Histoire du pays en Biélorussie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Raconter l’histoire du pays en Biélorussie, c’est traverser presque tout le récit européen: des premiers chasseurs du Paléolithique aux débats d’historiens sur l’héritage du Grand-Duché de Lituanie, des villages engloutis par la Seconde Guerre mondiale aux manuels scolaires réécrits sous la présidence d’Alexandre Loukachenko. C’est aussi passer sans cesse d’un registre à l’autre : celui de l’archéologie, de la mémoire, de la géopolitique, de la langue et de l’identité.

Bon à savoir :

La Biélorussie s’est historiquement définie comme un territoire carrefour entre la Baltique et la mer Noire, rarement centre impérial mais souvent enjeu. Son identité moderne est façonnée par un héritage successif (principautés ruthènes, Grand-Duché de Lituanie, Commonwealth polono-lituanien, empire russe, URSS) et par ce qu’on lui a refusé d’être. Son histoire est donc une bataille autour des récits autant qu’une chronologie d’événements.

Des premiers peuplements à l’émergence des Slaves

Bien avant que le mot « Biélorussie » n’existe, l’espace qu’il désigne aujourd’hui est occupé par des groupes humains depuis des centaines de milliers d’années. Les fouilles menées près du village d’Ogovo, dans l’actuelle région de Brest, ont révélé une présence très ancienne, de l’ordre de 400 000 ans, ce qui en fait l’un des gisements préhistoriques majeurs d’Europe orientale. Plus à l’est, des sites comme Yurovichi (vers Kalinkovitchi) ou Berdych (près de Tchechersk) témoignent d’occupations vieilles de 23 000 à 26 000 ans.

Exemple :

Entre 5000 et 2000 av. J.-C., la culture à céramique linéaire (Bandkeramik) succède aux chasseurs-cueilleurs du Paléolithique. Puis, à l’âge du Bronze et du Fer, des cultures comme Dniepr-Dravitsa, Lusace ou Milograd se développent. Elles se caractérisent par la maîtrise de la métallurgie, la fabrication d’objets décorés de spirales solaires et de motifs animaliers, et l’édification de tumulus funéraires appelés kourganes.

Ces cultures successives préparent le terrain, au sens propre comme au figuré, à un changement de peuplement profond. À partir du IIIᵉ siècle, des tribus baltes s’installent durablement. Puis, entre le Vᵉ et le VIIᵉ siècle, une grande vague de migrations slaves transforme l’équilibre démographique et culturel. Les archéologues observent alors une assimilation progressive des populations baltes locales – notamment les Yatvingiens et les Baltes du Dniepr – par des tribus slaves orientales.

Pour les géographes romains des Iᵉʳ- IIᵉ siècles, tels Pline ou Tacite, les Slaves sont des « Veneti ». Ptolémée évoque des tribus nommées Stavanoi ou Souobenoi, que certains chercheurs relient aux premiers Slaves. La patrie originelle de ce monde slave est encore débattue, certains la plaçant en Europe centre-orientale, d’autres du côté des marais de Pripet, au cœur de l’actuelle Biélorussie.

Auteurs antiques et chercheurs

La protohistoire de la région n’intéresse pas que les archéologues. Le fait même que des cultures anciennes comme Milograd ou Dniepr-Donets aient laissé des traces sur ce territoire nourrit aujourd’hui des constructions identitaires: pour une partie des historiens belarusses, ces racines pré-slaves renforcent l’idée d’une continuité locale bien antérieure à l’apparition de la Russie ou de la Pologne.

Du monde de la Rus’ aux principautés biélorusses

À partir du IXᵉ siècle, la plupart des tribus slaves orientales entrent dans l’orbite d’un nouvel ensemble politique : la Rus’ de Kiev. L’espace correspondant à la Biélorussie actuelle se retrouve intégré à cette fédération lâche de principautés. Trois centres se partagent l’influence : Kiev, Novgorod et surtout, pour la zone biélorusse, Polotsk.

Attention :

Polotsk, mentionnée dès 862, fut le cœur de la première principauté structurée de la région. Son importance est soulignée par la construction, entre 1044 et 1066, de la cathédrale Sainte-Sophie. En reprenant ce nom prestigieux, à l’instar de Constantinople, Kiev et Novgorod, elle affirmait la dignité et l’autonomie de ce centre septentrional de la Rus’.

