S’installer au Kiribati en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Kiribati n’a rien d’un déménagement classique. Cet État insulaire perdu au cœur du Pacifique, composé de 33 îles et atolls, attire quelques profils très spécifiques : coopérants, enseignants, professionnels de la santé, ingénieurs de projets d’infrastructure, mais aussi quelques aventuriers en quête de vie simple au bord du lagon. Vivre au Kiribati, c’est accepter l’isolement, un confort limité, un climat parfois extrême et une économie fragile, mais aussi découvrir une société chaleureuse, communautaire, profondément marquée par la mer et la religion.

Bon à savoir :

Ce guide couvre les démarches administratives, le coût de la vie, le logement, l’emploi, la santé, l’éducation des enfants, l’ouverture d’un compte bancaire, le transport des effets personnels et l’adaptation au mode de vie local.

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Comprendre le Kiribati avant de partir

Situé dans le Pacifique central, au nord de la Nouvelle‑Zélande et au sud‑ouest d’Hawaï, le Kiribati est l’un des pays les plus isolés du monde. L’archipel s’étend sur environ 3,5 millions de km² d’océan, pour à peine 800 km² de terres émergées. Les îles sont très basses, généralement entre 1,8 et 4 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui les rend extrêmement vulnérables à la montée des eaux.

La population tourne autour de 110 000 à 120 000 habitants, dont plus de la moitié vit sur l’atoll de Tarawa, et en particulier à South Tarawa, capitale officielle et centre économique du pays. South Tarawa est un étroit ruban de terre reliant, par des chaussées, plusieurs îlots de Betio à Bonriki et Tanaea. La densité y est comparable à celle de grandes métropoles, avec toutes les contraintes d’un territoire exigu.

Le pays est officiellement la République du Kiribati. Les habitants se nomment I‑Kiribati. Il s’agit d’une société majoritairement micronésienne (près de 99 % de la population), profondément communautaire et structurée autour de la parenté et du village.

Climat, environnement et vie quotidienne

Le climat est tropical, chaud et humide toute l’année. Les températures oscillent généralement entre 24 et 32 °C, avec des pointes observées jusqu’à 35 °C et des minima autour de 21 °C. La saison des tempêtes et des cyclones dans la région s’étend en gros de novembre à avril, même si le Kiribati n’est pas systématiquement frappé chaque année.

Les principaux enjeux environnementaux devraient peser lourd dans votre décision de vous installer :

montée du niveau de la mer et érosion côtière, avec inondations lors des marées de vives‑eaux (“king tides”) ;

intrusion d’eau salée dans les nappes phréatiques, qui contamine l’eau potable ;

– épisodes de sécheresse prolongée, notamment pendant les phases La Niña ;

– augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes ;

– réchauffement océanique et blanchissement des coraux, affectant la pêche ;

– baisse de la productivité agricole (cocotiers, pandanus, taro, etc.).

Attention :

Le gouvernement collabore avec des partenaires internationaux (Banque mondiale, ONU, KOICA, OMS, SPC, NOAA) via des programmes spécifiques pour protéger les côtes (digues, mangroves), sécuriser l’accès à l’eau (citernes, fermes solaires) et renforcer la surveillance climatique.

Pour un expatrié, cela signifie des coupures d’eau, des restrictions de consommation, des périodes de pénurie, et parfois des inondations locales qui perturbent la vie quotidienne.

Langues, religion et culture

Deux langues officielles coexistent : l’anglais et le gilbertin (appelé aussi te‑Kiribati ou I‑Kiribati). L’anglais est la langue de l’administration et des documents officiels, mais seulement environ un quart de la population le maîtrise vraiment. Dans la vie courante, surtout dans les villages ou les îles extérieures, le gilbertin domine.

Connaître quelques mots de base facilite énormément l’intégration :

Exemple :

Voici quelques expressions utiles en gilbertin (langue des Kiribati) : « Mauri » signifie bonjour ou bonne santé, « Ko rabwa » veut dire merci, « Taiaoka » correspond à s’il vous plaît, « Eng » ou « Ngaia » signifient oui ou d’accord, « Iaki » veut dire non, « Tiabo » ou « Te mauri » sont utilisés pour dire au revoir, et « Matauninga » signifie pardon, notamment pour se faufiler entre des personnes assises ou en pleine discussion.

Le Kiribati est très majoritairement chrétien (environ 96 %), avec une majorité catholique, une importante Église protestante (Kiribati Uniting Church) et d’autres confessions. Le dimanche est consacré au culte, à la famille et au repos : les activités commerciales et administratives sont au ralenti.

La vie sociale est structurée par la famille élargie et le clan, appelé « utu ». Le centre du village est le « maneaba », grande maison commune traditionnelle où se tiennent réunions, cérémonies et fêtes. Les anciens, les « unimwane », y occupent des places d’honneur. Les décisions importantes, les célébrations de naissance (bwaka ni buto), les mariages et grandes fêtes (« te botaki ») s’organisent autour du maneaba.

La valeur de partage est omniprésente, avec un système de dons et contre‑dons connu sous le nom de « bubuti » : on demande, on prête, on partage. Pour un expatrié, cela peut être déroutant, mais c’est l’un des codes sociaux les plus fondamentaux du pays.

Formalités d’entrée, visa et permis de travail

Entrer au Kiribati et y travailler légalement suppose de respecter un cadre juridique précis, défini notamment par l’Immigration Act 2019. Les procédures sont gérées par le ministère des Affaires étrangères et de l’Immigration, basé à Bairiki (South Tarawa).

Types de visas

En fonction de votre projet (tourisme, mission, emploi, installation en famille), différents visas existent :

visa de visite ou de tourisme, qui n’autorise pas d’activité rémunérée ;

visa d’emploi (Employment Visa), destiné à ceux qui viennent travailler sous contrat pour une durée généralement d’un an ou plus ;

– visa d’affaires, pour des missions de courte durée (réunions, négociations…), souvent limité à trois mois ;

– visa de dépendant, pour les conjoints et enfants à charge d’un titulaire de permis de travail.

