La sécurité au Turkménistan : clés pour une expatriation vraiment sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Lorsqu’on évoque un départ au Turkménistan, la première image qui vient souvent à l’esprit est celle d’Achgabat, ses façades de marbre blanc, ses dômes dorés et ses larges avenues quasi désertes. Mais derrière ce décor spectaculaire se cache l’un des pays les plus fermés du monde, avec un régime autoritaire, une surveillance omniprésente et un cadre juridique très particulier pour les étrangers.

Bon à savoir :

S’expatrier au Turkménistan nécessite une préparation minutieuse et une compréhension des risques spécifiques : politiques, juridiques, sanitaires, numériques, routiers, ainsi que ceux liés au statut des femmes et des minorités. Une bonne préparation est cruciale pour que cette expérience se déroule dans les meilleures conditions.

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Comprendre le contexte : un pays sûr… mais ultra-contrôlé

Pour un expatrié, la première impression de sécurité au Turkménistan est paradoxale. Les taux officiels de criminalité ne sont pas publiés, la police et l’armée sont omniprésentes, et Achgabat est généralement considérée comme une ville assez sûre, avec peu de délinquance de rue. Les crimes violents restent rares et concernent surtout des affaires locales, notamment liées au trafic de stupéfiants en provenance d’Afghanistan et d’Iran.

Attention :

Le Turkménistan, contrôlé par la famille Berdimuhamedov, est l’un des régimes les plus répressifs au monde. Il ne tolère aucune opposition, surveille étroitement la population, et verrouille l’information. Les élections ne sont ni libres ni équitables, la justice dépend du pouvoir exécutif et la corruption est endémique. Les organisations internationales documentent régulièrement des disparitions forcées, des actes de torture, des prisonniers politiques et un contrôle social total.

Pour un expatrié, cela signifie que les risques principaux ne viennent pas du crime de droit commun, mais de l’État lui-même : lois floues, interdictions arbitraires, surveillance, restrictions de déplacement, censure, ou encore expulsions et interdictions de retour en cas de non-respect des règlements.

Un indicateur clé résume ce contexte : le pays obtient 18/100 à l’indice de perception de la corruption (CPI 2023), et 4,1 sur l’Indice de liberté humaine. Deux chiffres qui doivent inciter à la prudence dans toutes vos interactions avec l’administration.

Entrer et rester légalement : le visa, nerf de la sécurité

La première ligne de défense de votre sécurité au Turkménistan est tout simplement… votre conformité administrative. Le régime migratoire y est l’un des plus restrictifs de la planète.

Avant le départ : le parcours du combattant du visa

Dans la quasi-totalité des cas, un visa est indispensable pour entrer au Turkménistan, que ce soit pour le tourisme, les affaires ou les études. Pour l’obtenir, un élément est central : la lettre d’invitation (Letter of Invitation, LOI), émise par une personne physique, une entreprise locale ou une agence de voyage agréée, puis approuvée par le Service d’État des Migrations.

Ce système ouvre la voie à de nombreuses incertitudes. La délivrance de la LOI est :

imprévisible dans ses délais,

susceptible d’être refusée sans justification,

totalement contrôlée par les autorités à Achgabat.

Même lorsqu’une procédure de e-visa sans LOI aura été pleinement déployée, la réalité du terrain restera celle d’un filtrage politique et sécuritaire strict.

Astuce :

Une fois la LOI (Lettre d’Invitation Officielle) obtenue, vous devez déposer votre demande de visa auprès d’une ambassade ou d’un consulat du Turkménistan. À votre arrivée à l’aéroport international d’Achgabat, des formalités supplémentaires vous seront demandées.

remplir une carte de migration,

payer un droit d’entrée (14 USD : 10 USD de frais + 4 USD de dossier),

– vous soumettre à un test COVID à l’arrivée (31 USD en espèces, selon les dernières pratiques recensées).

À l’arrivée : la contrainte de l’enregistrement

Tout étranger qui reste plus de trois jours ouvrables doit se faire enregistrer auprès du Service d’État des Migrations. Cette étape, souvent négligée par les nouveaux arrivants, est pourtant cruciale pour éviter des ennuis très sérieux.

L’enregistrement implique :

de se rendre au bureau du Service des Migrations (par exemple au 57, rue Azadi à Achgabat),

– de fournir passeport, deux photos d’identité, et une lettre attestant votre logement,

– puis de se « désenregistrer » avant le départ.

