S’installer à Aruba : promesse de paradis ou faux eldorado ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Sable blanc, mer turquoise, climat idyllique et slogan officiel « One Happy Island » : sur le papier, l’expatriation à Aruba ressemble à un rêve éveillé. Pourtant, derrière la carte postale, la vie sur cette petite île caraïbe – pays constitutif du Royaume des Pays-Bas – comporte aussi son lot de contraintes très concrètes : coût de la vie, dépendance au tourisme, procédures de séjour, pression environnementale, adaptation culturelle…

Bon à savoir :

Cet article offre une analyse complète basée sur les dernières données économiques, fiscales, climatiques et sociales de l’île. Il vise à vous aider à évaluer objectivement si ce « paradis » correspond réellement à votre projet de vie d’expatrié.

Un cadre géographique et climatique exceptionnel

Aruba se distingue d’abord par sa situation et son climat. L’île se trouve dans le sud de la mer des Caraïbes, près des côtes vénézuéliennes, en dehors de la principale zone de passage des ouragans. Cette position réduit nettement les risques de cyclones majeurs par rapport à d’autres destinations caribéennes.

Exemple :

Aruba bénéficie d’un climat très ensoleillé et chaud (28-30°C en moyenne), avec peu de précipitations et des alizés constants qui atténuent la chaleur. Son aridité relative évite l’humidité étouffante d’autres îles. Le cadre de vie est marqué par une eau du robinet potable (dessalée), une mer limpide, des plages renommées comme Eagle Beach, des dunes près du phare California et des criques idéales pour le snorkeling, telles que Boca Catalina.

En parallèle, Aruba offre aussi un visage plus sauvage, avec des paysages désertiques, des cactus et des formations rocheuses dans le parc national Arikok, qui couvre près d’un cinquième du territoire. Randonnée, baignades dans des piscines naturelles, exploration des dunes ou de falaises battues par les vagues complètent l’image purement balnéaire.

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Augmentation de la température moyenne de l’air depuis 1980 dans cette région, illustrant l’impact tangible du réchauffement climatique.

Pour un futur résident, cela signifie deux choses : un environnement naturel splendide et très accessible au quotidien, mais aussi une vulnérabilité croissante face à la chaleur, aux pénuries d’eau potentielles et à la dégradation des écosystèmes dont dépend directement l’attrait de l’île.

Une société multiculturelle et une culture « poco poco »

Avec environ 110 000 habitants et plus de 90 nationalités issues de plus de 130 pays, Aruba est l’une des sociétés les plus diverses de la région. Cette mosaïque se retrouve dans la langue – Papiamento et néerlandais comme langues officielles, anglais et espagnol largement pratiqués – mais aussi dans la cuisine, les fêtes, les traditions religieuses et le quotidien.

Le mode de vie local est souvent décrit par l’expression « poco poco », littéralement « doucement, doucement ». L’idée : éviter le stress, profiter du présent et ne pas se laisser envahir par les urgences. Dans la pratique, cela se traduit par une culture insulaire lente, où les gens prennent le temps de discuter, de se retrouver sur le pas de la porte, dans les bars de plage ou autour d’un barbecue. Les habitants sont réputés amicaux et accueillants, particulièrement conscients de l’importance du tourisme et des expatriés pour l’économie.

Astuce :

Pour un nouvel arrivant, le climat social présente de réels avantages. On peut se sentir en sécurité, car le taux de criminalité est faible et l’île est considérée comme l’une des plus sûres des Caraïbes. Les expatriés signalent souvent une communauté chaleureuse, des forums et groupes en ligne très actifs, ainsi qu’une facilité à nouer des contacts via le travail, les activités extérieures ou le bénévolat. La coexistence de nombreuses cultures fait que les différences, y compris en matière d’orientation sexuelle ou de mode de vie, sont globalement bien acceptées.

