Les démarches administratives pour vivre à la Barbade

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à la Barbade ne se résume pas à choisir une plage et un quartier agréable. Entre visas, fiscalité, santé, logement, importation de biens et même raccordement à l’électricité, le projet suppose un véritable parcours administratif, plus ou moins complexe selon que l’on vient pour un an en télétravail ou pour s’y établir durablement. L’île a cependant structuré plusieurs dispositifs pensés pour les expatriés, investisseurs, retraités et nomades digitaux, ce qui permet de bâtir un projet solide à condition de bien comprendre les règles du jeu.

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Comprendre les différentes portes d’entrée pour vivre à la Barbade

Avant toute autre démarche, il est utile de clarifier une idée clé : la Barbade ne propose pas un unique « visa de résidence », mais une mosaïque de statuts. Le choix du bon dispositif va dépendre de la durée prévue, de la source de revenus (locale ou étrangère), du niveau de patrimoine, de la situation familiale et des objectifs à long terme (séjour temporaire, résidence permanente, naturalisation…).

Séjour court, long séjour, résidence : trois niveaux de présence

Pour simplifier, on peut distinguer trois grandes étapes possibles dans un projet d’installation :

Statuts de séjour à la Barbade

Découvrez les différentes options pour séjourner et s’installer durablement à la Barbade, adaptées à vos projets.

Séjour court (visiteur)

Pour un séjour touristique ou d’affaires limité, avec ou sans visa selon votre nationalité.

Long séjour temporaire

Options incluant le visa Welcome Stamp pour télétravailleurs, le permis de travail classique ou le permis de résidence spécial (SERP/SERP).

Résidence durable

Pour une installation à long terme, pouvant mener à la résidence permanente puis à la citoyenneté barbadienne après plusieurs années.

Ce canevas permet de se situer clairement et de planifier les démarches successives : entrée sur le territoire, régularisation pour travailler ou télétravailler, résider plus de six mois, puis, éventuellement, ancrage administratif de long terme.

Entrer sur le territoire : visa, exemptions et formalités à l’arrivée

La première étape, quel que soit le projet, consiste à franchir légalement la frontière. Pour cela, la Barbade applique un régime assez ouvert, mais nuancé selon la nationalité et la durée du séjour.

Pays dispensés de visa et durée maximale de séjour

Un grand nombre de nationalités peuvent se rendre à la Barbade sans visa pour un séjour touristique ou d’affaires. La durée autorisée varie :

Nationalité / GroupeDurée maximale sans visa
États-Unis, Royaume‑Uni, Canada, nombreuses nations du CommonwealthJusqu’à 180 jours
États membres de l’UE (hors Irlande), Chine, JaponJusqu’à 90 jours
Certaines nationalités spécifiques (ex. Albanie, Cuba, Ukraine)Jusqu’à 28 jours
Citoyens CARICOM (hors régimes spécifiques de libre circulation)Jusqu’à 6 mois en général

Dans tous les cas, même avec exemption de visa, l’autorisation d’entrer reste à la discrétion de l’officier d’immigration au point d’entrée. Il peut demander des preuves de ressources suffisantes, de logement pour le début du séjour, et vérifier le billet de retour ou de continuation de voyage.

Pays soumis à visa et types de visas de visite

Pour certains États (Afghanistan, Haïti, Iran, Irak, Syrie, République dominicaine, Libye, Yémen, Corée du Nord, entre autres), la Barbade exige un visa avant le voyage. Deux formats existent pour le tourisme ou les visites :

Type de visaValiditéFrais indicatifs (USD)
Entrée uniqueSéjour jusqu’à 90 jours107 $
Entrées multiplesValidité 180 jours211 $

La demande se fait auprès d’un consulat barbadien (Londres, Ottawa, Toronto, Washington, Miami, New York, Bruxelles, Genève…) ou par courrier vers le service de l’immigration à Bridgetown. Le visa est généralement délivré sous forme de lettre plutôt que de vignette apposée dans le passeport, et le délai de traitement tourne autour de trois semaines. Il est donc déconseillé de réserver des billets non remboursables avant d’avoir obtenu l’accord.

