Voyager au Turkménistan, et en particulier se débrouiller dans les transports en commun, n’a rien de comparable avec un séjour dans un pays très touristique. Réseau limité, règles administratives strictes, infos peu accessibles en ligne, infrastructures parfois vieillissantes mais prix dérisoires : c’est un pays où l’on se déplace encore surtout en bus, en train, en taxi… et avec beaucoup de cash.
Ce guide couvre l’ensemble des options de transport collectif, notamment à Ashgabat, les trajets interurbains, le réseau ferroviaire et les taxis. Il fournit également des conseils pratiques essentiels à connaître avant d’utiliser les bus ou le train.
Comprendre le contexte des transports au Turkménistan
Le Turkménistan est un pays d’Asie centrale faiblement fréquenté par les touristes, avec moins de 7 000 visiteurs par an. Les infrastructures de transport couvrent théoriquement la route, le rail, l’air, la mer, les voies d’eau intérieures et même les pipelines. En pratique, pour un voyageur, les moyens réellement utiles sont les bus, les minibus, les trains, les taxis et les vols domestiques.
Le pays ne dispose ni de tramway ni de métro. Dans la capitale, Ashgabat, le réseau urbain repose entièrement sur les bus complétés par des taxis. Le reste du territoire est relié par des routes nationales, des lignes de bus longue distance et un réseau ferroviaire hérité de l’époque soviétique mais progressivement modernisé.
Trois éléments structurent l’expérience des transports :
L’économie du pays repose principalement sur le cash, avec une utilisation limitée des cartes bancaires et paiements numériques. La mobilité est soumise à une surveillance et une réglementation strictes, incluant des contrôles de police fréquents, des restrictions de déplacement, l’interdiction pour les taxis officiels de quitter Ashgabat, et l’obligation pour les étrangers d’être accompagnés d’un guide en dehors de la capitale. Les transports en commun (bus, train) sont extrêmement abordables pour les visiteurs grâce aux prix très bas pour la population locale, mais cela s’accompagne souvent d’une lenteur et d’un manque de confort sur certains trajets.
Pour s’orienter, des services comme NAVITIME Transit proposent désormais un planificateur de trajets couvrant le pays, avec cartes, arrêts et gares, mais l’accès à internet est limité et partiellement censuré. Mieux vaut donc combiner quelques outils numériques avec des informations collectées sur place, en russe ou en turkmène.
Se déplacer à Ashgabat : royaume du bus et du taxi
Ashgabat concentre la plupart des services de transport accessibles à un voyageur. C’est aussi la seule ville où l’on peut vraiment parler de réseau de transport en commun structuré, même si tout repose sur les bus.
Le réseau de bus de la capitale
Les bus sont l’épine dorsale des déplacements urbains à Ashgabat. Il n’existe ni tram, ni métro, ni RER. Les autorités ont, ces dernières années, fortement investi dans la modernisation de la flotte et de l’organisation des lignes.
Chaque jour, environ un millier de véhicules assurent les liaisons urbaines et suburbaines. Sous l’égide de l’agence publique Türkmenawtoulaglary, trois grandes entités gèrent bus et taxis pour la capitale :
| Organisme | Rôle principal | Flotte approximative |
|---|---|---|
| Ashgabat Urban Passenger Automobile Park | Bus urbains | Part d’un total de ~1 400 bus |
| Awtomobil ulag hyzmaty (OJSC) | Transport urbain et interurbain | Bus + taxis |
| Ahalawtoulag Production Association | Lignes vers les environs (Ahal, banlieue) | Bus + taxis |
Ensemble, ces opérateurs disposaient récemment d’environ 1 400 bus et 445 taxis, et assuraient plus du tiers de l’ensemble des trajets voyageurs du pays.
Le réseau compte 128 itinéraires de bus pour desservir la ville, ses faubourgs et quelques destinations plus lointaines. Sur ces 128 lignes, 69 restent entièrement intra-urbaines, les autres poussant jusqu’à 70 km vers les localités proches. Au cours des deux dernières années de référence, le nombre de lignes a augmenté d’environ 30 %, pour accompagner l’extension urbaine et la création de nouveaux quartiers.