Astuce :

Plusieurs nationalités sont exemptées de visa pour des séjours courts, généralement jusqu’à 30 jours (avec un maximum de 90 jours sur 12 mois). Cette liste inclut l’Australie, la Nouvelle-Zélande, des pays du Pacifique (Fidji, Samoa, Tuvalu, Îles Salomon), le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, Singapour, la Malaisie, la Corée du Sud et le Japon. Les détenteurs d’un laissez-passer des Nations Unies en mission officielle bénéficient également de cette exemption. Une condition impérative : le passeport doit être valide au moins six mois après la date d’entrée sur le territoire.

Même si vous pouvez venir sans visa pour une courte visite, cela ne vous autorise pas à travailler. Pour un projet d’expatriation, il faut très vite passer à l’étape permis de travail.

Permis de travail et critères d’éligibilité

La plupart des expatriés ont besoin d’un permis de travail, obtenu conjointement par l’employeur kiribatien et le salarié étranger. En pratique, vous ne pouvez pas débarquer à Tarawa pour « chercher sur place » sans dossier préparé : il faut être recruté à l’avance par une administration, une ONG, une entreprise ou un projet d’aide.

Parmi les critères généralement exigés :

Critères d’éligibilité pour un permis de travail au Kiribati

Pour obtenir un permis de travail au Kiribati, le candidat doit répondre à plusieurs conditions essentielles. Voici les principaux critères à remplir.

Contrat de travail

Présenter un contrat de travail signé avec un employeur basé au Kiribati.

Compétences spécifiques

Posséder des qualifications difficiles à trouver localement (médecin, enseignant spécialisé, ingénieur, cadre, technicien maritime, etc.).

Âge requis

Avoir un âge généralement compris entre 20 et 45 ans selon les sources officielles.

Certificat médical

Fournir une attestation de bonne santé par un certificat médical valide.

Casier judiciaire

Présenter un certificat de police attestant d’un casier judiciaire vierge, datant de moins de six mois.

Le dossier comprend en général :

formulaire de demande complété ;

copie du passeport ;

– photos d’identité récentes ;

– contrat de travail détaillant poste, durée, salaire ;

– diplômes, certificats et CV ;

– certificat médical d’une clinique agréée ;

– extrait de casier judiciaire (pays d’origine et pays de résidence récente) ;

– justificatifs de l’employeur (immatriculation, lettre de parrainage) ;

– parfois preuve de recherche préalable de candidats locaux (labour market test).

Une fois le dossier déposé au ministère compétent, l’instruction peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois, selon la charge de travail et la complexité du cas. Le permis est ensuite apposé sur le passeport ou délivré sous la forme d’un document séparé.

Les catégories de visa de travail incluent notamment : travail temporaire, travail permanent, visa pour travailleurs hautement qualifiés, visa pour étudiants, visa pour travailleurs saisonniers et visa pour échanges professionnels.

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Le Canada propose quatre catégories spécifiques de permis de travail temporaire pour répondre à des besoins de main-d’œuvre particuliers.

Le non‑respect des conditions (travailler pour un autre employeur, exercer une autre activité, rester après expiration) peut entraîner amende, expulsion et interdiction de retour.

Conjoints, enfants et résidence de long terme

Les titulaires d’un permis de travail peuvent en général faire venir leur famille proche via un visa de dépendant, sous réserve de prouver les liens (acte de mariage, actes de naissance) et la capacité à subvenir aux besoins financiers. Les conjoints ne sont pas automatiquement autorisés à travailler : ils devront à leur tour obtenir un permis de travail s’ils trouvent un emploi.

Les voies d’accès à la résidence permanente restent très limitées et discrétionnaires : longues années de séjour légal, mariage avec un citoyen kiribatien, investissements majeurs ou contribution exceptionnelle au pays. Il n’existe pas de système à points comparable à ceux de certains grands pays d’immigration.

Coût de la vie, budget et niveau de salaire

L’une des spécificités du Kiribati tient au contraste entre un coût de la vie globalement inférieur à la moyenne mondiale, et des salaires très bas pour la plupart des emplois locaux. Pour un expatrié rémunéré par une organisation internationale ou un employeur étranger, le niveau de vie peut paraître confortable ; pour un résident payé au niveau local, la marge de manœuvre financière est au contraire très réduite.

Vue d’ensemble du coût de la vie

Plusieurs jeux de données existent, parfois contradictoires, mais permettent de dégager des ordres de grandeur. Certains index classent le Kiribati parmi les pays les moins chers au monde (vers la 180e place sur près de 200), avec un coût de la vie environ deux fois inférieur à la moyenne mondiale et bien en‑dessous des États‑Unis.

Toutefois, ces moyennes mondiales masquent les réalités localisées :

South Tarawa, très densément peuplé avec plus d’infrastructures et de commerces, est plus cher que les îles extérieures ;

– les produits importés (alimentaires, hygiène, matériel, électronique) sont coûteux en raison du transport maritime et de l’isolement ;

– la dépendance croissante aux aliments transformés renchérit le panier de courses.

On peut résumer quelques fourchettes indicatives en dollars américains (données agrégées) pour un mode de vie « moyen » :

Poste de dépensePersonne seule / moisFamille de 4 / mois
Nourriture (courses & repas)≈ 200–500 $≈ 500–600 $
Loyer + charges≈ 200–700 $≈ 300–900 $
Transport≈ 20–65 $≈ 60–200 $
Santé (assurance + soins courants)≈ 80–200 $≈ 200–400 $
Loisirs, vêtements, divers≈ 70–200 $≈ 150–400 $

Ces montants varient énormément selon le type de logement (maison simple en périphérie ou appartement « expat » avec vue lagon), le recours à des imports fréquents, le nombre de sorties, et surtout selon que votre employeur prend ou non en charge une partie du logement, des déplacements ou de l’assurance.

