S’installer en Equateur en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’Equateur attire depuis des années une communauté grandissante d’expatriés nord-américains et européens. Entre coût de la vie modéré, diversité des paysages – Andes, côte Pacifique, Amazonie, îles Galápagos – et usage du dollar américain, le pays coche de nombreuses cases pour une installation à moyen ou long terme. Mais déménager ne s’improvise pas : il faut choisir sa ville, comprendre les visas, estimer son budget, anticiper la santé, la scolarité, la sécurité, la banque, le logement…

Bon à savoir :

Ce guide offre une vue d’ensemble pratique pour préparer votre installation en Équateur, quels que soient votre profil (retraité, télétravailleur, famille ou personne seule) et votre projet.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre l’Equateur avant de faire ses valises

L’Equateur est un petit pays par la taille – à peu près l’équivalent du Colorado – mais très contrasté. Près de 65 % de la population vit en ville et le pays est découpé en trois grandes régions continentales (Sierra andine, côte Pacifique, Amazonie), auxquelles s’ajoutent les Galápagos.

On y parle majoritairement espagnol, avec le kichwa comme seconde langue officielle dans de nombreuses communautés indigènes. Plus de 70 % des habitants sont métis, avec des minorités amérindiennes, afro-descendantes et européennes, ce qui se traduit par une grande diversité culturelle et de fortes identités régionales.

Astuce :

L’Équateur a adopté le dollar américain en 2000 suite à une grave crise bancaire. Pour un expatrié, cela présente l’avantage majeur de supprimer les fluctuations de change locales et d’utiliser une monnaie mondialement reconnue. En contrepartie, le système bancaire local, marqué par les traumatismes financiers passés, peut se révéler rigide et très procédurier.

Le pays est aussi marqué par une criminalité réelle – particulièrement dans certaines grandes villes de la côte – et par une géographie à risques : pays sismique, nombreux volcans actifs, saisons des pluies qui déclenchent glissements de terrain et inondations. S’installer ici suppose donc un minimum de préparation, mais ce n’est en rien impossible, surtout si l’on choisit bien sa région et son mode de vie.

Où s’installer : montagnes, côte, Amazonie ou Galápagos ?

Le choix de la ville est la première grande décision. La recommandation qui revient chez les expatriés installés est simple : venir en repérage plusieurs semaines – voire utiliser les 90 jours du visa touriste – et louer avant d’acheter.

La Sierra andine : douceur de printemps et vie urbaine

Les villes andines offrent un climat tempéré, souvent décrit comme un « printemps éternel » : journées douces, soirées fraîches, peu ou pas de chauffage ni climatisation nécessaires. En revanche, l’altitude peut poser problème (Cuenca est à environ 2 560 m, Quito dépasse les 2 800 m), surtout pour les personnes souffrant de troubles respiratoires ou cardiaques.

Cuenca

Cuenca est souvent considérée comme la capitale officieuse des expatriés nord-américains. La ville est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son centre colonial, elle compte plusieurs milliers de résidents anglophones et un réseau dense de services adaptés (médecins, avocats, écoles de langues, co‑working, associations).

Le climat y est de type printemps toute l’année, avec des températures généralement entre 15 et 20 °C, mais une météo fréquemment nuageuse et pluvieuse. Beaucoup apprécient le côté « petite ville » tout en bénéficiant d’un vrai tissu urbain (environ 330 000 habitants dans la ville, 660 000 dans l’aire métropolitaine). La ville est jugée parmi les plus sûres de l’Amérique latine.

1500-2500

Un couple peut vivre confortablement pour un budget mensuel compris entre 1 500 et 2 500 dollars selon son style de vie.

Quito

Quito est la capitale politique et économique de la Sierra. C’est une grande métropole andine, installée dans une vallée entourée de volcans, avec un centre colonial classé à l’UNESCO et des quartiers modernes, d’affaires et résidentiels.

Sa particularité : l’altitude (environ 2 850 m), l’une des plus élevées au monde pour une capitale. L’acclimatation peut prendre plusieurs jours, avec maux de tête, fatigue et essoufflement possibles. En contrepartie, Quito offre tout ce que l’on attend d’une grande ville : musées, gastronomie, vie nocturne, écoles internationales, hôpitaux de référence, aéroport international avec des liaisons directes vers l’Amérique du Nord et l’Europe.

Vivre et Travailler à Quito

Aperçu du marché de l’emploi et du coût de la vie pour les expatriés dans la capitale équatorienne.

