La sécurité au Turkménistan : conseils pour une expatriation sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’expatrier au Turkménistan, c’est choisir un des pays les plus fermés et les moins visités au monde, mais aussi l’un des plus sûrs au quotidien en matière de criminalité de rue. Entre régime ultra‑autoritaire, système de visas contraignant, contrôle policier omniprésent, accès à Internet limité et infrastructures inégales, la préparation est la clé pour vivre cette expérience de façon sereine.

Bon à savoir :

Cet article offre une analyse complète des conditions de vie pour un expatrié, couvrant la criminalité, les risques politiques et terroristes, la santé, les transports, la cybersécurité, les aspects culturels, les démarches administratives et le logement. Son but est de fournir une vision réaliste pour une décision éclairée et une gestion sereine du quotidien sur place.

Comprendre le cadre sécuritaire : un pays très contrôlé mais relativement calme

La première chose qui surprend au Turkménistan, c’est ce décalage entre le niveau de répression politique et la relative tranquillité de la vie quotidienne pour un étranger qui respecte les règles.

Les autorités américaines considèrent Ashgabat comme une ville à faible menace criminelle pour leurs intérêts officiels, même si le risque terroriste est jugé de niveau moyen pour ces mêmes intérêts. Le Canada recommande de faire preuve d’une grande prudence en raison de la criminalité et des tensions régionales. Le Royaume‑Uni souligne l’absence d’historique récent d’attentats, tout en rappelant que le risque ne peut jamais être exclu dans le contexte régional.

Attention :

Dans la pratique, la criminalité de droit commune visant les expatriés reste limitée (peu de violences physiques, vols opportunistes possibles). Le risque principal provient de la pression politique, de la surveillance et de l’arbitraire administratif, qui modifient profondément la gestion de la sécurité personnelle.

Cette dualité peut se résumer ainsi :

AspectNiveau au TurkménistanImpact pour l’expatrié
Criminalité violenteFaible, arme à feu très rareRisque limité, précautions de bon sens suffisantes
Petits volsPrésents mais peu fréquentsVigilance dans les lieux bondés
Corruption et bakchichTrès répandus dans l’administration et la policeAnticiper contrôles, éviter conflits ouverts
Répression politiqueExtrêmement élevéeÉviter toute critique, prudence sur Internet et en public
Terrorisme régionalMenace diffuse liée aux pays voisinsÉviter la zone frontalière afghane

Pour vivre une expatriation sereine, il faut donc raisonner en deux temps : se protéger comme dans n’importe quel pays (vols, circulation, santé) et s’adapter à un environnement autoritaire (respect strict des lois, discrétion, gestion des documents).

Cadre politique et contrôle de l’État : ce que cela change pour votre sécurité

Le Turkménistan est gouverné de manière autoritaire, avec une concentration extrême du pouvoir entre le président en exercice, Serdar Berdymoukhamedov, et son père, Gourbangouly Berdymoukhamedov, devenu « leader national ». Le système repose sur un parti dominant, une justice non indépendante et des services de sécurité omniprésents.

Pour un expatrié, l’essentiel n’est pas de maîtriser tous les détails institutionnels, mais de comprendre les conséquences concrètes :

Astuce :

Le pays exerce un monopole total et exclusif sur l’usage de la force, sans milices parallèles. Les forces de l’ordre, omniprésentes, dispersent rapidement tout rassemblement non autorisé. La surveillance est généralisée (communications, internet, hôtels, déplacements), et les étrangers doivent présumer que leurs appels, emails et messages peuvent être interceptés. Le cadre légal est souvent flou, les lois étant appliquées de manière sélective selon l’interprétation locale des autorités. Enfin, de graves violations des droits humains (détentions arbitraires, torture, disparitions forcées, prisons surpeuplées) sont régulièrement documentées par les ONG, principalement à l’encontre des nationaux.

