Soleil quasi permanent, stabilité politique, monnaie arrimée au dollar, fiscalité attractive, infrastructures modernes : à Aruba, l’idée de lancer son activité séduit de plus en plus d’expatriés. Mais s’installer sur une petite île des Caraïbes pour y bâtir un business suppose de comprendre un cadre juridique inspiré du droit néerlandais, un marché local réduit mais solvable, et des procédures administratives très spécifiques.
Ce guide couvre l’essentiel pour un entrepreneur étranger : l’environnement économique, le choix de la structure juridique, les licences nécessaires, la fiscalité, le coût de la vie et d’exploitation, l’ouverture de compte bancaire, les démarches d’immigration, le marché immobilier professionnel, ainsi que les aides et réseaux disponibles.
Comprendre l’écosystème économique et juridique d’Aruba
Aruba est un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas, avec sa propre constitution, son gouvernement et sa monnaie, le florin arubais (AWG), indexé à 1,79 AWG pour 1 USD. Le dollar américain circule d’ailleurs largement dans les transactions du quotidien, ce qui simplifie la vie de nombreux investisseurs étrangers.
Le système juridique repose sur le droit civil néerlandais. Concrètement, cela signifie des règles d’entreprise proches de celles des Pays-Bas, avec une forte structuration des formes sociales, un registre du commerce obligatoire, et un encadrement rigoureux des comptes annuels, tout en restant relativement lisible pour un investisseur international.
C’est le nombre de nouvelles sociétés enregistrées à la Chambre de Commerce d’Aruba en 2023, soit une augmentation de près de 13% par rapport à 2022.
Un petit marché local, mais une place stratégique
Avec un peu plus de 100 000 habitants, le marché domestique est réduit, mais le pouvoir d’achat est élevé pour la région et Aruba est considérée comme une économie à revenu élevé par la Banque mondiale. La forte affluence touristique – environ 2 millions de visiteurs par an en séjour et croisière – crée un marché élargi pour la restauration, l’hébergement, les loisirs, les services aux touristes, mais aussi pour l’immobilier, la construction ou certains services B2B.
L’île d’Aruba bénéficie d’une position géographique stratégique entre l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et l’Europe. Grâce à son statut de territoire d’outre-mer du Royaume des Pays-Bas, elle dispose d’accords de préférence commerciale permettant à certaines exportations de bénéficier de droits de douane réduits vers l’Union européenne et les États-Unis. Cela en fait une plateforme potentiellement intéressante pour un entrepreneur visant l’exportation de services ou de biens à forte valeur ajoutée.
Les secteurs prioritaires et les tendances de fond
Les autorités ont identifié plusieurs « secteurs prometteurs » pour diversifier l’économie au-delà du tout-tourisme : tourisme (dans une logique haut de gamme et durable), économie de la connaissance, agriculture et production locale, logistique, économie circulaire, industries créatives, technologie, services financiers, énergies renouvelables.
L’Aruba Tourism Authority pousse un modèle de tourisme « haute valeur, faible impact », avec un accent sur les niches éco-responsables, bien-être, gastronomie, mariages. Parallèlement, la stratégie de long terme prévoit de développer des solutions insulaires durables exportables (énergie, gestion de l’eau, gestion des déchets), des services de santé (tourisme médical), et des industries créatives (design, arts, audiovisuel, gastronomie).
Pour un expatrié, les opportunités sont donc loin de se limiter aux bars de plage et aux tours en bateau. Un profil orienté tech, finance, développement durable, e-commerce, consulting ou santé peut trouver sa place, à condition de bien cadrer son projet dans les priorités de diversification économique.
Statuts juridiques : choisir la bonne structure quand on est étranger
Le droit arubais propose une palette de formes juridiques très française ou néerlandaise dans l’esprit : entreprise individuelle, sociétés de personnes, sociétés de capitaux, fondations, associations.
Pour un expatrié, trois structures sortent clairement du lot pour un projet à visée commerciale : la N.V. (Naamloze Vennootschap), la V.B.A. (Vennootschap met Beperkte Aansprakelijkheid) et, dans une moindre mesure, la succursale d’une société étrangère.