Certains ensembles de données avancent qu’un expatrié seul, en se serrant un peu, peut s’en sortir autour de 1 100 $ par mois tout compris ; un niveau de vie plus confortable peut facilement dépasser 3 000–4 000 $ si l’on choisit un logement haut de gamme et un mode de vie très tourné vers les produits importés.

Loyer, logement et charges

Le marché locatif est très restreint, en particulier à South Tarawa, où beaucoup de logements sont occupés par les I‑Kiribati eux‑mêmes ou réservés aux fonctionnaires et aux organisations internationales. Beaucoup d’expatriés sont logés directement par leur employeur.

Plusieurs sources donnent des repères en dollars ou en dollars australiens (AUD). En pratique, on observe les ordres de grandeur suivants pour South Tarawa :

Type de logement (South Tarawa)Loyer mensuel indicatif
Studio ou 1 chambre « correct »≈ 400 USD
2 chambres « correctes »≈ 600 USD
1 chambre standard (versions statistiques)150–220 USD
3 chambres standard315–470 USD
1 chambre centre‑ville (données en AUD)850–1 200 AUD
3 chambres centre‑ville (données en AUD)1 900–2 100 AUD

On voit bien que les chiffres varient selon la source et le niveau de confort considéré. Les logements spécifiquement proposés aux expatriés (climatisation, balcon, vue mer, parfois piscine ou jardin) se situent clairement en haut de la fourchette.

Bon à savoir :

Les charges mensuelles (eau, électricité, parfois gaz ou pétrole pour la cuisson, internet) restent raisonnables si la consommation est maîtrisée, mais elles peuvent connaître de fortes variations.

Charges mensuelles moyennesMontant indicatif
Électricité20–90 $ (moy. 50)
Eau18–48 $ (moy. 30)
Internet haut débit25–110 $
Téléphonie mobile (forfaits élevés)160–620 $ (moy. 350)

Les montants élevés pour la téléphonie reflètent davantage des offres haut de gamme que la consommation moyenne locale. Il est essentiel de vérifier ce que votre employeur inclut dans votre package (logement, eau, électricité, connexion, véhicule, etc.), car cela change radicalement votre budget.

Nourriture, restaurants et produits du quotidien

La cuisine traditionnelle repose sur le poisson, le porc, le poulet local, le coco, le pandanus, le taro, le fruit à pain, la papaye, la banane, la citrouille. Mais la raréfaction de certaines cultures et l’urbanisation de Tarawa ont entraîné une dépendance aux produits importés (riz, farine, sucre, conserves, snacks), souvent riches en gras, sucre et sel, ce qui contribue à l’explosion des maladies chroniques (diabète, hypertension, obésité).

Les prix varient selon que l’on se base sur des données en AUD ou en USD, mais on peut retenir quelques repères utiles pour South Tarawa :

Produit ou servicePrix moyen (AUD)Prix moyen (USD, estimé)
Repas simple au restaurant bon marché≈ 7,5 AUD≈ 5–6 $
Repas pour 2 dans restaurant moyen≈ 40 AUD≈ 27–30 $
Menu type fast‑food≈ 15 AUD≈ 10–11 $
Cappuccino≈ 4,5 AUD≈ 3 $
Bière locale (bar)3–5,5 AUD≈ 2–4 $
Bouteille d’eau 0,5 L (commerce)≈ 1,1 AUD≈ 0,7–0,8 $

Pour les courses au supermarché :

ProduitPrix moyen (AUD)
Lait 1 L≈ 3,3 AUD
Pain blanc (≈ 0,5 kg)≈ 2,6 AUD
Riz (≈ 0,45 kg)≈ 0,95 AUD
Douzaine d’œufs8–9,6 AUD
Fromage local (0,45 kg)≈ 11,3 AUD
Poulet (0,45 kg de filets)≈ 3,9 AUD
Bœuf (0,45 kg)≈ 12,7 AUD
Légumes & fruits (0,45 kg)2–5 AUD (selon type)

En pratique, les expatriés combinent souvent achats de base dans les petites boutiques locales, certains produits frais (poisson, fruits de saison) directement auprès de pêcheurs ou de familles, et compléments importés dans les quelques supermarchés mieux fournis.

Salaire local et fiscalité

Le salaire moyen après impôt reste modeste au Kiribati, autour de 400 à 850 $ par mois selon les sources et la ville. Un salaire local moyen couvre à peine les dépenses d’un mois, voire moins, ce qui explique la forte dépendance à l’emploi public et aux envois de fonds de la diaspora.

estimations agrégées

Les rémunérations pour postes qualifiés, souvent tenus par des expatriés, peuvent être bien plus élevées dans certains secteurs comme le public, l’aide, l’éducation supérieure ou la direction.

PosteSalaire mensuel moyen (AUD)
Directeur financier≈ 8 190 AUD
Directeur général≈ 7 010 AUD
Responsable développement business≈ 6 540 AUD
Analyste financier≈ 5 130 AUD
Chef de projet≈ 5 250 AUD

Cela reste très supérieur au salaire moyen local, mais ce type de poste est peu nombreux et souvent temporaire.

Côté impôts, le système est relativement simple :

– pour les résidents, les tranches d’imposition sur le revenu se situent approximativement autour de 20–25 % sur les premiers revenus, puis 30–35 % pour les tranches supérieures (les barèmes exacts varient selon les sources et mises à jour) ;

– les non‑résidents sont souvent imposés à un taux unique de 30 % ;

– les employeurs versent en plus une contribution de sécurité sociale d’environ 7,5 %.

Dans la pratique, l’employeur retient l’impôt à la source. Il est nécessaire de clarifier, dans votre contrat, si votre rémunération est exprimée « net d’impôt » ou « brut ».

Se loger : Tarawa, îles extérieures et types d’hébergement

Le choix du lieu de résidence dépendra de votre affectation professionnelle. La plupart des expatriés sont basés à South Tarawa, même si certaines missions se déroulent sur des îles extérieures comme Abemama, Beru, Tabiteuea ou Kiritimati.