Mais cette culture « poco poco » peut aussi devenir un obstacle. Pour ceux qui viennent de métropoles très rythmées, l’adaptation au tempo local est l’un des chocs principaux. Les démarches administratives, les réponses de certains services publics ou privés, ou la manière de gérer l’urgence peuvent sembler lentes, voire peu motivées. De nombreux travaux en psychologie interculturelle montrent que cette phase de « choc culturel » – après la lune de miel des premières semaines – entraîne une baisse de productivité, parfois des tensions familiales et un fort taux de retour anticipé. On estime d’ailleurs qu’à l’échelle mondiale, près de la moitié des expatriations se soldent par un échec (retour plus tôt que prévu), et les difficultés d’adaptation personnelle et familiale représentent près de la moitié des causes identifiées.

Attention :

À Aruba, l’intégration peut être freinée par une barrière linguistique (néerlandais ou Papiamento), des codes sociaux différents et un rythme de travail perçu comme moins rigoureux. Elle nécessite patience, curiosité culturelle, flexibilité et une réelle volonté de s’inscrire dans la vie locale.

Langues : atout et défi pour l’intégration

Sur le plan linguistique, Aruba cumule avantages et difficultés pour l’expatrié.

Le premier aspect positif, c’est le multilinguisme généralisé. Le Papiamento, langue créole locale, et le néerlandais sont officiels. L’anglais est très largement compris et utilisé, surtout dans le tourisme et les services, et l’espagnol est fréquent du fait de la proximité de l’Amérique du Sud. Il n’est pas rare d’entendre une conversation mêler les quatre langues. Un anglophone ou un hispanophone peut donc s’en sortir au quotidien sans grande difficulté, notamment dans les restaurants, les commerces, les hôtels ou les loisirs.

Bon à savoir :

La maîtrise du néerlandais et/ou du papiamento est essentielle pour accéder à des emplois qualifiés, interagir avec l’administration, suivre une scolarité dans le système public (où le néerlandais est majoritaire au secondaire) ou se faire soigner. Sans cette connaissance, les options scolaires se limitent aux établissements internationaux privés, souvent onéreux.

Il est donc conseillé à ceux qui envisagent un projet d’installation durable de s’engager au minimum dans l’apprentissage du Papiamento, qui facilite beaucoup les interactions sociales, ou du néerlandais si l’on vise des postes dans l’administration, l’éducation, la santé ou certains services professionnels. Les ressortissants néerlandais disposent d’un léger avantage d’adaptation linguistique et administrative, les panneaux de signalisation étant en néerlandais et le droit local largement inspiré du droit néerlandais.

Un niveau de vie élevé… et un coût de la vie qui suit

L’un des points les plus sensibles pour un expatrié à Aruba est sans doute le coût de la vie.

L’économie de l’île est considérée comme moderne et à revenu élevé pour la région, avec un PIB par habitant d’environ 26 000 dollars US, un chômage relativement faible et une productivité du travail élevée. Mais cette prospérité repose largement sur le tourisme et sur des importations massives : nourriture, biens de consommation, carburant, matériaux… Tout ou presque arrive par bateau ou par avion, avec des droits de douane pouvant aller jusqu’à 57 % (même si beaucoup de produits tournent autour de 12 %).

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Le coût de la vie hors loyer peut être supérieur de plus de 30 % à celui de certains pays européens.

Pour illustrer cette réalité, quelques ordres de grandeur en florins arubains (AWG) et en dollars US aident à se faire une idée.

Exemples de coûts mensuels et de produits de base

Poste de dépenseMontant typique (AWG)Équivalent approx. (USD)
Budget mensuel personne seule≈ 3 600 AWG≈ 2 000 USD
Budget mensuel famille de quatre≈ 7 900 AWG≈ 4 400 USD
Loyer appart. 85 m² quartier cher≈ 2 500 AWG≈ 1 400 USD
Loyer studio 45 m² quartier standard≈ 1 250 AWG≈ 700 USD
Factures (85 m², 2 pers.)≈ 300 AWG≈ 170 USD
Internet mensuel≈ 54 AWG≈ 30 USD

Sur le volet alimentaire, on retrouve la même tendance.