Autour de Polotsk gravitent des territoires vassaux, jusqu’à des zones baltes vers l’ouest. Plus au sud, la principauté de Tourau (Tourovskoïe kniajestvo), mentionnée dès 980, joue un rôle secondaire mais réel, notamment sur le plan spirituel. L’évêque Cyrille de Tourau, au XIIᵉ siècle, laisse des homélies et des écrits théologiques qui marqueront durablement la tradition orthodoxe locale.

C’est aussi à Polotsk qu’apparaît une figure qui deviendra l’une des patronnes de la Biélorussie, Euphrosyne de Polotsk. Issue de la noblesse princière, elle fonde des monastères, soutient la copie de livres, commande au maître Lazar Bohsha un crucifix orné – la fameuse « Croix d’Euphrosyne » – qui sera longtemps considéré comme un trésor national, avant de disparaître pendant la Seconde Guerre mondiale.

1067

Année de la bataille sur la Niamiha, première mention écrite de Minsk et date symbolique de sa fondation.

Au tournant des XIIᵉ-XIIIᵉ siècles, la Rus’ de Kiev s’effrite. Les principautés deviennent de facto indépendantes. L’invasion mongole de 1240, qui détruit Kiev, redistribue brutalement les cartes. Nombre de villes ruthènes sont ravagées ou deviennent tributaire de la Horde d’or. Pourtant, par une combinaison de circonstances géographiques et militaires, une grande partie des terres de l’actuelle Biélorussie échappe au pire des destructions et change d’allégeance par une autre voie: l’expansion du jeune pouvoir lituanien.

Le Grand-Duché de Lituanie: laboratoire d’un État biélorusse ?

L’histoire du pays en Biélorussie ne peut pas être racontée sans le Grand-Duché de Lituanie. À partir du XIIIᵉ siècle, cette entité née des tribus baltes d’Aukštaitija commence à absorber, par conquêtes ou alliances, la plupart des anciennes principautés de la Rus’ occidentale. Sous des souverains comme Mindaugas, puis surtout Gediminas, Algirdas et Vytautas, le Grand-Duché s’étend de la Baltique à la mer Noire, intégrant la quasi-totalité des terres ruthènes situées entre Smolensk, Kiev et la Podolie.

Pour les populations slaves orientales de ce qui deviendra la Biélorussie, ce tournant est majeur. D’un côté, la classe dirigeante reste lituanienne d’origine, la langue naturelle des ducs est balte, et la dynastie affronte les ordres teutoniques dans des guerres de croisade païennes. De l’autre, le poids démographique et culturel des Ruthènes est tel que la langue administrative du Grand-Duché devient rapidement un idiome slave oriental: la fameuse « langue de chancellerie ruthène », désignée parfois comme « vieux biélorussien » par l’historiographie nationale.

70-80

C’est la proportion estimée de Slaves orientaux, ancêtres des Biélorusses et des Ukrainiens, parmi les sujets du Grand-Duché de Lituanie aux XVIᵉ siècles.

Deux visions de ce passé coexistent aujourd’hui à Minsk. L’historiographie dite « officielle », héritée en droite ligne de la tradition soviétique, admet l’importance du Grand-Duché dans la formation de l’ethnie biélorusse, mais insiste sur son caractère pluriethnique et sur le rôle des « Russes » dans cet ensemble. Dans ce récit, on parle plutôt d’un État « lituano-ruthène », voire « russo-lithuanien », et on rappelle que la véritable « nationalité » biélorusse n’aurait trouvé un État qu’avec la république soviétique après 1917.

Face à cette lecture, une école historique alternative – marginalisée mais influente dans l’espace intellectuel indépendant – propose une autre narration. Pour ses représentants, le Grand-Duché est « notre État », au sens propre. Ils y voient une construction où les terres biélorusses – Polotsk, Vitebsk, Novogrudok, Touroŭ – ont joué un rôle structurant, au point de faire du Duché un quasi-État biélorussien médiéval. L’historien Mikola Yermalovitch, harcelé par le KGB soviétique, a été l’un des principaux artisans de cette relecture, en affirmant que le cœur du Grand-Duché se situait à Navahrudak et non en Lituanie proprement dite.

Autour de ces thèses s’est cristallisé ce que les critiques appellent le « litvinisme » : l’idée que les véritables héritiers du Grand-Duché de Lituanie ne seraient pas les Lituaniens actuels mais les Biélorusses, descendants des « Litvins » de jadis. Certaines versions radicales vont jusqu’à nier tout lien entre la Lituanie moderne et la « Litva » historique, ou à faire des Biélorusses des Baltes slavisés. Ces approches sont rejetées par la plupart des académiques, mais trouvent un public en ligne et irritent fortement Vilnius.

