Posé à l’extrémité sud-est de la péninsule arabique, le Sultanat d’Oman attire de plus en plus d’expatriés en quête d’un mode de vie plus serein que dans d’autres pays du Golfe, tout en profitant d’infrastructures modernes, d’emplois bien rémunérés et d’un environnement très sûr. Entre les montagnes du Hajar, les wadis, les déserts et les plages de l’océan Indien, ce pays longtemps discret s’est ouvert progressivement au monde tout en conservant une identité très marquée.
Une installation réussie à Oman nécessite une préparation approfondie. Les démarches essentielles incluent l’obtention d’un visa, la recherche d’un logement, l’ouverture d’un compte bancaire et la souscription à une couverture santé. Il est également crucial de se renseigner sur le coût de la vie, les options de scolarité et l’adaptation culturelle pour éviter les mauvaises surprises et mener à bien son projet.
Comprendre le pays et le cadre de vie
Oman est le plus ancien État indépendant du monde arabe. Le pays occupe le coin sud-est de la péninsule arabique et partage ses frontières terrestres avec les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Yémen. La capitale, Mascate, concentre l’essentiel de l’économie et de la population urbaine : environ 1,4 à 1,5 million d’habitants sur un total d’un peu plus de 4,5 millions dans tout le pays.
Les expatriés représentent environ 44 % de la population totale du Sultanat d’Oman.
Oman est régulièrement classé parmi les pays les plus sûrs au monde pour les étrangers. Les taux de criminalité sont très bas et les autorités prennent la question de la sécurité au sérieux. Cela n’empêche pas d’être prudent au volant : la vitesse, les comportements imprévisibles de certains conducteurs et les animaux sur les routes de campagne sont des risques bien réels.
La société reste profondément conservatrice et familiale, majoritairement musulmane de rite ibadite. Cela se traduit par un rapport central à la religion, à la pudeur et au respect des autorités. Le pays est souvent décrit comme plus authentique et plus posé que sa voisine Dubaï : rythme de vie plus calme, ostentation moins marquée, mais normes sociales plus strictes.
Climat, environnement et santé au quotidien
Le climat constitue l’un des premiers chocs pour les nouveaux arrivants. À Mascate, la chaleur est la norme et l’air est généralement sec, même si l’humidité grimpe fortement l’été.
On distingue globalement deux périodes : une saison plus supportable de novembre à février, avec des températures autour de 18–30 °C, et une longue période chaude qui s’étire de mars à octobre, où le thermomètre dépasse fréquemment les 37 °C et peut grimper au-delà de 50 °C en sensation, avec une humidité qui dépasse souvent les 75–80 %. Pendant les mois les plus extrêmes, rester dehors longtemps en journée n’est pas raisonnable, surtout pour les enfants.
Les wadis, lits de rivières habituellement secs, deviennent dangereux lors des fortes pluies (surtout de novembre à mars), avec des risques de crues soudaines, d’inondations et de routes coupées. Il est impératif de respecter les consignes des autorités et d’éviter de les traverser en 4×4, même en imitant les locaux, pour prévenir tout accident.
L’air est en général de bonne qualité, même si des épisodes de poussière ou de pollution peuvent affecter les grandes agglomérations comme Mascate. La chaleur constitue néanmoins le principal risque sanitaire : insolation, déshydratation, coup de chaleur, surtout pour les nouveaux arrivants qui sous-estiment l’intensité du soleil. Les autorités sanitaires recommandent de bien s’hydrater, d’éviter les heures les plus chaudes et de se protéger (chapeau, vêtements légers à manches longues, lunettes).
L’eau du robinet est considérée comme potable en ville, mais de nombreux habitants et expatriés préfèrent consommer de l’eau en bouteille. En zone rurale, il est conseillé de faire bouillir l’eau avant consommation. Pour les vaccinations, un certificat contre la fièvre jaune n’est requis que pour les voyageurs en provenance de pays touchés. Il est recommandé d’être à jour sur les vaccins classiques (tétanos, diphtérie, polio, ROR, coqueluche) et d’envisager ceux contre la typhoïde ou les hépatites A et B, surtout en dehors des grandes villes.
Coût de la vie : quel budget prévoir ?
