S’installer à l’international en tant qu’entrepreneur, c’est toujours un pari. Mais en Slovénie, ce pari se joue dans un environnement étonnamment favorable : économie stable, administration numérisée, écosystème startup dense, fiscalité incitative et qualité de vie rarement égalée en Europe. Pour un expatrié, le pays combine sérieux économique, taille humaine et ouverture sur tout le marché de l’Union européenne.
Ce guide opérationnel détaille les étapes et aspects essentiels pour un entrepreneur étranger : analyse de l’environnement économique, choix de la structure juridique, démarches administratives, fiscalité, recherche de financements, identification des secteurs porteurs, obtention des permis de séjour et de travail, ainsi que des aspects pratiques comme l’ouverture d’un compte bancaire, la gestion comptable et l’évaluation du coût de la vie.
Pourquoi la Slovénie attire de plus en plus d’entrepreneurs étrangers
La Slovénie coche un nombre inhabituel de cases pour un pays de 2,1 millions d’habitants. Située en Europe centrale, à la croisée de l’Italie, de l’Autriche, de la Croatie et de la Hongrie, elle offre un accès direct au marché unique européen et à l’espace Schengen, avec l’euro comme monnaie officielle et sans contrôle de change. Les capitaux circulent librement, les comptes peuvent être tenus dans la devise de son choix et les bénéfices sont librement rapatriables.
La hausse annuelle du PIB a frôlé les 5 % lors des années de forte poussée des startups, illustrant l’impact du développement entrepreneurial.
Cette stratégie n’est pas que déclarative. L’État a mis en place un arsenal de mesures : simplification massive des démarches (portail SPOT, enregistrement gratuit en ligne pour les formes simples), création d’un registre officiel des startups, plan d’action national « Slovenia, The Land of Innovative Startup Enterprises », groupe interministériel dédié à lever les freins identifiés par la communauté entrepreneuriale et digitalisation des procédures (eBDP pour le recrutement, portail STOP Bureaucracy pour signaler les blocages administratifs).
La Slovénie est classée parmi les pays les plus sûrs au monde (8ᵉ au Global Peace Index 2019). De plus, sa capitale Ljubljana a été capitale verte européenne et le pays a été désigné comme le plus durable du monde par National Geographic Traveler. Ces atouts immatériels offrent une équation rare pour un expatrié souhaitant concilier projet professionnel, vie de famille et qualité de vie.
Comprendre l’écosystème entrepreneurial slovène
La Slovénie est souvent décrite comme un écosystème « compact » : tout est proche, les acteurs se connaissent, les réseaux sont denses. Cette taille modeste se transforme en avantage : les contacts sont rapides, les mentors accessibles, les rendez-vous avec banques, investisseurs, incubateurs ou administrations peuvent s’enchaîner sur quelques jours.
La scène startup slovène s’est structurée grâce à des acteurs clés offrant soutien, financement et accompagnement.
Coaching, mentorat, accès aux investisseurs et espaces de travail sont proposés par des structures comme l’ABC Accelerator, le Start-Up Incubator de l’Université de Ljubljana et l’incubateur de l’Université de Maribor.
Fonds et business angels, tels que Silicon Gardens et le Slovene Enterprise Fund (SEF), interviennent en amorçage, obligations convertibles et co-investissement.
La coopération avec le monde académique est forte, notamment via des programmes comme le Strategic Development‑Innovation Partnership (SDIP) qui finance des projets collaboratifs entre entreprises, universités et instituts de recherche. Des projets concrets ont ainsi bénéficié de plusieurs millions d’euros, par exemple sur la 5G ou les plateformes publicitaires basées sur l’IA.
Les événements structurants ne manquent pas : la conférence PODIM, par exemple, connecte chaque année startups locales et investisseurs internationaux, pendant que le forum « 100 % Start:up » rassemble l’ensemble des acteurs publics et privés de l’écosystème pour aligner financements, accompagnement et politiques publiques.
Objectif résidence et business : quelles voies pour un expatrié ?
Pour un entrepreneur non‑européen, la question clé n’est pas uniquement de créer une société, mais de pouvoir vivre légalement sur place et y travailler. Le cadre slovène distingue donc clairement plusieurs situations.
Pour les ressortissants de pays tiers, l’installation entrepreneuriale suit trois étapes : l’obtention d’un visa d’entrée (souvent à entrées multiples), la création de la société, puis la demande d’un permis unique de séjour et de travail. Ce permis unique fusionne l’autorisation de travail et le titre de séjour en une seule demande, instruite par une unité administrative qui sollicite automatiquement l’avis du service de l’emploi (ZRSZ).