Bon à savoir :

Le Grand-Duché de Lituanie a profondément marqué l’identité biélorusse. L’orthodoxie y fut longtemps majoritaire, bien que le noyau lituanien ait été christianisé en rite latin après 1386. La langue de chancellerie, le ruthène (considéré comme le vieux biélorusse), servit de langue officielle jusqu’au XVIIᵉ siècle. Les villes actuelles de Biélorussie (Polotsk, Vitebsk, etc.) étaient des acteurs politiques, économiques et culturels majeurs du Duché, et de grandes familles aristocratiques biélorussiennes, comme les Radziwiłł, y jouèrent un rôle central.

Le Grand-Duché est aussi un laboratoire politique. Des auteurs biélorusses du début du XXᵉ siècle, comme Usievalad Ihnatouski, ont insisté sur la nature relativement « contractuelle » de ce système: pouvoir du prince limité par les assemblées nobiliaires et les veche urbains, autonomie des communautés locales, codification juridique avancée. À leurs yeux, cette tradition contraste fortement avec l’autocratie moscovite, centralisée et verticale. Pour les nationalistes modernes, revendiquer le Grand-Duché comme matrice de l’État biélorusse, c’est donc aussi inscrire le pays dans une autre famille politique que celle de la Russie.

Le Commonwealth polono-lituanien: ouverture et fracture

En 1569, l’Union de Lublin scelle la fusion du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lituanie dans une république fédérale : la Rzeczpospolita, ou Commonwealth polono-lituanien. Les terres biélorusses restent juridiquement dans la partie « Grand-Duché », mais le cadre politique change profondément. La noblesse, la célèbre szlachta, domine la vie publique, l’élection du roi devient la règle, et la Diète (Sejm) se transforme en un parlement puissant mais miné par le droit de veto individuel accordé à chaque député.

Astuce :

Pour les régions biélorusses, la période du Commonwealth polono-lituanien est ambivalente mais marquée par des avancées notables. D’un côté, cet État est l’un des plus vastes et relativement tolérants de son époque. L’Acte de la Confédération de Varsovie (1573) garantit, sur le papier, la liberté de culte, ce qui est exceptionnel dans une Europe déchirée par les guerres de religion. Économiquement, les villes bénéficient des droits de Magdebourg, les foires se multiplient et le commerce vers la Baltique ou la mer Noire s’intensifie. Culturellement, la création de l’université de Vilnius en 1579, par le roi-duc Étienne Bathory et les jésuites, fait de la région un centre intellectuel majeur.

Mais d’un autre côté, la noblesse locale – d’origine ruthène – subit un processus de polonisation rapide. La langue polonaise s’impose comme idiome de prestige. La noblesse adopte le catholicisme latin. En 1696, le vieux langage de chancellerie ruthène est officiellement évincé de l’administration au profit du polonais. Le fossé culturel et religieux se creuse entre une élite catholique et polonisée, et une paysannerie qui reste majoritairement orthodoxe et parle des dialectes slaves orientaux.

Bon à savoir :

En 1595-1596, l’Union de Brest crée l’Église uniate (future grecque-catholique), une partie de la hiérarchie orthodoxe reconnaissant l’autorité du pape tout en gardant le rite oriental. Ce mouvement vise à échapper au patriarcat de Moscou et à améliorer le statut social au sein du Commonwealth. Cependant, ce compromis religieux provoque de profondes divisions et déclenche des soulèvements populaires pour défendre l’orthodoxie traditionnelle dans des villes comme Slutsk, Mogilev, Vitebsk et Polotsk.

Là encore, les interprétations modernes divergent. L’historiographie officielle de la Biélorussie post-soviétique appréhende l’Union de Brest comme une « catastrophe », une passerelle vers la polonisation et une coupure douloureuse avec le « monde russe ». Pour les historiens alternatifs, au contraire, l’uniatisme aurait pu constituer une forme de religion nationale biélorusse, conciliant tradition orientale et indépendance vis-à-vis de Moscou. Ils soulignent qu’à la fin du XVIIIᵉ siècle, une très large majorité des habitants de la région – autour de 75 % selon certaines estimations – relevaient de cette Église, contre une minorité orthodoxe. Lorsque l’empire russe annexe le pays et supprime l’uniatisme au XIXᵉ siècle, ces auteurs y voient un acte de russification violente et une des raisons de la faiblesse ultérieure du sentiment national biélorusse.

