S’installer en Arménie en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Arménie tant qu’expatrié, ce n’est pas seulement changer de pays : c’est plonger dans un univers où la famille, l’hospitalité et l’histoire se mêlent à un écosystème tech en pleine croissance et à un coût de la vie encore accessible. Entre les ruelles de Yerevan, les villages de montagne et une diaspora mondiale très active, le pays attire désormais nomades digitaux, entrepreneurs, ONG, enseignants, retraités… et de plus en plus de familles.

Bon à savoir :

Ce guide couvre l’essentiel pour préparer votre installation : démarches administratives d’entrée et de séjour, recherche de logement, coût de la vie, accès à l’emploi, ouverture d’un compte bancaire, système de santé, scolarisation, ainsi que la culture et la vie quotidienne. Il vise à vous aider à éviter les principaux pièges pratiques et administratifs pour arriver bien préparé.

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Comprendre l’Arménie d’aujourd’hui

L’Arménie se trouve au cœur du Caucase du Sud, à la jonction de l’Europe et de l’Asie occidentale. Bordée par la Géorgie au nord, l’Iran au sud, l’Azerbaïdjan à l’est et au sud-ouest, et la Turquie à l’ouest, elle couvre un peu moins de 30 000 km², essentiellement montagneux. Le pays a retrouvé son indépendance après l’effondrement de l’URSS et a connu depuis une phase de reconstruction puis de croissance, particulièrement visible à Yerevan, la capitale.

Exemple :

Yerevan, surnommée la « ville rose » en raison de ses façades en tuf volcanique, concentre l’essentiel de la vie économique, culturelle et étudiante du pays. Elle offre une scène culturelle et urbaine dynamique avec ses théâtres, musées, galeries, salles de concerts, cafés et espaces de coworking. La ville constitue également une base idéale pour explorer les principales régions et sites du pays, tels que le lac Sevan, le mont Aragats, Dilijan, le Vayots Dzor ou le Syunik.

Le pays combine plusieurs atouts clés pour un expatrié : un niveau de sécurité élevé, un coût de la vie inférieur à celui de la plupart des pays occidentaux, une population globalement chaleureuse, et un environnement entrepreneurial plutôt accessible. En contrepartie, il faut composer avec des frontières terrestres fermées avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, une bureaucratie parfois lente, une qualité de service inégale et une langue locale à alphabet propre.

Entrer en Arménie : visas, e‑visa et régimes sans visa

Avant de rêver d’appartement à Yerevan ou de randonnées au lac Sevan, il faut clarifier votre droit d’entrée. Le régime est assez souple mais dépend fortement de votre nationalité et de vos projets (tourisme, travail, installation longue durée).

Pays dispensés de visa et durée de séjour

De nombreux ressortissants peuvent entrer sans visa. Pour une grande partie des pays occidentaux et plusieurs États du Golfe, de l’Asie et d’Amérique latine, la règle générale est la possibilité de séjourner jusqu’à 180 jours par an sans visa. C’est notamment le cas des citoyens :

de tous les États membres de l’Union européenne, ainsi que de l’Islande, la Norvège, la Suisse, le Liechtenstein

– des États‑Unis, du Royaume‑Uni, de l’Australie, de la Nouvelle‑Zélande

de plusieurs États du Golfe (Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït, Oman, Arabie saoudite)

– de pays comme la Russie, la Géorgie, le Kazakhstan, la Serbie, Singapour, la Corée du Sud, l’Uruguay, le Brésil, le Japon, etc.

90

Durée maximale du séjour sans visa pour les citoyens iraniens, chinois (passeport ordinaire) et ukrainiens dans l’espace Schengen, sur une période de 180 jours.

Les Géorgiens disposent d’un régime particulièrement généreux : entrée possible avec une simple carte d’identité (si l’arrivée se fait directement depuis la Géorgie) et séjour pouvant atteindre 360 jours.

Il existe par ailleurs un régime temporaire d’exemption pour des ressortissants de 113 pays s’ils détiennent un permis de séjour valide d’au moins six mois dans l’UE, les États Schengen, les États‑Unis ou certains États du Golfe. Pour ces personnes, le permis de séjour – présenté sous forme de carte ou de vignette lisible en alphabet latin – peut permettre d’entrer sans visa dans une fenêtre temporelle spécifique. Ce point est particulièrement intéressant pour les ressortissants de pays qui, en temps normal, ont besoin d’une invitation ou d’un visa préalable.

E‑visa et visas classiques

Pour les nationalités non couvertes par le régime exempté, l’Arménie propose un système d’e‑visa accessible en ligne via le site officiel du ministère des Affaires étrangères : https://evisa.mfa.am

Astuce :

L’e‑visa est accessible aux ressortissants de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, comme l’Inde, l’Indonésie, l’Égypte, le Maroc, la Thaïlande, le Vietnam, le Pakistan, le Mexique, le Nigéria et la Turquie. Ces visas électroniques sont généralement délivrés pour une durée de 21 ou 120 jours et sont principalement destinés à des séjours touristiques ou professionnels (affaires).

Les conditions habituelles pour un visa (e‑visa ou auprès d’une ambassade) incluent :

passeport valable au moins six mois au‑delà de la date d’entrée

formulaire de demande complété

– photo d’identité

– preuve d’hébergement (réservation d’hôtel, contrat de location, lettre d’invitation, etc.)

– itinéraire de voyage approximatif

– justificatif de ressources

– parfois, assurance voyage valide

– pour certains pays, lettre d’invitation obligatoire

Les Canadiens ont la possibilité d’obtenir un visa à l’arrivée aux principaux points d’entrée (par exemple l’aéroport international) pour un séjour allant jusqu’à 120 jours, ou de passer par l’e‑visa en ligne.