Exemples de prix alimentaires

ProduitPrix typique (AWG)Commentaire
Déjeuner menu du jour≈ 25 AWGRestaurant simple
Combo fast-food≈ 14 AWGType chaîne internationale
500 g blanc de poulet≈ 7 AWG
1 L de lait entier≈ 4,4 AWG
Douzaine d’œufs≈ 6 AWG
1 kg de tomates≈ 8 AWG
Bière locale 0,5 L (supermarché)≈ 6 AWG
Bouteille de vin correct≈ 65 AWGVin de table importé

Les dépenses de loisirs, de transport ou de services suivent la même logique : un abonnement de salle de sport en ville tourne autour de 185 AWG, une sortie cinéma environ 11–15 AWG, une bière en bar de quartier autour de 11 AWG, un cocktail proche de 18 AWG. L’essence est également chère au regard des standards nord-américains ou européens, même si le différentiel exact dépend des fluctuations mondiales.

Gérer le coût de la vie à Aruba

Conseils pour adapter son budget et son mode de vie lors d’une installation sur l’île.

Adopter le mode de vie local

Privilégier les produits disponibles sur place et fréquenter les restaurants à prix arubains plutôt que les établissements touristiques pour réduire ses dépenses.

Simplifier son mode de vie

Adopter une consommation plus sobre et éviter de reproduire à l’identique ses habitudes d’origine pour limiter la facture globale.

Anticiper le budget familial

Pour une famille, surtout avec enfants scolarisés en école internationale, le budget mensuel reste conséquent et nécessite une planification rigoureuse.

Logement : un marché sous tension, des écarts importants

Trouver un logement fait partie des étapes critiques de l’expatriation à Aruba. L’île est petite, les zones les plus attractives sont fortement touristiques, et la pression foncière est forte, en particulier sur la côte nord-ouest, entre Oranjestad et Palm Beach.

Noord concentre une grande partie de l’activité touristique haut de gamme et constitue l’un des secteurs les plus prisés des expatriés. On y trouve les principaux hôtels, des restaurants, des commerces, et un accès direct aux plages phares. Ce confort a un prix : les loyers y figurent parmi les plus élevés de l’île, surtout dans les résidences sécurisées ou les complexes avec piscine.

Ordres de grandeur pour les loyers

Type de logementZoneLoyer mensuel typique
Studio 45 m² meubléQuartier cher≈ 1 850 AWG (≈ 1 000 USD)
Studio 45 m² meubléQuartier standard≈ 1 250 AWG (≈ 700 USD)
Appart. 1 ch. centre600–1 000 USD
Appart. 3 ch. centre1 500–2 500 USD
Villa 3 ch. en community fermée (achat)≈ 420 000 USD (exemple réel)

Les gated communities comme Tierra del Sol Resort & Golf ou Gold Coast Aruba proposent un cadre de vie très sécurisé, avec piscines, parcours de golf, gardiennage, parfois salle de sport. Elles attirent particulièrement les retraités, les cadres détachés et les familles aisées, mais accentuent le fossé entre résidents insérés dans ces micro-communautés et population locale.

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Taux fixe de la taxe foncière appliqué aux non-résidents, contre un barème progressif pour les résidents.

Pour démarrer, la stratégie la plus réaliste consiste souvent à réserver un hébergement temporaire – appartement meublé, guesthouse ou petit hôtel – durant quelques semaines à Noord ou Oranjestad, le temps de visiter des biens en location longue durée, de comprendre les quartiers et de négocier les conditions. Plusieurs adresses sont d’ailleurs fréquemment recommandées aux nouveaux arrivants pour cette phase de transition, de la location « budget » aux villas familiales plus haut de gamme.

Mobilité : la voiture presque incontournable

Autre réalité parfois sous-estimée avant l’arrivée : l’organisation des transports. Aruba dispose bien d’un réseau de bus (Arubus) reliant notamment Oranjestad, l’aéroport, les zones hôtelières et certains quartiers. Les tarifs restent raisonnables au regard du niveau de vie local, et il existe des pass à la journée ou au mois. De même, les taxis sont réglementés, imposent une licence officielle, et les tarifs sont fixés par le gouvernement.

Attention :

L’infrastructure est conçue principalement pour les véhicules, avec des trottoirs souvent discontinus et peu de pistes cyclables. La chaleur rend les déplacements à pied ou à vélo peu agréables, compliquant les tâches quotidiennes et l’accès aux plages sans voiture personnelle.