Bon à savoir :

Le Commonwealth est soumis à des pressions constantes : razzias des Tatars de Crimée, guerres avec Moscou pour le contrôle des terres de la Rus’, et la révolte cosaque de Khmelnitski qui s’étend en Biélorussie. Ces conflits, combinés aux famines et épidémies, provoquent des massacres, des déplacements de population et peuvent réduire de moitié la population locale.

Le XVIIIᵉ siècle voit l’affaiblissement structurel du Commonwealth, miné par les vetos parlementaires, la corruption nobiliaire et les ingérences de Saint-Pétersbourg, Berlin et Vienne. Les tentatives de réforme, notamment la Constitution du 3 mai 1791 – première constitution moderne d’Europe –, arrivent trop tard. Trois partages successifs, en 1772, 1793 et 1795, rayent la Rzeczpospolita de la carte. Toutes les terres biélorusses passent sous contrôle de l’Empire russe.

Sous l’Empire russe: répression, modernisation et premiers nationalistes

L’annexion des terres biélorusses par la Russie impériale ouvre une nouvelle séquence. Là encore, les récits divergent. La version russe et la version officiellement promue à Minsk après 1994 présentent ces événements comme un « retour » naturel des régions biélorusses dans le giron d’un même peuple est-slave. Les historiens alternatifs parlent au contraire d’occupation et de début d’une longue entreprise de dé-identification.

Dans les faits, les élites nobles conservent d’abord une partie de leurs privilèges. Mais les soulèvements polonais de 1830-1831 puis 1863-1864 – auxquels participent nombre de nobles et d’intellectuels biélorussiens – entraînent un durcissement majeur. L’administration tsariste accélère la russification. Des figures comme Konstanty (Kastuś) Kalinowski, chef local de l’insurrection de 1863 et auteur du premier journal politique en biélorussien moderne, Mużyckaja prauda (« La vérité des paysans »), sont exécutées. Kalinowski y défend, en langue vernaculaire, la dignité du « peuple paysan » face à la fois à l’oppression tsariste et aux nobles polonisés.

Attention :

Dans les années 1840, les autorités russes de Saint-Pétersbourg suppriment l’autonomie locale, interdisent le terme « Biélorussie » au profit de « province nord-occidentale » et de « Russes occidentaux », proscrivent l’enseignement et l’usage liturgique du biélorussien, et ferment l’université de Vilnius. Cette politique vise à effacer les liens avec le passé polono-lituanien et à empêcher l’émergence d’une identité distincte de la nation russe.

Pourtant, le XIXᵉ siècle est aussi le temps d’un réveil culturel discret. Des auteurs comme Jan Czeczot, Władysław Syrokomla ou Vincent Dunin-Martsinkevitch commencent à écrire en dialectes locaux ou à collecter le folklore biélorussien. L’ethnographe Pavel Shpilevski tente de publier une grammaire du biélorussien en 1846, mais l’Académie des sciences de Russie refuse son manuscrit jugé insuffisamment « scientifique ». En 1870, Ivan Nasovič parvient néanmoins à éditer le premier grand dictionnaire biélorussien, jalon important pour la reconnaissance linguistique.

Bon à savoir :

Le recensement de 1897, première base statistique fiable, recense environ 5,9 millions de locuteurs de « petit russe blanc » (biélorusse). Il révèle un paradoxe : dans les grandes villes comme Minsk ou Vilnius, les biélorussophones sont une minorité, dépassés par les communautés juive (yiddish), polonaise et russe, faisant apparaître la langue comme rurale et « non éduquée ». Cependant, à l’échelle des districts, la population majoritaire n’est ni polonaise ni russe, ce qui renforce chez certains intellectuels l’idée d’un peuple distinct.

L’industrialisation tardive de l’Empire et le développement des chemins de fer à la fin du XIXᵉ siècle changent progressivement la donne. Minsk, Vitebsk, Grodno, Gomel ou Pinsk deviennent d’importants nœuds industriels et ferroviaires. Des étudiants biélorussiens fondent à Saint-Pétersbourg, dans les années 1880, l’organisation révolutionnaire Homan, précurseur du premier parti politique national, la Hramada, créée en 1903. La presse en biélorussien s’étoffe, avec notamment le journal Nasha Niva au début du XXᵉ siècle. Des écrivains comme Janka Kupala et Yakub Kolas posent alors les bases de la littérature moderne.