Cas particuliers : pays soumis à invitation

Une liste de pays dont les ressortissants ne peuvent obtenir un simple visa visiteur qu’avec une invitation officielle est publiée par le ministère : https://www.mfa.am/en/invitation_only

L’invitation doit être déposée sur le portail unifié : https://e-request.am/en

Elle peut émaner :

Attention :

Une demande de permis de travail en Arménie doit émaner d’une entité juridique enregistrée localement, d’un organisme public, d’une collectivité locale, d’une ambassade ou d’une organisation internationale accréditée. Pour un particulier employeur, la procédure doit obligatoirement transiter par le service Migration et Citoyenneté du ministère de l’Intérieur.

Les documents exigés comprennent notamment la lettre d’invitation sur papier à en‑tête, la copie du passeport de la personne invitée, le formulaire de demande de visa et le reçu de paiement des frais consulaires (5 000 AMD).

Les personnes de nationalité arménienne sont dispensées de cette exigence d’invitation, même si elles ont la citoyenneté d’un pays figurant sur la liste.

Entrée, contrôle aux frontières et prolongation

Pour franchir la frontière, il est obligatoire de passer par un point de contrôle officiel avec :

un passeport en cours de validité

un visa ou document de séjour valable, sauf si votre nationalité vous permet l’entrée sans visa

Les mineurs peuvent entrer accompagnés d’un parent, d’un représentant légal ou s’ils sont attendus par un parent ou une organisation d’accueil. En l’absence de documents valides ou de visa requis, l’entrée est en principe refusée et la personne renvoyée, sauf demande d’asile ou de statut de réfugié.

Les visas visiteurs sont en général délivrés pour une durée initiale maximale de 120 jours, prolongeable de 60 jours supplémentaires auprès du Service migration et citoyenneté. Une demande de prolongation doit être déposée avant l’expiration, avec justification du motif.

En cas de question, les contacts officiels sont :

SujetContact
Visas d’entrée & invitationsvisa@mfa.am – Tél. (+37460) 620516
Assistance aux officiels arméniens / questions diplomatiquesTél. (+37460) 620553

Préparer un projet d’installation : séjour court vs long terme

Un expatrié qui vient « tester » l’Arménie pourra largement s’appuyer sur le régime sans visa (jusqu’à 180 jours pour beaucoup de nationalités) ou sur un e‑visa touristique. Mais pour travailler, créer une entreprise ou vivre plusieurs années, il faut raisonner en termes de permis de résidence et de permis de travail.

Attention :

La confusion la plus fréquente consiste à vouloir s’installer durablement en restant sur un statut de touriste. Cela n’est pas légal et expose à des amendes, voire à une interdiction d’entrée en cas de dépassement de la durée autorisée.

La bonne stratégie consiste à : mette en place un plan d’action clair, définir des objectifs mesurables et ajuster les tactiques en fonction des résultats obtenus.

1. Venir en repérage quelques semaines ou mois pour tester le pays, les quartiers, le marché de l’emploi. 2. Identifier ensuite la base juridique de votre installation : travail salarié, activité indépendante / freelance, création d’entreprise, études, réunification familiale, investissement, statut de membre de la diaspora. 3. Lancer une demande de résidence adaptée à cette base, en contrôlant bien le calendrier par rapport à la réforme à venir.

Résidence et réforme du système de séjour

L’Arménie est en train de moderniser profondément son cadre migratoire avec une réforme majeure prévue à partir de 2026. Pour un expatrié, cela veut dire deux choses : de nouvelles opportunités, mais aussi des règles plus structurées.

Types actuels de permis de séjour

Aujourd’hui, la résidence se matérialise par une carte (souvent appelée « kard ») :

résidence temporaire : en général valable un an, renouvelable, liée à un motif (travail, études, regroupement familial, entrepreneuriat, etc.)

résidence permanente : carte de 5 ans, accessible après plusieurs années de résidence temporaire ou dans certains cas spécifiques (famille, investissement…)

– résidence spéciale : carte longue durée qui existait surtout pour la diaspora ou des investisseurs importants (cette catégorie va être supprimée pour les nouveaux demandeurs, mais les titulaires actuels conservent leurs droits jusqu’à expiration)

Les demandes sont gérées par le Service Migration. Les dossiers exigent généralement :

Documents requis pour une demande de visa

Liste des principaux documents à fournir pour constituer un dossier de demande de visa complet et conforme.

Passeport

Passeport en cours de validité, avec une durée de validité suffisante au-delà de la date prévue du séjour.

Extraits d’acte d’état civil

Extraits d’acte de naissance et, le cas échéant, d’acte de mariage, souvent avec traduction assermentée.

Justificatifs financiers

Relevés bancaires, contrats de travail ou tout autre document attestant de la solvabilité et de la stabilité financière.

Certificat de casier judiciaire

Document attestant de l’absence de condamnations, délivré par les autorités du pays de résidence.

Justificatif d’assurance santé

Attestation d’une assurance maladie offrant une couverture suffisante pour la durée du séjour à l’étranger.

Documents spécifiques à la demande

Selon le motif (travail, études, investissement) : contrat de travail, lettre d’admission universitaire, plan d’investissement, etc.

La plupart des documents étrangers doivent être apostillés et traduits en arménien. Selon la voie choisie, le traitement peut prendre de 1 à 6 mois.

La réforme annoncée : digitalisation, quotas et nouvelles voies

La réforme prévue introduit plusieurs éléments structurant.

Réforme du système migratoire

Synthèse des principales mesures annoncées concernant les séjours, les titres de séjour et les procédures administratives.

Portail unique en ligne

Mise en place d’une plateforme unique en ligne pour toutes les demandes de séjour.

