S’installer en Honduras tant qu’expatrié, c’est choisir un pays à la fois fascinant et contrasté : coût de la vie très bas, climat tropical, îles caribéennes paradisiaques, mais aussi pauvreté marquée, criminalité élevée et infrastructures inégales. Ce guide propose une vue d’ensemble pragmatique pour préparer un projet d’expatriation réaliste : visas, coût de la vie, logement, emploi, sécurité, santé, éducation, vie quotidienne, investissement et retraite.
Comprendre le Honduras avant de partir
Le Honduras est une république d’Amérique centrale, bordée par le Guatemala, le Salvador et le Nicaragua, ouverte à la fois sur la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique. Sa capitale est Tegucigalpa et la population dépasse 10,7 millions d’habitants. Le relief est majoritairement montagneux avec des plaines côtières, et le climat est globalement tropical : chaud et humide, avec une saison sèche de novembre à avril et une saison des pluies de mai à octobre.
L’espagnol est la langue officielle, mais l’anglais est courant dans les zones touristiques comme les îles de la Baie et certains milieux d’affaires. La monnaie locale est le lempira (HNL), mais le dollar américain est largement accepté, particulièrement dans les régions touristiques et sur les îles.
Le pays reste l’un des plus pauvres de l’hémisphère occidental, avec plus de la moitié de la population vivant dans la pauvreté, une forte dépendance aux envois de fonds de la diaspora et un chômage important. Cette réalité sociale contribue en partie à des taux de criminalité élevés, en particulier dans certaines grandes villes et régions frontalières.
Pour un expatrié, cela signifie qu’il est possible de vivre très confortablement avec un budget modeste, mais au prix d’une vigilance constante en matière de sécurité et d’une certaine tolérance aux lenteurs bureaucratiques et aux infrastructures parfois déficientes.
Visas, immigration et résidence à long terme
La plupart des expatriés débutent leur aventure avec un statut de touriste, puis basculent vers une résidence à plus long terme, souvent sous un statut de retraité, de rentier ou d’investisseur.
Séjour de courte durée : entrée comme touriste
De nombreuses nationalités (États‑Unis, Canada, Union européenne, Japon, Australie, Nouvelle‑Zélande et la plupart des pays d’Amérique du Sud et centrale) n’ont pas besoin de visa préalable. Un tampon d’entrée autorise habituellement un séjour allant jusqu’à 90 jours. Il est interdit de travailler avec ce statut.
Le Honduras fait partie de l’accord CA‑4 (avec le Guatemala, le Salvador et le Nicaragua), ce qui signifie que les 90 jours se cumulent sur ces quatre pays : trois semaines au Guatemala, un mois au Salvador, puis un mois au Honduras comptent comme 90 jours au total dans la zone.
Une prolongation unique de 30 jours est en principe possible en se rendant à la direction de l’immigration, notamment à Tegucigalpa, ou dans des antennes comme San Pedro Sula, La Ceiba, Tela ou Utila. Cette extension est payante (environ 20 USD) et peut être plus ou moins facile à obtenir selon le bureau.
Après un séjour de 90 jours dans la zone CA-4, il est impératif de quitter cette zone (par exemple pour le Belize ou le Costa Rica) pendant au moins 72 heures pour réinitialiser le délai de séjour. Les autorités appliquent strictement cette règle : tout dépassement entraîne des amendes et peut conduire à une interdiction temporaire de retour.
Résidences de longue durée : retraités, rentiers, investisseurs
Pour une installation durable, plusieurs options de résidence existent, qui tiennent lieu de résidence permanente tant que les conditions sont remplies en continu.
Les grandes catégories sont : categorie 1, categorie 2, categorie 3, categorie 4.
– résidence de retraité (pensionado) : elle concerne les personnes pouvant prouver une pension mensuelle à vie d’au moins 1 500 USD versée par un organisme vérifiable (caisse de retraite publique ou privée, etc.). Il n’y a pas de condition d’âge maximale.
– résidence de rentier (rentista) : elle cible les personnes disposant de revenus réguliers d’origine étrangère (loyers, placements, etc.), d’un montant d’au moins 2 000 à 2 500 USD par mois selon les sources et les périodes. Une preuve de stabilité de ces revenus est exigée.
– résidence d’investisseur : elle nécessite un investissement minimal de 50 000 USD dans un projet ou une entreprise au Honduras, par exemple dans le tourisme, l’immobilier ou l’industrie.
