Nichée entre l’Adriatique et les Alpes, à la croisée de l’Europe occidentale et des Balkans, la Slovénie attire de plus en plus de travailleurs, familles, étudiants et retraités venus de l’étranger. Avec environ deux millions d’habitants, un niveau de vie élevé, un sentiment de sécurité rarement égalé en Europe et des paysages allant des sommets alpins aux petites villes côtières, le pays coche de nombreuses cases sur la liste de l’expatrié idéal.
Ce guide couvre tous les aspects essentiels pour une installation durable : choix du cadre de vie et des villes, démarches administratives, recherche d’emploi et logement. Il aborde également le coût de la vie, le système de santé, les écoles internationales, l’ouverture d’un compte bancaire, ainsi que des conseils pour l’intégration sociale et l’apprentissage de la langue slovène.
Comprendre le cadre de vie en Slovénie
La Slovénie est un « petit grand pays » : une superficie modeste, mais une diversité étonnante. En quelques heures de route, on passe des plages de l’Adriatique à la haute montagne, en traversant des vallées viticoles, des forêts denses et des lacs glaciaires. Le climat varie du méditerranéen sur la côte à un climat continental puis montagnard à l’intérieur des terres.
La Slovénie est l’un des pays les plus sûrs d’Europe, avec un taux d’homicide très bas. La population est très attachée à la propreté, au recyclage et au respect de l’environnement. Sa capitale, Ljubljana, est reconnue comme l’une des villes les plus vertes du continent et a été désignée ‘Capitale verte de l’Europe’.
La qualité de vie globale est élevée : sécurité, système de santé performant, infrastructures modernes, réseau de transports publics fiable (bus et trains) et connexions ferroviaires vers les principales villes européennes. Le pays figure également dans le haut du classement de l’Indice de développement humain des Nations unies, et son indice global de qualité de vie est très favorable.
Le slovène est la langue officielle et peut sembler difficile à l’oreille d’un francophone. Toutefois, environ 59 % des adultes parlent anglais, et il est courant que les Slovènes maîtrisent deux voire trois langues étrangères. Pour un expatrié, cela facilite considérablement les premiers mois d’installation, notamment dans les grandes villes et les zones touristiques.
Où s’installer : panorama des principales villes et régions
La Slovénie offre un large éventail d’ambiances de vie : capitale estudiantine, petite ville alpine, bourg viticole historique ou station balnéaire. Le choix du lieu d’installation dépendra de vos priorités : carrière, coût du logement, école pour les enfants, contact avec la nature ou vie culturelle.
Ljubljana : capitale verte et carrefour pour expatriés
Ljubljana, la capitale, compte autour de 280 000 à 300 000 habitants. Traversée par la Ljubljanica avec ses terrasses de cafés, elle offre un centre historique piéton, de nombreuses pistes cyclables et une vie culturelle dense (musées, galeries, festival d’été, château dominant la ville).
C’est le principal pôle d’emplois qualifiés pour les expatriés, avec des opportunités dans l’informatique, l’ingénierie, la finance, les services, la santé, la communication, mais aussi l’enseignement de l’anglais ou d’autres langues. On y trouve la majorité des écoles internationales, un grand campus universitaire (plus de 64 000 étudiants) et une communauté étrangère déjà bien structurée.
Le revers de la médaille est un coût du logement plus élevé que dans le reste du pays, ainsi qu’une certaine tension sur le stationnement.
Maribor : seconde ville, vin, montagnes et budget plus doux
Maribor, environ 95 000 à 112 000 habitants selon les sources, est la deuxième ville du pays. Située dans le nord-est, près de la frontière autrichienne, elle est entourée de collines viticoles et d’un important domaine skiable, Maribor Pohorje.
La ville est moins internationale que la capitale, sans école internationale, mais attire digital nomads, retraités et expatriés à la recherche d’un rythme plus calme et de loyers plus bas. La culture du vin y est très présente, avec la célèbre « Old Vine », la plus vieille vigne du monde encore en production, et un festival (Lent) qui anime la vieille ville chaque année.