N.V. : la « société anonyme » locale pour projets d’envergure
La N.V. est une société de capitaux destinée aux entreprises de taille moyenne ou grande, avec un actionnariat potentiellement dispersé. Ses caractéristiques clés :
– au moins deux actionnaires (personnes physiques ou morales, sans exigence de résidence ou de nationalité)
– au moins un administrateur (personne ou société)
– responsabilité limitée au montant des apports
– actions seulement nominatives depuis 2012
– pas d’exigence de capital minimum depuis la réforme de 2021, même si la pratique historique tournait autour de 50 000 AWG de capital autorisé
La constitution d’une société anonyme (N.V.) requiert un acte notarié devant un notaire de droit civil, suivie de son immatriculation au registre du commerce de la Chambre de Commerce. Elle doit également obtenir une licence d’établissement commercial auprès du Département des Affaires Économiques, du Commerce et de l’Industrie (DEACI).
Ce format convient bien à des projets capitalistiques (hôtellerie, grande distribution, industrie, projets immobiliers, holdings) ou à des structures destinées à accueillir des investisseurs multiples.
V.B.A. : la société à responsabilité limitée flexible pour PME et entrepreneurs
La V.B.A. est l’équivalent local de la société à responsabilité limitée, pensée pour les entreprises de taille réduite, à actionnariat fermé, qui recherchent de la souplesse dans l’organisation.
Ses atouts pour un expatrié :
– un seul fondateur possible (personne ou société)
– pas de capital minimum légal
– responsabilité limitée
– gouvernance très flexible : les statuts peuvent ajuster le rôle des associés, des administrateurs, les modalités de cession de parts, etc.
– possibilité de choisir un régime fiscal « transparent » dans le mois qui suit l’immatriculation, ce qui peut être intéressant dans certaines structurations internationales
En contrepartie, la V.B.A. impose au moins un administrateur ou représentant légal résidant à Aruba. Si ce n’est pas un dirigeant personne physique résidente, il faut passer par une société locale agréée comme prestataire fiduciaire (souvent une N.V. de trust).
Pour répondre à l’exigence de présence locale, qui constitue une contrainte mais aussi une garantie de substance fiscale, une société peut par exemple recourir à un associé-expatrié ayant acquis le statut de résident fiscal dans le pays, ou bien nommer un administrateur professionnel local pour remplir ce rôle.
Entreprise individuelle et sociétés de personnes : réservées aux « locaux »
L’entreprise individuelle et la société en nom collectif sont, en théorie, très simples, mais pratiquement réservées aux « locaux » ou assimilés. Pour être dispensé de licence d’établissement en entreprise individuelle, il faut être un adulte de nationalité néerlandaise né à Aruba.
Un étranger peut parfois être reconnu comme « assimilé à un local » après de longues années de résidence, ou via des liens familiaux (mariage, filiation). Mais ce chemin ne concerne qu’une minorité d’expatriés.
En pratique, un entrepreneur étranger choisira donc presque toujours une V.B.A. ou une N.V.
Fondation privée (Stichting Particulier Fonds) : pour la protection de patrimoine
À côté des structures commerciales, Aruba propose la fondation privée, très utilisée pour la structuration patrimoniale, l’asset protection et la planification successorale. Elle n’a pas d’actionnaires, mais un conseil d’administration ; elle peut détenir des participations, de l’immobilier ou des portefeuilles financiers.
Pour un expatrié fortuné ou un chef d’entreprise qui veut dissocier propriété et gestion, ou préparer une transmission, c’est un outil à considérer avec un conseil spécialisé.
Enregistrer sa société : démarches, coûts et délais
Toutes les entreprises qui opèrent à Aruba doivent s’enregistrer à la Chambre de Commerce (KvK) dans la semaine qui suit le début de leur activité commerciale. Pour une V.B.A. ou une N.V., cette immatriculation fait suite à la constitution par acte notarié.
Les principales étapes
1. Choisir la forme juridique (V.B.A., N.V., succursale) en fonction du projet, du nombre d’associés, du capital, des besoins fiscaux. 2. Vérifier la disponibilité du nom commercial sur le registre en ligne de la Chambre. 3. Rédiger les statuts avec un notaire local (en néerlandais, parfois en anglais ou papiamento pour une V.B.A.). 4. Signer l’acte de constitution chez le notaire (ou par procuration avec une procuration apostillée). 5. Immatriculer la société au registre du commerce : obtention d’un numéro d’enregistrement. 6. Demander un numéro d’identification fiscale (TIN) auprès de l’administration fiscale. 7. Déposer les demandes de licences requises (licence d’établissement, licence de directeur, licences sectorielles). 8. Ouvrir un compte bancaire professionnel local.
