Guide pour obtenir le passeport du pays au Turkménistan

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Obtenir ou renouveler un passeport au Turkménistan n’est pas une simple formalité administrative. Entre exigences biométriques, délais officiels, contraintes pour les citoyens de la diaspora et cadre légal très spécifique, le parcours peut vite devenir complexe. Ce guide propose une vue d’ensemble détaillée, fondée sur les informations officielles et les retours documentés, pour comprendre comment obtenir le passeport du pays au Turkménistan, quelles autorités interviennent, quelles sont les particularités du document et les difficultés auxquelles les citoyens sont confrontés.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre ce qu’est le passeport turkmène

Le passeport délivré aux citoyens turkmènes pour voyager à l’étranger est officiellement appelé « pasport à données biométriques du citoyen du Turkménistan » (Türkmenistanda raýatynyň biometriki maglumatly pasporty). C’est un document de voyage international, conforme aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui permet à son détenteur de quitter et de revenir au Turkménistan et sert de preuve d’identité à l’étranger.

Le passeport est la propriété de l’État turkmène, même s’il est physiquement remis au citoyen. Il est censé être valable pour se rendre dans tous les pays du monde, sous réserve bien sûr d’obtenir les visas requis et de respecter les règles migratoires de chaque État.

Caractéristiques physiques et données contenues

Le passeport turkmène actuel est un passeport biométrique, doté d’une puce électronique qui stocke les données biométriques du titulaire (empreintes digitales, image faciale).

On retrouve notamment les éléments suivants :

Couverture vert foncé

– Inscriptions « Turkmenistan » et « Passport » / Türkmenistan et Pasport en turkmène et en anglais

Armoiries nationales en relief au centre

– Symbole biométrique standard (rectangle avec un cercle) en bas de la couverture

– 48 pages prévues pour les visas et cachets

– Page de données avec photo, type de document (« P »), code pays (« TKM »), numéro de passeport, numéro personnel, nom, prénom, nationalité, date et lieu de naissance (sous forme de code pays), sexe, date de délivrance, date d’expiration, signature du titulaire et mention de l’autorité de délivrance (« SMST » – State Migration Service of Turkmenistan)

– Zone de lecture automatique (MRZ) en bas de la page d’identification

Bon à savoir :

Une note imprimée à l’intérieur indique que le titulaire est un citoyen du Turkménistan sous la protection de l’État et demande aux autorités étrangères de faciliter son passage et de le traiter conformément aux usages internationaux. Le document contient également des éléments électroniques sensibles et ne doit pas être plié, perforé ou exposé à des conditions extrêmes.

En fin de passeport, une mention indique que le document est valable pour tous les pays, sans pour autant dispenser son détenteur de l’obligation d’obtenir des visas ou autorisations d’entrée.

Types de passeports délivrés

Le système turkmène distingue plusieurs catégories de passeports :

Type de passeportCouleurUsage principal
Passeport ordinaire (simple)VertVoyages privés et professionnels des citoyens
Passeport de serviceBleu foncéDéplacements officiels de certains fonctionnaires
Passeport diplomatiqueVert foncé (plastifié, 32 pages pour l’ancien modèle)Membres du gouvernement, diplomates, hauts responsables et leurs familles

Parallèlement au passeport international, il existe un document interne de citoyenneté (souvent appelé passeport interne ou raýatlyk pasporty), utilisé comme pièce d’identité sur le territoire national. L’introduction du passeport biométrique en 2008 a marqué la séparation formelle entre document interne et document de voyage international.

Autorité compétente : la State Migration Service of Turkmenistan

La clé de voûte de tout le système est la State Migration Service of Turkmenistan (SMST), devenue Service d’État des migrations en 2008 après avoir été, à l’origine, un service d’enregistrement des étrangers.

C’est cette institution qui : croit en l’épanouissement de chacun et s’engage à soutenir des initiatives qui favorisent le développement personnel et professionnel.