Ne pas respecter ces formalités peut entraîner : des sanctions, des retards, ou des complications dans la gestion de vos affaires.

amendes,

arrestation,

expulsion,

interdiction de retour pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Bon à savoir :

Tout changement d’adresse de nuitée, même pour une seule nuit, doit être déclaré aux autorités locales. Un oubli peut entraîner des complications. Il est courant pour les expatriés de se faire assister par leur employeur ou leur ambassade pour garantir l’exactitude de ces formalités administratives.

Zones interdites et déplacements intérieurs

Le Turkménistan ne se contente pas de contrôler l’entrée sur son territoire, il encadre également les déplacements à l’intérieur du pays. De larges bandes frontalières (avec l’Afghanistan, l’Iran, l’Ouzbékistan) et certains secteurs le long de la côte caspienne sont classés « zones restreintes ». Y accéder exige un permis spécifique du Service des Migrations, à demander au moins dix jours ouvrables à l’avance.

Le tableau ci-dessous résume les grandes catégories de zones et les précautions à prendre.

Type de zoneExigences / risques principaux
Achgabat et grandes villesDéplacements libres pour les étrangers dûment enregistrés, contrôles de police fréquents
Zones frontalières (Afghanistan)Interdiction ou permission spéciale, risque terroriste et trafic de drogues, haut niveau de contrôle
Côtes de la Caspienne / ville de HazarAccès restreint, autorisation préalable, contrôle renforcé
Dashoguz, Serakhs, Serhetabat, KerkiDéplacement soumis à permis spécial du MAE / Service des Migrations

S’approcher à moins de 5 km de la frontière afghane est fortement déconseillé pour des raisons de sécurité (terrorisme, trafic, contrebande). De plus, certains postes frontaliers terrestres peuvent fermer sans préavis : fonder ses plans de voyage sur ces routes est donc risqué.

Police, justice et corruption : comment limiter l’arbitraire

Le Turkménistan dispose d’un appareil sécuritaire dense : ministère de l’Intérieur, ministère de la Sécurité nationale, Service de cybersécurité, police routière, etc. La présence policière est massive dans les grandes villes, ce qui contribue à la faible délinquance de rue… mais renforce le risque d’arbitraire à l’égard des étrangers.

Les autorités disposent d’une large latitude pour :

procéder à des contrôles d’identité répétés,

fouiller véhicules et domiciles,

retenir un individu en cas de « suspicion » ou d’infraction floue,

surveiller les communications.

Les lois existent sur le papier, mais leurs critères d’application sont souvent opaques. Des ONG et organismes internationaux signalent des cas fréquents :

de corruption non sanctionnée,

d’extorsion sous forme d’amendes improvisées,

de détentions abusives.

Astuce :

En pratique, pour un expatrié, quelques réflexes réduisent fortement les risques : se renseigner sur la situation locale avant le départ et pendant le séjour, éviter d’afficher des signes de richesse, garder ses documents importants en sécurité, connaître les numéros d’urgence locaux et les coordonnées de l’ambassade ou du consulat, et rester discret sur ses déplacements et projets.

avoir toujours sur soi son passeport ou, au minimum, une copie lisible (avec une seconde copie laissée au domicile),

– rester calme et poli lors des contrôles, sans jamais hausser le ton,

– demander à voir la carte professionnelle de toute personne se présentant comme officier,

– éviter de proposer, solliciter ou accepter ouvertement un « arrangement » financier,

– contacter immédiatement son ambassade en cas d’arrestation ou de détention.

Le risque de violences physiques par les forces de sécurité à l’égard d’un expatrié reste limité, mais le risque de tracasseries, de confiscation de matériel, de retenue prolongée voire d’expulsion est réel, notamment si l’on contrevient aux lignes rouges politiques ou à la censure numérique.

Libertés individuelles et sujets sensibles : ce qu’il ne faut pas faire

L’une des règles essentielles pour une expatriation sereine au Turkménistan est de connaître précisément les « no-go zones » en matière de comportements, de propos publics et de relations sociales.

Politique, religion, droits humains : silence prudent

La critique ouverte :

des dirigeants,

de la situation économique (pénuries, hausse des prix),

des droits humains,

de la corruption,

– ou du rôle des services de sécurité

est potentiellement dangereuse, même dans un cercle restreint ou sur des groupes de messagerie supposés privés. Des exemples concrets documentés montrent que des commentaires critiques publiés dans un groupe Telegram fermé ont pu mener à des arrestations et à des condamnations.