– résidence liée à l’emploi : elle suppose un contrat avec une entreprise hondurienne, soit comme « employé clé », soit en tant qu’entrepreneur ayant créé une société locale.
Le traitement complet d’une demande peut facilement prendre de 6 à 9 mois.
Démarches et documents à prévoir
La loi impose que la demande de résidence soit portée par un avocat inscrit au barreau hondurien. L’auto‑représentation n’est pas admise. Faire appel à un cabinet habitué à traiter les dossiers d’expatriés est généralement un gain de temps.
Les documents typiques incluent :
– un passeport valable au moins un an,
– un extrait de casier judiciaire du pays d’origine,
– une attestation médicale,
– des preuves de ressources (relevés de pension, contrats de rente, attestations bancaires, acte d’investissement, etc.),
– une lettre de motivation précisant le type de résidence demandé,
– plusieurs photos d’identité.
La plupart des documents étrangers doivent être apostillés et traduits en espagnol par un traducteur assermenté. Une visite médicale locale, facturée entre 50 et 150 USD, est souvent imposée.
Aux coûts de légalisation et de traduction s’ajoutent les frais administratifs (environ 100 à 200 USD pour la demande, puis 50 à 100 USD pour la carte de résident) et les honoraires d’avocat, qui s’échelonnent fréquemment entre 1 000 et 3 000 USD.
Coût de la vie : combien prévoir pour bien vivre ?
Le Honduras est l’un des pays les moins chers du continent pour qui dispose de revenus extérieurs. Les comparaisons avec les États‑Unis illustrent bien le différentiel de coût.
Ordres de grandeur généraux
Le tableau suivant donne une idée des budgets mensuels typiques, exprimés en dollars et en lempiras :
| Profil | Budget « modeste » (avec loyer) | Budget « confortable » (avec loyer) |
|---|---|---|
| Célibataire | 655 USD ≈ 16 100 HNL | 3 028 USD ≈ 74 600 HNL |
| Couple | ~1 000–1 400 USD | ~4 000 USD et plus |
| Famille de 4 personnes | 1 379 USD ≈ 34 000 HNL | 6 376 USD ≈ 157 000 HNL |
D’autres estimations situent la vie mensuelle moyenne (logement compris) autour de 1 383 USD pour une personne, 2 056 USD pour un couple et 2 909 USD pour une famille de quatre. En moyenne, le coût de la vie est environ 46 à 55 % plus bas qu’aux États‑Unis, selon qu’on inclut ou non le loyer.
Logement : loyers et achat immobilier
Les loyers varient fortement selon la ville, le quartier, la taille et le niveau de confort. Tegucigalpa et San Pedro Sula sont en haut de l’échelle, tandis que les petites villes et les zones rurales restent très abordables.
Quelques repères :
| Type de logement (en ville) | Loyer mensuel moyen (HNL) | Loyer mensuel moyen (USD, approximatif) |
|---|---|---|
| Studio meublé 45 m² – quartier cher | 10 600 HNL | ~430 USD |
| Studio meublé 45 m² – quartier ordinaire | 6 400 HNL | ~260 USD |
| 1 chambre centre‑ville (moyenne des annonces) | 9 700–12 300 HNL | 370–470 USD |
| 3 chambres centre‑ville (moyenne des annonces) | 22 000 HNL | ~840 USD |
| Maison 3 ch à La Ceiba (en ville) | ~500 USD | ~12 000 HNL |
| Location mensuelle à Roatán (touristique) | 500–1 000 USD | 12 000–24 000 HNL |
Dans les quartiers haut de gamme de Tegucigalpa, un appartement 1 chambre se loue souvent entre 8 000 et 12 000 HNL. En zone moyenne, on descend à 5 000–8 000 HNL pour le même type de logement.
Pour l’achat, les prix restent bas à l’échelle internationale mais élevés au regard des salaires locaux : le mètre carré en centre-ville se négocie en moyenne autour de 613 USD, et environ 570 USD en périphérie. Les fourchettes les plus souvent observées vont d’environ 50 000 à 150 000 USD pour un appartement et de 60 000 à 300 000 USD pour une maison standard. Sur les îles comme Roatán, les biens en front de mer peuvent grimper bien plus haut.
Les étrangers peuvent acquérir de l’immobilier, mais avec des restrictions près des côtes et des frontières (interdiction au‑delà de certains seuils de surface dans un rayon de 40 km). Une pratique fréquente consiste à constituer une société hondurienne pour contourner certaines limitations.
