S’installer au Turkménistan, c’est entrer dans un univers où l’hospitalité est sacrée, le pain presque sacralisé, et où un simple bol de soupe raconte des siècles de vie nomade, de routes caravanières et de désert. Pour un expatrié, la table est l’un des meilleurs raccourcis pour comprendre le pays. Encore faut‑il savoir quoi goûter, où aller, comment se comporter, et comment composer avec des habitudes alimentaires parfois très éloignées des standards occidentaux.
Ce guide couvre les marchés d’Achgabat, les plats traditionnels à ne pas manquer, les codes de conduite à table et fournit des repères utiles pour les voyageurs musulmans ou suivant des régimes alimentaires spécifiques.
Les marchés d’Achgabat : le cœur battant de la cuisine turkmène
Avant de parler de recettes, il faut parler de lieux. Au Turkménistan, la cuisine ne se découvre pas seulement dans les restaurants : ce sont les bazars qui donnent le ton, surtout à Achgabat.
Les marchés sont à la fois épiceries géantes, lieux de sociabilité et vitrines de l’abondance saisonnière. Entre les pyramides de melons, les montagnes de riz, les sacs d’épices et les étals de viandes, on comprend tout de suite que la table turkmène a été façonnée par la vie pastorale, le désert et les échanges caravaniers.
Le Russian Bazaar (Gulistan) : la halle à tout faire
Au centre d’Achgabat, le Russian Bazaar – aussi appelé Gulistan Shopping Center – est l’une des institutions de la ville. Installé au 72 rue Azadi, c’est l’un des plus grands et des plus anciens marchés couverts du pays, construit à l’époque soviétique et remodelé au début des années 2000, désormais habillé de marbre blanc.
On y trouve une grande halle principale à plusieurs niveaux : au rez‑de‑chaussée, la nourriture; à l’étage, vêtements, chaussures et souvenirs. Les Turkmènes le décrivent comme un endroit propre, organisé, très bien entretenu. Au centre trône une grande sculpture abstraite de Klych Yarmamedov, surnommée le « bol de gazelles », qui ajoute une touche artistique inattendue à cette cathédrale du quotidien.
Pour un expatrié, le marché local est un passage quasi obligé où l’on peut acheter de tout : des produits frais comme des grenades, tomates, concombres et pommes ; des herbes, épices, fruits secs, noix et du miel ; des fromages et produits laitiers locaux ; du poisson, du caviar de la mer Caspienne (Russian Sea) et de la viande ; ainsi que des pains, pâtisseries, bonbons, vodkas, vins et même des faux caviars ludiques vendus comme souvenirs.
Plusieurs stands vendent des spécialités chaudes. Au nord de la halle, en descendant quelques marches, se trouve une zone dédiée à la petite restauration, où l’on peut commander des soupes locales et des raviolis vapeur pour moins de 10 manats. C’est l’endroit idéal pour goûter un premier bol de şurpa (bouillon de viande avec légumes) ou quelques manty (gros raviolis farcis) sans se ruiner.
Les horaires sont larges – généralement de 8h à 22h – et l’entrée est gratuite. Le paiement se fait quasiment toujours en espèces, en manat turkmène, et la carte bancaire reste quasi théorique. Il est donc préférable d’arriver avec du liquide. La plupart des vendeurs parlent peu ou pas anglais, mais les échanges sont généralement chaleureux; quelques mots de russe ou de turkmène font souvent des miracles.
Altyn Asyr (ancien Tolkuchka) : la démesure dominicale
À quelque cinq kilomètres au nord‑ouest du centre d’Achgabat, sur une surface de plus de 1,5 km², s’étend l’immense bazar Altyn Asyr, héritier du légendaire Tolkuchka. Vu du ciel, son plan reprend le motif d’un tapis de la tribu tekke; au centre, une tour se dresse comme un minaret laïque, donnant le ton : ici, tout est à l’échelle du pays.
Ce marché n’est ouvert que le dimanche, du matin jusqu’à la fin de l’après-midi. Il est organisé en secteurs numérotés (comme A1, A2, B1, etc.) où l’on trouve une grande variété de produits : des étals d’épices, des pyramides de fruits secs, des sacs de farine, des montagnes de melons, des stands de laitages, des pains encore tièdes, mais aussi des appareils électroniques, des vêtements traditionnels brodés, des bijoux en argent et une importante sélection de tapis.
