Petit royaume enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, Eswatini attire de plus en plus de professionnels, d’humanitaires et d’entrepreneurs étrangers. Coût de la vie modéré, environnement naturel spectaculaire, position stratégique dans l’Afrique australe : sur le papier, le pays a de nombreux atouts. Mais la réalité quotidienne reste marquée par la pauvreté, un système de santé fragile et un cadre politique très particulier, fondé sur une monarchie absolue.
Ce guide couvre les aspects essentiels pour s’installer à Eswatini : les démarches de visa, la recherche d’emploi, le logement, le système éducatif, l’accès aux soins de santé, la gestion des finances, ainsi que la vie sociale et les questions de sécurité.
Comprendre Eswatini avant de partir
Eswatini, anciennement Swaziland, est officiellement le Royaume d’Eswatini. C’est un État de l’Afrique australe de 17 000 km² environ, sans accès à la mer, coincé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. Le pays compte environ 1,1 à 1,2 million d’habitants, majoritairement Swazi (emaSwati), parlant siSwati et anglais.
L’Eswatini est une monarchie absolue où le roi Mswati III détient un pouvoir très étendu. L’opposition politique est interdite et les partis ne peuvent fonctionner ouvertement. Les manifestations prodémocratie sont régulièrement et parfois violemment réprimées. Pour un expatrié, cela implique une grande prudence sur les sujets politiques en public et la conscience d’un climat pouvant se tendre soudainement.
La population est jeune, avec une médiane d’âge autour de 20 ans, mais fait face à des défis sociaux lourds : environ 59 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, la prévalence du VIH est parmi les plus élevées au monde et la vie quotidienne est souvent précaire en zone rurale, où vit la majorité de la population.
Climat, environnement et qualité de vie
Le relief d’Eswatini est étonnamment varié pour un si petit pays : montagnes et hautes vallées à l’ouest, plateaux centraux, savanes plus sèches à l’est. Ce relief conditionne fortement le climat et, donc, votre expérience au quotidien.
Le pays est généralement découpé en trois grandes zones climatiques :
Le pays présente trois zones climatiques distinctes. Le Highveld, où se situe la capitale administrative Mbabane, bénéficie d’un climat tempéré et humide, avec des nuits d’hiver pouvant descendre sous 0 °C, mais la neige y est extrêmement rare. Le Middle Veld, cœur industriel et commercial abritant Manzini, a un climat subtropical humide aux hivers agréables et aux étés pouvant frôler les 40 °C. Enfin, le Lowveld à l’est connaît un climat de savane, très chaud et humide en été, avec des nuits d’hiver plus fraîches.
La saison des pluies s’étend d’octobre à avril, avec chaleur, orages violents, averses de l’après-midi et parfois grêle dans les hautes terres. D’avril à octobre, la saison sèche apporte des journées ensoleillées et plutôt douces mais des nuits fraîches, voire froides dans le Highveld.
Les paysages – canyons, rivières, forêts, réserves animalières – sont un atout majeur de la qualité de vie. Les parcs comme Mlilwane, Mkhaya, Hlane Royal National Park, Malolotja ou Mbuluzi offrent un accès facile à la faune sauvage (dont les Big Five dans certains sites) et aux activités de plein air (randonnée, VTT, rafting, équitation).
Coût de la vie : un cadre abordable, mais des postes chers pour les expatriés
Dans l’ensemble, Eswatini est nettement moins cher que la plupart des pays occidentaux. Selon des comparaisons internationales, le coût de la vie y est environ 2,2 fois inférieur à la moyenne mondiale, et quelque 80 % moins élevé que celui des États‑Unis. Mais la vision change si l’on se place du point de vue d’un résident local : les salaires restent très faibles, et certains postes typiquement « expatriés » comme la scolarité internationale ou l’assurance santé privée sont très onéreux.