Services aux citoyens

Principales missions administratives liées aux documents d’identité, à la nationalité et au contrôle des frontières.

Passeports biométriques

Délivre les passeports biométriques aux citoyens.

Contrôle frontalier

Gère les entrées et sorties au niveau de la frontière.

Dossiers de citoyenneté

Instruit les dossiers d’acquisition, de réintégration et de renonciation à la citoyenneté.

Résidence permanente

Traite les demandes de résidence permanente formulées depuis l’étranger.

La SMST dispose d’une administration centrale à Achgabat ainsi que de directions régionales et locales.

Principales coordonnées connues

Les informations suivantes sont indicatives, les autorités pouvant modifier adresses ou téléphones ; elles illustrent néanmoins l’implantation territoriale du service :

LocalisationAdresseTéléphone
Administration centrale (contact général)Avenue Bitarap Türkmenistan, Achgabat (plusieurs adresses citées : n°18, n°17 rue 2022)+(993 12) 38-00-11, +(993 12) 93-41-69, 93-76-89
Achgabat (autre bureau)Bâtiment 57, rue Azadi+(993 12) 94-10-35
Ville d’ArkadagBâtiment 7, rue Kerim Kurbannepesov+(993 12) 57-08-00
Province d’AhalBâtiment 16, rue Ch. Vellekov, Annau, district Ak Bugday+(993 137) 33-4-80
Province de BalkanAppartement 146, bât. 42, rue Annaev, Balkanabat+(993 222) 6-02-68
Province de DachogouzBâtiment 20, rue Al-Khwarizmi, Dachogouz+(993 322) 9-04-49
Province de LebapBâtiment 2, rue Ceyhun, village Hodzhamirsen, district Chardzhev+(993 422) 2-08-10
Province de MaryBâtiment 9, rue Mollanepes, Mary+(993 522) 6-96-90

La SMST gère aussi un site internet (migration.gov.tm) où sont publiées des informations en turkmène, russe et anglais, avec un espace de services en ligne et un formulaire de contact permettant de poser des questions ou d’envoyer certains documents.

Obtenir un passeport au Turkménistan : la procédure sur le territoire

Pour un citoyen résidant au Turkménistan, la voie « normale » consiste à déposer une demande directement auprès de la SMST ou de ses antennes régionales.

Étapes officielles de la demande

Les informations disponibles permettent de reconstituer la logique du parcours :

1. Préparation des informations et documents

– Le demandeur doit fournir :

état civil complet (nom, prénom(s), éventuel patronyme, date et lieu de naissance)

coordonnées (adresse de résidence, téléphone, e‑mail)

– copie de son précédent passeport s’il en possède un

– dans certains cas, d’autres justificatifs (par exemple, pour un remplacement, un document justifiant le changement de nom, ou la déclaration de perte)

Lors du dépôt, les données biométriques sont recueillies : empreintes digitales, photo numérique du visage.

2. Dépôt de la demande

– La demande peut théoriquement être déposée :

par écrit (démarche en personne au bureau compétent)

par voie électronique via les services en ligne de la SMST

Attention :

Le jour où les documents et les données biométriques sont acceptés est considéré comme la date officielle de dépôt.

– Les horaires d’accueil sont généralement :

– du lundi au vendredi : 9 h – 18 h

– le samedi : 9 h – 13 h

fermé le dimanche et les jours fériés

3. Délai de traitement

Le délai annoncé pour la délivrance d’un passeport biométrique est d’un mois à compter de la date de dépôt. Pour des situations d’urgence (prise en charge médicale à l’étranger, décès d’un proche à l’extérieur du pays, etc.), la SMST peut traiter le dossier dans un délai réduit, allant jusqu’à seulement trois jours ouvrables.