Ce réveil national se produit sur fond de tensions redoublées. À la fin du XIXᵉ siècle, les autorités russes encouragent un courant dit « ouest-russiste », incarné par des intellectuels comme Mikhail Koyalovitch, qui défend l’idée que Biélorussiens et Ukrainiens ne sont qu’une branche régionale du peuple russe. À l’opposé, des figures comme Francišak Bahuševič exhortent leurs compatriotes à ne pas abandonner leur langue, sous peine « de disparaître comme peuple ».

Guerres mondiales, révolutions et créations d’États

La Première Guerre mondiale et les révolutions russes de 1917 rebattent violemment les cartes. Le front germano-russe traverse les terres biélorusses dès 1915. Les villes changent de mains, des centaines de milliers de civils fuient vers l’intérieur de l’Empire. En mars 1917, la chute du tsar et l’arrivée au pouvoir du gouvernement provisoire à Petrograd ouvrent une brèche politique. Des forces biélorussiennes se rassemblent à Minsk, créent un Comité national, réclament l’autonomie au sein d’une Russie démocratique. Elles ne l’obtiendront pas.

Exemple :

Proclamée le 25 mars 1918 à Minsk par des militants biélorussiens, la République populaire biélorussienne (BNR) émerge dans le contexte du traité de Brest-Litovsk. Ce traité, signé par les bolcheviks en mars 1918 pour faire la paix avec l’Allemagne, cède d’immenses territoires occidentaux, incluant la plupart des terres biélorusses. Dans le vide laissé par le retrait russe et l’avancée allemande, la BNR se constitue comme un État national aspirant à couvrir l’ensemble du territoire ethnique biélorussien, bien qu’elle ne bénéficie que d’un soutien limité de quelques puissances.

La BNR reste pourtant largement virtuelle. Elle dépend du bon vouloir de l’occupant allemand, n’obtient qu’une reconnaissance de facto limitée (Ukraine, Lituanie, quelques États d’Europe centrale) et ne maîtrise ni une armée ni une administration véritablement efficaces. Après la défaite allemande à l’automne 1918, la région devient l’enjeu d’une guerre à trois: Russie soviétique, Pologne renaissante et formations locales.

Exemple :

Début 1919, les bolcheviks proclament la République socialiste soviétique de Biélorussie (SSRB), rapidement fusionnée avec la Lituanie pour former la Litbel, une entité éphémère. Parallèlement, la Pologne de Józef Piłsudski avance vers l’est, promouvant une fédération d’« Entre-Mers » incluant Pologne, Lituanie, Biélorussie et Ukraine, mais visant en réalité à contrôler durablement ces territoires. Ces tensions territoriales et idéologiques se cristallisent lors de la guerre polono-soviétique (1919–1921), dont les principaux théâtres d’opérations sont les terres biélorusses et ukrainiennes.

Le traité de Riga, en mars 1921, entérine un nouveau partage: l’ouest de la Biélorussie (avec Grodno, Brest, une partie de Minsk) va à la Pologne ; l’est, réduit à quelques districts autour de Minsk, forme une République socialiste soviétique biélorusse reconnue comme telle mais sous stricte tutelle de Moscou. La BNR, elle, survit en exil, d’abord à Kaunas, puis à Prague, sans pouvoir s’imposer sur le terrain.

Biélorussie soviétique: construction nationale encadrée et tragédies

Les années 1920 dans la partie soviétique de la Biélorussie sont marquées par une politique paradoxale. D’un côté, la doctrine d’« indigénisation » (korenizatsia) promue par Moscou encourage l’usage des langues locales, la promotion de cadres biélorussiens, la création d’institutions scientifiques et éducatives nationales. C’est l’époque de l’Institut de la culture biélorussienne, des premières académies, de l’université d’État de Biélorussie, des écoles en langue biélorussienne. La littérature et les arts connaissent une effervescence. La grammaire standard est fixée, l’alphabet cyrillique modernisé, et la langue devient officiellement l’une des quatre langues d’État de la république, avec le russe, le polonais et le yiddish.

D’un autre côté, cette expérience reste étroitement subordonnée à l’idéologie communiste. À partir de la fin des années 1920, le vent tourne. Sous Staline, la suspicion envers tout nationalisme « local » se renforce. La collectivisation forcée, les purges politiques et la chasse aux « déviationnistes nationaux » frappent de plein fouet les élites biélorussiennes. Dans les années 1930, une grande partie de l’intelligentsia – écrivains, historiens, linguistes, cadres du parti – est arrêtée, exécutée ou envoyée au Goulag. Le site de Kurapaty, près de Minsk, où des fosses communes de victimes de la répression ont été mises au jour en 1988, symbolise cette terreur.