Marché de l’Emploi

Quito concentre le meilleur marché de l’emploi du pays, notamment dans les secteurs de l’éducation, des ONG, des multinationales et des services.

Budget Mensuel pour un Couple

Les expatriés consacrent en moyenne 2 000 à 2 500 dollars par mois pour un couple vivant à l’aise.

Coût des Loyers

Un bel appartement coûte entre 700 et 1 200 dollars par mois, avec des prix plus élevés dans les zones huppées comme Cumbayá ou Quito Tenis.

Loja, Vilcabamba, Cotacachi et autres villes andines

Loja, au sud, est souvent qualifiée de « perle cachée » ou capitale musicale et culturelle de l’Equateur. Moins connue que Cuenca et Quito, elle offre un coût de la vie encore plus bas (20 à 30 % inférieur à Cuenca) et une ambiance plus locale, avec une communauté expatriée réduite. Un couple peut y vivre confortablement avec 1 200 à 1 500 dollars par mois, loyer compris.

À 45 minutes de route, Vilcabamba attire un public en quête de vie rurale, nature, yoga et bien‑être. Le village est parfois associé à l’image de « vallée de la longévité ». Les loyers y restent modérés (maison meublée deux chambres souvent sous les 600 dollars), dans un climat plus chaud et plus sec que Cuenca.

Plus au nord, Cotacachi, surnommée « capitale du cuir », offre une petite ville andine à forte identité indigène et artisanale, avec un noyau d’expatriés soudés. On est ici dans un mode de vie plus lent, proche de la nature (lagune de Cuicocha, volcan Imbabura), avec un budget mensuel autour de 1 500 dollars pour un couple.

La côte Pacifique : chaleur, plages et humidité

La côte équatorienne contraste fortement avec la Sierra : chaleur, humidité, air marin, plages plus ou moins animées suivant les villes.

Exemple :

Salinas, surnommée le « Miami équatorien », se caractérise par son front de mer moderne et une importante communauté d’expatriés, notamment nord-américains. À l’inverse, Montañita est réputée pour sa culture surf, sa vie nocturne animée et son ambiance bohème, attirant principalement une jeune clientèle et des nomades digitaux en quête de divertissement.

Des villages comme Puerto López, Olón, Canoa ou Ayampe permettent une vie plus tranquille, centrée sur la pêche, le surf ou l’écotourisme, parfois au prix d’un accès plus limité aux services de santé spécialisés.

Manta et Guayaquil jouent un rôle à part : Manta, grand port et ville moderne, attire des expatriés en quête de compromis entre vie balnéaire et confort urbain (hôpital moderne, centres commerciaux, aéroport). Guayaquil, plus de 2,5 millions d’habitants, est la capitale économique du pays, avec un climat chaud et humide, un niveau de services élevé… et une criminalité nettement supérieure à la moyenne nationale, ce qui impose des précautions accrues.

L’Amazonie et les Galápagos : nature extrême et isolement relatif

S’installer dans l’Amazonie (Tena, Puyo, Macas, Coca…) ou sur les Galápagos reste plus marginal. Ces régions séduisent les amoureux de nature sauvage, de biodiversité et d’aventure, mais elles posent des défis pratiques : accès aux soins spécialisés, transport, coûts de logistique, connectivité internet hors grandes villes.

Pour un expatrié, l’Amazonie est plus souvent une destination de séjour prolongé qu’un lieu d’installation à long terme, à moins d’un projet précis (recherche, écotourisme, mission humanitaire).

Coût de la vie : combien prévoir chaque mois ?

L’un des principaux attraits de l’Equateur reste ses prix, globalement 50 à 70 % plus bas qu’en Amérique du Nord ou en Europe occidentale. Bien sûr, tout dépend du niveau de confort recherché, de la ville, de votre besoin d’importations et de déplacements.

Fourchettes de budgets typiques

Les données compilées donnent quelques repères pour un niveau de vie confortable :

ProfilBudget mensuel estimé (USD)Commentaire synthétique
Personne seule (budget)1 200 – 1 500Vie simple, logement modeste, peu de sorties
Couple (confortable)1 800 – 2 500Appartement agréable, sorties régulières
Famille de 4 (confortable)~2 359Hors écoles internationales haut de gamme
Famille de 4 (haut de gamme)3 000 – 4 500Quartiers huppés, école privée/internationale, voyages

Pour illustrer, un couple vivant « confortablement » à Quito dépensera en moyenne autour de 2 300 dollars par mois, répartis à peu près comme suit :

Poste de dépenseMontant approximatif (USD / mois)
Loyer850
Charges / services130
Courses alimentaires350
Restaurants200
Santé / assurance300
Transports80
Loisirs250
Divers imprévus150
Total2 310

En comparaison, une personne seule à Cuenca peut viser un budget confortable d’environ 1 400 dollars, loyer compris.