Formalités pour tous les voyageurs à l’arrivée

Visa ou pas, plusieurs obligations s’appliquent à tous :

Bon à savoir :

Pour entrer à la Barbade, votre passeport doit être valable pour toute la durée de votre séjour. Vous devez impérativement remplir le formulaire Immigration & Douanes en ligne (travelform.gov.bb) dans les 72 heures précédant votre arrivée. Il vous faudra également présenter un billet retour ou de continuation (sauf exceptions comme pour les titulaires du Welcome Stamp), une preuve de logement (réservation d’hôtel ou adresse) pour au moins le début du séjour, et pouvoir justifier d’une capacité financière suffisante, évaluée à la discrétion de l’officier d’immigration.

Les règles sanitaires strictes de la période Covid ont été levées, les derniers protocoles ayant été abandonnés en 2022, mais certaines exigences ponctuelles peuvent réapparaître en cas de crise sanitaire.

Vivre et télétravailler : le visa « Barbados Welcome Stamp »

La grande innovation barbadienne pour attirer les expatriés de moyen terme est le visa « Barbados Welcome Stamp », souvent présenté comme un visa pour nomades digitaux. Il constitue la porte d’entrée la plus simple pour vivre un an sur l’île en continuant à travailler pour un employeur ou une clientèle basés à l’étranger.

Philosophie et cadre légal du Welcome Stamp

Lancé en 2020 par le gouvernement (Ministère du Tourisme et des Transports internationaux) pour compenser la chute du tourisme classique liée à la pandémie, le Welcome Stamp a fait de la Barbade le premier pays caribéen à proposer un véritable visa « nomade digital ».

Le dispositif repose sur le Remote Employment Act de 2020. Il vise trois objectifs :

Offrir une solution clé en main aux télétravailleurs dont l’emploi est détachable du lieu de résidence.

– Générer des devises par la dépense des titulaires sur l’île (loyer, vie quotidienne).

– Attirer une main-d’œuvre qualifiée et des membres de la diaspora susceptibles de s’ancrer à plus long terme.

Le programme a été prolongé au moins jusqu’en 2026, avec une validité de 12 mois par visa, renouvelable.

Conditions d’éligibilité : revenus, emploi, assurance

Pour accéder au Welcome Stamp, plusieurs conditions sont incontournables :

Attention :

Pour un séjour à la Barbade dans le cadre du programme de travail à distance, les conditions obligatoires incluent : un passeport valide, un emploi ou des clients à distance situés hors du pays, un revenu annuel minimum de 50 000 USD (avec une exigence légale de 100 000 USD en devises étrangères selon le Remote Employment Act), une assurance santé couvrant toute la durée du séjour, et des ressources financières suffisantes pour soi et sa famille.

Fait notable : les autorités ne demandent pas systématiquement de justificatifs d’entrées d’argent, mais une déclaration sur l’honneur du niveau de revenus. En revanche, toute menace pour la sécurité nationale entraîne un rejet.

Ce visa n’autorise pas à travailler pour un employeur barbadien ni à percevoir un salaire local. Même si l’on crée une société sur place, le Welcome Stamp ne remplace pas un permis de travail classique.

Procédure de demande : 100 % en ligne

La demande se fait exclusivement sur le site officiel barbadoswelcomestamp.bb/applynow. Le gouvernement recommande explicitement d’éviter les intermédiaires privés.

Les pièces principales à fournir sont : les justificatifs d’identité, les attestations de domicile, et les relevés de compte bancaire.

Bon à savoir :

Pour constituer un dossier de demande de visa complet, vous devez fournir : une photo d’identité au format passeport, un scan de la page biographique de votre passeport, une copie de votre acte de naissance, ainsi que les justificatifs des liens familiaux pour les conjoints ou enfants accompagnants. De plus, si votre nationalité l’exige, un visa d’entrée préalable est également nécessaire.