Plusieurs types de permis sont spécifiquement adaptés aux projets business : permis de travail pour représentant étranger (directeur ou fondé de pouvoir), permis d’emploi pour actionnaire majoritaire (au moins 51 % des parts) avec dispense de test du marché du travail, ou encore permis personnel de travail pour activité indépendante (pour ceux qui souhaitent exercer en nom propre comme s.p., sous conditions de durée de séjour, de moyens financiers et de locaux professionnels).
La Slovénie propose un programme spécifique pour les investisseurs étrangers, exigeant un investissement minimal de 50 000 € dans une société slovène. Cet investissement peut se concrétiser par un apport en capital, l’embauche d’au moins un salarié slovène ou citoyen de l’UE, ou la démonstration d’un chiffre d’affaires mensuel d’au moins 10 000 € sur six mois consécutifs. En contrepartie, l’investisseur obtient un titre de séjour d’un an renouvelable. Après cinq ans de résidence ininterrompue, il peut prétendre à la résidence permanente, puis, après dix ans de présence (dont cinq ans continus), à une éventuelle naturalisation.
Ce schéma ne s’apparente pas à un « passeport contre investissement » : il n’existe ni véritable « golden visa » ni citoyenneté directe par investissement. La naturalisation suppose toujours des critères classiques : absence de casier, ressources suffisantes, test de langue slovène, intégration et serment d’allégeance.
Choisir la bonne forme juridique : d.o.o., s.p., succursale…
Pour un expatrié, la structure à privilégier n’est pas la même selon qu’on vise l’hyper‑croissance, une activité freelance ou la simple présence commerciale en Europe. La législation slovène, alignée sur le droit européen, propose plusieurs types d’entités.
La forme reine pour un créateur étranger est la société à responsabilité limitée, le fameux d.o.o. (družba z omejeno odgovornostjo). Elle offre une responsabilité limitée aux apports, accepte 100 % de capital étranger, ne nécessite pas de directeur local et peut être créée par une seule personne (physique ou morale). Sa flexibilité en fait la voie presque incontournable pour les projets sérieux, notamment parce qu’elle est la forme la plus naturelle pour articuler business et permis de séjour.
L’apport de capital minimum est de 7 500 €, à déposer sur un compte bancaire slovène au nom de la société en formation. Chaque associé doit verser au moins 50 €, avec un minimum de 25 % de sa part avant l’immatriculation, pour atteindre collectivement le seuil légal. Les apports peuvent être en numéraire ou en nature (matériel, équipements), mais les apports en nature nécessitent des évaluations et des actes notariés plus complexes.
Pour les activités très individuelles (consulting, freelance, artisanat), la forme d’entreprise individuelle, ou s.p. (samostojni podjetnik), est simple à enregistrer et ne nécessite aucun capital minimal. Elle n’est toutefois pas une personne morale distincte : l’entrepreneur est responsable sur tout son patrimoine personnel, et cette forme est moins directement exploitable pour construire un parcours de résidence quand on vient d’un pays tiers, puisqu’elle implique souvent déjà un an de séjour régulier préalable pour pouvoir enregistrer l’activité.
Pour les entrepreneurs ayant déjà une société à l’étranger souhaitant une présence locale, la succursale est une option. Elle n’est pas une société autonome mais une extension du siège étranger. Aucun capital minimum n’est requis, mais elle dépend juridiquement et fiscalement de la maison mère. Il est obligatoire de faire traduire et certifier les documents de cette dernière. Cette forme est adaptée pour tester le marché sans reproduire toute la structure d’entreprise.
Enfin, pour les projets nécessitant des capitaux plus importants (industrie, finance, etc.), la société anonyme (d.d.) existe avec un capital minimal nettement plus élevé, 25 000 €, et des formalités plus complexes. En pratique, elle reste rare en phase de création d’activité par des expatriés.
Démarches de création : du portail SPOT au registre AJPES
Une des spécificités slovènes les plus appréciées par les expatriés est la centralisation des formalités autour de guichets uniques physiques et d’un portail en ligne : SPOT (Slovenski poslovni portal). Pour les structures simples – un d.o.o. à associé unique avec apports en numéraire ou un s.p. – l’enregistrement est gratuit et largement dématérialisé.