Pour se faire une idée, le tableau ci‑dessous synthétise des ordres de grandeur mensuels (en dollars) :
| Profil de foyer | Coût mensuel estimé avec loyer | Coût mensuel hors loyer |
|---|---|---|
| Personne seule | 490 – 515 $ | 300 – 311 $ |
| Famille de quatre personnes | 1 280 – 1 545 $ | 866 – 951 $ |
| Salaire net moyen local (approx.) | 285 – 443 $ | – |
Ces montants intègrent un niveau de vie local, pas forcément aligné avec les attentes d’un cadre international. À cela s’ajoutent des dépenses peu compressibles pour les expatriés : scolarité dans les écoles internationales, logement dans des quartiers sécurisés, assurance maladie internationale, sorties dans des restaurants orientés vers une clientèle étrangère.
Quelques prix du quotidien
La devise locale est le Lilangeni (SZL), au pluriel Emalangeni, indexé à parité 1:1 sur le Rand sud‑africain (ZAR). Le Rand circule librement dans le pays et est couramment accepté.
Le prix typique est exprimé en rands/lilangenis.
| Poste | Prix moyen (SZL/ZAR) |
|---|---|
| Repas simple au restaurant local | 30 |
| Menu fast‑food type « combo » | 42 |
| Repas 3 plats pour deux, restaurant moyen | ≈ 512,50 |
| Bière locale au bar (pinte) | 30 |
| Cappuccino | ≈ 32,4 |
| Pain blanc (≈ 450 g) | 12,45 |
| Litre de lait | 18,50 |
| Douzaine d’œufs | 27,04 |
| Poulet (≈ 450 g) | 31,84 |
| Bœuf (≈ 450 g) | 36,85 |
| Bouteille de vin milieu de gamme | 79 |
| Paquet de 20 cigarettes (Marlboro) | 48 |
Les transports restent abordables en absolu, même si un expatrié utilisera souvent un véhicule personnel plutôt que les minibus locaux :
| Poste | Prix moyen (SZL/ZAR) |
|---|---|
| Ticket de transport local (aller simple) | 16 |
| Abonnement mensuel transport en commun | 525 |
| Essence (1 litre) | 20,6 – 23 |
| Taxi – prise en charge initiale | 60 |
Les loyers varient fortement selon la ville et le quartier. On retrouve généralement :
| Type de logement | Loyer mensuel (SZL/ZAR) |
|---|---|
| 1 chambre centre‑ville | 3 000 – 7 050 |
| 1 chambre périphérie | 1 500 – 3 000 |
| 3 chambres centre‑ville | 6 000 – 10 000 |
| 3 chambres périphérie | 4 500 – 7 000 |
Pour un expatrié, les quartiers prisés de Mbabane (Fonteyn, Fairview, Thembelihle, Woodlands) ou de Manzini (Coates Valley, Madonsa, Fairview North/South) tirent les prix vers le haut, mais restent très en dessous des grandes métropoles occidentales ou sud‑africaines.
Visa, permis de séjour et travail : ce qu’il faut savoir
L’un des points cruciaux avant de s’installer à Eswatini est de comprendre la différence entre visa d’entrée, permis de résidence et permis de travail. Le système est plus proche de celui d’autres pays africains que de l’espace Schengen.
Entrer dans le pays : visa ou exemption
De nombreux ressortissants sont exemptés de visa pour des séjours touristiques ou d’affaires de courte durée (en général jusqu’à 30 jours) : la plupart des pays de l’Union européenne, les États‑Unis, le Canada, l’Australie, une grande partie du Commonwealth, ainsi que plusieurs États d’Afrique australe.
Si votre pays ne figure pas sur la liste des exemptions, un visa doit être obtenu avant le voyage auprès d’une ambassade, d’un consulat ou du ministère de l’Intérieur. Les visas à l’arrivée ont été suspendus dans le cadre de la mise en place d’un système de e‑visa : vous ne devez donc pas compter dessus.
Dans tous les cas, les conditions de base sont les suivantes :
Pour constituer un dossier de demande de visa complet, assurez-vous de disposer des documents suivants : un passeport valable au moins trois ou six mois après la date prévue de départ (la durée exacte dépend de la source consultée) et comportant au moins deux pages vierges ; une preuve de fonds suffisants (comme des relevés bancaires, une attestation de prise en charge ou une carte de crédit) ; un billet de retour ou de continuation de voyage ; des photos d’identité conformes ; et une lettre personnelle expliquant le motif et la durée précise de votre séjour.