La demande peut être déposée depuis l’étranger ou déjà depuis la Barbade, si l’on y séjourne en touriste. Le traitement commence en principe dans les 48 heures, avec une réponse sous cinq jours ouvrables. En pratique, un courriel de décision signé par le Chief Immigration Officer est envoyé sous sept jours environ.

En cas d’acceptation, les candidats sont redirigés vers la passerelle de paiement en ligne du gouvernement (ezpay.gov.bb). Ils disposent de 28 jours pour régler les frais, faute de quoi l’approbation devient caduque.

Coût du visa et renouvellement

Les frais sont fixes et ne sont dus qu’en cas d’acceptation :

Type de demandeFrais de visa (USD)Remise en cas de renouvellement
Individuel2 000 $25 % (soit 1 500 $ au renouvellement)
Famille (bundle)3 000 $25 % (soit 2 250 $ au renouvellement)

Ces montants sont non remboursables. Une fois le visa payé et accordé, le titulaire dispose d’un délai de 12 mois pour venir s’installer. La validité du visa (12 mois) court à partir de la date d’arrivée sur l’île, et non de la date d’approbation.

Pendant cette période, les allers‑retours internationaux sont libres : on peut quitter et revenir autant de fois que souhaité.

Statut fiscal particulier des titulaires du Welcome Stamp

L’un des attraits majeurs du programme tient à son régime fiscal. Les titulaires sont en principe considérés comme non-résidents pour l’impôt sur le revenu à la Barbade. Ils sont donc :

Astuce :

Les personnes résidant à la Barbade sont exonérées de l’impôt barbadien sur leurs revenus professionnels générés à l’étranger. Cependant, elles demeurent pleinement tenues de déclarer ces revenus et de respecter toutes les obligations fiscales en vigueur dans leur pays d’origine ou dans leur pays de résidence fiscale principale.

Ce mécanisme évite la double imposition tout en renforçant l’attrait de l’île pour les télétravailleurs internationaux. Il n’empêche pas, si besoin, de demander un numéro fiscal local (TIN) auprès de la Barbados Revenue Authority via la plateforme TAMIS, par exemple pour certaines formalités administratives ou bancaires.

Scolarisation des enfants et vie de famille avec le Welcome Stamp

Le programme s’adresse aussi aux familles. Les enfants en âge scolaire inclus dans la demande de Welcome Stamp n’ont pas besoin de solliciter un visa d’étudiant séparé : un sticker de visa étudiant est apposé dans leur passeport une fois le Welcome Stamp familial délivré.

Les couples de même sexe peuvent déposer un dossier famille, même si la Barbade ne reconnaît pas le mariage ou les unions civiles homosexuelles. Les relations de même sexe sont néanmoins reconnues comme base de regroupement familial dans le cadre du programme.

Travailler pour un employeur barbadien : permis de travail et autres statuts

S’installer à la Barbade pour occuper un poste local n’a rien à voir, administrativement, avec un Welcome Stamp. Ici, il ne s’agit plus de télétravail international, mais d’intégration au marché du travail barbadien, ce qui passe obligatoirement par un permis de travail.

Pas de « visa de travail », mais un permis de travail

La Barbade ne délivre pas de « work visa » à proprement parler. La logique est la suivante :

– L’entrée sur le territoire peut se faire sans visa, ou avec un visa touristique, selon la nationalité.

– Pour pouvoir exercer un emploi, il faut en plus un work permit émis par le Département de l’immigration.

Ce permis existe en deux formats :

Court terme : jusqu’à 11 mois.

Long terme : en général jusqu’à 3 ans (jusqu’à 5 ans dans certains secteurs internationaux).

Attention :

Le Welcome Stamp ne permet pas d’accéder au marché du travail local et ne constitue pas un droit à l’emploi.

Rôle central de l’employeur

La demande de permis de travail est à l’initiative de l’employeur, qui doit être une entité enregistrée à la Barbade. Il lui revient :

De faire une offre formelle au candidat.

De constituer le dossier et de le déposer auprès de l’Immigration Department.

