Fiscalité à Aruba pour les expatriés : comprendre l’impôt sur le revenu et la taxe foncière

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Aruba ou y investir dans l’immobilier attire de plus en plus d’expatriés, notamment européens et nord‑américains. Derrière l’image de carte postale, la fiscalité y est cependant structurée, technique, et parfois contre‑intuitive pour un nouvel arrivant. Impôt sur le revenu, taxe foncière, imposition des loyers touristiques, statut de résident ou non‑résident : tout cela conditionne fortement le rendement net d’un salaire ou d’un investissement immobilier.

Bon à savoir :

La fiscalité arubaise pour les expatriés comprend principalement l’impôt sur le revenu des personnes physiques et la taxe foncière (land tax). Il faut également prendre en compte les taxes de transfert et les règles spécifiques applicables à la location saisonnière de biens.

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Devenir résident fiscal ou rester non‑résident : un choix structurant

Avant de parler de taux, de déductions ou de taxe foncière, la première question pour un expatrié est de savoir s’il sera considéré comme résident fiscal à Aruba ou non. Ce point conditionne l’étendue de l’imposition.

Aruba ne se contente pas de compter les jours de présence. L’administration cherche où se trouve le « centre des intérêts personnels, sociaux et économiques » de la personne. En clair, là où se concentre sa vie réelle.

Attention :

Plusieurs éléments sont examinés dans leur ensemble : existence d’un logement à Aruba, présence de la famille proche, durée et régularité du séjour sur l’île, inscription au registre civil, comptes bancaires locaux, activité professionnelle ou intérêts économiques sur place. Si l’essentiel de ces liens est à Aruba, l’individu sera considéré comme résident fiscal et imposé sur son revenu mondial.

À l’inverse, lorsque ces intérêts restent principalement à l’étranger, l’individu est traité comme non‑résident. Dans ce cas, seul le revenu de source arubaine (salaires pour un travail réalisé à Aruba, revenus immobiliers du pays, certains revenus d’entreprise ou de direction, etc.) est imposable localement.

Cette distinction est essentielle pour un expatrié qui, par exemple, conserve un emploi ou des investissements significatifs hors d’Aruba. La bascule en résidence fiscale peut entraîner l’obligation de déclarer et éventuellement taxer à Aruba des revenus perçus partout dans le monde.

Impôt sur le revenu : un barème progressif commun aux résidents et non‑résidents

Aruba applique un système d’impôt sur le revenu progressif, sans grande différence de barème entre résidents et non‑résidents : le principe d’égalité des taux est assumé. Ce qui varie surtout, c’est l’étendue de la base imposable (revenu mondial pour les résidents, revenu de source locale pour les non‑résidents) et l’accès à certaines déductions.

Pour les années récentes, les autorités ont publié une table modernisée d’impôt sur le revenu et de retenue à la source (wage tax). Elle se caractérise par l’introduction d’un montant exonéré et de tranches progressives assez marquées.

Seuil exonéré et barème récent

Un montant forfaitaire est déduit du revenu imposable pour parvenir au « revenu de table » sur lequel on applique les tranches. Ce montant exonéré est de l’ordre de 30 000 Afl. Les personnes dont le revenu imposable ne dépasse pas ce seuil ne paient pas d’impôt sur le revenu ni de wage tax.

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Le barème progressif de l’impôt sur le revenu pour les personnes physiques en France est structuré en 4 tranches.

Tranche de revenu annuel (AWG)Taux d’imposition
Jusqu’à 34 9300 %
34 930 – 63 90421 %
63 904 – 135 52742 %
Au‑delà de 135 52752 %

Le taux marginal supérieur s’établit à 52 %. Historiquement, le plafond a été plus élevé : des sources antérieures évoquent un maximum proche de 58,95 %, ce qui montre que le système, longtemps considéré comme lourd, fait l’objet d’ajustements.

Astuce :

Pour les non-résidents, les anciens tableaux mentionnaient parfois un seuil d’exonération à 30 000 Afl et des taux démarrant à 10 %. En pratique, les données récentes convergent vers une harmonisation du barème. L’idée clé est que résidents et non-résidents sont désormais soumis aux mêmes tranches d’imposition dès lors qu’ils sont imposables à Aruba.