Une partie du bazar est consacrée au bétail : moutons, vaches, chevaux, dromadaires, poulets. Même si l’on ne vient pas acheter un troupeau, traverser cette section permet de comprendre l’importance de la viande et des produits laitiers dans le régime turkmène.
Pour garantir la fraîcheur et la qualité des plats comme le plov, les somsas ou les shashliks sur le marché, il est conseillé d’observer et de choisir les échoppes où les Turkmènes font la queue, ce qui indique un bon renouvellement des plats.
Autres lieux de courses : Halk Market, centres commerciaux et petits bazars
Pour les besoins du quotidien, beaucoup d’expatriés adoptent un rythme mixte : hypermarchés modernes pour certains produits, marchés pour le reste.
Dans le district de Kopetdag, le Halk Market est un grand supermarché très fréquenté où l’on trouve aussi bien des produits locaux que des articles plus « internationaux ». Ouvert tous les jours de 8h30 à 20h30, il propose fruits, légumes, épicerie, mais aussi des objets d’artisanat qui peuvent faire office de cadeaux.
Les nouveaux centres comme Arkach Shopping and Entertainment Center, sur l’avenue Magtymguly, combinent boutiques, restaurants, cafés, cinéma, salle de sport et aire de jeux. Ils sont utiles quand on cherche à la fois un repas, un peu de divertissement et un endroit climatisé pour échapper à la chaleur.
Enfin, d’autres marchés plus modestes – comme Teke Bazaar ou Mir Bazaar – offrent une version plus brute et souvent moins touristique de la vie commerciale locale. On y mange volontiers sur le pouce : shashlik, samsa, chebureki, gutap, ou simplement un grand verre de çaý (thé) accompagné de pain et de fruits secs.
Marchés et alimentation : quelques repères pratiques pour expatriés
La fréquentation des bazars suppose de connaître quelques codes simples, utiles pour éviter les malentendus.
| Sujet | À savoir au Turkménistan |
|---|---|
| Paiement | Privilégier le manat en espèces; les cartes sont rarement acceptées sur les marchés. |
| Négociation | Courante pour souvenirs, vêtements, tapis; prix alimentaires souvent fixes. |
| Photos | Toujours demander l’autorisation avant de photographier vendeurs ou stands. |
| Langue | Russe et turkmène dominent; l’anglais est rare. Quelques mots locaux sont très utiles. |
| Moment idéal | Le matin pour la fraîcheur des produits et éviter la foule et la chaleur. |
| Tenue & confort | Chaussures confortables, chapeau, bouteille d’eau; chaleur et foule peuvent être intenses. |
Comprendre l’ADN de la cuisine turkmène
Pour apprécier la gastronomie locale, il faut intégrer quelques éléments structurants. Le Turkménistan est un pays de pasteurs, marqué par le désert, l’élevage ovin et camelin, la rareté de l’eau et, sur la côte caspienne, par la pêche. Cela se retrouve dans l’assiette.
Une cuisine de pasteurs, nourrie par le désert et la steppe
Pendant des siècles, les Turkmènes ont vécu en grande partie de l’élevage, surtout du mouton. Leur cuisine en porte encore les traces. Les plats sont riches en viande – en particulier en mouton et agneau – et en matières grasses animales. Le bœuf est plus récent dans le paysage culinaire et reste moins central. On consomme aussi du poulet, du gibier, du chameau non‑utilisé pour le travail, et du poisson dans les régions proches de la Caspienne et de l’Amou‑Daria. Le cheval, à la différence d’autres pays d’Asie centrale, n’est pas consommé.
Les épices sont utilisées avec parcimonie : beaucoup de recettes jouent sur le goût « franc » des ingrédients, relevé surtout par du sel et du poivre noir. L’huile de coton est un corps gras fréquent en cuisine, héritage à la fois agricole et soviétique.
La table turkmène est aussi marquée par la géographie : aux oasis, le maraîchage permet une belle diversité de fruits et légumes en été et en automne; dans les zones plus arides, la viande et les laitages dominent largement.
