situation locative (bail, occupation gratuite, vacance), références d’éventuelles exonérations.

L’administration a toute latitude pour corriger la déclaration, demander des justificatifs ou revaloriser la base locative ou vénale. En cas de non‑déclaration, de retard, d’omission ou d’inexactitude, une pénalité de 25 % des droits éludés est appliquée. Cela s’ajoute aux intérêts de retard. L’argument « je n’ai jamais reçu d’avis d’imposition » ne protège pas juridiquement : dans une étude en zone urbaine, 86 % des propriétaires non payeurs expliquaient leur manquement par l’absence de reçu de l’avis, mais la loi reste claire sur l’obligation déclarative proactive.

Fiscalité des plus‑values immobilières : 10 % ou 15 % selon le cas

L’expatrié qui revend un bien au Sénégal doit aussi anticiper la taxation des plus‑values. Le régime distingue les biens bâtis des terrains nus.

Pour les propriétés bâties, la plus‑value nette est taxée à 10 %. La base retenue n’est pas simplement la différence brute entre prix de vente et prix d’achat : le fisc autorise une majoration de 20 % du prix d’acquisition (un coefficient de 120 %) pour tenir compte de l’inflation et des frais, et permet en plus de déduire le coût des améliorations permanentes (travaux structurels, agrandissements). Le taux de 10 % s’applique ensuite sur ce gain net.

Exemple :

Pour les terrains non bâtis, le taux d’imposition sur la plus-value est de 15 %. Certains investisseurs construisent un petit bâtiment (par exemple un abri de jardin) pour requalifier le bien en propriété bâtie, ce qui permet de bénéficier du taux réduit de 10 % lors de la revente. Sur une plus-value de 20 millions de FCFA, cette stratégie génère une économie d’impôt de 1 million de FCFA (3 millions à 15 % contre 2 millions à 10 %).

Dans la pratique, l’administration peut opérer la retenue à la source via le notaire chargé de la transaction, ce qui sécurise le recouvrement. L’expatrié doit toutefois veiller à conserver tous les justificatifs de son prix d’achat, des travaux et des frais annexes pour optimiser la base imposable.

Acheter un bien : droits d’enregistrement, notaire et fiscalité d’acquisition

Avant même de parler d’impôt récurrent ou de loyers, un expatrié se confronte à la fiscalité d’acquisition. Le Sénégal applique un droit d’enregistrement de 5 % sur le prix déclaré dans l’acte de vente, assorti, dans certains cas, d’un droit de mutation complémentaire de 0,9 %, à vérifier avec le notaire en fonction de la nature de l’opération.

Bon à savoir :

L’achat d’un terrain implique des frais de notaire dégressifs (environ 4,5 % jusqu’à 20 millions FCFA, 3 % de 20 à 80 millions, puis 1 % au-delà), auxquels s’ajoute la TVA de 18 %. Un droit de publicité foncière de 1 % est également requis pour l’inscription au livre foncier, une étape essentielle pour sécuriser le titre de propriété.

Sur un achat de 50 millions de FCFA dans l’ancien, le total des coûts fiscaux et notariés peut ainsi se décomposer comme ci‑dessous :

Poste de coûtTaux indicatifMontant estimatif (FCFA)
Droit d’enregistrement5 %2 500 000
Droit de mutation additionnel (le cas échéant)0,9 %450 000
Honoraires de notaire (barème moyen)~3–4 %1 500 000 env.
TVA sur honoraires de notaire18 %270 000
Publicité foncière1 %500 000
Total fiscal & notarié approximatif~6–8 %~5 200 000 à 5 700 000

Pour un programme neuf acheté auprès d’un promoteur assujetti à la TVA, le schéma est différent : la TVA immobilière de 18 % se substitue en principe au droit d’enregistrement de 5 %. Sur un prix de 50 millions, la TVA atteint 9 millions de FCFA, ce qui fait bondir le coût fiscal. Des simulations comparatives montrent que le coût total « classique » sur de l’ancien peut tourner autour de 2,5 à 3 millions, quand la TVA sur du neuf fait grimper la note à 9 millions, sans compter les émoluments de notaire et la publicité foncière.

Attention :

Les frais fiscaux lors de l’acquisition d’un bien immobilier en France varient de 6% à 18% du prix d’achat, selon le type de bien (ancien ou neuf) et l’application éventuelle de dispositifs spécifiques. Il est crucial pour un expatrié de demander un chiffrage fiscal complet avant tout engagement, et de ne pas se fier uniquement au prix ‘net vendeur’.

Conventions fiscales et double imposition : l’exemple France–Sénégal

La peur d’être imposé deux fois – au Sénégal et dans le pays d’origine – est récurrente chez les expatriés. Le Sénégal a signé une série de conventions fiscales pour éviter la double imposition, notamment avec la France, le Canada, le Royaume‑Uni, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, les Émirats Arabes Unis, l’Italie ou la Tunisie.

Bon à savoir :

Selon la convention fiscale franco‑sénégalaise, les loyers et plus‑values issus d’un bien immobilier situé au Sénégal sont imposables uniquement au Sénégal. Pour un résident français, ces revenus sont généralement exonérés en France, mais peuvent être pris en compte pour le calcul du taux d’imposition applicable (méthode du taux effectif ou du crédit d’impôt).