Logement : loyers et achat

Les loyers restent extrêmement compétitifs. Dans des quartiers moins prisés, un appartement simple de deux chambres peut se louer autour de 300 dollars par mois. À l’autre extrême, un duplex de standing dans un quartier premium de grande ville tournera autour de 1 200 à 1 300 dollars.

Attention :

Le texte fournit quelques fourchettes indicatives pour les loyers mensuels, qu’il s’agisse d’un logement meublé ou non, et selon le niveau de standing ou de confort.

Ville1 chambre (USD)2 chambres (USD)Maison 3 ch. (USD)
Cuenca400 – 700600 – 1 000800 – 1 400
Quito450 – 800650 – 1 100900 – 1 500
Guayaquil400 – 700550 – 950750 – 1 300
Salinas500 – 900700 – 1 2001 000 – 1 800
Vilcabamba350 – 600500 – 850700 – 1 100

À l’achat, on trouve des appartements confortables dès 80 000 à 120 000 dollars dans de nombreuses villes, et des condos en bord de mer en‑dessous de 150 000 dollars. Les prix au mètre carré restent inférieurs à ceux de la plupart des métropoles occidentales – à Quito, même dans le quartier prisé de La Carolina, ils peuvent descendre sous les 1 700 dollars le m².

Charges, nourriture, transports : des coûts compressés

Les charges courantes sont particulièrement faibles, en partie grâce au climat tempéré qui réduit le recours au chauffage et à la climatisation dans la Sierra.

Pour un appartement de deux chambres, comptez en général :

Type de chargeFourchette mensuelle (USD)
Électricité30 – 60
Eau5 – 15
Gaz de cuisine3 – 5
Internet fibre35 – 50
Téléphone mobile15 – 30

La facture totale de services tourne souvent entre 90 et 160 dollars par mois pour un foyer standard.

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Le prix d’une livre de fraises sur les marchés locaux en République dominicaine.

Un couple consacre généralement entre 175 et 470 dollars par mois aux courses, selon ses habitudes. Manger dehors est aussi très abordable : le déjeuner complet du midi (« almuerzo ») avec soupe, plat principal et jus revient à 2,5–4 dollars, un dîner dans un restaurant local à 5–12 dollars, et un repas dans un établissement plus chic à 15–25 dollars par personne.

Les transports constituent un autre poste où l’on économise : bus urbain à 0,25–0,35 dollar, taxis en ville souvent à 2–5 dollars la course, bus interurbains très bon marché (par exemple Cuenca–Guayaquil en 4 heures pour environ 10 dollars). Beaucoup d’expatriés renoncent à la voiture, surtout dans les centres urbains bien desservis.

Visas et résidence : choisir la bonne voie

L’Equateur est réputé pour la relative accessibilité de ses visas de séjour longue durée, mais le système a gagné en complexité ces dernières années, notamment avec la généralisation d’une plateforme de demande en ligne. Le schéma général repose sur deux étapes : d’abord un visa de résidence temporaire (2 ans), puis la résidence permanente.

Entrer comme touriste pour « tester » le pays

Pour de nombreux ressortissants (dont les Français, Canadiens, Américains, Britanniques, Australiens), il n’est pas nécessaire de demander un visa avant le départ pour un séjour touristique. Un simple tampon d’entrée (« T‑3 ») autorise une présence de 90 jours sur une période glissante de 365 jours.

Il est possible de demander une extension de 90 jours supplémentaires, en payant des frais (un peu plus de 150 dollars), ce qui permet de rester jusqu’à 180 jours sur l’année. Ces séjours touristiques sont justement l’occasion idéale pour explorer différents coins du pays avant de signer un bail long terme ou de se lancer dans une procédure de résidence.

Les principaux visas de résidence

Une large palette de visas existe, mais quelques catégories couvrent la grande majorité des expatriés.

Le visa retraité (« jubilado »)

C’est la voie classique pour les retraités. Le critère clef est la preuve d’un revenu mensuel garanti à vie, typiquement une pension ou des droits à la sécurité sociale étrangère, d’au moins trois fois le salaire minimum équatorien. En 2026, ce minimum salarial est de 486 dollars, ce qui porte le seuil de revenus à 1 458 dollars par mois.