Exemples de coûts liés au transport

Poste de transportMontant typique
Ticket bus simple≈ 2,75 AWG
Pass bus mensuel≈ 40–150 AWG (selon formule)
Taxi départ course≈ 7–20 USD
Essence (1 L)≈ 1,1 AWG (≈ 0,6 USD, variable)
Coût mensuel moyen possession voiture≈ 600 AWG (carburant, assurance, entretien)

Les services de type Uber ou Lyft ne sont pas disponibles, ce qui limite l’alternative au taxi, à la location de voiture ou à l’achat d’un véhicule d’occasion (souvent auprès d’expatriés repartant). Pour beaucoup de résidents de long terme, posséder une voiture devient tout bonnement indispensable, ce qui ajoute un poste de dépense non négligeable à un budget déjà chargé.

Sécurité, santé, services : une base solide pour s’installer

Sur le plan de la sécurité, Aruba présente un profil très rassurant. Les taux de criminalité violente sont bas, notamment dans les zones touristiques et résidentielles fréquentées par les expatriés. Les délits les plus courants concernent les petits vols à la tire, les cambriolages opportunistes ou les vols dans les véhicules, en particulier dans les périodes festives comme le Carnaval. L’île est également un point de passage de trafics de drogue entre Amérique du Sud et marchés du Nord, ce qui génère un risque de criminalité organisée, mais la police est relativement bien équipée, avec plus de 600 agents et une unité dédiée aux zones touristiques.

Astuce :

Les précautions de base restent de mise : ne pas laisser d’objets de valeur visibles dans les voitures, éviter les lieux isolés la nuit, être attentif dans les grandes fêtes et ne pas sous-estimer la sévérité des lois locales en matière de stupéfiants, possession ou consommation. Dans l’ensemble, toutefois, nombre de résidents expliquent se sentir plus en sécurité à Aruba que dans certaines grandes villes de leur pays d’origine.

Côté santé, l’île dispose d’un système jugé parmi les plus performants de la Caraïbe. Le Dr Horacio Oduber Hospital à Oranjestad est l’hôpital principal, avec environ 280 lits, des équipements modernes et de nombreuses spécialités. Il est complété par un centre médical à San Nicolas, des cliniques privées à Noord, des laboratoires d’analyses récents et un institut cardiaque à but non lucratif. Quatre grands centres médicaux se partagent le territoire, ce qui garantit une bonne couverture de base.

Bon à savoir :

Aruba dispose d’une assurance maladie obligatoire (AZV) couvrant résidents et travailleurs étrangers pour les soins généraux, spécialisés, l’hospitalisation et de nombreux médicaments. Certains soins, comme les soins dentaires, restent partiellement à charge. Pour les pathologies graves nécessitant une évacuation médicale vers l’étranger, une assurance internationale complémentaire couvrant ces frais est fortement recommandée.

Les pharmacies (« botikas ») sont bien fournies, mais ne délivrent pas de prescriptions venues de l’étranger : un contact avec un médecin local est nécessaire pour renouveler un traitement. En revanche, les praticiens et le personnel de santé parlent souvent plusieurs langues, dont l’anglais, ce qui facilite la communication pour les expatriés.

Immigration, travail et résidence : un cadre strict à anticiper

La plus belle plage du monde ne compense pas des démarches de séjour mal préparées. À Aruba, la question du droit au séjour et au travail constitue un point central de tout projet d’expatriation.

L’autorité compétente pour l’immigration est le Departamento di Integracion, Maneho y Admision di Stranhero (DIMAS). Pour les séjours de courte durée, la réglementation reste relativement souple. La plupart des visiteurs peuvent rester comme touristes jusqu’à 30 jours, avec possibilité d’extension jusqu’à 90 ou 180 jours selon la nationalité (avec des conditions particulières pour les Américains, les Néerlandais ou les détenteurs de certains visas et titres de séjour étrangers). En tant que touriste, il est interdit de travailler pour une entité arubaine ou de percevoir un revenu local. Le travail à distance pour un employeur basé à l’étranger est autorisé dans certaines limites, mais ne permet pas d’accéder à un statut de résident.