Il est important de :

éviter toute prise de position politique dans l’espace public,

s’abstenir de publier sur les réseaux sociaux des propos critiques sur le pays, y compris depuis l’étranger si vous comptez y revenir,

– garder les discussions sensibles pour des cadres très privés, voire s’en abstenir complètement.

Attention :

L’État surveille les groupes non enregistrés, interdit les rassemblements non autorisés et exerce des pressions (limitation de la visibilité, confiscations, injonctions sur l’apparence). Pour un expatrié, la pratique privée est généralement tolérée, mais toute activité perçue comme prosélyte est déconseillée.

Relations hommes-femmes, LGBTQ+ : des interdits à ne pas sous-estimer

Autre particularité extrêmement importante : le droit encadre de manière très intrusive la vie privée, surtout lorsqu’elle implique des nationaux.

Parmi les interdits les plus sensibles :

les relations sexuelles entre hommes sont pénalement réprimées (jusqu’à deux ans de prison),

la transmission ou l’exposition consciente au VIH est punissable, avec des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans si elle implique un contact homosexuel,

– une relation entre un homme étranger et une femme turkmène peut être illégale ; offrir cadeaux ou avantages à une femme locale en vue d’une relation peut déboucher sur une amende immédiate et une expulsion,

– une femme turkmène quittant un club tard le soir en compagnie d’un étranger peut être automatiquement assimilée à une prostituée par la police, avec des conséquences juridiques pour le ressortissant étranger.

Attention :

Le pays est l’un des plus hostiles au monde pour les personnes LGBTQ+. Outre la pénalisation des relations entre hommes, la stigmatisation sociale est très forte. L’affichage public d’une relation de même sexe, même non sexuellement explicite, peut être extrêmement risqué.

Pour les couples hétérosexuels non mariés, la discrétion reste la règle. Les démonstrations d’affection en public sont mal perçues, même si elles ne conduisent pas systématiquement à des poursuites.

Alcool, tabac, drogue : tolérance zéro dans l’espace public

La consommation d’alcool n’est pas interdite en soi, mais elle est très encadrée. Il est illégal de boire dans les espaces publics communs (parcs, plages, places, gares, etc.). Une telle infraction peut entraîner une amende d’environ 100 manats. Conduire sous l’emprise de l’alcool est strictement prohibé, avec une politique de tolérance quasi zéro : une seule boisson peut suffire à vous faire perdre votre permis, voire vous conduire en détention.

Le tabagisme est lui aussi sévèrement réglementé : fumer dans la rue ou dans un espace ouvert commun est interdit, sauf dans des zones spécifiques. En pratique, les habitants fument plutôt à l’intérieur de certains cafés, bars ou restaurants, mais un étranger surpris à fumer dehors hors zone autorisée peut écoper d’une sanction.

La détention, l’usage ou le trafic de stupéfiants sont punis de peines très longues. Les frontières avec l’Afghanistan et l’Iran servant de corridors de transit pour l’opium, la sensibilité des autorités à ce sujet est extrême.

Internet, censure et surveillance : naviguer dans un espace numérique verrouillé

Pour les expatriés, l’un des chocs majeurs au Turkménistan est la réalité numérique : accès très restreint, censure massive, coûts élevés, surveillance omniprésente.

Un accès limité, lent et cher

Le pays affiche l’un des taux de pénétration internet les plus bas du monde, avec environ 35 à 40 % de la population connectée. L’infrastructure est un monopole d’État : Turkmentelecom contrôle les passerelles internationales, sa filiale Altyn Asyr (TM CELL) domine la téléphonie mobile. Une seconde société privée (MTS) a quitté le pays après la suspension de sa licence, décourageant d’autres investisseurs.

À cela s’ajoutent :

des débits très bas (en pratique souvent en dessous de 5 Mbps),

des coupures fréquentes, surtout hors de la capitale,

– des tarifs très élevés rapportés au revenu local : le pays a l’un des accès fixes les plus chers de la CEI, et la data mobile figure parmi les plus onéreuses au monde.

Bon à savoir :

Pour les expatriés dont l’activité professionnelle (journalisme, télétravail intensif, métiers du numérique) dépend d’une connexion internet stable, la qualité de cette dernière est un facteur déterminant et peut constituer un frein majeur en cas de défaillance.