La vie à Oman est généralement moins coûteuse que dans d’autres grands pôles du Golfe, mais reste loin d’être bon marché, surtout pour les familles. Mascate présente un indice de coût de la vie autour de 40,7, et un indice de loyer de 14,5. L’un des gros avantages pour les salariés est l’absence d’impôt sur le revenu jusqu’en 2027 ; les salaires net et brut sont donc généralement identiques pour les expatriés actuellement, même si une réforme de l’impôt des personnes physiques doit entrer en vigueur à partir de 2028 avec un taux de 5 % au-delà d’un certain seuil de revenu annuel.
Les estimations globales pour Mascate, logement compris, donnent un ordre de grandeur utile :
| Profil | Budget « confort » mensuel (USD) | Budget « serré » mensuel (USD) |
|---|---|---|
| Célibataire | ~2 097 | ~1 097 |
| Couple | ~2 969 | ~1 500 |
| Famille de 4 | ~4 166 | ~2 092 |
Converti en rials omanais (1 OMR ≈ 2,6 USD), cela place le budget confortable d’une famille de quatre autour de 1 600 OMR par mois, loyer compris. Ce chiffre varie bien sûr énormément selon le type de logement, la scolarité, le choix d’un véhicule et le style de vie (restaurants, clubs privés, voyages).
Le salaire net moyen à Mascate se situe généralement entre 666 et 678 OMR. En contraste, des postes de direction peuvent offrir des rémunérations bien plus élevées, comme l’illustre une offre pour un poste de Senior Vice President dans une banque de la ville. Ce poste proposait un package total de 6 450 OMR par mois (composé d’un salaire de base et d’indemnités), auquel s’ajoutait une allocation scolaire de 1 000 OMR par enfant.
La principale dépense reste le logement. Viennent ensuite l’alimentation, la scolarité pour ceux qui ont des enfants, le véhicule, l’assurance santé privée et les frais liés au mode de vie (clubs, sorties, voyages).
Logement : où habiter et à quel prix ?
La plupart des expatriés s’installent à Mascate ou dans ses environs, même si des communautés étrangères existent aussi à Sohar, Salalah ou Nizwa. La capitale est éclatée en plusieurs quartiers qui s’étendent le long de la côte : Ruwi, Muttrah, Qurum, Al Khuwair, Bosher, Al Ghubrah, Azaiba, Mawaleh, Al Hail, Al Khoud, Seeb, etc.
Plusieurs secteurs sont particulièrement prisés des étrangers : Al Mouj (quartier résidentiel en bord de mer, intégré à un grand projet immobilier), Qurum, Madinat al Sultan Qaboos, Dolphin Village ou encore certains quartiers d’Al Khuwair ou d’Al Athaiba. Ces zones bénéficient d’un bon accès aux écoles internationales, aux commerces et aux services.
Dubaï offre une large gamme d’options d’habitation, allant des solutions les plus simples aux propriétés les plus luxueuses, souvent au sein de résidences sécurisées avec de nombreux services.
Du studio en immeuble simple à l’appartement moderne, en passant par les maisons jumelées.
Villas luxueuses, avec jardin, souvent situées dans des compounds sécurisés et fermés.
Appartements ou villas dans des résidences offrant piscine, salle de sport, aire de jeux et gardiennage, très prisées des expatriés.
Les loyers varient fortement selon le quartier, la taille et le standing. À titre indicatif, pour Mascate :
| Type de logement | Emplacement | Loyer mensuel typique |
|---|---|---|
| Studio | Ville | 120–200 OMR |
| 1 chambre | Centre | 180–300 OMR (jusqu’à 475 OMR pour du standing) |
| 1 chambre | Périphérie | 100–350 OMR |
| 2 chambres | Quartiers urbains | 250–400 OMR |
| 3 chambres | Centre | 320–850 OMR |
| 3 chambres | Hors centre | 200–550 OMR |
| Villa 3–4 ch. | Quartiers résidentiels | 600–1 200 OMR |
| Villa luxe | Compounds haut de gamme | 1 200–2 500+ OMR |
| Très grandes villas | Secteurs VIP | jusqu’à 3 000 OMR |
La plupart des logements sont loués non meublés. Cela implique des frais de mobilier et d’électroménager non négligeables à l’arrivée, même si un marché d’occasion dynamique (OLX, Dubizzle, groupes Facebook d’expats) permet de limiter la facture. Les charges de base (électricité, climatisation, eau, ordures) pour un appartement d’environ 85–90 m² tournent autour de 41–45 OMR par mois, mais la climatisation en été peut faire monter la note.