Bon à savoir :

Pour un séjour de plus de quelques mois à Aruba, un changement de régime est nécessaire (permis de travail, de résidence, statut de retraité indépendant, etc.). L’obtention d’un permis de travail est soumise au principe de priorité locale : un employeur ne peut recruter un étranger que s’il prouve, auprès du département du travail (DPL), qu’aucun candidat arubain ou résident déjà établi n’est disponible pour le poste.

Ce système a plusieurs implications très concrètes :

– il est extrêmement difficile d’arriver sans contrat et d’espérer « trouver sur place » un poste qualifié ;

– le permis de travail est généralement lié à un employeur et à un poste précis pour une durée limitée (souvent un an, parfois moins dans l’hôtellerie saisonnière) ;

– changer d’employeur ou de fonction nécessite en principe une nouvelle procédure, avec le risque de perdre temporairement le droit de travailler ;

– tout travail sans permis est illégal, expose à des sanctions pour l’employé comme pour l’employeur, et compromet les chances d’obtenir de futurs visas.

Bon à savoir :

Pour un séjour de longue durée, notamment pour les retraités, il faut généralement fournir : une preuve de ressources suffisantes, un casier judiciaire vierge, des certificats médicaux attestant l’absence de maladies contagieuses, et parfois des vaccins spécifiques (comme celui contre la fièvre jaune si on vient d’une zone endémique). Les personnes non actives doivent prouver qu’elles peuvent subvenir à leurs besoins sans travailler localement.

En parallèle, Aruba a conçu des dispositifs spécifiques comme le « One Happy Workation » pour les télétravailleurs américains, offrant la possibilité de résider et télétravailler jusqu’à 90 jours. Mais il s’agit bien de séjours temporaires, sans droit d’accès au marché du travail arubain ni automaticité vers un permis de résidence.

Au global, l’environnement juridique arubain protège très nettement le marché du travail local et impose une réelle préparation en amont. Anticiper les délais (plusieurs semaines à plusieurs mois pour certains permis), éviter de voyager pendant qu’une demande est en cours (ce qui peut entraîner un refus d’entrée) et veiller à rester en règle est indispensable pour éviter que le rêve d’expatriation ne se transforme en casse-tête administratif.

Marché du travail : opportunités et limites

Pour ceux qui parviennent à franchir le cap des permis, le marché du travail présente à la fois des opportunités réelles et des limites structurelles.

L’économie d’Aruba est fortement spécialisée. Le tourisme – hôtels, casinos, croisières, restauration, loisirs nautiques – représente de 70 à 90 % de l’activité économique selon les estimations, et plus de 88 % des emplois sont directement ou indirectement liés à ce secteur. Les autres bras de l’économie incluent le commerce, quelques activités financières offshore, la construction, les services publics, la santé, l’éducation, des services professionnels et un embryon d’agriculture ou de production locale.

Bon à savoir :

Les secteurs de l’hôtellerie-restauration et des loisirs recherchent activement des profils comme la réception, l’entretien des chambres, la restauration, le bar, l’animation, le spa, les sports nautiques, la gestion des revenus et le management hôtelier. Ces postes peuvent offrir des avantages significatifs tels qu’un logement de fonction, des repas pris en charge et la possibilité de recevoir des pourboires importants. Les contrats sont souvent saisonniers, d’une durée de 3 à 6 mois, particulièrement pendant les périodes de haute saison (décembre à avril et mi-été).

D’autres secteurs recrutent également : infirmiers, médecins, techniciens de laboratoire, enseignants, logisticiens, informaticiens, comptables, juristes, experts en conformité, managers de projets, spécialistes en énergie renouvelable ou en durabilité. La volonté affichée du gouvernement est de diversifier l’économie vers les technologies, la finance internationale, les énergies propres, la circularité, voire des industries nouvelles comme le chanvre/cannabis réglementé.