– De démontrer, pour un permis long terme, qu’aucun Barbadian ou résident permanent ne peut raisonnablement occuper le poste (preuve d’annonces locales, recherche de candidats…).

Le candidat fournit quant à lui :

Exemple :

Pour une demande de visa de travail, il est généralement nécessaire de fournir un ensemble complet de documents. Cela inclut un passeport valide (souvent avec au moins six mois de validité), des formulaires officiels dûment remplis, des photographies d’identité, un CV détaillé, ainsi que des copies des diplômes et attestations d’expérience professionnelle. Il faut également joindre un certificat de casier judiciaire pour chaque pays où le demandeur a résidé plus de six mois depuis l’âge de 16 ans, un certificat médical (parfois accompagné d’une radiographie) et des références de caractère attestant de sa moralité.

Les délais de traitement tournent généralement entre 6 et 16 semaines. Les frais varient selon la durée, le secteur et le niveau du poste, mais peuvent grimper à plusieurs milliers de dollars barbadien (BBD).

Statut des conjoints et des enfants

Les titulaires de permis de travail peuvent demander des visas dépendants pour leur conjoint et leurs enfants mineurs. Ces derniers obtiennent en principe une autorisation de séjour alignée sur la durée du permis principal, mais ne peuvent pas travailler sans leur propre permis.

Il faut apporter la preuve :

De la capacité financière du sponsor.

Des liens familiaux (acte de mariage, actes de naissance).

De l’absence d’antécédents pénaux graves.

S’installer dans la durée : permis de résidence spéciaux et résidence permanente

Pour ceux qui souhaitent faire de la Barbade un port d’attache durable – retraités aisés, investisseurs, entrepreneurs – l’outil clé est le Special Entry and Reside Permit (SERP).

Le SERP : résidence de long terme pour investisseurs, propriétaires et profils stratégiques

Le SERP est un permis de séjour de longue durée, défini par la pratique administrative plutôt que par une loi spécifique, et donc assez souple. Il regroupe quatre catégories principales :

Catégorie SERPPublic viséExigence principale
Catégorie 1 : High Net Worth InvestorsInvestisseurs fortunésInvestissement min. 2 M USD + patrimoine net > 5 M USD
Catégorie 2 : Propriétaires immobiliersPropriétaires étrangersBien à la Barbade d’au moins 300 000 USD
Catégorie 3 : Compétences clésProfessionnels « stratégiques »Compétences jugées critiques pour le développement du pays
Catégorie 4 : Parents / grands-parentsAscendants de citoyens barbadiensAvoir plus de 60 ans

Ce permis vise à offrir une résidence stable aux personnes qui apportent soit des capitaux, soit des compétences rares, soit un lien familial fort avec la Barbade.

Durée, droits et limitations

Les effets du SERP dépendent de la catégorie et de l’âge :

Bon à savoir :

Le permis de séjour à la Barbade varie selon la catégorie. Pour les investisseurs (Catégorie 1), il devient à durée indéterminée à partir de 60 ans et donne droit automatiquement à un permis de travail sur simple demande. Pour les propriétaires (Catégorie 2), il est délivré pour 5 ans renouvelables, devient illimité si le candidat a déjà 60 ans à la demande, mais n’autorise pas à travailler pour un employeur local (le télétravail pour l’étranger est possible). Les modalités pour les Catégories 3 et 4 sont adaptées au cas par cas, avec un ancrage résidentiel à moyen ou long terme.

Pour tous, le permis s’étend aux personnes à charge (conjoint, enfants mineurs, étudiants encore financièrement dépendants).

Conditions documentaires et coûts du SERP

Le dossier SERP est substantiel. Il comprend notamment :

Formulaire officiel (Form B – Variation de durée de séjour).

Lettre de motivation exposant le projet de vie et la catégorie de SERP visée.

– Passeport, acte de naissance, photo d’identité.

– Certificat de police pour chaque pays de résidence d’au moins six mois depuis 16 ans (ou trois dernières années).

– Assurance santé avec plafond annuel d’au moins 500 000 USD couvrant la Barbade.

– Acte de mariage, preuves de lien avec les enfants à charge.