Il est important de noter qu’un visa, même valide, ne garantit pas l’entrée : c’est l’agent d’immigration au point de passage qui a le dernier mot.
S’installer pour travailler : permis de travail et résidence temporaire
Eswatini ne délivre pas à proprement parler de « visa de travail ». Pour exercer une activité rémunérée, il faut obtenir :
– un permis de travail, lié à un poste précis chez un employeur enregistré dans le pays ;
– un permis de résidence temporaire, qui autorise le séjour pour la durée du contrat.
Ces permis doivent, en principe, être approuvés avant votre arrivée. L’employeur joue un rôle central dans la procédure : il doit être reconnu par le ministère du Travail, démontrer qu’il n’a pas trouvé de candidat local (test du marché du travail) et soumettre à l’immigration une série de documents (contrat, description de poste, justificatif de recherche locale, certificats d’enregistrement de la société).
Côté candidat, on demande habituellement : attestation de diplômes, curriculum vitae, lettre de motivation et parfois références professionnelles.
– un formulaire de demande complété ;
– un casier judiciaire vierge ;
– un certificat médical ;
– un passeport valide ;
– deux photos ;
– copies des diplômes et CV ;
– lettre d’offre ou contrat de travail.
Informations essentielles sur la durée, le renouvellement et la portabilité des permis de travail
Les permis sont généralement délivrés pour une durée de deux ans, mais peuvent parfois être accordés pour une période allant jusqu’à cinq ans.
Les permis de travail sont renouvelables à l’expiration de leur période de validité.
Le permis est lié à un employeur et un poste spécifiques. Un changement d’employeur nécessite le dépôt d’une nouvelle demande de permis.
Des frais sont exigés, parfois différenciés selon le type de travailleur (par exemple, des visas temporaires annoncés autour de 200 dollars pour certains profils, 250 pour des travailleurs qualifiés, dans des grilles indicatives).
Conjoint, enfants et autres statuts
Le conjoint et les enfants à charge d’un titulaire de permis de travail peuvent obtenir des permis de dépendant, assortis des mêmes durées que le permis principal. Ces permis, en revanche, n’autorisent pas à travailler : pour exercer une activité, le conjoint devra lui‑même obtenir un permis de travail.
Les personnes venant étudier ou faire un stage doivent demander un permis d’études ou d’internat, lié à l’établissement d’accueil, avant l’entrée sur le territoire.
La résidence permanente reste possible mais demeure une procédure de long terme, au cas par cas, souvent liée à une présence prolongée en emploi ou à des investissements significatifs.
Eswatini ne dispose pas de visa spécifique pour « nomades digitaux ». Les travailleurs à distance doivent donc s’inscrire dans les catégories existantes, avec parfois des interprétations variables selon les autorités.
Trouver un emploi et comprendre l’économie locale
L’économie d’Eswatini est petite mais relativement diversifiée pour un pays de cette taille. Elle est classée « à revenu intermédiaire inférieur » par la Banque mondiale, avec un PIB par habitant autour de 4 000 dollars en 2021. Les principaux moteurs sont le sucre, le textile, certaines industries agroalimentaires, la foresterie, la finance et, dans une moindre mesure, le tourisme.
Le secteur manufacturier représente un peu plus du tiers du PIB, tandis qu’agriculture, forêt et mines réunies pèsent près de 10 %. Le pays est l’un des cinq producteurs de sucre au coût le plus faible au monde, et attire une partie des investissements étrangers dans cette filière et dans le textile.
Le chômage, lui, est très élevé : autour de 33 %, avec une majorité de travailleurs dans l’informel et la subsistance. Seuls 20 % des adultes tirent leur revenu principal du secteur formel, et une part importante de la population vit grâce aux transferts de la diaspora (environ 3 % du PIB).
Pour un expatrié, ces réalités impliquent deux choses :
Les postes formels qualifiés pour les étrangers sont rares et très compétitifs, mais certains secteurs comme la santé, l’éducation, la finance, les ONG, les projets de développement et les grandes entreprises agro‑industrielles recrutent. Les salaires locaux dans ces secteurs restent modérés comparés aux standards européens ou nord‑américains, bien que les expatriés qualifiés négocient souvent des packages supérieurs au marché local.