Nouveaux titres biométriques

Délivrance de nouvelles cartes de résidence biométriques, avec prise d’empreintes et signature numérique en personne.

Modification des frais et permis

Hausse significative des frais d’État pour les services migratoires et remplacement du système de permis de travail par un système de quotas annuels.

Nouveau visa travail et élargissements

Instauration d’un « visa d’entrée pour travail » obligatoire et élargissement des possibilités de séjour pour étudiants, chercheurs et secteurs innovants.

Voies accélérées et regroupement familial

Nouvelles voies d’accès direct à une résidence permanente pour certains investisseurs et durcissement des règles de regroupement familial.

Obligations des résidents

Obligation de notifier toute absence de plus de 183 jours via la plateforme et introduction d’un délai de grâce de 15 jours ouvrés pour trouver un nouvel employeur en cas de rupture de contrat.

Un point crucial : les demandes déposées avant l’entrée en vigueur de ce nouveau cadre seront traitées selon les anciennes règles. Pour un expatrié déjà en réflexion, cela peut créer une fenêtre d’opportunité pour obtenir un statut plus avantageux (par exemple un premier permis de résidence qui sera ensuite renouvelé sous le nouveau système).

Résidence, travail et citoyenneté

Plusieurs canaux de résidence peuvent, à terme, ouvrir la voie à la citoyenneté :

Bon à savoir :

Plusieurs voies permettent d’obtenir un permis de séjour en Arménie : un travail salarié avec un permis associé, l’inscription dans un établissement d’enseignement, le regroupement familial (pour le conjoint, les enfants et parfois d’autres membres), les investissements ou la création d’une entreprise, et enfin l’appartenance à la diaspora arménienne, ce dernier pouvant bénéficier de procédures simplifiées.

En règle générale, la naturalisation nécessite :

d’avoir au moins 18 ans

quelques années de résidence légale (souvent trois ans ou plus selon les cas)

une connaissance de base de la langue arménienne

une familiarité avec la constitution du pays

Le dossier standard inclut passeport, acte de naissance, certificat de mariage (le cas échéant), preuves d’ascendance arménienne si pertinent (par exemple certificat de baptême), et documents des enfants si ceux‑ci sont inclus dans la demande. Les autorités annoncent un traitement autour de 90 jours pour la citoyenneté, même si dans la pratique les délais peuvent varier.

Travailler en Arménie : emploi local, freelance, entreprise

Le marché de l’emploi arménien a évolué très vite depuis l’indépendance. L’économie, autrefois centrée sur l’industrie lourde, les textiles et la chimie, se diversifie désormais vers les services, les technologies de l’information, le tourisme, la construction, la viticulture et l’agro‑alimentaire.

Panorama du marché du travail

Le secteur des services représente près de la moitié du PIB (en parité de pouvoir d’achat), devant l’industrie et l’agriculture. Depuis le milieu des années 1990, la croissance est relativement régulière, et l’Arménie se classe plutôt bien dans les indices de liberté économique.

Pour les expatriés, les opportunités se concentrent dans :

l’IT et le développement logiciel

le marketing, la communication et le design

la vente et la gestion de clientèle

la logistique

l’enseignement des langues, notamment l’anglais

les ONG et organisations internationales

Les entreprises peinent parfois à recruter pour des métiers techniques (ingénieurs mécaniciens, spécialistes hardware), tandis que beaucoup de diplômés sortent d’université avec des compétences en décalage avec les besoins du marché, faute de formations professionnelles suffisantes.

577

Le salaire mensuel net médian à Yerevan est proche de 577 USD, ce qui est inférieur au coût de vie pour un expatrié.

Trouver un emploi : pratiques locales

Les entreprises arméniennes préfèrent généralement recruter des personnes déjà présentes dans le pays, disponibles rapidement. Mieux vaut donc éviter de compter uniquement sur des offres obtenues à distance.

Les principales plateformes de recherche d’emploi sont :

Staff.am (largement utilisée, interface moderne)

Careercenter.am (un des plus anciens portails, avec formations et conseils CV)

Worknet.am (met en avant les salaires, permet un contact direct avec les recruteurs)

À cela s’ajoutent LinkedIn, les groupes Facebook, les réseaux personnels et les associations de repatriés. Le réseautage joue un rôle déterminant : il est courant que des postes soient pourvus par bouche-à-oreille avant même d’être publiés.

Quelques conseils pratiques :

Astuce :

Pour maximiser vos chances, préparez un CV concis de type « américain » (une page), en évitant les détails personnels non pertinents comme la date de naissance ou les hobbies. Prévoyez deux versions : une en anglais et une en arménien si possible. Adaptez systématiquement votre CV et votre lettre de motivation à chaque entreprise visée, plutôt que d’utiliser un modèle générique. Enfin, renseignez-vous sur l’entreprise avant tout entretien et soyez prêt à démontrer votre capacité à travailler en équipe et à vous intégrer dans l’environnement local.

L’organisation Repat Armenia propose une aide précieuse : conseils carrière, ateliers CV, accompagnement d’intégration et mise en relation avec des employeurs.

Freelance et nomadisme digital

Pour un nomade digital ou un freelance, l’Arménie constitue une base intéressante :

possibilité de résider légalement en vous enregistrant comme entrepreneur individuel

régime fiscal relativement simple (impôt sur le revenu à taux unique de 20 %, contributions sociales séparées)

– coût de la vie inférieur à celui de nombreuses capitales européennes

– coworkings et cafés adaptés au travail à distance

– connexion internet globalement correcte, même si certains nomades considèrent la vitesse « moyenne » par rapport à d’autres hubs mondiaux

Les freelances qui passent plus de 183 jours par an en Arménie doivent se déclarer comme entrepreneurs privés et obtenir un statut fiscal. Ce statut peut d’ailleurs servir de base à l’obtention d’un permis de séjour « nomade digital ». Il n’y a pas de seuil de revenu minimal officiel pour ce type de permis, mais une assurance santé est exigée.