4. Retrait du passeport

Le passeport est remis en mains propres au titulaire ou à son représentant légal, sur présentation d’un document d’identité et de l’original du récépissé. Le bénéficiaire doit signer un reçu attestant la remise.

Validité et renouvellement

La durée maximale de validité d’un passeport biométrique turkmène est actuellement de cinq ans pour tous les citoyens, adultes comme mineurs. Historiquement, les premiers passeports biométriques délivrés à partir de 2008 pouvaient être valables dix ans pour les adultes et cinq ans pour les enfants, mais cette durée a été réduite en 2016.

Astuce :

Un passeport doit être remplacé lorsqu’il est périmé, endommagé, rempli de visas ou en cas de changement d’état civil. Il est nécessaire de déposer une demande de renouvellement auprès de la mairie ou du consulat compétent, en fournissant les documents requis comme l’ancien passeport, une photo d’identité récente et un justificatif de domicile.

à son expiration

lorsque toutes les pages sont remplies

lorsqu’il est abîmé ou devenu inutilisable

lorsque des modifications importantes surviennent dans les données du titulaire (changement de nom, d’apparence physique, modifications d’empreintes pour raisons médicales, etc.)

Il est également possible, en théorie, de le remplacer avant son échéance si les circonstances le justifient. Lorsqu’un passeport est remplacé, l’ancien document est perforé, un cachet « Annulé » (Ýatyryldy) est apposé sur la première page, puis il est rendu au titulaire.

Frais et exonérations

La délivrance du passeport donne lieu au paiement d’une taxe d’État ou de frais consulaires. Toutefois, plusieurs catégories de personnes sont exonérées de ces frais :

CatégorieExonération
Enfants de moins de 16 ansExonérés de la taxe d’État / des frais consulaires
Anciens combattantsExonérés
Personnes en situation de handicap (toutes catégories)Exonérées

Les montants exacts des taxes peuvent varier selon les textes internes, mais ce principe d’exonération pour les enfants, vétérans et personnes handicapées est clairement établi.

Demander ou renouveler un passeport depuis l’étranger

En théorie, la loi turkmène prévoit que les citoyens résidant hors du pays puissent s’adresser aux ambassades et consulats du Turkménistan pour faire renouveler leur passeport. L’article 29 (3) de la loi sur les migrations indique que les représentations diplomatiques et consulaires recueillent les demandes, les transmettent à la SMST à Achgabat, qui délivre ensuite le passeport, lequel est renvoyé à la mission à l’étranger pour être remis au citoyen.

Procédure théorique pour les citoyens à l’étranger

Le schéma, tel qu’il ressort des textes, est le suivant :

Exemple :

Un citoyen turkmène résidant à l’étranger doit suivre une procédure spécifique : il se rend d’abord à l’ambassade ou au consulat turkmène de son pays de résidence pour déposer sa demande (formulaires, photo, copie de l’ancien passeport). La mission diplomatique transmet ensuite le dossier au siège de la SMST (Service des Migrations et des Citoyens) au Turkménistan, où le nouveau passeport est fabriqué. Enfin, le document est renvoyé à l’ambassade ou au consulat, qui le remet au citoyen.

En cas de perte ou de vol du passeport à l’étranger, la mission peut délivrer un « certificat de retour », document de voyage limité permettant au citoyen de rentrer au Turkménistan. La délivrance du nouveau passeport biométrique, elle, reste centralisée dans le pays.

Pratique réelle : refus de renouvellement et obligation de retour

Dans les faits, de nombreux témoignages convergents indiquent que les ambassades et consulats du Turkménistan ont, ces dernières années, largement cessé de renouveler ou de remplacer les passeports sur place. Les citoyens se voient très souvent répondre qu’ils doivent rentrer au Turkménistan pour déposer leur demande en personne, au motif que la collecte des données biométriques ne pourrait avoir lieu qu’à l’intérieur du pays.