Le parcours se déroule en plusieurs temps. D’abord, l’entrepreneur obtient un numéro fiscal slovène auprès de l’administration financière (FURS). Ce numéro est obligatoire, quelle que soit la nationalité. Ensuite, il lui faut définir sa raison sociale : nom unique sur le territoire slovène, comportant la forme juridique (d.o.o., s.p., etc.) et respectant certaines règles (utiliser le mot « Slovenija » ou le nom d’une personnalité connue nécessite une autorisation spécifique).
Coût mensuel approximatif d’un service de bureau virtuel pour le siège d’une entreprise dans la capitale française.
Vient ensuite l’ouverture d’un compte bancaire professionnel provisoire, indispensable pour déposer le capital social. Le système bancaire, intégré à la zone euro et encadré par la Banque de Slovénie, est robuste : une vingtaine d’établissements (grandes banques comme NLB ou NKBM, banques d’épargne, branches de banques italiennes ou autrichiennes, etc.) offrent des comptes entreprises avec IBAN européen et accès SEPA. La présence physique du représentant légal reste généralement exigée pour le KYC, même si certains intermédiaires ou solutions fintech facilitent le processus.
Après le dépôt du capital, la banque délivre une attestation nécessaire pour finaliser l’immatriculation. Les statuts (ou l’acte de constitution) doivent ensuite être signés, soit devant notaire (coût d’environ 200 à 500 €), soit gratuitement via un guichet SPOT/e‑VEM pour les cas standards. Tous les documents sont ensuite transmis au registre des entreprises (AJPES), qui attribue un numéro d’identification, marquant l’acquisition de la personnalité morale par la société.
La plupart des dossiers « simples » sont traités en deux à trois jours ouvrés après dépôt. L’ensemble du processus, entre préparation des documents, ouverture de compte, signature et enregistrement, se gère souvent en une semaine environ, avec à peine quelques heures d’actions effectives si le dossier est bien préparé.
L’immatriculation n’est cependant pas la dernière étape. Il faut ensuite : demander un numéro de TVA (obligatoire dès 50 000 € de chiffre d’affaires annuel sur 12 mois glissants, voire dès le premier euro pour certains non‑résidents), mettre en place une comptabilité conforme aux normes slovènes ou IFRS, enregistrer les salariés à la sécurité sociale et ouvrir les déclarations de paie et cotisations auprès des organismes compétents.
Comptes bancaires et système financier : un passage obligé
Pour les entreprises slovènes, l’ouverture d’un compte bancaire local est une obligation réglementaire et un prérequis à la constitution de la société, puisqu’il sert de réceptacle au capital social. Plus de 70 % des sociétés du pays utilisent un compte professionnel dédié, ce qui facilite énormément le suivi comptable et fiscal.
Le paysage bancaire est partagé entre onze banques commerciales, trois caisses d’épargne et deux succursales de banques de la zone euro, sous supervision de la Banque de Slovénie. De grands acteurs locaux comme NLB ou NKBM cohabitent avec des filiales d’UniCredit, de banques autrichiennes ou italiennes. Des néobanques et établissements de monnaie électronique (Wise, N26, Revolut, etc.) complètent le tableau pour les opérations internationales et multi‑devises.
Pour ouvrir un compte professionnel, il faut fournir des documents comme l’extrait du registre, les numéros fiscaux, les pièces d’identité et parfois les casiers judiciaires des bénéficiaires effectifs, un business plan, des justificatifs de domiciliation et des références bancaires. Les banques, soumises à des obligations strictes de lutte contre le blanchiment, peuvent refuser un dossier si le modèle d’affaires leur semble flou ou trop risqué.
Les frais restent globalement compétitifs à l’échelle européenne, avec des forfaits mensuels modérés et des virements SEPA peu coûteux. Les transferts internationaux SWIFT, en revanche, s’accompagnent de frais fixes et de commissions sur le taux de change. Les paiements par carte sont largement acceptés et un réseau dense de distributeurs automatiques couvre le pays.
Fiscalité des sociétés : un cadre pro‑business mais technique
La fiscalité slovène est un domaine où il faut distinguer l’image, souvent résumée à « impôt sociétés compétitif et R&D ultra‑déductible », et la réalité plus nuancée après les ajustements récents.