Permis de travail et exemptions

Jusqu’à récemment, beaucoup d’étrangers travaillaient de fait via des accords de prestation ou à distance pour l’étranger, sans permis local. Le cadre se durcit progressivement.

En principe, un étranger embauché par une entreprise arménienne doit disposer d’un permis de travail. La demande relève de l’employeur auprès du ministère du Travail et des Affaires sociales, qui doit vérifier qu’aucun travailleur arménien ne peut occuper le poste. Des exemptions existent pour :

des spécialistes hautement qualifiés

des chefs d’entreprise, hommes/femmes d’affaires

– des experts venus installer ou maintenir des équipements

– des professeurs d’université

– certains profils ciblés dans des secteurs stratégiques (agriculture, IT, finance, etc.)

– des journalistes étrangers accrédités

– des réfugiés et participants à des programmes d’échange

Le permis est généralement délivré en une quinzaine de jours si les conditions sont remplies. Une fois le permis obtenu, le travailleur doit demander un permis de résidence temporaire, avec visites médicales et contrôle classique. Les permis de travail sont valables un an, renouvelables, jusqu’à cinq ans de séjour légal ouvrant potentiellement la voie à une résidence permanente.

En pratique, certains étrangers travaillent via des contrats de service plutôt que comme salariés, ce qui permet de contourner l’obligation du permis de travail, mais ne dispense pas de s’enregistrer fiscalement et d’obtenir un statut de résident si l’on reste longtemps.

Fiscalité personnelle : impôt, contributions sociales et résidence fiscale

Le système fiscal arménien est relativement simple sur le papier :

impôt sur le revenu à taux fixe de 20 %, quel que soit le niveau de salaire

– contributions sociales séparées : 5 % pour les salaires jusqu’à 500 000 AMD, 10 % au‑delà

– contribution militaire mensuelle progressive, à partir de 1 000 AMD, selon le niveau de revenus

Bon à savoir :

La résidence fiscale est acquise après 183 jours de présence dans le pays au cours d’une année. Dans ce cas, vous êtes imposable sur l’ensemble de vos revenus mondiaux. Si vous n’êtes pas résident fiscal, seuls les revenus de source arménienne sont soumis à l’impôt local.

Les freelances et entrepreneurs individuels basés en Arménie doivent s’enregistrer et déclarer leurs revenus localement. Il est important de vérifier les conventions de non‑double imposition entre l’Arménie et votre pays d’origine, et de vous faire assister par un fiscaliste si vous avez des revenus dans plusieurs juridictions.

Se loger : marché locatif, contrats et précautions

Le logement est l’une des premières grandes questions pratiques. Et c’est aussi un domaine où les erreurs peuvent coûter cher.

Marché de la location à Yerevan

Les prix varient fortement selon le quartier, la taille, l’état du logement et la saison. Les centralités les plus chères sont :

Kentron (centre historique, place de la République, cascade)

les abords de la Cascade et certaines parties de Komitas / Arabkir

À l’autre extrême, certains secteurs d’Ajapnyak, Shengavit ou Malatia‑Sebastia offrent des loyers nettement plus bas, au prix de trajets un peu plus longs.

Quelques repères de loyers mensuels à Yerevan :

Type de logementQuartierFourchette moyenne
1 pièce centre (Kentron, Cascade)hypercentre220 000 – 500 000 AMD (souvent 600–800 USD pour les petites surfaces très centrales)
1 pièce hors centreArabkir, Ajapnyak, périphérie150 000 – 350 000 AMD (250–300 USD possibles pour studio)
3 pièces centrehypercentre350 000 – 800 000 AMD (autour de 1 200 USD pour un 3 pièces correct)
3 pièces hors centrequartiers résidentiels240 000 – 500 000 AMD (souvent 800–900 USD pour les offres « bon marché »)

Il faut noter que de nombreux expatriés dénoncent des loyers « gonflés » dans certains immeubles, notamment pour des appartements meublés sommairement, parfois avec mobilier de qualité médiocre. La forte demande, surtout depuis l’arrivée de vagues de travailleurs russes et d’autres pays, a poussé certains propriétaires à surestimer la valeur de leurs biens.

Où chercher un logement et comment éviter les arnaques

Les méthodes les plus utilisées :

Trouver un logement en Arménie

Plusieurs canaux sont à votre disposition pour rechercher un appartement ou une maison, des plateformes en ligne aux réseaux locaux.

Sites d’annonces en ligne

Consultez les principales plateformes immobilières locales : List.am, MyRealty.am, Estate.am et Real-Estate.am.

Groupes Facebook actifs

Rejoignez des communautés spécialisées, comme le groupe dédié à l’immobilier de Repat Armenia, pour des annonces et conseils.

Agences et courtiers locaux

Faites appel à des professionnels sur place pour vous accompagner dans votre recherche et les démarches.

Réseaux informels et recommandations

Sollicitez votre entourage : amis, collègues de travail et autres expatriés installés en Arménie.

Le groupe « Repat Armenia Real Estate » se distingue par une modération stricte : les prix doivent être indiqués clairement en AMD, des plafonds sont fixés par quartier et type de bien, les courtiers peu fiables sont bannis. Un conseil simple : se méfier des intermédiaires qui répondent « DM me » en commentaire au lieu de tout afficher publiquement et ne pas hésiter à demander des avis sur un agent avant de lui faire confiance.

Si vous signez un bail à distance, l’idéal est de missionner un ami ou un contact sur place pour faire une visite vidéo, vérifier l’état réel du logement, la qualité de l’équipement (chauffage, eau chaude, électroménager), la connexion internet possible, le voisinage immédiat.