Astuce :

L’économie de Curaçao est en cours de diversification, mais reste encore fortement dépendante du tourisme. Pour un expatrié hautement qualifié, les opportunités d’emploi existent, mais sont limitées en nombre. La concurrence avec les candidats locaux et régionaux est importante. Dans ce contexte, la maîtrise de plusieurs langues, notamment le néerlandais, l’anglais et l’espagnol, constitue un avantage décisif pour se démarquer.

Un élément à intégrer est l’écart entre le niveau général des salaires et le coût de la vie. Le salaire net moyen mensuel tourne autour de 2 000 USD, ce qui est nettement inférieur à la moyenne d’Amérique du Nord ou de l’Europe occidentale. Or, comme on l’a vu, les dépenses courantes sont souvent plus élevées qu’outre-Atlantique ou en Europe. Même si certains contrats expatriés compensent via des avantages en nature (logement, véhicule, prime d’expatriation), il est prudent de ne pas surestimer sa marge de manœuvre financière.

Fiscalité : un système progressif, pas un paradis fiscal

Aruba offre une fiscalité perçue comme attractive pour les entreprises et certains investisseurs, mais il ne s’agit pas d’un paradis fiscal au sens classique pour les particuliers.

Pour les résidents fiscaux – c’est-à-dire ceux dont les intérêts vitaux (famille, travail, biens) se situent à Aruba – l’impôt sur le revenu est progressif et peut atteindre une tranche supérieure autour de 52 % sur les revenus les plus élevés. Les non-résidents ne sont imposés que sur certains types de revenus d’origine arubaine (emploi exercé sur l’île, fonction de dirigeant d’une société arubaine, activité commerciale locale, etc.), mais aux mêmes taux progressifs sur ces revenus.

Les revenus d’emploi, les bénéfices professionnels, les loyers sont imposables. Les intérêts de comptes d’épargne sont, en revanche, exemptés d’impôt dans certaines conditions. Les plus-values ne font pas l’objet d’un impôt séparé, mais peuvent être imposées dans le cadre de l’impôt sur le revenu pour des cas particuliers, comme la cession de participations substantielles ou d’immeubles d’investissement.

Bon à savoir :

Plusieurs déductions sont possibles sur la déclaration d’impôts, notamment pour les dépenses professionnelles forfaitaires, les intérêts d’emprunt immobilier, certaines assurances vie, les dépenses médicales exceptionnelles et les dons, chacune étant soumise à des plafonds. Les travailleurs indépendants peuvent bénéficier d’une petite déduction spécifique. Il est important de noter que les résidents fiscaux ont généralement accès à plus de possibilités de déduction que les non-résidents.

En matière de taxes indirectes, Aruba applique une taxe sur le chiffre d’affaires (et divers prélèvements additionnels) qui s’apparente à une TVA, sans utiliser toujours ce terme. Elle pèse sur les biens et services vendus localement et se répercute sur les prix. Les droits d’importation, parfois élevés, complètent le tableau, de même que des taxes spécifiques sur les cigarettes, l’alcool, les carburants et un prélèvement de type taxe de séjour pour les touristes, qui impacte indirectement les prix des hébergements.

Bon à savoir :

La taxe foncière est progressive pour les résidents et proportionnelle pour les non-résidents et sociétés. Les acquisitions immobilières sont soumises à des droits de mutation (3% puis 6% selon la valeur), auxquels s’ajoutent les honoraires de notaire et d’agence. L’impôt sur la fortune et les droits de succession/donation ont été abrogés en 2018, mais les mutations immobilières restent assujetties aux droits de transfert.

Au niveau international, Aruba a mis en place des régimes d’incitation pour attirer certains investissements. Les entreprises implantées dans des zones franches peuvent se voir appliquer un taux d’impôt sur les sociétés très réduit (autour de 2 % dans certains cas), des exonérations sur certains revenus de participation ou des allégements de droits d’importation pour les biens d’équipement. Ces régimes sont encadrés et évoluent régulièrement pour rester compatibles avec les normes internationales de l’OCDE.