Pour un étranger qui se tient à l’écart de la politique et respecte les règles, le risque de subir directement ces violences reste moindre, mais pas nul. Les points sensibles sont plutôt les suivants :

Attention :

Un séjour prolongé ou en zone interdite, des propos critiques envers le pays (même en ligne), l’utilisation de VPN prohibés et des contacts avec des opposants ou journalistes sont considérés comme des infractions graves pouvant entraîner des sanctions sévères.

L’angle de sécurité à adopter est donc celui d’une prudence juridique permanente. Il s’agit moins de « jouer avec les limites » que de se mouvoir très clairement à l’intérieur des lignes rouges, même si certaines pratiques courantes dans d’autres pays (humour politique, usage libre de réseaux sociaux, activisme) doivent être mises entre parenthèses.

Criminalité et délinquance : ce à quoi s’attendre vraiment

Malgré l’absence de statistiques officielles, les évaluations convergent : la criminalité reste relativement modérée au Turkménistan, surtout comparée à d’autres pays de la région. La drogue et l’alcool sont à l’origine d’une partie des violences, mais celles‑ci visent surtout la population locale.

Les risques pour un expatrié relèvent plutôt de la petite délinquance et d’incidents évitables :

Vols à la tire et pickpockets dans les marchés très fréquentés, les bus, les gares.

Cambriolages dans certains quartiers, notamment parce que de nombreux habitants conservent beaucoup de liquide à domicile.

Vols dans les véhicules (fenêtre brisée, sac emporté), surtout lorsque des objets de valeur sont visibles.

Conflits liés à l’alcool, notamment dans les bars ou clubs fréquentés, où des bagarres peuvent éclater.

Certains quartiers d’Achgabat sont réputés un peu plus sensibles, notamment certains districts périphériques ou les zones de divertissement nocturne. Mais ces risques restent très inférieurs à ce qu’on peut observer dans certaines grandes métropoles.

Pour limiter au maximum ces désagréments, quelques réflexes simples suffisent :

Bon à savoir :

Il est conseillé de répartir son argent liquide en plusieurs endroits et de n’emporter qu’une partie de ses devises lors des sorties. Les objets de grande valeur doivent être laissés dans un coffre sécurisé lorsque cela est possible. Il faut éviter les zones isolées après la tombée de la nuit et les trajets à pied tardifs. Une vigilance particulière est recommandée dans les bazars bondés et les transports en commun.

Une différence majeure avec d’autres destinations réside dans la présence policière très visible : patrouilles, postes de contrôle, contrôle d’identité. Cela contribue à limiter certains crimes, mais ajoute une couche de stress potentiel pour l’étranger.

Police, contrôles et corruption : comment gérer les autorités au quotidien

Au Turkménistan, la police et les services de sécurité ont des pouvoirs étendus et sont présents partout sur le territoire. Des barrages routiers jalonnent les grands axes, des patrouilles effectuent des contrôles d’identité, et les hôtels sont tenus de déclarer leurs clients étrangers.

La réalité quotidienne pour un expatrié, c’est donc :

Attention :

Les voyageurs doivent anticiper des contrôles d’identité fréquents et parfois brusques, où la présentation du passeport (ou d’une copie) et de la carte de migration est obligatoire. Il est également conseillé de se préparer à une barrière linguistique, la plupart des agents ne parlant que turkmène et russe, et à des capacités d’enquête limitées avec des délais de réponse longs en cas d’incident. Des demandes de bakchich peuvent survenir lors des contrôles.

Face à cette situation, il est préférable d’adopter un comportement très pragmatique :

Garder son calme lors des contrôles, éviter humour, ironie ou colère.

– Présenter docilement ses documents, sans entrer dans des débats sur ses droits théoriques.

– Demander, si la situation dérape, à contacter son ambassade ou consulat.

– Éviter de proposer spontanément un pot‑de‑vin, mais être conscient que la corruption est systémique.

Le système judiciaire étant politisé, compter sur un procès équitable en cas de litige grave serait illusoire. Le vrai filet de sécurité d’un expatrié reste donc son employeur, son ambassade et sa propre capacité à éviter les situations à risque.