Sur le plan linguistique, une réforme orthographique en 1933 rapproche délibérément le biélorussien du russe, supprime des formes jugées « polonisées » ou archaïques, et durcit le contrôle sur la norme. L’objectif affiché est de « supprimer les barrières artificielles entre les deux langues ». Une lecture moins charitable y voit un instrument de russification subtile. À partir des années 1950–1960, la tendance s’accentue. En 1955–1956, environ 95 % des écoles de la BSSR enseignent principalement en russe. Les villes se russifient massivement; le biélorussien se replie sur les campagnes.

2200000

Plus de 2,2 millions de personnes, soit environ un quart de la population biélorusse d’avant-guerre, ont péri pendant l’occupation nazie.

Dans ce contexte, la résistance partisane devient un élément central de la mémoire nationale. Les maquis soviétiques biélorussiens sont parmi les plus actifs de l’URSS. Ils sabotent voies ferrées, lignes de communication et convois, jusqu’aux grandes opérations coordonnées comme « la guerre des rails » en 1943. L’épisode de Brest, où la forteresse résiste héroïquement aux premières attaques allemandes, est élevé au rang de mythe fondateur; la ville reçoit à l’époque soviétique le titre rare de « Forteresse-héros ». Minsk est déclarée « Ville-héroïne ». La mémoire officielle de la guerre – la « Grande Guerre patriotique » – s’articule durablement autour du sacrifice massif et de la résistance.

80

Pourcentage du bâti détruit à Minsk et Vitebsk après la Libération en 1944.

Cette réussite matérielle s’accompagne d’une identité hybride: soviétique par l’idéologie, mais « biélorussisée » dans certains symboles (reconnaissance de la langue, de figures comme Euphrosyne de Polotsk ou Francysk Skaryna). Elle repose aussi sur un compromis: acceptation d’une russification culturelle poussée (langue, références historiques centrées sur Moscou) en échange de la stabilité socio-économique et de la reconnaissance du rôle de la BSSR comme « république martyre » et « république partisan ».

La fin des années 1980 rompt cet équilibre. La perestroïka permet de remettre à l’agenda des sujets tabous: répressions staliniennes, Chernobyl (dont 70 % des retombées contaminent le territoire biélorusse), dégradation écologique, place réelle de la langue nationale. Le front populaire biélorussien, fondé en 1989, exige transparence et souveraineté accrue. En 1990, le parlement adopte une déclaration de souveraineté. Après l’échec du putsch de Moscou, en août 1991, la Biélorussie proclame son indépendance pleine et entière le 25 août. Le nom officiel passe de « République socialiste soviétique de Biélorussie » à « République de Biélorussie ».

Les batailles pour l’histoire depuis l’indépendance

L’indépendance ouvre un chantier délicat: comment réécrire l’histoire du pays en Biélorussie après des décennies de récit soviétique ? Dès 1986, le ministère de l’Éducation engage une refonte des programmes. Des historiens comme Mikhas’ Bitch, Ouladzimir Sidartsou, Vital’ Famine ou Pavel Loïka sont sollicités pour produire de nouveaux manuels, à destination des écoles et des universités, qui mettent en avant les racines européennes, le rôle du Grand-Duché de Lituanie, l’expérience de la République populaire de 1918, et les résistances à l’emprise russe.

Dans ces premiers manuels des années 1990, l’accent est mis sur des thèmes jusqu’alors marginalisés ou déformés: guerres entre le Grand-Duché et la Moscovie, Union de Brest interprétée comme tentative d’indépendance ecclésiale, insurrections anti-tsaristes, BNR envisagée comme première tentative de création d’un État biélorusse moderne. Le drapeau blanc-rouge-blanc et les armoiries médiévales du cavalier (Pahonia), empruntées au blason du Grand-Duché, sont adoptés comme symboles nationaux.

Astuce :

L’élection d’Alexandre Loukachenko en 1994 marque un tournant. En 1995, un référendum controversé rétablit des symboles d’inspiration soviétique, donne au russe un statut officiel égal au biélorusse et permet une révision des manuels scolaires. Une commission spéciale est créée pour contrôler la littérature scolaire, conduisant à l’élimination progressive des ouvrages reflétant l’esprit de la première indépendance.