Le pays héberge des multinationales comme Coca‑Cola, Air Liquide, YKK Africa ou Mondelez International, ainsi que des banques régionales, ce qui crée une demande pour des compétences en finance, gestion, ingénierie ou IT. La langue des affaires est largement l’anglais, ce qui facilite l’intégration des cadres anglophones.
Où vivre : Mbabane, Manzini et au‑delà
Eswatini compte deux grandes villes d’environ 100 000 habitants chacune. Mbabane est la capitale administrative, logée dans les collines du Highveld, plus fraîche et verdoyante. Manzini, dans le Middle Veld, est le centre commercial et industriel, surnommé « The Hub ».
Les deux agglomérations sont suffisamment proches pour former un corridor urbain : on circule entre elles en une demi‑heure à une heure par route.
Mbabane et ses quartiers prisés par les expatriés
À Mbabane, les expatriés se concentrent dans quelques quartiers résidentiels :
Découvrez les principaux quartiers de la capitale de l’Eswatini, chacun offrant une atmosphère et des caractéristiques distinctes.
Quartier animé, cœur économique avec bureaux, centres commerciaux et le marché traditionnel de Mbabane.
Quartier résidentiel calme, très apprécié des familles pour ses écoles et ses équipements de loisirs.
Secteur résidentiel haut de gamme avec de belles maisons et vues, fréquenté par les élites de la ville.
Banlieue verdoyante jouxtant la réserve naturelle de Mbabane, idéale pour les amoureux de la nature.
Quartier tranquille et perçu comme sûr, caractérisé par ses jardins et maisons bien entretenues.
Secteur proche de sites touristiques majeurs comme la réserve de Mlilwane.
D’autres quartiers comme Checkers (vie nocturne), Msunduza (quartier ancien, plus populaire), Sidwashini ou Motshane offrent des ambiances différentes, parfois plus mixtes ou rurales.
Manzini et son aire urbaine
Manzini, ancienne Bremersdorp, est le pôle industriel, à proximité de l’important site de Matsapha. On y retrouve :
Coates Valley, quartier aisé à l’est du centre ; Madonsa, lotissement planifié avec des propriétés plutôt haut de gamme ; Fairview North et South, extensions de Fairview, occupées par une classe moyenne supérieure ; Helemesi Estates, développement de logements de classe moyenne au nord du centre.
Description des quartiers de la ville
À l’inverse, des zones comme KaKhoza Township ou certains bidonvilles le long des rivières révèlent les fortes inégalités, avec une pauvreté très visible. Pour un expatrié, le choix se fait généralement entre quartiers aisés intra‑muros ou lotissements sécurisés en périphérie.
Logement : défis, opportunités et réalité des infrastructures
Trouver un logement répondant aux standards internationaux peut s’avérer plus difficile qu’on ne l’imagine. Dans les villes, l’offre de maisons et d’appartements corrects existe, mais elle est limitée et la demande des expatriés tire les prix vers le haut. En zone rurale, la situation est différente : absence de réseau d’eau régulier, électricité parfois instable, latrines plutôt que toilettes à chasse, douches à l’eau chauffée au feu.
Pour les expatriés, les options les plus courantes restent :
Deux options principales existent pour un logement sécurisé : une maison individuelle ou une townhouse au sein d’un compound surveillé, offrant gardiennage et parfois des solutions d’alimentation de secours ; ou une maison indépendante dans un quartier résidentiel sûr, nécessitant l’installation de ses propres dispositifs de sécurité comme des clôtures, des alarmes ou des chiens de garde.
Les habitations traditionnelles type « beehive huts » (huttes en forme de ruches) existent encore et peuvent offrir une expérience plus immersive, mais elles ne répondent évidemment pas aux attentes classiques en matière de confort moderne.