Bien que certains prestataires annoncent une immatriculation en quelques jours pour des structures simples, les démarches pratiques (actes notariés, demandes de licence, ouverture de compte bancaire) nécessitent généralement un délai de 2 à 4 semaines pour que l’entreprise soit pleinement opérationnelle.
Documents typiquement requis
Pour l’immatriculation et les licences, un expatrié devra fournir :
Liste des pièces justificatives essentielles à fournir pour l’immatriculation d’une entreprise en France.
Passeport en cours de validité et, éventuellement, un extrait de registre d’état civil (ou équivalent).
Un justificatif de domicile récent du représentant légal de la société.
Description de l’activité projetée et, souvent, un business plan détaillé.
Les statuts signés de la société, établis conformément à la loi.
Preuve de l’adresse professionnelle (bail, acte d’achat, attestation du propriétaire).
Un extrait Kbis ou équivalent si un actionnaire est une personne morale étrangère.
La Chambre de Commerce permet de suivre et modifier gratuitement les données de la société via un compte « MyChamber » ; les mises à jour sont censées être traitées en moins de 36 heures.
Tarifs de la Chambre de Commerce
Les frais d’enregistrement et la cotisation annuelle dépendent du capital investi. Le tableau ci-dessous donne un aperçu des principaux paliers, en florins arubais (AWG) :
| Tranche de capital déclaré (AWG) | Frais d’inscription initiaux (AWG) | Cotisation annuelle (AWG) |
|---|---|---|
| 0 – 25 000 | 96 | 96 |
| 25 001 – 50 000 | 120 | 120 |
| 50 001 – 100 000 | 165 | 156 |
| 100 001 – 200 000 | 210 | 175 |
| 200 001 – 500 000 | 350 | 245 |
| 500 001 – 1 000 000 | 700 | 280 |
| 1 000 001 – 2 000 000 | 1 500 | 600 |
| 2 000 001 – 3 000 000 | 1 500 | 750 |
| 3 000 001 – 4 000 000 | 1 500 | 900 |
| 4 000 001 – 5 000 000 | 1 500 | 1 125 |
| 5 000 001 et plus | 1 500 | 1 275 |
À cela s’ajoutent les honoraires du notaire pour la rédaction des statuts (en général 200 à 500 USD), et les frais de constitution facturés par les cabinets spécialisés, souvent compris entre 1 200 et 2 500 USD selon la complexité.
Licences et autorisations : le véritable nerf de la guerre
Le simple enregistrement au registre du commerce ne suffit pas : pour démarrer, il faut une licence d’établissement commercial, et, pour la plupart des administrateurs étrangers, une licence de directeur.
Licence d’établissement commercial
Le principe est simple : presque toute activité économique doit obtenir l’aval du ministre de l’Économie, via le DEACI. Seules certaines entreprises individuelles et sociétés de personnes détenues à 100 % par des Arubais nés sur place y échappent.
La Chambre de Commerce joue un rôle consultatif déterminant : elle émet un avis – favorable ou non – sur chaque demande, à partir de lignes directrices actualisées en 2022. Parmi les critères :
Investir à La Réunion contribue au développement durable de l’île et a un impact positif sur l’économie réelle et sa diversification. Cela renforce l’entrepreneuriat local et s’inscrit dans un secteur non saturé, certains domaines étant même sous moratoire. Une participation capitalistique locale est favorisée : la Chambre de Commerce donne en principe un avis positif si au moins 60% des parts sont détenues par des résidents locaux ou assimilés.
Pour les sociétés majoritairement détenues par des non-locaux, la bienveillance est limitée à des cas précis : projets touristiques de grande ampleur, industrie de transformation capitalistique, projets créateurs d’emplois significatifs, prestations très spécialisées non disponibles localement, etc.
Les frais de dossier pour une licence d’établissement sont de l’ordre de 400 AWG par société. Un droit de confirmation est à régler à la délivrance.