Le rôle central de la viande
Pour un expatrié carnivore, le pays est une sorte de paradis roboratif; pour un végétarien strict, un terrain de compromis permanent. Pratiquement tous les plats de base comportent de la viande, parfois simplement sous forme de petits morceaux ou de graisse ajoutés dans une soupe ou un ragoût.
Quelques grands classiques structurent les repas :
| Plat carné emblématique | Description culinaire |
|---|---|
| Plov / Palaw | Pilaf de riz cuit dans la graisse de mouton avec viande, carottes, oignons, ail, parfois raisins ou fruits. |
| Shashlik (çişlik) | Brochettes de viande (mouton, agneau, poulet, parfois bœuf ou poisson), grillées au charbon, servies avec oignon cru. |
| Manty | Gros raviolis vapeur garnis de viande hachée (souvent agneau) et d’oignons, parfois de potiron. |
| Dograma | Soupe ou ragoût riche en abats, pain coupé en petits morceaux, oignons, tomate. |
| Yarma | Blé concassé cuit dans la graisse de mouton avec de petits dés de viande. |
| Gowurma | Morceaux de viande frits longuement dans beaucoup de graisse, servis seuls ou en soupe. |
On mange aussi volontiers un plat de célébration à base de viande et de larges nouilles : le gaýun, cousin turkmène du beshbarmak d’Asie centrale, servi lors des grandes occasions.
Le pain et le tamdyr : le foyer au centre de tout
Impossible de comprendre la gastronomie locale sans évoquer le pain. Dans la culture turkmène, le çörek n’est pas un simple accompagnement : c’est un symbole de vie, d’honneur, de fraternité et de prospérité. Il est intimement lié au four d’argile, le tamdyr, considéré comme un véritable foyer spirituel du foyer domestique.
Le pain traditionnel se présente sous forme de grandes galettes épaisses, rondes, cuites collées à la paroi brûlante du tamdyr. On en trouve plusieurs variations :
| Type de pain | Particularité |
|---|---|
| Çörek (chorek) | Galette ronde épaisse, base de presque tous les repas. |
| Ýagly çörek | Pain feuilleté, beurré, aux couches multiples, plus riche et moelleux. |
| Etli çörek / Ichlekli | Pain garni de viande à l’intérieur, véritable plat complet. |
| Gatlama / gatlakly | Galettes frites parfois sucrées, croustillantes. |
| Pişme | Petits beignets ou bouchées de pâte frite, souvent proposés aux invités. |
Le respect du pain se traduit dans les gestes du quotidien. Il est mal vu de le poser à l’envers, de le jeter ou de le piétiner. Si un morceau tombe, certains le ramassent, l’embrassent et le posent brièvement sur leur front avant de le remettre sur la table.
Fruits, légumes et trésors des oasis
Au détour des marchés, les étals de fruits et légumes montrent l’autre visage de la cuisine turkmène : celui des oases. Le pays est célèbre pour ses melons (gawun), au point d’avoir institué une « fête du melon ». Des sources locales évoquent plusieurs centaines de variétés, dont le très renommé melon Turkmenbashi. Grenades, raisins, abricots, pastèques, raisins secs, carottes et concombres complètent ce tableau coloré.
Deux légumes emblématiques, la tomate et le potiron, sont déclinés en de multiples préparations culinaires.
Le revers de ce tableau agricole : les sécheresses et le manque d’eau rendent le maraîchage plus difficile, surtout en hiver et au début du printemps, où l’offre de produits frais se raréfie. Des serres et des importations de fruits (oranges, mandarines, bananes) compensent partiellement cette saison maigre.
Les produits laitiers et boissons fermentées
La culture pastorale se retrouve aussi dans les verres. Le Turkménistan est un pays de lait et de produits fermentés.
Le plus surprenant pour un expatrié est sans doute le çal : lait de chamelle fermenté, blanc, pétillant, au goût aigre et frais, considéré comme boisson nationale. On le compare parfois à des boissons voisines comme le shoro kirghiz. Il est très périssable, donc difficilement exportable; c’est une expérience à faire sur place.