L’électricité est fournie par l’Eswatini Electricity Company, qui s’approvisionne en partie via ESKOM en Afrique du Sud. Des coupures de courant (load shedding) surviennent, principalement hors des centres urbains et aux heures de pointe, ce qui pousse certains foyers à investir dans des onduleurs, des systèmes solaires ou des groupes électrogènes. L’eau est distribuée par la Swaziland Water Services Corporation dans les zones desservies ; ailleurs, on dépend de forages, puits ou rivières, avec la nécessité de traiter l’eau.
Santé : un système fragile, assurance privée obligatoire pour un expatrié
La santé est probablement le point le plus sensible pour un projet d’installation à Eswatini. Le pays cumule une forte prévalence du VIH (près de 27 % des adultes), une charge importante de tuberculose (souvent associée au VIH) et un système de santé public chroniquement sous‑financé. La mortalité infantile et maternelle reste élevée, et l’espérance de vie demeure l’une des plus basses au monde, autour de 59–60 ans.
Le réseau est composé de six hôpitaux publics, de deux hôpitaux de mission, de quelques centres de santé gouvernementaux et de plus d’une centaine de cliniques privées. Cependant, les structures publiques souffrent régulièrement de pénuries de médicaments, d’équipements et de personnel. Des épisodes de rupture de stocks de médicaments essentiels, de grèves d’infirmières et de manque d’ambulances ont été documentés ces dernières années.
Pour un expatrié, la norme est donc de :
Il est conseillé de se faire suivre dans des cliniques et hôpitaux privés, notamment à Mbabane et Manzini (comme Mbabane Private Hospital, Manzini Private Hospital, EMS Hospital). Ces établissements sont mieux équipés mais plus chers. Il est essentiel de souscrire une assurance santé internationale robuste, incluant une couverture pour l’évacuation médicale vers l’Afrique du Sud ou au-delà, en cas de pathologie complexe ou de chirurgie lourde.
Les évacuations d’urgence peuvent atteindre des coûts très élevés, parfois à six chiffres en dollars ; sans assurance, ces dépenses sont à la charge du malade. La plupart des assureurs (Allianz Care, Cigna Global, AXA, IMG Global…) couvrent Eswatini, mais il est important de vérifier explicitement la prise en charge des soins hors réseau local et de l’évacuation.
Risques sanitaires particuliers
Plusieurs risques exigent une vigilance spécifique :
Le pays présente des risques sanitaires structurels, notamment une prévalence historique élevée du VIH/SIDA, environ 14 000 nouveaux cas annuels de tuberculose (souvent co-infectés VIH), et la malaria dans l’est. Les maladies hydriques (schistosomiase, typhoïde) sont courantes ; il est déconseillé de boire l’eau du robinet. Les maladies non-transmissibles (diabète, hypertension, obésité) sont également en forte hausse.
Les vaccinations recommandées incluent, en plus du calendrier de base, hépatites A et B, typhoïde, et, selon les activités, rage. Le vaccin contre la fièvre jaune n’est exigé que si vous arrivez d’une zone où la maladie est endémique.
Éducation : quelles options pour les enfants d’expatriés ?
Le système éducatif d’Eswatini suit un modèle inspiré du Royaume‑Uni, avec sept années de primaire, cinq de secondaire (trois de junior secondary, deux de senior secondary) puis l’enseignement supérieur. L’anglais est la langue de scolarisation principale à partir de la cinquième année de primaire, après une phase initiale en siSwati.
Part importante d’élèves n’atteignant pas la moitié des standards attendus en lecture et mathématiques selon les évaluations internationales
Les expatriés se tournent donc presque systématiquement vers les écoles privées, en particulier :
– les écoles internationales offrant programmes Cambridge (IGCSE, AS/A‑Level) ou baccalauréat international (IB) ;
– quelques écoles privées locales de bon niveau, plus abordables mais souvent très demandées.
L’établissement le plus connu est le Waterford Kamhlaba United World College of Southern Africa, situé à Mbabane. Il accueille des élèves de plus de 60 pays et propose les programmes IGCSE et IB (Baccalauréat International). La qualité de l’enseignement y est très élevée, mais l’admission est soumise à une double sélection, à la fois académique et financière.