Pour l’expatrié, l’important est de comprendre que, sauf statut très spécifique, il sera imposé selon des barèmes progressifs significatifs, et devra éventuellement gérer une double obligation fiscale avec son pays d’origine en l’absence de convention de non double imposition. Une planification fiscale adaptée – sans chercher l’optimisation abusive – est donc recommandée, surtout pour les Américains, qui restent imposables aux États-Unis même en vivant définitivement à Aruba.

Environnement, sur-tourisme et vulnérabilités à long terme

Un autre volet à considérer sérieusement avant de s’établir à Aruba est la durabilité du modèle sur lequel repose l’île.

Tourisme de masse, croissance démographique rapide, urbanisation côte à côte avec des infrastructures critiques (hôtels, ports, centrales électriques, réseaux d’eau et d’égouts) : tout cela crée une pression forte sur un territoire minuscule, quasi dépourvu de terres arables, extrêmement dépendant des importations alimentaires et énergétiques.

Attention :

Les études révèlent une exposition élevée aux effets du changement climatique, incluant : chaleurs extrêmes plus fréquentes menaçant une population vieillissante, risques d’inondations localisées, érosion côtière, prolifération de sargasses nuisant au tourisme et aux écosystèmes, et pressions sur la ressource en eau douce déjà dépendante du dessalement.

Les récifs coralliens, qui génèrent directement une part importante des dépenses touristiques (plus de 20 % selon certaines estimations), ont vu leur couverture chuter de plus de la moitié en trois décennies. Les herbiers marins reculent, les mangroves – qui n’occupent qu’un peu plus d’un pour cent de la surface de l’île – sont fragmentées. Les dunes, très vulnérables aux constructions non planifiées et au passage des véhicules tout-terrain, s’érodent.

Bon à savoir :

Le gouvernement a mis en place un Conseil national pour la résilience climatique et planifie des actions de long terme. Celles-ci incluent la restauration des écosystèmes, la révision de l’urbanisme côtier, le renforcement de la sécurité énergétique et hydrique, la promotion des énergies renouvelables, l’accompagnement d’une agriculture « intelligente face au climat » et la diversification du tourisme vers des modèles durables. Un équilibre fragile subsiste malgré ces initiatives.

Pour un expatrié, ces enjeux ne sont pas seulement abstraits ou militants. Ils conditionnent l’agrément quotidien (nombre de jours de chaleur suffocante, qualité de l’eau de mer, présence d’algues sur les plages), la facture énergétique (climatisation plus fréquente, risques de coupures lors de pics de consommation), l’accès à certains services (infrastructures endommagées par des inondations, par exemple) et même la valeur d’un investissement immobilier situé en bord de mer à moyen ou long terme.

Vie sociale, loisirs, éducation : un cadre agréable mais limité

La vie à Aruba offre une palette d’activités de loisirs riche pour une île de cette taille : plage bien sûr, mais aussi snorkeling, plongée, kite-surf, paddle, randonnées dans le parc Arikok ou jusqu’au Hooiberg et ses centaines de marches, sorties bateau, soirées barbecue sur le sable, concerts dans les bars de plage comme Bugaloe ou MooMba, street art coloré à San Nicolas, découverte de la cuisine locale dans des adresses comme Zeerovers (poisson ultra frais), Nos Clubhuis (barbecue du dimanche) ou Local Store (plats locaux à des prix plus abordables).

Pour les amateurs de vie nocturne très urbanisée en revanche, l’offre reste limitée : peu de clubs, scène culturelle forcément plus restreinte qu’à New York, Montréal, Paris ou Amsterdam. L’île propose des festivals, un Carnaval réputé, des événements communautaires, mais l’animation reste à l’échelle d’une petite société insulaire.

Bon à savoir :

Le système éducatif public, inspiré du modèle néerlandais, est largement gratuit pour les résidents, mais l’enseignement se fait majoritairement en néerlandais à partir du secondaire, ce qui peut poser des difficultés d’intégration pour les enfants non néerlandophones. Des alternatives existent avec des écoles privées, confessionnelles et des établissements internationaux comme l’International School of Aruba, qui propose un cursus en anglais de la maternelle au lycée selon une approche américaine. Ces solutions, adaptées aux enfants d’expatriés, impliquent toutefois des frais de scolarité significatifs, pouvant dépasser 7 000 euros par an pour le primaire et être bien plus élevés pour le secondaire.