South Tarawa : centre névralgique du pays

South Tarawa concentre les principales infrastructures économiques et administratives :

Betio : port principal, Haute Cour, hôtels, vestiges de la bataille de Tarawa ;

– Bairiki : State House, ministères, ambassades, bureaux de la fonction publique ;

– Teaoraereke : campus de l’Université du Pacifique Sud ;

– Ambo : parlement (House of Assembly) ;

– Bikenibeu : Kiribati Teacher College, grand lycée King George V and Elaine Bernacchi School, hôpital Tungaru Central à proximité (Nawerewere) ;

– Bonriki : aéroport international.

Les logements dédiés aux expatriés sont pour l’essentiel concentrés entre Betio, Bairiki, Ambo et Bikenibeu, avec quelques hôtels, motels, lodges ou appartements de service.

Parmi les établissements connus sur Tarawa :

Betio Lodge I & II, The George Hotel (Betio) ;

Fema Lodge, Utirerei Hotel, Mary’s Motel (avec restaurant et salles de conférence) ;

Tad’s Guest House (Temaiku), Dreamers Guesthouse (Ambo) ;

Otintaai Hotel (Bikenibeu, hôtel public) ;

Tabon Te Keekee Ecolodge (North Tarawa), Terau Beach Bungalow, Ocean Breeze Bungalows, Lagoon Breeze Lodge, etc.

Ces établissements n’atteignent pas les standards des grandes chaînes internationales, mais certains équivalent à un deux‑étoiles correct, avec chambre climatisée, salle de bain privée et restaurant. D’autres sont plus rudimentaires, avec ventilateur, salle de bain partagée et service de repas simple.

Avant de signer un bail ou de réserver un logement longue durée, il est prudent de passer quelques jours à l’hôtel pour : s’assurer que la localisation et l’environnement correspondent à vos attentes.

Attention :

Avant de choisir un logement, il est essentiel d’évaluer les temps de trajet domicile-travail (en considérant les routes étroites et les embouteillages fréquents sur l’atoll), de vérifier les infrastructures (accès à l’eau, qualité de l’alimentation électrique, présence de moustiquaires, état général du bâtiment), et de sonder l’environnement (voisinage et proximité des services comme les écoles, une clinique et les petits commerces).

Vivre sur une île extérieure

Certains expatriés sont affectés sur des îles comme Abemama, Beru, Tabiteuea, Kiritimati ou d’autres atolls habités. Le confort y est plus sommaire : habitations traditionnelles (buia), accès limité à l’électricité (souvent solaire) et à l’eau courante, connexion internet très aléatoire.

L’expérience d’immersion peut néanmoins être exceptionnelle, avec des communautés plus soudées, des lagons préservés, une vie rythmée par la pêche, les marées et le maneaba. Des hébergements de type ecolodge (comme Abemama Green‑Eco Hotel) accueillent parfois des consultants, volontaires ou touristes, mais pour un séjour de long terme, l’employeur prévoit souvent un logement dédié.

Dans ce cas, il faut accepter :

des approvisionnements irréguliers (barges, petites liaisons aériennes) ;

des soins de santé très limités et des évacuations vers Tarawa pour les cas graves ;

une forte dépendance à la communauté locale pour tous les aspects pratiques.

Santé : système médical, risques et assurances

Le Kiribati dispose d’un système public de santé financé par l’État, mais il est considéré comme très basique et sous forte pression. Pour un expatrié, la règle numéro un est claire : souscrire une assurance santé internationale incluant une évacuation médicale (medevac) vers Fidji, l’Australie ou la Nouvelle‑Zélande.

Infrastructures et qualité des soins

Le pays compte quatre hôpitaux publics, une trentaine de centres médicaux et environ 70 à 75 dispensaires répartis sur les différentes îles. Le principal hôpital de référence est le Tungaru Central Hospital, à South Tarawa (zone Nawerewere/Bairiki). D’autres hôpitaux existent dans les Gilberts du Nord (Butaritari), du Sud (Tabiteuea) et sur Kiritimati (Christmas Island). Un hôpital plus récent a aussi été construit à Bonriki, et un établissement à Betio est mentionné.

Malgré ces infrastructures, l’offre de soins reste très limitée :

Attention :

Le système de santé fait face à une pénurie de médecins spécialisés et de personnel hautement qualifié, ainsi qu’à un équipement médical insuffisant ou obsolète. Il rencontre également des difficultés récurrentes d’approvisionnement en médicaments et consommables, dues à des procédures budgétaires lentes et à des problèmes logistiques. Son périmètre est essentiellement conçu pour la médecine générale, les actes chirurgicaux simples, les urgences de base, la maternité, les vaccinations, ainsi que les radiographies et échographies courantes.

Les pathologies lourdes (cancers, cardiologie complexe, chirurgie majeure, soins intensifs prolongés) ne peuvent pas être traitées localement. Historiquement, certains patients sont évacués à Fidji, en Australie ou en Nouvelle‑Zélande, mais les coûts sont très élevés, et les places réservées par les programmes d’aide sont limités.

Les maladies qui pèsent le plus sur le système de santé sont :

Bon à savoir :

Les maladies non transmissibles (diabète, hypertension, complications cardiovasculaires) touchent plus de 20% des adultes. Les maladies infectieuses comme la tuberculose, l’hépatite B et la lèpre sont présentes. Les maladies diarrhéiques, liées à l’eau contaminée et à l’insuffisance d’assainissement, sont fréquentes dans les zones surpeuplées. Le climat tropical favorise également les maladies à transmission vectorielle, telles que la dengue.

Pour un expatrié, cela signifie qu’il ne faut pas surestimer ce que le système local peut offrir. Les soins de base sont accessibles, mais toute urgence grave doit être anticipée via une assurance couvrant le rapatriement.

Accès, coûts et assurance pour les étrangers

Pour les citoyens du Kiribati, les soins publics sont généralement gratuits au point de service. Les étrangers, eux, paient leurs soins et n’ont pas accès à un secteur privé structuré, car il n’existe pas d’hôpitaux privés au sens classique, seulement quelques cliniques associatives ou missionnaires.