Petites villes alpines : Kranj, Bled, Kranjska Gora, Bovec
Pour ceux qui privilégient les grands espaces, l’ouest et le nord du pays regorgent de petites villes alpines. Kranj est considérée comme la « capitale des Alpes slovènes », à une demi-heure de route de Ljubljana. Elle offre un coût de la vie inférieur à celui de la capitale (les loyers y sont environ 50 % moins chers), tout en permettant de travailler à Ljubljana en faisant la navette.
Les localités de Bled (env. 8 000 habitants) et Kranjska Gora (env. 1 500 habitants) sont des stations de montagne réputées pour leur fort attrait touristique et leurs nombreuses activités de plein air comme la randonnée, le vélo et le ski. Plus à l’ouest, Bovec, située au cœur des Alpes juliennes, offre une ambiance encore plus orientée vers la nature, particulièrement autour de la rivière Soča, un site très prisé pour la pratique du kayak et du rafting.
Côte adriatique : Koper, Piran, Portorož
Le littoral slovène est court mais recherché. Koper, plus grande ville côtière, affiche une architecture vénitienne, un port dynamique, un climat méditerranéen et un environnement bilingue slovène-italien. Le coût de la vie y est plus élevé qu’à l’intérieur du pays, surtout durant l’été.
Cette petite ville médiévale d’environ 4 000 habitants, située sur une presqu’île, est réputée pour son atmosphère extrêmement pittoresque, ses ruelles, la place Tartini et ses toits orangés. Cependant, les prix y sont élevés en raison de la forte fréquentation touristique.
Portorož, toute proche, est davantage une station balnéaire moderne avec promenade, hôtels, restaurants de fruits de mer et centres de spa.
Autres villes intéressantes pour s’installer
Le pays compte de nombreuses autres villes à taille humaine qui peuvent séduire certains profils d’expatriés : Celje (troisième ville du pays, château médiéval, coût de la vie abordable), Novo Mesto (industrie automobile et pharmaceutique), Velenje (ville réputée pour son ensoleillement, peu chère), Ptuj (l’une des plus anciennes cités slovènes, avec thermes), Murska Sobota (dans une région rurale très bon marché), ou encore Škofja Loka, jolie ville médiévale proche de Kranj et Ljubljana.
Pour avoir un aperçu rapide des coûts moyens rapportés dans différentes villes, le tableau suivant permet de comparer les estimations globales de coût de la vie (hors détail du budget) :
| Ville | Population (approx.) | Coût de la vie moyen mensuel* (USD) |
|---|---|---|
| Ljubljana | 284 000 | 1 640 |
| Maribor | 96 200 | 1 236 |
| Kranj | 37 900 | 1 422 |
| Celje | 37 900 | 1 340 |
| Velenje | 25 600 | 1 383 |
| Novo Mesto | 24 200 | 1 195 |
| Nova Gorica | 13 000 | 1 081 |
| Izola | 11 700 | 1 386 |
| Murska Sobota | 11 200 | 1 044 |
| Piran | 3 790 | 1 377 |
Coût moyen pour une personne, données de plateformes de comparaison de coûts de la vie.
Visas, séjour et résidence : ce qu’il faut savoir
Le cadre légal diffère fortement selon que vous êtes citoyen de l’Union européenne/EEE ou « pays tiers ».
Citoyens UE/EEE : formalités allégées
En tant que citoyen de l’UE ou de l’EEE, l’entrée en Slovénie se fait simplement avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité, quel que soit le motif de séjour (travail, études, installation). Il n’y a pas de visa à demander.
Vous pouvez résider trois mois sans formalité. Au-delà, il faut demander un certificat d’enregistrement de résidence auprès de l’administration locale. Ce document peut être délivré pour un motif d’emploi, d’activité indépendante, de recherche d’emploi, d’études/formation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons valables, à condition de disposer d’une assurance santé et de ressources suffisantes (sauf si vous travaillez déjà localement). Après cinq ans de résidence continue et légale, vous pouvez demander un certificat de résidence permanente à durée illimitée.
Citoyens hors UE/EEE : visas, permis temporaires et résidence permanente
Pour les ressortissants de pays tiers, les règles sont plus complexes. L’entrée de courte durée se fait en général avec un visa Schengen de type C (séjour jusqu’à 90 jours dans toute la zone Schengen sur une période de 180 jours). Pour venir travailler, étudier, rejoindre un conjoint ou s’installer plus longuement, il faut passer par des permis de séjour temporaires, souvent couplés à un permis de travail.