Les frais scolaires dans les écoles internationales peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de rands par an. À titre d’ordre de grandeur :
| Poste scolaire | Coût (SZL/ZAR) |
|---|---|
| Crèche/pré‑scolaire privé (par mois, par enfant) | 900 – 2 900 |
| École primaire internationale (par an, par enfant) | 59 000 – 105 000 |
Pour un couple expatrié avec enfants, la question de la scolarité est donc centrale dans le package de rémunération : beaucoup négocient la prise en charge totale ou partielle des frais par l’employeur.
Au niveau supérieur, l’Université d’Eswatini, la Southern African Nazarene University, Limkokwing University et d’autres instituts techniques proposent des formations variées. Cependant, la plupart des enfants d’expatriés poursuivent leurs études supérieures en Afrique du Sud, en Europe ou en Amérique du Nord.
Banque, argent et services financiers
Le système financier d’Eswatini est relativement moderne pour un petit pays, avec une forte intégration à l’Afrique du Sud via la Common Monetary Area. Les transferts de fonds entre Eswatini et les pays voisins membres de cette zone sont libres, y compris pour les dividendes des actionnaires non résidents, sous réserve du respect de la fiscalité.
La Banque centrale d’Eswatini, basée à Mbabane, supervise les banques commerciales et la réglementation. On retrouve plusieurs grandes banques sud‑africaines, comme First National Bank (FNB), Standard Bank ou Nedbank, ainsi que des acteurs locaux comme Eswatini Bank ou Eswatini Development and Savings Bank.
Pour un expatrié, l’ouverture d’un compte est généralement possible, mais les banques exigent :
Pour ouvrir un compte bancaire à Eswatini, vous devrez généralement fournir les documents suivants :
Un passeport en cours de validité est nécessaire pour vérifier votre identité et votre nationalité.
Un permis de travail ou un titre de séjour valide est requis pour les non-ressortissants.
Un justificatif de domicile (facture de service public, bail) est nécessaire pour confirmer votre adresse à Eswatini.
Une attestation d’emploi ou un bulletin de salage récent sert de preuve de revenus.
Un premier dépôt est requis, par exemple environ 100 Emalangeni pour certains comptes exécutifs.
Des offres spécifiques existent pour les cadres, incluant carte Mastercard, banque en ligne, crédit, prêts, etc. Les frais de tenue de compte restent modestes en absolu, mais peuvent paraître élevés rapportés au pouvoir d’achat local.
FNB propose également des services utiles pour des expatriés circulant entre l’Afrique du Sud et Eswatini : comptes en devises, intégration avec PayPal, solutions pour recevoir/transférer des fonds à l’international, produit « Global Receipts », etc.
Les paiements mobiles sont en plein essor, avec, par exemple, MTN Mobile Money, autorisé depuis 2010. Les distributeurs automatiques sont courants dans les villes, mais il est prudent de disposer de liquide dans les zones rurales.
Transports : voiture quasi indispensable
Le réseau routier principal est correct, avec des axes goudronnés de bonne qualité (comme la MR3) entre Mbabane, Manzini, les zones industrielles et les frontières sud‑africaines. Cependant, nombre de routes secondaires sont en mauvais état et deviennent glissantes ou impraticables lors des fortes pluies. Des dangers fréquents incluent :
– animaux en divagation (bétail, chèvres) ;
– piétons sur les bas‑côtés, parfois au milieu de la chaussée ;
– véhicules en panne mal signalés, remorques abandonnées de nuit sans éclairage ;
– trous profonds et marquages routiers effacés.
La circulation se fait à gauche et un permis de conduire international (version 1949) accompagnant votre permis national est obligatoire. Soyez vigilant, les contrôles routiers pour excès de vitesse, port de la ceinture et alcoolémie sont fréquents.
Les transports publics formels sont limités : quelques bus interurbains, mais le gros du trafic repose sur les minibus collectifs (kombis ou khumbis), surchargés, mal entretenus et souvent conduits de façon agressive. Ils restent bon marché, mais sont rarement utilisés par les expatriés pour leurs déplacements au quotidien, sauf sur quelques liaisons régulières entre Mbabane et Manzini.