Un point crucial : le cadastre est loin d’être parfaitement tenu, et une proportion élevée des terres ne dispose pas de titres clairs. Il est indispensable de se faire accompagner par un avocat compétent et un agent immobilier fiable pour vérifier la chaîne de propriété et éviter les litiges.
Charges et services
L’électricité, l’eau et le gaz restent raisonnables pour un expatrié, mais peuvent représenter une part significative du budget d’un local. Les factures dépendent fortement de l’usage de la climatisation.
Guide indicatif des budgets à prévoir pour la rénovation d’un appartement d’environ 85 m², selon le niveau de travaux souhaité.
Peinture, changement de revêtements de sol et mise aux normes électriques légère. Budget estimé : entre 15 000 € et 25 000 €.
Réaménagement des espaces, nouvelle cuisine/salle de bain, électricité et plomberie complètes. Budget estimé : entre 40 000 € et 70 000 €.
Travaux avec matériaux premium, sur-mesure, domotique et optimisation énergétique poussée. Budget estimé : à partir de 80 000 €.
– les charges de base (électricité, eau, ordures) tournent autour de 1 500 à 3 000 HNL par mois (60–120 USD) dans la plupart des cas,
– un forfait internet haut débit varie entre 800 et 1 200 HNL (30–50 USD),
– un forfait mobile avec données se situe souvent entre 400 et 800 HNL (15–30 USD).
Nourriture, restaurants et loisirs
Cuisiner chez soi avec des produits locaux est peu coûteux, surtout en achetant sur les marchés plutôt qu’en supermarché. Pour un célibataire, un budget de 200 à 300 USD par mois pour l’alimentation est courant.
En ville, un déjeuner simple dans un petit restaurant coûte en moyenne 200 HNL (7–8 USD), tandis qu’un repas pour deux dans un établissement de gamme moyenne tourne autour de 800 à 1 300 HNL (30–50 USD) selon le cadre. Un menu de fast‑food se situe autour de 200–250 HNL.
Les boissons restent abordables : une bière locale dans un bar de quartier coûte généralement 50–52 HNL (environ 2 USD), un cappuccino 60–70 HNL (2–2,5 USD), un soda 25–30 HNL.
Pour les loisirs : une place de cinéma coûte autour de 150–180 HNL, un abonnement mensuel à la salle de sport dans un quartier d’affaires oscille souvent entre 1 000 et 1 300 HNL.
Où s’installer ? Panorama des villes et régions pour expatriés
Le choix de la ville conditionne fortement l’expérience d’expatriation. Entre la capitale, les pôles économiques, les villes coloniales et les îles caribéennes, l’éventail est large.
Tegucigalpa : capitale administrative et centre universitaire
Tegucigalpa concentre les institutions, de nombreuses entreprises de services, des universités et plusieurs écoles internationales. Son centre historique présente une architecture coloniale, tandis que les quartiers modernes offrent centres commerciaux et immeubles récents.
Le climat y est relativement tempéré du fait de l’altitude. Les expatriés y apprécient la combinaison d’infrastructures (cliniques privées, écoles, centres commerciaux) et de coûts encore modérés. Les problèmes de circulation, la pollution et la sécurité restent cependant des points sensibles : certains quartiers sont à éviter, et se déplacer de nuit demande prudence.
San Pedro Sula : capitale industrielle et hub économique
San Pedro Sula est le moteur industriel du pays, avec de nombreuses usines, des maquiladoras, des call centers et des entreprises technologiques. Les salaires y sont légèrement plus élevés, ce qui en fait un pôle majeur pour les profils qualifiés dans l’IT, l’administration, le BPO ou la logistique.
La ville offre des infrastructures comme des centres de congrès, de grands centres commerciaux et une offre de loisirs variée. En contrepartie, elle présente des inconvénients tels qu’une chaleur plus marquée, une qualité de l’air parfois médiocre et des questions de sécurité particulièrement sensibles dans certains secteurs.
La Ceiba, Tela, Trujillo : côte caraïbe continentale
La Ceiba est un port dynamique, connu pour son carnaval international et sa proximité avec les parcs nationaux et le Río Cangrejal, idéal pour le rafting. Elle sert de porte d’entrée vers les îles de la Baie. On y trouve des centres commerciaux, des marchés, des cliniques et une vie nocturne animée.