– Traductions certifiées en anglais si nécessaire.

Des pièces spécifiques selon la catégorie :

5000000

Le seuil minimal de patrimoine certifié pour accéder à la catégorie 1 du programme d’investissement à la Barbade.

Les frais sont élevés, à la fois pour la demande (150 USD par personne) et pour la délivrance du permis :

Type de SERP / âgeFrais (USD)
Catégorie 1, > 60 ans5 000 $ (une fois, illimité)
Catégorie 1, 50–60 ans3 500 $ jusqu’à 60 ans, puis 5 000 $ pour l’illimité
Catégorie 1, < 50 ans5 000 $ tous les 5 ans jusqu’à 60 ans, puis 5 000 $ pour l’illimité
Catégorie 2, adulte5 000 $ par période de 5 ans
Enfant à charge (étudiant)150 $ pour la durée du permis principal

Pont vers la résidence permanente et la citoyenneté

Le SERP n’est pas la même chose que la résidence permanente, mais il sert fréquemment de tremplin. En règle générale :

Un étranger qui réside légalement depuis au moins cinq ans à la Barbade (avec un statut « immigrant », un SERP, un permis de travail long terme…) peut demander la résidence permanente.

– Après environ sept ans de résidence (dont au moins cinq années effectivement passées sur l’île dans cette période), il est théoriquement possible de demander la citoyenneté par naturalisation, sous réserve de bonnes mœurs et de maîtrise de l’anglais.

La citoyenneté peut aussi se transmettre par filiation (citizenship by descent) ou par naissance sur le sol barbadien (jus soli, sauf enfants de diplomates), et par mariage après plusieurs années de vie commune et de résidence.

Fiscalité : savoir à quoi s’attendre en devenant résident

Au-delà des visas, vivre à la Barbade implique de naviguer dans un système fiscal spécifique, pensé pour être compétitif sans être perçu comme un « paradis fiscal » opaque.

Résidence fiscale des personnes physiques

On est considéré résident fiscal barbadien si :

L’on passe plus de 182/183 jours sur le territoire durant l’année civile, ou

L’on est « ordinairement résident » (domicile principal à la Barbade, intention déclarée d’y vivre au moins deux années consécutives, logement permanent disponible).

La notion de domicile (volonté de faire de la Barbade son foyer permanent) joue aussi un rôle important : elle détermine l’étendue de l’imposition.

Bon à savoir :

Le régime d’imposition sur le revenu en Barbade dépend de votre statut de résidence et de domicile : si vous êtes résident et domicilié, vous êtes imposé sur votre revenu mondial ; si vous êtes résident mais non domicilié, seuls les revenus d’origine barbadienne et les revenus étrangers rapatriés dans le pays sont imposables ; si vous êtes non-résident, seuls les revenus de source barbadienne sont soumis à l’impôt.

Les titulaires du Welcome Stamp bénéficient d’un régime spécifique les traitant comme non-résidents pour l’impôt sur le revenu, même s’ils séjournent physiquement plus de 183 jours.

Barème d’imposition et absence de certains impôts

Le système présente plusieurs caractéristiques attractives :

40 000

Montant de l’abattement personnel sur l’impôt sur le revenu accordé aux pensionnés de plus de 60 ans à la Barbade.

Pour les entreprises, la Barbade applique des taux d’impôt sur les sociétés très bas et dégressifs (entre 5,5 % et 1 % selon le niveau de bénéfice), positionnant l’île comme une juridiction de fiscalité modérée, mais désormais conforme aux standards OCDE.

Contributions sociales et double imposition

Les travailleurs, y compris étrangers employés localement, contribuent au système de sécurité sociale (National Insurance) à un taux global d’environ 23,85 % partagé entre employeur et salarié, dans la limite d’un plafond de revenu mensuel assuré.

La Barbade a signé une quarantaine de conventions de non double imposition (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Suisse, pays CARICOM…), ce qui permet de réduire les retenues à la source et de clarifier le pays ayant le droit premier d’imposer un revenu.

