S’installer à Aruba pour quelques mois ou pour plusieurs années, c’est choisir un cadre de vie ensoleillé, plutôt sûr et très international. Mais pour tout expatrié, la vraie question arrive très vite : que vaut le système de santé sur place, comment fonctionne l’assurance, et que faire en cas d’urgence ou de maladie chronique ?
Aruba possède un système de soins de qualité, mais son accès n’est pas intuitif pour les nouveaux arrivants et tous les soins ne sont pas automatiquement couverts. Pour éviter les mauvaises surprises, il est essentiel de comprendre dès le départ la structure de l’offre de soins, les obligations d’assurance et les préparatifs nécessaires avant votre séjour.
Ce guide rassemble les éléments essentiels du système de santé arubais, spécifiquement du point de vue d’un expatrié, d’un nomade digital ou d’un retraité étranger.
Comprendre le paysage sanitaire à Aruba
Aruba est une petite île, mais avec une infrastructure médicale étonnamment solide pour sa taille. Le système de santé est largement public, fortement soutenu par le gouvernement, et accessible aussi bien aux résidents locaux qu’aux étrangers qui vivent et travaillent légalement sur l’île.
La Martinique dispose d’une offre de soins de haute qualité pour la région (hôpital moderne, équipements, spécialistes, cliniques, santé mentale). Les délais d’attente pour les soins essentiels sont généralement courts et les coûts raisonnables comparés à l’Amérique du Nord ou à l’Europe. Cependant, une hospitalisation ou une évacuation médicale peut coûter très cher sans assurance.
Le multilinguisme constitue un autre avantage non négligeable. Dans la plupart des structures, le néerlandais est la langue de travail officielle, mais le personnel médical parle aussi couramment l’anglais, l’espagnol et le papiamento, avec parfois une maîtrise de l’allemand et du français. Pour un expatrié, la barrière de la langue est donc faible, surtout dans les grandes structures.
Aruba fait cependant face à des défis de santé publique spécifiques, notamment un taux élevé de diabète et d’obésité, lié en partie aux habitudes alimentaires locales riches en fritures. Les malades chroniques, notamment les personnes diabétiques, doivent s’assurer avant de partir que leur suivi pourra être correctement assuré sur place, tant du point de vue médical que de l’accès aux médicaments.
Le système public : l’assurance maladie obligatoire AZV
Pour toute personne qui vit et travaille légalement à Aruba, y compris les expatriés, l’adhésion à l’assurance maladie publique AZV (Algemene Ziektekosten Verzekering) est en principe obligatoire. Il s’agit d’une assurance de santé à couverture universelle, qui finance l’essentiel des soins de base sur l’île.
Comment fonctionne l’AZV pour un expatrié
L’accès à l’AZV n’est pas automatique dès l’arrivée. Il faut d’abord être inscrit au registre de population, le Censo. Ce n’est qu’une fois cette inscription validée, et sous réserve de disposer du statut de résident légal avec droit au travail, que l’adhésion à l’AZV devient possible (et imposée).
L’AZV est alimentée par des cotisations partagées entre employeurs, employés et gouvernement. Le taux global est d’environ 11,5 % du revenu annuel, avec un plafond de revenu soumis à cotisation et une répartition du taux entre l’employeur et le salarié. Pour un salarié expatrié embauché localement, ces cotisations sont généralement prélevées à la source, comme pour un employé arubais.
Une fois affilié, l’assuré AZV bénéficie d’une couverture large incluant : les consultations de médecin généraliste, les rendez-vous chez de nombreux spécialistes, l’hospitalisation, un large éventail de médicaments, ainsi que les services de santé mentale dans le cadre public.
Ce que couvre (et ne couvre pas) l’AZV
L’AZV est conçue pour garantir l’accès aux soins essentiels sur le territoire arubais, mais elle n’a pas vocation à tout couvrir. Certains postes restent exclus ou partiellement pris en charge, ce qui concerne particulièrement les expatriés habitués à des régimes privés plus complets.