Une censure massive et sophistiquée

Les autorités filtrent tout le trafic international à travers des passerelles contrôlées. Plus de 122 000 noms de domaine sont bloqués, et les listes noires sont régulièrement étendues. Sont inaccessibles, entre autres :

les principaux réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter/X, TikTok, YouTube),

la quasi-totalité des messageries populaires (WhatsApp, Telegram, Signal, Discord, IMO),

de nombreux médias étrangers,

des blogs, plateformes WordPress, ressources éducatives, contenus liés au genre ou à l’orientation sexuelle.

La technologie de blocage s’appuie sur des équipements sophistiqués importés, notamment des systèmes d’inspection approfondie des paquets (DPI). La stratégie de « carpet blocking » (blocage d’ensembles entiers d’adresses IP ou de domaines contenant certains mots-clés) entraîne des dommages collatéraux considérables : des millions de sites parfaitement anodins peuvent se retrouver censurés parce qu’ils partagent le même hébergeur ou un mot dans l’URL.

Exemple :

Le gouvernement ne publie aucune liste officielle des sites interdits. Les utilisateurs découvrent la censure au fil de leurs tentatives de connexion, dans un climat d’incertitude et de frustration.

VPN et outils de contournement : un sujet explosif

Dans la plupart des pays autoritaires, l’usage des VPN se situe dans une zone grise. Au Turkménistan, il est explicitement réprimé. Les outils de contournement (VPN, Tor, certains proxies) font l’objet :

d’un blocage technique systématique,

de campagnes policières ciblées contre leurs utilisateurs,

de sanctions sévères.

Les faits rapportés parlent d’eux-mêmes :

Attention :

Au Turkménistan, les autorités exercent une surveillance sévère sur l’utilisation des VPN. Des abonnés à internet fixe ont été contraints de jurer sur le Coran de ne plus en utiliser. Des contrôles de téléphones ont mené à des arrestations, des interrogatoires et des amendes pouvant atteindre 1 500 manats, l’équivalent d’un salaire mensuel moyen. L’utilisation d’un VPN par une famille peut la faire classer comme « non fiable ». Dans certains cas, les connexions des utilisateurs intensifs de VPN ont été coupées, puis rétablies uniquement après la signature d’un engagement écrit.

L’utilisation de programmes de chiffrement « non certifiés » est passible, en théorie, de peines pouvant aller jusqu’à sept ans de prison. Le réseau Tor est bloqué, tout comme la plupart de ses ponts, même si certains mécanismes d’obfuscation (par exemple obfs4) peuvent parfois fonctionner.

Pour un expatrié, la tentation de contourner les blocages pour rester connecté au monde est forte. Mais elle doit être pesée à l’aune d’un risque juridique réel, et d’un contexte où vos téléphones, vos ordinateurs et même vos conversations VoIP peuvent être surveillés.

Le tableau suivant synthétise les contraintes numériques auxquelles s’attendre.

AspectSituation au Turkménistan
Pénétration internetEnviron 35–40 % de la population, surtout en ville
Acteur principalTurkmentelecom (Internet fixe), Altyn Asyr / TM CELL (mobile)
Vitesse & stabilitéTrès faibles, nombreuses coupures, ralentissements programmés lors d’événements politiques
CoûtTrès élevé par rapport aux revenus locaux (broadband et data parmi les plus chers de la région)
Censure des sites>122 000 domaines bloqués, réseaux sociaux et messageries majeurs inaccessibles
VPN et TorInterdits, bloqués, usage puni d’amendes, détentions et interrogatoires
SurveillanceCommunications surveillées, inspection de paquets, cybercafés sous vidéo, enregistrement d’identité

Dans ce contexte, il est essentiel d’intégrer la dimension numérique à votre plan de sécurité global : ne promettez pas à votre employeur un télétravail haut débit, ne comptez pas sur les réseaux sociaux pour rester joignable, et considérez que tout ce que vous faites en ligne peut être observé.

Santé et système médical : préparer l’évacuation avant même d’être malade

La sécurité au Turkménistan ne se limite pas aux risques politiques ou judiciaires. La santé y joue un rôle central, car le système local est loin des standards occidentaux.

Un système public affaibli et inégal

Le pays dispose d’un système de santé centralisé, héritage de l’ère soviétique, mais il a été profondément fragilisé par :

la fermeture de nombreux hôpitaux ruraux dans les années 1990 et 2000,

le licenciement massif de personnel médical (environ 15 000 soignants en 2004),

– un sous-investissement chronique dans les équipements et les médicaments,

– des priorités politiques données à des projets de prestige (bâtiments monumentaux…) plutôt qu’aux soins de base.