Impôt sur les sociétés et base imposable
Le taux normal d’impôt sur les sociétés a longtemps été de 19 %, ce qui le plaçait dans la moyenne basse de l’Union européenne. À la suite d’événements exceptionnels (notamment des inondations majeures), la Slovénie a relevé temporairement ce taux à 22 % pour les exercices 2024 à 2028, via une loi de reconstruction. À ce taux nominal s’ajoute, pour les banques, une contribution additionnelle de 0,2 % de leurs actifs, plafonnée à 30 % de leur résultat.
La base imposable est définie, de manière classique, comme le bénéfice net après retraitement des charges non déductibles et intégration des revenus imposables. Les dépenses sont déductibles si elles sont nécessaires à l’obtention des revenus, mais certaines catégories sont plafonnées ou exclues (frais de représentation, dépenses d’ordre personnel, pénalités, intérêts jugés excessifs, etc.).
Les déficits sont reportables indéfiniment, mais leur imputation est limitée à 50 % de la base imposable annuelle. Ils sont perdus en cas de changement de contrôle significatif, s’il est accompagné d’un changement d’activité ou d’une inactivité prolongée de l’entreprise.
Déductions et incitations : un levier majeur
Le gouvernement slovène encourage fortement l’investissement productif, la recherche et développement, la transformation digitale et la transition verte via un système de super‑déductions. Les dépenses de R&D réalisées en Slovénie, qu’elles soient internes ou achetées auprès de prestataires, peuvent ainsi être déduites à 100 % de la base imposable, en plus de leur comptabilisation comme charge. Concrètement, 100 € investis en R&D peuvent réduire la base taxable de 200 €.
Des incitations de 40 % existent également pour les investissements dans certains équipements et actifs incorporels (hors mobilier standard et la plupart des véhicules, à l’exception des modèles hybrides/électriques ou des véhicules répondant aux normes les plus élevées), ainsi que pour les dépenses liées à la digitalisation et à la transition écologique (cloud, IA, big data, efficacité énergétique, technologies environnementales).
La combinaison de toutes les réductions d’impôt est limitée à une baisse maximale de 63 % de la base imposable.
TVA, dividendes et conventions internationales
Le système de TVA est aligné sur celui de l’UE, avec un taux normal de 22 %, un taux réduit de 9,5 % sur de nombreux biens de première nécessité (alimentation, médicaments, eau, certains logements) et un taux super‑réduit de 5 % sur les livres, journaux et périodiques. Certaines opérations (transport intracommunautaire, exportations) sont à 0 %. L’enregistrement est obligatoire au‑delà de 50 000 € de chiffre d’affaires sur 12 mois.
Les dividendes reçus par une société slovène d’autres sociétés (slovènes, européennes ou de pays tiers non « non coopératifs ») sont en quasi‑totalité exonérés : 95 % échappent à l’impôt, 5 % restent imposables. Les plus‑values de cession de participations peuvent être partiellement exonérées sous condition de détention minimale (au moins 8 %) et de durée (plus de six mois).
Avec plus de 60 conventions de non‑double imposition signées, la Slovénie permet de structurer les flux intra‑groupe et les distributions aux actionnaires étrangers de manière fiscalement efficace, sous réserve du respect des règles de prix de transfert et de substance économique.
Dès qu’un expatrié commence à exercer une activité salariée ou indépendante en Slovénie, la question des contributions sociales et de l’impôt sur le revenu s’invite dans l’équation.
Barème de l’impôt sur le revenu
L’impôt sur le revenu est progressif, avec cinq tranches allant de 16 % à 50 %. Une allocation générale annuelle réduit la base imposable de chaque contribuable. En parallèle, certains revenus – dividendes, intérêts, loyers, plus‑values – sont soumis à des prélèvements à taux proportionnel (25 % pour les dividendes ou revenus de capitaux, 25 % pour les plus‑values à court terme, avec décroissance en fonction de la durée de détention pour les personnes physiques).
La résidence fiscale slovène est établie selon plusieurs critères, notamment si une personne séjourne plus de 183 jours dans le pays au cours d’une année, y a son centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques principaux) ou y dispose d’un foyer permanent. Pour un expatrié s’installant durablement avec son entreprise, il est crucial de vérifier s’il remplit ces conditions. Devenir résident fiscal en Slovénie entraîne l’imposition de ses revenus mondiaux. Cependant, les conventions internationales de double imposition peuvent atténuer ce régime en évitant qu’un même revenu soit taxé deux fois.