Les points essentiels à retenir sont les suivants :
| Élément de couverture | Pris en charge par l’AZV | Détails importants |
|---|---|---|
| Médecin généraliste (family doctor) | Oui | Porte d’entrée du système, obligatoire pour les orientations vers les spécialistes |
| Spécialistes (cardio, dermato, etc.) | Oui, sur référence | Prise en charge dans le cadre des hôpitaux et centres agréés |
| Hospitalisation en chambre standard | Oui | Dans l’hôpital public général Dr. Horacio Oduber |
| Médicaments essentiels | Oui | Selon liste et indications médicales |
| Santé mentale publique | Oui | Via services publics de psychiatrie et psychologie |
| Soins à l’étranger | Non | Hors Aruba non couverts par l’AZV |
| Chambre privée, confort hôtelier | Non | À la charge du patient ou via assurance complémentaire |
| Soins dentaires adultes | Partiellement / Non | Nombreuses prestations à régler de sa poche ou via complémentaire |
| Lunettes, vision | Non | Généralement exclu |
En pratique, l’AZV sécurise l’accès aux soins courants et d’urgence sur place, mais ne prend pas en charge une éventuelle évacuation vers un autre pays ni les traitements réalisés hors du territoire. Pour un expatrié, cela crée un point de vulnérabilité majeur : un infarctus compliqué, une chirurgie très spécialisée ou un cancer nécessitant un plateau technique introuvable sur l’île peuvent conduire à un transfert coûteux vers Curaçao, la Colombie, les États-Unis ou les Pays-Bas.
Pourquoi il faut souvent une assurance privée en plus de l’AZV
Même bien protégé par l’AZV, un expatrié s’expose à des frais importants dans plusieurs situations :
Découvrez les prestations spécifiques souvent incluses dans les formules haut de gamme pour une couverture santé étendue à l’international.
Organisation et prise en charge d’un transport sanitaire vers un autre pays pour des soins non disponibles localement.
Retour organisé et médicalisé vers le pays d’origine du patient pour y poursuivre les traitements.
Choix d’un établissement privé ou d’une chambre de standing supérieur pour plus de confort pendant l’hospitalisation.
Prise en charge des actes importants (implants, prothèses) et des soins peu ou pas remboursés par les régimes de base.
Accès et prise en charge de traitements ou consultations spécialisées en dehors d’Aruba.
C’est la raison pour laquelle il est vivement recommandé aux expatriés de souscrire une assurance santé internationale complémentaire. Des assureurs comme Cigna Global ou Allianz International sont fréquemment cités parmi les compagnies dont les contrats sont bien acceptés par les établissements arubais, notamment les cliniques privées et certains services de soins à l’étranger.
Une combinaison courante pour un expatrié salarié consiste à être couvert par l’AZV pour les soins de base sur l’île, et par une assurance internationale privée pour tout ce qui dépasse ce cadre (hôpitaux privés, soins hors Aruba, évacuation, etc.).
Le système privé : cliniques, soins rapides et services sur mesure
En parallèle du secteur public, Aruba s’est doté d’un réseau de cliniques privées qui répondent particulièrement bien aux besoins des expatriés, des touristes longue durée et des habitants en quête de confort ou de rapidité.
Cliniques et centres médicaux les plus importants
Le pilier du système hospitalier reste le Dr Horacio Oduber Hospital, grand hôpital général d’Oranjestad. Mais de nombreux services de médecine de ville ou d’urgence légère se trouvent dans les centres privés.
On peut notamment citer :
| Établissement | Localisation | Rôle principal |
|---|---|---|
| Dr. Horacio Oduber Hospital | Oranjestad | Hôpital public général (288 lits, urgences 24/7, large panel de spécialités) |
| Centro Medico Rudy Engelbrecht | San Nicolas | Centre médical avec consultations, urgence 24/7, nombreuses spécialités |
| Urgent Care Aruba (UCA) | Noord (Noord Medical Center, et site Punta Brabo) | Urgences non vitales, laboratoire sur place, accueil sans rendez-vous |
| MedCare Clinic | Noord | Médecine générale et spécialisée |
| Noord Medical Center | Noord | Soins primaires et urgents |
| Posada Clinic Aruba | L.G. Smith Blvd | Centre d’hémodialyse (vacation dialysis) |
| Aeson Health | J.E. Irausquin Blvd | Consultations en clinique, à l’hôtel ou en ligne, tests rapides |
Ces structures privées ont plusieurs atouts valorisés par les expatriés : temps d’attente réduits, personnel multilingue, démarches simplifiées, et pour certaines, une expérience rodée avec les assurances internationales. Urgent Care Aruba, par exemple, fonctionne largement sans rendez-vous, dispose d’un laboratoire accrédité sur place, propose des visites à l’hôtel et annonce accepter la majorité des assurances voyage ou internationales.