Les coûts unitaires ne sont pas exorbitants en soi (une consultation privée peut tourner autour de 18 $), mais la qualité et la disponibilité ne sont pas comparables à des standards occidentaux. En outre, une hospitalisation à l’étranger, les billets d’avion, les évacuations sanitaires d’urgence peuvent atteindre des montants très élevés.

Les données agrégées suggèrent, pour un expatrié, les fourchettes suivantes :

Poste santéFourchette mensuelle indicative
Assurance santé internationale45–320 $ (moy. ≈ 130 $)
Consultations, petits soins5–180 $ (moy. ≈ 35 $)
Médicaments sur ordonnance10–130 $ (moy. ≈ 50 $)

L’assurance doit impérativement inclure : l’étendue de la couverture, les exclusions, les montants de franchise, et les plafonds de garantie.

Bon à savoir :

Une bonne assurance voyage doit inclure la prise en charge des soins médicaux à l’étranger, y compris pour les hospitalisations longues. Elle doit également couvrir le transport médical d’urgence, comme l’avion sanitaire et l’accompagnement médical. Il est préférable qu’elle offre une protection adaptée en cas de maladies chroniques ou préexistantes.

Prévention et précautions

Vivre au Kiribati impose une vigilance particulière :

eau : ne jamais boire l’eau du robinet sans la traiter (filtre, ébullition, pastilles) ; privilégier l’eau en bouteille pour boire ;

moustiques : utiliser des répulsifs, dormir sous moustiquaire, porter des vêtements couvrants le soir pour réduire le risque de dengue ;

– soleil et chaleur : hydratation, protection solaire, pauses en milieu de journée, surtout pour les enfants ;

– alimentation : limiter les produits transformés très sucrés/salés, compenser le manque de fruits et légumes frais par des compléments vitaminiques si nécessaire (à apporter avec soi) ;

– pharmacie personnelle : prévoir une trousse étoffée, avec médicaments habituels, traitements de secours (antibiotiques prescrits, antidiarrhéiques, antihistaminiques, antiseptiques, pansements, etc.).

Le numéro d’urgence médicale local est le 112. Il ne faut toutefois pas s’attendre au déploiement rapide de multiples ambulances comme dans les grandes villes occidentales.

Scolarité, éducation et options pour les enfants

Le Kiribati a mis en place un système éducatif complet, mais la qualité est inégale selon les îles et le niveau d’enseignement. Pour un expatrié, le choix se joue surtout entre écoles locales (publiques ou confessionnelles) et éventuellement scolarisation à distance / à l’étranger pour le secondaire.

Organisation du système scolaire

L’éducation est gratuite et obligatoire de 6 à 14 ans, ce qui couvre l’école primaire et les trois premières années de Junior Secondary School. Le système se compose de :

Early Childhood Care and Education (ECCE) : préscolaire ;

– primaire ;

– junior secondary (collège) ;

– senior secondary (lycée) ;

– formation technique et professionnelle (TVET) ;

enseignement supérieur (instituts, université).

Le ministère de l’Éducation gère la majorité des écoles primaires et secondaires, même si les établissements confessionnels jouent un rôle majeur, notamment dans le secondaire : environ trois quarts des lycéens fréquentent des écoles gérées par des Églises, subventionnées par l’État.

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Nombre total d’établissements scolaires publics recensés à Kiribati, comprenant écoles primaires, collèges et lycées.

Écoles notables et options pour expatriés

Sur South Tarawa, plusieurs établissements sont connus, côté gouvernement comme côté Églises :

King George V and Elaine Bernacchi School (Bikenibeu), grand lycée public ;

Church of God High School, Moroni High School (Sud Tarawa), Sacred Heart High School, St Louis High School, William Goward Memorial School, etc., gérés par différentes confessions ;

– lycées catholiques ou protestants sur d’autres îles comme St Joseph’s College (Abaiang), Kauma High School (Abemama), Hiram Bingham High School (Beru), St Francis High School (Kiritimati), etc.

Il n’existe pas à proprement parler de grande école internationale au standard occidental, mais certains établissements privés ou religieux, souvent anglophones, peuvent convenir pour des enfants déjà habitués aux environnements multiculturels.

Les coûts mentionnés pour des écoles de type international ou privé donnent un ordre de grandeur :

Type de scolaritéCoût indicatif
Crèche / préscolaire privé (mensuel)≈ 110–390 $
École primaire internationale (annuel)≈ 3 760–8 700 $

Pour le secondaire, de nombreux expatriés préfèrent : le système éducatif international, qui offre un cursus adapté aux étudiants venant de différents pays et permet une continuité éducative à l’échelle mondiale. Les écoles internationales ou bilingues sont souvent privilégiées pour leur reconnaissance internationale et leur ouverture sur la diversité culturelle.

soit un internat dans un pays voisin (Fidji, Australie, Nouvelle‑Zélande) ;

soit l’enseignement à distance (programmes anglophones ou francophones en ligne) si l’affectation est temporaire.

Qualité, inclusivité et défis

Le Kiribati a engagé plusieurs réformes, avec une loi sur l’éducation actualisée en 2013, des plans stratégiques et un partenariat avec le Global Partnership for Education, l’Australie et d’autres bailleurs. Parmi les orientations :

Bon à savoir :

Le système éducatif des Kiribati intègre plusieurs réformes clés : il promeut la scolarisation inclusive des enfants en situation de handicap via des écoles pilotes et un Centre spécialisé. L’enseignement passe progressivement du te-Kiribati à l’anglais à partir de la 3e année de primaire. Les programmes sont en cours de révision pour y intégrer les questions de genre, de changement climatique et de réduction des risques de catastrophes. Enfin, la formation des enseignants est renforcée, incluant par exemple un certificat de niveau III pour les assistants.

Les défis restent nombreux : infrastructures parfois délabrées, manque d’eau et d’assainissement adéquats dans certaines écoles, dispersion géographique compliquant l’inspection, taux de décrochage élevé au secondaire, et niveau d’anglais souvent insuffisant pour suivre des études supérieures à l’étranger.