Licence de directeur pour les administrateurs étrangers
Être administrateur d’une société arubaise n’est pas anodin pour un expatrié : si vous n’êtes pas né à Aruba, même avec un passeport néerlandais, une licence de directeur est nécessaire.
Ce permis est plus facilement accordé aux personnes considérées comme « assimilées à des locaux » (longue résidence, liens familiaux). Pour les étrangers « totalement non locaux », il n’est souvent octroyé que sous certaines conditions.
Conditions d’obtention du permis
– investissement substantiel (au moins 500 000 AWG par licence)
– activités complexes demandant un savoir-faire absent sur l’île
– sociétés de holding, immobilières ou purement offshore avec co-direction locale
Un cabinet juridique local peut vous aider à positionner votre dossier dans l’une de ces catégories, ou à structurer un tandem avec un co-directeur local.
Fiscalité : un régime attractif, mais technique
Aruba a bâti une partie de son attractivité sur une fiscalité des sociétés compétitive et une panoplie de régimes préférentiels encadrés par les standards de l’OCDE.
Impôt sur les sociétés et régimes spéciaux
Le taux nominal de l’impôt sur les bénéfices des sociétés est de 22 %. Les entreprises résidentes sont imposées sur leurs revenus mondiaux, les non-résidentes seulement sur leurs revenus de source arubaise via un établissement stable, des biens immobiliers locaux ou des prêts hypothécaires sur de l’immobilier arubais.
Plusieurs régimes permettent de réduire fortement ce taux effectif :
Présentation des principaux statuts fiscaux pour les entreprises à Aruba, offrant des avantages spécifiques selon l’activité et la localisation.
Entreprises installées dans des zones dédiées (ex : Oranjestad, Barcadera). Taux d’impôt sur les bénéfices de 2% pour les activités éligibles, avec exemption des droits d’importation et de la taxe sur le chiffre d’affaires pour les biens destinés à l’export.
Pour des activités définies (hôtellerie, shipping, aviation, énergies renouvelables, certaines activités financières, centres de réhabilitation, tourisme médical, start-up technologiques). Taux allégé de 10% et exonération de retenue à la source sur les dividendes.
Certains véhicules historiques (sociétés exemptes, sociétés IPC) bénéficient encore de régimes de faveur transitoires. Ces régimes sont fermés aux nouvelles structures et appelés à disparaître.
Les dividendes versés par une société résidente sont en principe soumis à une retenue de 10 %. Celle-ci peut être ramenée à 0 % dans plusieurs cas (dividendes intragroupe exonérés, structures pétrolières, holdings résidentes), à 5 % ou 7,5 % selon les conventions ou le cadre du Royaume.
Fiscalité personnelle des expatriés
Aruba applique un impôt sur le revenu progressif, avec un seuil exonéré autour de 30 000 AWG. Les taux montent ensuite par tranches jusqu’à au-delà de 50 %, même si les barèmes ont évolué au fil des années.
Pour les cadres étrangers très qualifiés, un régime d’expatrié permet, sous conditions et sur demande de l’employeur, d’exonérer une partie des indemnités liées à l’expatriation (logement, scolarité, frais d’installation). Ce régime est accessible à partir d’un certain niveau de rémunération annuelle (environ 150 000 AWG) et est applicable pour une durée maximale de cinq ans.
Côté indirect, Aruba ne dispose pas de TVA au sens européen, mais d’un ensemble de taxes sur le chiffre d’affaires (BBO, BAZV, BAVP) représentant en cumulé environ 7 à 9 % sur la plupart des biens et services, avec des exemptions pour l’export, certains services financiers, les loyers immobiliers, etc.
Impôts sur l’immobilier, les transactions et les flux internationaux
L’immobilier fait l’objet : évaluations, investissements, transactions et réglementations. Il occupe une place centrale dans l’économie, influençant divers secteurs tels que la finance, la construction et l’urbanisme. Les enjeux liés à l’immobilier sont multiples, allant de la propriété à la location, en passant par la valorisation des actifs.