Plusieurs points ressortent de ces pratiques :

Les refus de renouvellement à l’étranger ne sont généralement pas notifiés par écrit et les agents consulaires peuvent se montrer hostiles, voire menaçants. Cette politique touche particulièrement les communautés turkmènes importantes à l’étranger. Nombre de citoyens craignent de rentrer au Turkménistan pour renouveler leur passeport, redoutant d’être ensuite empêchés de repartir en raison des listes d’interdiction de sortie du territoire.

Politique de renouvellement de passeport et craintes des citoyens

Pour les personnes déjà installées à l’étranger, l’absence de passeport valable a des conséquences concrètes très lourdes : impossibilité de travailler légalement, de s’inscrire à l’école ou à l’université, d’ouvrir un compte bancaire, de se marier officiellement ou de déclarer la naissance d’un enfant.

Validité, extension temporaire et mesures liées à la pandémie

Pendant des années, les passeports turkmènes n’avaient pas de date d’expiration visible. Cette anomalie a été corrigée avec les modèles biométriques, mais la combinaison d’une validité limitée (cinq ans) et du refus de renouveler à l’étranger a rapidement posé problème, surtout pour les migrants ne pouvant ou ne voulant pas rentrer.

Mesures d’extension pendant la période COVID‑19

Face à la fermeture des frontières et aux difficultés de déplacement liées à la pandémie de COVID‑19, les autorités turkmènes ont adopté une série de décrets présidentiels, qui ont prévu l’extension temporaire de la validité des passeports de citoyens se trouvant à l’étranger.

Deux textes sont particulièrement importants :

DécretDateContenu principal
Décret n° 23001er juillet 2021Extension des passeports expirant ou devant expirer entre le 1er janvier 2020 et le 30 décembre 2022
Décret n° 7728 avril 2022Prolongation du dispositif pour les passeports expirant jusqu’au 30 décembre 2024 (validité étendue jusqu’au 31 décembre 2024)

Concrètement, les ambassades et consulats turkmènes ont reçu instruction d’apposer dans les passeports concernés un cachet spécial accompagné d’un QR code. Ce code, une fois scanné avec un téléphone Android, renvoie à une page de recherche affichant les données de base du passeport en clair.

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Le service d’extension de passeport est annoncé comme gratuit, à l’exception des éventuels frais postaux.

– 1. Envoi initial des documents (par e‑mail ou courrier) :

formulaire ou lettre de demande

– questionnaire complété

– copie du passeport

– photo d’identité (format 3×4 cm ou 4×5 cm, en fichier JPG et sur papier) 2. Convocation à un rendez-vous 3. Présentation de l’original du passeport, de l’original de la demande et d’une photo 4. Apposition du cachet d’extension et du QR code, avec signature et sceau de l’agent consulaire

Bon à savoir :

L’un des problèmes majeurs de ce dispositif est son incertitude juridique. De nombreux pays ne reconnaissent pas clairement ces cachets comme équivalents à un renouvellement de passeport, ce qui peut placer les citoyens turkmènes dans une situation administrative floue vis-à-vis des autorités de leur pays de résidence.

De plus, ces extensions ont été pensées comme des mesures transitoires pour permettre le retour au pays, et non comme une solution durable pour les personnes établies à long terme à l’étranger. La perspective annoncée par les autorités est qu’à terme, la seule solution restera la délivrance d’un nouveau passeport biométrique sur le territoire du Turkménistan.

Perte, vol, détérioration : que prévoit la loi turkmène ?

La perte ou la détérioration d’un passeport turkmène n’est pas anodine, d’autant que le document reste la propriété de l’État.

Obligation de déclaration

En cas de perte, de vol ou de destruction, le citoyen doit :

s’il se trouve au Turkménistan : signaler immédiatement l’incident au bureau local de la SMST

s’il est à l’étranger : se présenter sans délai à l’ambassade ou au consulat du Turkménistan le plus proche

Bon à savoir :

Les passeports retrouvés doivent être remis à l’ambassade du Turkménistan à New Delhi, en Inde. Celle-ci se charge ensuite de les restituer aux autorités compétentes du pays d’émission.