Paiement et relation avec les assurances
Dans la plupart des cliniques privées, surtout pour un expatrié ou un visiteur, le principe reste le paiement direct : consultation, examens, médicaments sont payés en espèces ou par carte bancaire, puis éventuellement remboursés ensuite par l’assureur. Certains contrats d’assurance internationale permettent un règlement direct entre l’assureur et l’établissement, mais cela n’est pas garanti.
Pour les expatriés, il est crucial de toujours disposer d’une réserve financière d’urgence, même en étant couvert par une assurance. Parallèlement, il est impératif de conserver soigneusement tous les justificatifs, tels que les factures détaillées et les rapports médicaux, afin de faciliter les démarches de remboursement auprès de son assureur.
En cas d’urgence : numéros, ambulance et évacuation médicale
La gestion des urgences à Aruba est bien structurée pour une île de cette taille, avec un numéro unique, un hôpital général bien équipé et des services d’évacuation aérienne rodés.
Que faire en cas d’urgence vitale
Pour toute urgence médicale grave (traumatisme, suspicion d’AVC, douleur thoracique aiguë, détresse respiratoire, etc.), le numéro à composer est le 911. Ce numéro unique permet d’obtenir une ambulance, les pompiers ou la garde-côtière.
La police est joignable au 100, mais pour un problème de santé, c’est bien le 911 qui doit être utilisé. L’ambulance vous transportera selon la situation à l’hôpital Dr. Horacio Oduber ou vers un centre adapté.
Les services d’urgence hospitaliers sont ouverts 24h/24 avec un médecin sur place et des spécialistes d’astreinte. L’établissement est accessible aux personnes en fauteuil roulant. De plus, la plupart des grands hôtels ont un médecin généraliste d’astreinte ou un partenariat avec une clinique, facilitant ainsi la prise en charge des expatriés ou visiteurs.
L’évacuation médicale vers l’étranger
Certains cas dépassent la capacité technique de l’île : chirurgie cardiaque complexe, certains cancers, gros traumatismes nécessitant une réanimation très lourde, etc. Dans ces situations, un transfert aérien peut être organisé vers Curaçao, la Colombie, les Pays-Bas, Porto Rico, le Venezuela ou les États-Unis, selon les accords en place et la pathologie.
Des entreprises spécialisées comme Pro-Air Ambulance assurent ces évacuations. Leurs avions sont équipés comme des unités de soins intensifs volantes, avec du personnel médical à bord. Elles prennent également en charge le transfert terrestre jusqu’à l’aéroport et gèrent toutes les formalités douanières et d’immigration, tant au départ qu’à l’arrivée.
Tout cela a un coût extrêmement élevé, souvent de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Sans assurance incluant une garantie d’évacuation médicale (souvent recommandée à hauteur d’au moins 250 000 USD), ces frais restent à la charge du patient ou de sa famille. C’est probablement le risque financier le plus important pour un expatrié à Aruba, loin devant une simple consultation ou un passage aux urgences.
Pharmacies, médicaments et gestion d’un traitement de longue durée
Pour un expatrié qui vit avec une maladie chronique – diabète, hypertension, pathologie cardiovasculaire, maladie auto-immune, trouble psychiatrique stabilisé – la continuité du traitement médicamenteux est essentielle. Aruba est bien dotée en pharmacies, mais il existe des règles spécifiques à connaître.