– d’une taxe de transfert de 6 % sur le prix d’achat
– d’un impôt foncier annuel autour de 0,4 % de la valeur pour les particuliers résidents (taux modulé) et 0,6 % pour les non-résidents et les sociétés
Les importations de biens sont soumises à des droits de douane pouvant aller jusqu’à 62 %, avec un taux médian proche de 12 %. Certains produits « verts » bénéficient de droits réduits à 2 %, et les zones franches permettent d’échapper à la plupart de ces charges pour les biens destinés à la réexportation.
Les flux financiers internationaux sont encadrés par une commission de change de 1,3 % prélevée par les banques sur certains paiements de résidents vers l’étranger, au profit de la Banque centrale. C’est un élément à prendre en compte pour une structure très tournée vers l’international.
Coût de la vie et coûts de fonctionnement : anticiper le budget
Créer une entreprise sur une île importatrice comme Aruba signifie dompter un coût de la vie élevé, des loyers commerciaux significatifs et des charges d’exploitation influencées par l’énergie, l’eau et la fiscalité sociale.
Coût de la vie pour l’expatrié-entrepreneur
Les études comparatives indiquent que, hors logement, le coût de la vie à Aruba est autour de 15 % plus élevé que la moyenne des États‑Unis, mais le logement se révèle souvent moins cher qu’à New York ou Toronto, ce qui rééquilibre le budget global.
Les estimations évoquent :
– environ 7 900 AWG par mois pour une famille de quatre personnes
– autour de 3 600 AWG pour une personne seule, hors loyer
Les loyers résidentiels pour un expatrié se situent typiquement dans les fourchettes suivantes :
| Type de logement (mensuel) | Loyer approximatif (AWG) |
|---|---|
| Studio 45 m² meublé – quartier « normal » | ~ 1 250 |
| Studio 45 m² meublé – quartier « cher » | ~ 1 850 |
| Appartement 85 m² meublé – quartier « normal » | ~ 1 800 |
| Appartement 85 m² meublé – quartier « cher » | ~ 2 500 |
| Maison 4 chambres (selon zone / standing) | jusqu’à ~ 3 500 – 4 000 |
L’alimentation est globalement plus chère (la plupart des denrées sont importées), de l’ordre de 5 à 13 % de plus qu’aux États‑Unis selon les produits, tandis que la restauration hors domicile peut être légèrement moins coûteuse.
Coût mensuel en AWG des services essentiels pour un logement standard de 80–90 m², selon l’utilisation de la climatisation.
Coût de l’immobilier commercial
Le marché de l’immobilier professionnel présente une variété d’options, avec des loyers souvent exprimés en florins par mètre carré. Quelques exemples tirés des annonces récentes :
| Localisation / type | Surface approx. | Loyer annoncé |
|---|---|---|
| Bureau Paardenbaaistraat (Oranjestad) | 320 m² | ~ 5 898 USD / 10 498 AWG |
| Bureau Rumbastraat (Oranjestad) | 150 m² | ~ 2 528 USD / 4 500 AWG |
| Immeuble Caya G.F. Betico Croes (centre) | RDC 1 281 m² | 15 USD/m² (~ 27 AWG/m²) |
| Immeuble Caya Ernesto Petronia 21-C | 566 m² (3 étages) | 39 AWG/m² |
| Bureau générique Oranjestad | — | 22 USD/m² (~ 39 AWG/m²) |
En moyenne, les loyers commerciaux se situent autour de 25 AWG/m² pour des surfaces standard, mais les emplacements premium en centre-ville ou à proximité des zones touristiques peuvent monter beaucoup plus haut. Les baux incluent généralement un dépôt de garantie équivalent à deux mois de loyer, et les charges (eau, électricité, climatisation) sont en sus.
L’électricité est fournie par N.V. Elmar, avec des tarifs spécifiques pour les petites et grandes entreprises. À titre d’ordre de grandeur :
– abonnement « petit commerce » : forfait 75 AWG + environ 0,53 AWG/kWh
– abonnement « gros consommateur » : environ 0,51 AWG/kWh, plus une redevance fixe par kVA de puissance
Coût en florins arubais par mètre cube de l’eau produite par dessalement pour les usages commerciaux.