Les principaux cas de figure sont les suivants :
– permis unique de travail et de séjour pour un emploi local (avec contrat slovène) ;
– EU Blue Card pour les travailleurs hautement qualifiés (salaire minimum fixé à environ 150 % du salaire moyen brut national) ;
– permis pour études, stage ou recherche ;
– permis pour activité indépendante ou création d’entreprise (en pratique, on attend un investissement minimum important pour un d.o.o., souvent cité autour de 50 000 €) ;
– regroupement familial (conjoint, enfants, parfois parents à charge) ;
– nouveaux dispositifs spécifiques, comme le permis pour digital nomads.
Les premiers permis temporaires sont généralement valables un an, renouvelables, et la résidence permanente devient accessible après cinq ans de séjour légal continu. Dans beaucoup de cas, le temps passé avec un statut purement étudiant ne compte que pour moitié dans ce calcul.
Niveau de maîtrise du slovène désormais requis pour obtenir une résidence permanente en Slovénie.
Le cas particulier du digital nomad permit
La Slovénie a mis en place un permis de séjour spécifique pour travailleurs à distance non européens. Ce permis s’adresse aux personnes qui exercent leur activité en ligne pour des clients ou employeurs situés exclusivement hors de Slovénie. Il ne donne pas le droit de travailler pour une entreprise locale.
Ce permis est un titre de séjour temporaire d’une durée maximale de 12 mois, non renouvelable immédiatement. Après cette année, il faut quitter le pays et attendre six mois avant de pouvoir demander à nouveau le même type de permis. Pendant la durée du séjour, il est possible de basculer vers un autre fondement de résidence (emploi local, études, création d’entreprise, etc.), si les conditions sont remplies.
Les critères incluent :
Pour obtenir un permis de séjour en Slovénie en tant que travailleur à distance de nationalité hors UE/EEE, plusieurs conditions doivent être réunies. L’activité professionnelle doit être exercée exclusivement à distance et pour un employeur ou des clients basés à l’étranger. Il est nécessaire de justifier de revenus mensuels stables d’au moins deux fois le salaire net moyen slovène, ce qui correspondait en pratique à une fourchette de 3 000 à 3 300 € selon les données disponibles. Une assurance santé couvrant l’intégralité du séjour, avec un plafond minimal de 30 000 €, est obligatoire. Le demandeur doit également fournir une preuve de logement (contrat de location, réservation d’hôtel ou attestation) et présenter un casier judiciaire vierge de tous les pays de résidence antérieurs.
Les demandes se déposent soit auprès d’une ambassade ou d’un consulat slovène, soit directement en Slovénie dans une unité administrative si l’on est déjà en séjour légal (tourisme par exemple). Les délais de traitement annoncés tournent autour d’un à deux mois. L’administration délivre un certificat provisoire permettant de rester sur place en attendant la décision.
Séjour touristique, « Schengen shuffle » et long terme
Pour un séjour purement touristique, les règles Schengen classiques s’appliquent : 90 jours maximum sur une période glissante de 180 jours. Certains expatriés essaient parfois d’alterner 90 jours en Slovénie et 90 jours hors Schengen, ce qu’on appelle le « Schengen Shuffle ». Ce type de stratégie peut fonctionner pour une phase exploratoire, mais il ne constitue évidemment pas une base sécurisée pour une installation durable (pas d’accès au système social, pas de droits au travail, pas de stabilité de logement).
Pour un projet de vie plus sérieux, il faut donc envisager un cadre de résidence claire : contrat de travail local, business, études, regroupement familial ou dispositifs spéciaux (digital nomad, etc.). Compte tenu de la complexité, une consultation avec un avocat spécialisé ou un conseiller en immigration est généralement judicieuse, surtout pour les non-Européens.
Travailler, entreprendre et payer ses impôts en Slovénie
Le marché du travail slovène est diversifié, avec des pôles forts dans l’industrie automobile, la chimie-pharmacie, les technologies de l’information, l’export, mais aussi l’éducation et les services. Beaucoup d’expatriés trouvent aussi des postes dans l’enseignement des langues, notamment l’anglais, dans les écoles publiques ou internationales.