Les bus circulent en général de 6 h à 22 h. Les arrêts sont nombreux, espacés d’environ 300 à 500 m sur les grands axes, ce qui rend le réseau dense, du moins dans les zones centrales et les nouveaux quartiers planifiés.
Une flotte moderne… sur le papier
Le parc de bus d’Ashgabat est aujourd’hui largement composé de véhicules importés de Corée du Sud et de Chine. On y trouve notamment des modèles Hyundai Super Aero City et New Super Aero City, des Yutong (ZK 6129H, ZK 122119) ainsi que des minibus PAZ-32054. Plus de 1 500 bus et véhicules légers ont été achetés à l’étranger en une dizaine d’années, et les autorités ont annoncé la commande de 400 bus Hyundai supplémentaires.
Ces nouveaux bus, mis en service symboliquement à l’occasion de l’anniversaire de la capitale, sont dotés de moteurs moins polluants, de GPS, de caméras avant et arrière et de systèmes de paiement électronique. Le jour de leur inauguration, les trajets ont même été rendus gratuits pour les habitants, geste politique autant que vitrine de modernité.
La flotte de bus d’Ashgabat est mixte, composée à la fois de véhicules récents bien équipés et de bus plus anciens, ces derniers pouvant être surchargés aux heures de pointe. Cependant, sur les principales lignes de la ville, la majorité des bus en circulation sont désormais des modèles modernes et climatisés, reconnaissables à leurs couleurs blanc, bleu ou vert.
Arrêts de bus, cartes et repérage
Les arrêts de bus d’Ashgabat sont devenus un élément emblématique de la ville : abris en marbre blanc, colonnes, décorations dorées, parfois climatisation et petite boutique attenante. C’est aussi là que s’affichent les plans de ligne et horaires.
En théorie, chaque arrêt porte les schémas de lignes et des horaires. En pratique, ces informations sont souvent dépassées, la ville se développant plus vite que la mise à jour des panneaux. De nouvelles lignes vers des zones comme les micro-districts « Parahat », le marché « Altyn Asyr » ou le village de « Gurtly » ne sont pas toujours indiquées clairement.
Les bus ne prennent ni ne déposent de passagers hors des arrêts officiels. Pour monter, il faut se poster au niveau de l’abri, bras éventuellement levé. La descente se fait à l’arrêt suivant – mieux vaut demander à d’autres passagers, en russe ou turkmène, de vous prévenir à l’approche de votre destination.
Les conducteurs parlent quasi exclusivement turkmène et russe. L’anglais est exceptionnel. Pour un visiteur, voyager avec l’adresse de son hôtel ou d’un lieu de repère écrite en alphabet cyrillique reste un outil précieux.
Tarifs et paiement : entre cash et carte sans contact
Les trajets en bus urbain sont extrêmement bon marché. Un aller simple coûte autour de 0,50 manat (soit l’équivalent de quelques centimes de dollar). Le tarif est un prix unique, quelle que soit la distance parcourue à l’intérieur du réseau.
On distingue deux systèmes de paiement qui cohabitent aujourd’hui.
D’abord, la méthode traditionnelle : le cash. À l’entrée, le voyageur dépose la somme exacte (ou un billet plus grand) dans un récipient placé près du conducteur. Si vous n’avez pas l’appoint, c’est au chauffeur de rendre la monnaie, parfois via une petite caisse à côté de lui. Ce système reste très courant et permet de voyager même sans carte.
Ensuite, un système moderne, basé sur des cartes sans contact, a été déployé sur l’ensemble des bus municipaux. Trois types de cartes existent : une carte « générale » (porte-monnaie électronique pour tous), une carte scolaires et une carte pour retraités. La carte générale coûte 5 manats à l’achat, puis se recharge dans différentes agences, bureaux de poste ou distributeurs automatiques. À chaque montée dans le bus, on la présente sur un valideur, qui déduit le montant du trajet et affiche le solde restant.