Côté charges sociales, plusieurs contributions obligatoires s’appliquent :
| Cotisation / assurance | Taux indicatif | À la charge de |
|---|---|---|
| AOV/AWW (retraite / veuvage-orphelins) salariés | 13,5 % du salaire (4 % salarié, 9,5 % employeur) | Salarié + employeur |
| AOV/AWW indépendants | 13,5 % | Indépendant |
| Assurance maladie – indemnités de salaire | 2,65 % du salaire (jusqu’à 54 600 AWG) | Employeur |
| Assurance accidents du travail (OV) | 0,25 % à 2,5 % (plafonné) | Employeur |
Ces prélèvements s’ajoutent aux salaires, qui ont tendance à augmenter en raison d’un marché du travail tendu et de nombreux postes vacants, notamment dans le tourisme et les services.
Banque et financement : un système stable mais exigeant
La place financière arubaise est petite mais solidement réglementée. La Banque centrale d’Aruba supervise les établissements bancaires, qui appliquent des standards stricts en matière de lutte contre le blanchiment et de connaissance client.
Ouvrir un compte bancaire professionnel
Les banques locales – Aruba Bank, Caribbean Mercantile Bank, Banco di Caribe, RBC Royal Bank, CIBC FirstCaribbean, Scotiabank, Citibank, Santander – proposent des comptes multidevises (AWG, USD, EUR) avec services de base (cartes, virements SWIFT, banque en ligne).
Pour un expatrié, l’ouverture d’un compte professionnel demande :
Les étapes et documents nécessaires pour ouvrir un compte bancaire professionnel en France.
Un rendez-vous physique en agence est requis dans la plupart des cas.
Le traitement de la demande prend généralement entre 2 et 4 semaines.
Extrait d’immatriculation (Kbis), statuts de la société, pièces d’identité et justificatifs de domicile pour tous les signataires.
Numéro d’identification fiscale (TIN), et parfois un business plan ainsi que des références bancaires.
Il est nécessaire de pouvoir justifier de la provenance des fonds déposés.
Certains prestataires digitaux (Jetonbank, The Kingdom Bank) ou néobanques (Wise, Revolut) peuvent compléter cet arsenal pour la gestion multi-devises et les paiements internationaux, mais n’évitent pas la nécessité d’un compte local pour le paiement des salaires, des factures locales ou des taxes.
Un point de vigilance : de nombreux entrepreneurs locaux choisissent de délocaliser une partie de leur trésorerie sur des comptes hors d’Aruba (Curaçao, États‑Unis) en raison de frais bancaires locaux jugés élevés, notamment sur les virements internationaux et les changes.
Immobilier résidentiel et professionnel : posséder, louer, investir
Pour un expatrié, l’immobilier joue souvent un double rôle : se loger, mais aussi héberger son activité, voire servir de support à une demande de résidence.
Propriété étrangère : liberté quasi totale
Aruba ne restreint pas l’accès à la propriété aux étrangers. Un non‑résident peut acheter un appartement, une villa, un local commercial ou un terrain en pleine propriété, sans taxe spécifique « étrangère ».
Le processus d’acquisition passe par un notaire de droit civil, qui rédige l’acte de transfert, réalise les vérifications de titre et enregistre la transaction. Les coûts de transaction pour l’acheteur se décomposent approximativement comme suit :
| Poste de coût | Pourcentage indicatif du prix |
|---|---|
| Taxe de transfert | 6 % |
| Honoraires de notaire | 1 à 2 % |
| Droits d’enregistrement | 0,4 % |
S’y ajoutent les commissions d’agence (fréquemment 5 à 6 %, généralement payées par le vendeur), et, une fois propriétaire, l’impôt foncier annuel (environ 0,4 % de la valeur).
Pour un entrepreneur, l’achat de locaux commerciaux peut avoir du sens dans un contexte de loyers soutenus, à condition de disposer des fonds propres nécessaires ou d’un financement : les banques locales prêtent aux non‑résidents, mais exigent souvent un apport de 30 à 40 %.
Immobilier et résidence d’investisseur
Posséder un bien d’au moins 200 000 USD à Aruba peut soutenir une demande de résidence pour investisseur. Ce seuil n’entraîne pas un titre de séjour automatique, mais il est l’une des principales voies d’accès pour un expatrié qui veut s’installer durablement sans contrat de travail local.
Montant minimum d’investissement dans un business local pour obtenir un permis de résidence, avec des délais de traitement généralement compris entre 3 et 6 mois.