Ljubljana concentre la plupart des opportunités bilingues ou anglophones, suivie de Maribor et de la côte (notamment Koper). Les plateformes comme LinkedIn ou des portails spécialisés pour emplois internationaux en Europe sont fréquemment utilisées pour le recrutement.
Le pays présente une pression fiscale relativement élevée, avec un barème progressif de l’impôt sur le revenu pouvant atteindre des niveaux comparables à ceux de l’Europe occidentale pour les hauts revenus. Ce système s’accompagne d’une couverture sociale importante, comprenant notamment une assurance santé obligatoire, des prestations familiales et des aides au logement pour les revenus modestes.
Pour les indépendants, un régime simplifié existe : les travailleurs individuels (« sole proprietors ») peuvent, jusqu’à un certain seuil de chiffre d’affaires, bénéficier d’une base imposable forfaitaire correspondant à 20 % des recettes, taxée à 20 %. Cela donne un taux effectif très attractif d’environ 4 %, mais il faut ajouter à cela des cotisations sociales mensuelles, qui se situent juste en dessous de 600 € pour un indépendant à plein temps selon les données disponibles.
Les employeurs doivent d’abord obtenir l’accord du service de l’emploi slovène, en démontrant l’absence de candidats locaux disponibles, avant qu’un permis de séjour-travail ne soit délivré au travailleur.
Pour les entreprises étrangères qui souhaitent employer en Slovénie sans y créer de filiale, des prestataires de type « Employer of Record » peuvent servir d’intermédiaires en assumant le rôle d’employeur légal sur place.
Coût de la vie : un compromis intéressant pour l’Europe
La Slovénie se situe, selon divers classements, parmi les pays les plus chers d’Europe de l’Est, mais demeure globalement beaucoup plus abordable que la plupart des grandes économies d’Europe occidentale. Les comparateurs de coûts de la vie indiquent souvent que le pays est autour de la 35e–40e position mondiale, et environ 3e plus cher de sa région, tout en restant moins cher que près de 60 % des pays du monde.
Pour mieux comprendre où se situe le pays, on peut regarder quelques indices et moyennes :
| Indice / Donnée | Valeur approximative |
|---|---|
| Indice coût de la vie (base NYC=100) | 46–54 |
| Indice loyers | ~19–21 |
| Indice courses alimentaires | ~52 |
| Indice restaurants | ~51 |
| Indice pouvoir d’achat local | ~87 |
| Dépense mensuelle moyenne (1 pers.) | ~1 468 $ |
| Dépense mensuelle moyenne (famille) | ~3 465 $ |
| Salaire net moyen mensuel | ~1 460–1 780 € |
Les comparaisons avec d’autres pays parlent d’elles-mêmes : vivre en Slovénie coûterait environ 42 % de moins qu’aux États-Unis (coût de la vie), les loyers y seraient plus de 50 % moins chers, et les frais de scolarisation, notamment en maternelle et en écoles internationales, sensiblement inférieurs. Par rapport à l’Espagne, la Slovénie serait environ 7 % moins chère en coût global, avec des loyers pour un T1 en centre-ville inférieurs d’environ 24 %.
Budget quotidien : alimentation, sorties, transport
Les prix à la consommation restent raisonnables, surtout si l’on cuisine à la maison et que l’on fréquente les marchés ou les supermarchés non spécialisés. Quelques exemples de prix moyens donnent une idée :
| Produit / service | Prix moyen (approx.) |
|---|---|
| Repas simple au restaurant peu cher | 12 € |
| Menu complet pour deux dans un resto moyen | 50 € |
| Menu fast-food (type McDonald’s) | 7–8 € |
| Bière pression locale (0,5 l) | 3 € |
| Cappuccino | ~2,1–2,3 € |
| Pain blanc (1 lb / ~450 g) | 1,6 € |
| Litre de lait | 1,45 € |
| Douzaine d’œufs | 3,3 € |
| Fromage local (500 g) | ~6 € |
| Poulet (500 g de blanc) | 4,6 € |
| Pommes (1 kg) | 1,7 € |
| Bouteille de vin de milieu de gamme | 6–10 € |
| Forfait mobile (10 Go+) par mois | ~13,5–25 € |
| Abonnement internet fixe | 20–35 € |
Les transports publics sont accessibles : un ticket de bus urbain coûte environ 1,30 €, un abonnement mensuel retourne autour de 37–39 €. Le carburant est dans la moyenne haute européenne (aux alentours de 1,4 € le litre d’essence, parfois plus), ce qui peut peser sur le budget en cas de longs déplacements quotidiens.