Contrats de location : formaliser et enregistrer

En théorie, le droit arménien est clair : les baux devraient être écrits, signés et enregistrés auprès du Cadastre immobilier, ce qui coûte 26 000 AMD à partager ou non entre parties. L’enregistrement rend le contrat pleinement opposable et protège locataire comme propriétaire.

Attention :

De nombreux bailleurs évitent l’enregistrement officiel du bail pour ne pas payer l’impôt sur les revenus locatifs, proposant à la place un contrat informel ou un accord verbal. Bien que cela semble avantageux (moins de formalités, loyer parfois négociable), cette pratique est risquée pour le locataire : en cas de litige, d’augmentation de loyer imposée ou de tentative d’expulsion, les recours sont extrêmement limités.

Pour sécuriser votre situation :

exiger un contrat écrit, détaillant l’adresse exacte, la durée, le montant du loyer, les modalités de paiement, la répartition des charges, l’état des lieux, les conditions de résiliation et de restitution du dépôt de garantie

insister, si possible, pour un enregistrement au Cadastre ; certains propriétaires acceptent en échange d’une légère hausse (par exemple +10 %)

– si vous ne parlez pas arménien, signer le contrat devant notaire avec traduction ; les frais de notaire officiels sont modérés (frais d’État d’environ 1 000 AMD, honoraires entre 8 000 et 25 000 AMD)

Bon à savoir :

Depuis juillet 2023, les transactions immobilières et le paiement des loyers ne peuvent plus se faire en espèces. Ils doivent être effectués en drams arméniens (AMD) par des moyens électroniques, comme le virement bancaire. Cette méthode est à privilégier car elle assure une traçabilité des opérations.

La pratique la plus courante est : l’entraînement régulier.

dépôt de garantie équivalent à un mois de loyer (parfois plus)

premier mois payé à l’avance

commission de l’agent, généralement équivalente à la moitié ou un mois de loyer (à clarifier à l’avance)

Il existe aussi des « dépôts de réservation » pour retirer un bien du marché. Si le locataire se désiste, il perd la somme. Si le propriétaire décide de louer à quelqu’un d’autre, il doit en principe rembourser le double du dépôt. Là encore, tout doit être mis par écrit.

Acheter un bien : un investissement envisageable à terme

Pour un séjour long ou un projet d’investissement, l’achat peut se justifier. Les prix moyens d’achat d’appartements :

LocalisationPrix moyen d’achat
Centre-ville de Yerevanenv. 3 500 USD/m²
Hors centre / banlieueenv. 1 700 USD/m²

Le prix médian d’un logement avoisine 200 000+ USD, mais il existe une grande variété selon les quartiers, l’état du bâtiment (immeubles soviétiques, nouvelles résidences, complexes sécurisés) et la taille. Les taux d’intérêt hypothécaires restent élevés (autour de 15 % en moyenne sur 20 ans), ce qui incite beaucoup d’acheteurs à privilégier l’apport important ou le financement extérieur.

Coût de la vie : combien prévoir ?

Les chiffres varient selon le niveau de confort recherché. Les données récentes permettent toutefois de tracer quelques lignes.

Budgets types à Yerevan

En dollars, estimations mensuelles (logement compris) :

ProfilBudget « serré »Budget moyen « expat »Niveau confortable / haut de gamme
Personne seule~827 USD minimum~1 500 USDjusqu’à ~2 900 USD
Couple~1 140 USD~2 100 USDjusqu’à ~4 180 USD
Famille (2 adultes + 2 enfants)~1 600 USD~2 950–3 600 USDjusqu’à ~5 800 USD

Des expatriés indiquent qu’il est possible de « s’en sortir » autour de 600 USD par mois pour une personne, au prix d’un niveau de vie très modeste. À l’autre extrême, un style de vie confortable, avec sorties régulières, bon logement au centre et quelques loisirs, se situe plutôt entre 2 000 et 2 500 USD pour un couple.

Loyer, charges et internet

Les charges de base (électricité, chauffage, eau, ordures) pour un appartement moyen tournent en général autour de 30 000–80 000 AMD par mois, selon la saison. Pour un couple, on peut compter environ 40 000 AMD (un peu plus de 100 USD). L’électricité reste raisonnable, l’eau est peu chère, mais le gaz et le chauffage peuvent peser davantage en hiver.

7000-8000

Le coût mensuel en AMD de l’internet fixe haut débit en Arménie, soit environ 19-20 USD.

Alimentation et restaurants

Faire ses courses de base reste relativement abordable. Une estimation pour une personne se situe autour de 180–500 USD par mois selon le style de consommation, avec un point médian autour de 280 USD. Un plein de courses hebdomadaires coûtera souvent entre 40 et 60 USD.

Quelques prix indicatifs :

ProduitPrix moyen
Lait (1 L)~614 AMD
Pain blanc (0,5 kg)~288 AMD
Œufs (12)~930 AMD
Blanc de poulet (kg)~1 287 AMD
Bœuf (kg)~2 179 AMD
Pommes (kg)~226 AMD
Tomates (kg)~376 AMD
Vin local milieu de gamme~4 000 AMD
Bière locale (0,5 L magasin)~500 AMD

Au restaurant, Yerevan reste très accessible :

2000

Le prix moyen d’un shawarma ou kebab en Arménie, l’une des options de restauration rapide les plus abordables.

Le café est omniprésent : un cappuccino coûte en moyenne 1 200–1 300 AMD, le café de spécialité dans certains lieux très prisés pouvant atteindre 4–5 USD la tasse.