Les cartes scolaires et seniors offrent des trajets illimités pendant 30 jours pour un coût mensuel symbolique de 1 ou 2 manats respectivement. Ce système s’inscrit dans une politique sociale plus large de soutien au transport en commun.
Certaines catégories voyagent en effet gratuitement : vétérans de guerre, veuves de combattants, mères de familles nombreuses, personnes lourdement handicapées (groupes I et II) et enfants de moins de sept ans. Les retraités et les élèves hors carte spéciale bénéficient également de réductions.
Les valideurs embarqués transmettent en temps réel les données de validation à la banque partenaire « Senagat », via un module de communication sans fil et un système de géolocalisation. Les autorités exploitent ces données (« Big Data ») pour ajuster les horaires, les fréquences de passage et la répartition des bus selon la charge observée sur chaque ligne.
Un projet de suivi en ligne des bus
Outre les valideurs, les bus d’Ashgabat sont suivis par GPS dans le cadre d’un système GLONASS/GPS plus large, mis en place pour les bus et taxis de la ville. L’idée est double : garantir un minimum de contrôle (vitesse, itinéraires) et permettre la création de services d’information voyageurs en temps réel.
Les autorités ont évoqué le développement d’un site internet dédié où chaque bus serait visible sur une carte, avec son itinéraire, son heure de passage estimée et un code-barres associé à sa fiche. Dans un pays où l’accès internet reste filtré, ce type d’outil a vocation à être utilisé surtout par les habitants équipés d’un smartphone local et d’un VPN autorisé, mais il témoigne d’une volonté de modernisation technique.
Ashgabat en taxi : officiel ou « gypsy » ?
À côté des bus, le taxi joue un rôle important dans les déplacements quotidiens de la capitale.
On distingue deux grandes catégories. D’abord les taxis officiels, opérés par des entreprises publiques ou semi-publiques, souvent aisément reconnaissables à leurs couleurs claires (blanc ou blanc-vert). Toyota Corolla et Toyota Hiace composent l’essentiel de cette flotte, qui dessert la ville 24 h/24. Ces taxis sont reliés au système de navigation par satellite mis en place par le ministère des Transports, ce qui permet de suivre et réguler leur activité.
Ensuite, les taxis informels, parfois appelés « gypsy taxis » : des particuliers qui acceptent des passagers contre rémunération. Il suffit, dans certains quartiers, de lever la main au bord de la route pour qu’une voiture s’arrête. Destination et prix se négocient avant de monter.
Les tarifs des taxis à Achgabat sont très bas. Un trajet courant en centre-ville coûte généralement entre 10 et 20 manats (soit 3 à 6 dollars au taux officiel). Pour éviter de payer trop cher, il est recommandé de ne pas dépasser l’équivalent de 2 dollars pour un trajet intra-urbain et d’environ 5 dollars pour un trajet depuis l’aéroport jusqu’au centre-ville. Le prix final dépendra toujours de votre capacité à négocier et du contexte (heure de la journée, disponibilité des véhicules).
Un point crucial pour le voyageur : les taxis officiels d’Ashgabat n’ont pas le droit de sortir des limites de la ville. Ce cloisonnement a pour effet collatéral de saturer certaines lignes de bus interurbains, qui se retrouvent à absorber une partie de la demande de déplacement de et vers la capitale.
Pour réduire la part de l’informel, l’État a lancé diverses applications de commande de taxi, dont TIZ.TAXI ou Onlaýn taksi. Ces services localisent le smartphone, estiment un tarif, envoient l’ordre au chauffeur le plus proche et permettent de suivre la voiture sur la carte. Certains intègrent aussi l’historique des courses, l’envoi de SMS de confirmation ou des fonctions de paiement par carte via un terminal embarqué. Néanmoins, l’absence d’Internet libre et la quasi-inexistence de plateformes internationales (pas d’Uber, pas de Bolt, pas de Lyft) limitent leur usage aux résidents équipés.