Risque terroriste et zones frontalières : où ne pas aller

Officiellement, le Turkménistan n’a pas connu d’attentat récent sur son sol. Pourtant, les autorités américaines classent Achgabat comme zone de menace terroriste moyenne pour leurs intérêts, en raison de la présence d’organisations extrémistes actives dans la région : État Islamique, al-Qaïda, Mouvement islamique d’Ouzbékistan, etc.

Cette menace est indirecte mais réelle, surtout à cause de la géographie :

Longue frontière avec l’Afghanistan, pays à la situation sécuritaire volatile.

Zone frontalière avec l’Iran, également sensible.

Trafic de stupéfiants et de contrebande dans certaines régions reculées.

Les recommandations pour les expatriés sont claires :

Attention :

Il est impératif d’éviter tout déplacement dans un rayon de 5 km le long de la frontière afghane. De plus, il convient de se renseigner systématiquement sur le statut des frontières, certaines, comme celle avec le Kazakhstan, pouvant être fermées sans préavis. Enfin, l’accès aux zones frontalières ou côtières dites « restreintes » nécessite une autorisation officielle préalable, sans laquelle les déplacements (billets d’avion), contrôles et hébergements ne sont pas autorisés.

En pratique, la plupart des expatriés vivent et travaillent dans des zones urbaines relativement éloignées de ces frontières, ce qui réduit le risque direct. Il n’en reste pas moins prudent de s’inscrire aux listes de son ambassade pour recevoir d’éventuelles alertes de sécurité.

Lois locales sensibles : les lignes rouges à ne jamais franchir

La sécurité au Turkménistan passe avant tout par le respect scrupuleux de certaines lois, souvent plus strictes que celles en vigueur ailleurs. Plusieurs domaines doivent retenir l’attention des expatriés.

Photographie et informations

Photographier certains lieux peut constituer un délit :

Bâtiments gouvernementaux et militaires.

Aéroports, commissariats, infrastructures sensibles.

Palais présidentiel et certaines résidences officielles.

La règle de base consiste à éviter de prendre des clichés de bâtiments officiels, d’installations de sécurité ou de militaires, et à demander l’autorisation si un doute subsiste. Il est également prudent de demander leur accord aux personnes, surtout en zone rurale, avant de les photographier.

Morale, sexualité et relations

La société étant conservatrice, plusieurs points sont particulièrement risqués :

Attention :

Au Turkménistan, les relations sexuelles entre hommes sont illégales et passibles d’emprisonnement. Les couples de même sexe, même non poursuivis, risquent harcèlement et détention. De plus, une femme turkmène ayant une relation avec un étranger peut entraîner pour ce dernier une amende et une expulsion si des cadeaux ou avantages matériels sont échangés. Les démonstrations d’affection en public sont généralement mal perçues, particulièrement pour les personnes LGBT+.

Pour les expatriés, cela signifie que la vie privée doit rester très discrète, surtout en dehors des cercles de confiance. Les femmes voyageant seules sont davantage exposées au harcèlement et il leur est déconseillé de se déplacer isolément, surtout la nuit.

Alcool, tabac et drogues

L’alcool est disponible, mais son usage est strictement encadré :

Boire dans les parcs, places, plages, gares, forêts, bureaux publics ou passages souterrains est interdit et puni d’une amende (par exemple de l’ordre de 100 manats).

– La conduite en état d’ivresse est sévèrement sanctionnée : amendes, prison, retrait de permis.

– Fumer en dehors des zones prévues ou dans les espaces communs non autorisés est théoriquement illégal, mais l’application des règles est inégale.

Quant aux stupéfiants, la ligne est très claire : possession et usage sont punis par de longues peines de prison, dans des conditions carcérales très dures. Il est donc impératif d’éviter toute proximité avec la drogue, même minime.