Officiellement, la santé publique est couverte par l’État, mais dans la réalité, la gratuité a été abolie, les assurances publiques sont peu efficaces et la corruption est omniprésente (paiements informels pour accéder à un médecin, à un lit ou à un examen). Les équipements modernes manquent, tout comme les médicaments fondamentaux (antibiotiques, anesthésiques, matériel à usage unique).

L’accès aux soins est, de plus, très inégal :

Bon à savoir :

Achgabat concentre la majorité des hôpitaux spécialisés et des structures modernes. La situation sanitaire se dégrade progressivement à mesure que l’on s’éloigne de la capitale, et de vastes zones rurales ne bénéficient que de dispensaires sous-équipés, voire d’aucune infrastructure médicale.

Les expatriés n’ont pas accès au système public et doivent se tourner vers le privé, qui reste marginal mais offre des standards un peu plus proches de ceux que vous connaissez.

Hôpitaux privés, pharmacies et réalités du terrain

Dans la capitale, plusieurs centres médicaux privés ont vu le jour, dont un groupe de « centres médicaux internationaux » couvrant divers domaines (cardiologie, ORL, soins d’urgence, imagerie, dentaire, maternité). Une clinique privée liée au président actuel est également citée comme référence pour les expats.

Ces structures :

disposent généralement d’équipements plus récents,

payent mieux leurs médecins, attirant les praticiens les plus qualifiés,

facturent leurs prestations à des tarifs élevés, réservés à une clientèle aisée ou internationale.

En parallèle, des chaînes de pharmacies privées comme Gedeon Richter sont présentes, mais les ruptures de stocks sont fréquentes. Il est courant que des médicaments de base soient indisponibles ou de qualité incertaine.

La recommandation pour tout expatrié est très claire : ne pas oublier de s’adapter à la culture locale.

Astuce :

Avant un voyage, il est essentiel de constituer une pharmacie adaptée. Cela inclut d’emporter une quantité suffisante de ses traitements chroniques pour couvrir la totalité du séjour, de préparer une trousse d’urgence complète contenant des antalgiques, des pansements, un antiseptique et des traitements digestifs, et de vérifier systématiquement avant le départ que ses médicaments ne figurent pas sur la liste des substances interdites dans le pays de destination, certains psychotropes ou antalgiques comme la codéine pouvant être prohibés.

Evacuation médicale : un élément non négociable de votre sécurité

Étant donné le niveau de l’offre locale, une partie significative des Turkmènes qui en ont les moyens se soignent à l’étranger (Iran, Russie, Inde, Turquie, Ouzbékistan). De même, de nombreux expatriés se rendent hors du pays pour des interventions même courantes.

Il est donc indispensable de souscrire une assurance internationale incluant :

la prise en charge des soins dans des structures privées locales,

surtout, une couverture d’évacuation médicale (medevac) vers un pays voisin disposant de meilleurs hôpitaux,

une prise en charge directe, car la plupart des prestataires n’acceptent que les paiements en espèces.

Les assurances citées comme références pour les expatriés (Cigna, Allianz, mais aussi GeoBlue, Cigna Global Health Options), offrent ce type de garanties. Sans une telle couverture, un accident grave, une grossesse compliquée ou une maladie aiguë peuvent rapidement devenir critiques.

En résumé, du point de vue sanitaire, votre sécurité repose sur :

une préparation minutieuse (vaccins, médicaments, assurance),

une utilisation raisonnée du système local (consultations de base, check-ups simples),

la capacité à être évacué rapidement pour tout problème sérieux.

Criminalité et vie quotidienne : vigilance raisonnable, sans paranoïa

Si l’on met de côté le rôle omniprésent de l’État, la vie quotidienne à Achgabat et dans les grandes villes n’est pas marquée par une insécurité forte.

Les éléments suivants sont généralement admis :

le taux de criminalité violente visant les étrangers est faible,

– les armes à feu sont rarissimes dans la population,

– les rixes sont surtout liées à l’alcool,

des cambriolages et vols à la tire existent, mais demeurent limités.

Astuce :

Les vols opportunistes sont fréquents dans les marchés, les bus bondés ou à proximité des attractions touristiques. Les expatriés, souvent perçus comme des cibles aisées, doivent conserver les réflexes de base de sécurité pour se protéger.