Du point de vue de la sécurité, mieux vaut privilégier les taxis officiels ou ceux commandés via un hôtel, surtout la nuit. Les véhicules ne disposent pas toujours de ceintures arrière, et les conditions de conduite (vitesse, dépassements, respect des règles) peuvent surprendre un visiteur.
Marcher ou louer une voiture à Ashgabat
Le centre monumental d’Ashgabat – grandes avenues, bâtiments en marbre, parcs – se prête à la marche, du moins en dehors des heures de canicule. Mais la ville est très étalée, et les nouvelles zones résidentielles sont parfois éloignées les unes des autres, ce qui rend la marche peu pratique pour de longues distances.
La location de voiture existe mais reste marginale. Aucun grand loueur international n’est présent, et les offres des hôtels incluent presque toujours un chauffeur local. Les tarifs commencent autour de 50 dollars par jour pour un véhicule de base, avec une hausse sensible si vous ajoutez un conducteur. Les règles sont strictes : permis de conduire international, passeport, documents du véhicule, et surtout acceptation de contrôles fréquents sur les routes. De plus, les autorités restreignent fortement les possibilités de sortir d’Ashgabat avec une voiture de location. Pour un voyageur, la location n’est donc pas une alternative réelle aux transports publics, mais plutôt une solution d’appoint, sur des trajets très encadrés.
Les transports interurbains : bus, minibus et trains
Dès que l’on quitte les limites d’Ashgabat, le tableau change. L’accès au réseau devient plus rare, les liaisons moins fréquentes, mais plusieurs options restent disponibles pour relier les grandes villes : bus, minibus, trains, parfois taxis partagés.
Buses et minibus interurbains
Le Turkménistan possède une colonne vertébrale routière majuscule : la route M37, qui relie le grand port de Turkmenbashy sur la Caspienne à la frontière orientale près de Farap, en passant par Ashgabat, Mary et Turkmenabat. D’autres axes comme la route Ashgabat–Dashoguz structurent les liaisons nord-sud.
Sur ces grands axes roulent des bus interurbains « modernes et confortables » entre les principales villes : Ashgabat, Dashoguz, Mary, Turkmenbashi, Turkmenabat. Pour les localités plus petites ou plus isolées, ce sont des bus plus anciens, des minivans privés ou des taxis partagés qui prennent le relais.
Les temps de trajet routiers sont sensiblement plus courts que ceux du rail. Là où un train met 14 à 16 heures pour relier Turkmenbashi à Ashgabat, le bus réduit ce temps de moitié environ. En revanche, le confort peut être sommaire, la climatisation aléatoire et la conduite parfois agressive. Plusieurs sources locales décrivent le bus longue distance comme « bon marché mais peu sûr », en particulier en raison de la qualité des routes hors des grands axes (nids-de-poule, mauvaise signalisation, éclairage quasi inexistant de nuit).
Les minibus, souvent appelés marshrutkas, opèrent sur des distances plus courtes, mais assurent aussi des trajets entre villes voisines ou vers les frontières. Ils sont plus rapides que les bus classiques mais fonctionnent sans horaires stricts : on part quand le véhicule est plein. Le prix oscille autour de 0,50 à 1 manat en urbain, et grimpe sur les lignes interurbaines, tout en restant très abordable par rapport aux standards internationaux.
Pour des liaisons plus longues, on trouve également des taxis partagés qui attendent dans les gares routières. Ils partent généralement une fois toutes les places occupées, proposent une vitesse supérieure au bus (mais un confort dépendant directement du véhicule et du conducteur) et pratiquent des tarifs plus élevés. Dans certains cas, lorsque les taxis officiels ne peuvent quitter la capitale, des voitures privées prennent le relais sans cadre réglementaire clair.
Prix en manats d’un billet de bus adulte pour le trajet Ashgabat-Turkmenbashy au Turkménistan.
Le réseau ferroviaire : un maillage lent mais constant
Le rail occupe une place particulière dans les transports turkmènes. Héritage du Transcaspien russe du XIXᵉ siècle, il a façonné les liaisons entre la Caspienne, Ashgabat, Mary, Turkmenabat et au-delà vers l’Asie centrale.