Les propriétaires étrangers peuvent séjourner jusqu’à 180 jours par an sur l’île sans formaliser de résidence, ce qui est intéressant pour un entrepreneur qui pilote une activité à distance ou en mode semi-résident.
Immigration, permis de travail et résidence pour entrepreneurs
Dès que l’on sort du court séjour touristique, la création d’entreprise se mêle aux enjeux de permis de séjour et de travail.
Court séjour et télétravail
Pour les ressortissants de nombreux pays occidentaux (États‑Unis, Canada, Union européenne), un séjour de courte durée (30 à 90 jours selon la nationalité) est possible sans visa, avec passeport valide, billet retour et formulaire ED en ligne approuvé. Un programme spécifique, « One Happy Workation », permet à certains télétravailleurs de rester jusqu’à 90 jours en travaillant à distance pour un employeur ou une société enregistrée à l’étranger. Ce n’est pas un visa de travail local : il est interdit de fournir des prestations à des entités arubaise dans ce cadre.
Travailler ou entreprendre localement
Pour exercer une activité professionnelle à Aruba (salariat ou entrepreneuriat local), la règle est claire : il faut un permis de séjour délivré par la DIMAS, et, pour les salariés étrangers, un permis de travail. Ce dernier est généralement demandé par un employeur local, qui doit démontrer qu’aucun Arubais ne peut remplir le poste.
Pour l’entrepreneur qui crée sa propre entité, la situation est plus nuancée. En pratique, deux approches existent :
Pour établir votre activité au Portugal, deux approches sont possibles. La première consiste à créer d’abord la structure juridique (société V.B.A. ou N.V.) avec l’aide d’un prestataire local et d’un administrateur résident, puis à déposer une demande de résidence pour investisseur ou entrepreneur, en s’appuyant sur le plan d’affaires et l’investissement réalisé. La seconde, réservée à certains profils (retraités de plus de 55 ans, télétravailleurs, investisseurs immobiliers), permet d’obtenir d’abord un titre de séjour temporaire, avant de structurer son activité économique dans un second temps.
Après cinq années de résidence légale ininterrompue (dans certaines limites d’absence), un résident étranger peut demander un permis de résidence permanente. Au bout de dix ans, et sous réserve de réussite à un test de langue néerlandaise et d’intégration, l’accès à la nationalité néerlandaise (et donc au statut d’Arubais) est envisageable, avec, en principe, renonciation à la citoyenneté d’origine.
Aides, accompagnement et réseaux : ne pas entreprendre seul
Un des points forts de l’écosystème arubais est l’existence de relais institutionnels et associatifs pour guider les créateurs d’entreprise – y compris étrangers.
Chambre de Commerce : porte d’entrée des entrepreneurs
La Chambre de Commerce d’Aruba joue un rôle central :
Découvrez une gamme complète de services conçus pour soutenir les entrepreneurs à chaque étape de leur projet, de la conception à la croissance.
Procédure d’enregistrement légal pour toutes les entreprises, assurant une création en conformité avec la réglementation.
Bénéficiez de conseils sur mesure, gratuits, pour les porteurs de projets locaux ou internationaux.
Formation en ligne de quatre mois couvrant le business plan, la finance, le marketing, les aspects juridiques, fiscaux et les opérations.
Participez à des conférences, ateliers et événements, souvent gratuits ou à coût modéré, pour vous informer et réseauter.
Mettez à disposition des salles pour vos réunions, formations ou présentations dans un cadre professionnel.
Obtenez de l’aide pour comprendre et naviguer dans les lignes directrices relatives aux licences d’établissement.
Pour un expatrié, programmer dès l’amont un rendez-vous (même en visio) avec la Chambre permet de clarifier les points de droit, de vérifier si le secteur envisagé est soumis à moratoire, et de valider la faisabilité réglementaire du projet.
Associations professionnelles et services privés
L’Aruba Trade and Industry Association (ATIA) est la principale organisation patronale. Elle propose : les services aux entreprises, la défense des intérêts des membres et la promotion du secteur privé.