éviter d’exhiber bijoux, grosses sommes en liquide ou équipements électroniques coûteux,

ne pas se déplacer seul de nuit dans des quartiers périphériques,

– faire attention dans les districts d’Achgabat signalés informellement comme plus sensibles (certains blocs numérotés, zones comme Koshi, Hitrovka, Gazha),

– garder un œil sur ses boissons dans les bars pour éviter toute substance ajoutée à votre insu.

Bon à savoir :

Les manifestations sont rares et strictement encadrées. Le risque d’émeutes ou de soulèvements soudains en ville est faible. Cependant, des rassemblements forcés pour des événements d’État peuvent se produire, parfois dans des conditions de chaleur extrême. Il est conseillé d’éviter toute proximité avec ce type d’événements si l’on n’y est pas officiellement tenu de participer.

Enfin, un élément rarement mentionné mais important : des couvre-feux non officiels peuvent être appliqués, surtout à Achgabat, avec une tolérance très limitée pour les déplacements après une certaine heure (souvent autour de 23h). Ne pas respecter ces usages peut attirer l’attention des autorités.

Circulation, routes et transports : le risque routier, point noir de la sécurité

Si les risques politiques et juridiques sont spécifiques au Turkménistan, le danger le plus concret dans la vie quotidienne reste souvent… la route.

Conduire ou se faire conduire ?

Les standards de conduite locaux laissent souvent à désirer :

changements de file brusques sans clignotant,

dépassements hasardeux,

non-respect des limitations de vitesse,

piétons traversant de manière imprévisible.

Les routes elles-mêmes sont très inégales :

Attention :

Le réseau routier présente des dangers multiples : en ville, nids-de-poule et bouches d’égout non couvertes ; hors agglomération, routes étroites, dégradées et mal signalées. La circulation nocturne est rendue périlleuse par des véhicules en mauvais état et la traversée fréquente d’animaux, notamment des chameaux, causant des accidents graves.

La recommandation principale est simple : éviter de conduire la nuit en dehors d’Achgabat et des principaux axes.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des principaux risques routiers.

Situation routièreNiveau de risque pour un expatrié
Conduite en journée en villeMoyen : trafic gérable mais conduite locale imprévisible
Conduite de nuit en villeÉlevé : éclairage inégal, voitures mal entretenues, contrôles policiers fréquents
Conduite de jour hors agglomérationMoyen à élevé : état des routes variable, animaux sur la route, signalisation limitée
Conduite de nuit hors agglomérationTrès élevé : fortement déconseillée (routes non éclairées, camions, chameaux, pas d’assistance)
Transport en taxi officielRaisonnable avec négociation préalable et choix de taxis licenciés
Transport en taxi non officielRisque accru (absence de contrôle, sécurité et tarifs aléatoires)
Train longue distanceRisque modéré (lenteur, petits vols possibles, compartiments à verrouiller)

Pour conduire légalement, un étranger doit disposer :

Bon à savoir :

Pour conduire dans un pays étranger, deux options principales existent : soit utiliser un permis national accompagné d’un permis international (selon la convention de 1968), soit, après une certaine durée de résidence, obtenir un permis local en suivant une formation et en réussissant les examens requis.

La tolérance zéro pour l’alcool au volant est rigoureusement appliquée. Des contrôles routiers aléatoires sont fréquents, avec demande de documents et parfois tentatives d’extorsion d’amendes.

La quasi-absence d’assistance routière et la difficulté de faire remorquer un véhicule en panne signifient que conduire soi-même en dehors des grandes villes n’est jamais anodin. Beaucoup d’expatriés préfèrent :

utiliser des chauffeurs mis à disposition par leur entreprise,

recourir à des taxis officiels (marquage blanc et vert à Achgabat),

limiter les longs trajets routiers au strict nécessaire.

Argent, logement et vie pratique : limiter les vulnérabilités

Le Turkménistan fonctionne essentiellement en espèces. Les cartes bancaires internationales ne sont acceptées que dans un nombre restreint d’hôtels et de supermarchés d’Achgabat. Les distributeurs sont rares, peuvent être vides, et appliquent des frais élevés.

La monnaie, le manat, fait l’objet de fortes distorsions entre le taux officiel, artificiel, et le taux du marché parallèle, nettement plus élevé. Les échanges de devises sur le « marché noir » sont illégaux et exposent à des sanctions.