En pratique, la plupart des étrangers motorisés :
Pour se déplacer, les voyageurs ont deux principales options : soit louer une voiture à l’aéroport King Mswati III ou depuis l’Afrique du Sud (en obtenant au préalable une lettre d’autorisation de sortie du territoire de l’agence de location), soit acheter un véhicule d’occasion sur place, de préférence un 4×4 ou un pick‑up, qui sont mieux adaptés aux pistes rurales et aux conditions de la saison des pluies.
Le réseau ferroviaire n’est pas ouvert aux passagers, uniquement au fret. Pour les liaisons internationales, outre la route, l’aéroport King Mswati III, à une cinquantaine de kilomètres de Manzini, assure les vols commerciaux, mais beaucoup de voyageurs passent encore par Johannesburg, en Afrique du Sud, puis rejoignent Eswatini par la route.
Sécurité, criminalité et gestion des risques
Comparé à ses voisins immédiats, en particulier l’Afrique du Sud, Eswatini est souvent perçu comme un peu plus sûr. Cependant, ce n’est en aucun cas un pays exempt de criminalité, et certains risques sont bien présents :
– vols à la tire et vols opportunistes dans les centre‑villes, marchés et gares routières ;
– cambriolages de domiciles, parfois avec violence ;
– carjackings sur les grands axes, notamment après la tombée de la nuit ;
– agressions dans les zones urbaines denses et autour des terminaux de minibus (le bus rank de Manzini est spécialement déconseillé aux visiteurs).
Les recommandations classiques s’appliquent :
Pour votre sécurité lors de déplacements en Eswatini, notamment dans les villes de Mbabane et Manzini, il est conseillé d’éviter de marcher de nuit dans les centres-villes, de limiter les signes extérieurs de richesse, de garder les portières verrouillées et les vitres fermées en zone urbaine, de se méfier des obstacles suspects sur la route, et de refuser l’aide de personnes insistantes au profit d’une assistance officielle ou d’un service connu.
Il faut ajouter à ces risques criminels le contexte politique tendu : manifestations, grèves et affrontements sporadiques entre forces de sécurité et manifestants surviennent, notamment lors de crises économiques ou institutionnelles. Mieux vaut éviter tout rassemblement politique, limiter ses commentaires sur le régime et suivre les consignes de l’employeur et des ambassades.
Enfin, certaines législations locales sont strictes : possession de drogues durement sanctionnée, lois répressives envers les personnes LGBT+, interdictions de photographier certains sites (bâtiments gouvernementaux, installations militaires, résidences royales, certaines cérémonies officielles). Un comportement discret et respectueux est recommandé.
Culture, langues et codes sociaux
La culture swazi repose sur un socle de traditions fortes, de respect de la hiérarchie et de valorisation de la communauté. Les grandes cérémonies nationales, comme l’Umhlanga (Reed Dance) ou l’Incwala, sont autant de manifestations de ce lien entre pouvoir, religion, ancestralité et identité.
Bien que l’anglais soit la langue officielle des affaires et de l’administration en Eswatini, le siSwati domine la vie quotidienne. Se cantonner à l’anglais peut limiter l’intégration. Apprendre et utiliser des salutations simples comme « Sawubona » (bonjour) ou « Ngiyabonga » (merci) est un signe de respect très apprécié et facilite les interactions.
Quelques repères utiles pour la vie professionnelle et sociale :
– saluer systématiquement, en particulier les aînés et les personnes en position d’autorité, avant de « passer aux affaires » ;
– adopter un style de communication plus indirect, moins frontal que dans certains pays occidentaux ;
– respecter la hiérarchie et les titres (docteur, professeur, chef, etc.) ;
– éviter les sujets politiques ou les critiques du roi en public.
Dans les restaurants, un pourboire de 10 à 15 % de l’addition est standard. Les tenues doivent être plutôt sobres, surtout dans les contextes professionnels ou cérémoniels. Les tatouages et piercings visibles peuvent être mal perçus dans certains milieux conservateurs.
Santé mentale, isolement et réseaux d’expatriés
Vivre dans un pays où la pauvreté est omniprésente, le système de santé sous tension et les libertés politiques limitées peut peser psychologiquement sur la durée, même si le cadre naturel et la chaleur humaine compensent parfois cette charge.