Responsabilité et sanctions

Le droit turkmène prévoit que les citoyens qui abîment intentionnellement leur passeport ou le perdent par négligence peuvent être sanctionnés. Les peines possibles vont de l’avertissement à l’amende pouvant atteindre quatre « unités de base » (une référence monétaire définie par la législation turkmène).

Les passeports qui deviennent inutilisables, comportent des erreurs ou ne sont plus valables doivent être remplacés, le document initial étant annulé (perforation, cachet « annulé ») puis restitué au titulaire pour archivage.

Contexte historique : de l’URSS au passeport biométrique

Pour comprendre les rigidités actuelles, il est utile de revenir brièvement sur l’évolution du système de passeports au Turkménistan.

Après l’effondrement de l’URSS, le pays a continué un temps à utiliser les anciens passeports soviétiques, sur lesquels était apposé un tampon indiquant « citoyen du Turkménistan ». Ce n’est qu’avec un décret présidentiel du 25 octobre 1996 qu’un système de passeport national unifié a été instauré. L’échange des anciens documents contre les nouveaux devait initialement s’étaler jusqu’au 31 décembre 2001.

Ces premiers passeports nationaux se sont révélés techniquement imparfaits : mauvais code pays (« TM » au lieu de « TKM »), date d’expiration peu lisible, photo de mauvaise qualité, autant d’éléments qui ont posé des problèmes aux frontières étrangères.

2008

Le Turkménistan a été le premier pays d’Asie centrale post-soviétique à introduire un passeport biométrique conforme aux normes de l’OACI en juillet 2008.

Parallèlement, la durée de validité a été progressivement encadrée : de l’absence totale de date d’expiration à l’époque des premiers passeports, on est passé à des durées de dix ans pour les adultes, puis à cinq ans pour tous, ce qui renforce mécaniquement la fréquence des démarches de renouvellement.

Enjeux de citoyenneté et éligibilité au passeport

Le passeport turkmène n’est délivré qu’aux citoyens du pays et constitue en soi une preuve de citoyenneté. Le cadre juridique de la nationalité repose sur la loi « Sur la citoyenneté du Turkménistan ».

Principes d’attribution de la citoyenneté

La citoyenneté turkmène peut être acquise :

– par la naissance (jus sanguinis et, dans certains cas, jus soli)

– par naturalisation, sous conditions

– sur d’autres bases prévues par la loi ou par des accords internationaux

Par exemple, est considéré comme citoyen :

Acquisition de la citoyenneté turkmène par la naissance

Les principaux cas où un enfant acquiert automatiquement la nationalité turkmène à la naissance, conformément à la législation du pays.

Naissance sur le territoire

L’enfant né au Turkménistan de parents tous deux citoyens turkmènes.

Naissance à l’étranger

L’enfant né à l’étranger d’au moins un parent turkmène, sous certaines conditions de résidence.

Naissance de parents apatrides

L’enfant né au Turkménistan de parents apatrides en situation de résidence permanente.

Enfant trouvé

L’enfant trouvé sur le territoire turkmène, dont les parents sont inconnus.

Pour la naturalisation, plusieurs critères cumulatifs sont mentionnés :

engagement de respecter la Constitution et les lois turkmènes

connaissance suffisante de la langue d’État (le turkmène)

résidence permanente au Turkménistan pendant les sept années précédant la demande

existence d’une source de revenus légale

Le président du Turkménistan détient le pouvoir de statuar sur toutes les questions de citoyenneté (admission, restitution, retrait, perte).

Interdiction de la double nationalité

Un élément crucial, qui a un impact direct sur la mobilité internationale des Turkmènes, est l’interdiction de la double citoyenneté. La loi turkmène bannit en principe la possession de deux nationalités. Dans la pratique, cette position est appliquée de manière stricte, notamment face aux citoyens possédant en parallèle un autre passeport (par exemple, turkmène et américain).