Tela et Trujillo, plus petites, séduisent par leurs plages, leurs marchés de produits frais et leur rythme de vie plus tranquille. Les coûts y sont faibles, attirant des expatriés en quête de simplicité et de budget serré.
Les îles de la Baie : Roatán, Utila, Guanaja
Roatán est la destination phare des expatriés : grande communauté internationale, usage très répandu de l’anglais, infrastructure touristique développée, nombreux clubs de plongée, bars de plage et restaurants. L’île est construite autour de la deuxième plus grande barrière de corail du monde, ce qui en fait un haut lieu de plongée.
Les trois îles principales (Roatán, Utila, Guanaja) offrent des expériences et des coûts distincts. Roatán a un coût de la vie plus élevé mais reste attractif pour les retraités occidentaux. Utila, plus rustique et abordable, attire un public jeune, routard ou digital nomad. Guanaja, plus isolée et préservée, convient à ceux recherchant la tranquillité, malgré une logistique plus complexe.
Villes coloniales et montagneuses : Comayagua, Santa Rosa de Copán, Copán Ruinas
Comayagua, souvent appelée « capitale coloniale », est réputée plus sûre et conserve de beaux bâtiments historiques, plusieurs églises et musées. Située dans une vallée productrice de café, elle offre un climat relativement doux.
Santa Rosa de Copán, en altitude, plaît pour son climat frais, son architecture coloniale et son rôle de centre commercial pour le café et le tabac. Copán Ruinas, près de la frontière guatémaltèque, est connue pour le site maya classé à l’UNESCO. La ville est perçue comme accueillante et sûre, avec de nombreux petits hôtels et restaurants, ce qui attire quelques expatriés à la recherche d’une ambiance de petite ville touristique.
Travailler ou entreprendre en tant qu’expatrié
L’économie hondurienne présente une dualité nette : abondance de main‑d’œuvre peu qualifiée mais déficit de compétences techniques et managériales. Dans ce contexte, certains profils étrangers trouvent leur place, en particulier dans les ONG, l’éducation, le tourisme, l’IT et les services.
Secteurs porteurs pour les expatriés
On trouve fréquemment des expatriés dans les domaines suivants :
– ONG et organisations internationales (développement, santé, éducation),
– enseignement, notamment enseignement de l’anglais dans des écoles bilingues ou internationales,
– tourisme et hôtellerie, en particulier sur les îles de la Baie et la côte caraïbe,
– call centers et BPO orientés vers les marchés nord‑américains,
– IT, développement logiciel, cyber‑sécurité, gestion d’infrastructures,
– gestion de projets dans les secteurs de l’agro‑industrie, des énergies renouvelables ou de la construction.
Le marché du travail protège cependant l’emploi local : pour recruter un étranger, l’employeur doit démontrer qu’aucun candidat hondurien ne peut occuper le poste, et la loi impose que 90 % au moins de l’effectif d’une entreprise soit composé de nationaux.
La maîtrise de l’espagnol est un atout majeur, souvent indispensable hors des milieux très internationalisés. Dans les call centers ou certaines écoles internationales, l’anglais peut suffire, mais savoir communiquer en espagnol avec collègues, administrations et fournisseurs change la donne.
Contexte professionnel en milieu hispanophone
Conditions de travail et salaires
La semaine de travail légale est de 44 heures en journée, avec un plafond horaire quotidien et des règles spécifiques pour les horaires de nuit ou mixtes. Les heures supplémentaires sont rémunérées à 150 % du salaire horaire.
Le salaire moyen dans le secteur formel tourne autour de 13 100 HNL par mois (environ 500 USD), bien en dessous des standards occidentaux. Les expatriés, surtout lorsqu’ils sont rémunérés par des entités étrangères ou dans des postes qualifiés, perçoivent en général davantage.
Le système prévoit un 13ᵉ mois (prime de Noël) et un 14ᵉ mois (bonus de mi‑année) obligatoires, ainsi qu’un nombre de jours de congés payés croissant avec l’ancienneté. La législation du travail impose aussi des indemnités en cas de licenciement sans cause reconnue et des délais de préavis variables selon la durée du contrat.
Entreprendre et investir
Pour créer une société locale, la forme la plus courante est la société à responsabilité limitée (Sociedad de Responsabilidad Limitada), qui nécessite au minimum deux associés (nationaux ou étrangers) et un capital de départ modéré. La constitution d’une entité peut se faire en une semaine environ avec l’aide d’un avocat.