Autour de ce produit pivot gravitent d’autres spécialités :
| Produit laitier | Description |
|---|---|
| Gatyk | Boisson épaisse proche du kéfir ou du yaourt à boire, souvent servie au petit‑déjeuner ou en accompagnement. |
| Süzme / suzmeh | Lait fermenté égoutté rappelant le yaourt grec, utilisé nature ou en sauce. |
| Agaran | Beurre collecté à la surface du çal, très gras et aromatique. |
| Ayran | Boisson à base de yaourt dilué, salé, rafraîchissant. |
| Kumis | Lait de jument ou de chamelle fermenté, faiblement alcoolisé, consommé dans certaines zones rurales. |
Ces boissons acides ont une fonction double : elles rafraîchissent durant les étés brûlants et aident à digérer des repas souvent très riches en matières grasses.
Boissons chaudes, alcool et sécurité alimentaire
Au quotidien, la vraie star, c’est le thé vert (çaý). Servi à toute heure, il est plus qu’une boisson : le mot peut désigner un repas (notamment le petit‑déjeuner) ou une visite conviviale. Dans certaines régions comme Dashoguz, on le boit « à la kazakhe », avec du lait.
Découvrez les traditions et accompagnements associés à la consommation du thé noir durant les saisons froides, particulièrement dans l’ouest du pays.
Le thé noir est particulièrement populaire et apprécié durant les mois d’automne et d’hiver.
Sa consommation est plus marquée dans la partie ouest du pays.
Il est traditionnellement accompagné de sucre pour adoucir son goût.
On le sert volontiers avec des fruits secs, du pichme (friandise locale), du halva ou de petits gâteaux.
Côté alcool, le contraste est intéressant pour un pays majoritairement musulman. La vodka – héritage russe – reste l’alcool le plus courant, par son faible coût. On consomme aussi des bières (certaines produites localement depuis le XIXᵉ siècle), du vin, du brandy et des vins mousseux. Turkmènes et touristes mentionnent des vins locaux très sucrés et une production de plus de 200 références de vins et eaux‑de‑vie à base d’une centaine de cépages. Les règles locales interdisent cependant de boire dans certains lieux publics (parcs, plages, gares), et la vente d’alcool est restreinte à certains créneaux et types d’établissements.
Les expatriés doivent, par ailleurs, rester vigilants avec l’eau du robinet, généralement considérée comme non potable. Cela implique d’éviter les glaçons d’origine inconnue, les salades mal lavées ou les fruits non pelés dans les endroits douteux. Sur les marchés, il est conseillé de privilégier les stands où l’hygiène semble surveillée et le flux de clients important.
Les plats incontournables à découvrir
Une fois ces repères culturels acquis, il est temps de passer à ce qui intéresse le plus les gourmands : les plats. Certains constituent des piliers du repas turkmène; d’autres sont des spécialités régionales ou des héritages de cuisines voisines.
Plov : le « roi » de la table turkmène
Le plov (ou palaw) est partout. C’est le plat des grandes occasions, mais aussi le déjeuner quotidien dans bien des familles. On le trouve dans les cantines, les restaurants, les bazars.
Il s’agit d’un pilaf de riz cuit dans beaucoup de graisse (souvent de mouton) avec des morceaux de viande, des carottes taillées en bâtons, des oignons, de l’ail et parfois des raisins secs, d’autres fruits ou du poisson. De petits morceaux de viande hachée peuvent remplacer les gros morceaux selon les variantes.
Traditionnellement, on mange le plov avec la main droite, tous autour d’un grand plat commun. Pour un expatrié, ce contact direct peut surprendre, mais en contextes plus formels, des couverts seront généralement proposés. L’important est de montrer qu’on apprécie, sans forcément terminer son assiette : laisser un peu de nourriture est habituel et ne passe pas pour un manque de respect.
Manty, somsa, gutap : le royaume des farcis
La cuisine turkmène excelle dans l’art de la pâte farcie. Dans les marchés ou les petits restaurants, ces bouchées permettent de grignoter sans s’attabler longuement.