Santé, assurance et accès au système de soins

Sur le plan sanitaire, la Barbade se distingue par un système mixte public/privé de bon niveau pour la région caribéenne. Mais pour un expatrié, tout dépend du statut administratif et de l’assurance détenue.

Système public : accès et limites

Le système public, financé par l’impôt, offre des soins pratiquement gratuits ou très subventionnés aux personnes éligibles : citoyens, résidents permanents, titulaires de certains permis de travail ou de résidence.

Ses atouts :

Système de Santé à la Barbade

Le système de santé public barbadien offre une couverture médicale étendue à travers ses hôpitaux, cliniques et programmes de soutien.

Hôpital Queen Elizabeth

Principal hôpital public situé à Bridgetown, avec plus de 600 lits. Il propose des services d’urgences, de chirurgie, d’obstétrique et de pédiatrie.

Réseau de Polycliniques

Réseau public de cliniques offrant des soins courants, généralement gratuits ou à coût très réduit pour la population.

Service des Médicaments

Programme public (Barbados Drug Service) prenant en charge les médicaments pour certaines maladies chroniques.

Ses limites :

Délais d’attente parfois longs pour les actes non urgents.

Surpeuplement possible dans certains services.

Manque de sur‑spécialités pointues, ce qui peut nécessiter une évacuation vers les États‑Unis ou un autre pays pour certains cas complexes.

Secteur privé et importance de l’assurance santé

Environ un tiers de l’offre de soins relève du privé, avec des cliniques comme Bayview Hospital, Sandy Crest Medical Centre ou FMH Emergency Medical Clinic. Ces établissements offrent un confort accru, des délais réduits et une gamme plus large de prestations, mais à un coût nettement supérieur.

Pour la majorité des expatriés, surtout sous Welcome Stamp ou SERP, la couverture se fait :

Soit via un contrat local (Sagicor, ICBL, Brydens, etc.) couvrant surtout la Barbade ou la région.

Soit via une police d’assurance santé internationale (AXA, Cigna Global, Allianz, IMG…), plus coûteuse mais valable à la Barbade, dans le pays d’origine et souvent aux États‑Unis.

Une assurance robuste est particulièrement recommandée pour :

Hospitalisation et chirurgie.

Évacuation sanitaire et rapatriement.

Grossesse et maternité (souvent optionnelles).

Soins dentaires ou optiques.

Les titulaires du Welcome Stamp ont l’obligation formelle de disposer d’une assurance santé couvrant toute la durée de leur séjour. Dans la pratique, même pour d’autres statuts, il serait imprudent de s’en passer.

Logement, baux et droits des locataires

Une fois le visa ou le permis en main, la question du logement devient centrale. La législation barbadienne combine règles de droit commun, dispositions sectorielles et intervention d’instances comme la Fair Trading Commission.

Louer un logement : dépôts, contrats et pratiques

Le marché locatif est largement libéralisé : les loyers sont fixés librement par accord entre propriétaire et locataire. Quelques traits caractéristiques :

Astuce :

Les loyers se paient généralement mensuellement et à l’avance. Un dépôt de garantie, souvent équivalent à un mois de loyer, est courant pour un bail à long terme (certains propriétaires peuvent exiger le premier et le dernier mois). Ces dépôts sont détenus directement par le propriétaire, car il n’existe pas de dispositif officiel de protection des dépôts. Les baux sont généralement d’un an et renouvelables, mais des durées plus courtes sont possibles.

Pour les étrangers, les agences immobilières jouent un rôle clé. Beaucoup sont membres de la Barbados Estate Agents and Valuers Association (BEAVA), gage de sérieux. L’usage est de payer une commission équivalente à un mois de loyer (plus TVA de 17,5 % si l’agence est assujettie).

Il est vivement conseillé de faire rédiger ou au moins relire le contrat par un avocat barbadien, et de prévoir une annexe inventaire détaillant le mobilier dans le cas d’une location meublée.