– formations et ateliers via un centre de formation dédié
– espaces de réunion en location
– plaidoyer auprès des autorités sur les sujets qui touchent les entreprises (licences, délai administratifs, accès au financement)
À côté de ces structures, de nombreux prestataires privés offrent des services dédiés aux expatriés :
– cabinets juridiques spécialisés (comme Manimama, VANEPS, cabinets fiscaux internationaux)
– sociétés de corporate services pour la création et l’administration de sociétés, la domiciliation, la fonction de directeur résident
– agences comme Aruba Living Today, qui accompagnent les expatriés dans la recherche de logement, les démarches administratives, les assurances, la scolarité
S’intégrer à ces réseaux, participer aux événements et s’adosser à des professionnels habitués à travailler avec des non‑résidents permet de gagner du temps, mais aussi de crédibiliser son dossier auprès des administrations.
Quelques angles stratégiques pour un expatrié-entrepreneur à Aruba
À la lumière de ces éléments, certains positionnements apparaissent particulièrement pertinents pour un créateur étranger.
Un business orienté tourisme durable ou expériences haut de gamme ciblées (bien‑être, gastronomie, séjours thématiques) s’inscrit directement dans la stratégie officielle du pays. Un projet de services B2B aux acteurs touristiques (digitalisation, marketing, conseil en durabilité, formation) répond également à un besoin croissant.
L’île peut développer son économie en se tournant vers les services numériques comme le développement logiciel, la cybersécurité, la data et le BPO spécialisé. Cette orientation bénéficie d’une main-d’œuvre plurilingue, d’infrastructures internet modernes et d’une stabilité juridique. Le marché cible principal se situe en dehors de l’île.
Les projets dans l’agriculture durable, l’aquaponie, la transformation alimentaire locale ou la logistique verte ont le vent en poupe, car ils contribuent à réduire la dépendance importatrice et à renforcer la souveraineté alimentaire.
Enfin, pour un profil patrimonial, combiner immobilier touristique (locatif court terme, résidences de vacances) et structure de holding ou fondation privée permet de structurer un portefeuille d’actifs sous un cadre fiscal stable et reconnu internationalement.
Conclusion : Aruba, une île attractive, mais exigeante
Créer son entreprise à Aruba quand on est expatrié, ce n’est pas seulement « monter un bar sur la plage ». C’est entrer dans un environnement :
– politiquement stable
– juridiquement sophistiqué, d’inspiration néerlandaise
– fiscalement compétitif, mais surveillé et aligné sur les standards OCDE
– économiquement dynamique, mais fortement dépendant du tourisme
– administrativement encadré par un système de licences qui favorise l’entrepreneuriat local et les investissements utiles
Pour prospérer, un projet doit être bien pensé et aligné avec les secteurs prioritaires du pays. Il nécessite généralement un capital minimum, souvent autour de 200 000 à 250 000 USD pour les programmes de résidence par investissement. L’engagement personnel de l’entrepreneur, prêt à s’immerger dans l’économie locale, est également un facteur déterminant.
La clef, pour un expatrié, sera de préparer en amont trois chantiers : structure juridique et fiscale, licences et immigration, modèle économique réaliste tenant compte du coût de la vie et des charges d’exploitation. Le tout en s’entourant de partenaires locaux – juristes, fiscalistes, agents immobiliers, Chambre de Commerce, associations professionnelles – pour transformer « One Happy Island » en une base solide pour son aventure entrepreneuriale internationale.
Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société à Aruba pour optimiser sa fiscalité internationale et développer une activité de holding d’investissements ou de services numériques liés au tourisme (réservation, conciergerie, marketing digital hôtelier).
Budget alloué : 50000 à 100000 €, couvrant capital initial, frais de création, conseil local et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs juridictions « soleil » (Panama, Émirats, Aruba), la stratégie retenue a consisté à opter pour une société à responsabilité limitée locale bénéficiant du régime de zone économique spéciale (taux effectif d’imposition réduit et fiscalité avantageuse sur les dividendes), combinant stabilité politique, monnaie liée au dollar US et accès facilité aux marchés américains. La mission a inclus : choix du secteur (tourisme, IT, gestion d’actifs), rédaction bilingue des statuts, ouverture de compte bancaire à Aruba, enregistrement auprès des autorités locales, obtention du numéro fiscal, mise en relation avec un réseau sur place (avocat, comptable, société de domiciliation ~3000 €/an) et définition de la gouvernance (gérant résident à Aruba ou non-résident avec représentant local).
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