Aujourd’hui, le réseau ferroviaire totalise environ 4 980 km de voies (certaines sources mentionnent 3 181 km pour les seules lignes principales), toutes à écartement 1 520 mm, sans aucun tronçon électrifié. La gestion relève de l’agence publique Türkmendemirýollary, qui supervise aussi l’opérateur « Demirýollary », chargé des trains de voyageurs et de fret.
Le rail transporte chaque année environ 5,5 millions de passagers et près de 24 millions de tonnes de marchandises. Les grandes villes – Ashgabat, Turkmenbashi, Turkmenabat, Mary, Dashoguz – sont reliées par des liaisons quotidiennes, souvent de nuit, qui permettront à un voyageur patient de parcourir l’essentiel du pays à bas coût.
Les grandes liaisons domestiques
Les temps de trajet illustrent la lenteur caractéristique du rail turkmène, où la vitesse réelle oscille autour de 32–45 km/h, bien en dessous des 120 km/h théoriquement prévus par les infrastructures.
Quelques exemples de liaisons principales :
| Relation ferroviaire | Distance approximative | Durée typique | Observations |
|---|---|---|---|
| Ashgabat – Turkmenabat | ~586–618 km | 10h15 (rapide) à 17h | 2 à 4 trains par jour |
| Ashgabat – Mary | ~300+ km | 8 à 14 h selon train | Plusieurs trains quotidiens |
| Ashgabat – Dashoguz | ~550 km | 12h40 à 17 h | 1 à 2 trains/jour |
| Ashgabat – Turkmenbashi | ~580 km | ~14 h | Généralement de nuit |
| Ashgabat – Serhetabat | ~658 km | ~18 h 10 | 1 train/jour |
| Ashgabat – Amuderya | ~816 km | ~17 h 40 | 1 train/jour |
| Turkmenabat – Gazojak | ~322 km | ~7 h 20 | 1 train/jour |
La plupart de ces services sont nocturnes, ce qui permet de « gagner » une nuit d’hébergement, au prix d’un sommeil parfois haché par les secousses et les arrêts. La qualité perçue des trains varie selon les témoignages : certains voyageurs parlent de wagons « sales et négligés », d’autres soulignent la propreté et le confort de trains plus récents venus de Chine. Globalement, les avis se sont nettement améliorés depuis le début des années 2010.
Classes, confort et services à bord
Le système de classes sur les trains turkmènes reprend le modèle des chemins de fer ex-soviétiques :
Découvrez les différents types de compartiments disponibles pour voyager en train en Russie, du plus économique au plus confortable.
Voiture couchette ouverte avec six couchettes par section (trois de chaque côté), sans porte. Option la plus économique et conviviale, mais offrant peu d’intimité.
Compartiment fermé de quatre couchettes (deux superposées de chaque côté). Plus calme, souvent climatisé sur les grandes lignes, avec un bon rapport confort/prix.
Compartiment première classe de deux couchettes, plus intime, parfois appelée option « VIP ». Sa disponibilité est limitée sur de nombreuses lignes.
Voiture offrant des places assises sans couchette. Rarement privilégiée pour les longs trajets en raison de la durée du voyage.
Chaque wagon-couchette est équipé d’un samovar fournissant de l’eau chaude, très pratique pour préparer thé, café ou nouilles instantanées. Des draps, une couverture et un oreiller sont généralement fournis pour les trajets de nuit. Les toilettes, décrites dans plusieurs sources comme « surprenamment propres », imposent tout de même de voyager avec son propre papier et du gel hydroalcoolique.
Il n’est pas possible, en règle générale, d’acheter de la nourriture à bord. Il faut donc se ravitailler avant le départ ou pendant les arrêts en gare, où vendeurs ambulants, kiosques et échoppes proposent snacks, pain, boissons, fruits secs. La culture du partage est forte : il n’est pas rare d’être invité à goûter les plats de voisins de compartiment, surtout si l’on prend le temps d’échanger quelques mots en russe ou turkmène.