Le système de protection sociale slovène couvre pensions, santé, maternité, chômage et accidents du travail, via un mécanisme contributif obligatoire. Pour un salarié, la charge totale avoisine 38,2 % du salaire brut, répartie entre employeur (environ 16,1 %) et employé (22,1 %). Pour un indépendant, c’est lui qui assume l’ensemble de ces pourcentages, calculés sur une base de revenu qui ne peut être inférieure à 60 % du salaire moyen national ni supérieure à 3,5 fois ce salaire.
Les travailleurs indépendants qui débutent bénéficient de contributions sociales réduites : une réduction de 50% la première année, puis de 30% la deuxième année. Ce dispositif facilite le lancement de leur activité en société privée (s.p.).
Les échéances sont rigoureuses : l’administration fiscale met à disposition des calculs pré‑remplis de contributions via le portail eDavki, et les paiements doivent intervenir avant le 20 du mois suivant. Pour les expatriés déjà couverts par un accord de totalisation (comme entre les États‑Unis et la Slovénie), des certificats de couverture peuvent éviter une double cotisation, mais la démarche doit être anticipée.
Financements, subventions et accompagnement : un arsenal rarement aussi dense
L’un des atouts les moins connus de la Slovénie est la densité de ses mécanismes de soutien, financiers et non financiers, accessibles aussi aux entreprises détenues par des étrangers dès lors qu’elles sont enregistrées localement.
Soutiens financiers : du petit bon au co‑investissement
Le Slovene Enterprise Fund (SEF) joue un rôle central dans le financement des PME, startups et scale‑ups. Il opère un éventail de produits : subventions d’amorçage, prêts bonifiés, garanties de prêts bancaires, quasi‑fonds propres et co‑investissements avec business angels et fonds privés.
Montant maximum de subvention, en euros, offert par les aides P2 aux jeunes micro et petites entreprises innovantes pour développer un produit à fort potentiel de marché.
Les produits de type SK75 apportent 75 000 € sous forme de prêt convertible pour la phase d’entrée sur le marché, tandis que les lignes SI‑SK permettent des co‑investissements de 100 000 à 600 000 € auprès de startups en forte croissance, en partenariat avec des investisseurs privés. D’autres programmes ciblent des publics spécifiques (entreprises jeunes de moins de cinq ans, entreprises du bois, projets verts, etc.).
À côté de ces gros outils, un système de « vouchers » finance des besoins très concrets des PME : participation à des délégations B2B à l’étranger, obtention de certifications, études de marchés étrangers… Le fameux « Voucher V1 » peut par exemple couvrir jusqu’à 2 000 € de dépenses de prospection internationale.
Accompagnement non financier : un maillage national
Les entrepreneurs ne sont pas livrés à eux‑mêmes. Un réseau d’incubateurs universitaires et territoriaux, de technoparcs, de chambres de commerce, d’agences régionales de développement et d’espaces de coworking assure un accompagnement continu : conseils juridiques et fiscaux, ateliers, mentorat, mise en réseau, aide à l’internationalisation.
Le portail Start:up Slovenija centralise les programmes, appels à projets et événements, et propose une carte interactive de l’écosystème pour identifier les acteurs clés par secteur ou région. L’offre est complétée par des initiatives européennes comme Erasmus for Young Entrepreneurs, l’Enterprise Europe Network et les programmes EIT (numérique, énergie, alimentation), souvent soutenues par des financements européens.
Pour les questions d’accès aux fonds européens ou internationaux, un point de contact spécifique, FINA EU TOČKA, aide les entreprises à naviguer dans la jungle des appels, règles d’éligibilité et procédures.
Secteurs porteurs : où un expatrié a-t-il le plus de chances de réussir ?
L’économie slovène reste diversifiée, avec des piliers industriels (automobile, mécanique, chimie, pharmacie), mais plusieurs domaines ressortent comme particulièrement prometteurs pour un entrepreneur étranger.
Le secteur technologique connaît une expansion rapide, avec des croissances à deux chiffres dans des domaines comme le développement logiciel, les services IT, la fintech, le gaming et les solutions cloud. Les projections indiquent que la part de la tech dans le PIB pourrait passer d’environ 6 % à plus de 10 % en quelques années. Cette dynamique attire des géants comme Microsoft, Nginx ou Salesforce, qui y implantent des centres d’excellence, et inspire une nouvelle génération de startups locales performantes dans des secteurs tels que la crypto, l’adtech et les applications mobiles.