Le pays offre plusieurs régimes incitatifs (zones franches, régimes d’importation temporaire, avantages sectoriels pour le tourisme, l’industrie exportatrice ou les énergies renouvelables). Les jeunes entreprises bénéficient parfois d’exemptions d’impôts sur les bénéfices et de droits de douane sur une période limitée.
Les opportunités existent dans les secteurs suivants : secteur technologique, secteur de la santé, secteur des énergies renouvelables, secteur de l’éducation.
– textile et confection en sous‑traitance,
– agro‑industrie (café, fruits, transformation),
– tourisme (éco‑lodge, plongée, restauration, petites structures hôtelières),
– énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité),
– services externalisés vers l’Amérique du Nord.
En contrepartie, l’environnement des affaires est marqué par la lenteur administrative, la complexité réglementaire, la corruption et une justice peu prévisible. Les litiges immobiliers sont particulièrement fréquents. Toute démarche d’investissement sérieux impose donc de s’entourer de professionnels locaux expérimentés.
Santé et système de soins : comment se protéger ?
Le système de santé hondurien se divise entre secteur public, souvent débordé et sous‑financé, et secteur privé, mieux équipé mais payant. Pour un expatrié, tout projet d’installation doit impérativement inclure une couverture santé solide.
Infrastructures et qualité des soins
La majorité de la population dépend du ministère de la Santé ou de l’Institut hondurien de sécurité sociale, qui peinent à couvrir correctement tout le territoire. Le ratio de médecins par habitant reste très en dessous des normes recommandées par l’OMS, avec une forte concentration dans la capitale et les grandes villes.
Les hôpitaux publics souffrent de manque de médicaments, d’équipements et de personnel. À l’opposé, plusieurs cliniques privées à Tegucigalpa et San Pedro Sula (comme Honduras Medical Center, CEMESA) offrent des services d’un niveau proche de ce que l’on peut trouver dans certains pays développés, avec des médecins souvent formés aux États‑Unis et parlant anglais.
Sur les îles de la Baie, les cliniques locales peuvent prendre en charge les urgences simples et les accidents de plongée (via des chambres de recompression). Cependant, les cas médicaux graves nécessitent une évacuation vers le continent, voire vers d’autres pays pour des soins spécialisés.
Coût des soins et assurance
Les consultations en clinique privée sont relativement bon marché pour un expatrié : une visite chez un généraliste peut coûter entre 5 et 15 USD, parfois 30–50 USD dans les établissements les plus haut de gamme. Une journée d’hospitalisation en chambre privée peut se situer autour de 30–40 USD, et certaines interventions chirurgicales coûtent bien moins que dans les pays occidentaux, tout en restant onéreuses à l’échelle locale.
La plupart des expatriés optent pour une assurance santé privée internationale (Cigna Global, Allianz, AXA, Bupa, etc.), incluant :
– la prise en charge des soins dans les cliniques privées du Honduras,
– l’évacuation médicale en cas de besoin,
– parfois la possibilité de se faire soigner dans d’autres pays d’Amérique centrale ou en Amérique du Nord.
Fourchette des primes mensuelles en lempiras pour une assurance santé locale correcte au Honduras.
Risques sanitaires spécifiques
Le pays est exposé à plusieurs maladies tropicales (dengue, chikungunya, Zika, paludisme, typhoïde, hépatites, diarrhées bactériennes). L’eau du robinet n’est pas potable ; il faut consommer de l’eau en bouteille ou filtrée partout, y compris en ville.
Les autorités sanitaires recommandent de vérifier ses vaccins de base et de se faire immuniser, selon les cas, contre l’hépatite A et B, la typhoïde et parfois la fièvre jaune si l’on arrive d’un pays où elle est endémique. L’utilisation de répulsifs anti‑moustiques et de moustiquaires est fortement conseillée dans les zones à risque.
La pollution de l’air peut poser problème aux personnes souffrant de pathologies respiratoires, surtout en saison de brûlis agricoles ou en présence de feux de forêt.
Sécurité et crime : se protéger sans céder à la paranoïa
Le Honduras affiche l’un des taux d’homicides les plus élevés au monde, même si les expatriés sont moins souvent visés que les populations locales. La criminalité est fortement concentrée dans certains secteurs urbains, dans les zones frontalières et dans des circuits liés au trafic de drogue.
Nature des risques
Dans les grandes villes (Tegucigalpa, San Pedro Sula, La Ceiba) et certains ports, les risques sont multiples :
– vols à l’arraché, pickpockets, cambriolages,
– agressions armées, parfois « kidnapping express » visant à retirer de l’argent aux distributeurs,
– extorsions ciblant surtout les entreprises locales (impôt informel imposé par des gangs).