L’alcool et la cigarette sont désormais interdits à bord. Les contrôles peuvent être stricts sur ce point, dans la continuité d’une politique plus large de restriction des comportements jugés indésirables dans les lieux publics.
Tarifs, billets et réservations
Le train est un moyen de transport particulièrement bon marché au regard des distances couvertes. Un billet moyen coûte autour de 20 manats, avec des exemples comme :
| Trajet | Classe | Prix approximatif |
|---|---|---|
| Turkmenbashi – Ashgabat | Platzkart | ~5,70 € |
| Turkmenbashi – Ashgabat | Kupe | ~10,75 € |
| Ashgabat – Turkmenabat | Platzkart | ~6,45 € et plus |
Les prix sont identiques pour les locaux et les étrangers, et se règlent en monnaie nationale (manat). Des tarifs enfants existent : un jeune de 5 à 10 ans paie un demi-tarif, et un enfant de moins de 5 ans peut voyager gratuitement (un seul par adulte), sous réserve de l’indiquer au moment de l’achat du billet.
Les billets s’achètent de trois façons :
– directement au guichet de la gare, sur présentation du passeport ;
– via le site officiel des chemins de fer (railway.gov.tm) ;
– via l’application mobile « TurkmenistanRailway » (Android et iOS), qui permet aussi de consulter les horaires, choisir son siège et garder l’historique de ses trajets.
Les guichets ouvrent généralement vers 7 h du matin. L’achat à l’avance est recommandé : jusqu’à 5 jours d’anticipation au guichet, 10 jours en ligne, les trains pouvant rapidement se remplir sur les axes les plus fréquentés. Une fois le train parti, la vente de billets est bloquée pour les gares intermédiaires.
Un exemple concret de barème en euros illustre les retenues appliquées selon le délai avant le départ. Par exemple, l’annulation 30 jours ou plus avant le départ peut entraîner une retenue de 10% du montant total, tandis qu’une annulation entre 15 et 29 jours peut retenir 50%, et une annulation à moins de 14 jours peut ne donner droit à aucun remboursement. Ces pourcentages varient selon les contrats.
| Moment de l’annulation | Frais prélevés sur le billet |
|---|---|
| > 24 h avant | 1,84 € (service) + 2,63 € (remboursement) |
| 6–24 h avant | 10 % du prix + 1,84 € + 2,63 € |
| < 6 h avant | 25 % du prix + 1,84 € + 2,63 € |
Les billets ne sont pas « flexibles » au sens occidental : ils restent valables sur un seul train, une seule date. Il n’existe pas non plus de système de carte ou d’abonnements type Interrail.
Bagages, vélos et objets encombrants
La politique bagage se révèle généreuse. Chaque passager peut transporter jusqu’à 100 kg de bagages. Au-delà, les effets sont considérés comme fret et doivent être réglés auprès du service de bagagerie.
Les dimensions maximales autorisées sont de 100 x 30 x 50 cm pour chaque pièce. Les vélos sont acceptés dans un wagon spécial bagages, moyennant un supplément de 15 à 20 manats par vélo. Des locaux indiquent que skis ou planches peuvent être embarqués, à condition d’être correctement emballés et rangés dans l’espace prévu.
La plupart des grandes gares disposent d’une consigne, appelée « kamera khraneniya » en russe, accessible 24 h/24 moyennant une petite somme. Les détails précis (capacités, tarifs exacts, règles de perte ou de vol) ne sont pas publics, mais ce service reste un bon moyen de visiter une ville entre deux correspondances.
Avion, ferries et autres modes à l’échelle nationale
Pour traverser de grandes distances dans ce pays immense et majoritairement désertique, l’avion joue un rôle clé. La compagnie nationale Turkmenistan Airlines est en situation de monopole, avec une flotte exclusivement composée d’appareils Boeing. Elle assure des liaisons domestiques très bon marché et un réseau de vols internationaux vers Moscou, Londres, Francfort, Bangkok, Delhi, Abu Dhabi, Istanbul, Pékin, Tashkent et d’autres grandes villes.