C’est le montant mensuel moyen d’un abonnement dans une salle de sport en France.
Logement : loyers, charges et achat immobilier
Le montant des loyers dépend beaucoup de la localisation et du standing. Dans les grandes agglomérations et sur la côte, la tension est plus forte, tandis que les villes moyennes et les zones rurales restent abordables.
Au niveau national, les loyers moyens rapportés ressemblent à ceci :
| Type de logement | Loyer mensuel moyen |
|---|---|
| T1 centre-ville | ~670 € |
| T1 hors centre | ~565 € |
| T3 centre-ville | ~1 300 € |
| T3 hors centre | ~1 000 € |
| Studio 45 m² (zone chère) | ~790 € |
| Studio 45 m² (zone « normale ») | ~620 € |
Les services (électricité, chauffage, eau, ordures) pour un appartement de taille moyenne peuvent coûter autour de 150 € par mois pour deux personnes en été, mais grimper à 200–250 € pour une petite famille, voire davantage en hiver si le chauffage est au gaz ou au fioul. À Ljubljana, une facture de chauffage hivernale élevée n’est pas rare.
Prix moyen au mètre carré des appartements à Ljubljana et dans les principales stations balnéaires slovènes.
Les citoyens de l’UE ont les mêmes droits que les Slovènes pour acquérir un bien immobilier. Pour les ressortissants de pays tiers, l’achat direct peut être soumis à des conditions de réciprocité entre la Slovénie et le pays d’origine. Dans la pratique, de nombreux non-Européens optent pour la création d’une société slovène afin de détenir leur propriété.
Chercher un logement : plateformes, contrats et pièges à éviter
La recherche de logement peut se faire en grande partie en ligne. Plusieurs plateformes sont bien établies sur le marché slovène :
– sites locaux de petites annonces immobilières pour les locations et ventes à long terme ;
– plateformes internationales de colocation ou de location meublée de moyenne durée ;
– agences immobilières spécialisées, certaines habituées à travailler avec des étrangers.
Pour les locations de quelques mois à un an, des sites dédiés aux expatriés proposent des appartements meublés, parfois sans dépôt de garantie et avec contrats électroniques. Sur Ljubljana, certaines agences (comme Stoja) sont connues pour accompagner les expatriés.
La loi slovène impose un contrat de location écrit. Celui-ci doit obligatoirement préciser la durée du bail, le montant du loyer, la répartition des charges, les responsabilités respectives du propriétaire et du locataire, ainsi que les conditions de résiliation. Les baux à durée déterminée (généralement d’un à trois ans) sont courants, mais des contrats à durée indéterminée existent également. Concernant la résiliation, les délais de préavis habituels sont d’environ un mois pour le locataire et de trois mois pour le propriétaire.
Il est fréquent que le propriétaire demande un dépôt de garantie équivalent à un ou deux mois de loyer, restituable si le logement est rendu en bon état. Pour les locations longues, il faut souvent s’attendre à un logement peu ou pas meublé (cuisine équipée, quelques placards, mais peu de mobilier).
Le contrat de location est un document clé dans la vie administrative de l’expatrié. Il est nécessaire pour accomplir plusieurs démarches importantes.
– s’enregistrer en mairie (obligation dans les huit jours suivant l’arrivée ou la signature) ;
– demander un permis de séjour ou renouveler un titre ;
– ouvrir un compte bancaire local ;
– s’inscrire au système public de santé ;
– scolariser un enfant dans le secteur public local.
Certaines agences facturent au locataire une commission équivalente à un mois de loyer, en plus de celle payée par le propriétaire. Il est conseillé d’effectuer un état des lieux détaillé et de garder des photos datées.