Exemple simple de calcul

Pour illustrer l’impact du seuil exonéré, prenons un revenu imposable annuel (avant abattement) de 78 864 Afl.

– 1. Déduction du montant exonéré de 30 000 Afl, ce qui laisse 48 864 Afl de « revenu de table ». 2. Application des tranches correspondantes :

0 % jusqu’à 34 930 Afl ;

21 % sur la partie supérieure à 34 930 Afl et dans la tranche suivante.

Au final, l’impôt annuel calculé dans un exemple officiel arrive à environ 2 926 Afl, ce qui montre que, malgré des taux progressifs élevés, la combinaison seuil exonéré + structure des tranches peut réduire significativement l’impôt effectif pour les revenus intermédiaires.

Quels revenus sont imposables pour un expatrié ?

Pour un expatrié qui travaille ou investit à Aruba, pratiquement tous les types de revenus sont susceptibles d’entrer dans l’assiette de l’impôt sur le revenu, dès lors qu’ils sont de source arubaine (pour un non‑résident) ou qu’il est résident fiscal (revenu mondial).

Les principaux postes sont les suivants.

Salaires, traitements et avantages

Les revenus de l’emploi sont bien sûr au cœur du système : salaires, primes, gratifications, rémunérations passées, indemnités, mais aussi jetons de présence et rémunérations de dirigeants. Les avantages en nature (logement fourni, prise en charge de frais personnels, etc.) sont en principe imposables.

Même un non‑résident qui viendrait travailler quelques jours ou semaines sur l’île pour un employeur basé à Aruba est imposable sur la rémunération liée à cette activité. Particularité notable : lorsqu’un non‑résident est employé par un organisme public arubain, le revenu peut être imposable à Aruba même si le travail n’est pas physiquement accompli sur l’île.

Revenus professionnels indépendants et entrepreneuriaux

Les profits tirés d’une entreprise individuelle, d’un cabinet ou d’une activité indépendante exercée à Aruba doivent être calculés selon des principes de saine gestion et sont pleinement imposables. Un non‑résident qui exploite une entreprise à Aruba, directement ou via un représentant permanent, est imposable à ce titre.

Bon à savoir :

Les travailleurs indépendants peuvent déduire l’intégralité de leurs dépenses professionnelles réelles. De plus, ils bénéficient d’une déduction forfaitaire supplémentaire d’entrepreneur de 2 400 Afl par an.

Revenus de direction et mandats

Les non‑résidents qui siègent au conseil d’administration ou de surveillance d’une société résidente à Aruba et perçoivent des honoraires de direction ou de surveillance sont imposables sur ces revenus à Aruba, même s’ils résident fiscalement ailleurs.

Revenus de capitaux, dividendes, intérêts, redevances

Les revenus de portefeuille (dividendes, intérêts, redevances, loyers) sont, sauf exception, imposés comme des revenus ordinaires. Une particularité toutefois : les intérêts de comptes d’épargne détenus auprès de banques locales ou étrangères « reconnues » sont exonérés d’impôt à Aruba. En revanche, les dividendes distribués par les sociétés résidentes à des personnes physiques supportent en amont un prélèvement à la source de 10 %.

Plus‑values : cas général et cas particuliers

Aruba ne connaît pas, en principe, d’impôt autonome sur les plus‑values pour les particuliers. Les gains en capital sont en général exonérés, sauf situations spécifiques où ils sont requalifiés en revenu :

Exemple :

Les gains sur cession de biens immobiliers autres que la résidence principale sont imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les gains sur cession de parts sociales sont imposés à un taux spécifique de 25 % si le cédant détenait, seul ou avec certains proches, au moins 25 % des droits (intérêt substantiel) à un moment au cours des cinq années précédant la vente. Enfin, les gains provenant d’une activité indépendante ou commerciale répétée sont également imposables.

À l’inverse, lorsque le bien immobilier est enregistré au nom d’une personne physique à titre privé et n’est pas assimilé à un actif d’entreprise, certains textes indiquent que la plus‑value de revente n’est pas taxée, ce qui en fait un point particulièrement sensible pour les stratégies d’investissement des expatriés.