Les touristes et les expatriés sont généralement victimes d’opportunisme : sac ouvert, téléphone apparant, montre de luxe. Les homicides les plus graves se produisent surtout dans des contextes de conflit entre gangs, criminalité organisée et règlement de comptes.
Certaines régions isolées, comme le département de Gracias a Dios ou des tronçons routiers dans l’Est et le Nord, présentent des dangers spécifiques en raison du trafic de drogue, de l’absence d’infrastructures et du manque de forces de l’ordre en nombre suffisant.
Zones généralement perçues comme plus sûres
Les îles de la Baie (Roatán, Utila, Guanaja) et certaines villes touristiques comme Copán Ruinas ont une réputation relativement meilleure en matière de sécurité, grâce notamment à une présence policière accrue et à l’importance économique du tourisme.
Des villes comme Comayagua ou des bourgades de montagne (La Esperanza, certaines zones autour du lac de Yojoa) sont également considérées comme plus tranquilles, même si la prudence reste de mise partout.
Conseils de prudence pour les expatriés
Dans la pratique, une grande partie des expatriés vivent des années sans incident majeur, en respectant des règles simples :
Pour voyager en toute sécurité, il est recommandé d’éviter de se déplacer à pied dans les quartiers inconnus après la tombée de la nuit, de ne pas exhiber d’objets de valeur (bijoux, montres haut de gamme, gros appareils photo), et de limiter la somme d’argent liquide sur soi. Il est aussi conseillé d’avoir un petit montant prêt à être remis en cas d’agression pour désamorcer la situation. Pour les déplacements, privilégiez des taxis fiables, recommandés par l’hôtel, des amis ou une application, plutôt que d’en héler au hasard. Pour les longs trajets, optez pour des bus interurbains réputés ou des navettes touristiques plutôt que les « chicken buses » locaux. Enfin, renseignez-vous sur les quartiers à éviter et tenez-vous aux zones résidentielles ou commerciales fréquentées.
Les numéros d’urgence sont le 911 pour les appels généraux, 199 pour la police et 195 pour les urgences médicales selon les circuits locaux. Il est utile de noter le numéro des cliniques et hôpitaux proches de son domicile.
Éducation et écoles internationales
Pour les familles expatriées, la question scolaire est centrale. Le système public hondurien, bien que théoriquement gratuit et obligatoire, est confronté à d’importantes lacunes (niveau, infrastructures, langue exclusivement espagnole), ce qui le rend rarement adapté aux enfants d’expatriés.
Dans les grandes villes (Tegucigalpa, San Pedro Sula, La Ceiba) et dans quelques centres régionaux, on trouve des écoles bilingues ou internationales offrant des programmes américains, britanniques, français ou IB.
Les frais de scolarité annuels dans ces établissements peuvent atteindre jusqu’à 10 000 USD, certains dépassant même 12 000 USD.
Le tableau ci‑dessus donne des ordres de grandeur :
| Type d’établissement | Fourchette de frais annuels (USD) | Remarques principales |
|---|---|---|
| Écoles bilingues locales | 3 000–6 000 | Espagnol/anglais, programme mixte HN/US |
| Grandes écoles internationales (IB, AP, etc.) | 6 000–12 000+ | Programmes US, UK, IB, infrastructures modernes |
| Lycée français (AEFE) | ~1 500–2 000 € | Programme français, bilingue français/espagnol |
À Tegucigalpa, des établissements comme l’American School of Tegucigalpa, DelCampo International School, Discovery School ou le lycée franco‑hondurien sont parmi les plus connus. À San Pedro Sula, l’Escuela Internacional Sampedrana et des écoles bilingues américaines sont bien implantées. À La Ceiba, des écoles comme Mazapan School ou des établissements chrétiens bilingues accueillent des enfants d’expatriés.
Transports et mobilité
La mobilité au quotidien dépend beaucoup de la ville et du mode de vie choisi. Les infrastructures routières principales sont correctes, mais les routes secondaires peuvent être en mauvais état, surtout pendant la saison des pluies.
Les transports publics de type « chicken bus » (anciens bus scolaires américains) sont très bon marché, mais peu sûrs et inconfortables. Pour les expatriés, ils sont généralement déconseillés, en particulier de nuit.