Système de santé : comment se faire soigner en Slovénie
La Slovénie dispose d’un système de santé mixte, associant un régime public obligatoire et de nombreuses offres privées complémentaires. Ce modèle s’apparente à un système d’assurance maladie sociale, financé par des cotisations obligatoires des employeurs et des employés.
Assurance maladie obligatoire et complémentaire
Toute personne résidant de façon permanente en Slovénie, y compris les expatriés avec permis de séjour et leurs ayants droit, doit être couverte par l’assurance santé obligatoire gérée par l’Institut d’assurance maladie slovène (ZZZS). Les cotisations représentent globalement un peu plus de 13 % du revenu, partagées entre employeur et employé. Les travailleurs indépendants et certaines catégories (chômeurs, retraités, congé maternité) sont affiliés selon des règles spécifiques.
L’assurance maladie obligatoire en Slovénie couvre les soins courants (consultations généralistes, hospitalisation, maternité, urgences). Cependant, de nombreux actes spécialisés, soins dentaires, séjours en clinique privée ou médicaments ne sont remboursés que partiellement. Pour combler cette différence, la plupart des résidents souscrivent une assurance complémentaire volontaire auprès de compagnies locales (comme Vzajemna, Triglav ou Generali). Cette complémentaire prend en charge la part non couverte par le système public, dans les limites définies par le contrat.
Pour un expatrié issu de l’UE, la Carte européenne d’assurance maladie (CEAM) permet d’accéder aux soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire, mais ne remplace pas une affiliation à l’assurance slovène en cas d’installation. Pour les ressortissants hors UE, une assurance privée internationale est généralement exigée lors des demandes de visa et de permis de séjour. Une fois installé et employé officiellement, l’accès au régime public peut être ouvert.
Fonctionnement pratique du système de soins
Les soins sont structurés en plusieurs niveaux. Le premier recours est le médecin généraliste ou pédiatre pour les enfants, installé soit en centre de santé public, soit en cabinet privé conventionné. Il faut en général choisir un médecin référent. Les gynécologues et dentistes de base relèvent aussi de ce premier niveau.
Pour consulter un spécialiste (cardiologue, orthopédiste, etc.), une lettre de votre médecin généraliste est généralement requise. Des exceptions existent pour la gynécologie, la pédiatrie ou en cas d’urgence. Concernant les hospitalisations, les hôpitaux publics en assurent la majorité. Les cliniques privées sont souvent sollicitées pour des actes plus spécifiques ou esthétiques, mais peuvent entraîner un reste à charge plus important pour le patient.
Les pharmacies sont largement réparties sur le territoire, avec des services de garde dans les grandes villes. Les médicaments inscrits sur la liste positive sont remboursés, parfois intégralement, parfois partiellement. Les enfants et étudiants jusqu’à un certain âge bénéficient d’une prise en charge particulièrement large, incluant les soins dentaires jusqu’à 19 ans.
Les situations d’urgence (accidents, crises graves) donnent accès aux services de secours via le numéro européen 112. Ce numéro unique met en relation avec les services d’ambulance, les pompiers et d’autres intervenants. D’autres numéros spécialisés existent (par exemple 113 pour la police, 144 pour les secours médicaux, 140 pour le secours en montagne).
Assurance internationale et expatriés
Pour un nouvel arrivant, surtout venant d’un pays hors UE, une assurance santé internationale reste une sécurité importante, en particulier durant la période de transition où le permis de séjour n’est pas encore granté ou quand on exerce une activité à distance (digital nomad, indépendant pour clients étrangers, etc.). Des assureurs comme Cigna Global ou Allianz International proposent des couvertures reconnues par les établissements slovènes, intégrant souvent une assistance rapatriement, une évacuation sanitaire et des soins dans d’autres pays.
Famille et éducation : écoles publiques et internationales
La Slovénie est très orientée famille. La sécurité globale du pays, la possibilité de vivre dans des villes à taille humaine, la proximité avec la nature et la qualité de l’enseignement en font une destination intéressante pour les expatriés avec enfants.
Le système éducatif public est gratuit, de la maternelle (partiellement subventionnée, avec participation des parents) à la fin du secondaire. Les écoles publiques fonctionnent en slovène. Les enfants étrangers peuvent y être scolarisés, avec des dispositifs de soutien linguistique et d’intégration, notamment pour les réfugiés et bénéficiaires de protection internationale.