Déductions et abattements : des opportunités surtout pour les résidents

Aruba offre une série de déductions et d’abattements qui viennent réduire l’assiette taxable. Les résidents fiscaux sont clairement mieux servis que les non‑résidents, ce qui reflète une volonté de favoriser les personnes dont la vie est principalement sur l’île.

Parmi les principaux dispositifs :

Bon à savoir :

Les salariés bénéficient d’une déduction forfaitaire de 3% de leurs revenus (plafonnée à 1 500 Afl/an). Les résidents peuvent déduire les intérêts hypothécaires pour leur résidence principale, les intérêts de prêts personnels (jusqu’à 5 000 Afl/an), les primes d’assurance-vie (jusqu’à 5 000 Afl/an), ainsi que certaines dépenses extraordinaires et dons. Les indépendants ont droit à des déductions intégrales pour leurs frais professionnels, incluant une déduction spécifique de 2 400 Afl. Les pertes peuvent être reportées sur cinq ans, avec une extension à sept ans pour celles subies en 2020, 2021 et 2022 en raison de la crise sanitaire.

Ces dispositifs changent sensiblement le taux effectif pour un expatrié résident qui achète sa résidence principale à Aruba ou qui supporte des dépenses familiales importantes.

Les cotisations de sécurité sociale : un coût souvent sous‑estimé

À côté de l’impôt sur le revenu, les expatriés salariés à Aruba doivent intégrer le coût des cotisations sociales, payées à la fois par l’employeur et par l’employé, et qui peuvent atteindre globalement plus d’un quart du revenu brut jusqu’à certains plafonds.

Les principales composantes sont :

Cotisations sociales à Curaçao

Présentation des principales cotisations sociales obligatoires à Curaçao, réparties entre employeur et employé, avec leurs taux et plafonds.

Pension vieillesse (AOV) et assurance veuves et orphelins (AWW)

L’employeur contribue à hauteur de 9,5 % du salaire brut, l’employé à 4 %, dans la limite d’un salaire annuel de 65 052 Afl.

Assurance maladie générale (AZV)

Couvre hôpital, consultations et traitements. 8,9 % à la charge de l’employeur et 2,6 % à la charge de l’employé, jusqu’à 85 000 Afl de salaire annuel.

Assurance invalidité générale (OV)

Exclusivement à la charge de l’employeur, avec un taux variable entre 0,25 % et 2,5 % des salaires.

Assurance maladie générale des salariés (ZV)

2,65 % du salaire, payés par l’employeur, uniquement pour les salariés gagnant jusqu’à 4 550 Afl par mois. Au-delà, ce régime ne s’applique plus.

Pour un résident, la somme des contributions AOV, AWW et AZV peut représenter environ 26 % du revenu brut (moins certaines dépenses déductibles), jusqu’à un plafond de 85 000 Afl. Les non‑résidents employés localement sont également soumis à ces cotisations, ce qui peut entraîner, en l’absence de convention de sécurité sociale, une double cotisation avec leur pays d’origine. Des accords de totalisation peuvent toutefois atténuer cette double charge dans certains cas.

Régime expatrié : un outil puissant pour les hauts revenus qualifiés

Pour renforcer l’attractivité de l’île, Aruba a mis en place un régime spécifique pour expatriés hautement qualifiés. Ce dispositif, formalisé dans la loi fiscale depuis 2017, s’adresse aux salariés disposant de compétences rares ou indisponibles localement.

Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être remplies simultanément :

ne pas avoir résidé à Aruba pendant les cinq années consécutives précédant la prise de fonction ;

– percevoir un salaire annuel d’au moins 150 000 Afl ;

– justifier d’une expertise considérée comme insuffisamment disponible sur le marché du travail arubain.

En contrepartie, le régime offre des avantages fiscaux substantiels :

une indemnité annuelle en espèces exonérée jusqu’à 15 000 Afl ;

une prise en charge scolaire exonérée jusqu’à 25 000 Afl par enfant et par an, que l’enfant soit scolarisé à Aruba ou à l’étranger ;

une indemnité de logement (loyer) non imposable jusqu’à 2 500 Afl par mois.