Attention :

Les binationaux peuvent se voir interdire de quitter le Turkménistan tant qu’ils n’ont pas officiellement renoncé à leur citoyenneté turkmène, une procédure pouvant durer plusieurs mois. Cette exigence place les individus dans une situation complexe, étant considérés comme binationaux par d’autres États mais contraints de choisir par les autorités turkmènes.

Liberté de circulation et difficultés rencontrées

Au‑delà de la procédure administrative, la question du passeport turkmène est intimement liée à la liberté de mouvement. De nombreuses sources font état de restrictions arbitraires imposées à certains citoyens, y compris ceux disposant d’un passeport valide.

Listes d’interdiction de sortie du territoire

Le Turkménistan est connu pour maintenir des listes d’interdiction de sortie, souvent secrètes, visant différentes catégories :

opposants politiques, militants, journalistes critiques

membres de leurs familles

étudiants boursiers à l’étranger

salariés du secteur public, en particulier certains fonctionnaires

personnes simplement soupçonnées de vouloir émigrer

Attention :

Les personnes concernées découvrent souvent l’existence de ces interdictions au moment de quitter le pays, bloquées au contrôle passeport, retirées d’un vol ou renvoyées sans explication écrite. Les prétextes invoqués peuvent être un passeport prétendument « faux » ou un risque supposé de traite des êtres humains.

Des rapports signalent aussi que des citoyens revenus de l’étranger pour renouveler leur passeport se sont ensuite vu interdire de repartir, notamment s’ils étaient perçus comme critiques envers le régime ou actifs dans des réseaux d’opposition à l’extérieur.

Impact sur les Turkmènes à l’étranger

Pour les citoyens déjà installés à l’étranger, la combinaison de plusieurs facteurs — refus de renouveler les passeports dans les ambassades, validité limitée du document, pratique des listes noires — se traduit par un risque réel de se retrouver en situation irrégulière dans le pays d’accueil.

Sans passeport en cours de validité, ils ne peuvent généralement pas :

Bon à savoir :

Pour vivre légalement dans un pays, il est crucial de pouvoir travailler légalement, d’accéder à certains soins ou assurances, d’inscrire ses enfants à l’école, d’enregistrer un mariage, de déclarer la naissance d’un enfant et d’ouvrir ou maintenir un compte bancaire.

Cette situation place de nombreux migrants turkmènes, notamment en Turquie, dans une très grande précarité administrative. D’autres pays, confrontés à ces situations, se retrouvent eux-mêmes face à des obligations internationales, notamment le principe de non‑refoulement qui interdit de renvoyer quelqu’un vers un pays où il risquerait persécution, torture ou mauvais traitements.

Les organisations de défense des droits humains considèrent que la politique de non‑renouvellement des passeports à l’étranger viole les engagements internationaux du Turkménistan, parmi lesquels le droit à la liberté de circulation et les obligations découlant de la Convention de Vienne sur les relations consulaires, qui prévoit que les missions diplomatiques doivent, entre autres, veiller à la documentation de leurs ressortissants.

Sécurité du document et place du passeport turkmène dans les classements internationaux

Malgré les difficultés pratiques décrites, le passeport turkmène a connu des améliorations techniques significatives depuis l’introduction du format biométrique.

Améliorations techniques

Les évolutions majeures incluent :

introduction de la puce électronique stockant des données biométriques

correction des codes pays et des champs de données pour se conformer aux normes de l’OACI

– renforcement des éléments de sécurité (marques d’eau, encres spéciales, micro-impressions, etc.)

– augmentation de la capacité de la puce à partir du modèle 2013

Ces efforts ont permis au document de s’intégrer dans les systèmes de contrôle aux frontières utilisés à l’échelle mondiale.