Les aéroports dotés de lignes régulières sont Ashgabat, Dashoguz, Mary, Turkmenabat, Turkmenbashi, Balkanabat et Kerki. Des aéroports récents ont été inaugurés à Turkmenabat (2018) et Kerki (2021). Sur le plan intérieur, les vols sont fréquents, sûrs, et souvent moins chers que le cumul d’un trajet en train + nuit d’hôtel. Un vol Ashgabat–Turkmenbashi coûte par exemple autour de 15 dollars.
Côté maritime, le grand port de Turkmenbashy, modernisé pour plus de 1,5 milliard de dollars, accueille des ferries de voitures, trains et passagers vers Bakou, sur la rive azerbaïdjanaise de la Caspienne. Mais ces liaisons sont notoirement irrégulières, fonction des conditions météorologiques et de la rotation des cargos, avec des attentes pouvant atteindre plusieurs jours au mouillage.
Les voies d’eau intérieures – Amou-Daria et canal du Karakoum – permettent un transport fluvial, principalement de fret. Quelques bateaux passagers naviguent sur l’Amou-Daria, y compris vers Turkmenabat, mais ce mode n’est ni structuré ni particulièrement utile pour un itinéraire touristique classique.
Sécurité, accessibilité et usages sociaux dans les transports
Au-delà des questions de lignes et de tarifs, utiliser les transports au Turkménistan implique de connaître les codes sociaux, quelques risques et des limitations légales spécifiques.
Sécurité et contrôles
Les taux de criminalité violente restent faibles, surtout à Ashgabat. Les pickpockets existent néanmoins, en particulier dans les bus bondés et les grands marchés. Comme ailleurs, il faut garder sac et portefeuille sous contrôle, éviter d’exhiber trop de cash et être attentif dans les foules.
Les contrôles de police sont fréquents aux entrées de villes, sur les routes et dans les hubs de transport. La loi exige de porter son passeport en permanence ; son absence peut entraîner une détention et des demandes de pots-de-vin. Il est strictement interdit de photographier les installations ferroviaires, postes de garde ou bâtiments officiels dans les gares, sous peine d’intervention immédiate.
Le pays est par ailleurs truffé de caméras et de dispositifs de surveillance. Les hôtels, les bus officiels, les grandes gares, les taxis connectés au système GPS : tout concourt à une observation étroite des déplacements. Les commentaires publics, y compris en ligne, jugés critiques à l’égard du régime sont passibles de sanctions sévères.
Accessibilité pour les personnes à mobilité réduite
Dans les textes, la législation interdit la discrimination envers les personnes handicapées. En pratique, l’accessibilité des infrastructures de transport est très limitée. Beaucoup de bus et de gares ne disposent ni de rampes adaptées, ni d’ascenseurs, ni de signalétique pensée pour les déficiences visuelles. Les trottoirs eux-mêmes sont souvent impraticables en fauteuil, avec des bordures hautes, des trous ou des obstacles.
Les avancées en matière d’accessibilité (taxis adaptés, information en braille, stations accessibles) restent limitées dans cette région, contrairement à certains pays voisins. Il est donc fortement recommandé aux voyageurs concernés de se renseigner en amont auprès d’une agence spécialisée ou d’un tour-opérateur, qui pourra organiser un accompagnement spécifique et adapté à leurs besoins.
Comportements attendus et codes culturels
Le Turkménistan est une société conservatrice où respect, discrétion et retenue priment. Dans les transports, cela se traduit par quelques règles implicites :
– céder volontiers sa place aux personnes âgées, femmes enceintes, mères avec enfants et personnes handicapées ;
– éviter les démonstrations d’affection, les éclats de voix, les discussions politiques ;
– adopter une tenue modeste (épaules et genoux couverts, shorts rares, surtout dans les zones rurales) ;
– ne pas consommer d’alcool ni fumer dans les bus, trains, gares et arrêts – cela est illégal et sanctionné.