La convention reprend ce principe pour les plus‑values immobilières : une villa vendue au Sénégal par un résident français est imposable au Sénégal, pas en France. En sens inverse, un Sénégalais résident à Dakar qui vend un appartement à Paris sera imposé en France sur la plus‑value, et le Sénégal tiendra compte de cette imposition étrangère selon les mécanismes prévus par la convention.

Bon à savoir :

Pour les dividendes et intérêts, la convention fiscale prévoit généralement une imposition dans l’État de résidence du bénéficiaire, avec une retenue à la source limitée (souvent à 15 %) dans l’État de la société distributrice. Pour les pensions, l’imposition est souvent exclusive à l’État de résidence du bénéficiaire, ce qui peut offrir des opportunités d’optimisation significatives pour les retraités étrangers installés au Sénégal.

Au‑delà du cas français, les autres conventions suivent des schémas comparables, avec des taux plafonds de retenue à la source sur dividendes, intérêts et redevances, ainsi que des articles sur l’échange d’informations et l’assistance au recouvrement.

Outils numériques, contrôles et marges de manœuvre

La DGID a lancé ces dernières années une vaste modernisation : dématérialisation des démarches via la plateforme « DGID-digitale » et le portail de télédéclaration, mise en place d’un Système de Gestion Foncière sur des sites pilotes comme Dakar‑Plateau, Ngor‑Almadies, Rufisque ou Mbour, et utilisation d’outils de cartographie et d’images satellites pour recenser les propriétés et affiner les valeurs locatives.

92

Dans les zones de déploiement, le taux d’enregistrement des biens a atteint 92 %, avec plus de 38 000 parcelles ajoutées à la base de données.

Pour les expatriés, cette évolution a un double visage. D’un côté, elle facilite la conformité : espaces en ligne pour consulter sa situation, déclarer ses loyers sous CGF, suivre l’instruction d’une demande d’exonération de CFPB. De l’autre, elle réduit l’angle mort dans lequel il était possible, il y a quelques années, de « passer sous les radars », en particulier pour les biens laissés à la gestion de proches ou d’agences informelles.

Astuce :

Les marges de manœuvre fiscales existent désormais dans l’optimisation et non l’omission. Parmi les leviers légaux, on peut citer : opter pour le forfait CGF lorsqu’il est plus avantageux que le régime réel, déposer à temps le dossier de construction neuve pour bénéficier de cinq ans d’exonération, structuler certains projets via une SCI en pleine connaissance des implications, et faire qualifier à bon escient un terrain comme ‘bâti’ en vue de sa revente.

Ce qu’un expatrié devrait garder en tête

Sans entrer dans un catalogue de « check‑list », quelques idées forces se dégagent de l’analyse de la fiscalité sénégalaise appliquée aux expatriés.

La première est que la résidence fiscale ne se décrète pas unilatéralement : elle se démontre, à la fois au regard du droit sénégalais et des conventions internationales. Un Français qui garde sa famille, son activité et l’essentiel de son patrimoine en France aura du mal à se revendiquer résident exclusif du Sénégal pour ses revenus mondiaux, même s’il y passe plusieurs mois par an. À l’inverse, celui qui transfère réellement son centre de vie et de revenus au Sénégal peut bénéficier de régimes aussi attractifs que la réduction de 80 % sur la fiscalité de ses pensions.

Attention :

L’immobilier est soumis à une fiscalité complexe et structurante incluant droits d’enregistrement (5%), TVA immobilière (18% sur le neuf), taxe foncière (5% de la valeur locative), impôt sur les loyers (20% en régime réel, 8 à 17% en CGF) et taxation des plus-values (10 ou 15%). Ignorer ces règles peut transformer un investissement rentable en papier en opération à marge réduite, les coûts cachés pouvant atteindre 6 à 18% du prix d’achat, soit un écart de plusieurs millions sur un achat de 50 millions de FCFA entre une planification fine et une approche improvisée.

Enfin, la troisième idée est que le contexte sénégalais reste paradoxal : les recettes de taxe foncière ne représentent encore qu’environ 0,3 % des recettes fiscales du pays, contre plusieurs points dans les pays de l’OCDE, mais la volonté de renforcer cette ressource est manifeste. Dans certaines zones étudiées, seules 16,8 % des propriétés acquittaient effectivement la taxe, et 75 % du potentiel fiscal était perdu par non‑paiement. Les réformes du cadastre, la digitalisation et les opérations de régularisation ciblées indiquent clairement que la période où les expatriés pouvaient compter sur un certain « flou » administratif touche à sa fin.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, la compréhension précise des règles fiscales et un dialogue régulier avec la DGID ou un conseiller fiscal local sont essentiels. Le système, avec sa progressivité de l’impôt sur le revenu, une taxation modérée de la propriété et des conventions contre la double imposition, peut être favorable. Le principal risque financier réside dans le manque d’anticipation, bien plus que dans le niveau des taux d’imposition.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Portugal, Maurice, Maroc), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour son régime fiscal favorable aux non-résidents français, sa convention fiscale avec la France limitant les risques de double imposition, son coût de vie globalement inférieur à celui de Paris (Dakar ~30 à 40 % moins cher hors quartiers très prisés) et son environnement francophone facilitant l’intégration. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour avec justification de ressources, détachement ou affiliation à une couverture santé locale + complémentaire privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire pour préparer transmission et investissements immobiliers locaux).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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