Puissance du passeport et accès sans visa

La « force » d’un passeport se mesure souvent au nombre de pays accessibles sans visa préalable ou avec visa à l’arrivée. Pour le passeport turkmène, les chiffres varient selon les classements et les années, mais restent globalement modestes.

Indicateurs Clés

Plusieurs indicateurs cités montrent l’état et les tendances importantes à suivre.

Performance Opérationnelle

Mesure l’efficacité et la productivité des processus internes.

Satisfaction Client

Évalue le niveau de satisfaction et de fidélité des clients.

Santé Financière

Analyse la rentabilité, la croissance et la stabilité financière.

Innovation & Développement

Suit les investissements et les résultats en matière de recherche et d’innovation.

Source / annéeRang approximatifNombre de pays accessibles sans visa ou avec visa à l’arrivée
The Passport Index (2022)74e58 pays et territoires
Autres sources (2024–2026)entre 71e et 89eentre 52 et 86 pays selon la méthodologie

Dans l’ensemble, on observe que :

un nombre limité de pays sont accessibles sans visa (souvent des petites îles des Caraïbes ou du Pacifique, quelques États d’Amérique latine, certains pays d’Asie ou du Caucase)

une trentaine de pays environ délivrent aux Turkmènes un visa à l’arrivée

– une quarantaine proposent des e‑visas

– plus de 100 exigent toujours un visa obtenu à l’avance auprès d’une ambassade ou d’un consulat

Ce faisceau d’obligations confirme que, même avec un passeport valide en main, la mobilité internationale des citoyens turkmènes reste très contrainte par les politiques de visas étrangères.

Centres biométriques et organisation territoriale du traitement

En plus des bureaux régionaux déjà évoqués, les autorités turkmènes ont annoncé l’ouverture progressive de centres spécialisés pour le traitement biométrique des passeports, destinés à moderniser et à fluidifier la procédure.

À partir du 1er avril 2024, par exemple, de nouveaux centres auraient été mis en service dans :

– le district de Darganata (province de Lebap)

– le district de Gyzylarbat (province de Balkan)

– le district de Tagtabazar (province de Mary)

Attention :

Bien que conçus pour accélérer les démarches via un système numérique de collecte de données et d’impression électronique des photos, ces centres font face à des difficultés opérationnelles. Des témoignages rapportent des files d’attente virtuelles dépassant parfois un an et des blocages dus à des suspensions orales des délivrances, motivées par des pénuries de livrets ou la ‘situation internationale’.

Cas particuliers : mineurs, personnes sous tutelle, militaires

La législation prévoit des dispositions spécifiques pour certaines catégories de citoyens.

Mineurs et personnes juridiquement incapables

Pour les enfants de moins de 16 ans et les personnes déclarées juridiquement incapables :

le passeport ne peut être demandé qu’avec l’autorisation écrite (ou électronique) du parent ou du tuteur légal

la présence du mineur ou de la personne sous tutelle est obligatoire au moment de la demande et lors de la remise du document

– la taxe d’État ou les frais consulaires sont supprimés pour les moins de 16 ans

Personnel militaire et forces de l’ordre

Pour les militaires, membres des forces de l’ordre, magistrats ou autres personnels sensibles, des règles particulières de délivrance et de détention de passeport existent. Même si le détail intégral de ces procédures n’est pas public, les informations font état de circuits d’autorisation distincts et d’un contrôle renforcé sur les déplacements à l’étranger de ces catégories.

Bon à savoir :

Ces restrictions font partie d’un cadre plus large de contrôle des sorties du territoire. De nombreux fonctionnaires peuvent voir leurs possibilités de voyager limitées, voire se voir refuser l’autorisation de quitter le pays.

Le passeport turkmène face au droit international

La question du passeport du Turkménistan ne se résume pas à une organisation administrative interne : elle interagit avec plusieurs instruments juridiques internationaux.