Bon à savoir :

Il est possible de convenir d’un « net wage arrangement », où l’employeur prend directement en charge l’impôt sur le revenu du salarié. Le salarié perçoit ainsi le salaire net convenu, sans majoration brute pour couvrir l’impôt, et l’entreprise règle la charge fiscale auprès de l’administration.

Le régime, accordé initialement pour cinq ans, peut être prolongé une fois pour cinq années supplémentaires, si l’employeur démontre que l’expertise du salarié reste introuvable localement. La demande doit être déposée dans les quatre mois suivant le début du contrat, avec CV, diplômes, contrat de travail, permis de travail et de séjour.

En contrepartie, les expatriés bénéficiant de ce régime renoncent à certains avantages fiscaux classiques : pas de déduction pour âge, pas de déduction pour enfants, pas de déduction de frais professionnels, et inéligibilité à certains régimes concernant le logement de fonction.

Fiscalité des expatriés non‑résidents : revenus arubains ciblés

Les non‑résidents restent imposés uniquement sur certains types de revenus de source arubaine. Pour un expatrié propriétaire d’un bien loué en courte durée sans demander la résidence, ou pour un consultant qui intervient ponctuellement sur l’île, il est crucial de comprendre cette imposition ciblée.

Relèvent notamment de la fiscalité arubaine pour les non‑résidents :

les salaires et honoraires pour un travail effectué à Aruba ;

les revenus d’une entreprise exploitée sur l’île, qu’ils soient perçus directement ou via un représentant permanent ;

– les loyers et autres revenus liés à un bien immobilier situé à Aruba ;

– certains revenus d’actionnaire ou de dirigeant lorsqu’il existe une participation significative dans une société locale ;

– les intérêts de prêts garantis par une hypothèque sur un bien arubain.

Les non‑résidents disposent de moins de déductions personnelles que les résidents, mais conservent la possibilité de déduire certaines charges directement liées au revenu (par exemple, dépenses d’entretien et d’exploitation d’un bien loué).

Taxe foncière (ground tax) : comment fonctionne la taxe sur les biens immobiliers

Pour tout expatrié propriétaire ou futur acheteur, la taxe foncière est un élément central du coût de détention. À Aruba, elle prend la forme d’une taxe annuelle sur la valeur des biens immobiliers, parfois appelée « real estate tax », « land tax » ou « ground tax ».

Le principe est simple : la taxe frappe chaque année la valeur des biens détenus au 1er janvier. L’administration évalue la valeur de référence, en retenant la plus élevée entre la valeur économique réelle et la valeur approximative basée sur les revenus potentiels. Cette évaluation est actualisée tous les cinq ans environ.

Barème de taxe foncière selon le statut du propriétaire

Le régime distingue nettement les personnes physiques résidentes des non‑résidents et des personnes morales.

Pour les personnes physiques résidentes, la taxe foncière est progressive et s’applique à la valeur agrégée des propriétés détenues :

Valeur totale des biens (AWG)Taux de taxe foncière
Jusqu’à 120 0000 %
120 000 – 250 0000,20 %
250 000 – 500 0000,30 %
500 000 – 750 0000,40 %
Au‑delà de 750 0000,60 %

Pour les non‑résidents et les personnes morales, la règle est plus directe : un taux forfaitaire de 0,6 % s’applique à la valeur totale du bien immobilier, sans tranche exonérée. Autrement dit, un expatrié non résident qui possède une villa de 500 000 Afl paiera environ 3 000 Afl par an de taxe foncière, soit 0,6 % de la valeur.

Certaines présentations simplifiées évoquent un taux « standard » de 0,4 % et une franchise sur les premiers 33 707 dollars de valeur (environ 60 000 Afl), le taux de 0,4 % s’appliquant à la part excédentaire. En pratique, les textes de référence pour les expatriés convergent vers le système de barème ci‑dessus pour les résidents et la flat tax de 0,6 % pour les non‑résidents.