Bon à savoir :

Pour chaque personne à charge (conjoint, enfant, petit-enfant) incluse dans la demande de visa, des revenus supplémentaires de 250 dollars par mois sont requis. Après 21 mois de résidence temporaire en Équateur, il est possible de demander la résidence permanente, à condition de n’avoir pas excédé 90 jours d’absence hors du pays pendant cette période.

Le visa investisseur (« inversionista »)

Il intéresse ceux qui n’ont pas de pension garantie mais disposent de capital. Il repose sur un investissement d’un montant au moins égal à 100 fois le salaire minimum dans un certificat de dépôt (CD) équatorien ou dans un bien immobilier. Avec un salaire de base à 486 dollars en 2026, cela signifie un investissement minimum de 48 600 dollars.

Bon à savoir :

Pour le visa temporaire, deux options d’investissement sont possibles. Avec un certificat de dépôt (CD), le capital doit rester bloqué pendant toute la durée du visa, mais les intérêts, souvent attractifs en Équateur, peuvent être perçus. Avec un investissement immobilier, la valeur fiscale du bien (celle utilisée pour le calcul des taxes) doit atteindre le seuil requis. Le bien doit rester en propriété au moins deux ans pour maintenir la validité du visa.

Le visa professionnel

Pensé pour les diplômés universitaires, ce visa exige la reconnaissance du diplôme par l’organisme équatorien de l’enseignement supérieur (SENESCYT). Il faut justifier d’un revenu minimal équivalent à un salaire de base (486 dollars en 2026), mais il n’est pas nécessaire que ces revenus soient garantis ni qu’ils proviennent d’un emploi local dans la spécialité du diplôme. Pour les jeunes actifs et les nomades digitaux disposant de diplômes, cette option est souvent très souple.

Le visa « rentista » (revenus réguliers)

Proche du visa retraité, il permet de se baser sur des revenus récurrents mais non garantis à vie : loyers, dividendes, contrats de travail ou de freelancing à long terme, etc. Le seuil de revenus est le même que pour le visa retraité (3 fois le salaire minimum), mais l’administration peut se montrer plus pointilleuse sur la stabilité et la légalité de la source.

Le visa pour télétravailleurs (digital nomad)

Spécifiquement conçu pour les personnes travaillant à distance pour des entreprises ou clients à l’étranger, ce visa temporaire lancé en 2022 exige de prouver un revenu mensuel minimum d’environ 1 300–1 450 dollars, selon le salaire minimum retenu au moment de la demande (là encore, référence à 3 fois le salaire de base).

Le visa dure deux ans, renouvelable, et n’autorise pas de travail pour un employeur basé en Equateur. Il n’impose pas de durée minimale de présence dans le pays mais peut servir de tremplin vers une résidence plus durable si l’on respecte ensuite les conditions de présence pour passer en résidence permanente.

Procédure, documents et pièges

Quel que soit le visa, la procédure se fait désormais en ligne via une plateforme gouvernementale. Les documents clés sont toujours les mêmes : casier judiciaire apostillé du pays de résidence, passeport valide, preuves de revenus ou d’investissement, attestation d’assurance maladie couvrant l’Equateur, photos, formulaires en espagnol.

Les autorités exigent que les documents étrangers soient apostillés ou légalisés puis traduits en espagnol par un notaire équatorien. Le moindre détail peut entraîner retards ou rejets, d’où l’intérêt de recourir à un avocat spécialisé en immigration ou à un prestataire (plusieurs cabinets d’avocats et sociétés comme EcuaPass, EcuaAssist, etc. sont actifs sur ce marché).

Les frais officiels suivent une structure commune : 50 dollars de frais de dossier, non remboursables, puis 400 dollars environ à régler à l’acceptation du visa (montant réduit de moitié pour certains visas de dépendant). Les seniors de plus de 65 ans peuvent bénéficier d’une réduction de 50 % sur certains frais.

Santé : un système mixte, des coûts imbattables

Pour beaucoup d’expatriés, l’Equateur représente un compromis intéressant sur le plan médical : un système de santé mixte public‑privé, globalement efficace, et des tarifs qui oscillent entre 10 et 30 % de ceux pratiqués aux Etats‑Unis, bien moins qu’en Europe occidentale également.