Transports quotidiens

Le réseau de transport public (bus, minibus, métro, trolleybus) est très bon marché : un trajet en bus ou métro coûte autour de 100–150 AMD (moins de 0,40 USD). Un abonnement mensuel reste lui aussi abordable, souvent en dessous de 10 000 AMD.

Les taxis, largement utilisés grâce aux applications (Bolt, GG, Yandex Taxi), sont l’un des points forts pour un expatrié :

trajet court en ville : généralement 2–5 USD

course de 25 minutes depuis/vers le centre : 2 000–3 000 AMD

L’essence coûte en moyenne un peu plus de 500 AMD le litre, soit autour de 1,30–1,40 USD. Acheter une voiture neuve demeure onéreux, avec par exemple une berline type Toyota Corolla autour de 13–15 millions d’AMD.

Système de santé : public, privé et assurance

L’Arménie dispose d’un système de santé mixte, avec cohabitation d’un secteur public financé par l’État et d’un secteur privé très présent, notamment en ville.

Accès aux soins pour les étrangers

La loi arménienne garantit l’accès aux soins à toute personne sur le territoire, y compris étrangers et apatrides. Les urgences doivent être prises en charge sans considération de solvabilité, et les enfants citoyens de moins de 18 ans ainsi que l’accouchement des citoyennes bénéficient d’une prise en charge publique.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, l’accès au système de santé public est généralement possible, mais payant et souvent à un tarif supérieur à celui des citoyens locaux. En parallèle, de nombreux résidents étrangers optent pour le secteur privé, qui est plus coûteux mais offre de meilleures infrastructures, un service plus rapide et des délais d’attente réduits.

À Yerevan, on trouve la majorité des établissements de référence, par exemple :

Erebuni Medical Center

Saint Grigor Lusavorich Medical Center

Nairi Medical Center

Astghik Medical Centre

centres spécialisés (cardiologie, ophtalmologie, oncologie…)

Hors de la capitale, l’offre est plus limitée et la qualité plus inégale, surtout pour les soins spécialisés.

Coûts typiques et assurance

Les soins au privé restent néanmoins sensiblement moins chers que dans la plupart des pays occidentaux. À titre indicatif :

Service médical privéFourchette de prix approximative
Consultation généraliste15–40 USD
Consultation spécialiste20–70 USD
Bilan standard~38 USD
Analyse sanguine simple10–50 USD
Détartrage dentaire20–70 USD
IRM80–200 USD (souvent autour de 150 USD)
Urgences (hors chirurgie)50–150+ USD

L’Arménie attire d’ailleurs un certain tourisme médical, notamment dentaire, avec des prix souvent moitié moins élevés qu’en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, souscrire une assurance santé solide est fortement conseillé, voire obligatoire dans certains cas (comme pour certains permis de résidence, dont celui destiné aux nomades digitaux). Plusieurs options existent.

assureurs locaux : Nairi Insurance, Ingo Armenia, Rosgosstrakh Armenia, SIL, Liga, Reso, Armenia Insurance

assureurs internationaux : Allianz, April International, Cigna Global, etc.

assurances « nomade » : SafetyWing, Genki, World Nomads, Insured Nomads

Un contrat recommandé couvrira au minimum : urgences, hospitalisation, soins ambulatoires, médicaments, évacuation médicale, rapatriement, assistance 24/7.

Urgences et pharmacies

Les numéros d’urgence :

ServiceNuméro
Urgences générales (numéro unifié)911 ou 112
Ambulance103
Police102
Pompiers101

À Yerevan, le service public d’ambulance dispose de plusieurs dizaines d’équipes. Les ambulances publiques sont gratuites. Des services privés existent aussi, via certains hôpitaux.

Les pharmacies sont nombreuses, souvent ouvertes tard et parfois 24 h/24. Beaucoup de médicaments courants s’achètent sans ordonnance. Pour des traitements spécifiques, mieux vaut prévoir quelques mois de stock à votre arrivée, avec une lettre de votre médecin, le temps de trouver un spécialiste local.

Scolarité et éducation : options locales et internationales

Pour les familles expatriées, le choix de l’école est un point crucial. Le système local s’organise en trois niveaux : primaire (1re–4e année), collège (5e–9e) et lycée (10e–12e). La scolarité est obligatoire jusqu’à la fin de la 9e année.

À Yerevan et à Dilijan notamment, plusieurs écoles internationales ou à programme étranger permettent une continuité des cursus anglophones ou francophones.

Principales écoles internationales

Quelques exemples parmi les plus connues :

Écoles Internationales en Arménie

Un aperçu des principales institutions offrant des programmes d’enseignement internationaux à Yerevan et Dilijan, avec des curriculums américain, britannique, français et du Baccalauréat International.

QSI International School of Yerevan

La plus ancienne école internationale du pays. Programme américain en anglais, accréditée MSA/CESS. Accueille des élèves de 3 à 18 ans, représentant plus de 16 nationalités.

Cambridge International School of Armenia (CIS Armenia)

Combine le programme britannique (Cambridge) et le programme national arménien, de la maternelle au secondaire (IGCSE et A‑Levels). Frais annuels : 3,9 à 6,8 millions d’AMD, repas inclus.

British International School of Armenia (BISA)

Curriculum britannique (KS3, iGCSE, iA-Levels). Se distingue par des classes à effectifs réduits pour un suivi personnalisé.

Lycée Français Anatole France

Scolarité en français avec enseignement de l’arménien et de l’anglais. Préparation au baccalauréat français. Frais annuels : 1,45 à 2,45 millions d’AMD.

UWC Dilijan

Internat proposant le programme du Baccalauréat International (IB) pour les 16–18 ans, accueillant des élèves de dizaines de pays. Frais pour les deux années d’IB : 61 000 à 80 000 USD, avec possibilité de bourses.