Dans l’enseignement supérieur, la principale institution est l’Université d’Aruba, qui offre des programmes en droit, gestion, tourisme, arts et sciences. Une partie non négligeable de la jeunesse locale part étudier à l’étranger, notamment aux Pays-Bas, aux États-Unis ou dans d’autres îles de la région, et ne revient pas toujours, créant un phénomène de fuite des cerveaux que les autorités tentent de freiner.

Pour l’expatrié avec des adolescents ou des jeunes adultes, il faut donc peser soigneusement les options disponibles, la langue d’enseignement et les perspectives à long terme. Une expatriation de quelques années pendant le primaire ou le début du secondaire sera plus simple à gérer qu’une installation durable avec un projet universitaire complet sur place.

Avantages et inconvénients : peser la balance avant de partir

Au terme de ce tour d’horizon, quelques lignes de force se dégagent clairement.

Du côté des avantages de l’expatriation à Aruba, on retrouve :

un environnement naturel spectaculaire, aux plages de niveau mondial, avec un climat ensoleillé et peu de risques d’ouragans ;

– un niveau de sécurité élevé, une atmosphère détendue, un sens de l’accueil régulièrement salué ;

– une société multiculturelle et multilingue, où anglais et espagnol sont très largement compris ;

– un système de santé solide pour la région, avec une assurance obligatoire intégrant les étrangers résidents ;

– un marché du travail dynamique dans le tourisme et les services, avec une demande récurrente pour certains profils ;

– une fiscalité attractive pour certaines entreprises ou investissements stratégiques ;

– une vie sociale tournée vers l’extérieur, la mer, les loisirs, favorisant un meilleur équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

Les inconvénients, eux, tiennent essentiellement à : les limitations de certaines fonctionnalités, le coût potentiel, et la nécessité de formation pour les utilisateurs.

Attention :

L’expatriation au Costa Rica présente plusieurs défis à considérer : un coût de la vie élevé (alimentation, logement, éducation), une économie vulnérable dépendante du tourisme, des procédures d’immigration strictes, la nécessité d’une voiture, un choc culturel lié au rythme de vie, des infrastructures urbaines limitées et une vulnérabilité croissante au changement climatique.

Au fond, Aruba n’est ni un paradis fiscal ni un simple resort à ciel ouvert. C’est une petite société complexe, à la fois prospère et fragile, très ouverte sur le monde mais soucieuse de protéger son tissu social et son marché du travail.

Astuce :

Pour certains profils, l’expatriation à Aruba peut offrir une qualité de vie exceptionnelle. Cela concerne notamment les retraités disposant de revenus stables, les télétravailleurs encadrés, les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie, les couples sans enfants ou les familles prêtes à assumer le coût de l’école internationale. La réussite de ce projet est conditionnée par un calibrage rigoureux du budget, le respect strict des règles d’immigration et un engagement sincère dans l’apprentissage des codes culturels et sociaux locaux.

Pour d’autres – jeunes familles avec budget serré, travailleurs espérant « trouver sur place » sans contrat ni plan clair, personnes cherchant avant tout la vie culturelle foisonnante d’une grande ville – l’île risque, passé l’enthousiasme initial, de révéler des limites difficiles à contourner.

Avant de faire ses valises, mieux vaut donc considérer Aruba non comme une utopie hors sol, mais comme ce qu’elle est réellement : une « One Happy Island » pour ceux qui y viennent en connaissance de cause, préparés financièrement, administrativement et mentalement à embrasser ses forces comme ses fragilités.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier à Aruba, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Caraïbes néerlandaises), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba, territoire du Royaume des Pays-Bas, pour son régime fiscal favorable aux résidents étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un environnement politique stable et une fiscalité attractive sur certains revenus mobiliers et immobiliers internationaux, combinant qualité de vie insulaire et sécurité juridique européenne. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR–NL/Aruba), obtention de la résidence (permis, preuve de revenus), couverture santé locale et complémentaire internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, immigration, comptables) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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