Public (IESS et MSP) vs privé

Le système public repose sur deux piliers : le ministère de la Santé (MSP), qui gère les hôpitaux et centres publics, et la caisse de sécurité sociale (IESS), qui assure les salariés et, désormais, les résidents qui choisissent d’y cotiser.

L’adhésion volontaire à l’IESS est ouverte aux expatriés disposant d’une résidence légale. La cotisation représente autour de 17,6 % du revenu déclaré pour l’assuré principal, plus 3,41 % par personne à charge inscrite (conjoint, enfant). En échange, les soins dans les hôpitaux affiliés sont en principe gratuits, y compris consultations, hospitalisations, chirurgie, médicaments de base, soins dentaires simples, maternité.

Bon à savoir :

Le système de santé public équatorien présente des disparités importantes. Il souffre d’un sous‑financement chronique, de pénuries de médicaments et de délais d’attente longs pour les spécialistes ou les interventions. Les infrastructures sont généralement correctes, voire bonnes, dans les grandes villes comme Quito, Cuenca et Guayaquil, mais leur qualité varie fortement dans les zones rurales.

Le secteur privé, lui, s’est développé rapidement, avec des hôpitaux modernes et des cliniques spécialisées – surtout dans les grandes villes. Les délais sont courts, les médecins souvent formés aux Etats‑Unis ou en Europe, et beaucoup parlent un minimum d’anglais dans les zones à forte présence expatriée. Le coût reste pourtant bien inférieur à celui de pays développés : une consultation de généraliste peut se facturer entre 30 et 60 dollars, une consultation spécialiste 50 à 100 dollars, un IRM 150 à 350 dollars, un détartrage dentaire 25 à 50 dollars.

Assurances santé : stratégies hybrides

Depuis plusieurs années, une assurance santé (publique ou privée) est obligatoire pour les résidents et même pour les touristes théoriquement. Pour la demande de visa, il faut prouver une couverture santé valable sur toute la durée de validité du visa ou au moins pour la période initiale.

Les options sont diverses :

Options d’assurance santé en Équateur

Pour les expatriés et résidents, plusieurs solutions existent pour se couvrir efficacement, chacune avec ses avantages et son niveau de protection.

Adhésion à l’IESS

Intéressante pour la couverture hospitalisation et les maladies lourdes. Aucune exclusion d’âge ni de pathologies préexistantes. Une période de carence d’environ trois mois est à prévoir.

Assurance privée locale

Généralement très abordable. Par exemple, une prime d’environ 70 dollars par mois pour un homme de 60 ans, avec un bon niveau de couverture sur les consultations et hospitalisations.

Assurance internationale expatriés

Plus coûteuse mais offre des services étendus : évacuation sanitaire, prise en charge hors d’Équateur et accès à des réseaux hospitaliers privés.

De nombreux expatriés optent pour une combinaison : IESS pour les gros risques, assurance privée locale pour alléger le reste, voire paiement direct de certaines consultations en raison de leur prix très raisonnable.

Santé quotidienne et précautions

Au quotidien, la relation médecin‑patient reste souvent très directe : les praticiens donnent parfois leur numéro de portable pour des suivis via WhatsApp, les examens complémentaires sont faciles à programmer, et les comptes‑rendus sont remis rapidement.

En revanche, il faut composer avec des risques sanitaires locaux : eau du robinet non potable dans la plupart des villes (sauf exception comme Cuenca, avec prudence), maladies transmises par les moustiques en Amazonie et sur une partie de la côte (dengue, paludisme), altitude en Sierra (risque de mal aigu des montagnes à Quito ou Cuenca chez certaines personnes), et pollution ponctuelle dans les grandes villes.

Un check-up avant le départ, des vaccinations à jour (hépatites, typhoïde, tétanos, éventuellement fièvre jaune pour l’Amazonie) et une trousse de base sont des précautions de bon sens.

Famille et éducation : scolariser ses enfants en Equateur

S’installer en Equateur avec des enfants implique de bien réfléchir à l’école. Le système éducatif public est gratuit mais très inégal, surtout en dehors des grandes villes. Beaucoup de familles équatoriennes de classe moyenne et la plupart des expatriés privilégient les écoles privées ou internationales.

Les options se répartissent en quatre grandes catégories :

Exemple :

Au Mexique, les familles ont le choix entre plusieurs types d’établissements. Les écoles publiques sont gratuites, mais souvent surchargées et de qualité inégale. Les écoles privées nationales disposent de plus de moyens, mais l’enseignement y est principalement en espagnol, avec l’anglais comme simple matière. Les écoles internationales offrent des programmes bilingues (anglais-espagnol, mais aussi allemand ou français) et des curricula étrangers (IB, américain, britannique, français…). Elles sont coûteuses mais facilitent une mobilité internationale. Enfin, l’instruction en famille (homeschooling) existe dans une zone grise juridique : elle est tolérée tant qu’on ne cherche pas à faire reconnaître les diplômes par le système formel local.