La communauté expatriée en Eswatini est variée et comprend des professionnels de la santé, des enseignants, des travailleurs humanitaires, des cadres de l’agro-alimentaire et des consultants. Elle est composée de Sud-Africains, d’Européens, de Nord-Américains, ainsi que de nombreux migrants d’autres pays africains (comme le Kenya, le Zimbabwe, la Zambie, le Mozambique, l’Éthiopie, le Nigéria et le Ghana) qui jouent un rôle actif dans la vie économique et sociale du pays.
Des réseaux plus ou moins formels existent (groupes informels, réseaux de femmes expatriées, clubs de sport, initiatives culturelles), même s’ils ne sont pas toujours institutionnalisés. Cultiver ces liens – tout en se connectant à des collègues et voisins swazi – est essentiel pour ne pas s’enfermer dans un isolement social.
Loisir, week‑ends et voyages régionaux
L’un des principaux avantages d’une expatriation à Eswatini est la richesse de l’offre de nature et de plein air à portée de main. Sans quitter le pays, il est possible de :
– randonner à Sibebe Rock, deuxième plus grand monolithe du monde ;
– explorer les réserves de Mlilwane, Mkhaya, Hlane, Malolotja, Mantenga, Mbuluzi ;
– pratiquer le rafting sur la Great Usutu River ;
– faire du VTT ou de l’équitation dans la vallée d’Ezulwini.
Les marchés de Mbabane et Manzini, ainsi que la galerie Indingilizi à Mbabane et la foire commerciale internationale Mavuso à Manzini, illustrent l’offre culturelle et artisanale locale de l’Eswatini. Ces lieux mettent en valeur les productions artistiques traditionnelles et contemporaines du pays.
Grâce à la proximité de l’Afrique du Sud, de nombreux expatriés organisent régulièrement des escapades à Johannesburg ou Durban le temps d’un week‑end, à cinq heures de route environ. Pour les détenteurs de passeports britannique ou américain, aucun visa n’est nécessaire pour des séjours courts en Afrique du Sud, ce qui simplifie ces allers‑retours.
Se préparer concrètement : check‑list avant le départ
Installer sa vie en Eswatini ne s’improvise pas. Avant de franchir le pas, il est prudent de :
Pour une expatriation réussie en Eswatini, plusieurs démarches sont essentielles. Il faut d’abord sécuriser un contrat de travail formel qui clarifie les responsabilités (logement, scolarité, assurances, véhicule). Vérifiez ensuite les exigences précises de visa, permis de travail et de résidence auprès d’une mission d’Eswatini ou via votre futur employeur. Souscrivez une assurance santé internationale solide, incluant une couverture d’évacuation. Si vous avez des enfants, renseignez-vous sur les écoles disponibles et engagez les démarches d’inscription très en amont. Réfléchissez à la solution pour un véhicule (import, achat local, location longue durée) et prévoyez un budget pour le carburant et l’entretien. Préparez un fonds de réserve en devise forte, équivalent à plusieurs mois de dépenses, pour parer aux imprévus. Enfin, documentez-vous sur les quartiers des villes ciblées et, si possible, effectuez un voyage de repérage avant un déménagement définitif.
Vivre à Eswatini en tant qu’expatrié, c’est accepter un certain nombre de contraintes – sanitaires, politiques, infrastructurelles – mais aussi découvrir un pays aux paysages magnifiques, à la culture forte et à l’échelle humaine. Un projet réaliste, bien préparé et soutenu par un employeur sérieux peut y offrir une expérience professionnelle et personnelle riche, à condition de garder un regard lucide sur les défis du quotidien.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Eswatini, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, pays d’Afrique australe), la stratégie retenue a été de cibler l’Eswatini pour sa fiscalité modérée, l’absence d’ISF, un coût de vie inférieur à la France (Mbabane et Manzini sensiblement moins chers que Paris) et l’accès facilité à la région Afrique australe (Afrique du Sud, Mozambique). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention du permis de séjour via investissement immobilier, organisation de la protection sociale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banques) et optimisation patrimoniale (intégration des placements, transmission internationale, immobilier régional).
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