Les taxis sont nombreux dans les grandes villes, mais la plupart n’ont pas de compteur. Il est donc essentiel de négocier le prix de la course avant de monter à bord. Pour un trajet court, prévoyez généralement entre 50 et 150 HNL. Dans certaines agglomérations, des services de taxi plus organisés ou des applications de type VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) peuvent également être disponibles.
Pour les déplacements interurbains, les bus longue distance ou les navettes touristiques privées sont préférables aux bus locaux. Le pays dispose également de quatre aéroports internationaux (Comayagua, San Pedro Sula, La Ceiba, Roatán), avec des liaisons fréquentes vers les États‑Unis et la région.
Beaucoup d’expatriés achètent ou louent un véhicule, idéalement un 4×4 pour les zones rurales. Les coûts de carburant restent modérés, mais il faut intégrer dans le budget l’entretien, l’assurance et parfois les frais de stationnement sécurisé.
Un permis de conduire étranger est généralement valable pour une durée limitée (souvent 90 jours) ; au‑delà, il est nécessaire d’obtenir un permis hondurien.
L’adaptation culturelle au Honduras passe largement par la langue. Même si l’anglais est courant dans certains milieux, la vie quotidienne se déroule en espagnol, avec des particularités locales (voseo, expressions idiomatiques, influences indigènes et caribéennes).
Apprendre l’espagnol local
S’inscrire à des cours d’espagnol, pratiquer quotidiennement avec des voisins, collègues ou commerçants, regarder la télévision et écouter la radio locale sont autant de moyens de progresser rapidement. Les Honduriens sont généralement indulgents face aux erreurs et apprécient les efforts des étrangers.
Maîtriser la langue du pays permet de mieux comprendre les codes sociaux, d’interagir efficacement avec les administrations, de négocier avec des artisans ou des propriétaires, et de se constituer un réseau de contacts au-delà du cercle des expatriés.
La culture hondurienne est un mélange de traditions autochtones, d’héritage espagnol et d’influences africaines, surtout sur la côte caraïbe. La religion chrétienne (catholique et protestante) joue un rôle important dans la vie sociale, notamment en milieu rural.
Les spécialités culinaires comme les baleadas (tortillas garnies de haricots, fromage, etc.), les plats typiques de riz, viande et banane plantain ou le ceviche font partie du quotidien. Les petites épiceries de quartier, les « pulperías », sont omniprésentes.
Le Honduras propose une diversité d’activités pour les touristes. En plein air, on peut pratiquer la plongée et le snorkeling autour de ses îles, faire des randonnées dans ses parcs nationaux, observer les oiseaux, ou encore s’essayer au rafting et à la tyrolienne. Pour la vie nocturne et culturelle, les grandes villes offrent des bars, des clubs et des restaurants animés par des musiques latines comme la salsa, le reggaeton et la punta.
Les communautés d’expatriés sont particulièrement visibles à Roatán, Utila, Tegucigalpa et San Pedro Sula, avec des groupes sur les réseaux sociaux, des événements et des associations permettant de tisser des liens.
Gérer le choc culturel
Comme dans toute expatriation, il est courant de traverser plusieurs phases : enthousiasme des premiers mois, frustrations face à la lenteur administrative, différences culturelles ou problèmes de sécurité, puis adaptation progressive. Garder l’esprit ouvert, éviter les comparaisons désobligeantes avec son pays d’origine et s’efforcer de comprendre le contexte local facilitent l’intégration.
Participer à des activités bénévoles, à des événements locaux, rejoindre des clubs de sport ou des groupes linguistiques sont de bons moyens de se sentir partie prenante de la communauté.
Argent, banque et fiscalité
Gérer son argent sur place implique de se familiariser avec le système bancaire hondurien, les modalités d’ouverture de compte et la fiscalité locale.
Système bancaire et ouverture de compte
Le système bancaire est stable mais très réglementé. La plupart des grandes banques (Banco Atlántida, Banco Ficohsa, BAC Honduras, Banco de Occidente, Banco Davivienda…) permettent l’ouverture de comptes en lempiras et en dollars américains.
Pour les particuliers, certaines banques exigent un statut de résident pour ouvrir un compte, mais d’autres acceptent les non‑résidents, souvent sous réserve de fournir :
Liste des pièces justificatives généralement nécessaires pour constituer un dossier de candidature ou de souscription.
Document officiel d’identité ou de titre de séjour pour vérifier votre identité et votre statut.