En pratique, pour limiter les ennuis :

Astuce :

Pour vos transactions en espèces, il est recommandé d’apporter des billets en USD ou en euros qui soient propres, récents et sans déchirure. Changez votre argent uniquement dans les banques ou les bureaux de change officiellement autorisés pour éviter les mauvais taux ou les contrefaçons. Enfin, évitez de stocker de grosses sommes d’argent liquide à votre domicile sans avoir mis en place des mesures de sécurité adaptées.

Côté logement, les expatriés se concentrent principalement à Achgabat, où l’offre locative décente est accessible mais très inégale en termes de qualité. Les appartements destinés aux non-diplomates sont souvent anciens et peu entretenus, sauf dans certains quartiers ou résidences dédiées.

Les loyers peuvent aller d’environ 300–500 USD pour un appartement correct dans une ville de province, à plus de 800–1 000 USD pour un logement confortable à Achgabat, voire davantage pour des biens de standing. Les bailleurs privés et certains intermédiaires peuvent profiter de l’isolement des étrangers pour imposer des conditions désavantageuses ; passer par son employeur ou un réseau d’expatriés est un bon moyen de réduire ce risque.

Femmes, enfants, minorités : des vulnérabilités spécifiques

Les femmes et les filles subissent de nombreuses formes de discrimination et de violences, souvent ignorées par la loi (par exemple l’absence de texte spécifique criminalisant les violences domestiques). Des enquêtes indiquent qu’une femme sur huit a subi des violences de la part d’un partenaire intime, et près de 60 % n’ont pas la maîtrise de leurs décisions en matière de santé et de contraception.

Certaines pratiques particulièrement intrusives ont été rapportées :

Attention :

Dans certaines régions, des examens gynécologiques sont imposés aux adolescentes pour vérifier leur « pureté morale ». Par ailleurs, les femmes célibataires de moins de 40 ans rencontrent des obstacles administratifs pour voyager à l’étranger, et des restrictions tacites, comme des limites d’âge minimales très élevées, entravent l’obtention du permis de conduire pour les femmes.

Pour une expatriée, ces dynamiques ne visent pas directement les étrangères, mais elles créent un climat où la moindre interaction avec des autorités masculines ou des institutions peut être teintée de paternalisme, voire d’hostilité. Il est, par conséquent, important de :

Astuce :

Lors d’un séjour au Turkménistan, il est conseillé aux femmes de se renseigner sur les usages vestimentaires locaux, comme porter des jupes sous le genou et couvrir les épaules, en privilégiant une tenue sobre. Il est également recommandé d’éviter de se déplacer seule la nuit et de faire preuve d’une grande prudence dans les relations avec les hommes turkmènes, afin d’éviter toute interprétation d’ordre moral ou sexuel.

Les enfants expatriés sont généralement scolarisés dans des écoles internationales anglophones comme Ashgabat International School, qui suivent des standards pédagogiques occidentaux et offrent un environnement relativement protégé. Ce cadre scolaire limite leur exposition au système éducatif national, où la propagande politique (par exemple via l’étude du livre Rukhnama) et certaines pratiques disciplinaires restent en vigueur.

Pour les personnes LGBTQ+, comme évoqué plus haut, le risque est structurellement élevé. Une expatriation ouverte est fortement déconseillée ; toute visibilité, même limitée, peut entraîner des problèmes graves.

Gestion de crise : ambassades, urgences et plans de repli

Dans un pays où l’État est très puissant et opaque, disposer de lignes de secours crédibles est essentiel. Plusieurs missions diplomatiques (États-Unis, Royaume-Uni, etc.) sont présentes à Achgabat et fournissent :

des conseils de sécurité,

une assistance consulaire en cas d’arrestation, d’hospitalisation ou de perte de documents,

des informations régulières sur la situation locale.

Les numéros d’urgence locaux sont :

02 pour la police (002 depuis un mobile),

03 pour l’ambulance (003 depuis un mobile),

01 pour les pompiers (001 depuis un mobile).

En pratique, la réactivité et le niveau d’équipement de ces services peuvent être limités. D’où l’intérêt :

Astuce :

Lors d’un déplacement à l’étranger, il est crucial de se préparer aux situations d’urgence. Cela implique d’avoir sur soi en permanence les coordonnées de son ambassade et de son service sécurité, de participer aux dispositifs d’inscription des ressortissants à l’étranger proposés par certains pays, et de convenir en amont, avec son employeur et sa famille, d’un plan de communication et d’évacuation en cas de crise majeure (troubles politiques, catastrophe naturelle, fermeture de frontières).