Les grandes villes abritent un large éventail d’écoles internationales : à Quito, par exemple, British School Quito, Academia Cotopaxi, Alliance Academy International, Lycée franco‑équatorien La Condamine, German School Quito, etc. Guayaquil, Cuenca et Manta disposent également de plusieurs établissements bilingues ou IB.

2000

Le coût mensuel d’une école internationale pour deux enfants peut atteindre ou dépasser 2000 dollars, soit plusieurs fois le salaire minimum local.

Pour une famille expatriée, ces coûts pèsent fortement dans le choix de la ville (Quito et Guayaquil sont les plus chers, Cuenca et Manta plus abordables) et dans le calcul du budget global.

Travailler, télétravailler et fiscalité

Pour les actifs, l’Equateur n’est pas seulement un refuge de retraite. Le pays a ouvert un visa à destination des nomades numériques, autorise les résidents à travailler (selon le visa) et applique un système fiscal territorial parfois très intéressant.

Le marché de l’emploi local reste cependant limité et les salaires moyens assez bas : le salaire net moyen tourne autour de 500 dollars par mois. Les opportunités sont concentrées à Quito et Guayaquil, dans des secteurs comme l’éducation privée, les ONG, le tourisme, certaines industries et les services.

Astuce :

Pour les télétravailleurs dont la rémunération provient de sources étrangères, les revenus ne sont pas imposables en Équateur tant que vous n’êtes pas considéré comme résident fiscal. Le statut de résident fiscal est acquis après 183 jours de présence sur une période glissante de 12 mois. Au-delà de ce seuil, vous avez l’obligation potentielle de déclarer vos revenus mondiaux aux autorités fiscales équatoriennes.

Les Etats-Unis n’ont ni convention fiscale ni accord de sécurité sociale avec l’Equateur, de sorte que les citoyens américains doivent continuer à déposer leur déclaration (Form 1040) et, le cas échéant, à gérer l’exclusion d’un revenu gagné à l’étranger ou le crédit d’impôt étranger, ainsi que les obligations de type FBAR (déclaration de comptes bancaires étrangers) et éventuellement Form 8938.

Pour un télétravailleur non américain, le système territorial équatoriennon taxation des revenus de source étrangère – est souvent un atout majeur pour optimiser sa fiscalité.

Banques, argent et transferts

Vivre en Equateur signifie aussi amadouer un système bancaire à la fois dollarisé et très encadré.

Ouvrir un compte n’est vraiment simple qu’une fois muni d’une cédula (carte d’identité nationale) issue d’un visa de résidence. Certaines banques acceptent encore des non‑résidents avec simple passeport, mais c’est de plus en plus rare. Les pièces demandées varient au cas par cas : passeport, preuve de domicile (facture d’eau ou d’électricité), éventuellement preuve de revenus, parfois références locales.

32000

Le système COSEDE en Équateur protège les dépôts jusqu’à 32 000 dollars par déposant, un montant bien inférieur à la garantie américaine.

Les transferts d’argent fonctionnent via les canaux classiques (virements internationaux, services de remittance type Western Union, Remitly, Xoom, etc.) et, pour les résidents, via un système de transferts interbancaires nationaux à faible coût. En revanche, l’Equateur applique un impôt sur la sortie de devises (ISD), autour de 5 % sur les montants envoyés hors du pays, un point important pour ceux qui envisagent de rapatrier régulièrement des sommes importantes.

Au quotidien, l’économie reste très basée sur l’espèce. Les billets de 20 dollars, dispensés par les distributeurs, sont souvent mal vus par les petits commerçants, qui manquent de monnaie ; accumuler des billets de 1, 5 et 10 dollars simplifie nettement la vie.

Louer ou acheter : quelles stratégies immobilières pour un expatrié ?

Une fois la ville choisie, la question logement se pose : location longue durée ou achat d’un bien ? La plupart des experts et des expatriés installés recommandent d’abord de louer, pour au moins 6 à 12 mois, afin de se faire une idée précise des quartiers, du voisinage (notamment du niveau de bruit), de la copropriété et du marché.