L’éco‑tourisme s’impose comme un axe évident dans un pays déjà reconnu comme champion de la durabilité. Circuits nature, expériences responsables, hébergements verts, activités de plein air encadrées, valorisation des cultures locales et des circuits courts… Les créneaux sont nombreux pour qui sait proposer une offre différenciante, en particulier en s’appuyant sur les régions moins saturées que les hotspots classiques.
Le secteur agro-alimentaire durable bénéficie d’une demande accrue pour les produits bio et locaux, soutenue par des subventions pour la certification biologique et l’investissement. Parallèlement, l’e-commerce, boosté par la pandémie, continue de croître grâce à l’usage mobile, aux recommandations personnalisées et aux attentes des consommateurs en matière de durabilité.
Les énergies renouvelables (solaire, biomasse, éolien) bénéficient de subventions, d’exonérations et de prêts bonifiés via des fonds comme Eco Fund, tandis que l’immobilier, en particulier à Ljubljana, Maribor et sur la côte, voit les valeurs grimper régulièrement, soutenu par l’intérêt des investisseurs étrangers.
En parallèle, des secteurs plus « classiques » comme la restauration, le conseil, la formation ou les services à la personne restent porteurs, surtout si l’on sait jouer la carte de la spécialisation (cuisine thématique, consulting international, éducation digitale, etc.).
Là où l’on s’installe compte : Ljubljana, Maribor et les autres
Pour un expatrié entrepreneur, choisir sa base opérationnelle est un arbitrage entre écosystème, coûts et qualité de vie. En Slovénie, cet arbitrage se joue souvent entre Ljubljana, la capitale, et Maribor, la deuxième ville du pays.
Ljubljana concentre les institutions, les sièges de grandes entreprises, l’essentiel de l’écosystème tech et la majorité des événements business. Les loyers y sont logiquement plus élevés : un appartement une chambre en centre‑ville tourne autour de 650–900 € mensuels, tandis qu’un trois pièces peut dépasser 1 100–1 500 €. Les produits et services y sont en moyenne 20–25 % plus chers qu’à Maribor, et le budget global d’un nomade ou entrepreneur y est estimé entre 1 100 et 1 500 € par mois pour un mode de vie modéré (hors luxe), avec des coworkings, une infrastructure numérique rapide et une scène culturelle dense.
Maribor présente des coûts de vie nettement inférieurs à d’autres villes, avec des loyers presque deux fois moins chers, des repas plus abordables et un pouvoir d’achat local plus élevé. Malgré sa taille humaine, la ville offre un bon réseau de transport, des universités, des centres commerciaux et un environnement naturel exceptionnel (vignobles, montagnes, sports d’hiver), en faisant une base attractive pour les entrepreneurs n’ayant pas besoin d’être au cœur des institutions politiques ou des grands sièges sociaux.
D’autres villes – comme Kranj, Celje, la côte adriatique (Piran, Koper, Portorož) – proposent chacune leur combinaison de coûts, d’infrastructures et de cadre de vie. Mais dans tous les cas, les distances restent courtes et les déplacements entre villes sont faciles.
Construire une société durable aux yeux des autorités
Un point souvent sous‑estimé par les expatriés est l’importance, en Slovénie comme ailleurs en Europe, de démontrer la réalité de l’activité économique. Les autorités (immigration, fiscalité, inspection du travail) scrutent la « substance » des sociétés, en particulier quand elles sont détenues par des étrangers qui demandent un permis de séjour.
Pour être reconnue comme une entreprise réelle et non fictive, une structure doit prouver son activité tangible. Cela inclut des locaux opérationnels, des contrats commerciaux réels, des flux financiers cohérents, du personnel local le cas échéant, et des déclarations fiscales et sociales à jour. Les programmes d’immigration par investissement conditionnent souvent l’obtention et le renouvellement du titre de séjour à des indicateurs concrets comme le montant investi, le nombre d’emplois créés ou le chiffre d’affaires réalisé.
Pour un expatrié, il est donc stratégique de soigner son dossier dès l’origine : business plan clair, documentation solide pour la banque, choix d’un comptable local expérimenté, respect scrupuleux des règles de facturation, de TVA, de dépôt des comptes et de paiement des cotisations.
Créer son activité quand on est freelance ou indépendant
Tous les expatriés ne souhaitent pas monter une société avec salariés. La Slovénie se montre aussi plutôt accueillante envers les indépendants, en particulier ceux qui exercent des prestations de services à distance.