La cuisine locale propose plusieurs variantes de pâtes farcies : les Manty, de gros raviolis cuits à la vapeur fourrés à la viande et aux oignons, servis avec de la crème aigre ; les Somsa, des chaussons cuits au four, garnis de viande ou de légumes, à déguster sur le pouce ; et les Gutap, des chaussons plats frits, parfois végétariens, mais il est prudent de vérifier l’absence de graisse animale dans la farce.
Le fitchi, le börek et d’autres beignets rôdent dans le même univers de pâtes croustillantes et de farces généreuses.
Soupes et plats mijotés
Contrairement aux idées reçues sur les pays désertiques, le Turkménistan est une terre de soupes. Elles jouent souvent le rôle d’entrée, parfois de plat complet.
Quelques repères :
| Soupe / plat en sauce | Composition typique |
|---|---|
| Şurpa / shorpa | Bouillon de viande avec légumes (carottes, pommes de terre, oignons). |
| Unash | Soupe de nouilles au lait ou aux haricots, selon les versions. |
| Dograma | Mélange de pains émiettés, abats, oignon, tomate, servi en bouillon. |
| Şurpa maş | Soupe aux haricots mung. |
| Etli börek şurpasy | Soupe garnie de raviolis farcis de viande. |
| Şüle | Bouillie de riz aqueuse avec viande, parfois carottes râpées. |
| Etli köje (sorgho) | Porridge de sorgho à la viande, traditionnel pour Novruz. |
À côté de cette galaxie de soupes, le pays a adopté le lagman, plat de nouilles d’origine ouïghoure, servi en soupe ou en plat semi‑sauce avec viande, légumes et épices.
Poisson de la Caspienne et spécialités régionales
Les régions proches de la mer Caspienne ou de l’Amou‑Daria ont développé une culture culinaire autour du poisson, moins visible dans l’intérieur désertique. On y prépare des poissons grillés ou frits, souvent accompagnés de riz, de sésame, d’abricots secs, de raisins et de jus de grenade. Des pâtés de poissons cuits en pâte – comme les балык börek – sont cités comme spécialités de la région balkanique.
Desserts, douceurs et fruits
Les desserts au sens occidental (gâteaux servis systématiquement en fin de repas) ne sont pas toujours la norme. En revanche, le thé s’accompagne volontiers de douceurs.
On trouve notamment : des articles, des rapports, des études de cas, des tutoriels et des analyses diverses. Ces éléments servent à illustrer ou à approfondir les sujets abordés dans le contenu principal.
– Halva : confiserie à base de graines et sucre, très répandue dans le monde musulman.
– Baklava : pâte feuilletée aux noix et au miel, héritée de la tradition ottomane.
– Nabat : sucre cristallisé en gros cristaux, auquel on prête parfois des vertus médicinales.
– Bekmes : « miel de fruits », sirop concentré obtenu par réduction de jus de fruits.
– Petits gâteaux frits comme le pişme, gâteaux type « oreshki » fourrés au lait concentré, gâteaux marbrés style « Zebra cake », etc.
Mais la vraie conclusion des repas d’été reste souvent… le melon ou la pastèque, découpés en grandes tranches partagées entre convives.
Où manger : restaurants, cafés et street‑food
Même si la cuisine turkmène se vit beaucoup à la maison, Achgabat et les grandes villes offrent un éventail de lieux pour découvrir les spécialités, du stand de brochettes enfumé au restaurant gastronomique.
Manger sur le pouce : shashlik, samsa et compagnie
Dans et autour des marchés, sur les grands axes, à la sortie de certains sites touristiques, les stands de shashlik sont omniprésents. Des brochettes de viande marinée (mouton, agneau, poulet, parfois bœuf ou poisson) grillent au charbon. Elles sont servies avec de l’oignon cru, parfois un peu de pain et une sauce vinaigrée.
Les samsa et chebureki (beignets fourrés) se récupèrent à de petites échoppes; ils offrent un déjeuner très économique. Le gutap est plus difficile à trouver hors des marchés, mais certains stands se sont spécialisés dans ces chaussons de pâte garnis de légumes.