La location : souplesse et faibles risques

Louer offre une grande flexibilité, des coûts de départ limités et une facilité de changement si le quartier ou la ville ne correspond pas à vos attentes. Les baux sont en principe écrits ; il est prudent de les faire relire par un avocat, même si la procédure est moins formalisée qu’en Europe.

Bon à savoir :

Les logements non meublés sont courants et peuvent ne pas inclure les gros électroménagers (réfrigérateur, cuisinière, lave-linge). Il est donc nécessaire de prévoir ces achats dans son budget, surtout pour un séjour de plusieurs années. À l’inverse, les appartements meublés, bien que 20 à 40 % plus chers, permettent une installation très rapide.

Dans de nombreuses villes, la demande de location reste modérée, ce qui laisse de la marge pour négocier les loyers à la baisse, surtout en s’engageant sur un bail d’un an ou plus ou en payant plusieurs mois d’avance.

L’achat : investissement de long terme et visa possible

Pour ceux qui envisagent de rester longtemps et disposent du capital nécessaire, acheter un bien peut faire sens, notamment en combinant l’investissement avec l’obtention d’un visa investisseur. Les étrangers ont, en général, les mêmes droits de propriété que les nationaux, hormis quelques zones stratégiques ou protégées.

2 à 4

Les frais de clôture représentent environ 2 à 4 % du prix d’achat d’un bien immobilier.

Le marché immobilier équatorien se distingue de celui de nombreuses métropoles occidentales par une faible liquidité (un bien peut mettre longtemps à se revendre) et une tendance générale à la stagnation plutôt qu’à la flambée des prix, avec quelques exceptions locales (certains quartiers de Cuenca, par exemple). On n’achète pas ici en espérant systématiquement des plus‑values rapides, mais plutôt pour un usage personnel ou un rendement locatif modéré.

Culture, vie quotidienne et choc culturel

Emménager en Equateur, ce n’est pas transposer sa vie européenne ou nord‑américaine. Le pays a ses codes, ses rythmes, ses surprises.

Politesse, distance sociale et « mañana »

Les équatoriens accordent beaucoup d’importance aux salutations : un « buenos días », « buenas tardes » ou « buenas noches » précède presque toute interaction, du simple passage en caisse à une discussion plus longue. Omettre ces formules peut être perçu comme brusque ou impoli.

Les interactions sont très polies mais souvent réservées ; la sphère familiale prime, et il est plus rare que dans certains pays occidentaux d’être invité spontanément chez des connaissances. De nombreuses maisons sont protégées par des murs hauts, grillages ou tessons de verre, ce qui peut surprendre au début.

Attention :

Les retards sont fréquents dans la vie quotidienne et administrative. Il est contre-productif de manifester de l’impatience ou de l’agressivité, car la culture valorise la courtoisie et évite la confrontation directe.

Bruit, animaux, environnement

L’Equateur est un pays bruyant : musique, pétards, circulation, chiens, coqs… Les quartiers calmes existent, mais il faut les chercher, parfois en visitant plusieurs fois à des horaires différents. Avant de louer ou d’acheter, il est judicieux de revenir le soir et le week‑end pour écouter l’ambiance.

Les chiens errants sont nombreux dans certaines zones, tout comme les animaux domestiques très aimés. Cela influe sur le bruit, la propreté des rues et le ressenti de sécurité, surtout si l’on se promène à pied hors des grands axes.

Langue : l’espagnol, un passage quasi obligé

Si Cuenca et certains quartiers de Quito ou de la côte comptent un volume non négligeable d’anglophones, l’espagnol reste essentiel dès que l’on sort des cercles d’expatriés ou que l’on veut gérer directement démarches, santé, scolarité.

Les équatoriens se montrent en général patients et reconnaissants envers les étrangers qui font l’effort de parler espagnol, même maladroitement. Une stratégie efficace consiste à apprendre un espagnol de survie avant le départ (directions, santé, achats, formules de politesse) puis à s’immerger sur place via des cours, du bénévolat, des activités de groupe.

Sécurité : réalités et précautions

La question de la sécurité est incontournable. Le pays connaît un niveau de criminalité significatif, surtout dans certaines provinces côtières et grandes métropoles liées au trafic de drogue (principalement Guayaquil, zones proches des ports, certaines parties de Manabí, Esmeraldas, Los Ríos). Les crimes les plus fréquents pour les étrangers sont les vols, parfois violents, et les escroqueries.