Une forme de « couvre-feu informel » existe à Ashgabat autour de 23 h. Sans être systématiquement appliquée, elle s’accompagne d’un resserrement des contrôles, ce qui rend peu recommandable la station prolongée dans les rues ou l’usage de transports collectifs tard dans la nuit, surtout pour les étrangers.
Conseils pratiques pour utiliser les transports au Turkménistan
Pour un séjour au Turkménistan, y compris si vous êtes encadré par un tour-opérateur (ce qui reste la norme), quelques réflexes permettent de tirer le meilleur parti des transports publics.
D’abord, intégrer le facteur temps : les trains sont lents, les bus peuvent subir des aléas liés à l’état des routes ou aux contrôles, les ferries sur la Caspienne ont des horaires aléatoires. Planifier avec une marge d’un à deux jours sur les segments critiques (connexion aérienne internationale, par exemple) réduit considérablement les risques de mésaventure.
Le turkmène est la langue officielle, mais le russe reste très répandu dans les transports (gares, chauffeurs, agents). Quelques mots – « Salam » (bonjour), « Bagyşlaň » (pardon), « Sag bol » (merci) – peuvent instaurer un climat plus chaleureux. Avoir les adresses importantes traduites en russe ou turkmène et imprimées aide à se faire comprendre des chauffeurs de bus ou de taxi.
Conseil pour les voyageurs au Turkménistan
Le cash est incontournable : la plupart des billets de bus, de train et les courses de taxi se règlent en espèces. Les cartes bancaires ne sont acceptées que dans quelques endroits bien précis (grands hôtels, banques, certains guichets publics). Les différences entre taux officiel et marché parallèle rendent en outre la gestion de la monnaie difficile. Les changeurs informels sont nombreux mais illégaux ; mieux vaut s’en tenir aux guichets officiels, en sachant qu’ils appliquent un taux très inférieur à celui de la rue.
Sur le plan numérique, ne comptez pas sur Google Maps ou les applications de navigation en ligne courantes. L’internet est cher, lent, filtré et de nombreux services sont bloqués. Certains outils locaux comme NAVITIME Transit, TIZ.TAXI, TurkmenistanRailway ou Turkmenportal HJ peuvent être utiles si vous disposez d’une carte SIM locale, mais il reste prudent de ne rien baser d’essentiel sur eux et de prévoir des solutions de secours.
Enfin, s’appuyer sur les acteurs locaux – hôtels, agences, guides – pour les déplacements clés. Beaucoup d’établissements proposent d’organiser des transferts depuis ou vers l’aéroport, de réserver des billets de train ou de bus, et connaissent les réalités quotidiennes du terrain (travaux sur une route, suspension temporaire d’une desserte, etc.). Dans un système peu transparent, ce relais humain reste la meilleure assurance mobilité.
Conclusion : un réseau imparfait mais fonctionnel, à apprivoiser
Les transports en commun au Turkménistan reflètent le pays lui-même : un mélange de modernisation affichée (bus neufs, cartes sans contact, aéroports scintillants) et de réalités plus brutes (lenteur, manque de fiabilité de l’information, forte présence de l’État, conditions de sécurité routière perfectibles).
Pour voyager au Turkménistan, prévoyez du temps, de l’argent liquide, de la flexibilité et un encadrement local. Les transports locaux (bus d’Ashgabat, train de nuit, taxis négociés) offrent une immersion authentique dans la vie quotidienne de ce pays fermé. Ce guide fournit les repères pour transformer ces défis logistiques en une partie intégrante de votre voyage.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers le Turkménistan pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Chypre, Grèce, Maurice, États du Golfe), la stratégie retenue a consisté à cibler le Turkménistan pour son environnement fiscal avantageux pour les revenus étrangers, une pression fiscale locale limitée, un coût de vie nettement inférieur à celui de Paris et une faible corrélation économique avec la zone euro. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention d’un titre de séjour via investissement immobilier ou activité locale, gestion CNAS/CPAM, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), intégration dans un réseau local (avocat, immigration, intermédiaires bilingues) et restructuration patrimoniale internationale.
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