Pour un expatrié, intégrer ses enfants dans une école locale peut être très enrichissant sur le plan culturel, mais il faut anticiper les écarts de niveau, la langue d’enseignement, et la prochaine étape scolaire (retour au pays, études en Australie/Nouvelle‑Zélande, etc.).

Travailler au Kiribati : secteurs, salaires, culture professionnelle

L’économie du Kiribati repose sur quelques piliers : secteur public, pêche, agriculture de subsistance (coprah, cultures vivrières), tourisme encore embryonnaire, projets d’infrastructure financés par l’aide internationale. Le PIB par habitant reste faible (entre 1 400 et 2 300 $ selon les sources), et le chômage, notamment des jeunes, est très élevé (plus de 50 % pour les moins de 25 ans selon certaines estimations).

Opportunités pour les expatriés

Les étrangers occupent principalement des postes qualifiés dans :

l’enseignement (écoles secondaires, institutions de formation, université du Pacifique Sud) ;

la santé (médecins, infirmiers spécialisés, experts en santé publique, personnel de projets appuyés par l’OMS, la Banque mondiale, MSF, etc.) ;

– l’ingénierie et les infrastructures (transport, eau, énergie, adaptation au changement climatique) ;

– le tourisme (direction d’hôtels, spécialistes marketing, guides hautement qualifiés) ;

– la pêche industrielle et ses activités connexes (maintenance navale, gestion logistique, cadres dans les sociétés de pêche) ;

– la gestion de programmes d’aide ou de coopération internationale (experts techniques, coordinateurs de projet).

Astuce :

Pour les profils non spécialisés, les opportunités d’emploi sont extrêmement limitées à Kiribati, car la priorité est donnée aux ressortissants I‑Kiribati pour la plupart des postes. Les organisations internationales et ONG recrutent principalement via leurs propres sites web, leurs réseaux ou des plateformes spécialisées telles qu’InterNations, KiribatiJobs et CareerJet. L’utilisation de LinkedIn demeure possible, bien que son usage local soit encore restreint.

Culture du travail et droit du travail

La semaine de travail type est d’environ 40 heures sur cinq jours, dans l’administration et les services. Dans la pêche, l’agriculture ou certains chantiers, les horaires suivent davantage les impératifs climatiques et de marée.

Le droit du travail est encadré par l’Employment and Industrial Relations Code 2015. Les contrats doivent être rédigés en anglais ou en gilbertin, signés par les deux parties. Les règles prévoient notamment :

Droits et congés des salariés

Principaux droits et durées de congés applicables aux salariés selon la réglementation.

Préavis de départ

Un préavis de deux semaines pour une ancienneté jusqu’à deux ans, quatre semaines au‑delà.

Congés annuels payés

Droit à 30 jours de congés annuels payés.

Congé maladie

20 jours de congé maladie payés.

Congé maternité

12 semaines de congé maternité (6 semaines avant l’accouchement et 6 semaines après).

Indemnités de rupture

Versement d’indemnités de rupture ou paiement en lieu et place du préavis, selon l’accord établi.

La culture professionnelle valorise l’humilité, la discrétion, la politesse, et un certain équilibre entre travail et vie de famille. Le rythme peut sembler lent à un expatrié habitué à l’urgence permanente : la patience et la compréhension des contraintes locales (manque de moyens, problèmes logistiques, délais administratifs) sont indispensables.

Fiscalité et contrats spécifiques

Les barèmes d’imposition sur le revenu varient selon les sources, mais l’idée clé est que les expatriés résidents sont imposés sur leur revenu mondial, tandis que les non‑résidents se voient appliquer un taux forfaitaire (souvent 30 %). Les accords de non‑double imposition et les modalités de détachement doivent être examinés avec un expert fiscal dans votre pays d’origine.

Beaucoup d’expatriés techniques sont employés dans le cadre de contrats de coopération ou de détachement, avec salaire versé depuis l’étranger, indemnités de vie locale, et logement pris en charge. Ce type d’arrangement limite l’impact du faible niveau salarial local et simplifie la gestion fiscale.

Compte bancaire, argent et paiements

La monnaie utilisée est le dollar australien (AUD), même si l’on évoque parfois un « dollar du Kiribati » très limité en circulation. Les cartes bancaires internationales (Visa, MasterCard) sont généralement acceptées dans les hôtels, certains commerces de South Tarawa, et les banques permettent de retirer des espèces.

Ouvrir un compte bancaire sur place

Il est théoriquement possible d’ouvrir un compte bancaire en tant qu’étranger auprès de banques telles qu’ANZ Bank (Kiribati) Limited. Cependant, les non‑résidents peuvent rencontrer des difficultés, entre exigences documentaires élevées, vérifications de conformité, délais et manque d’habitude des banques à traiter avec des profils internationaux classiques (hors grands projets).

La procédure type comporte : établissement des objectifs, définition des étapes, attribution des responsabilités, contrôle et évaluation des résultats.

Bon à savoir :

Pour ouvrir un compte bancaire, vous devez fournir : un formulaire d’ouverture avec vos informations personnelles complètes (identité, adresse, situation professionnelle, pays de naissance et de citoyenneté, numéro fiscal) ; des justificatifs d’identité (passeport) et de domicile (une facture ou un contrat, les boîtes postales n’étant pas acceptées) ; des précisions sur la source de vos fonds (salaire, économies, etc.) ; une estimation de l’activité future du compte (montants et fréquences des opérations) ; et une déclaration confirmant que vous n’êtes pas lié à des pays ou territoires sous sanctions internationales (comme l’Iran, la Corée du Nord, la Crimée).

Pour les entreprises, la liste de pièces est plus longue : statuts, certificat d’enregistrement, organigramme, pouvoir des signataires, etc.