Internet, VPN et liberté d’expression

Sur le plan numérique, le Turkménistan fait partie des pays les plus restrictifs au monde :

Attention :

En Iran, l’accès à la quasi-totalité des grands réseaux sociaux, à de nombreux sites d’information étrangers et l’utilisation de VPN sont bloqués ou illégaux. L’État, qui contrôle la seule passerelle Internet internationale, filtre et surveille massivement le trafic, et a procédé à des arrestations pour contournement de la censure.

Au‑delà de la technique, l’expression en ligne est aussi risquée : des commentaires jugés insultants ou critiques à l’égard du pays, de ses autorités ou de ses traditions peuvent être considérés comme un délit. La prudence impose donc de :

S’abstenir de publier des critiques du régime, même sur des comptes privés.

Supposer que tout message, même chiffré, puisse être intercepté.

Éviter d’aborder des sujets politiques sur les messageries locales ou via des canaux non sécurisés.

Démarches d’entrée, visas et enregistrement : un enjeu de sécurité à part entière

La sécurité d’une expatriation commence bien avant l’arrivée : le régime de visas turkmène est parmi les plus restrictifs au monde. Une grande partie des ennuis graves rencontrés par les étrangers provient de problèmes administratifs.

Chaque étranger doit disposer :

Bon à savoir :

Pour un séjour en Russie, il est nécessaire de disposer d’un visa valide correspondant à l’objet du séjour (tourisme, travail, affaires, transit, etc.). Pour la plupart des catégories, une lettre d’invitation approuvée par le Service d’État des migrations est également requise. Une fois sur place, si le séjour dépasse trois jours, un enregistrement auprès de ce même service doit être effectué dans les trois jours ouvrables suivant l’arrivée. Un enregistrement de départ est également obligatoire la veille de la sortie du territoire.

Ne pas respecter ces obligations peut entraîner :

Amende.

Détention administrative.

Expulsion avec interdiction de retour pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Les visas liés à l’emploi impliquent par ailleurs un permis de travail obtenu par l’employeur, ce qui ajoute une couche de complexité. Le quota de travailleurs étrangers est limité (par exemple à 10 % de l’effectif dans une entreprise), et les délais de traitement peuvent atteindre un mois, voire davantage.

Pour un expatrié, la stratégie la plus sûre est de s’informer sur la culture locale et de comprendre les lois en vigueur dans le pays d’accueil.

Astuce :

Pour un séjour sans encombre, confiez les démarches administratives à votre employeur ou à une agence locale spécialisée. Il est impératif de ne jamais entrer dans le pays sans un visa préalablement approuvé, sauf en cas de transit strict en zone internationale. Pour assurer la sécurité de vos documents officiels, photocopiez systématiquement votre passeport, visa, carte de migration et tous les certificats. Conservez les originaux en lieu sûr et gardez toujours sur vous au moins une copie de chaque document.

La question de la double nationalité est également cruciale : le Turkménistan ne la reconnaît pas. Les binationaux, par exemple turkméno‑américains ou turkméno‑canadiens, peuvent être empêchés de quitter le pays tant qu’ils n’ont pas renoncé formellement à leur citoyenneté turkmène, procédure qui peut durer plusieurs mois. Pour eux, s’installer au Turkménistan implique un arbitrage particulièrement délicat.

Santé, système médical et évacuations : anticiper pour éviter les mauvaises surprises

Sur le plan médical, le pays souffre d’un sous‑investissement chronique, en dépit de quelques hôpitaux modernes construits à Achgabat. Le système public, centralisé et officiellement gratuit pour les citoyens, n’est pas accessible aux étrangers et reste très en‑deçà des standards occidentaux : pénuries de médicaments de base, manque d’équipements, hygiène insuffisante, personnel insuffisant et sous‑formé.

Les expatriés se tournent presque exclusivement vers le secteur privé, mieux équipé mais cher, et limité en nombre de structures. Même à Achgabat, les hôpitaux privés n’ont pas toujours les moyens techniques de gérer des urgences graves ou des chirurgies lourdes. En province, l’offre est encore plus réduite.