Les séismes constituent un autre risque non négligeable : le Turkménistan se trouve en zone sismique active. Connaître les procédures de base en cas de tremblement de terre (points de rassemblement, zones sûres dans le logement, comportement à adopter) fait partie du « kit de survie » de tout expatrié.

Vivre malgré tout : communautés expat, isolement et bien-être psychologique

L’isolement est l’un des dangers silencieux d’une expatriation au Turkménistan. Le contrôle politique, les restrictions sur internet, la barrière linguistique (seule une petite minorité parle anglais) et la difficulté des Turkmènes à fréquenter ouvertement des étrangers (car eux-mêmes peuvent être surveillés ou inquiétés) contribuent à un sentiment de claustration.

Pour y faire face, de nombreux expatriés s’appuient sur : les réseaux sociaux, les groupes d’entraide, les forums spécialisés et les associations d’expatriés.

des réseaux formels comme InterNations ou certaines plateformes dédiées aux expatriés à Achgabat,

des activités communautaires organisées par les ambassades (événements, clubs de lecture, sorties),

les écoles internationales, qui concentrent souvent la vie sociale des familles étrangères.

Exemple :

Les témoignages illustrent une vie sociale principalement centrée sur l’entre-soi, avec des activités comme des dîners à domicile, des soirées barbecue dans les résidences diplomatiques, des petits voyages collectifs et des « house parties ». Ces pratiques privilégient les rencontres privées plutôt que les sorties prolongées dans des lieux publics comme les bars ou les clubs, notamment pour s’adapter aux contraintes telles qu’un couvre-feu.

Construire ce réseau est, à bien des égards, un élément de sécurité :

– on y échange des informations pratiques fiables (médecins, chauffeurs, fournisseurs sérieux, procédures migratoires),

– on y trouve une aide en cas de problème (traduction, contact avec un avocat, appui moral),

– on y limite les risques liés à la solitude dans un environnement très verrouillé.

Un point mérite d’être souligné : une expatriation au Turkménistan convient mieux aux personnes prêtes à accepter une vie encadrée, assez routinière, avec peu de liberté de mouvement et de parole. Ceux qui valorisent fortement l’autonomie, l’accès à l’information, la contestation et les échanges ouverts peuvent y souffrir psychologiquement. Intégrer cette dimension à sa décision de départ est crucial.

En conclusion : une expatriation possible, mais à haut niveau de contrôle

La sécurité au Turkménistan n’est pas une question de « oui » ou de « non ». En termes de criminalité de rue, de terrorisme ou d’hostilité directe de la population, le pays peut paraître plus calme que bien d’autres destinations. Les expatriés qui respectent scrupuleusement les règles, restent discrets politiquement, s’entourent d’un bon réseau et disposent d’une couverture médicale solide peuvent vivre à Achgabat sans incidents majeurs.

Cependant, cette relative tranquillité repose sur un prix élevé :

Attention :

Le contexte décrit est caractérisé par une liberté d’expression quasi inexistante et une surveillance permanente, y compris numérique. Il implique un risque juridique réel en cas d’écart, même minime, aux normes imposées, ainsi qu’un isolement informationnel et social marqué. L’infrastructure médicale et numérique y est très en retrait des standards occidentaux.

Se préparer à une expatriation sereine au Turkménistan, c’est accepter ces contraintes, les intégrer dès la phase de décision, et bâtir une stratégie personnelle complète : documents toujours en règle, assurance internationale avec évacuation, stockage de médicaments, gestion prudente d’internet, adoption de codes culturels conservateurs, vie sociale construite autour de la communauté expat.

Seulement à ce prix, ce pays de marbre, de désert et de secrets peut devenir, pour quelques années, un terrain d’expérience professionnelle et humaine, certes exigeant, mais maîtrisable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale au Turkménistan afin d’optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Géorgie, Émirats, Turquie, Turkménistan), la stratégie retenue consiste à cibler le Turkménistan pour sa pression fiscale réduite sur certains revenus étrangers, son coût de vie très inférieur à la France et la possibilité de structurer des revenus via des sociétés locales ou régionales. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence (visa longue durée, enregistrement local), détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocats, immigration, intermédiaires francophones) et intégration patrimoniale (analyse des risques pays, restructuration si nécessaire) afin de réduire la fiscalité globale et sécuriser le patrimoine.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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