Des sociétés de conseil spécialisées offrent, moyennant honoraires, des guides détaillés et un accompagnement pour ouvrir un compte ou obtenir une carte bancaire au Kiribati. Ces services ne garantissent toutefois pas le succès et ne sont pas remboursés en cas d’échec.

En pratique, de nombreux expatriés se contentent : de

de leur compte dans leur pays d’origine, avec retraits aux distributeurs locaux en AUD ;

d’un éventuel compte de salaire géré via leur employeur local ou leur organisation d’envoi ;

d’outils de transfert international pour envoyer de l’argent à l’étranger ou en recevoir.

Offshore et gestion patrimoniale

Pour les I‑Kiribati comme pour certains expatriés, l’utilisation de comptes bancaires offshore dans d’autres juridictions est parfois évoquée pour :

diversifier les risques politiques et bancaires ;

optimiser la fiscalité (dans le respect des lois anti‑évasion et des obligations déclaratives) ;

investir sur des marchés plus développés ;

limiter l’exposition aux fluctuations du dollar australien.

Ces montages impliquent toutefois des frais élevés, un niveau d’épargne important, et des questions complexes de conformité fiscale. Avant de considérer cette option, il est indispensable de consulter un conseiller fiscal qualifié.

Transport, arriver et bouger au Kiribati

L’accès au Kiribati se fait principalement via l’aéroport international de Bonriki, à South Tarawa. Des compagnies régionales assurent des liaisons depuis Nadi (Fidji) ou d’autres points du Pacifique (Majuro, Nauru, Yaren). Kiritimati (Christmas Island) dispose également de liaisons aériennes plus limitées.

Sur place, les déplacements à South Tarawa se font en minibus local (« bus »), taxis, ou véhicule personnel.

Transports locaux et carburant

Le réseau routier de South Tarawa suit le fin ruban de terre reliant les différents îlots. Les minibus circulent fréquemment le long de cet axe, à des tarifs très modestes :

Type de transportPrix moyen indicatif
Ticket de bus (trajet simple)≈ 0,4–2,5 $/AUD
Abonnement mensuel (si proposé)≈ 16–109 $/AUD
Course en taxi (8 km)≈ 7 $
Essence (1 litre)≈ 1,06–2,9 $/AUD

Les voitures neuves (Volkswagen Golf, Toyota Corolla, etc.) coûtent cher sur l’île (35 000–40 000 AUD). La plupart des expatriés utilisent un véhicule fourni par leur employeur, partagent un véhicule de service, ou se contentent des transports locaux et de la marche.

Attention :

Les routes étant étroites, la vitesse doit rester modérée, particulièrement à proximité des maneaba ou des églises, par respect pour les rassemblements.

Venir avec un véhicule : faisabilité et coût

Il est possible d’importer une voiture via transport maritime (conteneur ou RoRo – roll‑on/roll‑off). Les coûts approximatifs depuis les États‑Unis donnent une idée des ordres de grandeur :

ServiceCoût indicatif (USD)
Voiture par RoRo≈ 1 700–4 200 $
Conteneur 20 pieds≈ 2 600–2 900 $
Conteneur 40 pieds≈ 4 200–4 500 $

S’y ajoutent :

Bon à savoir :

L’importation d’un véhicule à Betio implique plusieurs coûts et conditions. Il faut prévoir les frais portuaires, ainsi que des droits et taxes (TVA d’environ 12,5 % et droits de douane variables selon la valeur et le type de véhicule). Sur le plan technique, les autorités privilégient les véhicules à conduite à droite et imposent le respect des normes environnementales locales. Certains véhicules, jugés trop polluants ou endommagés, peuvent être interdits d’importation.

Si vous vous installez de manière durable et que vous avez acquis votre véhicule depuis plus de 12 mois avant le déménagement, il peut exister des régimes de faveur pour l’importation de biens personnels, mais ils sont strictement encadrés et limités (par exemple, un seul véhicule par foyer, interdiction de revendre dans les deux ans sous peine de droits).

Déménager ses effets personnels

Le déménagement vers le Kiribati est l’un des volets les plus techniques de l’expatriation, du fait de l’éloignement et du manque d’infrastructures. La quasi‑totalité des biens volumineux transite par voie maritime, via des compagnies de fret et transitaires spécialisés.

Modes de transport et délais

Pour vos meubles, vélos, électroménagers, et une partie de vos effets, plusieurs options s’offrent à vous :

conteneur complet (FCL) de 20 ou 40 pieds si vous avez un volume important ;

conteneur partagé (LCL) si vous avez peu de biens ;

RoRo pour les véhicules ;

fret aérien pour les envois urgents mais de faible volume (coûteux).

Les temps de transit varient selon le port d’origine. Par exemple, depuis l’Australie :

Port d’origine vers TarawaDélai maritime estimatif
Sydney8–12 jours
Melbourne14–20 jours
Brisbane12–23 jours
Adelaide14–25 jours
Fremantle18–32 jours
Darwin≈ 34 jours

Depuis l’Europe ou l’Amérique du Nord, il faut ajouter les legs jusqu’aux hubs régionaux. Au total, un déménagement porte‑à‑porte peut s’étaler sur 2 à 10 semaines selon les itinéraires et les transbordements.

Formalités douanières et restrictions

L’importation d’effets personnels implique un certain nombre de documents :

passeport ;

inventaire détaillé des biens, idéalement en anglais, avec estimation de la valeur ;

connaissement maritime ;

– éventuellement, certificat de changement de résidence ou équivalent, pour bénéficier de régimes de faveur.

Les douanes du Kiribati appliquent une TVA d’environ 12,5 % et des droits variables selon la catégorie de biens. Les objets utilisés depuis plus de six mois et destinés à un usage personnel peuvent parfois être exonérés, mais cela doit être confirmé au cas par cas avec les autorités.

Une longue liste de produits est interdite ou strictement contrôlée :

Attention :

L’importation de certaines catégories de marchandises est strictement interdite. Cela inclut notamment les armes (à feu, munitions, explosifs, armes déguisées), les stupéfiants et le matériel associé, les produits chimiques dangereux, les gaz sous pression, les matières radioactives, les produits d’origine animale issus d’espèces protégées (comme l’ivoire), les plantes carnivores, les produits biologiques sensibles, ainsi que les supports pornographiques ou tout contenu jugé offensant.