Droits et protections des locataires

Même en l’absence d’un code locatif unique, plusieurs principes protègent le locataire :

Bon à savoir :

Le locataire bénéficie de plusieurs protections légales : droit à un logement décent et conforme aux normes de santé et de sécurité ; protection contre les expulsions arbitraires, toute procédure d’éviction (même pour impayés) devant être juridique ; et droit au respect de sa vie privée, le propriétaire ne pouvant pénétrer dans le logement sans préavis, sauf en cas d’urgence.

En cas de conflit, on peut saisir la Fair Trading Commission ou recourir à la médiation auprès du Dispute Resolution Centre. Les statistiques montrent que la procédure d’expulsion pour non-paiement, de l’assignation à l’exécution, peut prendre plus de cinq mois.

Importer ses biens, sa voiture ou ses animaux de compagnie

Un autre volet administratif souvent sous‑estimé concerne la douane : effets personnels, mobilier, voire véhicules ou animaux. Les règles sont relativement strictes et il vaut mieux s’y prendre à l’avance.

Effets personnels et déménagement

Les expatriés peuvent importer des biens ménagers d’occasion duty‑free à condition qu’ils leur appartiennent et soient utilisés depuis au moins un an. La procédure comprend :

Présence du propriétaire lors du dédouanement pour une interview.

Inspection des biens, parfois directement au domicile après livraison.

Délai de trois à quatre jours ouvrés pour le traitement.

En revanche, les biens neufs peuvent supporter :

Droits de douane (souvent 5 à 40 % de la valeur CIF).

Taxe environnementale de 1 %.

TVA de 15 ou 17,5 % selon le type de biens.

Bon à savoir :

Il est fortement recommandé de faire appel à des professionnels expérimentés pour la gestion des formalités douanières et la préparation des documents nécessaires, tels qu’une liste d’inventaire détaillée en anglais, les factures et les formulaires officiels.

Voiture et permis d’importation

Importer un véhicule est possible, mais coûteux et encadré :

Licence d’importation obligatoire avant expédition.

– Pour les non‑diplomates/non‑retournants nationaux : voiture âgée de 4 ans maximum, moins de 50 000 km (sauf dérogation).

Taux de droits de douane autour de 45 %, plus TVA (15 à 17,5 %), taxes environnementales et d’accise (qui peuvent dépasser 100 % pour les grosses berlines).

Bon à savoir :

Il est généralement plus avantageux financièrement de vendre son véhicule avant de partir et d’en racheter un sur place. Cette règle connaît des exceptions, notamment pour les personnes bénéficiant de statuts spécifiques comme les diplomates ou les ‘Returning Nationals’, qui peuvent prétendre à des exonérations.

Animaux de compagnie : un processus très encadré

La Barbade est particulièrement vigilante sur la santé animale, surtout concernant la rage. Pour chiens et chats, les conditions standards comprennent :

Identification par puce électronique ISO.

Vaccination antirabique après la pose de la puce.

– Délai d’au moins 35 jours après vaccination.

– Traitements antipuces et antiténias dans la semaine précédant le départ.

– Certificat sanitaire officiel signé par un vétérinaire public.

– Permis d’importation émis par le Veterinary Services Department (valable 6 mois).

Selon le pays d’origine, un test sérologique (FAVN) et un délai d’attente de 90 jours supplémentaires sont requis. Certaines origines imposent une quarantaine préalable dans un pays tiers agréé.

Là encore, l’anticipation est cruciale : l’ensemble des démarches peut prendre plusieurs mois.

Se raccorder aux services essentiels : électricité, eau, internet

S’installer administrativement, c’est aussi ouvrir un compte d’électricité, d’eau, d’internet et, éventuellement, de gaz.

Électricité : Barbados Light & Power

Pour un nouveau raccordement ou une remise en service, il faut :

Présenter une pièce d’identité officielle (passeport, permis de conduire).

Payer un dépôt de garantie équivalent à environ trois mois de consommation estimée (souvent dispensé pour les citoyens barbadiens).

– Régler les frais de mise en service.

– Fournir un certificat d’inspection électrique délivré par le Government Electrical Engineering Department (GEED), obligatoire pour toute nouvelle installation ou toute coupure de plus de six mois.