Organisation des pharmacies (« botikas »)
Les pharmacies arubaises, appelées botikas, sont bien approvisionnées et proposent la plupart des médicaments courants, y compris en génériques. Elles sont généralement ouvertes du lundi au samedi, de 7 h à 19 h environ. Le dimanche, en soirée et les jours fériés, un système de garde assure qu’au moins une pharmacie par district reste ouverte 24 h/24 à tour de rôle.
En France, de nombreux médicaments courants, comme le paracétamol, ne sont pas vendus en supermarché. Ils sont disponibles exclusivement en pharmacie, ce qui peut surprendre les nouveaux arrivants.
Ordonnances étrangères et prescription locale
Un point crucial pour les expatriés : les pharmacies d’Aruba ne peuvent pas délivrer un médicament sur la base d’une ordonnance émise par un médecin étranger non autorisé à exercer sur l’île.
Concrètement, cela signifie qu’un patient américain ou européen qui arrive avec une ordonnance de son médecin habituel ne pourra pas se la faire délivrer directement. Il devra d’abord consulter un médecin local, qui établira une prescription compatible avec la réglementation arubaise.
Certaines cliniques, telles qu’Urgent Care Aruba, facilitent le renouvellement d’ordonnances pour les visiteurs étrangers. Le processus nécessite de présenter soit une copie de l’ordonnance actuellement valide, soit une lettre signée par le médecin traitant d’origine détaillant clairement le traitement. Après paiement de la consultation, le patient reçoit une prescription locale qu’il peut ensuite faire honorer dans une pharmacie de l’île.
Cette étape peut paraître lourde, mais elle est indispensable pour rester dans la légalité et éviter tout problème douanier ou pénal.
Arriver avec ses médicaments : précautions
Avant même de se préoccuper du renouvellement sur place, il est vivement recommandé d’arriver à Aruba avec une réserve suffisante de médicaments, idéalement pour au moins deux à trois mois, dans leurs conditionnements d’origine. Les règles générales à respecter sont les suivantes :
| Bonnes pratiques pour voyager avec des médicaments | Raison / Commentaire |
|---|---|
| Conserver les médicaments dans leur boîte d’origine avec étiquette | Permet l’identification par les autorités et les médecins |
| Garder les traitements en bagage cabine | Limite le risque de perte de bagage ou de variation de température extrême |
| Transporter une copie de l’ordonnance et une lettre du médecin | Utile en cas de contrôle, pour un renouvellement local ou une urgence |
| Ne transporter qu’une quantité « pour usage personnel » (30–90 jours) | Évite d’être suspecté d’importation illégale |
| Ne pas mélanger plusieurs médicaments dans un même flacon | Rend la vérification impossible pour les douanes ou les médecins |
| Déclarer les médicaments à l’arrivée si nécessaire | Prudence surtout pour les psychotropes, opiacés, stimulants, etc. |
Certaines molécules (antalgiques opiacés, anxiolytiques, stimulants pour TDAH, stéroïdes, somnifères puissants) peuvent être soumises à contrôle strict, voire interdites sans autorisation spéciale. Les autorités sanitaires arubaises, via l’Inspectie voor Geneesmiddelen, peuvent renseigner sur le statut d’un médicament. Mieux vaut vérifier en amont plutôt que de risquer une confiscation, voire des poursuites.
Santé maternelle, dentaire et soins spécialisés
Un expatrié ne se limite pas aux urgences et aux maladies aiguës. Accoucher sur place, faire soigner les dents de ses enfants ou organiser une dialyse pendant un long séjour sont des situations fréquentes.
Grossesse et accouchement
Aruba offre une bonne prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés. Le médecin généraliste est en général le premier interlocuteur, puis oriente vers des gynécologues ou sages-femmes selon les besoins. Les accouchements ont lieu à l’hôpital général, où l’infrastructure est adaptée.
Pour une expatriée non couverte par l’AZV ou avec une couverture insuffisante, il est important de connaître les ordres de grandeur :
– un accouchement par voie basse coûte en moyenne entre 3 000 et 4 500 euros ;
– une césarienne se situe plutôt entre 6 000 et 8 000 euros.