Les loyers sont généralement payés d’avance, annuellement ou semestriellement, par chèques postdatés. Pour un T3 à 400 OMR, cela représente une avance de 2 400 à 4 800 OMR, plus une caution. De nombreux employeurs proposent un logement de fonction ou une allocation pour faciliter cette charge.
Les contrats doivent être enregistrés auprès des autorités (municipalité ou ministère du Logement). De plus en plus de démarches se font en ligne, et il est vivement conseillé de passer par une agence reconnue, comme Savills Oman, pour gérer les formalités et sécuriser la relation avec le propriétaire.
Pour ceux qui ont un projet à long terme, il existe des possibilités d’achat dans des zones spécifiques appelées Integrated Tourism Complexes (ITC), comme Al Mouj, Muscat Hills, Jebel Sifah ou Hawana à Salalah. Ce sont pratiquement les seuls secteurs où les étrangers peuvent devenir pleinement propriétaires en dehors de structures professionnelles ou de programmes d’investissement.
Alimentation et courses : supermarchés, importations et habitudes
L’alimentation à Oman reflète à la fois la gastronomie omanaise – influencée par la péninsule arabique, l’Inde, la Perse et l’Afrique de l’Est – et l’offre internationalisée des hypermarchés. Au quotidien, les expatriés font leurs courses dans les grandes chaînes comme Lulu Hypermarket, Carrefour, Nesto, Al Fair ou encore Spinney’s, qui proposent un vaste choix de produits importés et locaux.
Beaucoup de denrées étant importées, les prix peuvent être supérieurs à ceux d’Europe sur certains produits, en particulier les fruits et légumes frais de qualité, les fromages, la charcuterie, les produits bio ou de niche. Les marchés traditionnels comme le souk de Muttrah ou le marché de Seeb permettent souvent d’acheter fruits, légumes et poissons à des tarifs plus intéressants, mais la qualité et la constance de l’offre varient.
Pour se faire une idée du budget nourriture :
| Profil | Budget mensuel moyen courses (OMR) |
|---|---|
| Célibataire | ~80–150 OMR |
| Famille de 4 | ~200–300 OMR |
Côté restaurants, il est possible de bien manger pour relativement peu cher dans les nombreux établissements indiens, pakistanais ou de cuisine locale. Un repas simple dans un petit restaurant revient en général entre 1,5 et 5 OMR. Un dîner pour deux dans un restaurant de gamme moyenne tourne autour de 10–25 OMR. Les chaînes internationales de fast‑food restent dans les standards mondiaux, un menu type McDonald’s coûtant 2,5–3,9 OMR.
Le taux de la taxe d’accise qui frappe les boissons alcoolisées aux Émirats arabes unis.
Les produits à base de porc sont interdits pour les musulmans mais disponibles pour les non-musulmans dans certains rayons séparés de supermarchés, à des tarifs élevés. Il est donc possible de continuer à consommer du bacon ou du jambon, mais en acceptant un surcoût.
Transports et permis de conduire : la voiture quasi incontournable
Le réseau de transport public reste limité à Oman. Mascate dispose de bus Mwasalat sur quelques lignes et d’un système de taxis officiels, mais la mobilité quotidienne repose largement sur la voiture individuelle. Dans la plupart des quartiers ou pour sortir de la ville, posséder ou louer un véhicule est quasi indispensable, surtout en été où marcher sous 45 °C est peu réaliste.
Les routes principales sont en très bon état, avec de larges autoroutes reliant les grandes villes. De nombreux radars fixes et mobiles sanctionnent les excès de vitesse. Les limitations varient de 40–80 km/h en ville à 90 km/h sur routes ouvertes et 120 km/h sur autoroutes (100 km/h pour les poids lourds). Un certain « tolérance technique » de l’ordre de 19–20 km/h au‑dessus de la limite est souvent évoquée avant de déclencher un PV, mais il est risqué de compter dessus.
Le prix subventionné d’un litre d’essence 91 en Oman, en OMR, le rendant très bon marché par rapport à l’Europe.