Peu à peu, une nouvelle orthopraxie historiographique s’impose, largement inspirée du canon soviétique, mais adaptée. Le Grand-Duché de Lituanie est reconnu comme important, mais on insiste sur son caractère multiethnique et sur l’idée que les Biélorusses n’y possédaient pas de véritable « État national ». La République populaire biélorussienne est mentionnée, mais souvent présentée comme un projet sous tutelle allemande. La période impériale russe est réhabilitée pour son rôle prétendument protecteur face à la polonisation, tandis que les références au caractère colonial ou répressif de la domination russe sont minimisées. Le fil conducteur redevient celui d’une fraternité russo-biélorusse ininterrompue, du baptême de la Rus’ à l’Union actuelle avec Moscou.

Bon à savoir :

Dans les années 2000, le pouvoir biélorusse a adopté une stratégie de « douce biélorussisation » pour dialoguer avec l’Europe. Cela s’est traduit par la rénovation de châteaux historiques du Grand-Duché et du Commonwealth, l’érection de statues de figures communes avec des pays voisins (comme Tadeusz Kościuszko), et la participation à des programmes de restauration de l’UNESCO. Cette réappropriation timide de l’héritage national, notamment par la langue et certains symboles dans l’espace public, n’a cependant pas remis en cause la primauté politique de la langue russe et du cadre soviétique.

Les événements de 2020 – élections contestées, manifestations massives, répression – et la crise géopolitique autour de l’Ukraine bouleversent cet équilibre instable. Les opposants, rassemblés autour de Sviatlana Tsikhanouskaïa, réinvestissent les symboles du Grand-Duché, de la BNR, des insurrections du XIXᵉ siècle. Le drapeau blanc-rouge-blanc et le cavalier médiéval fleurissent dans les rues de Minsk. La Lituanie offre une tribune et un refuge aux exilés biélorusses, se posant comme gardienne de la tradition commune du Grand-Duché.

Attention :

En réaction aux influences occidentales, le régime biélorussien durcit sa position et promeut un récit historique exclusivement russo-soviétique. Il efface les références à l’héritage du Grand-Duché de Lituanie (comme les statues des grands-ducs Vytautas et Jogaila) et valorise les figures conformes à cette narration : héros de la Grande Guerre patriotique, partisans et dirigeants soviétiques. Parallèlement, il réprime les courants historiographiques alternatifs, comme le litvinisme, par des perquisitions, des licenciements et des poursuites judiciaires, allant jusqu’à interdire des revues et censurer des livres d’histoire critique.

Pour comprendre à quel point la bataille des récits est structurante, il suffit de regarder comment les deux grandes écoles d’historiens interprètent quelques épisodes clés:

Période / événementLecture officielle pro-russeLecture alternative nationaliste
Grand-Duché de LituanieÉtat lituanien devenu polyethnique, part de l’héritage russe« Notre » État, largement biélorussien, moment fondateur de la nation
Union de Lublin (1569)Début d’une tragique polonisation, perte de souverainetéUnion contrainte face à la menace moscovite, modernisation institutionnelle
Union de Brest (1596)Malheur historique, instrument de polonisation religieuseTentative avortée de créer une Église nationale biélorussienne
Partages de la Pologne (1772–1795)Retour aux « racines russes », fin de l’oppression polonaiseOccupation, début de la dé-identification biélorusse
République populaire de 1918 (BNR)Entité de collaboration avec l’Allemagne impérialePremière tentative d’État national biélorussien
URSS et BSSRApogée du développement, « cadeau » d’un État à la nationProjet impérial, modernisation sous condition de russification

Cette opposition ne se déploie pas seulement dans les livres, mais dans les salles de classe, les musées, les cérémonies officielles, les séries télévisées. La discipline universitaire « Histoire de l’État biélorusse », obligatoire dans le supérieur, est explicitement chargée de « former une position patriotique » conforme aux valeurs définies par le pouvoir. Après 2020, la dimension sécuritaire de cette politique mémorielle se renforce encore, en coopération étroite avec des institutions russes comme la Société « Mémoire historique ».

La langue, miroir fidèle de l’histoire

On ne peut clore un panorama de l’histoire du pays en Biélorussie sans évoquer la trajectoire singulière de la langue biélorussienne, tant elle condense les tensions historiques du territoire. Issue, comme le russe et l’ukrainien, de l’ancien slave oriental de la Rus’ et de sa variante écrite, le ruthène, elle s’est longtemps exprimée surtout à l’oral, le prestige écrit revenant au slavon d’Église puis au polonais. Au sein du Grand-Duché de Lituanie, le « langage ruthène de chancellerie » a pourtant occupé pendant plusieurs siècles une fonction quasi-officielle, qu’une partie des historiens revendique aujourd’hui comme « vieux biélorussien ».