Anania Shirakatsy Lyceum

École arménienne membre de l’IBO, offrant tous les programmes du primaire au diplôme IB. Les deux dernières années du secondaire sont entièrement dispensées en anglais.

Pour les plus jeunes, plusieurs jardins d’enfants et écoles privées bilingues ou anglophones existent, souvent avec des approches pédagogiques « européennes » et des services complets (cantine, activités extrascolaires, transport).

Bon à savoir :

Les frais de scolarité annuels en Ouzbékistan varient considérablement, allant d’environ 100 USD pour certaines écoles russophones à plus de 8 000 USD pour les établissements internationaux haut de gamme. Il est important de noter que des frais d’inscription non remboursables sont courants. Plusieurs écoles proposent des avantages financiers, tels que des rabais pour les fratries, des réductions pour un paiement annuel en une seule fois ou pour une inscription anticipée.

Pour un enfant non arménophone intégré au système local, on recommande très fortement des cours privés de langue durant la première année, afin d’éviter un décrochage sur les matières enseignées uniquement en arménien.

Banque et finances : ouvrir un compte, transférer, épargner

Le secteur bancaire arménien est considéré comme stable, bien régulé par la Banque centrale. Il attire de plus en plus de non‑résidents (particulièrement de Russie et d’Iran).

Avantages et contraintes

Les atouts pour un expatrié :

ouverture possible de comptes multidevises (AMD, USD, EUR, RUB, parfois CAD, CHF, GBP, AED, CNY…)

garanties de dépôts via un fonds national (jusqu’à 10 millions d’AMD pour les dépôts en AMD, 5 millions pour les dépôts en devises)

– taux d’intérêt sur les dépôts parfois attractifs, pouvant atteindre ou dépasser 5 % annuels

– services d’e‑banking et cartes Visa/Mastercard standard

– possibilité de crédit conso, cartes de crédit, prêts hypothécaires

Les contraintes :

Attention :

L’ouverture d’un compte bancaire en Arménie pour les non-résidents est soumise à des procédures KYC strictes, nécessitant de nombreux documents et des vérifications approfondies de l’origine des fonds. Le processus est très sensible aux sanctions internationales, et une proximité avec des pays ou secteurs sous sanctions peut le compliquer. De plus, toutes les banques n’acceptent pas les non-résidents, certaines excluant des nationalités jugées à risque. Il est important de noter que les documents et contrats sont souvent en arménien, cette version étant la seule juridiquement contraignante.

Documents nécessaires

Pour un particulier étranger, on vous demandera typiquement :

passeport

numéro d’identification fiscale / carte de sécurité sociale arménienne (SSN), que l’on peut obtenir auprès du service Migration et Citoyenneté pour environ 1 000 AMD en une quinzaine de minutes

– justificatif d’adresse locale (contrat de location, facture de services, confirmation d’hôtel)

– justificatifs d’origine des fonds (fiches de paie, contrats de travail, extraits bancaires, actes de vente, déclaration de dividendes…)

– preuve de « centre d’intérêt vital » en Arménie si vous êtes non‑résident (bail de 6 mois ou plus, contrat de travail, propriété immobilière, placement important…)

Les citoyens américains devront remplir des formulaires FATCA (W9). Les ressortissants de certains pays considérés « à haut risque » devront subir des contrôles supplémentaires, voire se heurter à des refus.

quelques heures

L’ouverture d’un profil simple avec un dossier complet peut être réalisée en quelques heures.

Choisir sa banque

Plusieurs banques sont connues pour travailler activement avec les étrangers, parmi lesquelles :

Ameriabank

IDBank

Evocabank

Ardshinbank

Inecobank

Fast Bank

Certaines, comme Evocabank, ont des procédures d’ouverture à distance (identification par visio, envoi préalable de documents, transfert initial pour activation). D’autres exigent une présence physique. Les frais d’ouverture vont de gratuité à 20 000 AMD ou plus selon le type de compte.

La meilleure approche consiste à :

1. définir l’usage principal du compte (salaire, épargne, gestion de projet, transferts internationaux…) 2. présélectionner une ou deux banques ouvertes aux non‑résidents 3. préparer un dossier complet, traduits et apostillés au besoin 4. prévoir un entretien en agence ou en visio et accepter la possibilité d’un refus sans explication détaillée

Les services comme Wise restent utiles pour transférer depuis/vers l’Arménie, mais ne sont pas toujours compatibles directement avec toutes les banques arméniennes pour les comptes locaux.

Vie quotidienne, culture et intégration

Au‑delà des chiffres et des procédures, s’installer en Arménie, c’est entrer dans une société où la famille et la communauté passent souvent avant l’individu, et où la vie quotidienne est rythmée par les repas partagés, les toasts, les fêtes et les discussions animées.

Valeurs et codes sociaux

La famille est le socle de la société arménienne. Les membres de la famille élargie vivent souvent à proximité, et les grandes décisions se prennent rarement seul. Le respect des aînés, le sens de l’hospitalité, la loyauté envers son clan sont des valeurs cardinales. On attend des enfants qu’ils respectent et soutiennent leurs parents à long terme.

La société reste globalement hiérarchisée : l’âge, le statut, la position hiérarchique comptent beaucoup, tant dans la sphère privée que professionnelle. Les rôles de genre traditionnels demeurent présents, même si de nombreuses femmes occupent désormais des fonctions clés dans l’économie et la sphère publique.

Le rapport au temps est plus flexible que dans de nombreux pays occidentaux : la ponctualité n’est pas toujours stricte, surtout dans le cadre privé. La vie se déroule à un rythme plus lent, plus conversationnel, y compris à Yerevan.