Bon à savoir :

La demande peut être effectuée au nom d’une personne physique ou d’une société, cette dernière nécessitant des documents spécifiques comme les certificats de constitution et une lettre d’autorisation. De plus, la Barbade utilise un courant électrique de 110 V/50 Hz avec des prises de type nord-américain, ce qui peut obliger les ressortissants européens à prévoir des adaptateurs et/ou des transformateurs.

Eau, gaz, télécoms

L’eau potable est fournie par la Barbados Water Authority, via un réseau public réputé sûr, l’eau répondant aux normes de l’OMS.

– Le gaz naturel est distribué par la National Petroleum Corporation à environ 20 000 foyers, mais beaucoup de ménages utilisent des bouteilles de gaz achetées en station.

– Pour l’internet, le téléphone et parfois la télévision, les principaux opérateurs sont Flow et Digicel, qui proposent des offres ADSL ou fibre avec des débits confortables pour le télétravail.

Vivre au quotidien : quelques règles locales à connaître

Au‑delà des visas et permis, la Barbade a quelques particularités réglementaires qui surprennent parfois les nouveaux arrivants.

Attention :

Le port de vêtements de camouflage est interdit pour tous. Une tenue correcte (pantalon long, chemise à manches pour les hommes) est exigée dans les bâtiments officiels et commerces. Tolérance zéro pour les drogues. Déclaration obligatoire pour les sommes en espèces supérieures à 10 000 USD. La monnaie locale est le dollar barbadien (BBD), indexé sur le dollar américain (1 USD = 2 BBD).

Enfin, les manifestations publiques d’affection des couples de même sexe peuvent encore susciter des réactions désobligeantes, même si la société évolue. Les relations entre personnes du même sexe restent pénalement incriminées dans les textes, même si les poursuites sont rares.

Construire un projet cohérent : combiner les statuts et anticiper

Vivre à la Barbade suppose souvent de combiner plusieurs des dispositifs décrits :

Arriver initialement comme visiteur exempté de visa, tester l’île quelques semaines ou mois.

– Demander ensuite un Welcome Stamp pour un an de télétravail, tout en explorant le marché immobilier et en tissant un réseau.

– Éventuellement investir dans un bien à partir de 300 000 USD, et basculer vers un SERP de catégorie 2 pour une résidence plus stable.

– Après cinq à sept ans de présence régulière, envisager la résidence permanente puis la naturalisation.

Astuce :

La clé est d’aligner son choix de statut sur sa réalité professionnelle (salarié local ou télétravailleur étranger), son niveau patrimonial et sa perspective temporelle. Le tout en gardant en tête les conséquences fiscales de chaque option, tant à la Barbade que dans le pays d’origine.

Pour un projet sérieux, il est judicieux de consulter :

Un avocat d’immigration barbadien.

Un fiscaliste maîtrisant les conventions de non double imposition.

Un courtier immobilier accrédité (membre de la BEAVA).

Un conseiller en assurance santé internationale.

Ces interlocuteurs permettent de transformé un rêve de vie tropicale en installation durable, conforme aux lois locales et fiscalement optimisée.

En définitive, la Barbade a construit un écosystème administratif et juridique pensé pour accueillir aussi bien les nomades digitaux de passage que les investisseurs souhaitant y passer leur retraite. À condition de respecter scrupuleusement les règles – de la simple formalité de douane jusqu’à la structuration de son statut fiscal – s’y installer est un projet parfaitement réaliste pour qui prend le temps de le préparer.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Barbade pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Barbade, Maurice, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a été de cibler la Barbade pour ses régimes favorables aux résidents non domiciliés, sa fiscalité attractive sur les revenus étrangers et son environnement stable du Commonwealth, avec un coût de vie inférieur aux grandes capitales européennes et une forte orientation services/finance. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑BB), obtention de la résidence par investissement ou long séjour, transfert bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone et intégration patrimoniale globale, permettant des économies fiscales significatives et une meilleure sécurisation des transmissions.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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