Les frais de maternité à l’étranger, non couverts par l’assurance maladie française, peuvent être élevés. Souscrire une assurance internationale incluant la maternité est donc fortement recommandé. Pour toute question, un numéro dédié (131) offre information et soutien aux femmes enceintes, même dans des situations complexes.
Soins dentaires
La dentisterie à Aruba est de bonne qualité, avec de nombreux cabinets publics et privés capables de proposer soins courants, implants, prothèses, esthétique, etc. Pour autant, l’AZV ne couvre pas toujours ces prestations, en particulier pour les adultes, de sorte que beaucoup d’actes restent à la charge du patient.
Certains cabinets proposent des tarifs 2 à 3 fois inférieurs à ceux d’Amérique du Nord, favorisant le tourisme dentaire. Cependant, sans couverture complémentaire, une réhabilitation complète peut coûter plusieurs milliers d’euros.
Dialyse, cardiologie et soins lourds
Les patients nécessitant une hémodialyse peuvent être pris en charge à l’hôpital Dr. Horacio Oduber ou à la Posada Clinic. Pour une personne dialysée qui souhaite séjourner temporairement à Aruba (vacation dialysis), il est impératif de prendre contact plusieurs mois à l’avance – trois mois sont généralement recommandés – afin de sécuriser la place. Seuls les patients VIH et hépatite B négatifs sont acceptés dans certains centres, pour des raisons de sécurité transfusionnelle.
En cardiologie, Aruba dispose d’un institut spécialisé, l’Aruba Heart Institute, avec un laboratoire de cathétérisme cardiaque et des liens avec des centres de référence internationaux comme le Texas Heart Institute. Néanmoins, les cas les plus complexes continuent souvent d’être transférés vers des établissements de référence à l’étranger.
Santé mentale et accompagnement psychologique
Souvent négligée dans les guides pour expatriés, la santé mentale occupe une place de plus en plus visible à Aruba. L’île abrite plusieurs cabinets privés de psychologie et de psychothérapie, des structures de santé mentale et des organisations travaillant avec les populations locales comme avec les étrangers.
Un aperçu des structures et des services thérapeutiques disponibles sur l’île, proposés par des professionnels multilingues et certifiés.
Aruba Clinical Services, Psyched Aruba, Spiritz Counseling, Centro di Desaroyo Humano et Healthy Minds Aruba font partie des principaux prestataires.
Thérapies individuelles, familiales ou de couple, interventions TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) et thérapies de soutien.
Prise en charge des troubles anxieux, dépressifs, post-traumatiques (TSPT) et des problématiques d’adaptation à l’expatriation.
Formation aux standards néerlandais ou nord-américains, avec certifications internationales (EMDR, DBT, etc.).
Services disponibles en plusieurs langues, notamment anglais, néerlandais, espagnol et papiamento.
Pour les expatriés couverts par des assurances spécifiques (contrats d’entreprise, extensions AZV+, mutuelles de grandes sociétés arubaises ou internationales), certaines de ces consultations peuvent être partiellement ou totalement remboursées. D’autres patients devront financer eux-mêmes leurs séances. Les tarifs restent comparables voire inférieurs à ceux d’Europe de l’Ouest, mais représentent un budget significatif en cas de suivi long.
Accès aux équipements médicaux, mobilité et soins à domicile
Vivre à Aruba avec une mobilité réduite ou un handicap n’est pas incompatible avec une bonne qualité de vie, à condition d’anticiper la logistique. L’île s’est dotée d’entreprises spécialisées dans la location et la vente de matériel médical.
Labco Medical, Essential Health Supplies ou d’autres fournisseurs proposent fauteuils roulants (y compris versions de plage amphibies), scooters de mobilité, lits médicalisés, concentrateurs d’oxygène, béquilles, déambulateurs, matériel de bain sécurisé, et assurent généralement la livraison et la collecte gratuitement sur le lieu de résidence ou à l’hôtel.
LiteLife Medicab Aruba propose un service de transport médicalisé porte-à-porte avec des véhicules équipés de rampes ou de plateformes élévatrices et des chauffeurs formés. Ce service est particulièrement précieux pour les expatriés âgés, convalescents ou atteints de maladies chroniques.