La sécurité routière est prise très au sérieux : taux d’alcoolémie toléré au volant : zéro. Conduire après avoir bu est passible de prison (jusqu’à un an) et d’une amende d’environ 200 OMR. L’usage du téléphone portable sans kit mains libres est interdit et verbalisé. Ignorer un feu rouge peut conduire à une peine de prison. Un système de « points noirs » applique des sanctions cumulatives ; atteindre 24 points en un an entraîne la confiscation du permis.
C’est le budget global en rials omanais généralement nécessaire pour obtenir un permis de conduire via la filière ‘apprenti’ à Oman.
Les taxis officiels Mwasalat sont rouges et blancs et disposent d’un compteur. Les taxis privés (orange et blancs) n’en ont pas systématiquement, il faut donc négocier le prix au préalable. Le pays n’est pas desservi par Uber ou Careem, mais plusieurs applications locales existent (OTaxi, Hala Taxi, Tasleem, Marhaba).
Système de santé : soins de qualité, assurance obligatoire
La qualité des soins médicaux à Oman est globalement très bonne, avec des hôpitaux modernes, des cliniques bien équipées et des médecins souvent formés à l’étranger. Le système public, géré par le ministère de la Santé, offre des services gratuits aux citoyens omanais et aux ressortissants des pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC). Certains expatriés employés par l’État ou des organismes publics bénéficient aussi d’un accès gratuit au réseau public.
Pour la grande majorité des étrangers travaillant dans le privé, les soins publics sont payants, les orientant principalement vers les établissements privés. Ces hôpitaux et cliniques, nombreux (Muscat Private Hospital, Burjeel Hospital, Badr Al Samaa, Apollo Hospital, Starcare, Atlas Hospital), offrent des temps d’attente courts et un grand confort, mais à des coûts très élevés, à régler immédiatement. Un impayé important peut entraîner une interdiction de quitter le pays jusqu’au règlement de la dette.
Pour encadrer ce secteur, Oman a instauré une assurance santé obligatoire pour les salariés du privé et leurs ayants droit, appelée « Dhamani », encadrée par l’Autorité des marchés de capitaux. Cette police de base, financée par les employeurs, couvre notamment les consultations, traitements, ambulances et hospitalisations, avec un plafond annuel d’environ 4 500 OMR. Des options complémentaires peuvent inclure la maternité, les soins des enfants, le dentaire ou l’optique.
Les assurances groupe proposées par les entreprises présentent souvent des limites (plafonds annuels, franchises, exclusions, prise en charge limitée de la maternité et des pathologies préexistantes). Pour une famille, il est conseillé de les compléter avec une assurance santé internationale, plus complète. Des acteurs spécialisés comme Cigna Global, Allianz Care, Bupa, AXA ou William Russell offrent des formules plus généreuses, incluant généralement un réseau de cliniques partenaires et des services de tiers payant.
L’ambulance publique fonctionne correctement et le numéro d’urgence est le 9999. Des ambulances privées existent aussi pour ceux qui souhaitent des services plus rapides ou plus confortables, moyennant un coût additionnel.
Scolarité : un poste majeur pour les familles
Le système éducatif public est gratuit pour les citoyens, mais les enfants d’expatriés doivent obligatoirement être scolarisés dans le privé. À Mascate et dans quelques grandes villes, l’offre d’écoles internationales est riche et très diverse : programmes britannique (IGCSE, A‑Levels), américain, International Baccalaureate (IB), français, indien (CBSE), pakistanais, sri‑lankais, etc.
Parmi les établissements phares :
Présentation de quelques-unes des principales écoles internationales du Sultanat d’Oman, offrant des cursus variés et des installations modernes.
Située à Ghala, suit un cursus américain de la maternelle au lycée. Campus moderne avec bibliothèques, centre des arts, installations sportives et panneaux solaires.
Située à Al Khuwair, école IB complète (PYP, MYP, DP) avec plus de 900 élèves de plus de 70 nationalités.
Située à Madinat Qaboos, propose le curriculum britannique. Dispose de laboratoires, d’un théâtre de 500 places, de trois piscines et d’un centre dédié aux Sixth Form.