Les points critiques pour un expatrié sont les suivants :

Attention :

Les délais d’intervention des ambulances sont très longs (30 à 60 min ou plus), avec un équipement et un personnel paramédical souvent absents, et des opérateurs ne parlant que russe ou turkmène. Tout paiement se fait en liquide, en monnaie locale. Les risques infectieux (typhoïde, hépatites, tuberculose, polio) sont élevés et l’eau du robinet est souvent non potable. Les autorités américaines déconseillent formellement toute procédure invasive sur place en raison des risques d’infection et des pénuries de matériel stérile.

En cas de pathologie sérieuse, la solution la plus sûre pour un expatrié reste donc l’évacuation médicale vers un hub régional (Istanbul, Dubaï, Europe, Russie, Inde) où des établissements performants peuvent prendre le relais. Or, ces évacuations coûtent très cher, facilement plus de 70 000 dollars américains, et leur organisation peut nécessiter jusqu’à 24 heures.

Bon à savoir :

Une couverture d’assurance internationale solide est essentielle pour faire face aux risques spécifiques liés à un séjour ou une activité à l’étranger.

Éléments à couvrirPourquoi c’est crucial au Turkménistan
Hospitalisation privée localeAccès aux rares cliniques de qualité à Achgabat
Évacuation médicale internationaleContourner les limites du système de santé national
Rapatriement vers le pays d’origineCas extrêmes ou pathologies de très long terme
Soins ambulatoires et médicamentsNombreux produits difficiles à trouver ou peu fiables

Dans la pratique, la plupart des entreprises qui détachent du personnel au Turkménistan souscrivent systématiquement une telle couverture. Pour un expatrié indépendant, c’est un poste budgétaire non négociable.

Il est également recommandé de :

Consulter un médecin avant le départ pour mettre à jour les vaccinations (hépatites A/B, typhoïde, polio, tétanos‑diphtérie‑coqueluche, rougeole‑oreillons‑rubéole, éventuellement rage).

– Emporter une réserve personnelle de médicaments courants et de traitements au long cours, avec ordonnances et notices, dans leur emballage d’origine.

Boire uniquement de l’eau en bouteille ou bouillie, éviter les glaçons et les aliments crus douteux.

– Apprendre quelques mots de russe ou turkmène pour décrire des symptômes de base.

Transports et sécurité routière : le vrai danger du quotidien

La circulation routière constitue l’un des principaux risques concrets au quotidien. Les accidents graves sont fréquents, notamment en raison :

Des routes en mauvais état hors des grandes villes (nids‑de‑poule, signalisation insuffisante, absence d’éclairage).

Du comportement aléatoire de nombreux conducteurs (dépassements dangereux, circulation à contresens, non‑respect du code).

– De la présence d’animaux sur la chaussée, en particulier les camélidés.

– De l’usage répandu de l’alcool au volant.

Attention :

À Achgabat, malgré des infrastructures de bonne qualité, les limitations de vitesse (ex: 60 km/h sur de larges artères) sont strictement contrôlées par des radars fixes et mobiles, souvent sans panneau d’avertissement. Les amendes peuvent être inattendues et s’accompagner de contrôles tatillons.

Quelques éléments pratiques à garder en tête :

Conduire de nuit hors des villes est fortement déconseillé.

– Il n’existe pas de réelle assistance routière : en cas de panne ou d’accident, il faut se débrouiller seul ou compter sur son employeur.

Les taxis officiels sont reconnaissables à leurs marquages (blanc et vert à Achgabat), mais le secteur reste peu régulé ; les véhicules n’ont pas toujours de ceintures fonctionnelles.

– Les tarifs doivent être négociés à l’avance et payés en manats ; demander ou payer en dollars est illégal, même si des chauffeurs le proposent.