Pour un expatrié, la street‑food est un excellent moyen de découvrir la cuisine populaire locale. Pour en profiter en limitant les risques, il est conseillé de choisir les stands qui ont une bonne fréquentation, d’éviter les plats exposés longtemps au soleil, et, pour les estomacs les plus sensibles, de privilégier les préparations cuites sous vos yeux.
Restaurants à Achgabat : du traditionnel au fusion
La capitale concentre la majorité de l’offre pour les expatriés : restaurants purement turkmènes, adresses multi‑cuisines, cafés au style européen, steakhouses modernes, tables turques, chinoises ou libanaises.
On y trouve par exemple des établissements très typés cuisine locale – servant plov, manty, shashlik, dograma, ichlekli, gutap – ainsi que des restaurants qui réinterprètent les classiques turkmènes dans un esprit plus « gastronomique » ou fusion, en y intégrant des touches internationales. D’autres lieux, prisés des expatriés, misent sur une carte plus européenne (pizzas, burgers, pâtes) mais gardent quelques plats locaux.
Les centres commerciaux modernes comme Berkarar ou Arkach offrent une solution pratique pour les repas en groupe, avec une variété de restaurants et de food courts proposant des cuisines russe, turque, centrasiatique et parfois des fast-foods occidentaux.
En province : tables locales et hôtels
En dehors d’Achgabat, l’offre est plus limitée, mais on retrouve les grands fondamentaux : plov, shashlik, manty, soupes, pains garnis. Dans certaines villes comme Mary, Turkmenabat ou Türkmenbashy, des restaurants réputés pour leurs pains au tamdyr, leurs manty, leurs poissons ou leurs brochettes sont cités par les voyageurs.
Dans de nombreuses petites villes ou près des sites touristiques (Konye‑Urgench, Darvaza, etc.), on dépendra souvent d’un ou deux restaurants ou cafés collaborant avec les agences locales. L’assiette y est généralement simple et copieuse, sans grande sophistication, mais c’est l’occasion de découvrir la cuisine « standard » des Turkmènes, loin de toute mise en scène touristique.
Manger chez l’habitant : l’hospitalité comme clé de voûte
Pour un expatrié, recevoir une invitation à manger chez des Turkmènes est un privilège. La tradition d’hospitalité est profonde, héritée des nécessités de survie en milieu désertique : un invité est considéré comme envoyé par Dieu. Le caractère d’une personne se juge volontiers à la manière dont elle traite ses hôtes.
Entrer dans une maison turkmène
Quelques règles non‑dites structurent ce moment. On enlève systématiquement ses chaussures avant d’entrer. Il est de bon ton d’apporter un petit cadeau : gâteaux, bonbons, fleurs, voire une bouteille de boisson alcoolisée si l’on sait que la famille la consomme. On vous proposera généralement des chaussons d’intérieur (terlik); si leur pointure est trop petite, mieux vaut venir avec ses propres chaussons.
Dans ce contexte, les repas se prennent assis sur des coussins autour d’une table basse. Il est essentiel de ne jamais diriger ses pieds vers la nourriture et, surtout, de ne jamais marcher sur la nappe, celle-ci étant considérée comme un objet presque sacré.
À table : pain, bénédiction et mesure
Avant de commencer, une courte louange à Dieu est fréquente. On attend que l’hôte entame le repas pour se servir. Le pain occupe souvent le centre de la table, avec des soucoupes de laitages, des salades, des fruits secs, parfois quelques bonbons, puis les plats chauds arrivent.
Refuser le pain est très mal vu ; il faut au moins en prendre un morceau. Finir son assiette n’est pas obligatoire, mais il est inapproprié de parler la bouche pleine, de se pencher sur les plats ou de roter bruyamment.
Le repas se clôt souvent par du thé. Poser la petite cuillère en travers du verre signifie qu’on n’en veut plus. Exprimer sa gratitude, même avec quelques mots rudimentaires en turkmène ou en russe, est très apprécié.
Code vestimentaire et pudeur
La société est globalement conservatrice. On évite les tenues trop courtes ou trop moulantes, encore plus à la campagne. Les hommes s’abstiennent de porter des shorts; les femmes couvrent a minima épaules et genoux. Dans un contexte familial, les marques d’affection en public (baisers, câlins) sont à bannir.