De nombreuses écoles couvrent des besoins spécifiques (communautés indienne, française, bangladaise, pakistanaise, sri‑lankaise, etc.), à Mascate, Sohar, Salalah ou Ibri.
Les frais de scolarité constituent l’un des plus gros postes du budget familial. Dans le primaire pour des écoles internationales, les tarifs annuels oscillent généralement entre 1 800 et 7 000 OMR par enfant, selon l’établissement et le niveau. Les jardins d’enfants et crèches privés proposent des tarifs mensuels d’environ 60 à plus de 200 OMR pour un temps plein, souvent sans inclure les repas ou les activités optionnelles. À cela s’ajoutent les frais d’inscription, uniformes, transports scolaires, activités extrascolaires…
Montant en OMR de l’allocation école par enfant offerte par certaines entreprises pour les postes de direction en expatriation.
Emploi, économie et salaires
Les opportunités pour les expatriés se concentrent autour de plusieurs secteurs clés : pétrole et gaz (avec des acteurs majeurs comme Petroleum Development Oman), ingénierie, construction, finance, tourisme, hôtellerie‑restauration, logistique, enseignement (notamment dans les écoles internationales) et santé. La Vision Oman 2040 encourage également le développement de nouvelles filières comme les énergies renouvelables, l’économie numérique ou la pêche industrielle.
Les salaires pour expatriés qualifiés sont intéressants, notamment grâce à une fiscalité très légère (pas d’impôt sur le revenu actuellement, un futur prélèvement de 5% est prévu pour les hauts revenus). Cependant, la politique d’« omanisation » réserve prioritairement les emplois aux nationaux via des quotas, des priorités à l’embauche et des restrictions de visas. L’accès au marché du travail est donc désormais plus difficile sans compétences très spécifiques ou un profil rare.
Le produit intérieur brut par habitant à Mascate avoisine les 14 000 USD par an, ce qui positionne Oman dans la moyenne haute des pays à revenu intermédiaire. Le coût de la vie, lui, est jugé modéré par rapport aux grands hubs du Golfe, surtout pour le logement et certaines dépenses courantes, mais il progresse progressivement, notamment avec l’introduction de la TVA de 5 %.
Pour une installation durable, il est utile de consulter des spécialistes de la finance pour expatriés afin d’optimiser l’épargne, la retraite ou la succession en fonction des différents systèmes fiscaux et juridiques (par exemple des cabinets comme SJB‑Global).
Visas, résidence et formalités d’immigration
Tout projet d’expatriation commence par le volet visas. Oman a mis en place un système en ligne géré par la Royal Oman Police (ROP) qui permet de consulter les options de visas, déposer des demandes et suivre les dossiers. Une soixantaine de nationalités peuvent se voir accorder une exemption de visa d’entrée pour des séjours touristiques de 14 jours, sous réserve d’un passeport valable au moins six mois, d’un billet retour, d’une réservation d’hôtel, d’une assurance santé et de ressources suffisantes. Les citoyens des pays du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Koweït, Qatar, Arabie saoudite, Émirats) n’ont pas besoin de visa pour entrer.
Pour s’installer et travailler légalement en Oman, il est impératif d’obtenir un visa de travail et un permis de résidence, sponsorisés par un employeur omanais. Cela nécessite de décrocher un contrat avant l’arrivée dans le pays. L’entreprise se charge ensuite de solliciter une autorisation de main-d’œuvre auprès du ministère du Travail, puis un visa de travail auprès de la ROP (Royal Oman Police). Ce visa d’emploi, généralement valable deux ans et renouvelable, permet de vivre et travailler dans le sultanat.
Les membres de la famille proche (conjoint, enfants) peuvent être rattachés via des visas de regroupement familial, à condition que le salarié sponsor dispose d’un revenu et de conditions de logement suffisants (un seuil de salaire autour de 600 OMR est souvent cité comme référence pour pouvoir sponsoriser sa famille). Les documents à fournir incluent les actes de mariage ou de naissance dûment légalisés, des copies de passeports, des certificats médicaux le cas échéant, etc.
La Royal Oman Police délivre une carte de résident (Raqm Muqeem) qui remplace le visa dans le passeport. Elle doit être obtenue dans les 30 jours suivant l’arrivée dans le pays, sert de pièce d’identité locale pour les démarches quotidiennes (banque, téléphone, logement) et doit être renouvelée régulièrement sous peine d’amendes mensuelles en cas de retard.