Bon à savoir :

La taxe sur les résidences secondaires est payable en quatre acomptes annuels, ce qui allège la gestion de trésorerie. Elle reste due même si le bien n’est pas loué : la simple possession d’une résidence secondaire inoccupée ne dispense pas de son paiement.

Obligations déclaratives des propriétaires

Les propriétaires doivent s’assurer que leurs biens sont correctement enregistrés auprès du département fiscal. Lors de l’achat, les documents cadastraux (plan, numéro de parcelle, etc.) permettent d’enregistrer ou de mettre à jour la valeur. En cas de rénovation importante augmentant la valeur (extension, ajout d’une piscine, etc.), le propriétaire est censé en informer l’administration.

Le non‑respect de ces obligations peut coûter cher : l’omission de déclarer une rénovation susceptible de rehausser la valeur taxable peut donner lieu à une amende équivalente à 100 % de la taxe foncière due. De même, le défaut d’enregistrement d’un bien peut entraîner des pénalités lourdes une fois détecté.

Impôt sur le transfert immobilier : un coût d’entrée à anticiper

Au moment d’acheter un bien, l’expatrié se heurte à un autre impôt clé : la taxe de transfert immobilier, prélevée au moment de la signature de l’acte devant notaire.

Cette taxe, acquittée par l’acheteur, est calculée sur la plus élevée entre le prix de vente et la valeur officielle retenue par l’administration. Le barème est le suivant :

Valeur du bien (AWG)Taux de taxe de transfert
Jusqu’à 250 0003 %
Au‑delà de 250 000 (sur l’excédent)6 %

Le notaire est légalement tenu de collecter cette taxe lors de la passation de l’acte de vente et de la reverser à l’État. Depuis une mise à jour réglementaire, même la cession de parts de sociétés dont l’actif principal est immobilier, ou le transfert de « propriété économique » sans acte notarié, peuvent être soumis à cette taxe. En cas de transfert économique non notarié, le cédant doit en informer l’inspecteur des impôts dans un délai de deux semaines ; à défaut, une amende pouvant atteindre 100 000 Afl ou 10 % de la valeur du bien peut être appliquée.

Attention :

Lors d’un héritage, la taxe de transfert peut être allégée si le bien était la résidence principale du défunt et est attribué au conjoint survivant ou à des héritiers directs. Notez qu’Aruba n’impose plus de droits de succession ou de donation depuis mi-2018, mais le transfert immobilier suite à un décès reste potentiellement soumis à cette taxe de transfert.

Coût total d’une transaction immobilière pour un expatrié

Au‑delà de la taxe de transfert, l’achat et la revente d’un bien à Aruba génèrent divers coûts : honoraires de notaire, frais de conseil juridique, commissions d’agence, etc. Les études de marché montrent que :

5 à 12

Pourcentage du prix d’achat représentant les frais à la charge de l’acheteur lors d’une transaction immobilière.

Au global, le « roundtrip cost » (coût d’entrée + coût de sortie) d’un investissement immobilier à Aruba oscille généralement entre 7 et 15 % de la valeur du bien. Pour un expatrié investisseur, intégrer ce pourcentage dans ses simulations est indispensable pour calculer la rentabilité nette réelle.

Fiscalité des loyers : résidence secondaire, location long terme et location touristique

Aruba est une destination touristique majeure, et de nombreux expatriés investissent dans des appartements ou villas destinés à la location saisonnière. Or ces revenus locatifs sont fortement dans le radar de l’administration.

Imposition des loyers dans l’impôt sur le revenu

Les revenus issus de la location de biens immobiliers situés à Aruba sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu, que le propriétaire soit résident ou non‑résident. La base imposable n’est pas le montant brut des loyers, mais le revenu net après déduction de certaines charges.

Sont notamment déductibles :

les dépenses de maintenance et d’entretien courant ;

la taxe foncière payée ;

– les primes d’assurance du bien ;

– les intérêts d’emprunt hypothécaire ;

– diverses charges d’exploitation (eau, électricité, frais de gestion, honoraires de société de property management, etc.), lorsqu’elles sont supportées par le propriétaire.

Bon à savoir :

Les travaux de rénovation lourde, comme l’ajout d’une piscine ou l’agrandissement d’une aile, ne sont pas déductibles en tant que charges courantes. Ils sont considérés comme des investissements en capital.