En parallèle, des organismes comme Trinity ou Buurtzorg Aruba offrent des services de soins à domicile : nursing, aide à la toilette, soins post-opératoires, prise en charge de maladies chroniques, accompagnement des personnes âgées. Là encore, la question de la prise en charge financière dépend du statut de résidence, de l’affiliation à l’AZV et de la présence ou non d’une assurance privée internationale.
Assurances santé et voyage pour expatriés et visiteurs
Si l’obligation spécifique d’assurance COVID imposée aux touristes a été levée en 2022, Aruba reste très claire : l’assurance est fortement recommandée pour toute personne entrant sur l’île, et elle est de fait indispensable pour les expatriés.
Pour les visiteurs de courte durée, certaines règles mentionnent l’exigence d’une couverture minimale pour les frais médicaux et la rapatriation (par exemple autour de 15 000 USD). Pour les résidents de longue durée, c’est plutôt l’obligation d’adhérer à l’AZV qui s’applique, avec l’option – fortement conseillée – d’ajouter une couverture privée internationale.
Assurances internationales pour expatriés
Les expatriés, nomades digitaux et retraités étrangers privilégient en général des contrats d’assurance santé internationale couvrant :
– les soins ambulatoires et hospitaliers dans les cliniques privées d’Aruba ;
– les évacuations médicales et rapatriements (idéalement avec plafond de 250 000 USD ou plus) ;
– les soins lourds dans un pays tiers (États-Unis, Europe, Amérique latine) si nécessaire ;
– parfois la maternité, les soins dentaires et l’optique.
Des compagnies comme Cigna Global ou Allianz International sont fréquemment citées comme largement acceptées sur l’île. Des courtiers spécialisés en assurance internationale peuvent aider à comparer les garanties, les franchises et les réseaux de soins.
Même lorsqu’un établissement arubais accepte une assurance donnée, il peut arriver qu’il réclame un paiement direct si la vérification de la garantie prend du temps. Il est donc prudent de pouvoir avancer une partie des frais et de ne jamais se reposer uniquement sur une hypothétique prise en charge directe.
Assurances voyage pour séjours temporaires
Pour les séjours temporaires (tourisme prolongé, missions courtes, télétravail sur quelques mois), une assurance voyage complète reste l’outil le plus simple : elle combine couverture médicale d’urgence, évacuation, remboursement de séjour en cas d’interruption, etc.
C’est le coût moyen d’une assurance voyage complète pour un séjour d’une dizaine de jours à Aruba, représentant une fraction du budget total.
Les activités typiquement arubaises – snorkeling, kitesurf, windsurf, sorties en quad – sont parfois exclues des contrats standards et nécessitent un avenant « sports d’aventure ». Là encore, une lecture attentive des exclusions est essentielle pour éviter d’être découvert en cas d’accident.
Prévenir plutôt que guérir : vaccins, maladies locales et hygiène de vie
La préparation médicale d’une expatriation à Aruba ne se limite pas à l’assurance. Les autorités sanitaires internationales (OMS, CDC, NaTHNaC, etc.) recommandent de revoir son carnet vaccinal plusieurs semaines avant le départ.
Les vaccins de base (DTaP ou Tdap, polio, rougeole-oreillons-rubéole, varicelle) devraient être à jour. Selon la durée de séjour, les conditions de vie et le profil de risque, des vaccins supplémentaires peuvent être conseillés : hépatite A et B, typhoïde, grippe saisonnière, voire rage pour des séjours très prolongés ou des personnes en contact étroit avec les animaux.
Pour les voyageurs en provenance d’un pays où la fièvre jaune circule, Aruba exige un certificat de vaccination. Cette obligation s’applique aux adultes et aux enfants de plus de 9 mois. Le certificat doit avoir été délivré au moins dix jours avant l’arrivée et est ensuite valable à vie.
Sur place, la principale menace infectieuse n’est pas le paludisme, absent d’Aruba, mais les maladies transmises par les moustiques : dengue, chikungunya, Zika. La prévention repose sur des gestes simples, mais à appliquer rigoureusement : répulsifs contenant du DEET, vêtements couvrants en début et fin de journée, moustiquaires si nécessaire.