Pour les entrepreneurs ou les investisseurs, un programme spécifique de résidence par investissement existe. Il permet à ceux qui investissent un certain montant dans l’immobilier, les obligations d’État ou une entreprise employant un nombre minimal d’Omanais d’obtenir un permis de séjour de 5 ou 10 ans renouvelable, et de se sponsoriser eux‑mêmes ainsi que leur famille. Les seuils d’investissement sont de 250 000 OMR pour un visa de 5 ans et de 500 000 OMR pour 10 ans. Une variante vise les retraités de plus de 60 ans prouvant un revenu mensuel de 4 000 OMR ou plus.
Pour les séjours courts, Oman délivre également des visas touristiques (10, 30 jours), des visas d’affaires, des visas étudiants et des visas de transit. Les règles évoluent régulièrement ; il est donc prudent de se référer au portail eVisa de la ROP ou à une société spécialisée pour obtenir des informations à jour.
Compte bancaire, argent et fiscalité personnelle
La plupart des employeurs exigent que les salaires soient versés sur un compte bancaire local, en rials omanais. Ouvrir un compte fait donc partie des premières démarches à anticiper. La réglementation et la pratique imposent dans l’immense majorité des cas de disposer déjà d’un titre de séjour (résidence) pour pouvoir ouvrir un compte courant. Les touristes n’y ont généralement pas droit, et les comptes non‑résidents restent marginaux et limités en fonctionnalités.
Les grands acteurs bancaires sont Bank Muscat, National Bank of Oman, BankDhofar, Sohar International, Oman Arab Bank, mais aussi plusieurs banques islamiques et des filiales de groupes internationaux. Les horaires d’ouverture bancaires vont typiquement de 8 h à 14 h, du dimanche au jeudi, avec des horaires réduits durant le Ramadan.
Pour un compte individuel, les banques demandent habituellement :
Pour ouvrir un compte bancaire, vous devez présenter un passeport valide, une carte de résident ou un visa de résidence, une lettre de salaire ou un contrat de travail (ou une lettre de l’employeur), une preuve d’adresse locale (comme un contrat de location, une facture de services ou une attestation de l’employeur), ainsi qu’un formulaire d’ouverture dûment complété. Dans certains cas, une photo d’identité supplémentaire et votre numéro fiscal d’origine peuvent également être demandés.
Certains établissements exigent un solde minimum mensuel (par exemple 200 OMR) sous peine de facturer des frais de tenue de compte. D’autres proposent des comptes sans exigence de solde, notamment pour les jeunes ou les comptes salaires.
Pour les entreprises, l’ouverture d’un compte bancaire professionnel nécessite de fournir de nombreux documents, tels que les documents d’enregistrement de la société, la licence commerciale, les résolutions d’assemblée, les cartes de résidence des associés et le bail des locaux. Certaines banques exigent également des preuves concrètes de l’activité, comme des factures ou des photos des bureaux, avant d’accepter d’ouvrir le compte.
En matière de fiscalité personnelle, Oman constitue encore un paradis relatif pour les expatriés puisqu’il n’existe pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques en vigueur à ce jour. Toutefois, une loi a été adoptée pour introduire à partir de 2028 un impôt de 5 % sur les revenus dépassant un seuil annuel de 42 000 OMR pour les résidents fiscaux, avec diverses exonérations et déductions prévues. Selon les projections officielles, environ 99 % de la population ne serait pas concernée. Il reste important de suivre de près l’évolution de ces dispositions et de consulter, si besoin, un conseiller fiscal pour articuler la fiscalité d’Oman avec celle de votre pays d’origine, notamment si vous êtes soumis à déclaration dans ce dernier (comme les citoyens américains, par exemple).
La vie sociale des expatriés à Oman est particulièrement dynamique, surtout à Mascate. De nombreux clubs, associations et réseaux informels permettent de se faire des amis, de pratiquer des loisirs et de s’intégrer plus facilement. On trouve par exemple des groupes par nationalité (Australiens et Néo‑zélandais, Néerlandais, Irlandais, Sud‑Africains, Indiens, etc.), des associations féminines comme la Women’s Guild Oman ou l’American Women’s Group, des réseaux professionnels comme le Muscat American Business Council, ainsi que des clubs thématiques (environnement, couture, sports, arts, etc.).