La plupart des expatriés optent pour l’une des solutions suivantes :

Astuce :

Pour les déplacements professionnels, privilégiez un véhicule avec chauffeur local fourni par l’employeur pour déléguer la navigation et les contrôles routiers. Utilisez les taxis officiels de manière limitée, en les réservant via l’hôtel ou une entreprise pour plus de fiabilité. La conduite personnelle n’est recommandée qu’après une bonne familiarisation avec l’environnement, avec un permis de conduire international (version 1968), et nécessite l’obtention d’un permis local pour les résidents.

Les transports interurbains (bus, trains) existent mais présentent aussi des limites : trains très lents, vols possibles sur les lignes de nuit, bus parfois bondés. Pour les trajets longue distance, de nombreux expatriés privilégient l’avion domestique, malgré des retards fréquents et l’impossibilité, la plupart du temps, d’acheter les billets en ligne.

Internet, téléphonie et cybersécurité : vivre dans l’un des réseaux les plus filtrés du monde

Pour un expatrié habitué à travailler à distance, le choc numérique peut être brutal. Le Turkménistan présente l’une des taux de pénétration d’Internet les plus faibles de la planète (moins de la moitié de la population en ligne), avec une infrastructure entièrement contrôlée par l’État, via Turkmentelecom et son opérateur mobile Altyn Asyr (TM CELL).

Les grandes caractéristiques du paysage numérique sont les suivantes :

Attention :

Le pays dispose d’un seul opérateur mobile au réseau de mauvaise qualité, d’un accès fixe lent et cher avec des débits réels inférieurs aux annonces, de coupures fréquentes, d’un coût de la data élevé et d’une censure massive bloquant des milliers de sites et réseaux sociaux.

Pour l’expatrié, les implications sont majeures :

Le télétravail intensif (réunions vidéo fréquentes, transferts de gros fichiers) est souvent difficile, voire impossible de façon fiable.

– Il faut renoncer à certains outils habituels ou accepter de n’y accéder qu’avec beaucoup d’aléas.

– Les outils de contournement de la censure (VPN, Tor, etc.) sont illégaux et dans les faits très difficilement utilisables : ils sont activement bloqués, les utilisateurs peuvent être repérés, convoqués, voire arrêtés.

Bon à savoir :

Les autorités peuvent surveiller activement l’environnement numérique en enregistrant les communications, en activant à distance les microphones et webcams, en suivant les frappes au clavier et en interceptant les appels VoIP. Par conséquent, aucune communication en ligne ne doit être considérée comme totalement privée.

Pour rester dans les clous tout en protégeant autant que possible ses données professionnelles sensibles, quelques bonnes pratiques s’imposent :

Limiter les informations sensibles stockées localement sur les appareils utilisés dans le pays.

– Utiliser un chiffrement de bout en bout lorsque c’est légalement possible, en gardant à l’esprit que rien n’est infaillible.

– Tenir ses systèmes à jour, éviter les réseaux Wi‑Fi publics non sûrs des cybercafés.

– Adapter ses attentes : accepter que certaines choses ne pourront tout simplement pas être faites sur place ou nécessiteront des allers‑retours physiques (par exemple pour des signatures ou des réunions).

Monnaie, économie informelle et sécurité financière

Le Turkménistan fonctionne principalement en économie de cash, avec le manat comme monnaie officielle. Les cartes bancaires sont rarement acceptées, sauf dans certains hôtels ou établissements d’État. Les distributeurs automatiques sont rares et peu fiables, et les délais pour encaisser un chèque étranger peuvent atteindre plusieurs semaines.

Autre particularité majeure : l’écart entre le taux de change officiel du manat et celui du marché parallèle. Officiellement, un dollar vaut 3,5 manats ; sur le marché gris, le taux peut être plus de dix fois supérieur. Même si la tentation est forte, recourir à des changeurs informels est illégal et exposé à de lourdes sanctions, ainsi qu’à des risques d’arnaque ou de faux billets.