Communication et étiquette

La communication est généralement directe, expressive, et peut sembler passionnée. Les échanges animés ne sont pas forcément des disputes. Le langage non verbal (gestes, ton de la voix, mimiques) a une grande importance.

Quelques repères utiles :

saluer avec une poignée de main ou, entre personnes proches, des bises sur les joues

regarder dans les yeux, signe de respect et de sincérité

– enlever ses chaussures en entrant chez quelqu’un, selon les foyers

apporter un petit cadeau quand on est invité (chocolats, fleurs, vin)

– éviter de refuser trop fermement nourriture ou boisson ; mieux vaut accepter au moins un peu

– s’habiller avec retenue lors de visites de sites religieux

Les grands repas sont souvent structurés par des toasts portés par un « tamada », sorte de maître de cérémonie, ce qui peut surprendre au début mais fait partie des moments forts de la vie sociale.

Climat, environnement et sécurité

Le pays connaît un climat continental assez contrasté : étés chauds et secs (souvent 22 à 36 °C), hivers froids, avec des températures pouvant descendre sous les –10 °C en montagne. Le printemps et l’automne sont considérés comme les meilleures périodes pour découvrir le pays.

Bon à savoir :

Erevan offre une bonne qualité de vie avec un indice de sécurité élevé (79) et une criminalité faible (21), ce qui la rend sûre, même pour les femmes seules. Cependant, l’environnement peut être bruyant, le trafic automobile est dense et les routes, notamment en montagne et de nuit, peuvent présenter des dangers.

Les personnes LGBTQ+ doivent rester prudentes : l’environnement social est perçu comme hostile, avec risques de discrimination ou d’agressions. Beaucoup de gens fument dans les espaces publics, et la consommation de cannabis est illégale.

Connexion et travail à distance

Le pays a investi massivement dans la fibre optique. Près de 100 % des localités sont couvertes en 4G, la majorité des lignes fixes sont en fibre, et les villes disposent de nombreux points Wi‑Fi. Les débits moyens sont honnêtes (autour de 50 Mbps en fixe en moyenne), même si certains nomades habitués à l’Asie ou à l’Europe du Nord jugent la qualité inégale.

À Yerevan, plusieurs espaces de coworking accueillent freelances et équipes :

Impact Hub Yerevan

Loft

256 Hub

Utopian Lab

AEON

Les cafés de Kentron et des quartiers adjacents servent souvent de bureaux informels pour les télétravailleurs. Un poste de coworking peut coûter autour de 200 USD par mois.

Réseaux d’expatriés et ressources utiles

L’intégration passe en grande partie par les relations. L’Arménie dispose d’une diaspora mondiale de plus de 7 millions de personnes, dont une partie revient ou s’installe pour la première fois dans le pays ancestral. Parallèlement, des communautés d’expatriés non arméniens se développent, en particulier à Yerevan, Dilijan, Gyumri et Vanadzor.

Outils pour rencontrer du monde :

Ressources pour s’intégrer en Arménie

Découvrez les principaux groupes, plateformes et organisations pour rencontrer des personnes, trouver de l’aide et participer à des activités en Arménie, que vous soyez expatrié, nomade numérique ou rapatrié.

Groupes Facebook & Communautés en ligne

Rejoignez des groupes comme « Expats in Yerevan », « Foreigners in Armenia », « Repatriates in Armenia », « Digital Nomads Armenia » et « Women in Armenia » pour échanger et obtenir des conseils.

Plateformes de rencontre et réseaux

Utilisez InterNations (événements à Yerevan), l’application Wooh pour des rencontres amicales, ou les forums Expat.com et Expat Exchange dédiés à l’Arménie.

Centres culturels & Activités

Participez aux activités des centres culturels (Alliance Française, Goethe-Zentrum), aux cours de langue, clubs de sport ou groupes de randonnée (Hike Armenia, Armenian Geographic).

Soutien aux rapatriés

Bénéficiez d’un accompagnement personnalisé, d’ateliers, d’aide à l’emploi et d’un réseau via l’organisation Repat Armenia, dédiée aux personnes retournant vivre en Arménie.

Du côté institutionnel, le Haut-Commissariat pour les Affaires de la Diaspora et certaines agences publiques accompagnent les personnes d’ascendance arménienne dans leurs démarches (citoyenneté, fiscalité, enregistrement d’entreprise, etc.).

Derniers conseils pour une installation réussie

S’installer en Arménie tant qu’expatrié est une aventure à la fois enthousiasmante et exigeante. Avant de vous lancer :

Astuce :

Pour une installation réussie en Arménie, planifiez un séjour exploratoire pour tester les quartiers, les écoles et les services hors saison touristique. Clarifiez votre stratégie administrative (visa, motif de résidence) en tenant compte des réformes. Anticipez la barrière linguistique : si l’anglais progresse à Erevan, l’arménien et le russe sont essentiels ailleurs ; des cours intensifs sont utiles. Acceptez certains aléas comme une bureaucratie parfois lente ou des coupures de services ponctuelles, surtout hors des zones modernes. Enfin, abordez les problèmes avec diplomatie et calme pour des résolutions plus efficaces.

Enfin, voyez l’intégration comme une relation à double sens : ce n’est ni une assimilation forcée ni un entre‑soi d’expats. Plus vous vous intéresserez à la langue, à l’histoire, aux traditions et aux défis actuels du pays, plus l’Arménie se révèlera accueillante – et plus votre projet d’installation aura des chances de s’inscrire dans la durée.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Arménie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arménie pour sa fiscalité douce sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très inférieur à la France (Erevan ~50% moins cher que Paris) et un environnement propice à l’investissement immobilier et entrepreneurial. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseiller francophone) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), en veillant à la convention fiscale franco‑arménienne pour limiter les risques de double imposition.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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