Découvrez une large gamme de clubs et d’associations sportives pour pratiquer votre passion dans la capitale omanaise.
Rejoignez le Muscat Rugby Football Club pour le rugby ou le groupe de running Muscat Road Runners.
Pratiquez le vélo de route ou le VTT avec des groupes comme Bike Oman ou Muscat Mountain Bikers.
Explorez les fonds marins avec Muscat Divers ou initiez-vous à la voile au Capital Area Yacht Centre.
Profitez de parcours de renom comme Al Mouj Golf, Ghala Valley Golf Club ou Muscat Hills Golf & Country Club.
Pratiquez diverses disciplines martiales ou découvrez le club historique PDO de Ras al Hamra, offrant de nombreuses activités pour les membres et leurs familles.
Côté loisirs plus « urbains », l’offre de centres commerciaux, cinémas, cafés et restaurants ne cesse de croître, même si elle reste plus modeste que dans les métropoles voisines. La vie nocturne est limitée et encadrée par les lois sur l’alcool : les bars et boîtes de nuit existent essentiellement dans les grands hôtels internationaux ou quelques lieux licenciés, et les prix sont élevés. L’Opéra royal de Mascate propose une programmation de niveau international, mais les billets démarrent autour de 35 OMR, ce qui en fait un luxe occasionnel.
Les week-ends à Oman sont idéaux pour explorer la nature : wadis, montagnes, plages pour le camping, dunes de Wahiba Sands, et forts historiques comme Nizwa ou Bahla. La région de Salalah se couvre de verdure pendant la mousson estivale (khareef). Un véhicule 4×4 est fortement recommandé pour accéder à certains sites et obligatoire pour passer le checkpoint de Jebel Akhdar.
Oman se caractérise par une hospitalité très chaleureuse et un grand respect des étrangers, mais dans un cadre culturel et juridique strict. Quelques points sont particulièrement importants pour éviter les faux pas.
La tenue vestimentaire doit être modeste dans l’espace public. Pour les femmes, cela signifie épaules et genoux couverts, vêtements amples plutôt que moulants, pantalon plutôt que mini‑jupe. Le port du voile n’est pas obligatoire, sauf pour entrer dans les mosquées. Pour les hommes, les shorts trop courts et les débardeurs sont mal vus en ville. Les maillots de bain restent réservés aux plages privées ou aux piscines d’hôtels ; se promener en bikini dans un centre commercial est impensable.
Les démonstrations d’affection en public (baisers, étreintes) sont interdites et peuvent attirer l’attention de la police. Élever la voix, insulter ou faire des gestes grossiers en public est également répréhensible. Il est strictement interdit de critiquer l’Islam, le pays, le Sultan ou la famille régnante, ces sujets étant des lignes rouges absolues.
L’homosexualité est illégale et l’attitude générale envers les personnes LGBTQ+ est hostile. La cohabitation entre couples non mariés est théoriquement interdite et certains hôtels peuvent refuser une chambre à un couple hétérosexuel non marié, même si dans la pratique, les expatriés rapportent des situations plus nuancées selon les lieux et les circonstances.
Pendant le Ramadan, il est interdit de manger, boire ou fumer en public durant la journée, même pour les non‑musulmans. La plupart des restaurants ferment à midi, à l’exception de certains établissements hôteliers qui servent leurs clients à huis clos. Il est également recommandé d’éviter la musique forte et les manifestations festives en journée.
L’alcool, la pornographie, le cannabis et les drogues en général sont strictement contrôlés. Les peines liées aux stupéfiants peuvent être très lourdes (prison, fortes amendes). Certains médicaments disponibles sur ordonnance dans d’autres pays sont interdits à Oman ; il est donc impératif de voyager avec les ordonnances correspondantes et, en cas de doute, de vérifier la légalité de ses traitements.
Enfin, les questions politiques restent sensibles. Les discussions superficielles sur la région ou l’actualité internationale sont acceptables, mais les critiques frontales de la politique intérieure, des autorités ou des sujets religieux sont à proscrire. Le respect des aînés, des autorités et des convenances reste profondément ancré.