Pour un expatrié, la gestion de l’argent touche donc aussi à la sécurité :

Astuce :

Pour un séjour sans encombre, utilisez des billets de dollars récents et en bon état, plus facilement acceptés. À l’arrivée, déclarez toujours vos devises et conservez précieusement le reçu de déclaration. Prévoyez un budget en liquide suffisant pour plusieurs semaines, voire mois, compte tenu des difficultés d’accès aux devises. Enfin, évitez d’exhiber de grosses sommes en public ou au travail pour ne pas attirer l’attention indésirable.

Le recours au marché parallèle, très répandu chez les locaux, reste un sujet délicat pour les étrangers : au‑delà du risque légal, il expose à des scénarios d’extorsion déguisée, notamment si la police estime que des devises ont été échangées hors des circuits autorisés.

Logement et vie quotidienne : confort matériel et sécurité

Le logement des expatriés est généralement concentré dans certains quartiers d’Achgabat ou des grandes villes régionales, souvent dans des immeubles modernes ou des maisons individuelles fournies par les employeurs. Quelques caractéristiques se dégagent :

Bon à savoir :

Les étrangers peuvent posséder un bien immobilier mais pas le terrain, ce qui explique la prévalence de la location. À Achgabat, un appartement d’une chambre coûte entre 300 et 700 USD par mois, les prix bas correspondant souvent à une qualité médiocre. Bien que prioritaire dans la capitale, l’accès aux services (eau, électricité, Internet) peut connaître des coupures. La présence de gardiens dans certains immeubles relève plus du confort que d’une nécessité sécuritaire, la criminalité étant peu élevée.

Même si les cambriolages ne sont pas endémiques, il est prudent de :

Choisir un logement recommandé par l’employeur ou par d’autres expatriés.

Installer des serrures fiables et, si possible, un coffre pour les documents et objets de valeur.

– Ne jamais héberger quelqu’un officiellement ou officieusement sans vérifier l’impact sur son enregistrement auprès du Service des migrations : dormir ailleurs que dans le lieu déclaré peut en théorie entraîner des sanctions.

La socialisation doit aussi tenir compte des normes locales : invitations chez l’habitant, consommation d’alcool, présence de collègues turkmènes, horaires de retour. De nombreux expatriés évoquent une sorte de couvre‑feu non officiel autour de 23 heures, au‑delà duquel circuler à pied ou en taxi peut multiplier les contrôles et interrogatoires.

Culture, religion et comportements : réduire les risques en s’intégrant

Au‑delà des aspects strictement sécuritaires, une bonne compréhension de la culture locale permet de prévenir bien des tensions. La société turkmène est traditionnelle, marquée par l’islam sunnite, le respect des anciens et un sens très poussé de l’hospitalité.

Dans la vie de tous les jours, plusieurs attitudes renforcent la sécurité et le bien‑être :

Bon à savoir :

Adoptez une tenue modeste (épaules, poitrine et genoux couverts), saluez avec chaleur mais retenue en privilégiant la poignée de main, et évitez les démonstrations physiques en public. Abstenez-vous de discussions politiques ou sur les droits humains, et respectez scrupuleusement les usages pendant le Ramadan (pas de consommation ostensible en public de jour).

La photographie est un autre point sensible : demander l’autorisation avant de prendre quelqu’un en photo, s’abstenir avec les femmes et les enfants si cela semble déranger, et surtout ne jamais photographier bâtiments officiels, soldats, postes de police ou infrastructures sensibles.

Plus globalement, l’objectif est de se faire discret, respectueux et prévisible. Les Turkmènes, pour la plupart, ne manifestent pas d’hostilité envers les étrangers ; au contraire, la curiosité et la bienveillance sont fréquentes. Mais chacun sait que la marge de manœuvre politique est inexistante, ce qui renforce l’importance de ne pas mettre ses interlocuteurs locaux en difficulté par des questions ou attitudes compromettantes.