Pour les expatriés non‑résidents, un point crucial est l’obligation de déposer chaque année une déclaration de revenus à Aruba dès lors qu’ils tirent un revenu locatif d’un bien arubain. La non‑déclaration peut entraîner des amendes, voire des poursuites, et l’administration a explicitement indiqué que la fiscalité des résidences de vacances était devenue une priorité.

Des exemples théoriques montrent que le taux effectif d’imposition des loyers augmente fortement avec le revenu : pour des revenus locatifs mensuels équivalents à 1 500 dollars, une étude cite un taux d’imposition effectif d’environ 10 %, qui grimpe à plus de 30 % pour 6 000 dollars par mois, et peut dépasser 40 % pour 12 000 dollars mensuels, compte tenu du barème progressif.

Taxes indirectes spécifiques aux locations touristiques

Aux côtés de l’impôt sur le revenu, les locations de courte durée (type Airbnb, villas de vacances, condos touristiques) supportent plusieurs prélèvements indirects :

Exemple :

À Maurice, les hébergements touristiques peuvent être soumis à plusieurs taxes distinctes. Une taxe touristique proportionnelle au prix de la nuitée est appliquée, avec un taux pouvant atteindre 12,5 % dans certains cas. Parallèlement, une redevance touristique fixe, appelée « special tourist levy », est perçue à hauteur de 3 dollars US par nuit et par chambre occupée pour les locations à court terme. Enfin, le BBO (Business Turnover Tax), une taxe sur le chiffre d’affaires, peut s’appliquer à certaines locations ; par exemple, une location à long terme d’une résidence de vacances peut être imposée à un taux de 7 %, sauf si le bien est utilisé comme résidence principale.

Les services annexes proposés aux locataires (petits‑déjeuners, ménage facturé séparément, prestations de spa ou de massage) peuvent également être soumis au BBO sur le chiffre d’affaires généré.

Les autorités préparent par ailleurs un encadrement plus strict du secteur des locations touristiques via la création de l’Aruba Quality & Hospitality Authority (AQHA), chargée d’enregistrer les propriétaires, délivrer des licences, contrôler les normes d’hygiène et percevoir des redevances. L’AQHA devrait coopérer étroitement avec l’administration fiscale pour identifier et suivre les propriétaires, y compris non‑résidents.

Absence de conventions fiscales étendues : un risque de double imposition à apprivoiser

Aruba ne dispose pas, à ce jour, de réseau développé de conventions de non‑double imposition avec les autres États. Un expatrié français, canadien ou latino‑américain installé sur l’île ne peut donc pas, en général, se prévaloir d’un traité classique pour éviter que le même revenu soit imposé deux fois.

Il existe toutefois :

Bon à savoir :

Les territoires néerlandais bénéficient d’un dispositif de règlement fiscal intra‑royaume (Tax Regulation for the Kingdom of the Netherlands) qui harmonise la fiscalité entre Aruba, Curaçao, les Pays‑Bas (incluant Bonaire, Sint Eustatius et Saba) et Sint Maarten, avec notamment des taux de retenue à la source sur les dividendes pouvant être réduits à 7,5 % ou 5 % sous certaines conditions. Ils sont également parties à de nombreux accords d’échange d’informations (TIEA) avec des pays comme les États‑Unis, le Royaume‑Uni, le Canada et plusieurs États européens, garantissant la transparence des flux financiers sans créer de droits à réduction d’impôt. Enfin, des accords de sécurité sociale avec certains pays permettent de coordonner les cotisations pour la retraite et la maladie.

Aruba peut également accorder un crédit unilatéral sur l’impôt payé à l’étranger, dans la limite de l’impôt arubain dû sur le même revenu. Pour un expatrié, la planification fiscale doit donc anticiper cette interaction, en particulier lorsque le pays d’origine impose aussi le revenu mondial (cas des États‑Unis, par exemple).