Touristes musulmans, halal et pratiques religieuses
Le Turkménistan, pays majoritairement musulman, n’est pourtant pas structuré comme une destination de tourisme halal au sens strict. Pour un expatrié ou un visiteur musulman pratiquant, cela suppose quelques ajustements et une bonne dose de débrouillardise.
Comprendre le contexte
On trouve dans le pays plus de mille mosquées, avec une forte présence de lieux de culte dans les grandes villes comme Achgabat. De nombreuses familles respectent les interdits alimentaires de l’islam (pas de porc, abattage rituel), mais tout ce qui est vendu dans la rue ou en restaurant n’est pas systématiquement certifié halal selon les normes internationales. L’alcool, par exemple, est largement disponible et consommé par une partie de la population.
Stratégies pour manger halal sur place
Plusieurs approches peuvent aider un expatrié musulman à naviguer dans ce contexte :
Pour respecter des prescriptions alimentaires spécifiques (comme le halal) au Turkménistan, il est recommandé de : privilégier les plats naturellement compatibles comme les plats végétariens, le poisson, les œufs, les légumes, les pains et les produits laitiers ; interroger directement les restaurateurs, en russe ou en turkmène, sur l’origine de la viande et la présence de porc ou d’alcool dans les préparations ; utiliser, lorsque la connexion internet le permet, des applications comme HalalTrip, HalalGuide, Zabihah ou Muslim Pro pour localiser les rares établissements référencés ; cuisiner soi-même à partir de produits bruts achetés sur les marchés (légumes, riz, légumineuses, poisson, pain) si l’on dispose d’une cuisine ; et enfin, éviter les sauces et plats dits ‘internationaux’ lorsque leur composition est floue, comme les mayonnaises industrielles, les desserts à la gélatine ou les sauces au vin.
Pour les longs trajets en bus ou en train, ou les excursions loin des centres urbains, emporter des snacks secs (fruits secs, noix, biscuits, barres de céréales) est une bonne sécurité.
Vie quotidienne et pratique religieuse
Respecter les coutumes religieuses locales signifie aussi adapter certains comportements : pendant le Ramadan, il est préférable d’éviter de manger ostensiblement en public en journée dans les quartiers plus traditionnels, notamment près des mosquées. Dans les lieux de culte, la tenue doit être très pudique, les chaussures retirées à l’entrée, et la photographie est généralement à proscrire à l’intérieur.
Conseils pratiques pour expatriés : bien manger sans faux pas
Vivre au Turkménistan, ce n’est pas seulement découvrir une cuisine, c’est aussi apprendre à l’intégrer dans son quotidien, avec ses contraintes et ses bonheurs.
Gérer les attentes : une cuisine solide plus que spectaculaire
Les retours de voyageurs et d’expatriés sont assez convergents : la cuisine turkmène est « bonne », « nourrissante », « honnête », mais rarement explosive en saveurs. On mange du plov, des brochettes, des soupes, des pains farcis, des beignets, des fruits; tout cela cale bien mais peut devenir répétitif si l’on reste enfermé dans un cercle restreint d’adresses.
La variété augmente dès que l’on associe marchés, stands de rue, petits restaurants familiaux, cafés internationaux et quelques tables plus créatives à Achgabat. Les influences russes, turques, persanes, chinoises et européennes enrichissent la donne : pelmeni, salades russes, kebabs turcs, nouilles, pizzas, burgers, etc.
Survivre (et bien vivre) en tant que végétarien
Le Turkménistan n’a pas été pensé pour les végétariens, et beaucoup de plats végétaux contiennent malgré tout un peu de viande ou de graisse animale pour « donner du goût ». Mais il est possible de se débrouiller, surtout en ville, en combinant :
La cuisine azerbaïdjanaise traditionnelle offre plusieurs options végétariennes, notamment des pains comme le çörek, le yagly çörek et le pişme, ainsi que des gutap (chaussons) farcis aux épinards ou au potiron (à vérifier pour l’absence de viande). On trouve aussi des salades de concombres, tomates et oignons, des légumes grillés ou mijotés, et des soupes aux légumes ou aux haricots comme le şurpa maş ou certaines versions d’unash. Les accompagnements de riz ou de blé (sans sauce à la viande) et les plats internationaux végétariens dans les cafés et restaurants occidentalisés complètent ces choix.