Le cadre classique pour un freelance est celui de l’entreprise individuelle (s.p.), dont l’enregistrement est considéré comme simple et rapide. Il implique toutefois d’assumer une responsabilité illimitée et de supporter l’intégralité des contributions sociales. En contrepartie, l’indépendant garde la totalité de son bénéfice après impôts et charges.
L’inscription aux quatre régimes obligatoires (pension, santé, chômage, parentalité) est une formalité unique à effectuer dans les huit jours suivant le début d’activité. Tout changement ou cessation d’activité doit être déclaré dans le même délai. Pour les travailleurs indépendants installés à l’étranger mais soumis à la législation slovène (droit européen), les démarches s’effectuent via l’Institut d’assurance maladie.
Du point de vue fiscal, plusieurs régimes existent, dont un système de base forfaitaire dit « normé » où l’administration considère qu’une part fixe (jusqu’à 80 %) du chiffre d’affaires est une dépense, simplifiant les obligations comptables et réduisant dans certains cas la facture fiscale pour les petites activités de services. Ce régime, qui s’applique notamment aux entrepreneurs individuels jusqu’à certains seuils de revenus, s’apprête toutefois à évoluer, ce qui nécessite d’actualiser son information au moment de s’installer.
Pour un expatrié freelance, il est crucial d’analyser et de coordonner les interactions entre sa résidence fiscale, les conventions internationales applicables, son régime social et sa forme juridique (s.p. ou société). Cette analyse doit être menée en fonction de ses sources de revenus, de la localisation de ses clients et de son projet professionnel à moyen terme.
Un écosystème orienté vers l’innovation et l’international
Pour un expatrié, l’intérêt d’un écosystème ne se limite pas aux textes de loi ou aux taux d’imposition : ce sont surtout les possibilités de collaboration, de financement, d’apprentissage et d’expansion qui comptent.
La Slovénie forme plus de 20 000 diplômés en sciences et technologies (STEM) chaque année.
Les pouvoirs publics soutiennent l’internationalisation en aidant les sociétés slovènes à vendre sur des plateformes comme Amazon Europe ou Google Merchant, en co‑finançant la participation à de grands salons (Startup Grind, ViennaUP, Slush, etc.) et en développant les canaux de coopération avec des investisseurs et partenaires étrangers, notamment via SPIRIT Slovenia et les programmes gérés conjointement avec le Fonds européen d’investissement.
Pour un entrepreneur étranger, cette orientation vers l’export et l’innovation offre une double opportunité : s’implanter sur un marché intérieur de taille modeste mais solvable, tout en utilisant la Slovénie comme plateforme vers l’UE, avec une infrastructure logistique et numérique adaptée.
Ce qu’un expatrié doit retenir avant de se lancer
Créer une entreprise en Slovénie en tant qu’expatrié, c’est bénéficier d’une combinaison assez rare en Europe : stabilité macro‑économique, système bancaire solide intégré à la zone euro, droit des affaires harmonisé avec l’UE, environnement sécuritaire et écologique exemplaire, écosystème startup énergique, aides financières substantielles, procédures largement numérisées et administration globalement coopérative envers les investisseurs étrangers.
Pour s’implanter en Slovénie, une préparation rigoureuse est indispensable. Elle comprend le choix de la structure juridique (une d.o.o. dans la plupart des cas), la compréhension des règles d’immigration (permis unique, conditions d’investissement ou d’emploi local), l’anticipation de la fiscalité et des cotisations (taux effectifs, incitations R&D, régimes simplifiés), la sélection d’un partenaire bancaire et d’un comptable, ainsi que l’élaboration d’un business plan solide à présenter aux autorités et aux partenaires financiers.
Pour un expatrié prêt à s’investir dans cette préparation, la Slovénie se révèle souvent plus qu’un « petit marché de niche » : c’est un point d’entrée stratégique vers l’Union européenne, dans un pays où la culture de la coopération, la taille humaine et la qualité de vie facilitent l’intégration professionnelle comme personnelle.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Slovénie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Slovénie pour son intégration profonde à l’UE et à la zone euro, sa fiscalité attractive pour certains revenus, sa stabilité juridique, son coût de vie plus faible qu’en France (Ljubljana ~30% moins chère que Paris) et sa qualité de vie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via location ou achat de résidence principale, couverture santé (coordination CNAS/CPAM), transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire) pour réduire durablement la pression fiscale et préparer la transmission.
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