Les appareils contenant des batteries au lithium, les parfums, les alcools, les liquides inflammables nécessitent un conditionnement et des déclarations spécifiques.

Conseils pratiques

Pour limiter les complications :

travailler avec un transitaire ou une société de déménagement internationale connaissant bien la région Pacifique ;

emballer vos biens dans des cartons solides et palettiser si nécessaire ;

– photographier vos effets de valeur avant envoi ;

– prévoir l’éventualité de retards : grèves, météo, problèmes de navires ;

– arriver avec l’essentiel dans vos bagages personnels (médicaments, quelques vêtements adaptés, documents originaux, ordinateur, etc.), et considérer votre container comme du moyen terme.

Culture, codes sociaux et intégration

Vivre au Kiribati, ce n’est pas seulement gérer des sujets administratifs et logistiques. La clé d’une expatriation réussie, surtout dans un pays insulaire aussi communautaire, réside dans la compréhension et le respect des codes culturels.

Tenue vestimentaire et attitudes

La modestie vestimentaire est de rigueur, particulièrement en dehors des ressorts touristiques :

– pour les femmes : épaules couvertes, jupes ou robes arrivant au genou au minimum, t‑shirt et lavalava (paréo) dans les villages ; maillots de bain ou bikinis uniquement dans les zones privées ou isolées ;

– pour les hommes : shorts au genou, chemises ou t‑shirts légers ; pas de torse nu au village ou dans les lieux publics hors plage ;

– dans un maneaba ou lors d’une cérémonie : lavalava souvent requis pour les hommes comme pour les femmes, chaussures retirées avant d’entrer.

Bon à savoir :

Dans ce contexte, il est considéré comme impoli de s’asseoir les pieds tendus vers quelqu’un, de pointer du doigt une personne, de passer debout entre des personnes assises sans se pencher, et de prononcer le mot « matauninga ».

Les démonstrations d’affection en public (embrassades appuyées, baisers) sont mal vues, de même que les disputes bruyantes ou l’ivresse manifeste sur la voie publique.

Vie communautaire, religion et fêtes

Participer à la vie du village, assister aux offices religieux, accepter les invitations à partager un repas chez des voisins sont autant d’occasions de s’intégrer. Être invité à manger dans une famille est un honneur : on retire ses chaussures, on s’assoit souvent au sol, on mange avec les mains (droite de préférence), et l’on évite de gaspiller la nourriture.

Dans les maneaba, les places sont organisées par statut familial et rôle social. Lors des fêtes ou « te botaki », il est d’usage d’apporter une petite contribution (notamment une somme d’argent appelée « mweaka ») pour remercier les hôtes et participer aux frais.

Le calendrier est rythmé par de grandes célébrations, dont l’anniversaire de l’indépendance, la Journée de la jeunesse, Noël et Pâques, avec parades, compétitions sportives, concours, danses et chants traditionnels.

Sécurité, société et respect mutuel

Le Kiribati est généralement décrit comme paisible, avec un taux de criminalité relativement faible. Néanmoins, la consommation d’alcool (y compris le toddy fermenté) est répandue et peut être à l’origine de violences domestiques ou de comportements perturbateurs, surtout à South Tarawa.

Pour les expatriés, les recommandations sont classiques :

sécuriser ses effets de valeur ;

– éviter de se déplacer ivre ou seul tard le soir dans des zones isolées ;

respecter les consignes et coutumes locales, notamment en matière de photographie (demander l’autorisation avant de photographier des personnes ou des sites sacrés).

Les relations de genre, l’orientation sexuelle, le statut des personnes handicapées restent marqués par des normes conservatrices. Certaines pratiques, dont les relations homosexuelles, sont pénalement réprimées, même si les poursuites semblent rares. Il est prudent d’en tenir compte dans ses comportements publics.

En conclusion : pour qui est faite une expatriation au Kiribati ?

S’installer au Kiribati ne correspond pas aux attentes d’une expatriation « classique » où l’on chercherait confort matériel, large offre de loisirs urbains et services médicaux de haut niveau. Les contraintes sont nombreuses : isolement, système de santé limité, infrastructures fragiles, exposition directe aux effets du changement climatique, manque d’opportunités professionnelles hors secteurs spécialisés.

En contrepartie, ceux qui acceptent ces réalités et viennent avec un projet clair – mission de développement, coopération, recherche, enseignement, séjour de volontariat, ou choix assumé de vie simple – peuvent découvrir :

une société chaleureuse, qui valorise le partage et l’entraide ;

des paysages marins uniques, avec lagons, plages et récifs coralliens ;

– une culture riche de chants, danses, sports traditionnels, architecture vernaculaire et gastronomie à base de produits locaux ;

– une occasion rare de réfléchir autrement à la relation entre l’homme, la mer et le climat.

Pour réussir votre installation au Kiribati en tant qu’expatrié, la préparation est déterminante : visa et permis de travail carrés, assurance médicale robuste, budget réaliste, attentes ajustées, et une réelle volonté d’apprendre des I‑Kiribati plutôt que de reproduire votre mode de vie d’origine. Dans ces conditions, l’archipel peut devenir bien plus qu’un simple poste de passage : une expérience de vie profonde, qui marque durablement.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier à Kiribati, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Kiribati, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Kiribati pour sa fiscalité directe très limitée pour les non‑résidents actifs localement, son coût de vie modéré et son positionnement géographique en zone Pacifique (diversification géopolitique du patrimoine, accès à de nouveaux marchés et devises). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition, convention FR–Kiribati), obtention du droit de séjour de long terme, structuration bancaire internationale (comptes multi‑devises hors zone euro), plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), et accompagnement par un réseau local (avocat, immigration, conseil immobilier) pour sécuriser la transmission et limiter les risques de double imposition et de contrôles.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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