L’explication claire de son régime – idéalement en russe ou en turkmène – est essentielle. Nombreux sont ceux qui considèrent le bouillon de viande, voire de minuscules morceaux de viande, comme compatibles avec un repas « sans viande »; le préciser explicitement peut éviter des malentendus.
Gérer l’hygiène, la chaleur et l’eau
La chaleur estivale et la qualité variable de l’eau sont les principaux ennemis des estomacs fragiles. Quelques réflexes réduisent les risques :
Pour éviter les troubles digestifs, il est recommandé de ne boire que de l’eau en bouteille ou purifiée, d’éviter les glaçons d’origine inconnue, de privilégier les fruits que l’on peut peler soi-même, de choisir des plats bien cuits et servis très chauds, et de vérifier l’hygiène générale des points de vente.
Manger tôt le matin au marché – quand les produits viennent d’arriver et que la température est plus clémente – améliore nettement l’expérience.
Respecter les règles implicites
Au‑delà de la table, certaines attitudes sont jugées grossières : s’emporter publiquement, parler fort, afficher des gestes d’affection dans la rue, ou se montrer trop critique envers les coutumes locales. À table, on évite de pointer du doigt, de se moucher de manière sonore, de s’acharner à refuser les plats offerts avec insistance. Il est parfaitement acceptable de goûter symboliquement, puis de décliner plus franchement si l’on est rassasié.
Apprendre quelques mots de politesse en turkmène (« Khosh geldiniz ! » – bienvenue, « Sag boluň » – merci) crée instantanément une atmosphère plus détendue, que ce soit dans une maison, au marché ou dans un restaurant.
Un patrimoine culinaire lié aux tapis, à l’histoire et au désert
La gastronomie turkmène ne se comprend pleinement qu’en la replaçant dans un ensemble culturel plus large, qui va des tapis aux monuments d’Achgabat en passant par les grands sites archéologiques.
La même patience qui a façonné des tapis d’une finesse telle qu’ils ont séduit Marco Polo et les aristocrates russes s’observe dans la préparation lente d’un plov ou d’un yarma. Les tapis, inscrits au patrimoine immatériel de l’UNESCO, sont produits à partir de laines locales et de teintures naturelles (garance pour le rouge, indigo pour le bleu, pelures de grenade pour le jaune). Ils couvraient autrefois les tentes, les portes, les sacs, les harnachements d’animaux. Aujourd’hui encore, on en trouve dans les maisons, sous les tables, sur les murs des salons où l’on sert le thé et le plov aux invités.
Patrimoine artisanal ouzbek
Les ruines de Jeitun et de Namazga‑Tepe témoignent des premières agricultures de la région; les oasis au pied du Kopet‑Dag racontent l’ancienne viti‑culture dont découle la production actuelle de vins et d’eaux‑de‑vie; la Caspienne explique la présence de recettes de poisson et de caviar sur des marchés au cœur du désert.
Pour un expatrié, s’immerger dans cette cuisine, c’est accepter un contrat implicite : faire une place à la graisse de mouton, au thé vert du matin au soir, aux melons sucrés à l’excès, aux grands plats partagés et aux invitations qui s’éternisent autour d’un samovar. En retour, la table turkmène offre une entrée privilégiée vers ce qui compte vraiment : l’honneur, la famille, l’hospitalité, et une capacité à célébrer l’abondance au milieu d’un environnement rude.
Un expatrié au Turkménistan
En apprenant à fréquenter les bazars, à reconnaître un bon plov, à apprécier le goût vif d’un verre de çal, ou simplement à rompre un morceau de çörek en bonne compagnie, un expatrié ne se contente pas de « manger local » : il s’ancre dans un pays où l’on juge un homme autant à ce qu’il sert à ses invités qu’à ce qu’il raconte.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Turkménistan pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Turkménistan, Émirats, Géorgie, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Turkménistan pour sa fiscalité directe modérée sur les personnes physiques, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à celui de Paris et certaines opportunités immobilières et énergétiques. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour avec achat ou location longue durée de la résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale globale.
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