Ljubljana propose plusieurs écoles internationales reconnues, offrant une continuité de cursus international ainsi qu’un enseignement en anglais ou en français, répondant ainsi aux besoins des familles expatriées.
– écoles suivant le programme britannique avec examens internationaux ;
– établissements offrant les programmes du Baccalauréat International (PYP, MYP, DP) ;
– école française homologuée, avec enseignement en français pour les enfants de 2 à 15–18 ans ;
– section internationale de langue anglaise dans une école publique slovène, où les enseignants sont slovènes mais les cours délivrés en anglais, avec frais de scolarité subventionnés.
Les frais annuels maximum pour les programmes anglo-saxons et IB dans le secondaire en Slovénie.
Pour aider à se faire une idée, le tableau ci-dessous rassemble quelques ordres de grandeur de frais annuels signalés dans différentes structures :
| Type d’école / programme | Fourchette de frais annuels (approx.) |
|---|---|
| École française à Ljubljana | 5 600 – 8 000 € |
| Section internationale publique (anglais) | 5 500 – 7 800 € |
| Écoles IB / anglo-saxonnes généralistes | 9 500 – 14 900 € |
| Lycées internationaux privés haut de gamme | 13 200 – 15 750 € |
| École internationale haut de gamme (unique frais) | ~13 800 € |
Ces montants sont à mettre en regard du coût de la vie général : pour une famille de quatre personnes, les dépenses mensuelles totales sont souvent estimées aux alentours de 3 600 € en Slovénie, logement compris, hors frais de scolarité privée.
Banque, compte courant et transferts d’argent
Le système bancaire slovène est moderne et globalement accueillant pour les non-résidents. Les grandes banques locales et filiales de groupes étrangers (autrichiens, italiens, etc.) proposent des comptes de paiement classiques, avec carte, accès en ligne et services courants.
En tant que résident d’un pays de l’UE, vous avez le droit d’ouvrir un « compte de paiement de base » dans n’importe quel pays membre, et la banque ne peut pas refuser votre demande au simple motif que vous n’habitez pas dans le pays. En revanche, elle peut exiger le respect des règles européennes de lutte contre le blanchiment (KYC, justificatifs de revenus et d’identité).
Les éléments essentiels et récurrents à préparer pour constituer votre dossier d’ouverture de compte.
Un passeport en cours de validité ou une carte d’identité nationale pour les ressortissants de l’UE/EEE.
Une facture récente (électricité, eau, téléphone) ou un contrat de location attestant de votre adresse.
Bulletins de salaire, avis d’imposition ou contrat de travail pour prouver vos sources de revenus.
Ce numéro d’identification fiscale est souvent requis par les banques pour les opérations.
Le formulaire d’ouverture de compte fourni par la banque, dûment rempli et signé.
Un premier dépôt est généralement nécessaire pour activer le compte, dont le montant varie selon les établissements.
– passeport ou carte d’identité valable ;
– numéro d’identification fiscale slovène (« davčna številka »), obtenu via un formulaire spécifique auprès de l’administration fiscale ;
– parfois, preuve d’adresse locale (contrat de location) ;
– pour les non-résidents, numéro fiscal du pays d’origine.
Pour les entreprises ou indépendants, il faut en plus les documents d’enregistrement de la société, les statuts, et parfois un plan d’affaires.
L’ouverture d’un compte peut se faire en agence (environ une heure). Certaines banques locales proposent une procédure en ligne, souvent uniquement en slovène. Des alternatives existent avec des banques 100% en ligne basées dans d’autres pays de la zone euro, qui opèrent en Slovénie et fournissent un IBAN européen (banques mobiles, fintechs). Pour un expatrié, une stratégie avantageuse consiste à combiner un compte local pour les dépenses quotidiennes et un compte multi-devises chez un prestataire spécialisé (utilisant le taux de change réel du marché) pour les transferts internationaux, afin d’optimiser les frais.
Les frais bancaires restent modérés : l’UE plafonne les frais mensuels de comptes de base, la plupart des distributeurs de la propre banque ne facturent pas de frais de retrait, et les services en ligne simplifient les paiements. En revanche, les transferts internationaux classiques peuvent être coûteux et afficher des taux de change défavorables ; passer par des solutions spécialisées permet souvent de réduire ces coûts.