En cas de problème : qui contacter et comment réagir

Même avec une préparation minutieuse, un incident peut survenir : vol, agression, accident de la route, problème de santé, contrôle policier qui dégénère, suspicion d’infraction administrative. Dans ces moments, garder la tête froide est déterminant.

Plusieurs niveaux de recours existent :

Contacts d’urgence au Turkménistan

En cas de besoin, voici les principaux contacts à connaître pour obtenir une assistance rapide et adaptée.

Services d’urgence locaux

Composez le 01 pour les pompiers, le 02 pour la police et le 03 pour une ambulance (ajoutez un zéro devant depuis un mobile). Les opérateurs parlent turkmène ou russe.

Ambassade ou consulat

Pour les Américains et Britanniques, contactez l’ambassade à Achgabat. Pour d’autres pays comme le Canada, référez-vous à l’ambassade régionale (ex: Astana).

Votre employeur

Souvent la ressource la plus efficace au quotidien, il peut dépêcher un interprète, un avocat ou un représentant pour vous assister.

Le rôle des représentations diplomatiques reste limité mais essentiel :

Aider à comprendre la procédure locale.

Mettre en contact avec des avocats ou médecins de confiance.

Intervenir en cas de détention pour s’assurer du respect minimal des droits de l’intéressé.

Il est utile de conserver en permanence, en version papier et numérique, un petit mémo comprenant :

Type de contactInformations à conserver
Ambassade/consulatAdresse, numéros (standard + urgence 24/7), email
Employeur (sécurité)Responsable sécurité, RH, driver référent
Hôpital/clinique recommandésNom, adresse, téléphone, langue parlée
Police/urgencesNuméros 01, 02, 03 (et variantes mobiles)

En cas de litige avec les autorités, la meilleure stratégie est presque toujours d’éviter l’escalade, de coopérer de façon polie, de demander à prévenir son ambassade et de laisser le temps aux relais locaux de se mobiliser.

Se préparer mentalement : accepter un cadre très différent

S’expatrier au Turkménistan n’a rien à voir avec un départ vers une métropole globalisée. Le pays combine une criminalité plutôt faible, une immense pression étatique, un accès à l’information filtré, des infrastructures inégales et un isolement numérique important.

Pour que ce choix soit vécu sereinement, il est utile de se poser quelques questions en amont :

Exemple :

Avant de s’expatrier dans un pays où l’environnement est très contrôlé, il est crucial de se poser des questions personnelles et pratiques. Par exemple : évaluer son confort face à une liberté d’expression restreinte ; vérifier la compatibilité de sa situation personnelle (origine, orientation sexuelle, opinions) avec le contexte local ; s’assurer que l’employeur offre des garanties suffisantes en matière de sécurité, santé, logement et assurance ; et déterminer si l’on est prêt à modifier ses habitudes numériques (utilisation des réseaux sociaux, streaming, télétravail).

Pour ceux qui répondent positivement à ces interrogations, la vie au Turkménistan peut offrir une expérience singulière : une société au quotidien relativement calme, une population accueillante, une culture fascinante, des paysages désertiques majestueux, le tout dans un environnement très encadré.

La sécurité, dans ce contexte, ne repose pas sur la peur, mais sur la lucidité : connaître les règles, comprendre les lignes rouges, respecter les normes sociales, anticiper les problèmes de santé et de transport, sécuriser ses communications et maintenir un lien étroit avec son employeur et son ambassade. Avec cette préparation, une expatriation au Turkménistan peut se dérouler dans des conditions très maîtrisées, malgré un cadre politique et informationnel parmi les plus fermés au monde.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier au Turkménistan, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Turkménistan, Géorgie, Émirats arabes unis, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Turkménistan pour sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, le coût de vie sensiblement inférieur à la France et les opportunités d’investissement liées au secteur énergétique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de séjour, structuration des flux de revenus via conventions fiscales applicables, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interprète) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire) pour sécuriser cette mobilité et réduire significativement la charge fiscale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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