La période moderne voit sa progressive marginalisation: bannie de l’administration en 1696, confinée aux campagnes sous l’Empire russe, utilisée marginairement dans des écoles tenues par les Basiliens, elle est longtemps perçue comme le parler « des simples ». Sa codification moderne, à la fin du XIXᵉ siècle, s’effectue dans un contexte de conflit aigu entre pouvoirs russes et polonais, qui se disputent le contrôle du système éducatif et l’allégeance des élites. Les grammaires de Tarashkevitch, les travaux du linguiste Yefim Karskiy, la littérature de Kupala ou Kolas, la presse de Nasha Niva et de Mużyckaja prauda, donnent toutefois au biélorussien une base solide.

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La proportion d’enfants scolarisés en biélorussien à Minsk est tombée en dessous de ce pourcentage après le référendum de 1995.

Les recensements de 1999 et 2009 reflètent cette tension identitaire. La majorité des citoyens se déclarent encore locuteurs natifs du biélorussien (85,6 % en 1999, 60,8 % en 2009), mais la plupart admettent utiliser le russe comme langue principale au quotidien. L’UNESCO classe aujourd’hui le biélorussien parmi les langues « vulnérables », en rappelant qu’une langue dont moins de 30 % de la population fait un usage réel dans la vie de tous les jours se trouve en zone critique. Dans l’édition, la situation est tout aussi parlante: en 2022, à peine 1 067 titres sur 8 586 ont été publiés en biélorussien, pour un tirage total très minoritaire par rapport au russe.

Exemple :

Une partie de la population, dite « consciente », valorise l’européanité, la langue biélorussienne, le passé du Grand-Duché et la République populaire biélorusse (BNR), percevant la russification comme un héritage colonial. Un autre segment, qualifié de « soviétique », se reconnaît dans l’identité russo-soviétique, célèbre l’URSS comme un âge d’or de stabilité et de puissance, et voit le rapprochement avec Moscou comme une garantie.

Dans ce contexte, chaque choix de toponymie, de translittération ou de terminologie historique devient chargé. Le simple mot « Biélorussie » – traduction traditionnelle de Belorussia, littéralement « Russie blanche » – fait l’objet de débats, certains lui préférant « Bélarus », jugé plus neutre et plus conforme à la langue nationale. La réforme de la translittération officielle en 2023, qui abandonne un système latin fondé sur l’orthographe historique biélorussienne pour un schéma autorisant la translittération à partir du russe, a ainsi été perçue par de nombreux linguistes comme un nouveau symptôme de recentrage identitaire vers Moscou.

Un passé qui pèse sur le présent

En refermant cette traversée, une constante apparaît: l’histoire du pays en Biélorussie est moins celle d’une ligne droite vers l’« État-nation » que celle de couches successives, superposées, souvent contradictoires, que chaque génération réinterprète. Les tumulus de l’âge du Bronze côtoient les ruines de châteaux gothiques du XVIᵉ siècle, les coupoles baroques d’églises uniates devenues orthodoxes, les imposantes usines de l’ère soviétique et les monuments de la Grande Guerre patriotique.

Bon à savoir :

L’analyse historique doit reconnaître la complexité du passé biélorusse : la part du Grand-Duché de Lituanie, les apports et la répression soviétiques, et l’influence alternée de Varsovie et Moscou. Elle doit aussi éviter l’instrumentalisation idéologique (eurasiste ou nationaliste) pour laisser place à la recherche objective et aux nuances.

Cette tâche est d’autant plus ardue que l’historiographie biélorussienne est aujourd’hui divisée, voire mutilée. Des centaines d’historiens ont été licenciés ces dernières années, des projets éditoriaux fermés, des œuvres classées « extrémistes ». Dans le même temps, la société biélorusse se fracture entre exil et intérieur, entre milieux russophones et défenseurs de la langue nationale, entre mémoires familiales différentes de la guerre, de l’URSS, de l’indépendance.

Pourtant, la longue durée offre une forme de consolation: depuis les premiers silex d’Ogovo jusqu’aux débats sur la « vraie » nature du Grand-Duché de Lituanie, en passant par les croix d’Euphrosyne, les tranchées de la guerre, les affiches de la BNR et les manuels de perestroïka, l’histoire du pays en Biélorussie n’a jamais cessé d’être plurielle. C’est peut-être dans l’acceptation de cette pluralité – et non dans la recherche d’un récit unique – que se trouve la clé d’un avenir apaisé pour un territoire qui, depuis des siècles, n’en finit pas de se définir entre Est et Ouest.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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