Cas particulier des citoyens américains vivant ou investissant à Aruba

Les citoyens américains et détenteurs de carte verte installés à Aruba demeurent redevables de leurs obligations fiscales vis‑à‑vis de l’IRS, indépendamment de la fiscalité locale. Ils doivent déposer chaque année une déclaration américaine, même s’ils déposent également une déclaration arubaine.

Bon à savoir :

Les revenus gagnés à Aruba peuvent être exonérés d’impôt américain via la Foreign Earned Income Exclusion (FEIE) si vous remplissez les critères de résidence à l’étranger et déposez votre déclaration à temps. De plus, les impôts payés localement peuvent donner droit à un crédit d’impôt étranger (Foreign Tax Credit) pour réduire votre impôt américain sur les mêmes revenus.

Les obligations déclaratives américaines sont lourdes dès qu’un expatrié détient des comptes bancaires arubains dépassant certains seuils ou des participations dans des sociétés locales : formulaires FBAR, 8938, 5471, 8865, etc., assortis de pénalités pouvant atteindre ou dépasser 10 000 dollars par formulaire en cas de non‑dépôt.

Enfin, les travailleurs indépendants américains exerçant à Aruba demeurent soumis aux cotisations sociales américaines (self‑employment tax), alors que les salariés employés par un employeur non américain peuvent, en règle générale, éviter de cotiser à la sécurité sociale US sur les salaires arubains.

Un environnement fiscal à la fois compétitif et exigeant pour les expatriés

Aruba n’est ni un paradis fiscal au sens traditionnel, ni un enfer fiscal. Le pays a fait évoluer son système vers davantage de transparence et se conforme largement aux standards internationaux de l’OCDE. Les taux supérieurs d’impôt sur le revenu restent élevés en comparaison régionale, mais sont atténués par un montant exonéré significatif et par un ensemble de déductions ciblées.

Pour les expatriés, les messages clés sont les suivants :

Astuce :

La détermination de la résidence fiscale repose sur un faisceau d’indices, pas seulement le nombre de jours ; un changement de centre de vie peut entraîner l’imposition du revenu mondial. Résidents et non-résidents partagent le même barème progressif, mais les résidents bénéficient de davantage de déductions personnelles. Les cotisations de sécurité sociale s’ajoutent à l’impôt sur le revenu et peuvent représenter jusqu’à un quart du revenu brut, sous plafond. Le régime spécial expatrié offre, pour les hauts revenus qualifiés, des avantages fiscaux substantiels sur les indemnités de logement, de scolarité et certaines allocations. La taxe foncière est modérée pour les résidents (grâce à une franchise jusqu’à 120 000 Afl) mais plus lourde pour les non-résidents et sociétés, avec un taux unique de 0,6 % sans seuil. L’achat d’un bien immobilier supporte une taxe de transfert significative (3 à 6 %), et le coût complet d’un cycle achat-revente peut atteindre 7 à 15 % du prix. Les revenus locatifs, surtout touristiques, sont surveillés par l’administration, qui croise les informations via l’AQHA et renforce la conformité pour les propriétaires non-résidents.

Pour un expatrié qui envisage de travailler, d’acheter un bien ou de combiner les deux à Aruba, la fiscalité n’est donc ni un détail ni une simple formalité. Elle doit être intégrée dès la phase de projet, en évaluant pour chaque scénario la combinaison impôt sur le revenu + cotisations sociales + taxe foncière + taxes de transfert et de séjour.

Astuce :

Un accompagnement professionnel local est recommandé pour arbitrer les choix cruciaux : résidence fiscale, utilisation d’une structure personnelle ou sociétaire, bénéfice du régime expatrié, et optimisation de la détention et de la location de biens immobiliers. Dans un cadre juridique stable mais disposant d’un réseau limité de conventions fiscales, la qualité de cette préparation est déterminante pour garantir un investissement serein et éviter les mauvaises surprises fiscales successives.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en Aruba pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Caraïbes néerlandaises), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba pour son environnement fiscal favorable aux revenus de capitaux étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un cadre juridique stable lié au Royaume des Pays-Bas, et un coût de vie inférieur aux grandes capitales européennes. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence à Aruba avec achat d’une résidence principale, couverture santé locale et maintien des droits en France, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, fiscalistes, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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