Droit à la liberté de circulation

Le droit pour toute personne de quitter n’importe quel pays, y compris le sien, et d’y revenir est reconnu par divers textes, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Lorsque l’État empêche, de manière systématique ou arbitraire, des citoyens de renouveler leurs documents de voyage, il compromet l’exercice de ce droit.

Les politiques de non‑renouvellement à l’étranger et les interdictions de sortie du territoire, lorsqu’elles ne reposent pas sur des motifs précis et proportionnés, sont jugées incompatibles avec ces engagements par nombre de juristes et d’ONG.

Obligations consulaires

La Convention de Vienne sur les relations consulaires, à laquelle le Turkménistan est partie, prévoit que les consulats doivent notamment délivrer des passeports et autres documents à leurs ressortissants, et les aider en cas de difficultés à l’étranger. Le refus quasi systématique de renouveler les passeports hors du pays, même lorsque la loi interne le permet, est souvent pointé comme une violation de l’esprit, voire de la lettre, de ces obligations.

Non‑refoulement et responsabilité des États tiers

Les États où résident des Turkmènes sans passeport valide se trouvent face à un dilemme. D’un côté, ils ne peuvent pas légalement garder indéfiniment sur leur territoire des personnes en situation irrégulière ; de l’autre, les renvoyer vers le Turkménistan peut exposer ces individus à des risques d’arrestation, de persécution ou de mauvais traitements, en particulier s’ils sont politiquement actifs.

Bon à savoir :

Le principe de non-refoulement interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la torture ou un traitement inhumain. Pour les détenteurs de passeports turkmènes expirés, cela conduit souvent à des statuts précaires, des demandes de protection internationale ou des blocages administratifs prolongés.

Conclusion : un document au cœur des enjeux de mobilité et de contrôle

Obtenir le passeport du pays au Turkménistan, sur le papier, relève d’une procédure relativement claire : dépôt de la demande auprès de la State Migration Service of Turkmenistan, collecte des données biométriques, délai d’un mois, délivrance d’un document biométrique valable cinq ans, régi par une série de règles bien définies pour le remplacement et la gestion des pertes.

Attention :

Au-delà de son architecture officielle, le passeport turkmène est un outil central de contrôle des mouvements internationaux. Cette réalité s’explique par la concentration des services dans le pays, la rareté des renouvellements à l’étranger, l’usage d’extensions par cachet et QR code plutôt que de nouveaux documents, l’existence de listes d’interdiction de sortie du territoire et l’interdiction de la double citoyenneté.

Pour les citoyens vivant à l’intérieur du pays, cela se traduit par des démarches parfois longues, des incertitudes liées aux consignes politiques du moment et une marge de manœuvre limitée pour voyager. Pour ceux de la diaspora, notamment en Turquie, en Russie ou ailleurs, l’accès au passeport — ou à son renouvellement — conditionne bien plus que la possibilité de prendre un avion : il détermine l’accès au travail, à la santé, à l’éducation et à l’état civil, et pèse sur la possibilité même de vivre en sécurité hors du Turkménistan.

Bon à savoir :

Pour obtenir ou renouveler un passeport au Turkménistan, il est essentiel de comprendre le fonctionnement de la State Migration Service, les règles de validité et de remplacement, ainsi que les droits théoriques prévus par la loi. Il faut également connaître les mesures temporaires, comme les extensions par cachet. Ces aspects administratifs doivent être considérés dans le contexte plus large des enjeux de liberté de circulation, des droits humains et des relations consulaires, où le passeport est un document clé pour le destin personnel.

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Après analyse de plusieurs destinations attractives (Turkménistan, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Turkménistan pour sa fiscalité personnelle modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie sensiblement inférieur à la France et une réglementation de change permettant de structurer ses revenus en devises fortes. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour avec achat d’une résidence principale, gestion CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration sur mesure).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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