Informations sur vos comptes bancaires et vos relations d’affaires pour évaluer votre solvabilité.
Justificatif de domicile récent (facture, quittance de loyer) pour confirmer votre lieu de résidence.
Document parfois exigé, signé par un client existant, pour attester de votre sérieux et de votre fiabilité.
La procédure peut prendre deux à quatre semaines, avec entretien en agence, contrôles anti‑blanchiment et dépôt minimum à l’ouverture. Les opérations en devises sont strictement encadrées, et les billets en dollars doivent être en bon état pour être acceptés.
Les cartes de débit et de crédit sont largement utilisées en ville, mais il est prudent de disposer de liquide dans les zones rurales. Les distributeurs automatiques délivrent essentiellement des lempiras, avec des plafonds de retrait par opération.
Fiscalité des particuliers
La fiscalité hondurienne est territoriale : les expatriés sont imposés sur leurs revenus de source hondurienne. Les pensions et revenus étrangers ne sont en principe pas taxés tant que la personne n’est pas considérée comme résidente fiscale au sens de la loi (généralement à partir de quatre mois de présence continue dans l’année).
Taux maximal de l’impôt sur le revenu, qui est progressif avec un seuil d’exonération pour les revenus modestes.
Les contributions à la sécurité sociale sont partagées entre employeur et employé et ouvrent droit à certaines prestations (santé, retraite), même si de nombreux expatriés préfèrent une couverture privée complémentaire.
Retraite en Honduras : un eldorado à moindre coût ?
De nombreux étrangers s’intéressent au Honduras comme destination de retraite, en particulier à Roatán ou dans certaines villes de l’intérieur, en raison de l’immobilier abordable, du coût de la vie réduit et du climat chaud.
Le statut de pensionado simplifie l’obtention d’une résidence à long terme pour ceux disposant d’une pension mensuelle suffisante (au moins 1 500 USD). Une fois installé, un retraité peut vivre confortablement avec un budget mensuel compris entre 1 000 et 2 500 USD, selon le style de vie et la localisation (les îles et les quartiers très touristiques étant plus onéreux).
L’attrait principal réside dans la possibilité de louer ou d’acheter un logement agréable pour une fraction de son coût dans un pays développé, de bénéficier d’une aide domestique abordable (ménage, jardinage) et de profiter d’une alimentation fraîche et peu chère.
En contrepartie, il faut accepter :
– une sécurité publique plus fragile,
– un système de santé public limité, compensé par une assurance privée et, pour les soins lourds, des voyages vers d’autres pays,
– une bureaucratie parfois lente et imprévisible,
– un environnement politique et économique moins stable.
Pour ceux qui sont conscients de ces réalités et prévoyants sur le plan médical et sécuritaire, le Honduras peut néanmoins offrir une retraite agréable, au soleil, avec un niveau de confort élevé pour un budget raisonnable.
Conclusion : un projet à construire avec lucidité
S’installer en Honduras tant qu’expatrié, que ce soit pour quelques années de travail, une aventure de digital nomad ou une retraite, suppose de peser soigneusement les avantages et les risques.
D’un côté, le pays offre un coût de la vie très bas, des paysages spectaculaires, une culture riche, des communautés d’expatriés dynamiques, des opportunités immobilières et d’affaires attractives, et des procédures de résidence plutôt ouvertes pour les retraités et rentiers.
La pauvreté, la criminalité, les limites du système de santé public, la corruption et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles exigent une préparation rigoureuse. Celle-ci comprend une assurance santé internationale avec couverture d’évacuation, un choix prudent du lieu de résidence, un accompagnement juridique pour tout investissement, la constitution d’un réseau de contacts fiables et l’apprentissage sérieux de l’espagnol.
En abordant le pays avec réalisme, en se dotant des bons filets de sécurité et en s’intégrant progressivement à la vie locale, il est possible de construire au Honduras une expatriation réussie, à la croisée d’une qualité de vie abordable et d’une expérience humaine intense.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Honduras, Costa Rica, Panama, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Honduras pour son coût de vie très inférieur à la France (Tegucigalpa ~50% moins cher que Paris), son régime fiscal territorial favorable aux revenus de source étrangère et ses opportunités immobilières en devise forte (zones touristiques comme les îles de la Baie). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du statut de résident via investissement, organisation de la protection sociale privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec avocats, experts fiscaux locaux et réseaux francophones, ainsi qu’intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire) pour sécuriser les économies fiscales et la transmission.
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