Organiser son installation : points clés à anticiper
Une expatriation réussie à Oman repose sur une bonne préparation. Quelques éléments méritent une attention particulière avant de faire le grand saut.
Sur le plan financier, il est prudent de prévoir une réserve de trésorerie suffisante pour couvrir les coûts initiaux : avance de loyer (jusqu’à un an), dépôt de garantie, frais de mobilier, achat ou location de voiture, frais scolaires éventuels, constitution d’un matelas de sécurité en cas de problème de santé ou de changement de situation professionnelle. À cela s’ajoutent les frais de visa, de carte de résidence, d’assurance santé complémentaire, sans oublier les dépenses de vie quotidienne le temps de toucher son premier salaire.
Le choix de la période de déménagement est crucial pour faciliter l’adaptation, surtout sous un climat chaud. Il est déconseillé d’arriver en plein été lorsque les températures peuvent avoisiner les 50 °C, ce qui rend la découverte et l’installation difficiles. Il est recommandé de planifier son installation entre novembre et février, période où les températures sont plus clémentes. Ce conseil est particulièrement important pour les familles avec des enfants.
Sur le plan logistique, il est possible de s’appuyer sur des sociétés de relocation internationales qui proposent des packages « clé en main » : obtention de visa, recherche de logement, orientation culturelle, scolarisation, démarches administratives, etc. Certains employeurs prennent ces services en charge. Pour les biens personnels, plusieurs groupes spécialisés dans le déménagement international vers le Moyen‑Orient offrent des services de groupage maritime, d’assurance et de stockage.
Pour s’intégrer plus rapidement à Mascate, il est conseillé de s’inscrire à des groupes d’expatriés, de participer à des événements communautaires, de rejoindre un club sportif ou culturel ou de pratiquer un loisir de plein air. Des plateformes en ligne comme InterNations, Expat.com ou des applications dédiées aux expatriés à Mascate facilitent la rencontre avec d’autres nouveaux arrivants ou résidents déjà installés.
Enfin, prendre le temps de se familiariser avec les codes locaux – formules de politesse, gestes de salutation, importance de la main droite, coutumes dans les maisons (déchaussage, cadeaux à l’hôte, acceptation de la nourriture et du café proposé) – facilite les interactions avec les Omanais, qui sont connus pour leur gentillesse et leur sens de l’accueil.
Bilan : pour quel profil Oman est‑il adapté ?
S’installer à Oman en tant qu’expatrié offre un compromis rare dans la région : un niveau de sécurité très élevé, une population accueillante, une qualité de vie confortable, une nature spectaculaire, des salaires souvent attractifs et une fiscalité encore très légère. En contrepartie, l’environnement reste conservateur, la vie nocturne limitée, la chaleur écrasante une bonne partie de l’année, et la scolarité ainsi que certains loisirs se révèlent coûteux.
Le pays offre un environnement sécurisé et un rythme de vie posé, idéal pour les familles, à condition que le package d’expatriation couvre logement et scolarité dans les bonnes écoles internationales. Pour les professionnels qualifiés des secteurs prioritaires de la Vision 2040 (énergie, ingénierie, finance, logistique, tourisme, santé, enseignement, technologie), il présente de belles opportunités dans un cadre de travail hiérarchisé mais détendu au quotidien.
Pour les célibataires, l’expérience peut être très positive si l’on est prêt à investir dans un réseau social actif via les clubs, les associations et les activités de plein air. En revanche, ceux qui recherchent une vie nocturne effervescente, une totale liberté dans la sphère privée et des normes sociales très libérales risquent de trouver le cadre omanais trop contraignant.
Oman possède sa propre histoire, culture et modèle de développement, distincts de ceux de Dubaï ou d’un simple site pétrolier. S’y installer nécessite préparation, curiosité et adaptabilité, mais peut offrir une expérience de vie singulière et mémorable à ceux qui s’y adaptent.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Émirats), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman, pour sa fiscalité favorable sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie compétitif à Mascate par rapport aux grandes capitales européennes, un cadre de vie stable et un environnement sécurisé. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour à Oman via investissement/visa longue durée, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers francophones) et restructuration patrimoniale internationale pour optimiser revenus, retraites et transmission, tout en gérant les risques de double imposition et de contrôles fiscaux.
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.