Les femmes enceintes ou souhaitant le devenir doivent discuter de leur projet avec un médecin avant de voyager vers une zone où le virus Zika a circulé, même si le risque fluctue dans le temps.
À Aruba, l’eau du robinet est potable et de bonne qualité, ce qui limite les risques de troubles digestifs comme la diarrhée du voyageur. La restauration respecte généralement de bonnes normes d’hygiène. Il est toutefois recommandé de conserver les précautions de base, telles que s’assurer d’une cuisson suffisante des aliments et d’être prudent avec les plats très crus.
Enfin, le soleil est probablement le « risque sanitaire » le plus sous-estimé de l’île. Rayonnement UV intense, chaleur et vent trompeur imposent écran solaire à large spectre, hydratation abondante et pauses à l’ombre. Pour un expatrié qui vit sur place, le risque ne se limite pas au coup de soleil, mais aussi à la déshydratation chronique et au vieillissement cutané accéléré.
Vivre à Aruba en toute sérénité : stratégie santé pour expatriés
Pour un expatrié, l’objectif n’est pas seulement d’éviter les catastrophes, mais de s’assurer que le quotidien médical est fluide : trouver un médecin généraliste de confiance, savoir où aller en cas de problème, disposer de ses médicaments, comprendre comment fonctionne la facturation.
Une approche pragmatique pourrait se résumer ainsi :
– 1. Avant le départ
– Mettre à jour les vaccins de base et discuter des vaccins complémentaires avec un médecin ou un centre de médecine des voyages.
– Obtenir un résumé médical en anglais ou en néerlandais (antécédents, traitements actuels, allergies).
– Vérifier la légalité de ses médicaments dans le contexte arubais, préparer ordonnances et lettre médicale.
– Souscrire une assurance internationale couvrant au minimum les soins hospitaliers, l’évacuation et le rapatriement.
Dès votre arrivée à Aruba, effectuez votre inscription au Censo et à l’AZV si vous travaillez légalement. Identifiez rapidement un médecin généraliste près de chez vous et repérez la pharmacie la plus proche. Pour les urgences non vitales, notez l’emplacement d’un centre comme Urgent Care Aruba. En cas de maladie chronique, organisez sans délai le renouvellement local de votre traitement.
– 3. Sur la durée
– Maintenir une réserve minimale de médicaments de base à domicile.
– Garder à jour ses coordonnées d’urgence, y compris le numéro 911 et les contacts de son assurance.
– Ne pas négliger la santé mentale : en cas de difficulté d’adaptation, de stress ou d’isolement, consulter un psychologue ou un service spécialisé.
– Anticiper les besoins spécifiques liés à l’âge, à la grossesse ou à une pathologie évolutive (équipement, adaptations du logement, transports médicaux, etc.).
Aruba propose aux expatriés un environnement médical avancé pour une île des Caraïbes, incluant un hôpital moderne, des cliniques efficaces et un système public structuré. L’écosystème de services connexes (transport médical, soins à domicile, santé mentale, appareillage) y est également très développé.
La contrepartie, c’est qu’un incident grave sans assurance peut se transformer en gouffre financier, en particulier si une évacuation aérienne est nécessaire. La clé pour vivre sereinement sa vie d’expatrié à Aruba tient donc en deux mots : anticipation et couverture. Une fois ces aspects sécurisés, l’île peut réellement offrir ce qu’elle promet : un quotidien ensoleillé dans un cadre sûr, sans renoncer à des soins de qualité en cas de besoin.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et profiter d’un cadre de vie ensoleillé, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Aruba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba, territoire autonome du Royaume des Pays-Bas, pour son cadre fiscal favorable aux retraités internationaux, l’absence d’impôt sur la fortune, la possibilité de structurer ses revenus via des conventions fiscales et un coût de vie inférieur aux grandes métropoles européennes. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence de longue durée avec achat ou location de résidence principale, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers bilingues) et intégration patrimoniale globale.
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