Se déplacer, conduire et s’orienter
Les transports publics desservent correctement la plupart des villes. En Slovénie, les trains relient les principales agglomérations et permettent de rejoindre facilement les pays voisins. Les bus complètent le maillage, notamment pour les petites villes. Dans Ljubljana, une carte rechargeable (Urbana) sert à payer les bus et parfois les vélos en libre-service.
Pour circuler sur les autoroutes, un système de vignette est en vigueur. Il est donc indispensable d’acheter et de coller cette vignette au pare-brise si vous utilisez les grands axes.
Les expatriés peuvent conduire avec leur permis d’origine pendant les premiers mois, sous réserve d’accords de réciprocité. Après obtention du statut de résident, l’utilisation du permis national est généralement autorisée pendant six mois, avant qu’une conversion en permis slovène ne soit obligatoire. Cette conversion peut, selon le pays d’origine, nécessiter de passer un examen pratique. La demande s’effectue auprès de l’Agence slovène de sécurité routière, en fournissant des photos d’identité, le permis d’origine, parfois un certificat médical, et en réglant des frais administratifs modérés.
Les Slovènes sont souvent décrits comme réservés au premier contact, mais profondément chaleureux et loyaux une fois la relation établie. Ils tiennent à leur vie privée et construisent souvent des amitiés durables autour d’activités communes : randonnée, ski, vélo, kayak, sports collectifs, clubs de montagne ou associations culturelles.
Pour un expatrié, multiplier les occasions de contacts informels aide beaucoup : fréquenter le même café de quartier, discuter avec les commerçants, rejoindre un club sportif, un cours de langue ou un groupe de randonnée. Les réseaux sociaux et plateformes dédiées aux expatriés jouent un rôle important. Il existe de nombreux groupes en ligne centrés sur les expatriés de Ljubljana ou de Slovénie, des associations internationales (clubs de femmes d’expat, clubs anglophones, etc.) et des plateformes mondiales qui organisent régulièrement des rencontres, ateliers, sorties culturelles ou activités de networking.
Pour s’imprégner de la culture et s’intégrer en Slovénie, participez aux grandes fêtes nationales et aux événements culturels, tels que les festivals de musique ou les carnavals traditionnels. Adoptez également les loisirs quotidiens des Slovènes comme le ski, la randonnée, les bains thermaux, ou les week-ends au bord des lacs ou sur la côte, ce qui permet de créer des liens de manière naturelle.
Apprendre le slovène : une clé majeure pour s’enraciner
Même si l’anglais est largement compris, notamment en ville, parler un minimum de slovène change tout dans la relation aux habitants. Le slovène est une langue slave avec un alphabet latin de 25 lettres, complété de signes diacritiques (č, š, ž). Il existe de nombreuses ressources pour débuter : écoles de langues locales, cours universitaires, programmes en ligne, applications et manuels.
Plusieurs centres proposent des cours structurés pour étrangers (intensifs, du soir, en ligne ou en présentiel). Les programmes officiels d’intégration peuvent financer ces cours pour certains profils. Un certain niveau de langue peut être requis pour les démarches administratives, et son apprentissage est essentiel pour une intégration sociale réussie.
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S’installer en Slovénie demande un peu de préparation, mais le pays offre un équilibre rare entre qualité de vie, sécurité, nature omniprésente et infrastructure moderne. Entre Ljubljana la verte, les vignes de Maribor, les pics du Triglav et les ruelles de Piran, chaque expatrié peut trouver un coin qui lui ressemble, à condition de bien anticiper visas, budget, logement, scolarité et assurance santé, et de se laisser le temps de tisser des liens, en slovène ou en anglais, avec ceux qui feront, peu à peu, de ce petit pays alpin sa nouvelle maison.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Slovénie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Slovénie pour sa fiscalité modérée sur les pensions, l’absence d’impôt sur la fortune, sa stabilité politique et son appartenance à la zone euro, combinant coût de vie inférieur à la France (Ljubljana nettement moins chère que Paris) et plein accès UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, intégration) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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