Bon à savoir :

Le niveau de criminalité en Équateur est très inégal selon les zones géographiques. De nombreuses villes andines de taille moyenne, comme Cuenca, Loja, ou certaines parties des provinces d’Imbabura et de Bolívar, présentent des taux de criminalité bien plus bas, parfois comparables ou même inférieurs à ceux de grandes villes nord-américaines.

Pour un expatrié, quelques principes réduisent fortement les risques :

Astuce :

Pour voyager en toute sécurité, il est conseillé d’éviter d’afficher ostensiblement des objets de valeur comme des bijoux, montres de luxe ou gros appareils photo. Il faut se méfier des foules et des transports en commun bondés dans les grandes villes, où les pickpockets sont actifs. Privilégiez l’utilisation de taxis officiels ou réservés par application, surtout la nuit. Limitez l’argent liquide sur vous et utilisez des distributeurs situés à l’intérieur de banques ou de centres commerciaux en journée. Enfin, renseignez-vous sur les quartiers à éviter dans chaque ville, notamment auprès d’expatriés déjà installés.

Les provinces frontalières avec la Colombie, certaines zones proches du Pérou et des secteurs spécifiques de Guayaquil et de la côte font l’objet d’avertissements renforcés de la part de plusieurs chancelleries étrangères. Beaucoup d’expatriés choisissent en conséquence des villes de l’intérieur, plus calmes, pour y vivre, en réservant les zones plus sensibles à des visites ponctuelles bien préparées ou en les évitant purement et simplement.

Nature, risques environnementaux et activités

L’Equateur offre une palette incroyable d’activités de plein air : randonnées dans les Andes, observation de baleines sur la côte, exploration de l’Amazonie, plongée aux Galápagos, VTT, rafting, escalade de volcans

Mais cette richesse naturelle s’accompagne de risques : pays résolument sismique, exposition à des éruptions volcaniques (Cotopaxi, Reventador, Sangay, etc.), crues subites, glissements de terrain, avalanches en montagne.

Attention :

Malgré les systèmes d’alerte officiels (ECU 911, organismes de gestion des risques), la sécurité en haute montagne repose sur une préparation individuelle : consulter les recommandations avant l’ascension, s’inscrire avec des guides accrédités, respecter les fermetures de parcs ou refuges, et souscrire une assurance couvrant le secours et l’évacuation sanitaire pour les activités engagées.

S’installer en Equateur : une décision à préparer

L’Equateur n’est ni un paradis ni un enfer : c’est un pays complexe, contrasté, où l’on peut considérablement améliorer sa qualité de vie si l’on choisit bien sa ville, si l’on accepte un certain décalage culturel et si l’on se donne le temps de s’adapter.

Quelques axes structurants ressortent des retours d’expérience :

Astuce :

Pour une installation sereine en Équateur, il est conseillé de commencer par un séjour exploratoire pour tester plusieurs régions avant d’envisager un achat. Privilégiez initialement des villes offrant un bon équilibre sécurité, santé et services, comme Cuenca, Quito (dans des quartiers bien choisis), Loja, Manta, ou de petites villes andines telles que Cotacachi ou Ibarra. Établissez un budget réaliste incluant tous les coûts potentiels : scolarité, assurance santé, voyages de retour et équipement. Faites-vous accompagner par des professionnels pour les démarches de visa et les transactions immobilières afin d’éviter des erreurs coûteuses dans un contexte administratif et juridique différent. Enfin, investissez dans l’apprentissage de l’espagnol et dans la construction de relations locales pour vous intégrer pleinement et ne pas rester confiné dans une bulle d’expatriés.

En échange, l’Equateur offre une vraie qualité de vie à échelle humaine : temps pour la famille, accès à la nature, communauté d’expatriés présente mais pas envahissante, coût de la vie maîtrisé, climat varié permettant à chacun de trouver sa « zone de confort », du village de montagne frais au littoral tropical. Pour ceux qui préparent sérieusement leur projet, s’installer en Equateur peut devenir bien plus qu’un changement de décor : un nouveau mode de vie.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Équateur pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Équateur, Panama, Costa Rica, Uruguay), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour son régime favorable aux retraités étrangers (exonérations partielles, réductions sur certains services), son coût de vie nettement inférieur à la France (Quito ou Cuenca ~40–50 % moins chers que Paris) et la possibilité de générer des revenus locatifs attractifs en dollars. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions fiscales FR‑EC), obtention de la résidence “pensionado” avec achat ou location de résidence principale, couverture santé locale et complémentaire internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, comptable francophone) et restructuration patrimoniale internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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